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06/03/2009

Sea-Launch Land-Launch

L'idée de lancer des fusées porteuse de satellite depuis la mer n'est pas nouvelle. Au milieu des années 1960, l'agence spatiale italienne propose d'utiliser dans le cadre de son programme de satellites San Marco une plateforme ancré au large du Kenya près de l'équateur (2°9 N, 40°2 E) pour lancer des lanceurs Scout américain.

La première plate-forme, Santa Rita, fut remorquée d'Italie au Kenya au cours de l'hiver 1963-1964. De forme triangulaire de 40 m de côté, elle est ancrée à 25 km de la côte, ses pieds reposant à 20 m de fond. Les essais préliminaires ont lieu en mars et avril 1964 avec trois tir de fusées-sondes Nike Apache. 
La plate-forme San Marco, avec les installations nécessaires au montage et au lancement des fusées Scout, arrive en 1966. Cet ensemble rectangulaire, de 30 x 100 m, est mis en oeuvre pour la première fois pour le lancement du satellite San Marco 2, en avril 1967.

En tout, neuf satellites (4 italiens, 4 américains et 1 britannique) seront lancés depuis la base de San Marco, le dernier en 1988. Mais le site a également été utilisé pour lancer un grand nombre de fusées-sondes pour des expériences italiennes ou américaines, comme lors de l'éclipse de février 1980 où sept fusées furent tirées.

Début des années 1990, en réponse d'une demande du marché des lancements de satellites,  Boeing et RSC-Energia propose d'allier les compétences du constructeur russe des lanceurs Zenith au savoir faire de l'américain pour développer un système de lancement sur la mer à partir d'une plateforme maritime.

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Sea Launch est formé en avril 1995. Il s’agit d’une  Limited Liability Company  américaine, sorte de société à responsabilité limitée. Domiciliée en premier lieu aux îles Cayman en tant que Limited Duration Company elle l’est depuis peu aux USA dans l’Etat du Delaware et dispose de bureaux à Seattle dans l’Etat de Washington aux Etats-Unis et Oslo en Norvège. Le port d’attache du navire de commande et d’assemblage et de la plate-forme est Long Beach en Californie, ces deux bâtiments étant par ailleurs immatriculés au Libéria et appartiennent à deux sociétés différentes, filiales de Sea Launch Company, LLC.

La compagnie est détenue à 40% par la  Boeing Commercial Space Company  de Seattle, à 25% par la société moscovite RSC-Energia, à 20% par l’anglo-norvégien Kvaerner Maritime a.s et les 15% restant par l’ukrainien SDO-Yuzhnoye / PO-Yuzhmash. Le financement de l’opération a été apporté par ces compagnies et par deux garanties bancaires partielles de 110 millions de dollars chacune, couvrant les risques politiques, accordées à la Russie et l’Ukraine par la Banque Mondiale  par le truchement de la Chase and Chemical Bank de New-York. La direction de l’ensemble est assurée par Boeing Commercial Space C° et la participation de chacun est bien définie. Outre la direction, Boeing assure l’intégration du lanceur à Long Beach, fournit la coiffe et certaines interfaces.  Kvaerner fournit la plate-forme et le navire de commande et d’assemblage et assure leur maintenance  par le biais sa filiale Barber Moss Ship Management a.s. SDO-Yuzhnoye est responsable de la fabrication des deux premiers étages de la fusée Zénith tandis que le troisième et dernier étage de la fusée, le « block DM » est fournit par RCS-Energia qui conduit également les opérations de lancement.

Sea Launch permet le lancement de satellites américains par des fusées russo-ukrainiennes depuis une plate-forme semi-submersible, propriété d’une entreprise américaine, immatriculée au Libéria et opérant dépourvue de contrôle étatique puisque depuis la Haute Mer. 

La construction des navires démarre en décembre 1995 et le premier contrat est signé le 18 décembre avec Hughes Space & Communications. Un second contrat est signé le 12 juillet 1996. En août, débutent les travaux de construction sur le port de Long Beach le QG de Sea Launch. Décembre 1996, le navire de commandement ACS est mis à l'eau en Ecosse.
1997, en mai la plateforme Odyssey part pour la Russie afin d'être équipé pour sa nouvelle mission.

 

 

En mai 1998, les deux navires du système Sea Launch terminent leur modifications. Le 12 juin, le navire commander quitte St Petersburg pour Long Beach avec à bord les deux premiers lanceurs Zenith. Le 20, c'est le tour de la plateforme de quitter la russie. Leur arrivée à Long Beach se fait dans l'été. Ils sont préparés pour le premier lancement. Il intervient le 29 mars 1999 en plein Pacifique par 145° O au large des cotes Californienne avec la mise en orbite de DemoSat. D'une masse de 4500 kg, c'est une maquette de satellite HS 702 construit par Boeing et bourré d'instrumentation de contrôle. 30 minutes après son envol, l'étage Block DM-SL libérait la charge sur son orbite à 180-735 km inclinée à 1,2°. 47 minutes plus tard, elle était allongé avec un apogée de 36064 km et un périgée de 638 km. Trois jours plus tard, l'orbite était circularisé à 36000 km.

 


La première mission commerciale a lieu le 9 octobre suivant avec la mise en orbite du satcom DIRECT TV 1R.

Le premier échec a lieu le 12 mars 2000, suite à une défaillance du second étage du Zenith. Le satcom ICO F-1 est perdu sur une orbite intermédiaire.

Quelques mois plus tard, Sea Launch renoue avec le succès: le 28 juillet, le Zenith 3 place sur orbite le satcom PAS 9 (3659 kg) en GTO.

Le premier satellite "géomobile" construit par Boeing est lancé le 20 octobre 2000. Thuraya, d'une masse de 5108 kg servira de relais pour les téléphones portables GSM grâce à une antenne faite de maille de 12 m de diamètre.

Le 6eme lancement a lieu le 18 mars 2001. Le Zenith emporte XM 2, le premier d'une série de deux satellite construit par Boeing et XM Satellite radio destiné aux retransmissions de radio numériques pour les particuliers. Le 7eme lancement Sea Launch le 8 mai suivant emporte le XM 1, d'une masse de 4682 kg.

Sea Launch n'est pas à proprement parlé un succès commercial, mais la démonstration est faite que des personnes décidées et compétentes peuvent réussir un grand projet industriel, hors d'un soutien étatique ou idéologique. En plus d'une capacité de lancement élevée (4500 à 6000 kg), Sea Launch offre d'autres avantages comme une infrastructure légère, minimisant les coûts. L'année 2002 ne voit qu'un seul lancement; Galaxy IIIC (4810 kg) le 15 juin.

2003, Sea Launch repart avec trois lancements, Thuraya-2, le second Geomobile le 10 juin, Echostar 9 (Telstar 13) satellite de télécommunication de 4700 kg lancé le 8 août et Galaxy 13 Horizon 1 satellite de TV directe (PanAmSat Corp Et l'opérateur japonais JSAT International In) 4060 kg lancé le 1er octobre. Grâce à un accord avec Arianespace notamment, un certain nombre de satellite se voit transférer sur Sea Launch afin d'éviter des retards aux opérateurs de satellites.

En 2004, Sea Launch lance le 11 janvier Estrela do Sul/Telstar 14 un satellite de télécom Brésilien construit par Loral pesant 4694 kg. Equipé de 41 répéteurs en bande Ku, il assure la couverture du Brésil et la zone nord atlantique. Boeing, au travers de sa filiale "Connexion by Boeing", utilisera ce satellite pour relier ses avions à Internet. Le lancement était au départ prévu sur un lanceur Delta-4M+ de Boeing. Mais Loral Skynet do Brasil, l'opérateur du satellite, a préféré transférer le lancement sur une Zenit-3SL de Sea Launch.

La plate-forme Odyssey et le Sea Launch Commander quittent respectivement leur port d'attache les 26 et 29 décembre 2003. Ils arrivent à l'équateur le 07 janvier. Odyssey s'y positionne à 154°O. Le lancement a lieu le 11 janvier 2004 à 04h13 GMT. Il s'agit du premier lancement de l'année. La charge utile est placée sur une orbite elliptique 760 km x 35786 km x 0°, qui sera circularisée est inclinée à 63°. Le 13 janvier, Loral annonce des problèmes de déploiement d'un des panneaux solaires. La mission n'est pas menacée, mais la puissance du satellite sera fortement réduite si aucune solution n'est trouvée. Notons que le satellite est assuré pour 250 M$ en cas de perte partielle ou totale.

Second succès de l'année, Sea Launch lance le 4 mai Direct TV 7S, satcom qui sera calé par 119° O.


Pour 2004, SL prévoit le lancement de APStar 5 (Telstar 18) en avril, Intelsat Americas 8 (ex Telstar 8) en juillet et XM 3 en fin d'année. Pour 2005, SL prévoit pas moins de 8 tirs avec AssureSat 1, AssureSat 2, Inmarsat-4 F2, Intelsat, NSS 8, Spaceway 1, Spaceway 2 et XM 4.

Le premier tir de 2004 est un échec partiel, l'étage supérieur DM du lanceur s'est éteint prématurément mettant le satellite Telstar 8 sur une mauvaise orbite le 26 juin.

En 2005, SeLaunch réalise 4 lancements avec succès. Le 28 février 2005, le 15 eme Zenith 3 de Sea Launch met en orbite  le satcom XM3 (4700 kg) de Boeing. Puis le 26 avril, SL 16 met en orbite le satcom Spaceway 1 (6000 kg) de Boeing. Le 23 juin, SL 17 lance America 8, ex Telstar 8 d'Intelsat (5490 kg). Enfin, le 8 novembre, SL18 met en orbite Immarsat 4 F2 (5960 kg).

Pour 2006, SeaLAunch prévoit 6 lancements dont Echostar 10, Galaxy 16, JCSat 9, Koreasat 5, NSS 8 et XM 4.
Le 15 février, SL19 place Echostar 10 (4300 kg) en orbite. Le 12 avril, le 20eme SeaLaunch lance le satcom JSat 9. le 18 juin, SL 21 lance Galaxy 16. Le 22 août SL 22 lance Koreasat 5. Enfin le 30 octobre, SL 23 lance XM4.

 

Irak: les téléphones GPS d'un opérateur des Émirats dérangent la coalition

Des envoyés spéciaux en Irak se sont vu confisquer des téléphones satellites de l'opérateur Thuraya (Emirats arabes unis). L'appareil, muni d'un module GPS, pourrait donner leur position. Mais des professionnels doutent des arguments avancés.

Invoquant des raisons de sécurité, l'armée américaine a interdit à certains journalistes, le week-end dernier, l'usage des téléphones satellites de l'opérateur des Émirats arabes unis, Thuraya Telecommunications, sur le terrain des opérations en Irak.

Selon les agences de presse Reuters et AFP, des journalistes embarqués ("embedded") au sein des unités militaires ont été priés de ne plus utiliser ces combinés. Certains ont même eu leur téléphone confisqué, outil de travail pourtant incontournable. «Des officiers m'ont demandé de leur donner mon téléphone, ce que je suis en train de faire», a ainsi expliqué Matthew Green, l'un des envoyés spéciaux de Reuters dans le centre de l'Irak, au sein d'unités militaires avançant sur Bagdad. Il a ajouté que d'autres collègues accompagnant le premier corps expéditionnaire des marines avaient subi le même sort.

Interdire les téléphones pour protéger les journalistes et les unités


Côté américain, on se défend de vouloir museler une partie de la presse. Au quartier général du Commandement central américain au Qatar (Centom), le général Victor Renuart a affirmé aux agences que cette décision ne visait pas à restreindre la couverture médiatique de l'offensive, mais que «sur le champ de bataille, la sécurité des opérations est essentielle, et il y a des lieux et des moments où il faut être sûr qu'aucune communication n'est en cours». «On veut être sûr que rien ne puisse tomber entre les mains des Irakiens», a-t-il indiqué.

Les combinés de Thuraya ont ainsi la particularité de disposer d'un module GPS intégré, qui permet à son utilisateur de localiser sa position. Position qu'il peut être amené à communiquer dans le cadre de son travail (flash infos, duplex). Autre danger: «Les Irakiens peuvent repérer le signal et tirer des missiles», ont indiqué les militaires américains aux journalistes cités par Reuters. Un argument technique qui ne convint pas Patrick Jibassier, directeur général de TDCom, distributeur exclusif dans l'Hexagone de Thuraya. Sa société a fourni les services et les combinés à la plupart des envoyés spéciaux français dont ceux de France Télévisions. «Cette décision s'explique surtout par la volonté des autorités américaines de pouvoir contrôler tout les réseaux de communications sur place», explique-t-il à ZDNet France.

Contactées aujourd'hui, les rédactions de TF1 et de France Télévisions nous ont confirmé ces mesures de "confiscation", précisant cependant qu'il s'agissait de consignes appliquées de manières très sporadiques. «Il y a effectivement une équipe italienne qui a vu ses téléphones confisqués par des Anglais, mais nos équipes continuent à utiliser des combinés Thuraya sans problème», explique un responsable technique chez France Télévisions.

Une décision plus politique que technique


Patrick Jibassier de TDCom y voit surtout une décision politique: «Il y a un autre système de téléphonie par satellite sur la zone concernée qui est Iridium, et dont un utilisateur pourrait tout autant être localisé. Mais Iridium est un système 100% américain, ce qui n'est pas le cas de Thuraya. Or un opérateur satellitaire peut tout faire, localiser les utilisateurs et, bien entendu, écouter les communications, des informations que les États-Unis préfèrent certainement avoir sous leur contrôle», poursuit le responsable.

Rappelons en effet qu'Iridium, au bord du dépôt de bilan, a été sauvé par le département américain de la Défense, qui a investi 72 millions de dollars entre 2000 et 2002, pour maintenir dans l'espace ses satellites et équiper 20000 utilisateurs gouvernementaux. La proximité entre l'armée américaine et Iridium n'est donc pas à démontrer.

Enfin, sur l'éventualité d'une localisation des unités militaires via le téléphone des journalistes les accompagnant, «cela paraît peu probable», poursuit Jibassier. «Je ne connais pas les moyens dont disposent les Irakiens, mais localiser ces téléphones n'est pas à la portée d'un amateur. Toutes les données échangées avec le satellite, les conversations comme celles permettant la localisation sont chiffrées, et sans la clé de chiffrement, il est impossible de les exploiter».

Précision utile : la technologie utilisée par Thuraya est d'origine américaine. Son satellite de télécommunications, Thuraya-1, a été construit par Boeing Satellite Systems.

Quoi qu'il en soit, les combinés de Thuraya n'en sont pas à leur première interdiction. Aucun Irakien n'a le droit d'en utiliser depuis six mois, nous a précisé France Télévisions. Une interdiction dont l'aspect politique ne fait, dans ce cas, aucun doute.

Par Christophe Guillemin, ZDNet France

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