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20/02/2009

Base US de Manas fermée en Ouzbékistan

Une base américaine stratégique en passe de fermer

par  RFI

Article publié le 19/02/2009 Dernière mise à jour le 20/02/2009 à 04:28 TU

La fermeture de la base militaire américaine de Manas a été confirmée jeudi par le vote du Parlement local. Un seul député a voté contre. Le parti au pouvoir parle d’une décision « dans l’intérêt de la souveraineté » du pays, mais il semble qu’il s’agisse plutôt de marchandages, avec le jeu d’influences entre la Russie et les Etats-Unis en toile de fond. En tout cas, pour les Américains, cela pose un sérieux problème d’approvisionnement des forces engagées en Afghanistan.

La base de Manas est située à l’aéroport de la capitale kirghize, Bichkek. Elle sert de soutien aux troupes stationnées en Afghanistan et compte environ mille deux cents hommes – Américains, Français et Espagnols.

Elle joue donc un rôle stratégique clé dans le dispositif occidental en Asie centrale. C’est particulièrement vrai depuis la fermeture, en 2005, d’une autre base américaine dans la région – celle d’Ouzbékistan.

Situation inédite

 

La Russie semble avoir profité de la crise de liquidités dont souffre actuellement le Kirghizstan pour lui proposer l’octroi d’un prêt de deux cent vingt-cinq millions d’euros et de plus d’un milliard et demi d’euros d’investissements dans le secteur énergétique, en échange de la fermeture de la base américaine.

 

Washington paie, pour le droit d’utiliser la base de Manas, cent cinquante millions de dollars par an et a refusé d’augmenter ce loyer. Moscou a donc sauté sur l’occasion pour regagner son influence dans la région, qui faisait jadis partie de l’Union soviétique.

Le Kirghizstan se trouve dans une situation inédite : à quelques dizaines de kilomètres seulement de la base militaire américaine, la Russie dispose de la sienne. Personne n’annonce la fermeture de cette dernière.

http://www.rfi.fr/actufr/articles/110/article_78517.asp

 

La décision a été adoptée par 78 voix contre une et deux abstentions par le parlement, largement dominé par le parti Ak Zhol au pouvoir.

Manas est la dernière base aérienne des Etats-Unis en Asie centrale, et sa fermeture serait un obstacle aux nouveaux plans de l'administration américaine, qui a décidé l'envoi de renforts en Afghanistan pour faire face aux activistes taliban.

Alicher Mamasaliyev, député du parti Ak Zhol, a indiqué que le ministère des Affaires étrangères allait désormais adresser un avis d'éviction officiel au gouvernement des Etats-Unis.

"La base aérienne aura 180 jours pour conclure ses opérations", a-t-il ajouté.

Le président kirghize Kourmanbek Bakiev a annoncé cette mesure le mois dernier alors qu'il se trouvait à Moscou, où il venait de recevoir une assistance russe de deux milliards de dollars.

Les gouvernements russe et kirghize ont démenti toute relation entre cette aide et la fermeture de la base. Selon les autorités de Bichkek, la décision fait suite au refus de Washington de payer davantage pour conserver le droit d'employer Manas.

"IMAGE TERNIE"

"Je suis attristé par le fait que l'image du Kirghizistan a été gravement ternie. Ces deux milliards de dollars ont été versés pour convaincre le Kirghizistan de fermer la base", a déclaré Bakyt Bechimov, un dirigeant de l'opposition.

"En cette période difficile, l'affaiblissement du système de sécurité de la région ouvre la voie à l'extrémisme et au terrorisme", a-t-il ajouté.

Washington étudie désormais des voies de ravitaillement alternatives pour son contingent en Afghanistan, les itinéraires actuels transitant par le Pakistan étant de plus en plus ciblés par les activistes.

Un itinéraire possible, passant par la Russie, le Kazakhstan et l'Ouzbékistan, sera prochainement testé avec l'expédition de matériel non-militaire de Lettonie, pays membre de l'Otan, vers l'Afghanistan.

Version française Gregory Schwartz et Pascal Liétout

http://www.lexpress.fr/actualites/2/l-assemblee-kirghize-...

Triangulation ou strangulation ?

jeudi 19 février 2009 - 08h:50

Eric Walberg - Al Ahram Weekly


La situation en Afghanistan est pire que celle escomptée, et le nouveau président américain découvre aujourd’hui que les chemins vers Kaboul passent par Moscou, écrit Eric Walberg.

 

Tandis que le président des Etats-Unis Barack Obama se prépare à transférer des troupes depuis l’Irak vers l’Afghanistan, Al-Qaeda et d’autres jihadistes « transfèrent » également leurs troupes, selon le Général Abdel-Rahim Wardak ministre afghan de la Défense, donnant à son pays le privilège discutable de rester le centre de la « guerre contre le terrorisme ».

Jetant le gant à Obama, les Talibans ont avec succès fermé une nouvelle fois le passage de Khyber la semaine passée en faisant sauter un pont et en brûlant 10 camions d’approvisionnement pour faire bonne mesure. L’armée pakistanaise a répondu en bombardant une base insurgée, tuant 52 militants supposés. Les Talibans ont tué environ deux dizaines de personnes suspectées d’espionnage au profit des Etats-Unis ces derniers mois, toutes dans la région frontalière où les avions américains sans pilote ont lancé une série d’attaques par missiles.

Les responsables américains nouvellement installés décrivent la situation sur le terrain en Afghanistan comme bien plus précaire qu’ils ne l’avaient prévu, avec des services gouvernementaux américains mal organisés pour mettre en application le plan présenté la semaine dernière au Conseil National de Sécurité et à l’instance collégiale des Chefs d’état-major. L’envoyé spécial pour l’Afghanistan et le Pakistan, Richard Holbrooke, a déclaré que c’était « une situation où le dysfonctionnement est extraordinaire et où les objectifs mêmes doivent être passés en revue. »

Obama a réagi en retardant le déploiement de toute nouvelle troupe jusqu’à ce que les responsables de la défense aient présenté une « stratégie de sortie » cohérente, bien qu’il puisse difficilement se permettre d’attendre 60 jours les résultats de sa révision de politique pour « l’Afpak » [Afghanistan-Pakistan]. Après seulement quelques semaines dans ses fonctions, Obama s’est de lui-même placé dans un coin sur cette question devenue la pierre angulaire de sa politique extérieure.

En dépit des discours sur le changement et du dégoût et de la méfiance que leur inspire à lui-même et au vice-président Joe Biden, le Président afghan Hamid Karzai, il apparait qu’Obama en est réduit à poursuivre la politique mal inspirée de Bush consistant à bombarder l’Afghanistan et le Pakistan, à soutenir un régime de fantoches et à espérer que les indigènes martyrisés par les obus et mourants de faim éprouvent de la reconnaissance.

Une innovation des derniers jours du régime de Bush et qui heureusement semble mort-né, avait été proposée par le général Bantz John Craddock — premier commandant des forces alliées pour l’Europe [Supreme Allied Commander for Europe], dirigeant le commandement européen des Etats-Unis [Commander of the US European Command] et chef de l’ISAF [International Security Assistance Force], « la force de maintien de la paix » en Afghanistan. Il avait préconisé de donner aux troupes un permis de tuer tous les fermiers suspectés de cultiver le pavot, ce qui revenait à ordonner l’exécution en masse de dizaines de milliers de civils.

Cette stratégie génocidaire à la Pol Pot a provoqué un mouvement de révolte parmi les officiers de l’OTAN et il semble que Craddock va finir par devoir démissionner, mais c’est sûrement un signe des temps. En décembre 2008 la doctrine militaire des Etats-Unis a été modifiée pour permettre le bombardement des laboratoires de drogue si les renseignements obtenus suggéraient que pas plus de 10 civils seraient tués. Le mois dernier le secrétaire de la défense Robert Gates a statué sur cette question : « si nous avons la certitude que les laboratoires de drogue et les parrains de la drogue soutiennent les Talibans, alors ce sont de justes actions. » Sera-t-il également forcé de démissionner ? Ou le génocide deviendra-t-il la politique officielle des Etats-unis en Afghanistan ?

Le dernier problème pour Obama est la perte de la base aérienne américaine au Kyrgyzstan. Le Président kirghize Kumanbek Bakiyev a fait connaître la décision lors d’une conférence de presse tenue à Moscou après des entretiens avec le président russe Dimitri Medvedev. Il assistait à la réunion d’organisation du Traité de sécurité commune qui a mis en place une force de réaction rapide régionale incluant la Russie, l’Arménie, la Biélorussie, le Kazakstan, le Kyrgizstan, le Tadjikistan et l’Ouzbekistan.

Il a expliqué cette annulation en disant que la mission des États-Unis dans la « guerre contre le terrorisme » était terminée, et qu’en outre les Etats-Unis ne rémunéraient pas suffisament [leur présence] et avaient sorti du pays un soldat américain accusé de meurtre. Concernant la fermeture de cette précieuse base américaine, le ministre russe des affaires étrangères Sergei Lavrov a déclaré que c’était une décision souveraine des autorités kirghizes, quoique influencée par le prêt par la Russie de 2 milliards de dollars et un cadeau 150 millions de dollars au profit du Kyrgyzstan, autrefois le chéri des néos-libéraux américains et le théatre d’une révolution des « tulipes » commanditée par les Etats-Unis, mais à présent un état en faillite de plus et au bord de la banqueroute.

Mettre un terme à la présence militaire des Etats-Unis au Kyrgyzstan place la dernière pièce dans le contrôle russe des itinéraires d’approvisionnement vers l’Afghanistan à travers « ses voisins de proximité ». C’est un coup sérieux au plan d’Obama pour augmenter la mise en Afghanistan. Le passage de Khyber n’est plus fiable et le seul autre accès pour des approvisionnements — indépendamment de l’Iran — est maintenant à travers la Russie. Pleinement conscient de ce dilemme, le Kremlin s’est placé en retrait en montrant à Washington qu’il était prêt à satisfaire les besoins de transport des Etats-Unis. Lavrov a expliqué : « Nous nous attendons à ce que le côté américain envoie une demande donnant la quantité et la nature des approvisionnements. Nous donnerons alors une autorisation appropriée. »

Mais pour que les Etats-unis bénéficent de la bonne volonté russe, ils devront abandonner les projets de missiles placés en Europe de l’Est et jeter au panier leurs invitations à l’Ukraine et à la Géorgie de se joindre à l’OTAN. Les USA risqueront-ils d’abandonner leurs circuits d’approvisionnement des 60 000 soldats en Afghanistan juste pour placer leurs pions en Europe de l’Est et inviter leurs « amis » ukrainiens et géorgiens dans leur club privé ? Après les joyeuses années 90 où la politique russe se faisait à Washington, la politique des Etats-Unis se ferait-elle maintenant à Moscou ? Délicieuse ironie...

Signe du vent qui tourne, dans un éditorial récent du New York Times le professeur Karl Kaiser d’Harvard écarte avec assurance tout nouveau plan pour agrandir l’OTAN et inclure la Géorgie et l’Ukraine, arguant du fait que la dernière guerre inconsidérée contre la Russie prouve combien facilement l’OTAN pourrait être entraînée dans une guerre insensée alors qu’elle était bien trop divisée sur la question. Si l’OTAN étaient forcée d’entreprendre une guerre conventionnelle en Europe alors que ses membres n’en veulent pas, elle se révélerait comme un tigre de papier, menant ainsi à son propre effondrement. Hmmm. Peut-être que laisser le joker géorgien en dehors de ce club privé n’est pas une si mauvaise idée après tout.

Comme une pensée après-coup, Kaiser ajoute que ce serait plus dommageable pour les relations déjà si mauvaises avec la Russie et il suggère en conséquence à l’administration Obama de pousser à un nouvel accord avec la Russie incluant une limitation des armements stratégiques, une politique de non-prolifération, une nouvelle « architecture de sécurité », et qui rétablirait le Traité sur les forces conventionnelles en Europe. Toutes ces questions exigeront un sérieux compromis de la part des Etats-Unis, ce qui serait merveilleux, mais jusqu’où et à quel ryhtme Obama peut-il aller sans provoquer la colère des faucons américains ? La réponse dépend infiniment du succès ou non d’Obama dans les 12 mois qui viennent dans le lointain Afghanistan. Ce qui dépend des Russes... Obama se voit ici aussi acculé dans un coin, cette fois russo-afghan.

La ligne habituelle dans des médias occidentaux est de mettre en garde contre « l’expansionisme russe », comme si la Russie n’avait aucun droit à exiger que ses frontières soient sûres et que ses voisins n’installent pas chez eux des missiles nucléaires pointés dans sa direction. À la Conférence sur la Sécurité la semaine dernière à Munich (MSC), le vice-président américain Joe Biden a tenté de prévenir [ses interlocuteurs] face à la notion de zone d’influence de la Russie (lire : il accepte cette notion à contrecoeur, et ne le dites à personne), promettant que le nouveau gouvernement du président Barack Obama continuerait à pousser l’OTAN à rechercher « une coopération approfondie » avec les pays qui nous sont proches (lire : l’Ukraine et la Géorgie ne recevront pas des invitations à se joindre à l’OTAN). Il a également dit que l’administration d’Obama souhaitait poursuivre le projet de système de défense de missiles, « en consultation avec nos alliés de l’OTAN et la Russie » et fournir la technologie nécessaire si elle n’est pas trop coûteuse (lire : « Peut-être que nous le ferons, ou peut-être pas. Je vous mets au défi de placer vos missiles à Kaliningrad [pointe avancée de la Russie sur l’Europe du nord] »).

« Aussi comment peut Obama peut-il concilier les deux objectifs comme renforcer la présence américaine en Afghanistan tout en limitant l’expansionism russe ? » demande l’analyste en stratégie George Friedman dans un autre éditorial du New York Times. Sa réponse (et je ne l’invente pas) est de « moins compter sur des troupes, et plus sur des opérations secrètes comme celles de la CIA. »

Les réalisateurs d’opérations secrètes agissent sans beaucoup de difficultés, comme nous le savons des films de James Bond, et ils peuvent repérer des camps d’entraînement de terroristes des Ben Laden, faire leur rapport à Scotty et — Boum ! Mission accomplie. Friedman, prenant une feuille parmi les gribouillis de Rumsfeld, explique que cela exigerait peu de forces et résoudrait le casse-tête des voies d’approvisionnements. Il remarque de façon justifiée que l’approche conventionnelle d’Obama de placer plus de troupes au sol est condamnée, mais plus de bombardements, d’espionnage et autres activités secrètes est difficilement une option crédible.

La seule véritable alternative au bourbier militaire actuel est de négocier avec les Talibans, ce qui sera probablement la nouvelle politique — en essayant de reproduire le « succès » irakien avec les Conseils du Réveil Sunnite. L’idée est d’offrir aux Talibans une part de pouvoir s’ils déposent les armes, permettant aux Etats-Unis de se concentrer sur l’élimination de leurs amis dans les « camps de terroristes » le long de la frontière du Pakistan. Ceci est décrié par les tenants d’une ligne dure comme une reculade. En tous cas, il est peu probable que les Talibans acceptent soudainement de s’entendre avec le détesté Karzai et les envahisseurs païens. De telles « coalitions » ne durent jamais longtemps sans qu’un des côtés ne soit éliminé. La comparaison avec l’Irak est celles des pommes et avec des oranges. Et les zones tribales ingouvernables à la frontière pakistanaise resteront ce qu’elle sont.

Les plans pour attaquer l’Iran paraissent risibles dans ce contexte. Circulent déjà des rumeurs selon lesquelles l’Iran commence à regarder d’un œil plus favorable les Talibans, ce qui signifie que les plans américains en Afghanistan dépendront de l’Iran aussi bien que la Russie. A propos de l’Iran, Biden a indiqué au MSC : « Nous utiliserons tous les éléments en notre pouvoir — militaires et diplomatiques, secrets et légaux, économiques et culturels. » Ali Larijani, porte-parole du parlement iranien, a pris bonne note du ton plus conciliant employé par Biden et a qualifié la décision d’Obama d’envoyer George Mitchell comme délégué au Moyen-Orient de « signal positif ». L’Iran attend maintenant un signal positif dans sa direction. Obama est là aussi acculé dans un coin. Cette fois-ci irano-afghan.

En dépit de toutes les marques de sympathie qu’Obama a reçue du monde entier, il est difficile d’interpréter n’importe laquelle d’entre elles comme un soutien aux politiques américaines, que ce soit de la part de ses alliés ou de ses ennemis. Rien n’a vraiment changé, si ce n’est que les problèmes existants ont empiré sur les fronts militaires comme économiques. Même la perspective de négociations sérieuses avec les Talibans, l’Iran et la Russie suscitent peu d’espoir. Les Etats-Unis vont devoir en rabattre sur tant de problèmes épineux que peu de gens escomptent que [ces négociations] aient lieu.

Tout ceci ressemble vaguement à la situation qui prévalait en 1961 lorsque le Président John F. Kennedy est arrivé au pouvoir. La conviction de beaucoup est qu’après avoir initialement proposé une escalade de la guerre au Vietnam, l’intelligent Kennedy ait bientôt réalisé son inutilité et devait inverser sa position et rapidement décider d’un retrait — jusqu’à son assassinat.

Beaucoup d’Américains appellent l’Afghanistan une guerre perdue et même Obama demande aujourd’hui une stratégie de sortie avant que plus de troupes ne soient envoyées, tout comme les Démocrates le faisaient dans les années 60. La seule porte de sortie de son dilemme avec les Russes, les Iraniens et les Afghans est de revenir sur son engagement imprudent et d’en finir immédiatement avec la guerre.

Trompez-moi une fois, la honte sur vous ! Trompez-moi deux fois, la honte sur moi !

Du même auteur :

- Crise du Caucase : une diplomatie en ruines - 27 août 2008
- Guerre à la carte - 21 août 2008

 

 

12 février 2009 - Al Ahram weekly - Vous pouvez consulter cet article ici :
http://weekly.ahram.org.eg/2009/934...
Traduction de l’anglais : Claude Zurbach

07:33 | Lien permanent | Commentaires (0) |

16/02/2009

colision sous-marin

Pendant son retour de patrouille, le Sous-marin Nucléaire Lanceur d'Engins (SNLE) Le Triomphant a heurté, en plongée, un objet immergé. Il s'agit, probablement, d'un conteneur. Le dôme sonar, situé à l'avant, a été endommagé. "Cet incident n'a provoqué aucun blessé dans l'équipage et n'a mis en cause la sécurité nucléaire à aucun moment", assure la Marine nationale. "Le sous-marin est rentré par ses propres moyens à L'ile Longue, escorté, comme il est d'usage dans les phases de départ et de retour, par une frégate".
Long de 138 mètres pour un déplacement de 14.000 tonnes en plongée, Le Triomphant embarque 16 missiles balistiques M45.
En permanence, la Marine nationale compte un SNLE à la mer, assurant ainsi la continuité du dispositif de dissuasion nucléaire du pays. Outre le Triomphant, la Force Océanique Stratégique (FOST) compte deux autres SNLE, les Téméraire et Vigilant. Un quatrième bâtiment, Le Terrible, est en essais pour une mise en service l'an prochain.
http://www.meretmarine.com/article.cfm?id=109462

 

LONDRES (AFP) — Deux sous-marins à propulsion nucléaire, l'un britannique l'autre français, sont entrés en collision début février dans l'océan Atlantique, a rapporté lundi le tabloïd britannique The Sun.

Selon le journal, le HMS Vanguard britannique et le Triomphant français ont tous deux été endommagés dans l'incident, mais il n'a pas été fait état d'avaries sur les installations nucléaires des bâtiments. Le sous-marin britannique a été remorqué vers Faslane, en Ecosse, pour des réparations.

Les submersibles - transportant au total à eux deux environ 250 marins - étaient tous deux en plongée et en missions séparées quand ils sont entrés en collision le 3 ou 4 février, assure le quotidien.

Le ministère britannique de la Défense a refusé tout commentaire sur des opérations sous-marines, mais un porte-parole a assuré pouvoir "confirmer que la capacité de dissuasion britannique n'a été affectée à aucun moment et que la sûreté nucléaire n'a pas été mise en péril".

Le HMS Vanguard est l'un des quatre sous-marins nucléaires lanceurs d'engins de la Marine britannique.

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hl2lLL...

 

L'information est tirée du tabloïd britannique The Sun. Deux sous-marins à propulsion nucléaire, l'un britannique l'autre français, seraient entrés en collision début février dans l'océan Atlantique. Vendredi 6 février, le ministère de la Défense français avait annoncé que le sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE), le Triomphant, avait heurté "en début de semaine" un "objet immergé" alors qu'il était en plongée, mais avait pu regagner par ses propres moyens la base de l'Ile-Longue (Finistère). Mais, selon la marine nationale, le bâtiment français, dont le sonar avait été endommagé, avait heurté  "probablement un conteneur" (lire notre article).

S'agit-il du même incident ? La version avancée par l'édition de lundi du journal anglais diffère en tout cas sensiblement. Le HMS Vanguard britannique et le Triomphant français auraient tous deux été endommagés dans l'incident, mais il n'a pas été fait état d'avaries sur les installations nucléaires des bâtiments. Le sous-marin britannique aurait été remorqué vers Faslane, en Ecosse, pour des réparations. Les submersibles -transportant au total à eux deux environ 250 marins- étaient tous deux en plongée et en missions séparées quand ils sont entrés en collision le 3 ou 4 février, assure le quotidien.

"Permanence à la mer" assurée

Le ministère britannique de la Défense a refusé tout commentaire sur des opérations sous-marines, mais un porte-parole a assuré pouvoir "confirmer que la capacité de dissuasion britannique n'a été affectée à aucun moment et que la sûreté nucléaire n'a pas été mise en péril". Le HMS Vanguard est l'un des quatre sous-marins nucléaires lanceurs d'engins de la Marine britannique.

Le 6 février, la Marine française avait de son côté assuré que la "permanence à la mer" de la composante sous-marine de la dissuasion nucléaire restait "assurée". Au moins un sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE), doté de l'arme nucléaire, est en permanence en mer. La France compte actuellement trois SNLE, en attendant l'entrée en service en 2010 du Terrible.

http://tf1.lci.fr/infos/monde/europe/0,,4257496,00-y-a-t-...

 

Collision sans gravité entre un sous-marin japonais et un bateau de pêche

 

Par Rédacteur en chef.
Publié le 12 janvier 2009, dernière mise à jour le 12 janvier 2009.

 

Un sous-marin japonais qui remontait en surface et un bateau de pêche sont entrés samedi en collision, sans gravité, au large de Kirishima (préfecture de Kagoshima), mais personne n’a été blessé, a annoncé la Garde Côtière du Japon.

 

 

Le sous-marin Oyashioeffectuait un exercice d’entraînement au moment de l’accident qui s’est produit samedi à 20 heures. Le bateau de pêche avait à son bord un officier de la marine japonaise qui participait à la veille, justement pour prévenir toute collision entre le sous-marin et les autres navires pendant l’exercice, a ajouté la garde côtière.

Après l’incident, le bateau de pêche a rejoint par ses propres moyens une base de la marine japonaise.

 

Référence :

Japan Times

 

Collision entre un sous-marin américain et un pétrolier japonais en mer d'Oman

C. F.-M. (AVEC AFP)
15/10/2007 | Mise à jour : 06:28
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L'USS NEWPORT NEWS, un sous-marin américain à propulsion nucléaire, et le Mogamigawa, un pétrolier battant pavillon japonais, sont entrés en collision hier, au sud du détroit d'Ormuz. Le commandement de la Ve flotte américaine, basée à Bahreïn, a vite précisé qu'« aucun marin américain ou membre d'équipage du navire japonais n'avait été blessé » et que le système de propulsion du sous-marin ne semblait pas avoir « été affecté par la collision ».
D'une longueur de 110 m, le bâtiment américain, qui compte un équipage de 127 hommes, est basé à Norfolk, en Virginie. Il naviguait dans le cadre d'« un déploiement régulier » dans un secteur relevant du commandement central américain pour les opérations de sécurité maritime, selon le communiqué de la Ve flotte.
Un précédent plus dramatique
De son côté, le ministre japonais des Transports, Tetsuzo Fuyushiba, a indiqué que la collision ne semblait pas avoir provoqué de « fuite d'hydrocarbures ». Affrété par la compagnie Showa Shell, le pétrolier japonais reste « en état de naviguer par ses propres moyens » et, avec à son bord 24 membres d'équipage, il fait route vers un port des Émirats arabes unis.
Tokyo, qui garde le souvenir d'un accident autrement plus dramatique au début de l'année 2001, a demandé au gouvernement américain d'ouvrir une enquête. Le 9 février 2001, un sous-marin américain à propulsion nucléaire, le Greenville, avait coulé un bateau école de pêche japonais, l'Ehime Maru, lors d'une remontée rapide au large des îles Hawaii, dans l'océan Pacifique.
Un civil aux commandes
Neuf des 35 personnes à bord du Ehime Maru, dont quatre élèves de 17 ans, avaient trouvé la mort. Informé du naufrage, le premier ministre japonais d'alors, Yoshiro Mori, déjà au plus bas dans les sondages, (9 % ) n'avait pas jugé bon d'interrompre sa partie de golf. Quatre jours plus tard, le scandale s'amplifiait quand les Américains révélaient que l'équipage du sous-marin nucléaire n'était pas aux commandes au moment de l'incident. C'est un civil, invité à bord avec seize autres personnes dans le cadre d'une opération de relations publiques de la marine américaine, qui avait effectué la manoeuvre de remontée en surface­.
http://www.lefigaro.fr/international/2007/01/10/01003-200...

WASHINGTON, 10 fév (AFP) - L’accident du sous-marin américain à propulsion nucléaire USS Greeneville, entré en collision vendredi avec un navire-école de pêche japonais au large d’Honolulu, est le premier incident grave impliquant un sous-marin nucléaire depuis la tragédie du Koursk, en août 2000.

Voici les principaux accidents de sous-marins à propulsion nucléaire ces dernières années :

12 août 2000 : Le sous-marin russe à propulsion nucléaire Koursk sombre après une explosion par 108 mètres de fond, en mer de Barents. Ses 118 marins y trouvent la mort. Le Koursk transportait aussi 24 missiles. Les autorités russes écartent tout risque de contamination nucléaire.

8 mai 1996 : une collision entre un sous-marin nucléaire d’attaque américain, l’USS Jacksonville, et un cargo saoudien dans l’Atlantique, au large de la base navale américaine de Norfolk (Virginie, est), provoque des dégâts matériels sur les deux bâtiments, mais ne fait pas de victime.

30 mars 1994 : dix marins trouvent la mort suite à une explosion à bord du sous-marin nucléaire d’attaque français Emeraude, en plongée au large de Toulon (sud de la France).

18 août 1993 : une collision entre le sous-marin nucléaire d’attaque fançais, le Rubis, et le pétrolier Lyria, appartenant à Shell-France, au large de Toulon, provoque des dégâts estimés à 30 à 40 millions de francs et une légère pollution pétrolière.

7 avril 1989 : incendie à la suite d’une explosion à bord d’un sous-marin soviétique nucléaire de classe Mike. Le Komsomolets coule à 500 km de la Norvège : 42 morts d’après Moscou.

9 avril 1981 : collision entre le sous-marin nucléaire américain « George Washington » et le cargo japonais « Nissho Maru » à l’est de la mer de Chine, 2 morts à bord du cargo.

13 juin 1973 : collision en mer du Japon entre un sous-marin nucléaire soviétique et un navire de surface, sans autre précision - 27 morts.

12 avril 1970 : selon le Pentagone, un submersible nucléaire soviétique du type November disparaît au large des côtes d’Espagne dans l’Atlantique. Au moins 88 marins soviétiques auraient trouvé la mort.

21 mai 1968 : le sous-marin nucléaire américain Scorpion disparaît entre les Açores et la côte est des Etats-Unis : 99 morts.

10 avril 1963 : le Thresher, sous-marin atomique américain, disparaît au large des côtes de la Nouvelle Angleterre : 129 morts

08:53 | Lien permanent | Commentaires (0) |

13/02/2009

Un Taxi pour Kaboul

Dans une lettre adressée au général Cogny, de Castries écrit cette phrase, prophétique et révélatrice : « Diên Biên Phû, c’est un peu Verdun, mais sans profondeur et sans la voie sacrée. »
Qu’est donc Kaboul sans ses voies de ravitaillement et son point de passage obligé : "la Passe de Khyber" ?
"Couper le pont aérien revient à gagner la bataille, en asphyxiant et affamant le camp. Ce postulat explique les actions viêt-minh avant le déclenchement des combats et les objectifs des premières attaques. Le 31 janvier 1954, un commando viêt-minh s’est introduit sur la base de Doson (où sont révisés les C-47), pour les détruire. Plusieurs Dakota sont incendiés ou endommagés ; quelques jours avant la bataille, des commandos ont attaqué des aérodromes français du delta (Gialam le 5 mars, Cat Bi le 6 mars), détruisant plusieurs avions. Les objectifs viêt-minh semblent clairs. Ils visent le potentiel aérien français de ravitaillement et d’intervention sur Diên Biên Phû. Les objectifs de l’artillerie viêt-minh à Diên Biên Phû confirment cette hypothèse." http://www.cairn.info/article_p.php ?ID_ARTICLE=GMCC...

C’est bien ce dont redoute maintenant les forces de l’Alliance, ne pas tomber dans le même piège 55 ans après !
Mais qu’en est-il alors de l’avenir de la base américaine de Manas, qui est située au Kirghizstan, est qui contitue un point essentiel pour permettre la continuité de l’approvisionnement des forces de l’Otan en Afghanistan ? Pourquoi le président Koumanbek Bakiev a-t-il annoncé la fermeture de cette base ? Il semblerait que ce dernier ait fait cette annonce après une visite à Moscou où il aurait obtenu un prêt de quelques milliards de dollard, une aide dans le secteur de l’énergie et un coup d’éponge sur l’ardoise des dettes du pays...

Cette nouvelle est d’autant plus inquiêtante pour les forces de l’Otan car la Passe de Khyber, dont nous parle très bien le site de Royal Artillerie : "Au moment où la base américaine de Manas, au Kirghizstan, s’avère cruciale pour la poursuite de l’opération de l’OTAN en Afghanistan, le président kirghiz Kourmanbek Bakiev a annoncé sa fermeture, mardi 4 février, lors d’une visite à Moscou. Quelques minutes plus tôt, il avait obtenu de la Russie un prêt de 2 milliards de dollars, une aide supplémentaire de 150 millions, des investissements russes dans le secteur de l’énergie et l’effacement de la dette de son pays. " N’oubliez-pas de jetter un coup d’oeil attentif sur les cartes : http://royalartillerie.blogspot.com/2008/11/la-passe-de-k...

On comprend donc le très grand interêt stratégique de cette voie de communication, ce qui n’a pas échappé aux taliban, qui après avoir lançés des attaques contre les camions de ravitaillement ces derniers mois : " Après le détournement, le 10 novembre 2008, de 13 camions chargés d’aide militaire occidentale, les autorités pakistanaises de la région tribale de Khyber ont bloqué la route menant de Peshawar à la passe.Les convois de camions recommenceront à circuler sous escorte militaire, a déclaré à Reuters un responsable de la région de Khyber, l’une des sept régions tribales semi-autonomes du Pakistan. "Désormais, ils seront escortés par des véhicules et des membres des services de sécurité", a déclaré ce responsable, Fida Mohammad Bangash." PESHAWAR, Pakistan (Reuters).

Les talibans ont maintenant fait directement sauter le pont il y a quelques jours : " En dépit de ses multiples opérations, l’armée ne parvient pas à venir à bout de la résistance. Situé à 23 km à l’ouest de Peshawar, le pont métallique de 30 m de long a explosé après minuit et, selon les autorités, tout le trafic routier a été interrompu. Les islamistes ont accru leurs attaques contre cette voie stratégique l’an dernier."

Aux vues de ces élements, on peut penser que la stratégie mise au point semble un peu plus complexe qu’une vague successions d’escarmouches isolées. On peut y voir les préparatifs d’une plus grande offensive pour le printemps car il ne faut pas oublier que l’Afghanistan est de venu, depuis les années 80, le terrain de tension idéal pour les nostalgiques de la guerre froide , comme nous l’explique cet article dans Le Point : " La plus importante opération d’envoi d’armes de la CIA fut le pipeline à l’échelle mondiale qui approvisionnait les moudjahidine, les saints guerriers d’Afghanistan qui luttaient contre les 110 000 hommes de l’armée d’occupation soviétique. Cela commença sous Jimmy Carter, en janvier 1980. Comme il s’agissait d’une idée de Carter, Casey ne s’y rallia pas de bon coeur-pas au début, en tout cas. Mais il comprit bientôt l’occasion qui se présentait.« J’étais le premier chef d’antenne envoyé à l’étranger avec cette merveilleuse consigne : "Allez tuer des soldats soviétiques", relata Howard Hart, arrivé au Pakistan pour occuper ce poste en 1981. Imaginez un peu ! J’étais ravi. » Noble objectif. Pourtant, la mission ne consistait pas à libérer l’Afghanistan : personne ne croyait vraiment les Afghans capables de l’emporter. "

P.S.
Je tiens à remercier spécialement morice, rédacteur d’Agoravox, pour son aide, ses infos, qui m'ont permis la réalisation de cet article.

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11/02/2009

OTAN-NON-NATO France Strasbourg Sommet

Le double événement constitué par la publication du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale et par le discours de Nicolas Sarkozy du 17 juin pourrait mériter le qualificatif d'"historique" pour deux raisons. Dans cet exercice tirant pour la première fois les leçons d'un environnement stratégique marqué par les menaces post-guerre froide, la France se dote d'une doctrine militaire rénovée, dont elle tire la conclusion que son armée doit réduire ses effectifs pour mieux s'équiper.

Le double événement constitué par la publication du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale et par le discours de Nicolas Sarkozy du 17 juin pourrait mériter le qualificatif d'"historique" pour deux raisons. Dans cet exercice tirant pour la première fois les leçons d'un environnement stratégique marqué par les menaces post-guerre froide, la France se dote d'une doctrine militaire rénovée, dont elle tire la conclusion que son armée doit réduire ses effectifs pour mieux s'équiper.

La seconde raison est plus lourde de conséquences diplomatiques : revenant sur le choix fait en 1966 par le général de Gaulle, le président de la République explique pourquoi la France pourrait rejoindre bientôt la structure militaire intégrée de l'Alliance atlantique. Il y a là un double présupposé. Le premier est d'ordre budgétaire : il consiste à convaincre l'opinion publique et l'institution militaire que les économies générées par la réduction des effectifs seront reversées aux armées.

Les premières réactions montrent que les militaires ont des doutes. Sans doute ont-ils été échaudés par le "modèle d'armée 2015", qui leur promettait monts et merveilles. Ils savent aussi que le Livre blanc est indissociable de la Revue générale des politiques publiques (RGPP), dont la vocation est de réduire le train de vie de l'Etat. Ils constatent enfin que, au moment où l'évolution des conflits (Afghanistan, Irak...) montre que les missiles ne remplacent pas les fantassins, ils vont devoir, dans un premier temps, non seulement supprimer des régiments, mais aussi se passer d'un deuxième porte-avions, revoir à la baisse le nombre des frégates Fremm et des chars Leclerc, accepter un ralentissement des délais de livraison des avions Rafale. D'où cette interrogation : ne seront-ils pas in fine perdants sur les deux tableaux des effectifs et des crédits de la défense ?

Le deuxième présupposé relève d'un syllogisme diplomatique : parce qu'elle réintègre le commandement militaire intégré de l'OTAN, la France sera en position de faire progresser l'Europe de la défense. Au-delà de ce pari incertain, le glissement du discours officiel sur cette question est sensible. A Bucarest, lors du sommet de l'OTAN, le chef de l'Etat avait expliqué que le cheminement des progrès de la défense européenne devait se faire au rythme de celui du retour dans l'organisation intégrée de l'Alliance.

En deux mois et demi, le second s'est accéléré. M. Sarkozy a réitéré le lien entre les deux objectifs, tout en soulignant que la Commission du Livre blanc - dont le rapport n'est autre que la nouvelle doctrine militaire française - a conclu que rien ne s'oppose au retour de la France dans les structures militaires de l'OTAN. Héritier de la filiation gaulliste, M. Sarkozy a cité les principes avancés en mars 1966 par le général de Gaulle pour quitter l'OTAN pour expliquer que leur strict respect permettra demain d'y rentrer !

Ce retour est un choix politique cohérent, qui gagnerait à être assumé. Or depuis quelques semaines, les explications officielles se concentrent sur l'idée que franchir le pas de la structure intégrée est désormais sans conséquence, tant la France s'en est rapprochée ces dernières années. Cette décision serait naturelle pour un pays qui est le quatrième contributeur financier et le cinquième contributeur militaire de l'OTAN. Il se ferait, en outre, sans douleur, puisqu'il est acquis que la France ne rejoindra pas le "groupe des plans nucléaires" (NPG), se contentant de réintégrer le comité des plans de défense (DPC). Il sera facile de mettre en avant la contrepartie de la rénovation de l'Alliance, puisque celle-ci est en cours, avec notamment un allégement du système de planification de défense, dont les effectifs devraient passer à terme de 15 000 à 12 500 personnes.

Bien sûr, ce retour nécessitera un effort militaire et financier. La France ne dispose aujourd'hui que de 110 militaires dans le commandement militaire, contre 2 100 Américains, 1 600 Allemands, 1 000 Italiens et 950 Britanniques. Si elle passe à 800 officiers et sous-officiers, elle devra augmenter son budget et le faire passer de 145 millions d'euros à environ 210 millions par an. Restera la question des postes de commandement, pour lesquels des discussions sont en cours.

 

UN ERASMUS MILITAIRE

 

Certes, il y aura bien, à un moment ou à un autre, un virage difficile à négocier, lorsqu'il faudra dresser la liste des "avancées" de la défense européenne. Bienheureux Irlandais, dont le "non" justifie par avance quelques aggiornamentos ! La politique européenne de sécurité et de défense (PESD), dont M. Sarkozy avait assuré qu'elle constituerait une "priorité" de la présidence française de l'UE, devra être réévaluée avec réalisme, explique-t-on de sources diplomatiques et militaires, pour justifier la lente érosion de la conditionnalité entre progrès de la PESD et retour complet dans l'OTAN.

S'il y a plusieurs manières de faire avancer la première, sans une montée en puissance du centre de planification et de conduite des opérations de l'UE - une ébauche de quartier général et un rôle ambitieux pour l'Agence européenne de défense (AED) -, il sera difficile de convaincre d'une relance de la PESD. Or, sur ces deux sujets, la Grande-Bretagne reste inflexible. "Nos lignes rouges n'ont pas changé, insiste un diplomate britannique en parlant du futur quartier général européen (OHQ). Nous pensons toujours qu'il y a un risque de duplication avec l'OTAN, que cette structure sera coûteuse ; enfin nous ne voulons pas placer nos soldats sous les ordres d'un état-major européen qui n'aurait pas fait ses preuves." Les Britanniques sont aussi réticents à l'idée de créer un Erasmus militaire et envisagent avec circonspection une coopération en matière de groupe aéronaval. Des progrès pourront sûrement être enregistrés s'agissant de la mutualisation des hélicoptères, mais la panne institutionnelle du traité de Lisbonne, qui a le mérite d'obliger les Etats à prendre des engagements en termes de capacités militaires (par les "coopérations structurées permanentes"), n'est pas de bon augure.

Les données de l'équation sont connues : profitant du parapluie de sécurité que leur offre l'OTAN, les pays européens ne voient pas l'intérêt d'augmenter leurs dépenses militaires. Si la France ne leur donne pas l'exemple sur le plan budgétaire, et qu'elle rejoint la structure militaire intégrée de l'Alliance atlantique sans contreparties pour la PESD, ce retour au bercail ressemblera fort à un marché de dupes.

Laurent Zecchini (Service International)

Soudan : l'humanitaire en marche (militaire)Roland Marounek
28 juin 2006
source : Alerte OTAN n°22

 

 

Les initiatives sur la capacité militaire de l’Otan : garantes ou prédatrices de la sécurité

internationale ?

Luc Mampaey,

Chercheur au Groupe de Recherche et d’Information sur la Paix et la Sécurité (GRIP).

L’Initiative sur les capacités de défense (ou DCI, Defense Capabilities Initiative) résulte d’une initiative des

Etats-Unis issue d’un exposé présenté par le secrétaire d’Etat américain à la Défense, William Cohen, à la

réunion des ministres de la Défense de juin 1998, à Bruxelles. Cet exposé, traitant de la manière de réorganiser

l’Otan pour lui permettre de relever les défis du XXIème siècle, a amené M. Cohen à proposer la DCI à la

réunion informelle des ministres de la Défense de septembre 1998 à Vilamoura, au Portugal. Les fondements de

cette initiative furent ensuite établis en novembre 1998 lors d’une conférence de l’Alliance à Norfolk (Virginie)

sur le thème de la «Transformation de l’Otan pour répondre aux défis du XXIème siècle » au cours de laquelle

les représentants des 16 pays membres de l’Alliance atlantique et des trois pays qui étaient à cette époque sur le

point de la rejoindre (Pologne, Hongrie et République Tchèque) ont approuvé la transformation nécessaire des

capacités de défense

1.

L’Initiative sur les capacités de défense (DCI) a finalement été entérinée par les chefs d’Etats et de

gouvernement participant à la réunion du Conseil de l’Atlantique Nord à Washington, les 23 et 24 avril 1999.

Elle a pour objectif premier de garantir, notamment par une meilleure interopérabilité des forces, l’efficacité des

futures opérations multinationales dans la gamme complète des missions définies dans le nouveau concept

stratégique de l’Otan adopté au cours de ce même Conseil.

La DCI se compose initialement de 59 points définis à partir d’un examen des priorités des commandements

stratégiques de l’Otan et d’une mise en évidence des lacunes. Ces 59 points –dont la liste complète est classifiéesont

répartis en 5 catégories

2 :

1. Capacités de déploiement et de mobilité : 6 points portant essentiellement sur l’acquisition de moyens de

transport aériens et maritimes.

2. Système d’information de commandement et de contrôle : 8 points, dont des systèmes d’identification de

combat et des moyens déployables de commandement et de contrôle.

3. Efficacité de l’engagement : la plus importante des catégories avec 22 points, dont la suppression des

défenses aériennes de l’ennemi (Suppression of Enemy Air Defense, SEA D), la surveillance terrestre de

l’Alliance (Alliance Ground Surveillance, AGS) et les munitions tous temps à guidage de précision).

4. Capacités de soutien et logistique : 14 points qui ont notamment impliqué la mise en oeuvre du concept

Multinational Joint Logistics Center (MJLC) signifiant désormais l’adoption d’une approche multinationale

des problèmes de logistique.

5. Capacités de survie des forces et de l’infrastructure : 9 points, dont la défense contre les attaques menées

avec des armes de destruction massive, en l’occurrence nucléaires, biologiques et chimiques (NBC).

Excroissance du concept stratégique défini par l’Otan en 1999, la DCI trouve son origine dans le débat presque

séculaire sur la répartition des tâches entre les Etats membres. Elle est présenté comme un «instrument efficace »

pour réduire le «fossé technologique »

3 entre les Etats-Unis et leurs alliés européens, et sensée contribuer à

renforcer le pilier européen de l’Alliance tout en dynamisant le développement de la politique européenne de

sécurité et de défense de l’Union Européenne (PESD).

L’effet de levier du 11 septembre 2001.

Depuis son adoption, la DCI n’a cependant bénéficié que d’une très faible visibilité politique et rare sont les

objectifs qui ont été atteints. Les événements du 11 septembre 2001 pourraient cependant offrir un remarquable

effet de levier à la mise en oeuvre de la DCI. Le ton a été donné dès le 26 septembre 2001 par le secrétaire adjoint

à la Défense des Etats-Unis, Paul Wolfowitz, remplaçant Donald Rumsfeld à la réunion des ministres de la

Défense de l’Otan : « Il faut dépenser plus pour éviter des surprises horribles ». Les ministres européens ont

acquiescé –»nous ne pouvons avoir une défense bon marché »- et ont promis de redoubler d’énergie pour

atteindre au plus vite les objectifs de la DCI

4.

1

L’initiative des capacités de défense et le concept stratégique de l’Otan, Rapport de la sous-commission sur

l’avenir de la sécurité et des capacités de défense, Assemblée parlementaire de l’Otan, 13 avril 2000.

2

Le rôle de l’Otan dans la réforme de la défense, Rapport de la sous-commission sur l’avenir de la sécurité et

des capacités de défense, Assemblée parlementaire de l’Otan, octobre 2001.

3

Id

4

Nouvelles Atlantiques n° 3324, 28 septembre 2001.

En raison des événements, qui montrent l’existence de «menaces crédibles », il faut des «moyens crédibles », et

«la DCI doit être accélérée » a constaté le secrétaire général de l’Alliance. Trouvant enfin dans la tragédie du 11

septembre un fondement à sa critique récurrente du niveau insuffisant des dépenses militaires européennes, Lord

George Robertson s’est embarqué dans une véritable croisade pour relancer le processus de la DCI avec pour

objectif déterminé de pouvoir produire des résultats tangibles d’ici au prochain sommet de l’Otan, qui se tiendra

à Prague en novembre 2002.

L’offensive est double. Elle est évidemment et principalement dirigée vers les opinions publiques et les

gouvernements européens. Robertson a résumé la situation en quelques mots le 21 janvier 2002 à Salen en

Suède, à l’occasion de la Conférence annuelle défense et société : « la vérité est que l’Europe reste un pygmée

militaire

5 ». Il a une fois de plus souligné que, malgré l’énergie politique récemment déployée pour remettre la

DCI sur ses rails et malgré les efforts de l’Union Européenne dans le cadre du «headline Goal

6 », «trop de

gouvernements dépensent trop peu pour la défense, et trop de gouvernements gaspillent l’argent pour des

capacités qui ne contribuent en rien à leur propre sécurité, à la sécurité de l’Europe

7 ».

Mais la critique s’adresse aussi aux Etats-Unis, comme rappelé à de multiples occasions au début de cette année,

et notamment à Munich les 2 et 3 février 2002 (à la Conférence annuelle internationale sur la sécurité) et

quelques jours plus tard, le 19 février, au Parlement européen : les Etats-Unis aussi doivent faire plus, estime

Robertson ; ils pourraient faciliter le processus de modernisation de la défense européenne, par exemple en

relâchant des restrictions inutiles sur le transfert de technologie et la coopération industrielle et en libéralisant

leur politique d’exportation.

Nouvelle DCI : objectif Prague.

Constatant le peu de progrès réalisés par la DCI depuis son lancement en 1999 –et rappelant une fois encore que

l’Europe avait le choix «entre modernisation et marginalisation » et qu’une hausse des budgets était

indispensable-, le secrétaire général de l’Otan a confirmé au mois d’avril dernier son intention de présenter au

Sommet de Prague, en novembre 2002, une «version remodelée de la DCI », «compatible, praticable et facile à

financer

8 » et concentrée sur un petit nombre de capacités considérées comme absolument essentielles.

C’est dans l’esprit de cette «nouvelle DCI » que s’inscrit la «déclaration sur les capacités militaires » adoptée le

6 juin 2002 à Bruxelles, au cours de la Réunion du Conseil de l’Atlantique Nord en session des ministres de la

Défense. A cette occasion, les ministres de la Défense se sont dits «déterminés à fournir à l’Otan les capacités

nécessaires à l’exécution complète de ses missions ».

La Déclaration confirme les principes «d’engagements nationaux fermes, assortis de dates cibles précises »,

auquel les pays membres souscriront au prochain Sommet de Prague en novembre 2002. Elle indique en outre

que la «nouvelle DCI » devrait concentrer ses efforts afin d’apporter une contribution dans quatre domaines

jugés essentiels

9 :

1. Défense contre les armes chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires ;

2. Garantir la supériorité des systèmes protégés de commandement, de communication et d’information ;

3. Améliorer l’interopérabilité des forces déployées et les aspects essentiels de l’efficacité au combat ;

4. Garantir le déploiement rapide et le maintien en puissance des forces de combat.

Cette nouvelle DCI devrait également encourager la mise en commun des capacités militaires, une spécialisation

croissante des rôles, l’acquisition en coopération de matériel, ainsi que les financements communs et

multinationaux. Enfin, la Déclaration indique également qu’il y a un consensus au sein de l’Alliance atlantique

sur la nécessité de «mettre en place des défenses antimissiles de théâtre afin de protéger les forces déployées ».

Ce remodelage de la DCI ne change cependant en rien sa véritable nature. Fondamentalement la DCI reste une

initiative essentiellement militaro-commerciale américaine. Elle est le fruit de la pression permanente et intense

exercée par les militaires et les industriels -inspirateurs et gestionnaires des programmes concernés- sur le

Congrès américain et les bureaucraties de l’Administration.

L’interopérabilité, l’intégration Atlantique et la résorption du «technological gap » entre l’Union Européenne et

les Etats-Unis sont autant d’arguments qui ne servent en fin de compte qu’à mieux habiller le rôle de bâilleur de

fonds du gouvernement américain dans un projet dont la finalité est à la fois technologique –maintenir une

avance technologique décisive pour les Etats-Unis grâce à un soutien massif aux industries de l’armement- et

5

Nouvelles Atlantiques n° 3354, 23 janvier 2002.

6

Au sommet européen d’HELSINKI DES 10 ET 11 D2CEMBRE 1999 ? LES Etats membres s’étaient engagés

à moderniser leurs armées d’ici l’année 2003 afin d’être aptes à déployer une force de 50 à 60.000 personnes

dans un délai de 60 jours, avec le soutien aérien et naval nécessaire et la capacité de soutenir l’effort durant une

année : c’est le « Headline Goal » de la Défense de l’Union Européenne.

7

Nouvelles Atlantiques n° 3351, 23 janvier 2002.

8

Nouvelles Atlantiques n° 3377, 19 avril 2002.

9

Nouvelles Atlantiques n° 3391, 8 juin 2002.

mercantile, le message aux Européens étant du type «si vous ne parvenez pas à produire les technologies dont

vous avez besoin, nous pouvons vous vendre les nôtres ». Ce dernier objectif est jusqu’à présent partiellement

entravé par les restrictions imposées par l’Administration américaine aux transferts de technologies. Mais ici

aussi les efforts de lobbying portent progressivement leurs fruits : un rapport

10 d’une Task Force on

Globalization and Security établie au sein du Defense Science Board (l’organe chargé de conseiller le secrétaire

à la Défense) concluait en décembre 1999 qu’un encouragement aux fusions et acquisitions transfrontalières

ainsi qu’un assouplissement –en fait, une libéralisation- des régimes applicables aux exportations d’armements et

aux transferts de technologies (sauf pour quelques technologies pointues que se réservent les Etats-Unis), étaient

dans l’intérêt de l’industrie américaine. Celle-ci trouvera donc en la personne de Lord Robertson un allié de

poids.

Une montée en puissance des forces non politiques.

La DCI nous amène au constat d’une affirmation de plus en plus marquée des forces non politiques, au caractère

transnational de plus en plus prononcé et difficilement contrôlables par les pouvoirs politiques dont elles se

placent désormais en concurrentes

11.

Ces forces non politiques, représentantes de l’ordre économique néolibéral caractérisé par une privatisation de

l’essentiel des activités humaines –y compris celles liées à la sécurité internationale- ont trouvé dans les

événements du 11 septembre 2001 une occasion inespérée de conférer à l’instrument militaire la légitimité

politique qui lui faisait défaut depuis la fin de la Guerre froide. Par le biais de la DCI et de substantiels

accroissements des budgets de la défense, l’instrument militaire est désormais assuré de disposer des moyens

nécessaires à l’exécution des missions définies dès 1999 dans le Concept stratégique de l’Otan.

Fondé sur «une approche globale de la sécurité », ce nouveau Concept stratégique affirme qu’en plus de sa

fonction traditionnelle, conformément aux dispositions des articles 5 et 6 du Traité de Washington, de dissuasion

et de défense contre toute menace d’agression visant un pays membre, l’Alliance doit également être en mesure

de réagir hors zone atlantique, partout dans le monde, aux risques et menaces liées à des facteurs politiques,

économiques, sociaux, religieux ou environnementaux.

La force militaire est ainsi propulsée au coeur des processus de la mondialisation dominée par le capital financier

et les privatisations. La viabilité et la stabilité des systèmes globaux majeurs que sont les échanges commerciaux,

les marchés financiers, l’approvisionnement énergétique et l’environnement –considérés comme des intérêts

nationaux de la plus haute importance pour l’Amérique

12- ne peuvent, selon la pensée économique dominante,

être assurés que par une militarisation croissante de la planète. ?

En 2001, les pays membres de l’Otan ont affecté quelque 470 milliards de dollars à leurs dépenses militaires.

Une somme qui prend désormais l’allure, en quelque sorte, d’une prime d’assurance supportée par la collectivité

mais destinée à assurer les intérêts particuliers du capital privé. Une somme qui permet aussi que se perpétue une

exploitation inique des ressources de la planète, au détriment d’une grande et croissante partie de la population

mondiale privée des bénéfices de la mondialisation. Une somme, enfin, qui alimente un système grâce auquel le

complexe militaro-industriel développe un caractère de plus en plus prédateur de la sécurité internationale : loin

de nous assurer paix et prospérité, le filet de sécurité militaire dont dépend une mondialisation inégale - qui sera

inévitablement défiée- crée au contraire les conditions de notre insécurité.

Un défi pour l’Europe : éviter la spirale infernale de la hausse des dépenses militaires.

L’Europe peut faire d’autres choix. Il lui est encore possible de «compter » sur la scène internationale autrement

qu’en se laissant entraîner par les Etats-Unis dans la spirale infernale de la hausse des dépenses militaires et du

renforcement de son propre complexe militaro-industriel. Alors qu’aujourd’hui la puissance militaire reste

incontestablement la première bénéficiaire des investissements publics destinés à assurer la sécurité, l’Union

Européenne pourrait faire le choix, qui serait aussi celui de l’efficience économique, de privilégier les autres

dimensions que recouvre la notion de sécurité : coopération au développement, préservation de l’environnement,

prévention des conflits et gestion civile des crises par exemple.

Indubitablement, au sein de l’Union Européenne aussi, le 11 septembre 2001 a dégagé une énergie nouvelle pour

la relance des initiatives sur les capacités militaires. Le « Plan d’action européen sur les capacités » (ECAP)

adopté le 19 novembre 2001, à Bruxelles, lors de la Conférence sur l’amélioration des capacités militaires de

l’U.E., ainsi que les groupes de travail instaurés à l’initiative de la Présidence espagnole dès février 2002 en sont

l’illustration. Cependant, conduites avec intelligence, en améliorant les synergies entre les programmes

nationaux et multinationaux, en oeuvrant à la mise en place d’un système européen d’acquisition, en remédiant

10

U.S. Departement of Defense, Final Report of the Defense Science Board Task force on Globalization and

security of the Under Secretary of Defense for Acquisition and Technology, Washington D.C., décember 1999.

11

L’esprit du technological gap, De Defensa, Vol. 15, n° 3, 10 octobre 1999.

12

America National Interests : A Report from The Commission on America’s National Interests, july 2000,

disponible sur : http://www.nixoncenter.org/oublications/monographs/nationalinterests.htm

aux duplications d’efforts au seil de l’U.E., ces initiatives pourraient aboutir à une défense européenne commune

plus efficace, mais surtout meilleure marché que la somme des efforts nationaux : Déclaration sur les capacités

militaires de l’Otan (6 juin 2002)

Dispersés. Il faut privilégier cette hypothèse selon laquelle une amélioration des capacités militaires propres ne

s’accompagne pas nécessairement, pour l’Union Européenne, d’une hausse des dépenses militaires.

Pour l’heure, face aux pressions des milieux atlantiques et aux discours va-t-en-guerre de certains dirigeants

européens

13, seules les Assemblées parlementaires, et singulièrement le Parlement Européen, sont réceptives à

ces arguments. C’est en leur sein que ces questions doivent être débattues. Il est donc fondamental de renforcer

la dimension parlementaire de la nouvelle architecture de sécurité et de défense européenne.

Documents de référence figurant sur le site

 

13

 

L'aide états-unienne au Soudan

20 août 1998 : les Etats-Unis lancent depuis le Golfe 19 missiles qui pulvérisent l'unique usine de médicaments du Soudan. Le prétexte - qu'elle produisait des armes chimiques - était totalement fantaisiste. Par contre, l'usine produisait 60% des médicaments disponibles au Soudan. On n'évaluera sans doute jamais le nombre de morts et les souffrances qu'a provoqués directement la destruction de cette usine, et qu'elle continue à provoquer, les Etats-Unis n'ayant jamais trouvé utile de proposer le moindre dédommagement.

Loin des fantasmes du terrorisme islamiste et d'al-Qaida, c'est la misère et le sous-développement extrême qui est le meilleur moteur pour les conflits régionaux, notamment celui qui ravage le Soudan depuis des décennies, pas seulement au Darfour. Comme vient de le déclarer l'ambassadeur britannique aux Nations Unies, la représentation occidentale du conflit du Darfour est erronée, il s'agit plutôt d'une lutte « pour obtenir le contrôle des ressources nationales limitées »1.. « Il n'y a aucune ressource humaine de base. Les gens boivent aux mêmes sources que les animaux; il y a un manque de routes, d'écoles et d'infrastructures médicales. », déclare un responsable soudanais.2.

Les bombardements et les sanctions économiques contre un pays affamés et exsangue ne contribuent certainement pas à apaiser les tensions et à apporter une solution aux drames humanitaires.

Vers une mission de l'OTAN

Le but affiché des États-Unis est d'arriver à imposer une force dirigée par l'OTAN au Soudan. Cela devrait se faire en deux temps, exactement à l'image de ce qui s'est passé en Afghanistan : D'abord , une mission de l'ONU de maintien de la paix remplace la mission actuelle de l'Union africaine de surveillance du cessez-le-feu; dans un deuxième temps, l'ONU confie 'naturellement' la mission à l'OTAN - Koffi Annan a suffisamment prouvé qu'il n'a rien à refuser aux USA.

« L'OTAN pourra entrer en jeu avec l'aide des Etats-Unis dans le cadre de l'ONU, pour signifier au gouvernement soudanais que nous avons l'intention d'apporter la sécurité à la population et que nous avons l'intention d'aider à trouver un accord de paix durable », déclare ainsi George Bush en mars dernier, relayé par le secrétaire général de l'OTAN de Hoop Scheffer : « Je suis persuadé, comme je l'ai dit au président [Bush], que quand l'ONU sera là, les pays membres de l'OTAN seront prêts à faire davantage pour permettre de déployer une force au Darfour »
3.

L'OTAN a déjà un pied au Darfour depuis juin 2005, dans le rôle de support logistique de la mission de l'Union africaine: le président Konare a complaisamment cédé aux pressions états-unienne, et 'demandé' l'aide de l'Alliance, court-circuitant l'opposition de la certains pays de l'OTAN dont la France, dont l'agenda entre en contradiction avec celui des USA.

Effets pervers

La première chose à faire est évidemment de "démontrer" que les forces actuelles l'Union Africaine sont incapables de faire cesser les massacres au Darfour. Ce résultat ne devrait pas être trop difficile à atteindre. il suffit que les groupes rebelles créés, financés et armés par le régime Tchadien rompent le cessez-le-feu négocié; la culpabilité en sera en tout cas attribuée au "régime soudanais et ses milices arabes".
4.

Le fait même de brandir la menace de l'intervention humanitaire a donc l'effet paradoxal (mais parfaitement prévisible) d'aggraver le problème humanitaire. Comme naguère en Yougoslavie, les seigneurs de guerre de la région vont espérer une intervention occidentale en faveur de leur cause, et n'ont donc aucun intérêt à des concessions négociées. Le pompier états-unien est en train d'attiser sciemment les flammes dans la région.

Larmes des vautours autour de puits de pétrole

Les choses deviennent beaucoup plus claires lorsqu'on sait que le Soudan possède du pétrole en très grandes quantités - certains parlent de ressources rivalisant avec celles de l'Arabie Saoudite – et que ces ressources pétrolières sont actuellement exploitées non par des compagnies américaines, comme au Tchad, mais principalement par la compagnie chinoise des pétroles.
5.

Lorsque les grandes puissances évoquent avec tant d'insistance l'humanitaire, le plus élémentaire réflexe devrait être de se demander qu'est-ce qu'on est en train d'essayer de nous vendre ? Accorder la moindre crédibilité aux Bush et consort aujourd'hui, reviendrait à prendre au sérieux les affirmations de Léopold II qui voulait, main sur le cœur libérer les nègres des esclavagistes arabes, ou celles d'Adolf Hitler dont l'unique préoccupation était de libérer le peuple des Sudètes des exactions tchèques .

La crise humanitaire au Darfour est instrumentalisée par les Etats-Unis dans une tentative de brider la montée en puissance de la Chine, et de la maintenir en état de dépendance pour l'accès au pétrole. L'Irak est (actuellement) fermé, l'Iran est également dans la ligne de mire. Il s'agit d'une question cruciale pour la survie même de l'hégémonie US.

Il est essentiel que le mouvement pour la paix, en particulier dans les pays de l'OTAN, ne retombe pas dans le piège de l'humanitaire. Une intervention de l'Occident au Soudan n'est certainement pas une partie de la solution, mais bien une partie du problème.

1. "Darfour, un conflit mal compris, affirme l'ambassadeur britannique au Conseil de sécurité" – Nations Unies, 15 juin 2006
2. "Sudan: Pas d'accueil enthousiaste pour les casques bleus", Inter Press Service (Johannesburg), 16 Juin 2006
http://www.ipsnews.net/africa/
3. "Bush espère que l'OTAN va prendre la direction des opérations au Darfour", Xinhuanet 20 mars 2006
4. cf "Le chef du Mouvement de Libération du Soudan menace de rompre l'accord de paix avec Khartoum", AP, 17 juin
5 "The Oil Factor About Sudan", John Laughland - The Guardian 3 août 2004http://www.stopusa.be/scripts/texte.php?section=BQ&langue=1&id=22982fo2r@free.fr


http://www.csotan.org/textes/texte.php?art_id=308&type=articles

Les nouveaux rôles probables de l’Otan dans les futurs scénarios impérialistes : Comment arrêter l’Otan ?George Havatzas
28 juin 2004

Chers amis et camarades,

Une menace contre la paix de l’humanité et contre l’avenir des peuples rôde à Istanbul. Cette menace n’est autre que la réunion du sommet de l’Otan. En outre, ce sommet spécifique des dirigeants des 26 Etats membres, anciens et nouveaux, de l’Otan signifie la transformation de l’alliance à un niveau opérationnel, d’une façon telle que ses forces sont être capables d’opérer en unité et seront donc à même de répondre plus efficacement aux nécessités actuelles des quartiers généraux impérialistes. Les décisions auxquelles on s’attend marqueront un pas décisif vers la mise en application de la doctrine de l’Otan de la « guerre et action préventives », l’Otan constituant une force d’oppression mondiale dans les limites d’action que lui octroie son statut mondial aujourd’hui élargi. Entre autres en ce qui concerne le projet d’expansion du Moyen-Orient. La dimension militaire de la globalisation capitaliste a été amenée sur la table par les hauts responsables de l’Otan. Ces décisions deviennent de plus en plus dangereuses et constituent une menace sans cesse grandissante pour les peuples, du fait qu’elles ont été adoptées à une époque où l’agression impérialiste ne cesse de s’intensifier. En outre, il y a encore la décision très récente des grands responsables capitalistes mondiaux, ceux des pays du G-8, qui s’est réuni aux Etats-Unis, lequel pays définit, lui, les grandes lignes de l’affaire.

Déjà, en Grèce, la chose a été rendue publique sans démenti jusqu’à présent. Le gouvernement grec s’empresse d’accepter les demandes américaines en vue de remodeler 40% des forces armées du pays, de sorte qu’elles soient entièrement compatibles avec le modèle défini par la Force de Réaction rapide de l’Otan et qu’elles soient également en mesure de se déployer dans n’importe endroit de la planète où l’alliance fonctionne. En attendant, afin d’assurer la rotation des forces dans des missions à long terme, le gouvernement grec a accepté la demande de l’Otan, à savoir que 8% des troupes grecques remodelées soient à même, conformément aux nécessités opérationnelles de l’Otan, d’assurer une présence permanente dans n’importe quelle région du globe où l’Otan a déployé son action.

En fait, selon des informations diplomatiques, ces décisions du gouvernement grec concordent effectivement avec la nouvelle structure opérationnelle planifiée par l’Otan et elles concernent chaque Etat membre de l’alliance. Un prélude certain de l’implication directe des Grecs dans les nouveaux plans impérialistes n’est autre que le récent projet de loi présenté au parlement grec, lequel entend « résoudre » le problème de l’utilisation de navires commerciaux par les forces armées afin de transporter du matériel de guerre et des troupes vers d’autres pays, puisque, dans l’actuel état des choses, on ne peut acheminer de forces armées par bateau en dehors des frontières grecques.

De façon plus spécifique, en ce qui concerne le genre de missions qui auront lieu dans le cadre du nouveau rôle de l’alliance, le commandant américain des forces alliées en Europe, le général James L. Jones, étudie, dans un article publié dans NATO reviews, comment l’alliance a modifié ses structures militaires et créé sa Force de Réaction rapide. « Jusqu’en 2006 », note le général américain, « l’alliance sera équipée d’une nouvelle capacité militaire – ce qu’on appelle la capacité d’action préventive. Ceci », poursuit Jones, « constitue un changement essentiel dans la morale et la culture de l’alliance, comparé à ce qui se faisait durant la période de la guerre froide. »

Cette « nouvelle capacité militaire » dont parle le responsable américain présuppose une restructuration de l’administration de l’Otan, laquelle a déjà eu lieu, et la transformation de 40% des forces nationales des Etats membres selon le modèle de la Force de Réaction rapide. Quant aux missions que cette alliance « transformée » sera à même d’entreprendre, l’Afghanistan, où l’alliance est déjà engagée, en a subi un bon exemple, et ce sera pareil pour l’Irak, où elle ne va pas tarder à intervenir, dégradant encore plus le statut déjà bien effiloché de l’ONU.

Ne perdons naturellement pas de vue que, dans les Balkans, après la guerre de l’impérialisme anglo-américain contre la Yougoslavie et la formation d’Etats protectorats, les forces de l’Otan ont :maintenu leur présence, c e qui constitue une source constante de tension et d’instabilité dans la région.

Ne mettons pas non plus de côté le rôle de l’Union européenne. Déjà, avec l’euro-constitution décidée lors de la récente rencontre au sommet de l’UE, celle-ci adoptait la doctrine militaire américaine des « frappes préventives » a l’encontre d’un pays ou plus sous le prétexte de combattre le « terrorisme ». Un aspect intégral de l’euro-constitution consiste dans la militarisation de l’UE, laquelle soutiendra et complètera l’Otan partout où la chose s’avérera nécessaire. Dans le cadre du FYROM, les forces armées européennes ont déjà remplacé les forces de l’Otan et elles sont prêtes à faire de même en Bosnie. Le sommet européen a montré on ne peut mieux que les impérialistes sont unis quand ils se préparent à attaquer les peuples, alors que leur confrontation concerne simplement la question de savoir qui s’occupera du partage des bénéfices (voyons ce qui s’est passé durant la première invasion américaine de l’Irak et pensons à l’attitude de l’UE). Les peuples doivent prendre leurs propres mesures préventives et déclarer leur propre guerre préventive contre la guerre impérialiste à l’échelle mondiale. Une première réponse réside dans la manifestation populaire internationale visant à condamner les crimes impérialistes, manifestation qui a eu lieu aujourd’hui à Istanbul, de même que les nombreux rassemblements présentant les mêmes revendications et qui se sont tenus dans de nombreuses villes grecques. Il n’y a pas de place pour les illusions et il n’y a pas non plus de temps à perdre. Les guerres impérialistes de la dernière décennie ont donné le signal voici longtemps déjà.

En Grèce, nous avons une riche expérience dans les actions orientées de la sorte.

Notre action très diversifiée contre les forces de l’Otan durant la période de guerre en Yougoslavie a été presque unanimement bien perçue par le peuple grec (98% !) et elle a suscité beaucoup d’intérêt de la part des mass media internationaux. Nous avons organisé des conférences internationales à Salonique, conférences que nous avons estimées utiles pour l’échange d’expériences avec les mouvements de notre région. Nous avons également participé à un forum international, avec divers séminaires, mis sur pied par Ban-c, comme ceux de Florence et de Paris.

C’est avec la même motivation que nous avons organisé, au printemps précédent, les grands rassemblements anti-guerre contre l’invasion et l’occupation de l’Irak, affirmant clairement, dès les tout premiers instants, que le désaccord original de l’UE était avant tout motivé par le partage du butin après la guerre. Tous ces rassemblements ont culminé, l’an dernier, par la grande manifestation internationale du contre-sommet de l’UE qui a été organisée par « Action-Salonika 2003 », en juin 2003, et qui a été la seule initiative dénonçant avec virulence le caractère impérialiste de l’Otan et de l’UE. Nous n’avons pas l’intention de baisser les bras, et nous poursuivrons notre lutte contre la présence des bases militaires des Etats-Unis et de l’Otan sur notre territoire, ou encore contre le massacre du peuple palestinien.

La seule barricade contre l’agression impérialiste réside dans le développement au niveau national du mouvement anti-impérialiste et anti-guerre et dans sa coordination au niveau international. C’est le sens que nous donnons à notre présence ici et à notre participation aux activités de votre mouvement. Merci de nous avoir prêté l’oreille.

Je vous souhaite un grand succès dans votre combat contre l’Otan et contre l’impérialisme.

Traduit par Jean-Marie Flémal


« La future défense européenne est un livre ouvert pour les États-Unis »Entretien avec le Général Henri Paris, président de la Fédération des officiers de réserve républica
4 mai 2005
source : L’Humanité


Pourquoi vous prononcez-vous contre le traité constitutionnel ?
Le traité constitutionnel fait explicitement référence à l’OTAN comme le « fondement » d’une éventuelle défense européenne. Quand l’Alliance Atlantique a été fondée en 1949 elle répondait à deux critères. D’une part une aire géographique précise : l’Atlantique Nord. D’autre part elle était fabriquée pour répondre à un adversaire identifié : le bloc de l’Est et le Pacte de Varsovie. En 1991 il n’y a plus de pacte de Varsovie, plus d’ennemi identifié, pourtant l’OTAN continuer d’exister, quitte à contredire le cadre géographique de l’Atlantique Nord. Il est par exemple contre nature de voir l’OTAN intervenir en Afghanistan. L’OTAN n’est plus qu’un simple supplétif des Etats-Unis. Il me semble donc inconcevable de lier structurellement une défense européenne à l’Alliance Atlantique.

Le traité empêche donc selon vous toute défense européenne indépendante ?
Effectivement. D’autre part il faut bien mesurer toutes les implications si le « oui » l’emporte. Pour mémoire, l’article 5 du traité de l’Atlantique Nord indique que « les parties conviennent qu’une attaque armée contre l’une ou plusieurs d’entre elles survenant en Europe ou en Amérique du Nord sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties, et en conséquence, elles conviennent que si une telle attaque se produit chacune d’elles assistera la partie ou les parties ainsi attaquées en prenant aussitôt, individuellement et en accord avec les autres parties, telle action qu’elle jugera nécessaire, y compris l’emploi de la force armée ». Le projet de constitution européenne va plus loin. Il oblige les Etats membres, dans son article 1-41-7, à apporter « aide et assistance par TOUS les moyens en leur pouvoir au cas où un Etat membre serait l’objet d’une agression armée sur son territoire ». La nuance entre les deux articles est d’importance. D’une part elle risque d’entraîner la France dans des conflits qui ne la concernent pas, d’autre part cela pose la question de l’arme nucléaire. Il faut bien mesurer que la France est la seule puissance nucléaire européenne indépendante. Quant à l’armement nucléaire britannique il est sous sujétion américaine, puisque les missiles sont de fabrication américaine.
L’arme nucléaire à la disposition des Vingt Cinq ? Pourquoi pas ? Mais cela implique de définir une stratégie commune de dissuasion adaptée à l’espace géographique des Vingt Cinq, de définir des cibles communes… Or quelle peut être une stratégie commune ? La dissuasion se réfléchit dans un cadre du « faible au fort », qui voudrait-on dissuader aujourd’hui ? La Chine ? C’est absurde ! Une stratégie nucléaire européenne commune implique une refonte des concepts stratégiques. Or la constitution, en posant le cadre de l’OTAN comme fondement de la défense européenne, donne déjà un cadre stratégique et empêche de développer une politique de défense indépendante.

Pourtant on avance l’idée que le traité permet de lutter plus efficacement contre les « nouvelles menaces » ?
Absurde ! Il n’y a pas besoin d’une constitution pour organiser la lutte commune contre le terrorisme. Par contre, je note que le traité est étrangement muet concernant les paradis européens de blanchiment d’argent sale. Cet argent est le nerf de la guerre des terroristes. Il est plus efficace de mettre en place des règlements et des outils permettant de lutter contre ces paradis que de s’aligner derrière la conception américaine de la lutte contre le terrorisme. Aujourd’hui, à peine cinq pays en Europe disposent de ce que l’on peut appeler une défense organisée autour d’industries de défense. Les trois principaux sont la France, l’Allemagne et la Grande Bretagne. Loin derrière on trouve l’Espagne et l’Italie. La constitution, en obligeant les pays européens à augmenter leurs capacités militaires, pousse tous les autres pays de l’UE à acheter des « matériels sur étagères ». On voit le résultat lorsque la Pologne décide d’acquérir des F16 américains, renforçant du même coup se dépendance à l’Oncle Sam.
Pour être indépendante, l’Europe a besoin d’une indépendance technologique. Or l’alignement derrière l’OTAN, le concept d’interopérabilité sous critères de l’OTAN, mettent à mal cette indépendance. L’interopérabilité ce n’est pas simplement la standardisation du calibre des armes et des munitions, c’est aussi la normalisation aux standards de l’OTAN, donc américains, des systèmes de communication, de transmission y compris du chiffre, et de commandement. Autant dire que la future défense européenne est un livre ouvert pour les Etats-Unis. Ce ne sont pas les coopérations renforcées que vous évoquez qui changent quoi que ce soit. Tel qu’il est conçu dans la constitution ce système donne à la Grande Bretagne un rôle d’arbitre et le pouvoir de s’opposer à toute coopération. Elle le fait déjà concernant les applications militaires du système Galiléo, qui pourrait être une alternative au GPS américain. Quand on connaît les penchants atlantistes de ce pays on a du mal à imaginer qu’il appuie des programmes de recherche qui heurteraient les intérêts des Etats-Unis.

Contact Fédération :

http://www.csotan.org/textes/texte.php?type=articles&art_id=235

:

G1027 : Le Concept stratégique de l’Otan (avril 1999)

G1029 : Déclaration sur les capacités militaire de l’Otan ( 6 juin n 2002)

G1030 : Déclaration sur les capacités militaires de l’Union Européenne (19 novembre 2001)

Les initiatives sur la capacité militaire de l’Otan : garantes ou prédatrices de la sécurité

internationale ?

Luc Mampaey,

Chercheur au Groupe de Recherche et d’Information sur la Paix et la Sécurité (GRIP).

L’Initiative sur les capacités de défense (ou DCI, Defense Capabilities Initiative) résulte d’une initiative des

Etats-Unis issue d’un exposé présenté par le secrétaire d’Etat américain à la Défense, William Cohen, à la

réunion des ministres de la Défense de juin 1998, à Bruxelles. Cet exposé, traitant de la manière de réorganiser

l’Otan pour lui permettre de relever les défis du XXIème siècle, a amené M. Cohen à proposer la DCI à la

réunion informelle des ministres de la Défense de septembre 1998 à Vilamoura, au Portugal. Les fondements de

cette initiative furent ensuite établis en novembre 1998 lors d’une conférence de l’Alliance à Norfolk (Virginie)

sur le thème de la «Transformation de l’Otan pour répondre aux défis du XXIème siècle » au cours de laquelle

les représentants des 16 pays membres de l’Alliance atlantique et des trois pays qui étaient à cette époque sur le

point de la rejoindre (Pologne, Hongrie et République Tchèque) ont approuvé la transformation nécessaire des

capacités de défense

1.

L’Initiative sur les capacités de défense (DCI) a finalement été entérinée par les chefs d’Etats et de

gouvernement participant à la réunion du Conseil de l’Atlantique Nord à Washington, les 23 et 24 avril 1999.

Elle a pour objectif premier de garantir, notamment par une meilleure interopérabilité des forces, l’efficacité des

futures opérations multinationales dans la gamme complète des missions définies dans le nouveau concept

stratégique de l’Otan adopté au cours de ce même Conseil.

La DCI se compose initialement de 59 points définis à partir d’un examen des priorités des commandements

stratégiques de l’Otan et d’une mise en évidence des lacunes. Ces 59 points –dont la liste complète est classifiéesont

répartis en 5 catégories

2 :

1. Capacités de déploiement et de mobilité : 6 points portant essentiellement sur l’acquisition de moyens de

transport aériens et maritimes.

2. Système d’information de commandement et de contrôle : 8 points, dont des systèmes d’identification de

combat et des moyens déployables de commandement et de contrôle.

3. Efficacité de l’engagement : la plus importante des catégories avec 22 points, dont la su

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06/02/2009

« saboter l’antiterrorisme »

 


 

Accueil du site > Sur le terrain > Sous les pavés, la rage ; dans les couloirs du métro, la baston.
Saboter l’antiterrorisme ? Des milliers de manifestants se sont bougés les fesses, cet après-midi, pour participer à une journée d’action contre le sort fait aux anarcho-autonomes. Et encore davantage de CRS, postés tout au long de l’itinéraire… Une mobilisation policière impressionnante, mais pas suffisante pour mettre bas toute résistance : dans les couloirs de la station Denfert-Rochereau, un face-à-face violent a opposé des manifestants aux policiers. Images.

Sous les pavés, la rage ; dans les couloirs du métro, la baston.

samedi 31 janvier 2009, par JBB

La mobilisation était là : plusieurs milliers de manifestants ont répondu présents à l’invitation à « saboter l’antiterrorisme » et à défiler en soutien aux inculpés de Tarnac. Ce qui fait (quand même) un paquet de fiers supporters de cette « mouvance anarcho-autonomes » qui donne des cauchemars à Michèle Alliot-Marie… Pas assez - toutefois - pour effacer la présence policière : il y avait tellement d’uniformes qu’on aurait pu penser à un mouvement de revendication des CRS… Ils étaient partout, encadrant de très près le cortège, barrant chaque avenue, chaque rue et chaque ruelle croisées. Tout était bloqué, en un déploiement de forces de l’ordre réellement impressionnant. Des CRS par-ci, des CRS par-là, des flics en civil en veux-tu en voilà, et des policiers en uniformes pour faire bonne mesure. Bref : du bleu, partout.

Petite ou vaste, chacune des rues croisées était barrée d’un cordon de CRS, avec toujours un ou deux policiers caméra à la main, histoire de filmer la manifestation.

Aux fenêtres d’un hôtel surplombant directement l’itinéraire de la manifestation, deux policiers équipés de puissants appareils photo. Souriez, vous êtes fichés…

Canons à eau de sortie. Pour rien, finalement : ils n’auront pas été utilisés.

Pourtant… Malgré une atmosphère plutôt tendue, en dépit de l’envie évidente de certains d’en découdre, le cortège s’est déroulé sans incidents. Beaucoup de pétards et de feux d’artifice artisanaux, énormément de slogans appelant à mettre bas l’Etat policier, une proportion non négligeable de manifestants masqués, quelques jets d’objets variés sur les forces de l’ordre… Et puis rien d’autre, sinon une fin de manifestation dans la bonne humeur et en musique. Parfait ? Presque…

Aux alentours de 18 h, il ne restait plus grand monde place Denfert-Rochereau, terminus de la manifestation. Progressivement, dans le calme et sans prêter grande attention aux CRS barrant chacune des rues donnant sur la place, les manifestants quittaient les lieux, s’engouffrant dans le métro. Passaient les portillons et…
Ceux qui se sont dirigés vers le RER ont eu la surprise de tomber sur un face à face tendu entre policiers et manifestants.

Tout avait démarré quelques minutes plus tôt, quand les policiers en faction derrière les portillons de RER ont interpellé un jeune noir [Le motif de l’interpellation - pour peu qu’il y en ait un - n’est pas clair. Je pensais, comme d’autres manifestants, qu’il lui était reproché de ne pas avoir payé son ticket. Plusieurs commentaire ci-dessous soulignent le contraire - ainsi que d’autres billets de blog - , avançant que le jeune avait justement un ticket en règle. Et que seule la couleur de la peau lui a valu d’être soumis à ce contrôle d’identité]. Chez une trentaine de personnes, l’arrestation a fait éclater une colère jusqu’alors rentrée. Très vite, la pression est montée et la confrontation s’est fait plus violente, les manifestants sommant les forces de l’ordre de libérer le jeune homme, maintenu dans un coin et entouré d’uniformes. Quand deux policiers l’ont ceinturé violemment, le faisant tomber à terre et le frappant, les injures ont laissé place à des coups, échangés des deux côtés. Débordés, les policiers ont alors fait appel à des renforts, essayant de s’extraire de ce coin de couloir de métro où ils étaient bloqués par ces militants très remontés.

[1]

Pour se dégager, les flics ont copieusement usé de la matraque, peinant toutefois à se frayer un chemin et à emporter leur proie. Ils n’y seraient d’ailleurs peut-être pas parvenus sans l’arrivée d’une dizaine d’autres policiers et l’emploi de lacrymos. Un usage convaincu de la matraque et de la gazeuse qui leur a finalement permis de se libérer du petit groupe, emportant avec eux leur prisonnier et laissant flotter sur leur passage, dans les couloirs du métro, un copieux nuage de gaz. Fin de l’épisode.

 

Et ? Ben… les manifestants présents n’ont finalement pas réussi à libérer le jeune homme. Mais il s’en est fallu de peu. Reste ce réjouissant sentiment que, même quand la police semble avoir le contrôle absolu de la situation, elle ne maîtrise pas tout. Et aussi cette colère sourde et massive qui monte, suffisante pour faire reculer - au moins un temps - les forces de l’ordre. C’est déjà pas mal, non ?

 

[Edit, dimanche à 9 h 50.] Après cet épisode souterrain, Infozone mentionne de nombreuses arrestations dans les souterrains du métro : « Dans les couloirs non seulement la respiration est difficile, mais les policiers bousculent violemment tout ce qui bouge, sans discernement aucun. Les usager(e)s paniquent, ils ne comprennent pas ! Les chiens du capital en profitent pour procéder a des arrestations musclées sous des prétextes fallacieux comme ’outrage’ (on est forcement grossier avec du gaz plein la gorge) ou ’possession de stupéfiants’ (la dangereuse mouvance de l’ultra beuh). D’autres furent également arrêtés a l’entrée pour jet de projectiles, surement sur témoignages des policiers. 15 arrestations au total… »

Par ailleurs, Infozone explique que le jeune interpellé était un sans-papier.

Notes

[1] Il me manque les photos des moments les plus violents, ainsi que de l’emploi des lacrymos. Mes maigres compétences en la matière, conjuguées à la tension du moment, m’auront fait rater ces clichés. Désolé.


68 Messages de forum

  • il y avait effectivement du monde cet après-midi, en tout cas plus que je ne l’espérais.

    Mais quel silence !

    Peu de slogans et surtout peu de gens pour les reprendre en coeur.

    Je ne sais pas si c’est le trop-plein bleu marine ou le froid mais, à part la fanfare et les clows de fin de cortège, rien ne pouvait nous empêcher d’entendre distinctement les pétards.J’avais l’impression de suivre un cobillard.

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    • C’est vrai que l’ambiance était lourde et pesante, en grande partie à cause du « trop-plein bleu marine ». Et puis, il y a avait un truc dans l’air, ça donnait l’impression de pouvoir péter à n’importe quel moment.

      « à part la fanfare et les clows de fin de cortège, »

      Clair que la Brigade activiste des clowns -même en petit comité - a la classe. Il y avait aussi un peu de zik, ça réchauffait un brin.

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      • « C’est vrai que l’ambiance était lourde et pesante, en grande partie à cause du « trop-plein bleu marine ». Et puis, il y a avait un truc dans l’air, ça donnait l’impression de pouvoir péter à n’importe quel moment. »

        C.Q.F.D. Sans doute faudra-t-il bien d’autres fois battre le pavé, mais on sent sourdre une exaspération qui monte jour après jour sans que l’on sache exactement quand, pour quoi et si cela va péter. Pour ma part je ne vois pas d’autre issue pour sortir de cette fange nauséabonde dans laquelle L’Ubu qui gouverne est en train de faire glisser le pays.

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    • Un dicton dit qu’il n’ y a a pas plus dangereux qu’une manifestation silencieuse...le silence de la colère, le silence de la honte d’être dans ce pays de merde, crier c’est libérer une energie...je prefère cent fois une manif silencieuse et determiné qu’une manif bruyante et dian dian...

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      • Sous les pavés, la rage. 1er février 13:41, par JBB

        Il y a quelque chose de ça, une rage sourde et à fleur de peau.

        « je prefère cent fois une manif silencieuse et determiné qu’une manif bruyante et dian dian... »

        Je suis assez d’accord avec toi. Même si je pense que tout mouvement de revendication, aussi dur soit-il, ne doit jamais oublier que la joie, l’inventivité et la fête sont aussi essentiels pour qui prétend remettre en cause l’ordre de la société. Façon Reclaim the Street, par exemple.

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    • Même ambiance dans le cortège du 29 janvier à Paris, pourtant on n’a vu aucun flic à l’horizon (sauf à Opéra) et cette ambiance-là était tout du long...

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      • qques autres à partager ce constat de climat tendu, mais on constate aussi assez peu de fédération entre les manifestants et peut etre trop peu de temps passé devant les barricades à la santé où des chants de soutien, d’encouragement auraient été bienvenus pour que Julien et les autres détenus nous sentent présents, à leur coté. Je ne suis pas une grande pratiquante des manifestations mais je pense aussi que la gaieté ( tant que possible), l’union, et l’energie positive sont de bonnes armes face à cette propension à la violence de nos sociétés. Tout ce qu’ils veulent c’est qu’on s’ennerve, qu’on perde notre sang froid.Pour ne pas ressembler à une assemblée de moutons soyons humains. Merci à tous d’avoir été là et la lutte doit continuer dans nos quotidiens.

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  • Merci pour ce petit compte-rendu...

    see ya !

    Voir en ligne : Kprodukt, blog actif et militant( ?)

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  • Un article du Figaro parle (un peu) de la manifestation :

    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/01/31/01011-20090131FILWWW00712-1200-manifestants-en-soutien-a-coupat.php

    Je n’en ai pas vu d’autres...

    Voir en ligne : http://carnetsfg.wordpress.com/

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  • Sur LCI,ils ont modifié leur article du début de soirée en affirmant qu’il y avait eu plusieurs policiers blessés ainsi que qques manifestants(comme d’habitude d’ailleurs avec ces brutes...),qu’en est-il ? avez vous des infos ?

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    • A part les échauffourées du métro, je n’ai pas vu d’interpellation ou de coups, sauf à compter comme tels les bouteilles et pétards qui ont été balancés sur les CRS. Mais j’ai quitté Denfert-Rochereau vers 18 h, alors qu’il restait 200 à 300 manifestants sur la place, en bonne partie en train de danser sur de la tekno. La dispersion s’est peut-être effectuée de manière violente, mais j’en doute un brin : l’ambiance n’était plus à la tension.

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  • Toujours sur ce ***** de site LCI,ils parlent de 8 policiers blessés dont 2 partis à l’hôpital et 15 interpellations en flagrant délit...En début de soirée,ils parlaient juste de la manif et ils ont modifié leur article dans la soirée en spécifiant ces incidents mais sans donner aucun faits,ni photos,aucune preuve...ça pue la désinformation encore une fois (bon,je sais le site n’est pas une référence,c clair) !!! Merci pour le compte-rendu

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  • 8 blessés chez les matraqueurs, 15 interpellations en flagrant délit pour tir de fusées, outrage à agents de la force publique ou détention de produits stupéfiants. selon la préfecture de Paris ...

    Qui traque les pseudo-anarcho-autonomes de Mâme MAM et qui ne trouve pour les coffrer qu’outrage aux bleus et détention d’herbe ... du grand n’importe quoi ... Ça donne un avant-goût de la haute teneur des preuves qu’elle est censée avoir rassemblées dans le dossier Coupat.

    Miam, l’épisode du métro. C’est si bon quand la peur change de côté ... Et cette colère qui gronde, comme tu dis ... Les français ont voulu l’exprimer calmement par les manifs du 29 , mais on leur en a détourné le message.

    Pas sur que ça les calme. La prochaine fois sera plus « rugueuse ». Enfin.

    Voir en ligne : http://merachlor.blogspot.com/

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    • Même analyse : le 29 à Lille, le cortège arrive en fin de parcours, des lancers de bouteilles, cageots, légumes, des sifflets, des insultes ... etc ... contre des CRS (visiblement inquiets mais sans réplique) et ... aucune réaction moralisatrice dans la manif. En général dans ces cas là, on entend toujours des appels au calme de la part des manifestants. Souvent, les services d’ordre des syndicats tentent de s’interposer. Cette fois-ci, rien. Une odeur de rébellion planait.

      Ils ont peur. Battons le fer tant qu’il est chaud.

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      • Dans les couloirs du métro, la baston. 1er février 10:17, par JBB

        @ Merachlor : « Qui traque les pseudo-anarcho-autonomes de Mâme MAM et qui ne trouve pour les coffrer qu’outrage aux bleus et détention d’herbe. »

        Oui, mais : attention ! La détention de cannabis en relation avec une entreprise terroriste, ça peut aller chercher loin… :-)

        @ Dogbreath : oui, c’est évident que le ressenti de la majeure partie des manifestants a évolué quant aux éventuels débordements. Et qu’il n’est plus une armée de gens pour s’interposer en appelant au calme quand ont lieu des jets d’objets divers ou des échauffourées.

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  • Un jour pas si lointain, les charognards flics, medias et politiques demanderont pardon... mais il sera trop tard... pour eux...

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  • Je me permets d’apporter une petite rectification au récit du débordement policier qui a eu lieu dans le métro Denfert en fin de manif. Ce qui pourrait paraître un détail est en fait très important. En effet, le black a été interpellé pour un contrôle d’identité alors qu’il venait de passer son ticket. Ce dernier n’était en aucun cas un fraudeur !!!!!! Et c’est parce qu’il n’avait pas ses papiers sur lui (ou peut être pas du tout) que la police l’a mis de côté, que les amis et badauds se sont révoltés et qu’ils ont fini par le plaquer au mur, le menotter et le lyncher.

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  • Soutient aux inculpé-e-s de tarnac... vous oubliez (volontairement ?) isa, juan, bruno... les premier-e-s inculpé-e-s de l’anti terrorisme, en taule depuis plus longtemps que coupat mais moins médiatisé-e-s. (la différence de classe sociale, le fait de ne pas s’exprimer dans les médias bourgeois ou d’être moins facilement acceptés par la gôche ?)

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    • Dans les couloirs du métro, la baston. 1er février 11:59, par JBB

      « vous oubliez (volontairement ?) isa, juan, bruno... »

      Faut peut-être arrêter de dire n’importe quoi et de voir des complots partout. En l’occurrence, le sort fait à Isa, Juan et Damien - comme à tous les inculpés de l’antiterrorisme - a été souvent mentionné sur ce site, entre autres ICI, LA ou encore ICI. Mais c’est tellement plus facile de faire des procès direct sans rien vérifier, hein…

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      • Dans les couloirs du métro, la baston. 1er février 13:08, par arnold
        Il est vrai qu’article 11 a deja fait mention, et plus d’une fois, d’Isa, Juan, Damien (toujours en taule), Farid, Ivan, et Bruno (qui eux sont sortis mais restent sous controle judicaire). Il serait injuste de soupçonner le site d’« oublier volontairement » nos camarades. En revanche, il est vrai également que ces « affaires » ont toutes été très peu relayées et communiquées, ni par les médias ni par les partis et organisations de gôche, et on ne peut que constater qu’évidemment l’origine social, ainsi que l’identité militante des personnes fait que le traitement est different selon les affaires.

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        • Dans les couloirs du métro, la baston. 1er février 13:48, par JBB

          « Il serait injuste de soupçonner le site d’’oublier volontairement’ nos camarades. »

          Merci. Je ne prétends en aucun cas être exemplaire en la matière. Mais je n’aime pas ce côté procès politique, qui peut effleurer parfois.

          Pour le reste, tout d’accord avec toi. Ainsi qu’avec cette analyse de la médiatisation entourant Tarnac, prenant le pas sur le cas d’autres victimes beaucoup plus oubliées. Ça marchera toujours ainsi, je crois, la mobilisation ne peut jamais être pure et parfaite, il y aura toujours des biais.

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  • On a des images, et on cherche le nom du copain sans pap’ !

    contre_sens@no-log.org

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  • Je recopie le témoignage de « Berckman » sur la fin de la manif (et sur ce qui s’est passé dans le métro) :

    A la fin de la manif, alors que tout le monde se dispersait dans le calme sous très haute surveillance policière (le dispositif était hallucinant, jamais vu ça auparavant dans les manifs parisiennes), on est descendu dans le métro avec qqs camarades. Là, on tombe sur un groupe de flic qui étaient en train de faire un contrôle d’identité au faciès : Tout le groupe était passé avec des tickets, et les flics contrôlent un manifestant, comme par hasard le seul noir du groupe. Les autres restent pour demander sa libération, on se joint au groupe. Ca commence à gueuler « libérez notre camarade », « police partout, justice nulle part », « contrôle au faciès ». Puis à un moment les flics commencent à plaquer le camarade contre le mur, lui tordent les poignets. Comme la douleur le fait bouger, ils en profitent pour le lyncher : coups, clé de bras... Du coup ça commence à gueuler sérieusement du côté des manifestants : un flic colle une patate à une camarade, et ils essaient d’extraire le camarade interpellé à travers la foule (comme il restait encore du monde de la manif à l’extérieur, ils voulaient visiblement pas prendre le risque de passer devant les manifestants). Des civils et des CRS sont arrivés en renforts et on s’est fait gazer et matraquer dans le métro. Il y avait des mômes dans la foule, et à un moment, le groupe a été séparé en deux, quand on est arrivé à une fourche dans le couloir. Le camarade a été emmené. Je pense effectivement qu’ils en ont profité pour serrer des manifestants au hasard... Tout cela ressemble à de la bonne vieille provocation policière...

    Ici->http://revolution.celeonet.fr/index.php ?sho...

    Il y a aussi une vidéo intéressante sur la « télé libre » : http://latelelibre.fr/index.php/2009/01/fin-de-manif-sans...

    J’ai beaucoup aimé l’anarcho-masochiste.

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    • Dans les couloirs du métro, la baston. 1er février 19:20, par JBB

      Waouh ! J’avais raté ça, l’anarcho-masochisme. Et je trouve ça vraiment super classe, à la fois efficace et malin.

      Faut dire que j’ai davantage assisté aux affrontements, lors de cette fin de manif de jeudi. Et que j’ai raté ces moments différents où les citoyens-manifestants s’en prenaient aux CRS avec talent. Sur ce coup, la TéléLibre assure.

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  • Bonsoir, j’y étais aussi mais étant partie plus tôt, je n’ai pas eu vent des heurts souterrains... Grosse tension oui, mais un point positif important : un appel des autonomes suivis par tout un cortège de gens plus modérés... irons-nous vers une confluence des luttes ? En tout cas chouette papier, tu as toujours mon adresse mail je crois, à plus. Lise (la BAC et Beaubourg...)

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    • Dans les couloirs du métro, la baston. 1er février 20:32, par JBB

      Salut Lise :-)

      « irons-nous vers une confluence des luttes ? »

      J’ai eu la même impression que toi. Voir défiler ensemble quelques adhérents de la Ligue des droits de l’homme, des totos à capuche, des citoyens d’âge respectable, des membres de la FA et des membres de rien du tout incline (un brin) à l’optimisme. Et ce qui est sûr, c’est qu’il y a une radicalité croissante d’une part de la population qui ne l’était pas forcément avant. C’est toujours ça.

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  • L’article consacré à la « mise au point » du comité invisible publié sur mediapart conclut comme suit :

    « Gageons que ce samedi, lors la « manifestation nationale contre l’anti-terrorisme » à Paris, 15h, la police cherchera probablement à identifier les éventuels distributeurs de la « mise au point ». Histoire de voir un peu d’invisible. »

    Personnellement j’ai récupéré un exemplaire du prospectus lors de la manif de jeudi. Mais je doute qu’ils aient besoin de beaucoup chercher pour identifier qui les distribuait : à cinq mètres des deux jeunes qui assuraient la diffusion, une demi-douzaine de civils qu’on aurait eu de la peine, même sans leurs discrètes oreillettes, à confondre avec le SO de la CGT, ne perdaient rien de la scène.

    Qu’en conclure ? Telle est la question... Je la pose d’ailleurs à l’auteur de l’article, puisque les commentaires ne sont pas ouverts aux non abonnés à mediapart. je doute en tout état de cause que ce comité soit vraiment invisible pour tout le monde.

     

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04/02/2009

Strasbourg en état de siège pour l'Otan

 

The Black Bloc

The Black Bloc par BrianLarter

 

Le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel appellent à une "véritable coopération" entre l'UE et l'Otan, déplorant un "partenariat stratégique" insuffisant entre les deux institutions, dans une tribune publiée mercredi par lemonde.fr.

"A notre grand regret, le +partenariat stratégique+ entre l'OTAN et l'UE n'est pas à la hauteur de nos attentes, en raison de désaccords qui persistent entre certaines nations", écrivent-ils dans ce texte commun, sans préciser leurs griefs.

Tous deux se retrouveront samedi à Munich à l'occasion d'une Conférence sur la sécurité, un rendez-vous annuel considéré comme le "Davos de la Défense", avant d'accueillir, les 3 et 4 avril, le sommet du 60e anniversaire de l'Alliance, de part et d'autre du Rhin, à Strasbourg et Kehl.

De ce sommet, ils attendent "qu'il lance les travaux sur un nouveau +concept stratégique+" et, dans cette perspective, M. Sarkozy et Mme Merkel plaident pour "une véritable coopération entre l'UE et l'Otan, fondée sur une nécessaire complémentarité".

Le président et la chancelière précisent que leur intention n'est pas "de réinventer les principes fondamentaux" de l'Otan mais "de débattre sans oeillères pour donner de nouvelles orientations et transformer l'Alliance de manière crédible".

"Aucun pays n'est aujourd'hui capable de résoudre seul les problèmes du monde", font-ils valoir, se disant "convaincus" de "l'intérêt de faire de la construction européenne et du partenariat atlantique les deux faces d'une même politique de sécurité".

Evoquant la nouvelle administration Obama, ils notent ses "accents nouveaux en matière de politique étrangère et de sécurité" et soulignent que "nombreux sont les Européens qui attendent beaucoup de ce changement".

Leur tribune prône une "approche globale" des crises prenant en compte, "outre les questions proprement militaires", la "situation financière internationale, les approvisionnements énergétiques ou les questions migratoires".

"Pour l'Allemagne et pour la France, face aux défis actuels, l'Europe a besoin des Etats-Unis comme les Etats-Unis ont besoin d'un partenaire européen fort", insistent-ils.

Evoquant la crise géorgienne de l'été 2008, M. Sarkozy et Mme Merkel estiment qu'elle a "créé un problème de confiance avec la Russie" tout en appelant à "des relations confiantes et fructueuses" avec Moscou.

"Nous appelons à tendre la main à la Russie et à relancer notre coopération au sein du conseil OTAN-Russie et entre l'UE et la Russie, si celle-ci le souhaite", écrivent-ils.

Leur tribune ne souffle mot en revanche de la perspective d'une réintégration par la France de la structure militaire intégrée de l'Alliance atlantique à l'occasion du sommet de Strasbourg/Kehl, liée par M. Sarkozy à des progrès substantiels sur l'Europe de la Défense.

http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-38346937@7-37,0.html

 

A-t-on déjà vu Otan de perturbations ? « La ville s'apprête à devenir le centre du monde pendant deux jours », s'est réjoui vendredi Robert Herrmann, premier adjoint au maire (PS) lors d'une présentation de la réunion de l'Otan prévue les 3 et 4 avri...

A-t-on déjà vu Otan de perturbations ?

« La ville s'apprête à devenir le centre du monde pendant deux jours », s'est réjoui vendredi Robert Herrmann, premier adjoint au maire (PS) lors d'une présentation de la réunion de l'Otan prévue les 3 et 4 avril à Strasbourg et à Baden-Baden (Allemagne). Problème, « le sommet entraînera aussi des contraintes », précise l'élu. Le 22 janvier, le ministère de l'Intérieur avait déjà annoncé la réactivation des contrôles aux frontières. Ce week-end, la préfecture du Bas-Rhin a indiqué que des routes seront coupées et des itinéraires obligatoires mis en place. Les secteurs du Palais de la musique et des congrès (PMC), de la cathédrale et du Palais des Rohan feront l'objet de mesures de sécurisation particulières. Il sera notamment interdit d'y circuler et de stationner et leurs résidents devront se munir d'un laissez-passer pour se déplacer. Quelque 2 000 foyers vont recevoir ou ont déjà reçu par courrier un formulaire de demande du précieux sésame, d'autres en seront bientôt destinataires. Un policier se rendra à leur domicile pour récupérer le document et les renseigner sur les dispositifs de sécurité. Des réunions d'informations devraient être prochainement organisées par la municipalité et la préfecture.

Autre annonce préfectorale du week-end, au moins douze établissements scolaires fermeront le samedi 4 avril, journée pendant laquelle les 28 chefs d'Etat membres de l'Otan siégeront au PMC. D'autres écoles pourraient être concernées, et certaines dès le vendredi. « Vraisemblablement, des entreprises seront aussi touchées », précise le préfet Jean-Marc Rebière. Ainsi, un marché aux puces, programmé le 4 avril place Broglie, a déjà été reporté de deux semaines et des commerçants pourraient devoir laisser leurs rideaux baissés. « On charge encore la mule, alors que le monde économique est assez affecté par la crise », déplore Pierre Bardet, directeur de l'association de commerçants, les Vitrines de Strasbourg. Il rencontrera la municipalité le 10 février afin de pouvoir organiser une opération spéciale le week-end précédent le sommet. Comme « il y a urgence », il espère aussi être reçu rapidement par le préfet. En raison « des effets pénalisants » engendrés par le dispositif de sécurité, ce dernier envisage d'accorder aux magasins une autorisation exceptionnelle d'ouverture dominicale. « Nous avons allégé au maximum les contraintes », soutient Jean-Marc Rives, en charge de l'organisation du sommet pour la France. Même son de cloche du côté de la ville. « Il ne sera, notamment, pas question d'interdire les mariages et a fortiori les enterrements », explique Robert Herrmann. Au lieu d'être célébrées à l'hôtel de ville, place Broglie, les unions le seront au centre administratif de la CUS, parc de l'Etoile. ■

Philippe Wendling

http://www.20minutes.fr/article/295615/Strasbourg-Un-sommet-de-contraintes-pour-Strasbourg.php

 

27 chefs d’État ou de gouvernements, dont le président des États-Unis Barack Obama, un contre sommet de contestataires, Strasbourg se prépare à vivre un début avril agité à l’occasion du 60e sommet de l’Otan.

DUPUIS-DÉRI, Francis. "Les Émeutes policières"
in : Black Blocs. La liberté et l’égalité se manifestent. Lyon : Atelier de Création Libertaire, 2005. 128 p. ISBN : 2-905691-96-4

A première vue, la violence des Black Blocs et de leurs alliés entraîne un effet mécanique très simple : la répression et la brutalité policières. Il ne faut en effet pas feindre l’innocence et se surprendre, lorsque l’on casse des vitrines, ou que l’on lance des projectiles sur des citoyens en uniforme, que ceux-ci ne proposent pas de régler le différend par une partie de dés ou de poker. Après tout, les manifestants transgressent consciemment la loi et prennent parfois les policiers eux-mêmes pour cibles. Et s’il est des citoyens pour qui la non-violence n’est pas un dogme, ce sont bien les policiers. Les partipants aux Black Blocs et leurs alliés doivent sérieusement réfléchir aux conséquences que leurs actions peuvent entraîner pour les autres manifestants.

Mais à y regarder de plus près, l’observateur attentif constate que la dynamique entre manifestants et policiers est beaucoup plus complexe, et que la violence de ces derniers ne vient pas toujours répondre à celle des manifestants. En d’autres mots, les policiers n’ont pas besoin de Black Blocs pour se déchaîner contre des manifestants et ils n’hésitent pas à bousculer, blesser et arrêter des manifestants qui, objectivement, ne représentent aucune menace. A Seattle, par exemple, les images prises par les militants et par la police indiquent clairement que les frappes menées par le Black Bloc contre des commerces et des banques ont commencé environ deux heures après que les policiers aient utilisé la force pour disperser les militants non violents qui bloquaient les rues et des entrées de centres de conférences [1]. A Gênes, des policiers ont brutalisé à coups de bottes et de matraque de très nombreux manifestants non-violents, comme le confirment des témoignages aussi bien que des images télévisées [2]. A Montréal, le 26 avril 2002, une manifestation d’environ 500 personnes contre une réunion préparatoire des ministres du travail du G8 n’a tout simplement pas eu lieu, parce que les policiers ont encerclé le rassemblement avant même le départ de la marche et ils ont arrêté tout le monde, aussi bien des militants que de simples passants. Lors de la Convention du Parti républicain à New York, à la fin de l’été 2004, la police se félicitait d’avoir arrêté 1821 manifestants, alors que ces derniers n’avaient mené aucune action violente [3].

La psychologie policière peut expliquer cette répression et cette violence, mais il ne faut pas reprocher aux policiers ce que d’autres reprochent aux Black Blocs, soit d’être violents par simple plaisir sadique et irrationnel : la violence des policiers s’explique aussi en termes sociaux et politiques. Les policiers, surtout en Amérique du Nord, procèdent à des arrestations de masse "préventives" pour préserver leur image publique : ils craignent que la "casse" entraîne de la part de l’opinion publique de vives critiques à leur égard, et préfèrent donc prévenir que guérir... Des études universitaires en sociologie et en "sciences" politiques ont montré que les policiers seront plus facilement violents s’ils ont conscience d’être face à des groupes politiques considérés comme "déviants" et "marginaux" par les représentats de l’Etat et par les acteurs politiques que celui-ci juge respectables [4]. C’est ici, évidemment, que les condamnations maintes fois répétées des porte-parole réformistes qui cherchent à tout prix à se dissocier des "casseurs" et à leur nier toute pertinence politique créent autour de ces "jeunes vandales" un vide politique. Les policiers savent dès lors qu’ils ont affaire à des "déviants" qui empoisonnent le monde. Les policiers comprennent qu’ils ont le champ libre d’agir à leur guise, mais ils se laissent trop souvent emporter par leur enthousiasme répressif et ne s’en prennent qu’à des Black Blocs, brutalisant au passage quantité de manifestants pacifiques.

La réplique des policiers lors des divers sommets et contre-sommets a souvent été d’une violence disproportionnée par rapport aux actions des Black Blocs, les policiers sachant que ceux-ci représentent une menace marginale, qu’ils défendent des idées politiques considérées comme "déviantes" et qu’ils n’ont pas d’alliés au sein des forces politiques "respectables". Résultat : les Black Blocs et leurs alliés, ainsi que des manifestants non-violents, ont dû faire face à de véritables "émeutes policières", pour reprendre l’expression utilisée en 1972 aux Etats-Unis par la Commission nationale présidentielle d’étude sur les causes et la prévention de la violence, qui désignait ainsi plusieurs assauts de policiers déchaînés à la fin des années 1960 [5]. Si l’expression semblera à certains trop polémique, sans doute peut-on s’entendre sur la quincaillerie et la nécrologie.

Quincaillerie, d’abord : ces milliers de policiers mobilisés à chaque grande manifestation sont entraînés et bien équipes de casques, de boucliers, d’uniformes rembourrés et ignifugés, de fusils à balles de caoutchouc, de gaz fumigène et lacrymogène, d’armes à feu, de chiens, de chevaux, de véhicules blindés, de canons à eau, d’hélicoptères, de prisons, etc. Ils sont également appuyés par des agents des services secrets et par des unités militaires. Par ailleurs, les policiers n’hésitent pas à tromper l’opinion publique en grossissant artificiellement l’ampleur de l’ "arsenal" des Black Blocs et de leurs alliés. Il s’agit là d’une pratique policière très courante à l’égard des groupes politiques radicaux. Suite à des manifestations lors desquelles les policiers ont procédé à des arrestations, les porte-parole des corps policiers organisent un dévoilement des "prises de guerre" et les médias sont invités à croquer l’image d’une table sur laquelle est disposé un impressionnant arsenal militant. En y regardant de près, toutefois, le spectateur attentif découvre une série d’objets anodins - brocheuses et ciseaux (pour l’affichage), crécelles, casseroles, bidons et baguettes (pour la musique), manches de pancartes et de drapeaux, porte-voix et même bouteilles d’eau.

...

Nécrologie, ensuite : ce sont les policiers qui ont tué des manifestants et non l’inverse. A Göteborg, les policiers ont tiré à balles réelles et on blessé gravement plusieurs manifestants ; à Gênes, Carlo Giuliani - qui n’était pas vêtu de noir - brandissait un extincteur vers un véhicule de la police, qui qui lui valut d’être abattu par un policier de deux balles dans la tête tirée à bout portant. La Jeep des policiers a ensuite roulé par deux fois sur le corps inerte. Ironie du sort : le lendemain, les chefs d’Ett du G8 prenaient la parole our dénoncer la "violence aveugle" des... manifestants ; et les réformistes non-violents, si prompts généralement à se démarquer des "casseurs", s’appropriaient sans malaise apparent la mémoire de Carlo Giuliani et l’intronisaient martyr de la cause commune. PEu de temps aupravant, trois étudiants avaient été tués par les policiers alors qu’ils manifestaient contre la Banque mondiale en Papouasie-Nouvelle-Guinée.


Version originale : "Bonnes feuilles"

 

 

Strasbourg, Kehl et Baden-Baden, accueillent les 3 et 4 avril prochains, le 60e sommet de l’Otan, l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, fondée en avril 1949 pour faire face à la menace militaire de l’Union soviétique.
Ce sommet revêt un caractère particulier, puisqu’il célébrera le 60e anniversaire de l’organisation dans un contexte modifié. L’URSS a disparu mais un antagonisme demeure entre l’Ouest et Moscou et le sommet sera conjointement organisé par deux pays, la France et l’Allemagne.

Entre Baden-Baden et Strasbourg

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel l’avaient proposé lors du précédent sommet, en 2008, à Bucarest en Roumanie.
Hier, à Strasbourg, Jean-Marc Rebière, préfet du Bas-Rhin, et l’ambassadeur Jean-Marc Rives, secrétaire général de la préparation du sommet, ont fait un premier point sur l’organisation de l’événement et ses conséquences sur la vie des Strasbourgeois.
Après le Conseil européen de décembre 1989 et le deuxième sommet des chefs d’État et du gouvernement du Conseil de l’Europe, en 1997, ce sommet est le troisième plus important rendez-vous international accueilli, pour une bonne part, par Strasbourg.
Ce sommet binational se partagera entre Baden-Baden et Strasbourg. Baden-Baden accueillera le vendredi 3 avril le dîner d’ouverture, et le Palais de la musique et des congrès (PMC) de Strasbourg, le samedi 4, la tenue du sommet.
À Strasbourg, cette réunion entraînera des mesures de sécurité maximum. 2000 habitants proches du PMC ont déjà reçu des courriers les avertissant du blackout qui touchera leur quartier.

Écoles fermées

Plus globalement le secteur du PMC, qui englobe FR3 Alsace, le Conseil régional et le Wacken, ainsi que l’hyper-centre ville seront soumis à de sévères interdictions ou restrictions de circulation.
Sans que cela soit définitif, 13 établissements scolaires devraient être fermés, le vendredi 3. D’ores et déjà, les services de l’État ont vérifié que ces établissements scolaires ne programmaient pas d’examens ce jour-là.

Où va dormir Obama ?

Beaucoup d’autres questions restent ouvertes. À commencer par les demandes de déplacements particuliers que pourraient souhaiter les chefs d’États, voire l’hébergement de Barack Obama.
Début janvier, il semblait acquis que le président américain dormirait en Allemagne. « À ce jour, je ne sais pas où résidera le président américain », reconnaissait hier le préfet, cultivant un refus de transparence assumé.
Interrogé sur les forces de l’ordre mobilisées coté français, il s’est contenté de faire valoir une différence culturelle avec l’Allemagne qui a donné des chiffres : « Je ne communique pas les chiffres, seul le résultat compte. »

http://www.lalsace.fr/articles/show/id/505451?symfony=23664c479b31afde4a25d73a89ce0356

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03/02/2009

Le grand spectacle anti-terroriste

 

Plus de deux mois après l'opération à grand spectacle menée par la police dite "antiterroriste" sur le plateau de Millevaches, que reste-t-il du battage orchestré par les autorités gouvernementales ?

On avait annoncé le démantèlement d'un dangereux réseau de terroristes de l'ultragauche, baptisés "anarcho-autonomes", dont les actes de sabotage mettaient en danger des milliers de vies. Des centaines de policiers avaient investi, à l'aube du 11 novembre, le paisible village de Tarnac en Corrèze, pour y arrêter un groupe de jeunes gens qui, on l'a appris peu à peu au gré de fuites distillées, avaient pour premier tort de ne pas bien penser et de ne pas vivre comme tout le monde : lisant des livres jugés subversifs, menant une vie qualifiée par le parquet de "dissolue", n'ayant pas - circonstance aggravante - de téléphone portable, et donc plus difficiles à écouter à leur insu, ces dangereux révoltés ont été présentés comme les auteurs de dégradations récurrentes du réseau de caténaires alimentant les trains en électricité. Ils étaient, en réalité, si "clandestins" qu'ils géraient l'épicerie du village et étaient appréciés de tout le voisinage...

Au nom de lois d'exception qui depuis vingt-trois ans sacrifient le respect de l'Etat de droit à la gesticulation antiterroriste, on a mené une sorte d'opération de commando militaire ; on a violé la présomption d'innocence et le secret de l'instruction en ne communiquant à la presse que des éléments à charge et souvent déformés, dont certains, de surcroît, n'étaient même pas communiqués aux avocats des personnes interpellées ; on a qualifié d'actes terroristes des actes qui, s'ils ont retardé des trains et causé un préjudice à la SNCF, n'ont menacé la vie de personne. On a soumis ces jeunes gens à une garde à vue de 96 heures, on les a mis au secret et traités comme des détenus à très haut risque.

Heureusement, la justice a peu à peu contribué à décrédibiliser la dramatisation politico-policière. Au bout de quelques semaines, du réseau terrifiant annoncé (déjà réduit à cinq mises en examen), il n'est resté qu'une personne en détention provisoire. Yldune Lévy, malgré l'acharnement d'un parquet tenu de près, a été à son tour libérée. Mais Julien Coupat, présenté comme le "chef" de ces "anarchos-autonomes" (au nom d'une conception assez hiérarchisée de l'anarchie...) reste derrière les barreaux, sans doute pour tenter de masquer l'inanité de la thèse ministérielle initiale. Ce qui ne relève en rien des motifs de recours à la détention provisoire tels que les énonce le code de procédure pénale.

Plus les jours passent, et plus cette affaire évoque, non pas la lutte, évidemment nécessaire, contre le terrorisme, mais la volonté de faire admettre une extension insoutenable du champ de cette notion. Le "terrorisme" ne peut se définir sérieusement que comme le fait de chercher à terroriser les populations civiles par des actes de violence dirigés contre les personnes. Si les dégradations des caténaires doivent sans aucun doute faire l'objet de poursuites, rien ne justifie une assimilation qui étend potentiellement à l'infini le champ de lois d'exception déjà détestables dans leur principe. Et ni un mode de vie atypique ni des opinions minoritaires ne font de ces jeunes gens des délinquants.

La mise en scène de Tarnac n'est que l'aboutissement d'une stratégie de communication définie dans une circulaire ministérielle de juin 2008 lançant la chasse aux fantomatiques "anarchos-autonomes". Comment expliquer autrement la communication illégale et très sélective à des journalistes de pièces du dossier classées "secret défense", ainsi que l'argument sidérant selon lequel la participation à une manifestation parfaitement légale à Vichy contre la politique de l'immigration constituerait un indice de culpabilité de l'une des personnes arrêtées ?

On voit comment une procédure d'exception, mise au service de postures politiciennes, débouche sur la violation de principes fondamentaux de l'Etat de droit : la disproportion évidente entre les moyens mis en oeuvre et la situation réelle sur le terrain reflète la distorsion délibérée de la qualification d'acte terroriste ; la méconnaissance des limitations légales du recours à la détention provisoire ne sert qu'à tenter de justifier la dramatisation initiale de la présentation ministérielle de l'opération.

La violation massive de la présomption d'innocence ne vise de même qu'à persuader l'opinion de l'importance et de la gravité prétendues de l'affaire. Justice et politique ne font pas bon ménage ; lois d'exception et respect des droits non plus. Les habitants de Tarnac et des alentours en ont fait une expérience qu'ils ne sont pas près d'oublier. Tôt ou tard, la gestion invraisemblable de cette affaire politico-judiciaire devra revenir au traitement raisonnable de ses proportions réelles. Le plus tôt, non seulement pour Julien Coupat et pour les autres personnes visées, mais aussi pour nos libertés à tous, sera le mieux.

 

Anne-Cécile Antoni, présidente de l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT) ;
Martine Billard, députée de Paris ;
Jean-Louis Borie, président du Syndicat des avocats de France ;
Nicole Borvo Cohen-Seat, sénatrice de Paris ;
Bernadette Bourzai, sénatrice de Corrèze ;
Patrick Braouezec, député de Seine-Saint-Denis ;
Daniel Cohn-Bendit, député européen ;
Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des droits de l'homme ;
Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts ;
Noël Mamère, député de Gironde ;
Emmanuelle Perreux, présidente du Syndicat de la magistrature ;
Jack Ralite, sénateur de Seine-Saint-Denis ;
Martine Roure, députée européenne, vice-présidente du Parlement européen.

 

 

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02/02/2009

Non à l'OTAN à Strasbourg-Kehl

lundi 2 février 2009

l'appel national de Strasbourg

 

NON A LA GUERRE : NON A L’OTAN

A l'occasion du soixantième anniversaire de l'OTAN, nous vous appelons à venir manifester à Strasbourg le 4 avril 2009 contre les politiques militaires et nucléaires agressives de l'OTAN et à participer au contre-sommet pour affirmer qu'un monde de justice et de paix est possible.

Nous l’affirmons avec force: la France doit renoncer à son intégration dans le commandement militaire de l'OTAN. Elle doit rompre avec une politique aux visées dominatrices méprisant les droits des peuples.

Nous refusons la vision dangereuse et manichéenne de la "guerre des civilisations" et toutes réponses militaires aux crises mondiales et régionales.

Nous rejetons la course aux armements et refusons de vivre dans la crainte du recours à l'arme nucléaire. Il est inacceptable que les dépenses militaires engloutissent l’argent nécessaire à la satisfaction des besoins vitaux de l’humanité ; d’autant plus que les gouvernements voudraient faire payer aux peuples les dégâts du libéralisme financier

Nous exigeons la fermeture des bases militaires étrangères dans tous les pays. Pour construire un monde plus sûr et plus juste, nous voulons démilitariser et démocratiser les relations entre les peuples et établir de nouvelles formes de solidarité et de coopération.

En Afghanistan, le bilan de l’occupation militaire est dramatique. Les populations afghanes doivent retrouver els moyens de décider de leur avenir. Il est temps de mettre en oeuvre une solution politique internationale fondée sur l’aide d’urgence et la reconstruction dans le respect des droits du peuple afghan, en particulier des droits des femmes. Nous demandons le retrait du dispositif militaire français des troupes de l’Otan.

Fait à Paris le 22 octobre 2008

Signataires Union Pacifiste de France, collectif "la guerre tue" (Toulouse), Les VERTS, Collectif Faty KOUMBA : association des libertés, droits de l'homme et non-violence, MARS GR, PCF, ATTAC, ACDN, Alternative libertaire, les Alternatifs, FSU, M’PEP, Union pacifiste, ATTAC, Droit-Solidarité, PCOF, MRAP, NPA, Parti de Gauche, UJFP, LCR, le Mouvement de la Paix, ACG, Collectif des Iraniens contre la guerre, ACCA, IPAM/CEDETIM, AAW, ARAC, Coordination européenne pour la marche mondiale des femmes.

L'OTAN place Strasbourg en état de siège et prend ses habitants en otage lors du prochain sommet

strasbourgIV.jpg

L'OTAN place Strasbourg en état de siège et prend ses habitants en otage lors du prochain sommet qui aura lieu pendant la semaine du 1er au 5 avril.

Dans la semaine du 1er au 5 avril 2009 se tiendra à Strasbourg (France) le sommet de l'OTAN (l'Organisation du Traité Nord Atlantique), qui fêtera son 60e anniversaire, avec pour invités une trentaine de chefs d'états, dont M. Barak Hussein Obama.

L'organisation du sommet de l'OTAN et les contraintes supportées par les habitants sont pour nous révélatrices des idées et des valeurs protées par cette institution.

Quelle idée saugrenue d'organiser un anniversaire dans une ville et de mettre en place un système répressif et de contrôle hors du commun empêchant à chacun de circuler librement.

C'est ce qui ressort des premières informations transmises à la presse par les représentants de l'état qui ont en charge d'organiser le sommet (http://www.non-otan-strasbourg.eu/presse) :

  • pour l'instant, deux zones de sécurité: le quartier du PMC/ Wacken et celui de la Cathédrale/ Palais des Rohan
  • D'ici les 3 et 4 avril, d'autres zones de sécurité pourraient voir le jour
  • Le lycée Kléber sera entièrement fermé les 3 et 4 avril
  • Les marchés seront fermés
  • Le nombre de policiers mobilisés du côté français n'a pas été communiqué officiellement, mais les informations reçues du côté allemand (12 000 policiers allemands ) et celles qui ont filtré font penser à un déploiement de forces de police sans précédent dans la capitale de l'Europe (25 000 policiers)

L'OTAN place donc Strasbourg en état de siège pendant plus d'une semaine empêchant les Strasbourgeois de vivre leur ville comme ils le font toute l'année.

Pourquoi avoir choisi Strasbourg, symbole de la réunification franco-allemande, de la paix entre les nations européennes au sortir de la seconde guerre mondiale, en mobilisant un dispositif répressif et de contrôle faisant plutôt penser à une ville en état de siège ?

N'aurait-il pas mieux fallu organiser ce sommet dans un des nombreux châteaux forts que comptent notre région ? Ils sont à l'abri de toute habitation et placés idéalement pour qui veut se sentir en sécurité dans une forteresse.

Les documents distribués par les services de la préfecture (voir http://www.non-otan-strasbourg.eu/presse ) en vue d'informer les habitants de Strasbourg des "zones de filtrage" ainsi que de mettre en place par la police un fichage des résidents sont inquiétants.

Cette mise en scène du sommet, avec des chefs d'états au centre de Strasbourg dans une ville bouclée et des habitants privés de leurs activités de vie quotidienne (écoles, marchés, musées, ...) ainsi que de leur liberté de circulation montre la distance qu'il y entre les valeurs affichées par l'OTAN et la réalité de leur pratique.

Nous invitons tous les citoyens du monde à venir à Strasbourg le 4 avril 2009, capitale de l'Europe et symbole de paix en Europe, pour affirmer qu'un autre monde est possible.

Tous à Strasbourg le 4 avril 2009 pour accueillir les chefs d'état et leur dire que nous voulons construire un monde plus sûr et plus juste, nous voulons démilitariser et démocratiser les relations entre les peuples et établir de nouvelles formes de solidarité et de coopération.

Nous demandons aux chefs d'état qui se rendront à Strasbourg pour le sommet de l'OTAN le 3 et 4 avril de faire en sorte que Strasbourg ne soit pas en état de siège et que l'expression citoyenne puisse s'exprimer dans Strasbourg pour en faire une capitale de la paix et une ville ouverte.

OTAN à Strasbourg : une piste pour le village alternatif

POLITIQUE - Le village alternatif prévu par les organisateurs du contre-sommet de l'OTAN pourrait s'installer du 1er au 5 avril sur un terrain de 10 hectares au sud de Strasbourg. "Cette proposition correspond a priori à notre demande", indiquent en tout cas dans un communiqué commun le collectif anti-OTAN (voir l'article du 20 janvier), la coordination anti-OTAN (Fédération anarchiste, Alternative libertaire, No Pasaran, SUD Education, CNT...) et le réseau allemand Résistance des deux rives, reçus hier à la préfecture pour aborder le sujet. Une nouvelle réunion est prévue le 4 février. D'ici là, les trois organisations comptent proposer leur propre projet de parcours pour la manifestation prévue le 4 avril, celui qui leur a été présenté hier étant jugé "difficilement acceptable" car trop éloigné (au sud-est) du coeur de l'agglomération. T.C.Libération

Otan : un sommet sous haute surveillance à Strasbourg

27 chefs d’État ou de gouvernements, dont le président des États-Unis Barack Obama, un contre sommet de contestataires, Strasbourg se prépare à vivre un début avril agité à l’occasion du 60e sommet de l’Otan. Strasbourg, Kehl et Baden-Baden, accueillent les 3 et 4 avril prochains, le 60e sommet de l’Otan, l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, fondée en avril 1949 pour faire face à la menace militaire de l’Union soviétique. Ce sommet revêt un caractère particulier, puisqu’il célébrera le 60e anniversaire de l’organisation dans un contexte modifié. L’URSS a disparu mais un antagonisme demeure entre l’Ouest et Moscou et le sommet sera conjointement organisé par deux pays, la France et l’Allemagne. Entre Baden-Baden et Strasbourg Nicolas Sarkozy et Angela Merkel l’avaient proposé lors du précédent sommet, en 2008, à Bucarest en Roumanie. Hier, à Strasbourg, Jean-Marc Rebière, préfet du Bas-Rhin, et l’ambassadeur Jean-Marc Rives, secrétaire général de la préparation du sommet, ont fait un premier point sur l’organisation de l’événement et ses conséquences sur la vie des Strasbourgeois. Après le Conseil européen de décembre 1989 et le deuxième sommet des chefs d’État et du gouvernement du Conseil de l’Europe, en 1997, ce sommet est le troisième plus important rendez-vous international accueilli, pour une bonne part, par Strasbourg. Ce sommet binational se partagera entre Baden-Baden et Strasbourg. Baden-Baden accueillera le vendredi 3 avril le dîner d’ouverture, et le Palais de la musique et des congrès (PMC) de Strasbourg, le samedi 4, la tenue du sommet. À Strasbourg, cette réunion entraînera des mesures de sécurité maximum. 2000 habitants proches du PMC ont déjà reçu des courriers les avertissant du blackout qui touchera leur quartier. Écoles fermées Plus globalement le secteur du PMC, qui englobe FR3 Alsace, le Conseil régional et le Wacken, ainsi que l’hyper-centre ville seront soumis à de sévères interdictions ou restrictions de circulation. Sans que cela soit définitif, 13 établissements scolaires devraient être fermés, le vendredi 3. D’ores et déjà, les services de l’État ont vérifié que ces établissements scolaires ne programmaient pas d’examens ce jour-là. Où va dormir Obama ? Beaucoup d’autres questions restent ouvertes. À commencer par les demandes de déplacements particuliers que pourraient souhaiter les chefs d’États, voire l’hébergement de Barack Obama. Début janvier, il semblait acquis que le président américain dormirait en Allemagne. « À ce jour, je ne sais pas où résidera le président américain », reconnaissait hier le préfet, cultivant un refus de transparence assumé. Interrogé sur les forces de l’ordre mobilisées coté français, il s’est contenté de faire valoir une différence culturelle avec l’Allemagne qui a donné des chiffres : « Je ne communique pas les chiffres, seul le résultat compte. »

M.A.l'ALSACE.

dimanche 1 février 2009

L'OTAN, quelques repères historiques

L'OTAN est un enfant survivant de la guerre froide progressivement installée dans les années 46 - 47. En mars 1947, le président Truman avait annoncé sa volonté de venir en aide aux pays « libres » menacés par la « subversion », en l'occurrence la Grèce et la Turquie. En septembre de la même année, lors de la création du Kominform, les Soviétiques lui avaient répondu en proclamant la théorie des deux camps, le camp « impérialiste », dirigé par les Etats-Unis, et le camp « démocratique », rassemblé derrière l'Union soviétique.

C'est dans ce contexte que l'Alliance atlantique fut signée le 4 avril 1949 par 12 pays. Pour ses promoteurs, il s'agissait de garantir que, contrairement à ce qui s'était passé au cours des deux guerres mondiales, les Etats-Unis soient physiquement présents sur le sol européen dès le déclenchement d'un éventuel troisième conflit. Les architectes du « containment » (G. Kennan, P. Nitze, D. Acheson) considéraient en effet que les Etats-Unis avaient gravement pâti de leur engagement tardif, en 1917 et en 1941. Les politiques ouest-européens qui avaient été à l'origine de la fondation de l'UEO en mars 1948 partageaient ce point de vue. Il s'agissait donc d'un changement majeur de politique : la nouvelle ligne de front devenait la « menace » soviétique et les Etats-Unis devaient prendre la tête de cette nouvelle alliance. La Grande Alliance de l'époque rooseveltienne fut donc ainsi rompue. Ce changement de ligne correspondait pour une part à une réponse à l'intransigeance soviétique sur les questions de sécurité en Europe (question allemande et reconnaissance des nouveaux régimes est-européens), mais aussi à un retour des élites américaines à des convictions anti-soviétiques datant de 1917, dont Truman était un digne représentant.

L'alliance ainsi conclue était absolument inédite en temps de paix. Elle couvrait l'ensemble nord-américain, l'océan atlantique et une grande partie de l'Europe occidentale. Avec la création par l'URSS de l'organisation du Traité de Varsovie et le réarmement allemand en 1955, on assista à la division militaro-stratégique du vieux continent en deux systèmes clairement délimités géographiquement et idéologiquement, chacune des deux coalitions fortement armées adoptant une posture hautement offensive. Peu de temps après la signature de l'Alliance atlantique éclata la guerre de Corée, qui fut largement considérée à l'Ouest comme une répétition générale de ce qui pourrait advenir en Centre-Europe. On assista donc au développement rapide d'une double structure politique et militaire. La structure politique, administrative et parlementaire était et reste coiffée par un secrétaire général issu d'un pays européen. La structure militaire est chapeautée par le Conseil militaire où siègent les états membres (12 à l'origine, 28 aujourd'hui depuis l'adhésion de l'Albanie et de la Croatie), mais son commandement opérationnel, le SACEUR, est toujours exercé par le commandant en chef des forces américaines en Europe. La subordination de l'OTAN aux intérêts principaux de la politique américaine a donc été immédiate. Quant à l'instrumentalisation constante du thème de la « menace »soviétique, elle a été un puissant moyen pour obtenir l'alignement des alliés européens en même temps qu'un facteur déterminant de la course aux armements.

Parallèlement au développement de ces structures, la doctrine militaire de l'OTAN s'est rapidement nucléarisée. Lors du sommet d'Athènes en 1967 fut adoptée la doctrine dite de riposte graduée formulée dès 1962 par le secrétaire à la Défense Robert Mac Namara. En fait, les stratèges de l'Alliance avaient accepté l'idée qu'une guerre nucléaire limitée puisse être circonscrite à l'Europe. L'Europe n'était plus à leurs yeux qu'un « théâtre » où devaient être franchis les premiers pas de l'escalade nucléaire. Ces vues quelques peu aventureuses reposaient sur la conviction qui a perduré tout au long de la guerre froide selon laquelle les défenses de l'OTAN ne pourraient pas résister à une poussée conventionnelle soviétique. C'est notamment le refus français de la riposte graduée et de la guerre nucléaire limitée qui poussa en 1966 le général de Gaulle à faire sortir la France des organismes militaires intégrés.

L'Otan traversa alors une crise profonde, à la fois politique et militaire, l'OTAN se trouvant ainsi privée de son « arrière »stratégique. Les stratèges de l'OTAN furent ainsi conduits à rechercher les moyens de porter la guerre le plus à l'Est possible dès la phase initiale d'un conflit.

Depuis sa création, l'histoire de l'OTAN fut marquée par des périodes de tensions internationales très vives. En tant que telle, l'Otan a rarement contribué à l'apaisement de ces tensions, mais a souvent fait beaucoup pour les exacerber. Ce fut le cas lors du réarmement allemand, ainsi que lors de la « double décision » de décembre 1979 sur les euromissiles et lors de l'adoption du concept « FOFA » pour les opérations aéroterrestres au début des années 80. Il en résulta que l'année 1983 fut certainement l'année à plus haut risque de toute la guerre froide. Il en va de même du feu vert donné par le sommet de Bucarest aux plans américains d'installation de systèmes anti-missiles en Pologne et en république tchèque. En revanche, l'OTAN joua sa partition dans la fin de la guerre froide lorsqu'à la réunion de Londres en juillet 1990 elle renonça à la doctrine de riposte graduée et cessa de considérer l'Union soviétique comme une menace.

Avec la fin de la guerre froide, la disparition de l'Union soviétique et le recul spectaculaire de la frontière russe en Europe, au tournant des années 90, aucune des bases sur lesquelles l'OTAN s'était édifiée n'existait plus. Elle avait perdu sa fonction en tant qu'alliance militaire stratégique défensive. La dissolution du Traité de Varsovie en 1991 aurait dû entraîner celle de l'OTAN également. Mais il n'en fut pas ainsi. Les dirigeants occidentaux, se considérant comme les vainqueurs de la guerre froide, ne purent se résoudre à envisager la disparition de l'alliance victorieuse. Il n'y eut alors au sein de l'OTAN aucune réflexion sur les buts de l'alliance dans ce nouveau contexte ni aucun réexamen des orientations stratégiques. On observe que l'alliance a cependant évolué dans deux directions principales.

Premièrement, l'OTAN a montré une véritable boulimie de nouveaux territoires toujours plus à l'Est. Très vite, elle a créé des antichambres multiples pour faire patienter les états candidats, d'abord le COCONA, puis le Partenariat pour la paix, aujourd'hui le MAP. Elle a peu à peu absorbé tous les anciens pays du Traité de Varsovie et a même, dans le cas des trois républiques baltes, intégré d'anciens territoires ayant appartenu à l'Union soviétique elle-même. Ce faisant, les Etats-Unis et l'OTAN ont violé la parole donné par le secrétaire d'Etat James Baker en 1990, lorsqu'il avait promis à M. Gorbatchev que l'OTAN ne s'étendrait pas à l'Est. La nouvelle Russie a tendance à voir dans ce manquement une sorte de retour à la politique de « cordon sanitaire » des années 20. Dans l'esprit des responsables américains, il est clair que l'alliance a vocation à aller de l'Islande aux rives de la Caspienne. Ils soutiennent l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne car dans cette hypothèse les deux cartes de l'Union et de l'OTAN coïncideraient presque parfaitement. Pourtant, lors du sommet de Bucarest début avril 2008, l'administration américaine n'a pu obtenir le feu vert des alliés à l'adhésion de l'Ukraine et de la Géorgie. Il s'agit là pour la diplomatie américaine d'un échec provisoire puisque la question a été reportée à 2009. C'est quand même pour l'administration Bush un revers d'autant plus notable qu'elle avait beaucoup investi dans l'adhésion de ces deux pays.

En second lieu, l'OTAN a manifesté depuis 1994 des tendances de plus en plus prononcées à l'interventionnisme tous azimuts, hors de la zone qui lui était originellement dédiée. C'est ce qu'on appelle parfois « l'OTAN globale », vouée à jouer un rôle de gendarme non dans toutes les affaires du monde, mais dans certaines crises jugées prioritaires du point de vue de la politique extérieure américaine. L'OTAN a mis au service de ce nouvel interventionnisme sa capacité sans égale à gérer de grandes coalitions multinationales complexes. Les interventions balkaniques ont marqué une étape décisive dans la redéfinition stratégique des fonctions de l'OTAN après la guerre froide. Dès févier 1994, elle est intervenue directement dans les conflits yougoslaves en bombardant les positions d'artillerie lourde serbe autour de Sarajevo, sur la base d'une incapacité de l'Onu à les gérer et avec une certaine volonté de se substituer à l'organisation internationale. Après les accords de Dayton de décembre 1995, l'OTAN a mis en place en Bosnie une force permanente lourdement équipée de 60 000 hommes, l'IFOR devenue plus tard la SFOR afin de remplacer la FORPRONU. En avril 1999, pour la première fois de son histoire, l'OTAN est entrée en guerre contre un état souverain en prenant partie contre la Yougoslavie dans le conflit kosovar. Elle répondait ainsi au désir qu'avait l'UCK d'internationaliser le conflit. La légitimité de cette intervention a été fortement contestée, la Yougoslavie n'ayant agressé aucun des états membres. Au cours de cette guerre, l'OTAN a eu l'occasion de tester l'évolution technologique vers les armes dites intelligentes en cours depuis le milieu des années 70. Ces armes ne firent pas totalement leurs preuves. Les pertes de l'armée serbe furent assez faibles au regard des moyens engagés contre elle. En revanche, la campagne aérienne de l'OTAN fut émaillée de nombreux « dommages collatéraux » et de nombreuses « bavures » aux dépens des populations civiles. Finalement, les trois semaines de combat prévues par le SACEUR le général Wesley Clark devinrent trois mois et l'OTAN n'osa pas passer à une offensive terrestre. Ce fut une sage décision qui lui évita l'enlisement dans la région. Au final, il fallut bien réintégrer le cadre de l'ONU en faisant avaliser les accords de Kumanovo par le conseil de sécurité (résolution 1244). Aujourd'hui, l'OTAN agit militairement en Afghanistan, dans le cadre de la conception américaine de la « guerre contre le terrorisme ». La force d'assistance à la sécurité (ISAF) a été mise en place en août 2003 après que la décision eut été prise à Bonn en décembre 2001. Initialement, l'aide de l'OTAN avait été refusée par l'administration Bush, qui préférait intervenir de façon totalement unilatérale, hors du cadre formel qui implique de négocier à la fois des objectifs et des moyens. Les Etats-Unis se sont rapidement ravisés, et ont invoqué à nouveau le vieux thème du « partage du fardeau » (burden sharing) dont on avait déjà usé et abusé tout au long de la guerre froide pour inciter les alliés européens à augmenter leurs dépenses militaires. Même si aucun membre européen de l'Alliance n'a fait totalement siens les concepts néoconservateurs qui sont à la base de cette guerre, la participation à la guerre en Afghanistan constitue pour l'alliance une véritable épreuve de vérité, car c'est dans les montagnes d'Afghanistan que pourrait bien se jouer l'avenir de l'alliance. Elle met aussi à l'épreuve la fidélité des alliés envers la politique américaine. Lors du sommet de Bucarest, l'administration Bush a eu difficilement gain de cause dans ses demandes de renforcement des forces non américaines de l'OTAN, grâce notamment au président Sarkozy, nouveau « bon élève » de la classe atlantique. L'OTAN est aujourd'hui à la croisée des chemins : elle est apparemment forte si l'on considère son extension et le nombre d'états postulants qui se pressent à sa porte. Pourtant le secrétaire à le Défense Robert Gates a mis en garde contre les risques « d'implosion » si le succès n'était pas au rendez-vous en Afghanistan.

Claude Cartigny . Collaborateur de la revue Recherches Internationales. Copyright © Fondation Gabriel Péri

vendredi 30 janvier 2009

"non à la guerre, non à l'OTAN" tous à Strasbourg le 4 avril 2009

 

Le contre-sommet de l’OTAN
Le point culminant en sera la manifestation internationale du 04 avril 2009 à Strasbourg. Elle rejoindra celle qui viendra de Kehl. Programme provisoire :
o Une Conférence internationale du 1er au 5 avril 2009
o Un village alternatif
o Une manifestation internationale le 4 avril à Strasbourg
L’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord) fêtera son 60ème anniversaire du 1 au 5 avril 2009 à Strasbourg, sinistre anniversaire, s’il en est, à l’occasion duquel elle annoncera un « nouveau concept
stratégique » par lequel elle entend se substituer progressivement à l’ONU dans l’organisation militaire du monde. C’est à cette occasion que Nicolas Sarkozy veut annoncer la réintégration de la France au sein du commandement militaire et ainsi s’aligner sur la vision américaine du « choc des civilisations ».

A l’heure où :

- dans le cadre de l’Union européenne, par le biais du Traité de Lisbonne, l’OTAN « reste pour les Etats qui en sontmembres, le fondement de leur défense collective »
- il est question pour les Etats-Unis d’intensifier par ce biais la guerre en Afghanistan par l’envoi de troupes supplémentaires (rappelons qu’un tel envoi a déjà été effectué par la France, cela en dépit de l’opposition de 67% de la population, rappelons également le décès de 10 soldats français en août dernier)
- la crise financière, économique, environnementale et sociale prend une ampleur phénoménale dans le monde entier, ouvrant la voie à des tensions sociales toujours accrues

Que faire ?

Le Collectif anti-OTAN de Strasbourg, qui regroupe de nombreuses associations, syndicats et partis politiques appelletou-te-s celles et ceux qui refusent cette logique à se mobiliser pour montrer aux grands de ce monde que la société civile ne les suivra pas aveuglément dans cette logique.
Dans cette optique, le Collectif organise un contre-sommet du 1er au 5 avril 2009, à Strasbourg, Kehl et Baden-Baden. Nous voulons dénoncer l’idée selon laquelle l’OTAN se présente comme une structure oeuvrant pour la paix.
Le Collectif organisera une série de conférences, réunions de quartiers, projections de films, présence sur les marchés, etc.

Pour que Strasbourg ne soit pas en état de siège et qu’elle reste une ville ouverte, de débats, de paix, il est urgent de nous mobiliser pour marquer notre opposition à cette logique guerrière d’escalade de la violence et du surarmement portée par l’OTAN. Le collectif Strasbourg anti-OTAN

Les autorités évasives sur la sécurité et les sites retenus

Devant une quarantaine de journalistes français et allemands réunis ce matin à Strasbourg, les principaux organisateurs du futur sommet de l'Otan ont évoqué quelques principes sur cet événement qui bouleversera le quotidien des Strasbourgeois. Cependant, très peu d'informations pratiques ont filtré. Les Strasbourgeois devront s'armer de patience pour savoir concrètement à quoi s'en tenir les 3 et 4 avril.

Pas de grande annonce ce matin mais une promesse: plus d'informations... à la mi-février sur l'organisation pratique du sommet de l'Otan. Les autorités locales sont tributaires du conseil de l'alliance transatlantique, laquelle semble attendre encore pour valider le programme et les sites proposés. «Il n'est ni question d'interdire les mariages, ni les enterrements»

Première mesure concrète, une lettre d'information a déjà été envoyée aux riverains du Palais de la musique et des congrès, a indiqué Jean-Marc Rebière, préfet de la région Alsace. Deux milles foyers auraient déjà reçu cette lettre et d'autres devraient la recevoir bientôt.

Jean-Marc Rebière précise les mesures prises pour les riverains

Les établissements scolaires situés à proximité des sites sensibles (dont la liste n'a pas été communiquée) seront fermés le vendredi et le samedi. Une vingtaine de ces établissements sont susceptibles d'être concernés. Il s'agit de prévenir les difficultés de circulation, a précisé Robert Hermann, premier adjoint à la Ville de Strasbourg. Et de poursuivre «nous rencontrerons les commerçants». Car en raison de effets pénalisant d'une fermeture pendant ces deux jours, la mairie envisage la possibilité pour les magasins concernés d'ouvrir le dimanche suivant.

Quant à la possibilité d'annuler les mariages à la cathédrale, Robert Hermann a répondu qu' «il n'est ni question d'interdire les mariages, ni les enterrements !»

Très peu d'information chiffrée

Concernant les chiffres de fréquentation ou de déploiement de forces de l'ordre, peu d'indication a été donnée ce matin, ni même sur le coût du sommet. Car si du côté allemand on mise sur la transparence -le chiffre de 50 millions d'euros a été avancé-, côté français en revanche, le sujet semble être hautement sensible. «La transparence sera faite en temps et en heure» a conclu le premier adjoint au maire de Strasbourg.

Un seul chiffre a été annoncé, celui du nombre de journalistes présents lors du sommet. Ils seraient entre 2000 et 2500 les 3 et 4 avril à Strasbourg. Un minimum de 30 personnes accompagneraient chacune des 29 délégations officielles mais aucune précision n'a été fournie sur le nombre de personnels des forces de l'ordre déployés.

Mickaël Brunner

L'Otan à Strasbourg, un sujet à discuter dans les forums des DNA.

Ecoles fermées, quartiers bouclés: Strasbourg s'apprête à accueillir l'Otan

eux quartiers strasbourgeois seront bouclés, 13 établissements scolaires fermés et la circulation fortement perturbée à Strasbourg lors du sommet de l'Otan qui se tiendra début avril à Strasbourg et à Baden-Baden (Allemagne), ont annoncé vendredi les autorités. Le sommet organisé pour le 60e anniversaire de l'Alliance atlantique commencera le 3 avril par un dîner de gala dans la ville d'eau allemande et les réunions officielles se tiendront samedi à Strasbourg.

Des mesures de sécurisation importantes sont en préparation, a indiqué le préfet du Bas-Rhin Jean-Marc Rebière lors d'une conférence de presse vendredi à Strasbourg.

Un premier envoi de 2.000 courriers a été adressé mercredi aux habitants du quartier de la cathédrale à Strasbourg pour les prévenir que "seules les personnes recensées et dûment identifiées seront autorisées à pénétrer et circuler" dans leur zone, grâce à un badge, a-t-il indiqué.

Les responsables des 13 écoles et lycées se trouvant dans le périmètre de la cathédrale et dans celui du Palais de la musique et des congrès, où doivent se réunir les chefs d'Etat de l'Otan, ont déjà été avertis de la fermeture de leurs établissements.

Les commerces seront également fermés dans ces zones ainsi que les théâtres. Des axes routiers seront fermés et le stationnement interdit localement.

Vingt-sept chefs d'Etat et de gouvernement de l'Otan sont attendus au sommet, dont le président américain Barack Obama et les responsables des deux nouveaux Etats membres, l'Albanie et la Croatie.

Chaque chef d'Etat devrait être accompagné d'une délégation d'au moins 30 personnes et 2.500 journalistes sont attendus à Strasbourg, selon le préfet Rebière. Leur résidence en Allemagne ou en France pendant leur séjour n'est pas encore connue.

Le préfet et l'ambassadeur Jean-Marc Rives, secrétaire général de la préparation du sommet, sont restés très discrets sur le dispositif, le périmètre précis et les moyens mobilisés pour la "sécurisation du sommet".

"Nous avons toute une série de scénarios très nombreux et élaborés, ils sont prêts, nous en sommes à l'ajustement fin", a déclaré M. Rives, tandis que le préfet se distançait de "la culture de la transparence" pratiquée en Allemagne en revendiquant "une culture différente" en France.

L'Allemage a dévoilé un budget de 50 millions d'euros et la mobilisation d'au moins 12.000 policiers pour la protection des personnalités.

Les nombreuses manifestations des opposants au sommet, prévues dans les deux villes, n'ont pas encore reçu d'autorisation ni en Allemagne, ni en France.

En marge du sommet, les opposants négocient avec les autorités préfectorales pour obtenir un emplacement pour un "village alternatif" et un trajet pour une grande manifestation le 4 avril à Strasbourg.

"Le projet de parcours qui nous a été soumis nous semble difficilement acceptable", a indiqué jeudi le collectif anti-Otan Strasbourg, qui va proposer un autre trajet d'ici le 4 février.

Le Monde. 30.1.09

Le dispositif de zonage et de fichage

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Les premières mesures annoncées par les autorités par voie de presse :

  • Pour l'instant, deux zones de sécurité: le quartier du PMC/ Wacken et celui de la Cathédrale/ Palais des Rohan
  • D'ici les 3 et 4 avril, d'autres zones de sécurité pourraient voir le jour
  • Le lycée Kléber sera entièrement fermé les 3 et 4 avril
  • Quand est-t'il des marchés ?
  • Combien de policiers côté français? "Je ne communique jamais le nombre de policiers" a déclaré Jean-Marc Rebière, préfet de la région Alsace (DNA du 31/01/09)

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Les résidents disposeront d'un laissez-passer nominatif, après déclaration à la police qui se déplacera chez vous pour récupérer le document ...

Strasbourg / Fortes perturbations dans la ville les 3 et 4 avril

Lumineuse dans sa robe immaculée, Amelle lui dira « oui » pour la vie. Les alliances s'échangeront. Un doux baiser unira les jeunes mariés. Sous une volée de riz, ils salueront la foule, du haut du balcon de l'hôtel de ville, place Broglie. Instant d'absolu bonheur : nous serons le samedi 4 avril. Le hic, c'est qu'une autre noce aura lieu ce jour-là à Strasbourg : la célébration du retour de la France au commandement intégré de l'Otan. Cette cérémonie-là se fera en présence d'un témoin de choix : Barack Obama, qui effectuera ce jour-là son premier déplacement dans l'Hexagone, accompagné de quelque 25 autres chefs d'État ou de gouvernement. Rien de moins. Face à cette armée - l'organisation du traité de l'Atlantique Nord -, les maigres arguments de « droit au bonheur » de la belle risquent de ne pas peser bien lourd.

Pas de limousine à l'hôtel de ville

C'est un coup de fil des services municipaux de l'état civil à son conjoint qui a ! mis le feu aux poudres : « La ville sera entièrement bouclée, aucun véhicule ne pourra espérer traverser le centre-ville et si l'on voulait se rendre à l'hôtel de ville, il faudra soit prendre le tram (si par bonheur il y en un a qui circule), soit marcher depuis la place de l'Esplanade... », lui explique-t-on, en lui proposant de « reporter », voire « d'annuler ». Exit ce jour-là, les arrivées en limousine sur la place Broglie - à moins d'en avoir une blindée et de s'appeler Barack Obama... Pour Amelle, cette mauvaise farce est « scandaleuse » : « Nous avions décidé de choisir cette date du 4 avril à la mairie, en décembre dernier », ne décolère pas la jeune femme - qui indique que son traiteur est réglé et que les alliances sont déjà gravées... « Ne peut-on pas trouver d'autres alternatives pour célébrer les unions en dehors de Strasbourg ? », s'indigne-t-elle.

Le plus beau jour de la vie, un parcours du combattant ?

Réponse de l'adjo! inte au maire, chargée de l'état civil : « C'est justement l'objet de notre appel téléphonique », précise Pernelle Richardot, qui a demandé ce « sondage » auprès des six couples qui ont prévu de se marier le 4 avril prochain à l'hôtel de ville - ainsi qu'un septième la veille. « Nous les avons informés que l'accès à la place Broglie serait barré pour que les futurs mariés ne soient pas piégés par les dispositifs de sécurité », poursuit l'adjointe, qui tente de gérer au mieux la situation, « pour que le plus beau jour de la vie ne se transforme pas en un parcours du combattant ». Et pour ce faire, ce sera au procureur de la République de décider s'il est possible de «transplanter» la salle des mariages au centre administratif, de la place de l'Étoile : « Il ne s'agit pas de "déplacer" la date - comme certains ont pu le comprendre - mais le lieu du mariage dans la ville, dans un endroit plus accessible ». Tant pis pour le velours et l'or du salon d'honneur de l'hôtel de vi! lle.

DNA. Philippe Dossmann. Édition du Ven 30 jan. 2009

Un laissez-passer pour le centre-ville ?

Anaïs (*), qui habite rue du Tonnelet-Rouge, une petite ruelle au coeur de l'ellipse insulaire à Strasbourg, a reçu un courrier du ministère de l'Intérieur mardi lui faisant part des mesures de sécurité liées à la venue de « nombreux chefs d'État », présents à Strasbourg pour le prochain sommet de l'Otan. « Un dispositif de filtrage sera mis en place dans votre quartier, selon le courrier. Seules les personnes recensées et dûment identifiées seront autorisées à pénétrer et circuler dans les zones définies ». Anaïs doit ainsi remplir une « fiche de liaison », afin d'obtenir un « laissez-passer individuel » pour... rentrer chez elle. « Je croyais que c'était une blague », a réagi la jeune fille, qui n'était pas au courant. Elle a finalement pris rendez-vous auprès de la cellule Otan de la police nationale. « Un policier va passer chez moi vérifier qui y habite et récupérer les fiches de liaison de toutes les personnes de l'appartement. On doit ensuite me donner un badge », explique-t-elle. Outre l'identité et l'adresse précise (numéro d'appartement, étage), un numéro de carte d'identité, de passeport ou de permis de conduire figurent parmi les renseignements demandés sur la fiche de liaison.

DNA. 30.01.09. A.G.

jeudi 29 janvier 2009

Camp : vers un accord avec la préfecture ?

Collectif et coordination anti-Otan de Strasbourg, accompagnés du groupe allemand « Résistance des deux rives », ont rencontré hier soir les services de la préfecture, qui leur ont proposé un terrain pour installer un camp au sud de Strasbourg, ont-ils fait savoir. « La proposition nous semble acceptable », a estimé un porte-parole du collectif. En revanche, les anti-Otan comptent faire une contre-proposition concernant le parcours de la manifestation. Une nouvelle rencontre est prévue la semaine prochaine avec les autorités.

DNA. Édition du Jeu 29 jan. 2009

Des chiffres qui font froids dans le dos : un monde armé jusqu'au dent

Les dépenses militaires des états en 2006 (1321 Milliards de dollar)

  • Les États-Unis ont déboursé 528,7 milliards (soit 46 % des dépenses militaires de la planète) dont 432 milliards pour mener leur guerre en Irak et en Afghanistan.
  • La Grande-Bretagne 59 Md$
  • La France 53 Md$
  • la Chine 49 Md$
  • Le Japon 43,7 Md$
  • La Russie 34,7 Md$

Les premières entreprises de l'armement (les chiffres d'affaires en milliards de dollar)

  1. - Lockheed Martin (USA) 36,1 Md$
  2. - Boeing (USA) 30,8 Md$
  3. - BAE System (Roy Uni) 25,1 Md$
  4. - Nothrop (USA) 23,6 Md$
  5. - Raytheon (USA) 19,5 Md$
  6. - General Dynamics (USA) 18,8 Md$
  7. - EADS (NDL) 13,2 Md$
  8. - L-3 Communications (USA) 10 Md$
  9. - Finmeccanica (Italie) 9,1 Md$
  10. - United Technologies (USA) 7,7 Md$
  11. - Thales (France) 7 Md$
  12. - KBR (USA) 6,4 Md$

total : 207,3 Md$ dont (152 Md$ pour les USA)

Les ventes d'armes dans le Monde

Les 100 plus importants fabricants d'armes au monde ont réalisé des ventes pour un montant de 290 milliards de dollar

  • 63 % des ventes par les 40 compagnies américaines
  • 29 % pour les européennes
  • Les États-Unis ont été les plus importants exportateurs d'armes entre 2002 et 2006, aux côtés de la Russie qui, en raison d'un marché intérieur limité, doit exporter la majorité de sa production.

Les armes nucléaires

En 2007, la planète compte 27 000 armes nucléaires, mais plus de 90% d'entre elles sont russes ou américaines

  1. Russie:14969 (3339*)
  2. États-unis : 9960 (5236*)
  3. France: < 300
  4. Chine: 130-200
  5. Royaume unis : < 200
  6. Israël: 75-200
  7. Pakistan: 24-60
  8. Inde: 40-50
  9. Corée du Nord: 0-12

(*) dont armes stratégiques déployées

sources: atlas militaire stratégique, SPIRI (l'Institut international de recherche pour la paix à Stockholm)

lundi 26 janvier 2009

Israël fortement soupçonné de crimes de guerre à Gaza

(Analyse publiée également sur http://geopolitiquedumoyen-orient.blogspot.com)

«Aujourd’hui l’absence de tout débat sur la perpétration des crimes s’apparente à de la complicité» (Directeur exécutif de la FIDH)

Un État moderne s’organise toujours autour de ses bâtiments administratifs, de ses écoles, de ses hôpitaux, de ses aéroports, de ses ports maritimes et de ses infrastructures routières. Farouchement opposée à la constitution d’un État palestinien souverain, l’armée israélienne détruit périodiquement et systématiquement toutes les infrastructures, les bâtiments, les écoles et les hôpitaux en Palestine. Ce n’est pas tout.

Dans un entretien accordé au journal Le Monde, SALAH ABDEL- JAWAD, professeur à l’Université de BIR ZEIT, parlant des objectifs de l’offensive israélienne dans la bande de Gaza, décrit clairement la politique de la terre brûlée de l’Etat d’Israël envers la Palestine: «Pourquoi bombarder les ministères, l’Université islamique et l’Ecole américaine de Gaza? Tout comme le saccage des bâtiments publics opéré en 2002, lors de l’invasion de la Cisjordanie. Ces actions participent d’un plan concerté. Il vise à détruire non seulement l’entité politique palestinienne mais aussi et surtout la société.» (Souligné par nous)(1).

Voici comment agit l’armée israélienne: «Quand nous soupçonnons qu’un combattant palestinien se cache dans une maison, nous tirons un missile, puis deux obus de tank et enfin un bulldozer abat les murs», explique un officier cité par Ha’aretz(2). Conséquences: «Toute les rues sont couvertes de gravas. La bande de Gaza est aujourd’hui méconnaissable», constate Eyad Sarraj, psychiatre palestinien, joint par téléphone à Gaza(3). Dire que chaque famille participe, d’une manière ou d’une autre, à la lutte pour l’indépendance palestinienne et on aura une idée de l’étendue des dégâts à Gaza.

Seules quelques bribes d’informations arrivent à contourner la censure militaire israélienne. Les rares images qui nous sont parvenues sont insupportables: civils palestiniens, femmes, hommes et enfants, déchiquetés, amputés gisant à même le sol, dans les décombres de leur maison ou dans la rue. Ces images démontrent que détruire la société palestinienne n’est pas l’unique objectif des incursions et des guerres permanentes que l’armée israélienne livre aux Palestiniens. L’enclavement de la bande de Gaza a offert aux industries militaires américaines la possibilité de tester de nouveaux types d’armes. Selon des médecins norvégiens, seuls occidentaux présents à Gaza : «Les militaires américains expérimentent de nouveaux types d’armes, connues sous l’acronyme DIME, pour Defense Inert Metal Explosive»(4).

L’expérimentation devait se faire sans témoins étrangers. Pour Antoine Bernard, directeur exécutif de la Fédération Internationale des ligues des Droits de l’Homme (FIDH), «la question des preuves est la raison pour laquelle les Israéliens ont fermé l’accès à Gaza»(5). Gaza transformé en laboratoire et les Gazaouis en rats de labo!

La question des «crimes de guerre» commis par l’armée israélienne est posée. Pour Ban Ki-MOON, secrétaire général de l’ONU: les responsables des bombardements contre des bâtiments de l’ONU devraient être identifiés et «rendre des comptes devant des instances judiciaires»(6). De son côté, la FIDH a demandé au Conseil de sécurité des Nations unies de saisir le procureur Luis Moreno-Ocampo des «crimes» commis par l’armée israélienne dans la bande de Gaza depuis le début de l’opération militaire. «Aujourd’hui l’absence de tout débat sur la perpétration des crimes s’apparente à de la complicité» affirme Antoine Bernard, directeur exécutif de la FIDH(7). Le Monde du 25-26/01/09 révèle qu’«Israël prépare sa défense contre des accusations de crimes de guerre». Ce qui prouve que l’Etat d’Israël a commis consciemment son forfait et qu’il se prépare à en assumer les conséquences.

Malgré tant d’évidence, certains intellectuels, comme Frédéric Encel, directeur de recherche à l’Institut français de géopolitique et à Sciences Po, arrivent pourtant à défendre Israël. D’après F. Encel, «Le mouvement islamiste radical, rebelle à l’Autorité palestinienne depuis son putsch de juin 2007 à Gaza, est hors la loi internationale»(8).

Monsieur le chercheur ignore-t-il qu’Israël, depuis sa création il y a 60 ans, n’a jamais appliqué aucune des résolutions de l’ONU et les guerres à répétition qu’il impose au Moyen-Orient découlent de ce refus de se plier à la loi internationale? Toujours selon F. Encel, le Hamas est «hors la loi internationale» parce qu’il refuse d’«abandonner l’usage de la violence et reconnaître Israël», état colonialiste et violent. Toujours est-il que ce monsieur ignore qu’ «il n’y a pas de roquettes en Cisjordanie, pas de résistance, et pourtant l’occupation est toujours en place. Après quatre ans et deux jours au pouvoir, Abbas n’a pas obtenu la levée d’un seul check-point et le démantèlement d’une seule colonie. Si le Hamas est responsable à Gaza, qui est responsable en Cisjordanie ?» (Qadoura Farès, ancien député du Fatah)(9).

Monsieur le directeur ignore-t-il que la défense de la souveraineté territoriale et politique est un droit reconnu par toutes les chartes et lois internationales? Pour certains intellectuels comme F. Encel, serviteur du colonialisme, ce droit ne s’applique pas à Israël, qualifié par lui d’«authentique démocratie en guerre». Autrement dit, pour F. Encel, les Palestiniens doivent renoncer à se battre, plier l’échine, accepter les check-points, vivre le développement de la colonisation de la Cisjordanie, et tant d’autres humiliations et violences de l’Etat d’Israël, et reconnaître la légitimité du colonialisme israélien sur la terre palestinienne. Plus serviteur du colonialisme que moi, tu meurs!

Faut-il rappeler à monsieur le chercheur en géopolitique qu’il n’est un secret pour personne que les dirigeants israéliens, en insistant sur le caractère juif de l’Etat d’Israël, ont mis en place un Etat d’apartheid où vivent les citoyens de premières zone (Juifs), ayant tous les droits et, ceux de deuxième zone (Arabes israéliens, 20% de la population) qui ont beaucoup moins de droits. Force est de constater que vous n’avez pas la même conception des régimes démocratiques que le commun des mortels. Ce n’est pas étonnant.

Sources : (1) Le Monde du 06/01/09 (2) LM du 08/01/09 (3) LM du 08/01/09 (4) LM du 13/01/09 (5) LM du 25-26/01/09 (6) LM du25-26/01/09 (7) LM du 16/01/09 (8) LM du 22/01/09 (9) LM du 18-19/01/09

dimanche 25 janvier 2009

Conseil de sécurité - G8 - Otan

Qu'en est-il de la paix et de la sécurité internationale, du principe d'égalité des peuples et de leurs droits à disposer d'eux-mêmes, bases du texte fondateur des principales missions de l'ONU? A lire: "Les directoires qui assurent l'hégémonie des grandes puissances" dans:

   http://www.france.attac.org/spip.php?article6865   

Les six décennies de l'OTAN

"L'ALLIANCE ATLANTIQUE A LA RECHERCHE DE NOUVELLES MISSIONS" Monde diplomatique (avril 2008)

   http://www.monde-diplomatique.fr/2008/04/A/15787   

samedi 24 janvier 2009

Un contre-sommet en préparation

Le collectif anti-OTAN Strasbourg regroupe notamment ds organisations syndicales, des partis politiques de gauche, et des associations. (Photo DNA - Bernard Meyer)

« Non à l'OTAN, non à la guerre ». Tel sera le cri de paix du collectif anti-OTAN Strasbourg, qui veut organiser un contre-sommet du 1er au 5 avril dans la capitale alsacienne. Le collectif, formé en octobre, a annoncé hier qu'il comptait organiser un contre-sommet pour dire « non à l'OTAN » et « non à la guerre » du 1er au 5 avril dans la capitale alsacienne. Le collectif anti-OTAN Strasbourg, qui revendique une quarantaine d'organisations membres (*), entend ainsi par le biais d'animations, de conférences ou de manifestations poser notamment la question de l'utilité de l'OTAN dans une ère post Guerre froide. « Nous sommes en négociation avec la préfecture afin d'obtenir un espace pour un camp et le parcours de la manifestation », a indiqué Frédéric Henry, l'un des trois porte-parole du collectif. Le collectif anti-OTAN, ainsi que la coordination anti-OTAN Strasbourg (**) ont rencontré conjointement les services de l'État pour la première fois la semaine dernière. La chorégraphie des événements étant « en train de se mettre en place », un autre rendez-vous, prévu la semaine prochaine, devrait apporter des « réponses précises » sur les deux! dossiers, selon Frédéric Henry. De son côté, la préfecture se réserve le droit de répondre d'ici la fin du mois. Les organisateurs, qui attendent plusieurs dizaines de milliers de manifestants, entendent défiler dans les rues de la ville.

« Pas une ville forteresse »

« Strasbourg ne doit pas devenir une ville forteresse », ont-ils souligné. Autre exigence : que le terrain destiné à accueillir le « village alternatif », qui pourrait compter 6000 participants, ne soit pas trop éloigné du palais de la musique et des congrès de Strasbourg, où doit se tenir la partie officielle du sommet le 4 avril. « On ne souhaite pas qu'à cause d'éventualités de ce genre, on nous interdise de manifester », a répondu Frédéric Henry à une question sur l'hypothèse de débordements. Strasbourg ayant été choisie en tant que symbole de paix et de réconciliation, il serait légitime que la ville accueille sommet de l'OTAN et contre-sommet dans les mêmes termes, ! a-t-il conclu. En attendant la réponse de la préfecture, collectif et coordination, ainsi que près de 350 autres organisations se sont donné rendez-vous les 14 et 15 février à l'université Marc-Bloch pour une conférence « internationale » afin de finaliser la préparation de ce contre-sommet. A suivre.

Aude Gambet

(*) Dont des syndicats (FSU, Solidaires), des partis politiques (Les Verts, le PCF, le Nouveau Parti Anticapitaliste) ou des associatio

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