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26/12/2008

Destructions en réunion en relation avec une entreprises terroriste

Lettre ouverte des parents des inculpés du 11 novembre

// Blog

[Note de LB : je republie ce texte reçu par mail des parents des inculpés. Il va de soi que je suis solidaire avec eux et les "inculpés", qui me semblent très sympathiques !]

Lorsque la cacophonie s’accorde pour traîner dans la boue une poignée de jeunes emmurés, il est très difficile de trouver le ton juste qui fasse cesser le vacarme ; laisser place à plus de vérité.

Certains médias se sont empressés d’accréditer la thèse affirmée par la ministre de l’intérieur dans sa conférence de presse, alors que les perquisitions étaient en cours :

Les personnes arrêtées étaient d’emblée condamnées.

Personne n’aura pu rater l’épisode de "police-réalité" que nous avons tous subi la semaine passée. L’angoisse, la peur, les pleurs nous ont submergé et continuent à le faire. Mais ce qui nous a le plus blessés, le plus anéanti, ce sont les marées de mensonges déversées. Aujourd’hui ce sont nos enfants, demain ce pourrait être les vôtres.

Abasourdis, nous le sommes encore, paralysés nous ne le sommes plus. Les quelques évidences qui suivent tentent de rétablir la vérité et de faire taire la vindicte.

Les interpellés ont à l’évidence bénéficié d’un traitement spécial, enfermés pendant 96 heures, cela devait faire d’eux des personnes hors normes. La police les suspecte d’être trop organisés, de vouloir localement subvenir à leurs besoins élémentaires, d’avoir dans un village repris une épicerie qui fermait, d’avoir cultivé des terres abandonnées, d’avoir organisé le ravitaillement en nourriture des personnes âgées des alentours. Nos enfants ont été qualifiés de radicaux. Radical, dans le dictionnaire, signifie prendre le problème à la racine. A Tarnac, ils plantaient des carottes sans chef ni leader. Ils pensent que la vie, l’intelligence et les décisions sont plus joyeuses lorsqu’elles sont collectives.

Nous sommes bien obligés de dire à Michelle Alliot Marie que si la simple lecture du livre "L’insurrection qui vient" du Comité Invisible fait d’une personne un terroriste, à force d’en parler elle risque de bientôt avoir à en dénombrer des milliers sur son territoire. Ce livre, pour qui prend le temps de le lire, n’est pas un "bréviaire terroriste", mais un essai politique qui tente d’ouvrir de nouvelles perspectives.

Aujourd’hui, des financiers responsables de la plus grosse crise économique mondiale de ces 80 dernières années gardent leur liberté de mouvement, ne manquant pas de plonger dans la misère des millions de personnes, alors que nos enfants, eux, uniquement soupçonnés d’avoir débranchés quelques trains, sont enfermés et encourent jusqu’à 20 ans de prison.

L’opération policière la plus impressionnante n’aura pas été de braquer cagoulé un nourrisson de neuf mois en plein sommeil mais plutôt de parvenir à faire croire que la volonté de changer un monde si parfait ne pouvait émaner que de la tête de détraqués mentaux, assassins en puissance.

Lorsque les portes claquent, nous avons peur que ce soient les cagoules qui surgissent. Lorsque les portent s’ouvrent, nous rêvons de voir nos enfants revenir.

Que devient la présomption d’innocence ?

Nous demandons qu’ils soient libérés durant le temps de l’enquête et que soient évidemment abandonnée toute qualification de terrorisme.

Les parents d’Aria, Benjamin, Bertrand, Elsa, Gabrielle, Julien, Mathieu, Yldune.

PS : Nous tenons à saluer et à remercier les habitants de Tarnac qui préfèrent croire ce qu’ils vivent que ce qu’ils voient à la télé.

www.comite-visible.info

www.soutien11novembre.org


Pour ceux qui veulent plus d’informations :

"Terroristes d’ultra-gauche" : Comment justice et presse prennent le train de la police

PAR Claude-Marie Vadrot http://www.politis.fr/_Claude-Marie... , Politis.fr http://www.politis.fr/_Exclu-Web,12...

mercredi 19 novembre 2008

Après les sabotages de lignes TGV le 8 novembre dernier, neuf personnes, bien vite présentées comme des "anarchistes d’ultra-gauche" par les médias et la police, ont été placées en garde à vue. Mais aucun élément n’est venu prouver leur culpabilité et de nombreuses questions restent en suspens.

A lire sur le même sujet, publié dans Politis du 20 novembre et disponible en accès libre : Présumés coupables

http://www.politis.fr/Presumes-coup...

Dimanche 16 novembre, neuf membres présumés d’une « cellule invisible » qualifiée « d’ultra-gauche, mouvance anarcho-autonome » par la ministre de l’Intérieur, ont été mis en examen pour « destructions en réunion en relation avec une entreprise terroriste ». Quatre d’entre-eux ont été mis en liberté sous contrôle judiciaire et cinq incarcérés. Sans qu’il existe, en l’état actuel de l’enquête, la moindre preuve qu’ils aient de près ou de loin participé aux actes de malveillance qui avaient perturbé une semaine plus tôt le trafic des TGV Nord, Est et Sud-Est. Ce qui n’a pas empêché la plupart des médias de répéter les vraies-fausses informations répandues par les policiers pour accréditer l’existence d’un « groupe de terroristes », basé à Tarnac en Corrèze, en train de préparer des sabotages. Quelques informations méritent pourtant d’être examinées de plus près, d’autant qu’elles n’ont pas été répercutées par la presse.

Le groupe cellule invisible existe-t-il ?

Pour la Sous-direction anti-terroriste (SDAT) et pour la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), la réponse est positive depuis au moins sept mois, depuis qu’elles ont reçu instructions de « trouver des terroristes français ». Mais ce groupe n’a jamais existé comme structure et le mot choisi à dessein par la police et la justice pour les désigner n’a été inspiré que par la signature collective d’un livre, « L’insurrection qui vient » (éditions La Fabrique). Livre théorique plutôt fumeux [Note de LB : connard ! c’est un livre magnifique, pensée limpide et écriture splendide !] qui n’a rien d’un « manuel de sabotage ». Il n’a fait l’objet d’aucune procédure depuis sa parution, le 22 mars 2007, et reste en vente libre pour 7 euros. Une seule réalité : une partie des résidents de Tarnac participaient systématiquement à des manifestations depuis leur installation progressive en 2002.

Le rôle des services spéciaux américains

Le couple « principal » des accusés aurait été repéré en janvier 2008 dans une manifestation organisée devant le bureau de recrutement de l’armée américaine qui se trouve depuis des années sur Times Square, à Manhattan. Ni la première ni la dernière des manifestations dans ce lieu symbolique de New York. Quelques jours plus tard, le couple aurait été interpellé avant la frontière canadienne pour « défaut de papiers ». Premier mystère : ce serait bien la première fois, depuis septembre 2001, que des policiers américains laissent filer des étrangers avec des papiers suspects. Deuxième incohérence : dans leurs premières distillations « d’informations » aux journalistes, les policiers français expliquent que ce couple était soupçonné d’avoir participé à une dégradation du bureau de recrutement. Jusqu’à ce que l’on apprenne que « l’attentat » a eu lieu en avril, Julien et Yldune étant à cette époque revenu en France depuis des mois. La version officielle française dit pourtant que les services spéciaux américains ont (auraient) signalé le couple deux jours après « l’attentat ».

Un groupe sous surveillance ?

Oui. Selon nos informations, au moins depuis deux ans et demi, comme la plupart des groupes ou des individus participant régulièrement à des manifestations. La mise en fiche particulière, avec suivi par des officiers de police, des manifestants considérés comme « actifs » ou « récidivistes » a été ordonnée le 25 mars 2006 par Nicolas Sarkozy lors d’une réunion au ministère de l’Intérieur, au lendemain des premières manifestation anti-CPE.

Michèle Alliot-Marie a pris le relais en étendant le système de suivi.

Le groupe était-il infiltré ?

La question se pose : à en croire ceux qui ont approché des membres du groupe, dans le XXe à Paris et en Corrèze, il n’aurait jamais été question, au delà des discours, du moindre passage à l’acte. Si la pose des fers à béton sur des caténaires est prouvée, ce qui n’est pas encore le cas, il se dit dans l’entourage du groupe que parmi les personnes relâchées (il y a eu 21 interpellation le 9 novembre au matin) figurerait un personnage qui a beaucoup insisté, il y a trois mois, pour un passage de la théorie à la pratique, idée qui rencontrait des résistances. L’histoire des milieux anarchistes est riche d’inflitrations-provocations dans lesquelles la police n’intervient qu’après l’acte illégal « suggéré ». Soupçons à rapprocher d’un témoignage accusateur sous X (anonymat donc garanti) fait « spontanément » jeudi dernier par un membre du « groupe » dans une brigade de gendarmerie du Puy-de-Dôme.

La ministre de l’Intérieur réinvente le délit d’opinion

Le 13 novembre, un représentant du Parquet de Paris a déclaré : « Les éléments recueillis ne permettent pas de les présenter comme coupables, le délit d’opinion n’est pas criminalisé en France ». Le procureur de Paris, sur instructions, a estimé le contraire. Au début de l’enquête, le 8 au matin, les gendarmes ont annoncé disposer d’empreintes et de traces ADN. Dimanche, elles n’existaient plus. Les mises en examen, comme l’expliquent les avocats, ont donc été essentiellement faites sur des présomptions puisqu’en l’état actuel de l’enquête, il n’existe aucune preuve. Mais il est vrai que des policiers ont confié aux journalistes à propos de Julien : « Vous savez, il est très intelligent ». Ce qui constitue sans aucun doute une circonstance aggravante.

http://www.ludovicbablon.com/Lettre-ouverte-des-parents-des

 

 

  • La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris doit se prononcer sur le maintien en détention du principal accusé dans l'affaire des sabotages de lignes de TGV.

  • La présidente de la chambre, dans un premier temps, avait estimé que la procédure du référé-détention, qui vaut au jeune homme d'être toujours emprisonné, pouvait se justifier dans le cadre de ce dossier de terrorisme.

- le 26/12/2008 - 10h30

Présenté comme le suspect n°1 dans l'enquête sur les sabotages de plusieurs lignes TGV, et comme l'instigateur des dommages, Julien Coupat est derrière les barreaux depuis la mi-novembre, de même que sa compagne, Yldune Lévy. L'affaire porte sur des dégâts commis dans la nuit du 7 au 8 novembre : des crochets constitués de fers à béton assemblés avaient été placés sur plusieurs caténaires. Un autre sabotage, le 26 octobre en Moselle avec une méthode identique, est aussi l'objet de l'enquête. Soupçonné d'appartenir à un groupe qualifié d'anarcho-autonome par les enquêteurs, Julien Coupat conteste les dégradations de caténaires qui lui sont reprochées. La remise en liberté du jeune homme de 34 ans, mis en examen pour direction d'une entreprise terroriste et destructions en réunion à visée terroriste, avait été ordonnée le 19 décembre par un juge des libertés et de la détention, mais avait aussitôt été bloquée par un référé-détention pris par le parquet de Paris.

Mais Julien Coupat et son avocate n'ont pas baissé les bras et en ont appelé à la cour d'appel de Paris. Laquelle devait se prononcer en deux temps, avec une première décision de la présidente de la chambre de l'instruction, avant une réunion de cette même chambre en formation collégiale (un autre président et deux assesseurs) pour statuer au fond. Mardi dernier, lors de la première étape de la procédure, la présidente s'était prononcée pour le maintien en détention, estimant que la procédure d'urgence du référé-détention pouvait se justifier dans le cadre de ce dossier de terrorisme. Ce vendredi, la chambre de l'instruction va devoir confirmer ou infirmer cette décision. Le parquet général a d'ores et déjà annoncé qu'il demanderait de nouveau le maintien en détention.

Une affaire "en dehors des lois"

Compte tenu des délais légaux, la cour d'appel devrait rendre son arrêt dans la journée, estime l'avocate de Coupat, Me Irène Terrel. "Je ne suis pas du tout pessimiste, Julien Coupat non plus. Il est très serein. Il s'expliquera tranquillement vendredi matin", avait-elle déclaré mardi à la presse. Selon elle, l'arrêt rendu mardi était "prévisible, compte tenu de la proximité de l'audience de vendredi". L'avocate fait valoir que Julien Coupat présente "des garanties de représentation et un casier judiciaire vierge". Le contrôle judiciaire prévu par le juge des libertés et de la détention comporte l'interdiction pour le mis en examen de quitter l'Ile-de-France et d'entrer en contact avec les autres personnes mises en cause dans le dossier ainsi que l'obligation de pointer à un commissariat, avait précisé l'avocate.

Moins optimiste, le père de Julien Coupat, Gérard Coupat, avait expliqué vendredi que son fils comme sa compagne "resteront en prison tant que le ministère de l'Intérieur ou les autres ministères décideront qu'il faut les garder". Il dénonce une affaire qui s'est déroulée "en dehors des lois : que ça soit la présomption d'innocence qui est la première règle de droit français, que ce soit la détention provisoire qui doit être exceptionnelle, tout ça n'a pas été respecté". A ce jour, des neuf mis en examen dans ce dossier, Coupat reste le seul avec sa compagne à être en détention, lui à la maison d'arrêt de la Santé, elle à Fleury Mérogis.

Me Steeve Montagne, avocat d'Yldune Lévy, poursuivie pour destructions en réunion et association de malfaiteurs à visée terroriste, avait également déposé une demande de remise en liberté de sa cliente qui a été rejetée par un juge des libertés et de la détention au motif que la jeune femme n'a pas encore été interrogée par le juge d'instruction. Le magistrat a prévu de l'entendre le 8 janvier, selon l'avocat. "Si Coupat est remis en liberté, la détention de Yldune Lévy sera encore moins justifiable", estime le conseil qui compte déposer une nouvelle demande de remise en liberté pour sa cliente après son audition par le juge.http:

html//tf1.lci.fr/infos/france/justice/0,,4207370,00-coupat-passera-t-il-la-saint-sylvestre-en-prison-

 

http://www.youtube.com/watch?v=DsV2AbV3ghI&feature=re...

 

 

Article 9-1

(Loi n° 93-2 du 5 janvier 1993 art. 47 Journal Officiel du 5 janvier 1993) (Loi n° 93-1013 du 24 août 1993 art. 44 Journal Officiel du 25 août 1993 en vigueur le 2 septembre 1993) (Loi n° 94-653 du 29 juillet 1994 art. 1 I Journal Officiel du 30 juillet 1994) (Loi n° 2000-516 du 15 juin 2000 art. 91 Journal Officiel du 16 juin 2000)



Chacun a droit au respect de la présomption d'innocence.
Lorsqu'une personne est, avant toute condamnation, présentée publiquement comme étant coupable de faits faisant l'objet d'une enquête ou d'une instruction judiciaire, le juge peut, même en référé, sans préjudice de la réparation du dommage subi, prescrire toutes mesures, telles que l'insertion d'une rectification ou la diffusion d'un communiqué, aux fins de faire cesser l'atteinte à la présomption d'innocence, et ce aux frais de la personne, physique ou morale, responsable de cette atteinte.

http://www.lexinter.net/Legislation/presomption_d'innocen...

 

La ministre de l'Intérieur verrait des terroristes partout ? A partir d'un groupe de jeunes contestataires un peu en marge de la société (en tout cas, n'acceptant pas tous ses codes d'hyperconsommation), coupable d'avoir envisagé (ou d'avoir effectivement) saboté des lignes TGV (mais sans volonté de faire des victimes, ce qu'a reconnu la SNCF), elle a trouvé un bouc-émissaire idéal, le "terrorisme", rangé implicitement dans le même camp que Ben Laden.

Ecoutez l'interview de Dany Cohn Bendit sur le site de Libération (mais aussi le témoignage de proches des jeunes arrêtés à Tarnac).

 

Post Scriptum


Cohn Bendit est aussi à l'origine, avec les Verts, du rassemblement des écologistes pour les élections européennes de 2009 : Europe écologie (déjà 3 200 signataires)

 

Incidents SNCF Alliot-Marie et Dati veulent sévir

samedi 8 novembre 2008 à 17h20

L'ensemble des enquêtes portant sur les actes de malveillance à l'encontre du réseau SNCF va être placé sous la coordination directe de la Gendarmerie nationale, à la demande de la ministre de l'Intérieur. La Garde des Sceaux a elle donné "des instructions de fermeté" aux procureurs. Plusieurs incidents ont à nouveau perturbé samedi le trafic TGV, Thalys et Eurostar.

dans la presse (Le nouvel obs)

La ministre de l'Intérieur a souhaité que la Gendarmerie Nationale prenne la direction des opérations dans l'affaire des incidents malveillants qui ont visé la SNCF ces dernières semaines, selon un communiqué de la place Beauvau, publié samedi 8 novembre. "Quatre actes de malveillance ont visé ce samedi, entre 06H00 et 12H45, des installations de la SNCF, situées dans l'Oise, l'Yonne et la Seine-et-Marne. Il en est résulté des sérieuses perturbations pour le trafic et les usagers. Les modes opératoires avaient à chaque fois pour objectif d'endommager les caténaires", indique le communiqué. La ministre a donc "donné instruction au directeur général de la Gendarmerie nationale, dont les services ont été saisis par l'autorité judiciaire, de faire en sorte que l'ensemble des enquêtes soient coordonnées sous sa responsabilité directe, afin d'établir les rapprochements éventuels et d (...) (...)

 

 

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