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11/03/2009

vente Rafale

 

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Publié le 10/03/2009 à 16:02 - Modifié le 11/03/2009 à 11:07 Le Point.fr

Pour vendre le Rafale aux Émirats, Paris contraint de financer une nouvelle version

Il y aura bientôt un an, en juin 2008, les Émirats arabes unis annonçaient leur intention d'acquérir 63 avions français de combat Rafale F3. Rapidement, le chiffre de 6 milliards d'euros (hors armement) était évoqué. Aussitôt, un communiqué de l'Élysée Parvenir enfin à vendre à l'étranger l'avion de combat Rafale (Dassault, Safran et Thales) est devenu l'une des obsessions de l'Elysée. Qui s'implique dans tous les éventuels contrats avec d'autant plus d'énergie que le quinquennat a été inauguré par un échec retentissant au Maroc. Mais voici qu'une annonce opportune-pour ne pas dire miraculeuse-est venue le 5 juin des Emirats arabes unis. Ceux-ci ont annoncé officiellement leur intention d'acquérir 63 Rafale. Les premiers appareils ne seraient cependant pas livrés avant 2012 et Nicolas Sarkozy a admis qu'il n'y a « pas de date fixée ni de négociations commerciales entamées à ce stade ». Ce possible contrat éclaire d'un jour nouveau l'annonce par le président français, en janvier, de la création d'une base interarmées permanente à Abou Dhabi, qui devrait compter 500 militaires en 2009. « Les deux initiatives ne sont pas sans relation », reconnaît-on au ministère de la Défense. Un achat par les Emirats mettrait fin à une série d'échecs commerciaux.

se félicitait de cette annonce très politique, et les négociations commençaient avec les coriaces Emiratis. Qui veulent bien mettre le paquet pour ces avions, mais à condition qu'ils soient livrés avec des options hors de prix qui n'existent pas encore.

Dans un premier temps, on avait appris que les Emiratis exigeaient une reprise des avions français dont ils disposent déjà depuis une dizaine d'années, à savoir une soixantaine de Mirage 2000-9, la version la plus élaborée du dernier chasseur monoréacteur fabriqué par Dassault Aviation. Mais Nicolas Sarkozy en personne a rejeté, en conseil de défense, une hypothèse que nous évoquions ici ,Le résumé de l'épisode précédent tient en quelques lignes contenues dans le Livre blanc de la défense et de la sécurité , datant de juin dernier : "La composante aérienne de combat sera modernisée pour disposer d'un parc homogène de 300 avions polyvalents de type Rafale et Mirage 2000 D, dont 270 en ligne." L'important, ici, étant les Mirage 2000 D. Comme l'explique le site de la Délégation générale pour l'armement , cet appareil est "capable de mettre en oeuvre la plupart des armements air-sol classiques, des armements guidés laser et le missile Apache. Le Mirage 2000 D a toutefois bénéficié des avancées technologiques avec la modernisation de certains équipements avioniques (radars Antilope 5 modernisés) et du cockpit avec des écrans de visualisation complémentaire".

On l'a compris, c'est un avion d'attaque air-sol, affecté aux trois escadrons de chasse 1/3 "Navarre", 2/3 "Champagne" et 3/3 "Ardennes" de la base aérienne 133 de Nancy-Ochey. L'idée du Livre blanc est de faire moderniser ces avions par Thales, pour les doter d'une capacité de combat air-air contre les autres avions, en sus de leur capacité air-sol. Sauf que la modernisation de ces appareils pourrait bien être rapidement démentie par une opération commerciale en cours.

Dassault : "Une affaire qui concerne les armées et le gouvernement"

Souvenons-nous que le 5 juin dernier, le président Nicolas Sarkozy confirmait une déclaration officielle des Émirats arabes unis qui avaient annoncé le même jour leur intention d'acheter 60 exemplaires de l'avion de combat Rafale. Depuis un semestre, les négociations vont bon train, car les Émiratis disposent depuis le début de la décennie d'une magnifique flotte de la version la plus élaborée et la plus moderne du Mirage 2000, le Mirage 2000-9. Celui-ci dispose de la double capacité air-air et air-sol, celle-là même dont disposera le Mirage 2000-D après sa modernisation. Le Mirage 2000-9 se trouve être doté d'une capacité qui avait en son temps ulcéré les Américains : il peut tirer le missile Black Shaeen, version locale du Storm Shadow/SCALP EG.

Or, les Émiratis, qui ne sont pas des apprentis négociateurs et savent le prix que l'Élysée porte à la vente du Rafale, ont mis aux Français le marché suivant en mains : on vous achète votre Rafale, mais vous nous reprenez nos vieux Mirage 2000-9. Dans le cadre de ce contrat d'État à État, Paris n'est pas contre une éventuelle reprise, mais entend bien revendre ces avions à d'autres. Au Pakistan, par exemple. Sauf que dans le contexte actuel, c'est difficilement envisageable. Trop déstabilisant, notamment aux yeux des Américains. Une source très au fait de ce dossier affirme que "le Pakistan n'est pas le seul client potentiel, d'autres possibilités sont ouvertes", avant de démentir ce que d'autres sources nous confirment : au moment où les Émiratis vont disposer de Rafale dernier cri, c'est bien l'armée de l'air française qui pourrait se voir contrainte de reprendre les Mirage 2000-9 d'occasion.
Du côté des aviateurs, cette éventualité ne suscite qu'un silence radio. Et chez Dassault, on remarque simplement : "C'est un contrat d'État à État, donc une affaire qui concerne les armées et le gouvernement, pas nous." Selon nos informations, le sujet pourrait être abordé assez rapidement en conseil de défense, l'instance présidée par le chef de l'État, dont les dates de réunion et l'ordre du jour sont tenus secrets.

à savoir le rachat de ces appareils par l'armée de l'air française. Cette éventualité n'étant plus d'actualité, le gouvernement a créé une structure de "défaisance" qui achètera les avions, et les revendra ensuite à des clients étrangers. À qui ? C'est un peu le problème. En tout cas, le constructeur Dassault Aviation se dit non concerné par cette opération, qui intéresse l'État seul. Lequel n'apprécie que modérément ce refus de l'avionneur de participer à la revente de ces appareils, et n'a pas encore finalisé l'accord avec les Émirats sur leur reprise. Pour quel prix ? Entre 1,5 et 2,3 milliards d'euros, selon des sources proches de la négociation. Si l'on rapporte cette somme aux six milliards d'euros évoqués pour la vente des soixante-trois Rafale F3, la reprise représentera au moins le quart du prix de vente. Ce qui ne constitue qu'un petit problème, à côté des autres...

Moteur et radar en questions

Les autres difficultés que pose cette vente aux Emiratis portent sur deux des composants majeurs de l'avion. Son moteur, et son radar. Le moteur, d'abord : le Rafale F3 est équipé de deux réacteurs M88-2 fabriqués par le motoriste SNECMA, dont la caractéristique principal est leur poussée de 7,5 tonnes. Les Emiratis exigent quant à eux une version plus puissante d'une poussée de 9 tonnes, qui rapprocherait alors les performances du M88 de celles des moteurs du F/A-18 E/F Super Hornet de Boeing, les F414-GE-400 de General Electric, de 10 tonnes de poussée. De longue date, SNECMA souhaitait faire financer par l'État une version de 9 tonnes du M88, le M88-3, destinée à satisfaire les clients export souhaitant accentuer les capacités anti-aériennes du Rafale.

Mais ce projet avait été refusé, et dès lors que Paris ne veut toujours pas le financer pour sa propre armée de l'air, il faudra que les Emiratis mettent la main à la poche. Facture : 800 millions d'euros. Cette exigence a ses raisons : pour Abou-Dhabi, qui défend un territoire minuscule, et se prépare à affronter un jour l'Iran, le Rafale doit être avant tout un appareil de supériorité aérienne. Une source proche du GIE Rafale, qui rassemble Dassault (cellule), Thales (radar et électronique de bord) et SNECMA (réacteurs), tord un peu le nez et souligne que, "dans l'idéal", Paris aurait dû prendre en charge ce développement, et soutenir ainsi l'exportation d'un avion qui a du mal à se vendre. Mais de source bien informée sur ce dossier, on confirme la volonté de Nicolas Sarkozy de "ne pas mettre en péril la future loi de programmation militaire".

L'une des exigences des Emiratis a toutefois été acceptée par les Français : il s'agit de l'adaptation du Rafale au futur missile air-air européen Meteor en cours de développement par MBDA. Son financement de 250 millions d'euros, consacré pour une large part à des développement sur le radar à antenne active RBE2-AESA de Thales, est actuellement prévu à la fin de la loi de programmation militaire, vers 2012. De très bonne source, on a indiqué au Point que ce financement serait vraisemblablement avancé. Afin de favoriser le contrat avec les Émirats, les Rafale de l'armée de l'air française seront donc dotés plus tôt que prévu de la capacité d'emport du Meteor. Conclusion : avec les Emiratis qui ont oublié d'être mauvais en affaires, un contrat n'est pas gagné d'avance. Paris avait annoncé l'an dernier être en mesure de livrer le premier Rafale à Abou-Dhabi en 2012. Ce défi sera très difficile à relever. Raison de plus pour que les acteurs de ce dossier, convoqués à l'Élysée début avril, préparent leurs arguments sur le bout des doigts...

 

jojo

Dire... Non !

mercredi 11 mars | 12:45

Je reprends notre échange : "A croire que l'état a des actions chez Boeing ou chez d'autres... Triste !" C'est le contraire : le prix du retour dans l'OTAN... Les pressions de Londres et Berlin sur Bruxelles pour favoriser eurofighter, ou le F35. La 5e colonne US en France par Bauer et autres ?" Et bien, si l'intégration à l'OTAN doit passer par le "sacrifice" du Rafale, donc plus ou moins aussi de nos capacités "air" de notre défense et d'une partie de notre industrie aéro, je dis clairement non, non et non ! Tout le reste ok, mais sur ce point précis qu'est l'export du Rafale qui est d'un intérêt capital pour nous, nous devrions quand même être un peu plus intransigeant et ferme dans nos négociations "atlantistes" et imposer notre point de vue clairement et user nous aussi de tous les moyens de pression que nous pouvons disposer dans ce cas précis... Nous avons choisit le Rafale, ce sera demain notre seule monture, donnons nous les moyens d'assumer ce choix, avec force et conviction, et sans compromis sur le sujet, point. Et cela serait un signal fort, autant au niveau de l'export en direction des clients potentiels, qu'aux niveaux des instances européennes et "atlantistes" sur la forme de nos coopérations internationales, autant que sur la cohérence de notre orientation et notre spécificité militaro/économique. (L'intégration de la France à l'OTAN n'est-elle pas profitable à cette dernière, et aux US ? On a de quoi, tout de même, de secouer un peu le cocotier, non ?) Et de cela, je pense que nous avons plus à y gagner qu'à y perdre, à tous points de vue ! jojo...

bzh

Le gros problème...

mercredi 11 mars | 12:18

... est que les clients potentiels sont parfaitement conseillés, techniquement sur tous les modèles, donc nous avons encore là un gros problème de "DGA" et de commerce étatique, quant à l'avionneur le prix de son produit est toujours "hors mesure". Les marges bénéficiaires dans de telles conditions effraient automatiquement l'acheteur. Ces gens en marchandage sont plus "coriaces" qu'un GMou un commerçant de l'état.

berthierch

pressions US en France

mercredi 11 mars | 11:32

"A croire que l'Etat a des actions chez Boeing ou chez d'autres... Triste !" C'est le contraire: le prix du retour dans l'Otan ? Les pressions de Londres et Berlin sur Bruxelles pour favoriser eurofighter, ou le F35. La 5eme colonne US en France par Bauer et autres?

jojo

la garantie d'évolution de nos Rafale passe par les EAU...

mercredi 11 mars | 11:14

Bonjour, Ce contrat possible de vente aux EAU d'un Rafale upgradé (standard F4?), est la seule vraie garantie au Rafale de donner véritablement toute sa mesure, tant pour concrétiser son exportation que d'assurer son évolution nécessaire pour nos forces armées, ce qui est quand même hautement stratégique car d'ici quelques décennies, toutes les composantes et capacités "air" de nos forces reposeront sur son efficacité globale qui se doit donc d'être optimale et régulièrement mise à niveau. 800 millions, voir 1 milliard, si cela doit permettre à notre Rafale d'atteindre son but de meilleur appareil de sa catégorie, mais surtout d'être à la pointe réellement dans les trois missions principales dont ce pour quoi il a été conçu (air/air-air/sol-reco), et ce pourquoi nous nous en sommes équipé pour remplacer à terme tous nos avions de combat, ce serait au vue des 35 milliards estimés de son coût de développement déjà dépensé et du coût des commandes déjà passées et à venir, ainsi que des contrats de maintenances signés, un gâchis pur et simple. De plus, il y a certainement de bons moyens de négocier le partage (plus ou moins) des frais avec les EAU demandeurs. Et pour finir, cela augmenterait significativement ses chances à l'export (je pense à la Suisse, le Brésil, les autres pays de Golf prospects...), et réduirait à terme le coût global du Rafale et de son exploitation pour la France... Pour moi, il faut profiter de cette opportunité, et foncer... jojo...

colibri

Enjeux du contrat ?

mercredi 11 mars | 07:08

La justification de l'achat des chasseurs pour les Émirats semble d'après l'article la menace d'une attaque Iranienne. Ce scénario semble à court terme un peu hypothétique et je ne vois pas bien l'intérêt pour l'Iran qui possède un matelas pétrolier suffisant, de créer les moyens de sa perte pour les trente prochaines années. Si l'Iran avait quelques velléités contre les points minuscules que représentent les Emirats, il attendra de posséder l'arme nucléaire en quantité suffisante pour peser dans la zone. Dans cette hypothèse qui n'est pas pour demain, les Émirats ont intérêt à investir dans une défense anti missiles plutôt que dans une aviation de chasse. Ceci dit tout ce qui est bon pour nos exportations ne doit pas être négligé, mais la barre semble un peu haute pour que le contrat soit rentable à terme d'autant qu'il sera négocié en dollar avec les incertitudes sur cette devise. La création d'une base française à ABU DHABI, va perdre de son intérêt si nos contrats deviennent de moins en mois rentables.

Praefectus

54000

mercredi 11 mars | 00:04

Je sais que cela va en faire bondir certains. Mais il n'y a pas 54000 "inutiles" dans la Défense. Il s'agit de réduire les postes drastiquement pour rester dans le budget! Ce ne sera pas sans conséquences. Contrairement à ce que certains voudraient croire innocemment ou avec angélisme , on taille bien et fort dans le vif! Demain , ce ne sera pas facile de tenir notre rôle, celui qui nous est implicitement suggéré , au conseil de sécurité,et dans toutes les diverses instances de concertations. Face à une situation budgétaire que tout le monde sait critique, nos dirigeants ont fait des choix. Ils sont élus pour cela!

Twouan

Pourquoi je ne crois pas à la vente de rafale aux EAU

mardi 10 mars | 21:58

Les EAU ont deux chasseurs modernes en service le F16block60 et le Mirage 2000-9. Ces derniers assurent une défence efficace contre leur unique ennemi dans la région qui dispose comme meilleur chasseur du mig29. Ce dernier n'est pas réputé très efficace. Le seul élément qui peut déclencher une course à l'armement serait une vente en grand nombre de SU-27 à l'Iran (60+). D'ici que les Su (si ils sont vendus un jour) soient dans les forces en nombre suffisant pour mettre en péril la supériorité aérienne Emiraties d'autres avions plus modernes seront sur le marché. Contrat à horizon 3-4 ans au mieux et contre de sérieux concurrents. Sur un prospect nouveaux radars et missilerie, on peut espérer un contrat rapide. Cela serait déjà pas mal pour amortir le cout de développement du RBE2 et du METEOR.

BPCs

Le coeur du système défensif

mardi 10 mars | 21:53

Dans sa prise de position claire en faveur du PA2, Michel Rocard soulignait avec la hauteur de vues qui le caractérisait, qu'autant la dissuasion nucléaire avait été cruciale quand le Général de Gaulle l'avait décidée, autant, dans un monde ayant changé cette priorité n'avait plus lieu d'être. A son sens le Porte-Avions représentait l'outil le plus nécessaire à un moyenne puissance comme la France. Mais le Porte-Avions n'est jamais que la rallonge apportée au bras armé qu'est le Rafale. Et le seul bras armé qui ait quelque chance (ou malchance plutôt) de servir, à la différence du programme M51 (et de ses 8 milliards de cout)... A ce tître son développement et son amélioration constante devrait être le centre de nos préoccupations. Ce d'autant que l'on possède une vraie réussite : l'appareil qui nous permet de remplacer tous nos appareils y compris un Mirage IV pourtant plus massif. Il est ainsi dommage que l'on ne se donne pas les 800 Millions à l'amélioration d'un moteur qui le hisserait vers les meilleurs en Air-Air ou qui lui permettrait d'augmenter son emport de charge et le pousserait vers une fonction de regional bomber à laquelle il pourrait aspirer. Heureusement les Emiratis sont plus Francophiles que nous : entre un F-18 E/F à pris cassés actuellement (entre 50 et 60 m$) et des Eurofighter nettement plus chers mais dont les pays producteurs ne savent comment se débarrasser de leurs tranches optionnelles pourtant obligatoires, ce Rafale vendu à près de 100 m$ l'unité (donc proche d'un Eurofighter) va devoir s'accrocher si l'on ne veut pas voir le marché nous passer sous le nez comme au Maroc... Ainsi faute de crouler sous un suicidaire "gagné d'avance", on remercie les Emiratis de nous contraindre à améliorer notre chasseur.

Industrialiste

Dommage mais...

mardi 10 mars | 20:26

L'Etat a mis plus de célérité à lancer un programme coûteux et mal géré (L'A400 M) qui pouvait être retardé selon certaines conditions, alors qu'il y avait des alternatives possibles préservant nos intérêts. Pour Dassault qui fait un avion de combat, ce qui est plus important pour notre défense et notre BITD, et qui a plus de possibilités d'exportations, l'Etat n'a pas le même empressement. Il est vrai que c'est une entreprise privée bien gérée (et rentable.. pouah !) et non EADS dirigée par certains hauts fonctionnaires français ne connaissant parfois rien à la défense... et ni à l'entreprise et dont le contribuable remboursera bientôt les erreurs.

Falbalan

et alors ?

mardi 10 mars | 19:20

De toutes façons il était prevu que le Rafale continue d'évoluer vers d'autres standards ! Et c'est une bonne chose quand on voit les problèmes, notamment de financement, rencontrés par le Typhoon et le Gripen ! Tant mieux si les Emirats disposent des meilleurs Rafales disponibles à horizon 2012. Quant aux M88-2, ils sont parfaitement adaptés aux besoins de nombreux prospects et même aux notres, donc pas besoin d'en faire tout un fromage par rapport à de précédents échecs. On sait très bien que des pressions internationales ont freiné la vente de Rafales que ce soit en Corée ou à Singapour... De plus, d'autres concurrents moins puissants niveau moteurs se sont imposés... De façon "étrange" ! Pour le reste, il me semble que Taiwan avait émis le souhait de nous acheter des Rafales, qu'attendons-nous pour leur en vendre ? Un peu de courage politique, voyons ! Et pourquoi tous ces retards sur les dossiers en négociation depuis déjà fort longtemps comme avec la Libye ?!

 

 

Publié le 18/10/2007 N°1831 Le Point

Industrie - Rafale : cacophonie française

Les tiraillements entre les centres de décision français ont compromis la vente de l'avion au Maroc, alors que les Américains, avec une politique plus habile et surtout plus cohérente, ont des chances de rafler le marché.

La semaine prochaine, Nicolas Sarkozy se rend au Maroc en visite d'Etat. A cette occasion, des progrès décisifs pourraient être annoncés sur la vente du TGV, pour un contrat de 2 milliards d'euros en discussion depuis huit ans avec Alstom. Un pré-accord - en attendant un « vrai » contrat - pourrait également être annoncé portant sur la vente d'une frégate multimissions à 450 millions d'euros, qui bénéficierait au chantier DCNS. Mais le sujet qui fâche, c'est l'échec de la signature d'un contrat de 18 chasseurs Rafale de Dassault, que les Français pensaient quasi conclu. Las ! Ce sont les Américains de Lockheed Martin, puissamment soutenus par l'administration Bush, qui tiennent désormais la corde avec leur chasseur F-16, vendu à plus de 3 000 exemplaires à 24 pays et donc largement amorti. Quand le Rafale attend encore sa première vente export.

Tandis que le ministre de la Défense, Hervé Morin, estimait, en septembre, que l'échec du Rafale au Maroc est dû pour partie au fait qu'il serait « trop sophistiqué », la réalité est sans doute plus complexe. Les Français ont joué en ordre dispersé, les décisions gouvernementales ont tardé, les avancées diplomatiques que les Marocains attendaient ne sont pas venues, tandis que les initiatives américaines se sont multipliées. Washington soutient désormais ostensiblement le Maroc dans son conflit plus que trentenaire avec le Polisario. Surtout, la Maison-Blanche a fait un geste financier en décuplant son aide publique au royaume. Jusqu'à présent cantonnée à une subvention annuelle d'une vingtaine de millions de dollars, versée par l'agence gouvernementale Usaid - à comparer aux 180 millions d'euros annuels octroyés par la France au titre de l'aide au développement -, la générosité américaine s'est considérablement accrue. Le 31 août, l'ambassadeur John Danilovitch est venu signer à Rabat avec le roi Mohammed VI un accord de coopération accordant 697,5 millions de dollars d'aide au Maroc, soit 118 millions annuels durant cinq ans. Un tiers du contrat promis à Lockheed Martin. John Danilovitch, qui a effectué sa première mission au Maroc dès janvier 2006, juste après sa nomination, n'est autre que le directeur général d'une entreprise privée peu connue, MCC (Millennium Challenge Corporation), financée par le Département d'Etat et présidée par Condoleezza Rice. Son vice-président n'est autre que le secrétaire au Trésor, Henry Paulson. Une entreprise d'Etat, donc, qui verse des subventions aux pays pratiquant « la bonne gouvernance et la liberté économique, tout en investissant dans leur population ». La concomitance entre les progrès décisifs du contrat de vente des F-16 et le versement de ces subventions très officielles n'est sans doute pas due au hasard... Un acteur possédant une connaissance intime du dossier expliquait au Point la semaine dernière : « Si ce n'est pas une forme douce et moderne de corruption, je n'y connais plus rien ! » Une formulation due au dépit, sans doute...

Les yeux pour pleurer.

De fait, il ne reste plus aux industriels français de l'aéronautique emmenés par Dassault et son Rafale que leurs yeux pour pleurer. Si les efforts français ont été bien réels, ils se sont également révélés trop tardifs. Il aurait fallu faire vite, quand la période n'était guère propice aux décisions risquées. Quand le général Georgelin, le chef d'état-major des armées, revient d'une visite officielle au Maroc les 11 et 12 décembre 2006, il rend compte à Paris de l'intérêt de ses interlocuteurs pour un avion de chasse moderne : le Mirage 2000. L'armée de l'air marocaine en veut 24.

Cette demande peut se comprendre, puisque les voisins algériens ont annoncé, quelques mois plus tôt, l'achat de chasseurs russes dernier cri : 28 SU-30 et 30 Mig-29. Mais, quand cette demande parvient à Dassault, un problème apparaît aussitôt : la chaîne des Mirage 2000 est stoppée, et il est hors de question de la relancer chez l'industriel et ses sous-traitants, car la facture ne serait pas éloignée du milliard d'euros. Dassault propose donc une autre solution : 18 Rafale, pour le prix de 24 Mirage 2000. Soit environ 1,8 milliard d'euros, tout compris, sauf l'armement. Pour livrer les avions rapidement, les neuf premiers seraient prélevés sur les chaînes tournant actuellement pour l'armée de l'air française. Cette offre est présentée à Rabat fin juin. Il a donc fallu six mois. Pourquoi ce temps ? Parce qu'avec une dette extérieure de 18 milliards de dollars le Maroc n'a pas d'argent pour s'acheter de telles machines de guerre. Il fallait donc que Paris avance les fonds, même au prix d'un pieux mensonge maintes fois répété durant la campagne électorale française : certains émirs du Golfe honoreraient la facture.

Ce sont donc bien les discussions franco-françaises sur le financement de l'opération qui vont prendre tant de temps. Pour simplifier, la France proposera finalement, en juillet, de financer totalement (ou presque) l'achat des Rafale, avec des prêts remboursables sur de longues années à des conditions « amicales ». C'est seulement en avril que les négociations commencent à Matignon, avec deux autres acteurs principaux : la Défense, très ardente, et les Finances, debout sur les freins. « Les gentils baratineurs chefs de bureau de Bercy n'ont répondu qu'en juillet à une demande présentée quatre mois plus tôt », s'indigne l'un des négociateurs, oubliant sans doute qu'il n'était pas si aisé de prendre une telle décision alors que des élections présidentielle et législatives allaient survenir. Nous ne connaîtrons pas le point de vue de Bercy, qui n'a pas souhaité répondre aux questions du Point . Toujours est-il que, lorsque le crédit-cadeau est présenté à Rabat par Dassault, les Américains ont déjà avancé leurs pions. Mais, dès lors que le crédit est accordé, le service de l'Etat chargé de promouvoir les ventes d'armes, à savoir la Délégation générale pour l'armement (DGA), profite de l'aubaine pour charger la barque, selon plusieurs sources, dans l'industrie et dans l'administration. Et la DGA d'ajouter à la proposition des Rafale (dont elle réduit autoritairement le devis à 1,5 milliard d'euros, sans prévenir l'avionneur) une offre complémentaire portant sur des frégates multimissions FREMM et des hélicoptères EC-725 Caracal. Deux offres simultanées et différentes. Pendant ce temps, les Américains chassent en meute, envoient des parlementaires et de multiples autorités au Maroc, offrent des conditions assorties de subventions égales au tiers du contrat, et dament discrètement le pion aux Français qui se croient en terrain conquis. Commentaires d'un marchand d'armes français en vue : « La responsabilité dans l'échec est multiple. D'abord, parce que nous n'avons aucune cohérence, et pas de structure unique de l'Etat pour conduire des négociations de ce type, en accord avec les industriels. Ensuite, parce que ni les diplomates ni les services de renseignement n'ont vu venir les Américains, que nous aurions pu contrer, par exemple en proposant des avancées sur le Sahara. Ce dossier était prépondérant pour Washington, qui veut empêcher toute vente export du Rafale. Et, pour nous, il n'était pas perçu comme prioritaire. Ce que la France paie, c'est surtout la multitude de ses erreurs ! »

Publié le 20/06/2008 à 17:05 - Modifié le 20/06/2008 à 17:06 Le Point.fr

Claude Guéant vend-il le Rafale ou la peau de l'ours ?

Par Jean Guisnel

C'était le 18 juin, mercredi. Au micro d'Europe 1, le secrétaire général de l'Élysée Claude Guéant revient sur une idée qui lui est aussi chère qu'à Nicolas Sarkozy : vendre le Rafale à l'exportation. Toutes les armes, mais surtout le Rafale : "La France est en négociations avec des espoirs sérieux, effectivement, de vendre une centaine de Rafale. Enfin, après 23 ans, nous allons vendre des Rafale."

La raison en est simple : cet appareil, dont l'auteur de ces lignes se souvient effectivement avoir vu sortir pour la première fois le prototype de son atelier à Saint-Cloud le 14 décembre 1985 , est techniquement performant et son prix n'est pas supérieur à celui de ses concurrents occidentaux : environ cent millions d'euros pièce, sans les cours de pilotage, ni les pièces de rechange, ni les armements, ni les options, ni les ateliers de maintenance, ni les modifications techniques exigées par les Américains qui fournissent nombre de composants électroniques, etc.

War room à l'Élysée

Ce bel avion n'a que deux problèmes : il dérange considérablement ses concurrents américains qui sont prêts à tous les efforts pour l'évincer des marchés, tandis que les Français (industriels et administrations) n'arrivent pas à se mettre d'accord pour proposer aux clients éventuels les meilleures conditions de vente. Au point d'offrir souvent un front ridiculement désuni devant les clients, comme on l'a constaté au Maroc à l'automne dernier, où le Rafale s'est fait souffler le marché par le F-16 américain .

Donc, depuis un an, Nicolas Sarkozy a entrepris de vendre le Rafale, mais pas seulement. Tel industriel en vue nous racontait comment, alors qu'il attaquait sa complète jambon-fromage dans une crêperie bretonne un samedi soir après l'turbin, il fut étonné de recevoir un appel du Château lui rappelant quelques consignes... qui auraient peut-être pu attendre le lundi matin. Mais non, tout le monde sur le pont ! Donc, une war room a été installée à l'Élysée, qui rassemble les principaux responsables français des ventes d'armes, chaque fois que le besoin s'en fait sentir.

Et l'Élysée ne ménage pas ses efforts : Claude Guéant et l'amiral Édouard Guillaud, chef de l'état-major particulier, sont souvent en mission pour rappeler aux chefs d'État ou à leurs proches collaborateurs que la France est prête à s'engager dans des contrats d'État à État. C'est de cette manière que la construction d'une base interarmées française à Abu Dhabi, aux Émirats arabes unis, a été décidée et qu'une autre décision se prépare, également aux Émirats : l'implantation sur place d'une antenne de l'Institut des hautes études de la défense nationale (IHEDN).

Désirs élyséens, réalités économiques

L'annonce par les Émirats d'une possible commande de 63 Rafale - début des livraisons en 2012, si l'affaire se confirme - n'est donc pas un événement isolé. S'il faut, pour vendre les Rafale, que la France rachète des Mirage en service dans certaines armées, elle le fera, insiste Claude Guéant : "On vend [les Rafale], mais c'est clair que les pays qui ont des Mirage 2000 - qui ne sont pas toujours vieux d'ailleurs - souhaitent les revendre, et nous allons les aider à le faire." Dans ce cas précis, c'est la Grèce - son armée de l'air possède des Mirage 2000 - que le premier collaborateur du Président a en tête. Quand Nicolas Sarkozy s'est rendu à Athènes il y a quinze jours sur le chemin de Beyrouth, il avait les Rafale en tête. Et les frégates FREMM avec leurs missiles de croisière également, certes. Mais surtout les Rafale. Même si la compétition sera rude contre l' Eurofighter Typhoon qui a déjà écrasé l'avion français en Arabie saoudite et lui est opposé sur plusieurs autres marchés, l'Inde et la Suisse notamment. D'autres pays sont intéressés par l'appareil de Dassault, dont la Libye, avec quelques exemplaires pour compléter la flotte nombreuse qu'elle se prépare à acquérir en Russie.

Claude Guéant n'est pas vraiment du genre à vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Pourtant, en matière de ventes d'armes, il faut du temps, et l'achat de Rafale était déjà évoqué par les Émirats en 1995, avant qu'ils optent pour le Mirage 2000 ! Il faut donc prendre ces déclarations avec précaution. Même si les choses bougent indiscutablement, il serait prématuré de prendre les désirs élyséens pour des réalités économiques. Et quand bien même les contrats sont signés ou en passe de l'être, il faut savoir se méfier du contre-ordre. La mésaventure qui survient aux ravitailleurs vendus par Airbus et Northrop à l'US Air force, qui se voit contrainte de reprendre à zéro la compétition contre Boeing, vient le rappeler fort à propos.

 

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Publié le 17/01/2007 N°1780 Le Point

Maghreb - Rafale pour le Maroc ?

La France est entrée dans une phase active de négociations avec le royaume du Maroc, qui souhaite acquérir douze avions Rafale et signer une option sur six autres. De source proche du consortium industriel produisant l'appareil (Dassault, Thales, Safran), on espère une signature de contrat dans les douze mois qui viennent. Selon nos informations, le budget nécessaire à l'acquisition de cette flottille se monte à environ 2,5 milliards d'euros.

Les Marocains, qui ne disposent pas des budgets nécessaires, devraient se tourner vers des monarchies pétrolières « amies ». Rien n'est encore fixé, mais il pourrait s'agir d'Abou Dhabi et de l'Arabie saoudite. Concernant Riyad, le roi Abdallah financerait son soutien à Mohammed VI sur sa cassette personnelle, afin - indique-t-on de très bonne source à Paris - de ne pas indisposer l'Algérie. On veut croire sur les bords de la Seine que cette modalité pourrait illustrer la volonté d'Abdallah de « consoler » les Français, qui se sont fait souffler le marché des avions de combat par les Britanniques. S'il n'est pas rare que des pays exportateurs financent eux-mêmes l'exportation d'armements, un achat pour le compte d'un pays tiers est beaucoup moins fréquent.

L'acquisition récente par Alger d'une aviation moderne et puissante en Russie, qui livrera, d'ici à 2010, 37 chasseurs Mig-29 et 28 SU-30, motive pour une large part la volonté du royaume de renforcer sa propre armée de l'air. Le Maroc a déjà entrepris la rénovation de sa flotte de 28 Mirage F1, confiée à un GIE composé de Thales et de Safran, et disposera donc, d'ici quelques mois, d'une puissance significative pour des attaques au sol. L'achat d'un avion multirôle comme le Rafale doterait en outre Rabat d'une forte capacité air-air qui équilibrerait la montée en puissance de l'armée de l'air algérienne. Paris estime que les marchés d'armement vont croître en Afrique du Nord, et espère en remporter une bonne partie

 

 

Publié le 08/10/2008 à 16:20 - Modifié le 08/10/2008 à 16:28 Le Point.fr

Des Rafale flambant neufs pour les Émirats, les vieux Mirage 2000-9 pour l'armée de l'air française

Jean Guisnel

 

Le résumé de l'épisode précédent tient en quelques lignes contenues dans le Livre blanc de la défense et de la sécurité , datant de juin dernier : "La composante aérienne de combat sera modernisée pour disposer d'un parc homogène de 300 avions polyvalents de type Rafale et Mirage 2000 D, dont 270 en ligne." L'important, ici, étant les Mirage 2000 D. Comme l'explique le site de la Délégation générale pour l'armement , cet appareil est "capable de mettre en oeuvre la plupart des armements air-sol classiques, des armements guidés laser et le missile Apache. Le Mirage 2000 D a toutefois bénéficié des avancées technologiques avec la modernisation de certains équipements avioniques (radars Antilope 5 modernisés) et du cockpit avec des écrans de visualisation complémentaire".

On l'a compris, c'est un avion d'attaque air-sol, affecté aux trois escadrons de chasse 1/3 "Navarre", 2/3 "Champagne" et 3/3 "Ardennes" de la base aérienne 133 de Nancy-Ochey. L'idée du Livre blanc est de faire moderniser ces avions par Thales, pour les doter d'une capacité de combat air-air contre les autres avions, en sus de leur capacité air-sol. Sauf que la modernisation de ces appareils pourrait bien être rapidement démentie par une opération commerciale en cours.

Dassault : "Une affaire qui concerne les armées et le gouvernement"

Souvenons-nous que le 5 juin dernier, le président Nicolas Sarkozy confirmait une déclaration officielle des Émirats arabes unis qui avaient annoncé le même jour leur intention d'acheter 60 exemplaires de l'avion de combat Rafale. Depuis un semestre, les négociations vont bon train, car les Émiratis disposent depuis le début de la décennie d'une magnifique flotte de la version la plus élaborée et la plus moderne du Mirage 2000, le Mirage 2000-9. Celui-ci dispose de la double capacité air-air et air-sol, celle-là même dont disposera le Mirage 2000-D après sa modernisation. Le Mirage 2000-9 se trouve être doté d'une capacité qui avait en son temps ulcéré les Américains : il peut tirer le missile Black Shaeen, version locale du Storm Shadow/SCALP EG.

Or, les Émiratis, qui ne sont pas des apprentis négociateurs et savent le prix que l'Élysée porte à la vente du Rafale, ont mis aux Français le marché suivant en mains : on vous achète votre Rafale, mais vous nous reprenez nos vieux Mirage 2000-9. Dans le cadre de ce contrat d'État à État, Paris n'est pas contre une éventuelle reprise, mais entend bien revendre ces avions à d'autres. Au Pakistan, par exemple. Sauf que dans le contexte actuel, c'est difficilement envisageable. Trop déstabilisant, notamment aux yeux des Américains. Une source très au fait de ce dossier affirme que "le Pakistan n'est pas le seul client potentiel, d'autres possibilités sont ouvertes", avant de démentir ce que d'autres sources nous confirment : au moment où les Émiratis vont disposer de Rafale dernier cri, c'est bien l'armée de l'air française qui pourrait se voir contrainte de reprendre les Mirage 2000-9 d'occasion.

 

Publié le 15/12/2008 à 14:34 Le Point.fr

Contrat d'entretien à long terme pour le Rafale

par Jean Guisnel

Jusqu'à présent, les armées assuraient seules, pour l'essentiel, le bon fonctionnement des matériels qu'elles achetaient. Aujourd'hui, c'est un peu plus compliqué que cela, comme l'illustre le contrat sur dix ans passé entre Dassault Aviation et la SIMMAD (Structure intégrée de maintien en condition opérationnelle des matériels aériens du ministère de la Défense) pour que les 120 avions de combat Rafale actuellement commandés et/ou livrés pour la Marine et l'Armée de l'air soient le plus souvent possible en bon état de fonctionnement. Rappelons que l'entretien des avions coûte plus cher lors de leur entrée en service que durant leur vie opérationnelle, avant de s'accroître fortement au rythme de leur obsolescence.

Concrètement, le contrat intitulé Rafale Care va permettre que les objectifs fixés par l'État en termes de disponibilité opérationnelle (100 % en opérations extérieures et moins en France) et de coût de l'heure de vol du Rafale, soit entre 12.000 et 13.000 euros , puissent être ainsi respectés. Chez Dassault on insiste sur le fait que, bien que le Rafale soit un bimoteur nettement plus gros que le Mirage 2000, les coûts de maintenance sont seulement de 15 à 20 % plus élevés. Ce contrat, souligne l'industriel, s'inscrit dans la démarche exigée par l'État dans le décret n° 2006-1551 du 7 décembre 2006 .

Souvenons-nous que le 5 juin dernier, le président Nicolas Sarkozy confirmait une déclaration officielle des Émirats arabes unis qui avaient annoncé le même jour leur intention d'acheter 60 exemplaires de l'avion de combat Rafale. Depuis un semestre, les négociations vont bon train, car les Émiratis disposent depuis le début de la décennie d'une magnifique flotte de la version la plus élaborée et la plus moderne du Mirage 2000, le Mirage 2000-9. Celui-ci dispose de la double capacité air-air et air-sol, celle-là même dont disposera le Mirage 2000-D après sa modernisation. Le Mirage 2000-9 se trouve être doté d'une capacité qui avait en son temps ulcéré les Américains : il peut tirer le missile Black Shaeen, version locale du Storm Shadow/SCALP EG.

Or, les Émiratis, qui ne sont pas des apprentis négociateurs et savent le prix que l'Élysée porte à la vente du Rafale, ont mis aux Français le marché suivant en mains : on vous achète votre Rafale, mais vous nous reprenez nos vieux Mirage 2000-9. Dans le cadre de ce contrat d'État à État, Paris n'est pas contre une éventuelle reprise, mais entend bien revendre ces avions à d'autres. Au Pakistan, par exemple. Sauf que dans le contexte actuel, c'est difficilement envisageable. Trop déstabilisant, notamment aux yeux des Américains. Une source très au fait de ce dossier affirme que "le Pakistan n'est pas le seul client potentiel, d'autres possibilités sont ouvertes", avant de démentir ce que d'autres sources nous confirment : au moment où les Émiratis vont disposer de Rafale dernier cri, c'est bien l'armée de l'air française qui pourrait se voir contrainte de reprendre les Mirage 2000-9 d'occasion.

Du côté des aviateurs, cette éventualité ne suscite qu'un silence radio. Et chez Dassault, on remarque simplement : "C'est un contrat d'État à État, donc une affaire qui concerne les armées et le gouvernement, pas nous." Selon nos informations, le sujet pourrait être abordé assez rapidement en conseil de défense, l'instance présidée par le chef de l'État, dont les dates de réunion et l'ordre du jour sont tenus secrets.

Du côté des aviateurs, cette éventualité ne suscite qu'un silence radio. Et chez Dassault, on remarque simplement : "C'est un contrat d'État à État, donc une affaire qui concerne les armées et le gouvernement, pas nous." Selon nos informations, le sujet pourrait être abordé assez rapidement en conseil de défense, l'instance présidée par le chef de l'État, dont les dates de réunion et l'ordre du jour sont tenus secrets.

 

 

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