Avertir le modérateur

13/04/2009

vente drones israël russie


La nouvelle est capitale et elle en cache une autre...

Pour le premier contrat militaire entre les deux pays Israël a donc vendu un nombre indéterminé de drones à la Russie. Ces petits avions sans pilote, armés ou non, mais souvent lestés d'une caméra vidéo, sont indispensables pour observer sans danger le terrain de l'ennemi. Au-dessus de l'Irak ou de la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan - sans oublier les territoires palestiniens, où l'armée israélienne a perfectionné sa technologie - leur utilisation est de plus en plus répandue. Or les généraux russes ont été impressionnés, semble-t-il, durant la guerre d'août 2008 avec la Géorgie, par la qualité des drones que les autorités de Tbilissi avaient acquis auprès d'Israël.

Selon le quotidien israélien Haaretz, l'Etat juif aurait accepté de vendre ses drones à la Russie car celle-ci a bien voulu renoncer à livrer à l'Iran des systèmes de missiles antiaériens de type S-300. Cette arme intéressait beaucoup les dirigeants de Téhéran car elle serait utile en cas d'attaque aérienne (israélienne, par exemple) contre les installations nucléaires iraniennes. Les S-300 sont capables d'atteindre un avion à 30 km de hauteur, et leur portée est de 150 km.

Mais la nature particulière de la vente ajoute du piment à l'affaire. En confirmant la signature du contrat, vendredi 10 avril, le vice-ministre russe de la Défense, Vladimir Popovkine, a cru bon de souligner que son pays n’achetait pas ces drones "pour faire la guerre (...) L’essentiel est d’en tester les possibilités".

En tester les possibilités? Les dépêches en anglais sont plus explicites: l'objectif de Moscou est "d'étudier" les appareils israéliens afin "d'aider" à "améliorer" les drones russes. Ces derniers datent des années 1970-1980 et ne correspondent pas aux exigences modernes.

En clair, Israël autorise la Russie à copier sa technologie ou, à tout le moins, à s'en inspirer. Et Moscou le reconnaît ouvertement.

L'un et l'autre font une bonne opération. Israël a obtenu que les fameux S-300 ne soient pas livrés à l'Iran. Et la Russie, deuxième marchand d'armes du monde derière les Etats-Unis, s'est offert les moyens d'un bond techologique de taille, pour un montant évalé par les médias russes à 50 millions de dollars. Un vrai cadeau, dans ce domaine. Enfin et surtout, la Russie accroît ainsi l'isolement de l'Iran, son principal concurrent sur le marché du gaz. Et dire qu'il a été question, en 2006, d'un partenariat stratégique entre les deux pays...

Pour Israël comme pour la Russie, cela ne fait aucun doute: ce premier contrat militaire est bel et bien "gagnant, gagnant"!

Article rédigé par M. Epstein

drone malat-450.jpg

En 2008 déjà :

MOSCOU - La Russie négocie l'achat de drones de reconnaissance israéliens, a annoncé mardi le chef d'état-major russe Nikolaï Makarov, confirmant les informations du quotidien Kommersant, qui assure

que Moscou veut parer à une faiblesse relevée durant

la guerre en Géorgie.

"Il est question d'acheter à l'essai un lot de drones israéliens", a déclaré

le général Makarov, cité par l'agence russe Interfax.

"Si notre industrie est incapable de produire rapidement les drones

dont nous avons besoin, alors c'est aussi possible que nous achetions en Israël un premier lot", a-t-il ajouté.

Dans son édition de mardi Kommersant avait révélé que le général

Vladimir Popovkine s'était rendu dans l'Etat hébreux fin novembre pour

des pourparlers à ce sujet avec le ministère israélien de la Défense et

la société produisant ces drones, Israël Aerospace Industries (IAI).

Kommersant, citant un responsable de l'industrie militaire russe,

assure qu'"un contrat pour la production de drones sera

certainement attribué à IAI".

Et selon un responsable du ministère israélien de la Défense, la décision

a déjà "été prise au plus haut niveau, mais l'avenir du contrat fait

toujours l'objet de négociations".

Kommersant indique que la presse israélienne estime le contrat à entre

10 et 12 millions de dollars (7,3-8,7 millions d'euros), mais le

quotidien russe juge que le prix pourrait finalement être beaucoup

plus élevé.

Les experts militaires estiment que la Russie manque cruellement de

drones efficaces et qu'elle s'en est rendue compte lors de la guerre

en Géorgie.

Tbilissi a utilisé largement ce type d'armement, acheté en I

sraël, notamment lors d'une attaque qui blessa le commandant des

troupes russes dans le Caucase, le général Anatoli Khroulev,

faisait remarquer après la guerre l'analyste militaire russe Pavel

Felgenhauer.

"Nos militaires n'avaient pas de drones efficaces lors de l'invasion

de la Géorgie, c'est une situation qu'il faut changer", notait

M. Felgenhauer, qui écrit pour le journal russe Novaïa Gazeta.

Kommersant juge pour sa part que l'armée russe "travaillait presque

en aveugle" en Géorgie.

"En comparaison avec le matériel analogue étranger, nos drones ne sont

pas d'hier mais d'avant-hier. Le plus célèbre, le Pchela-1, a été

développé dans les années 1980", relève dans Kommersant

Denis Fedoutinov, le rédacteur en chef du site spécialisée UAV.ru.

Selon Kommersant, c'est la perspective de la signature d'un contrat

pour l'achat de drones qui a conduit Moscou à ne pas critiquer Israël

pour ses ventes d'armes à la Géorgie, alors que la Russie s'en était

prise vertement à l'Ukraine.

(©AFP / 16 décembre 2008 11h16) http://lessakele.over-blog.fr/article-25871018.html

hermes_gcs_guide.jpg

 

MOSCOU, 13 mai - RIA Novosti. L'Abkhazie (république autoproclamée sur le territoire géorgien) invite l'Organisation des Nations Unies (ONU) évaluer objectivement les vols de drones géorgiens au-dessus de son territoire, a déclaré mardi le ministre abkhaz des Affaires étrangères Sergueï Chamba.

"Notre confiance à l'égard des médiateurs, notamment de l'ONU, sera rétablie s'ils répondent à plusieurs questions. Ils doivent d'abord exprimer leur position à l'égard des vols des drones et commenter les informations selon lesquelles ils étaient au courant", a indiqué M.Chamba après la destruction de deux autres drones au-dessus de l'Abkhazie le 12 mai qui porte à sept le nombre des drones Hermes-450 géorgiens détruits par la DCA abkhaze depuis début mars (un le 18 mars, un autre le 20 avril, deux le 4 mai dernier, un le 8 mai et deux le 12 mai) dans la zone du conflit abkhazo-géorgien.

L'Abkhazie fera confiance à l'ONU si cette organisation adopte une position objective dans le conflit abkhazo-géorgien et explique si les ententes abkhazo-géorgiennes permettent aux drones géorgiens de survoler le territoire abkhaz, a ajouté le ministre.

L'ONU n'a pas évalué objectivement les actions de la Géorgie, de l'avis de M.Chamba. "Il s'agit des vols aériens, mais aussi de l'introduction des troupes géorgiennes dans les gorges du Kodori qui déstabilise la situation", a-t-il précisé. Le 23 avril dernier, le Conseil de sécurité de l'ONU a examiné la situation en Abkhazie. Toutefois, aucune résolution n'a été adoptée.

Les drones Hermes 450 fabriqués par la société israélienne Silver Arrow sont destinés à effectuer des missions de surveillance, de patrouille, de reconnaissance et d'assistance au tir. L'utilisation de matériaux composites rend les Hermes 450 peu repérables par les radars. Le 22 avril dernier, le président géorgien Mikhaïl Saakachvili a annoncé au New York Times que la Géorgie avait acheté 40 drones.

L'ancienne république autonome d'Abkhazie a proclamé son indépendance envers la Géorgie après la chute de l'URSS en 1991. Des affrontements meurtriers ont opposé les Abkhazes aux forces militaires géorgiennes à partir de 1992 et n'ont cessé qu'après l'intervention d'une force collective de maintien de la paix constituée de soldats russes en vertu d'une décision spéciale de la Communauté des États indépendants (CEI). Les négociations entre la Géorgie, qui offre une large autonomie à Soukhoumi, et la république autoproclamée d'Abkhazie, qui réclame la reconnaissance internationale de son indépendance à l'égard de Tbilissi, ont été interrompues en 2006.

hermes_450_elbit.jpg

 

hermes_450_shot 1.jpg

drones 2.JPG

 

 

 

 

 

Le Hermes 450 du constructeur aéronautique israelien Elbit Systems est un drone de taille moyenne de type MALE (Medium Altitude Long Endurance)

Il peut voler pendant 20 heures pour des missions de reconnaissance, de surveillance et de relais de communications.

Le Hermes 450 a été utilisé par le Département de la Défense américain dans le cadre du Joint Unmanned Aerial Vehicles Test and Evaluation Program [1] . Deux modèles ont été testés par le controle des frontières U.S. en 2004. Il sert de base au projet britannique du Watchkeeper WK450 qui a démarré en juillet 2005 avec la société Thales

L'armée de l'air israélienne (Heyl Ha Avir) utilise des drones a partir de la base aérienne de Palmachin située au sud de Tel Aviv. Elle a transformé des Hermes 450 en drones de combat les équipant de 2 missiles antichar AGM-114 Hellfire ou selon certaines sources, de missiles israéliens. Si leur usage intensif en version drones de combat a été rapporté par des sources concordantes durant le conflit israélo-libanais de 2006, la Heyl Ha Avir n'a, y compris durant la guerre de Gaza 2008-2009, ni confirmé, ni infirmé cette utilisation.

Des Hermes 450 ont aussi été commandés par la Croatie, Singapour, la Géorgie. Un Hermes 450 géorgien en mission d'observation a été abattu par un MiG-29 russe le 18 mars 2008.

Un article du Figaro, datant du 6 juin 2008, nous apprend que les ministères de la Défense français et espagnol ont été démarchés par un "consortium européen" d’industriels en aéronautique composé par Dassault Industrie, Thales et Indra.

D’après cet article : « Cette offre pragmatique et très compétitive permettrait aux deux pays, qui ont les mêmes besoins opérationnels, de s’équiper chacun, à très court terme, d’un système de drones longue endurance de surveillance de théâtre. Les premiers systèmes pourraient être opérationnels dès 2012 ».

Ces drones s’appuient sur la conception du HERON TP. Ce projet date de 2002, comme en témoigne le rapport n° 215 du Sénat du 22 février 2006 : "Le Système EuroMALE : la DGA a émis envers EADS un appel d’offre pour les études de conception du futur système de drones MALE, de réalisation d’un système de démonstration, d’évaluation d’une solution technique, ainsi que de la préparation du stade de réalisation du programme le 24 février 2005. Cet appel d’offre s’inscrit dans le cadre du programme MALE, lancé par la DGA fin 2002, dont il constitue le stade de conception. Une estimation du coût global du système futur sur une hypothèse de fourniture de 40 drones en Europe a été demandée. La configuration de référence du programme EuroMALE le situe dans la classe des deux milliards d’euros. Le montant final dépendra de la configuration agréée entre les nations participantes".

Dans une logique de modernisation de l’armée, "Le Livre blanc préconise aussi une utilisation accrue des drones (avions sans pilote) pour les missions de surveillance et de drones armés, en complément des avions de combat" (La Tribune). Il y a donc bien une rupture de doctrine au sein du ministère de la Défense, déjà annoncée dans le rapport du Sénat : "Le lancement de ce projet a constitué une rupture avec la doctrine antérieure du ministère français de la Défense, qui considérait ces engins trop coûteux pour notre pays : c’est pourquoi ce projet ne figure pas dans la loi de programmation militaire 2003/2008".

La page semble donc belle est bien tournée. La logique de guerre est aux mains des entreprises technologiques. En choisissant l’option de l’observation "sans risque", le choix d’équiper les armées européennes de ces nouveaux matériels vont définitivement sceller la politique d’intervention dans les futurs théâtres d’opération, comme nous l’indique cette phrase tirée du rapport du Sénat : "il semble probable que ces engins seront utilisés en complémentarité des avions pilotés, pour effectuer des missions de suppression des défenses ennemies et d’attaque sur des cibles très défendues, lors des combats brefs, mais de haute intensité qui caractérisent les affrontements militaires actuels, et à venir. Ils facilitent l’évaluation des dommages infligés à l’ennemi".

Le principe d’une intervention "propre" ne nécessitant pas l’exposition de personnel terrestre "au contact direct" de l’adversaire peut faire passer celle-ci, par un rapide raccourci, à un "progrès". Mais cela reste une guerre. De là à faire mentir l’adage "Si vis pacem Parbellum"... il n’y a qu’un pas que ceux qui oseront toujours tout franchissent allègrement.

Il semblerait que l’utilisation des drones ne soit pas réservée exclusivement aux théâtres d’opérations extérieurs. En cas de "crise majeure" (terme utilisé dans le Livre blanc), ils auraient aussi un rôle à jouer.


Lien article Figaro
Lien Rapport Sénat
Lien La Tribune

Lien article Drone sur Agoravox

Lien HERON TP

17:16 | Lien permanent | Commentaires (2) |

Commentaires

C'est très impressionant mais au vue du soutien amercain à Israel, on comprends très vite !

Écrit par : H | 28/05/2009

En fait ce serait pour des raisons techniques :

Les drones achetés à Israël ne doteront pas l'Armée russe (défense)
18:03 | 19/ 05/ 2009


MINSK, 19 mai - RIA Novosti. Les drones achetés à Israël ne sont pas destinés à doter l'Armée russe, a déclaré mardi à Minsk Anatoli Issaïkine directeur général de l'Agence russe d'exportation d'armements (Rosoboronexport).

"La quantité de drones (Unmanned Aerial Vehicles ou aéronefs sans pilote) achetés en Israël à titre d'essai n'est pas suffisante pour équiper l'Armée russe", a indiqué M.Issaïkine.

Auparavant, le ministre russe de la Défense Anatoli Serdioukov et le chef de l'Etat-major général des Forces armées russes Nikolaï Makarov avaient annoncé l'achat par la Russie d'une certaine quantité de drones israéliens.

M.Issaïkine a précisé que les drones achetés étaient destinés à l'examen de leurs performances techniques afin de mettre au point les UAV russes modernes.

Selon le directeur général, la coopération globale sur le marché des armements ne permet pratiquement pas à un Etat de mettre au point à lui seul une nouvelle arme. Ceci vaut également pour les drones. M.Issaïkine a noté à cet égard que, s'agissant de la création des UAV les plus récents, la Russie est prête à coopérer avec tous les partenaires intéressés, y compris avec la Biélorussie qui possède un potentiel scientifique et industriel suffisant pour la création de ce type de matériel.



publié le 21/05/2009 à 15:50, Reuters

MOSCOU, 21 mai (Reuters) - Israël livrera dès cette année des drones - avions sans pilote - à l'armée russe, a déclaré jeudi le vice-ministre russe de la Défense Vladimir Popovkine à l'agence de presse Interfax.

La presse russe a rapporté en avril que Moscou avait signé un accord pour l'achat de trois types différents de drones auprès de la première société de défense israélienne, Israel Aerospace Industries, pour environ 50 millions de dollars.

C'est le premier marché de ce type entre Israël et la Russie.

"Les livraisons commenceront cette année", a dit Popovkine.

Selon un industriel israélien, les généraux russes ont été impressionnés, durant la guerre d'août dernier contre la Géorgie, par la qualité des drones que les autorités de Tbilissi avaient acquis auprès d'Israël.

Le Premier ministre Vladimir Poutine, qui est soucieux de moderniser l'armée russe, a déclaré que la crise financière n'affecterait pas les achats de nouveaux matériels militaires. (Conor Humphries, version française Guy Kerivel)

Écrit par : E-fred | 29/05/2009

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu