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31/01/2009

soutien à Coupat

1.200 manifestants en soutien à Coupat

AP

31/01/2009

Quelque 1.200 personnes, selon les chiffres de la préfecture de police de Paris, ont manifesté cet après-midi en soutien à l'appel des comités de soutien à Julien Coupat, présenté comme le chef de la cellule soupçonnée de sabotages de caténaires SNCF.

Il reste le seul détenu dans ce dossier après la libération de sa compagne Yldune Lévy le 16 janvier dernier.

Partis du Quartier Latin, les manifestants ont rejoint la place Denfert-Rochereau en passant devant la maison d'arrêt de la Santé où Julien Coupat est incarcéré depuis le 15 novembre. La préfecture n'a pas signalé d'incidents.

Le 16 janvier, un juge des libertés et de la détention (JLD) s'était déjà opposé à la libération de Julien Coupat, une décision dont son avocate, Me Irène Terrel, avait fait appel, mais qui a été confirmée vendredi.

Le 19 décembre dernier, le jeune homme avait pourtant été remis en liberté par un autre JLD, mais le parquet avait interjeté appel et obtenu gain de cause le 26 décembre pour qu'il reste en prison.

Julien Coupat est écroué depuis le 15 novembre, date de sa mise en examen pour "direction d'une association de malfaiteurs terroristes", chef d'accusation passible des assises. Sur les neuf personnes mises en examen dans ce dossier dont la qualification terroriste fait débat, cinq sont soupçonnées d'avoir participé à des actes de malveillance ayant visé la SNCF. Proches de la mouvance qualifiée d'anarcho-autonome par la police, elles sont suspectées d'avoir formé une "cellule invisible".

Le 2 décembre dernier, la chambre de l'instruction avait ordonné la remise en liberté de trois proches de Julien Coupat. Sa compagne, Yldune Lévy, a quitté la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis le 16 janvier. Une semaine plus tard, la chambre de l'instruction a confirmé son maintien en liberté.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/01/31/01011-200901...

 

Parmi les slogans scandés : "Police partout, justice nulle part !", "Libérez Coupat enfermez Alliot-Marie !" ou encore "C'est l'Etat les terroristes !". 1.200 personnes, selon la police, ont manifesté samedi après-midi à Paris contre les lois antiterroristes et en soutien aux mis en examen dans l'enquête sur les dégradations contre des lignes TGV. Dans cette affaire de sabotages, Julien Coupat reste le seul encore en détention.

Portant ou pas des masques blancs avec l'inscription "terroriste", les manifestants ont défilé entre le jardin du Luxembourg et Denfert-Rochereau. Des incidents ont eu lieu lorsque le cortège est passé à proximité de la prison de la Santé où est détenu Julien Coupat, soupçonné d'être le chef du groupe à l'origine des dégradations contre des lignes TGV et incarcéré depuis le 15 novembre.

"Cela aurait pu être moi"

8 policiers ont été blessés samedi, dont deux ont dû être hospitalisés, et 15 personnes ont été interpellées "en flagrant délit", a indiqué la préfecture de police, selon qui "des anarchistes et anarcho-autonomes" ont procédé à des "tirs de fusées", à des jets de "projectiles divers ainsi que de fumigènes" visant les CRS, qui maintenaient un important cordon, avec grilles et canon à eau, pour empêcher les manifestants de s'approcher de la prison.

"Ne nous laissons pas terroriser par l'Etat", proclamait une banderole de la Fédération anarchiste. "L'Etat français prend des boucs émissaires et comme par hasard c'est le mouvement libertaire anarchiste qui est visé", a déclaré à l'AFP Hugues Lenoir, de la Fédération anarchiste. "Cela aurait pu être moi, ça aurait pu être bien d'autres ici", a confié à l'AFP une manifestante sous le couvert de l'anonymat, au sujet de la détention de Julien Coupat

http://tf1.lci.fr/infos/france/faits-divers/0,,4244120,00...

 

 

C’était notre billet du 27 décembre dernier : Liberté pour Julien et Yldune, incarcérés sans aucune preuve. Que s’est-il passé depuis ? Une bonne nouvelle d’abord : Yldune Levy, la compagne de Julien Coupat que l’on voit ci-contre à la Une du Point du 16 janvier, à la sortie de Fleury Mérogis, a enfin été libérée. Mais Julien, lui, reste en prison. Et c’est insupportable.

La cour d’appel a refusé hier une énième demande de mise en liberté. Officiellement pour "empêcher une pression sur les témoins et une concertation frauduleuse entre la personne mise en cause et les coauteurs et complices", selon l’arrêt de la Cour repris par Bakchich.Info. Qui ironise, traitant Coupat d’ "héritier en puissance d’action directe" menaçant, si on le libère, de "faire régner à nouveau la terreur et les retards sur les rames et parmi les usagers des transports en commun". Parce qu’il faut le redire ici : la qualification d’entreprise terroriste est scandaleuse pour ce qui n’est qu’un acte de malveillance n’ayant jamais mis en danger la vie de quiconque. L’arrêt précédent de la cour d’appel, celui du 23 décembre condamnant Coupat à passer Noël en prison, est à cet égard hallucinant : il est qualifié de "profondément ancré dans une logique dévastatrice" et son maintien en détention a pour but de "mettre fin au trouble exceptionnel et persistant à l’ordre public (…) s’agissant d’une idéologie de destruction cherchant à ébranler les structures de la société par des attaques massives et violentes contre les moyens de communication suscitant une très vive inquiétude dans l’ensemble de la population". Des attaques massives et violentes, deux sabotages de caténaires dont on n’a qui plus est aucune preuve que Coupat ait quoi que ce soit à y voir ?

Le 22 janvier dernier, Médiapart révèle que le seul témoin à charge, "qui a gravement mis en cause sur procès-verbal Julien Coupat – dernier suspect encore incarcéré –, ne serait pas crédible. Cet homme est notamment sous le coup d’une condamnation pour « dénonciation de délits imaginaires ». Mais ça n’ébranle pas la cour d’appel puisqu’elle maintient, encore et couvtoujours, Julien en prison. C’est aujourd’hui son 78e jour de tôle. Un pur scandale. Citons ce qu’en dit le sociologue belge Jean-Claude Paye, auteur de La fin de l’Etat de droit : La lutte antiterroriste, de l’état d’exception à la dictature, dans une tribune publiée par La libre Belgique : "Dorénavant un individu est arrêté comme terroriste, pas à cause d’actes commis, mais parce qu’il est nommé comme tel par la police. Le 11 novembre 2008, dans le cadre de “l’opération Taïga”, 150 policiers ont encerclé Tarnac. Simultanément, des perquisitions étaient menées à Rouen, Paris, Limoges et Metz. L’interpellation de 10 jeunes gens est avant tout un spectacle destiné à créer l’effroi. Leur arrestation serait en rapport avec des actes de sabotage de lignes de la SNCF, qui ont causé, le 8 novembre, le retard de certains TGV sur la ligne Paris-Lille. Les actes malveillants, l’arrachage de plusieurs caténaires, ont été qualifiés de terroristes, alors qu’ils n’ont, à aucun moment, menacé la vie humaine. L’accusation, qui dit disposer de nombreux indices, notamment des écrits et la présence de cinq suspects près de lignes sabotées au moment des faits, reconnaît n’avoir aucune élément matériel de preuve. C’est leur profil qui justifie leur inculpation. Ils ont été arrêtés car “ils tiennent des discours très radicaux et ont des liens avec des groupes étrangers” et nombre d’entre eux “participaient de façon régulière à des manifestations politiques”, par exemple : “aux cortèges contre le fichier Edvige et contre le renforcement des mesures sur l’immigration”. Quant à leur logement, il est désigné comme un “lieu de rassemblement, d’endoctrinement, une base arrière pour les actions violentes”. Bien qu’ils seraient le “noyau dur d’une cellule qui avait pour objet la lutte armée”, la plupart seront rapidement libérées, certains sous condition, d’autres assignés à résidence, mais ils resteront inculpés. (...) Le discours du pouvoir procède à un double déplacement : de simples actes de sabotages, comme il peut, par exemple, y en avoir dans un mouvement social, sont qualifiés de terroristes et ces actes sont nécessairement attribués aux jeunes de Tarnac, bien que la police reconnaît l’absence de tout élément matériel de preuve. (...)

 

jcpL’absence d’éléments matériels permettant de poursuivre les inculpés n’est pas niée, mais la nécessaire prévalence des faits est renversée au profit de la primauté de l’image construite par le pouvoir. La position de Mme Alliot-Marie, reprise au sein d’un rapport de la Direction Centrale du Renseignement Intérieur, est particulièrement intéressante : “Ils ont adopté la méthode de la clandestinité, assure la ministre. Ils n’utilisent jamais de téléphones portables et résident dans des endroits où il est très difficile à la police de mener des inquisitions sans se faire repérer. Ils se sont arrangés pour avoir, dans le village de Tarnac, des relations amicales avec les gens qui pouvaient les prévenir de la présence d’étrangers.” Mais la ministre en convient : “Il n’y a pas de trace d’attentats contre des personnes.” Ces déclarations résument bien l’ensemble de l’affaire. Ce qui fait de ces jeunes gens des terroristes, c’est leur mode de vie, le fait qu’ils tentent d’échapper à la machine économique et qu’ils n’adoptent pas un comportement de soumission “proactive” aux procédures de contrôle. Ne pas avoir de téléphone portable devient un indice établissant des intentions terroristes. Rétablir le lien social est également un comportement incriminé (...). Dans les déclarations de Mme Alliot-Marie la référence aux faits, en l’absence de tout indice matériel probant, ne peut être intégrée rationnellement et engendre la phase du délire, une reconstruction du réel avec l’image du terrorisme comme support. Ce processus est également visible dans les rapports de police, dans lesquels s’opère, au niveau du langage, toute une reconstruction fantasmatique de la réalité. Ainsi, comme indice matériel prouvant la culpabilité des inculpés, la police parle “de documents précisant les heures de passage des trains, commune par commune, avec horaire de départ et d’arrivée dans les gares”. Un horaire de la SNCF devient ainsi un document particulièrement inquiétant, dont la possession implique nécessairement la participation à des dégradations contre la compagnie de chemins de fer. (...) L’affaire des “autonomes” de Tarnac n’a pas grand chose à voir avec la vieille notion d’ennemi intérieur et la stigmatisation traditionnelle des opposants politiques. Ici, on ne s’attaque pas à une idéologie déterminée, à une forme de conscience, mais simplement au corps, à des comportements, au refus de s’abandonner à la machine économique. Il ne s’agit donc pas de démanteler une avant garde, mais de montrer que le refus de faire de l’argent, d’éviter les dispositifs de contrôle ou la volonté de refaire du lien social constituent une forme d’infraction, la plus grave qui existe dans notre société, un acte terroriste. Cela concerne tout un chacun et non seulement une sarkomatrakminorité."

 

Grande manifestation aujourd’hui à Paris contre l’antiterrorisme : départ à 15 h du RER Luxembourg.

 

Le site du Comité de soutien aux inculpés du 11 novembre.

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