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28/04/2009

La justice française avec le FBI

Terrorisme : le front commun des juges français et du FBI

Jean-Marc Leclerc
27/04/2009 | Mise à jour : 14:15
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Les spécialistes américains viennent à Paris pour renforcer leur coopération dans le cadre des enquêtes sur les filières afghanes.

Plusieurs agents du FBI et un procureur de New York doivent débarquer cette semaine en France. Ces hôtes de marque seront accueillis par les juges du pôle antiterroriste parisien que coordonne le vice-président du tribunal de grande instance de Paris, Yves Jannier. But de la visite : intensifier la coopération transatlantique sur les dossiers islamistes. Dans la droite ligne des nouvelles consignes données par l'Administration Obama pour lutter contre al-Qaida. Car, en coulisse, des stratégies innovantes se mettent en place depuis la rencontre au sommet de l'Otan, à Strasbourg, entre les présidents français et américain.

 

Visioconférence cryptée

Un magistrat antiterroriste le dit : «Avec l'arrivée d'Obama, tout a changé dans la façon de travailler avec nos homologues d'outre-Atlantique.» Les réunions techniques se multiplient entre les experts des deux pays. La semaine dernière, des équipes françaises étaient à l'ambassade des États-Unis à Paris pour échanger en direct des informations avec leurs collègues américains, au cours d'une visioconférence cryptée. Une cabine spéciale du même type a été installée au palais de justice de Paris, juste en face de la galerie antiterroriste, dans les soupentes du tribunal.

Les Américains s'intéressent surtout aux dossiers des filières afghanes instruits par la galerie Saint-Éloi, celle des juges antiterroristes. Ces réseaux sont composés de jeunes islamistes qui partent d'Europe ou d'ailleurs pour se former au djihad sur la frontière pakistano-afghane. On en compte plusieurs dizaines issues de l'Hexagone. La France et les États-Unis ont visiblement des «objectifs» en commun dans ces affaires. Les magistrats parisiens disposent en effet d'informations précieuses. «Et surtout, exploitables au plan judiciaire pour les Américains», révèle un fin con­naisseur des procédures.

A en croire certaines confidences à la Chancellerie, la justice américaine, soucieuse de faire oublier le fiasco de Guantanamo (lire ci-dessous), aimerait tirer profit du savoir-faire parisien pour faire condamner aux États-Unis, dans un procès équitable, des activistes encore en fuite qui ont fomenté des attentats contre leurs intérêts fondamentaux ou qui combattent contre leurs troupes en Afghanistan. Or certains de ces individus apparaissent aussi dans les dossiers de la justice française.

 

«État de droit»

«C'est la méthode Bruguière qui fait finalement recette aux États-Unis», traduit un fonctionnaire du Quai d'Orsay. Jean-Louis Bruguière, ancien patron du pôle antiterroriste parisien, militait pour un traitement judiciaire du renseignement. En clair : les services doivent re­cueillir en priorité des informations utiles aux procédures légales. «C'est la seule façon de mettre hors circuit ces réseaux dans un État de droit», affirme un haut magistrat.

Jean-Louis Bruguière, aujourd'hui haut représentant de l'Union européenne auprès des États-Unis pour la lutte contre le financement du terrorisme, en prend acte : «Les États-Unis sont sur la voie de la réforme.» Ils ont créé une structure centralisée antiterroriste au sein de leur Département de la justice. Le FBI a aussi renforcé ses relations avec la DCRI, service du contre-terrorisme français.

 

Publié le 12/03/2009 N°1904 Le Point

« Comment on traque les terroristes »

Exclusif. Le chef du contre-espionnage ­dévoile au « Point » les secrets de sa méthode.

Hervé Gattegno

Les professionnels du secret s'expriment peu ; ils s'efforcent généralement de faire parler les autres. Bernard Squarcini est de ceux-là. Subtil et flegmatique, le chef du contre-espionnage français est l'un des hommes clés du dispositif policier de Nicolas Sarkozy. Né de la fusion de la DST et des Renseignements généraux, le service qu'il dirige - la DCRI - est au coeur de la lutte contre le terrorisme. La partie immergée de son action suscite parfois des critiques - comme l'a montré l'affaire des sabotages de voies ferrées, avec les interpellations de Julien Coupat et de sympathisants de l'ultragauche. Bernard Squarcini s'en explique pour la première fois, en livrant au Point l'ébauche d'une doctrine française de l'antiterrorisme qui tient en trois verbes : détecter, surveiller, anticiper. Une vigilance qui a permis, à la fin de 2008, d'empêcher un attentat islamiste en préparation contre... le siège de la DCRI !

Le Point : L'enquête sur les sabotages de voies ferrées et l'interpellation d'un groupe de militants d'ultragauche ont provoqué une controverse sur le rôle de la DCRI et la réalité de la menace qu'il représentait. Cette affaire relevait-elle réellement de l'antiterrorisme ?

Bernard Squarcini : Ce n'est pas à la police d'apprécier les qualifications pénales retenues contre ces suspects, mais à la justice. Le cadre juridique a été choisi par le parquet, l'enquête est menée par un juge d'instruction, qui a prononcé des mises en examen. La DCRI surveilait ces individus depuis longtemps. Nous savions ce qu'ils faisaient, avec qui ils étaient en contact - en France et à l'étranger. Assez pour savoir que ce groupe se situait dans les prémices de l'action violente ; le stade où les choses peuvent basculer à tout moment.

Autrement dit, vous êtes intervenus préventivement. D'où le reproche qui vous est adressé sur l'absence de preuves ...

J'assume ce qui a été fait. Notre mission consiste à détecter les personnes dont le comportement présente des risques pour l'Etat et la société, à les surveiller pour anticiper le moment où elles seront tentées de passer à l'acte et à intervenir pour éviter des drames. Que les citoyens soient rassurés : nous ne fabriquons pas de dossiers ! Dans l'affaire de Tarnac, il n'y a pas de délit d'opinion mais un long travail de renseignement. Le problème, c'est que nous avons dû l'interrompre quand la SNCF a déposé plainte : on ne pouvait pas laisser se multiplier des actions qui bloquaient des milliers de passagers dans les gares... Quand le ministère de l'Intérieur et la justice nous l'ont demandé, nous avons communiqué nos éléments. Ils sont dans le dossier du juge. C'est pourquoi je peux vous dire qu'il n'est pas vide...

Mais qualifier ces jeunes marginaux de « terroristes », n'est-ce pas exagérer la nature de leur activisme ?

Nous sommes là au coeur du sujet. Une série de clignotants nous alertent depuis quelques années sur la montée d'une contestation anarcho-autonome que les émeutes étudiantes de l'été dernier en Grèce ont mise en évidence. Dans nos pays occidentaux, le climat social et la crise économique incitent de jeunes gens incontrôlés à basculer dans la violence. Jusqu'où faut-il les laisser aller ? Il y a trente ans, avant de commettre des assassinats, Action directe avait commencé par faire sauter un bâtiment du CNPF [le Medef de l'époque]. Aujourd'hui, chaque sommet international donne lieu à des affrontements de plus en plus durs avec les forces de l'ordre. Nous nous préparons à en voir de nouveaux au sommet de l'Otan, les 3 et 4 avril à Strasbourg. Notre travail est de prévenir ces dérives et de neutraliser ceux qui pourraient en être responsables.

Est-il sain qu'un même service soit chargé du renseignement intérieur et doté d'une compétence judiciaire ? Le fameux « FBI à la française » est-il compatible avec le modèle français ?

Dans l'enquête sur les sabotages contre la SNCF, nous avons travaillé en collaboration avec la PJ. Tout a été fait dans les règles de l'art. D'une façon générale, nos informations ont vocation à être exploitées par d'autres. Notre compétence judiciaire, nous l'utilisons surtout pour suivre jusqu'au bout les dossiers liés au terrorisme islamiste - qui constitue toujours, et de loin, la principale menace.

A quel niveau estimez-vous cette menace ?

Nous restons au stade Vigipirate rouge : cela signifie que nous sommes ciblés de façon importante - sur notre territoire aussi bien qu'à travers nos intérêts à l'étranger. Le terrorisme a changé de visage : nous ne luttons plus contre des réseaux soutenus par des Etats - Iran, Libye, Syrie... - mais contre un fanatisme religieux qui peut recruter des individus sur notre sol ou frapper nos ressortissants n'importe où dans le monde. L'attaque de nos soldats en Afghanistan, en août 2008, l'a cruellement prouvé ; elle a été suivie d'une communication d'Al-Qaeda qui, pour la première fois, s'adressait à la France. Avec un message clair : « Nous n'avons rien contre votre pays, mais faites partir vos troupes. » Les enlèvements de Français en Mauritanie ou au Mali le montrent aussi. Sans parler des actions que nous parvenons à déjouer.

Des tentatives d'attentats ?

C'est arrivé.

Souvent ?

Les service de renseignement sont au centre opérationnel d'une immense gare où tous les trains doivent arriver à l'heure. Quand tout marche bien, on n'en parle pas. Mais il faut savoir que, dans l'ombre, nous mettons en place - pendant des mois, parfois des années - les systèmes de détection, les dispositifs de surveillance qui permettent d'agir au bon moment. Notre obsession est d'anticiper, c'est-à-dire de neutraliser les terroristes avant qu'ils frappent. Nous n'allons pas attendre que les bombes explosent et ensuite relever les empreintes ! Si j'ose dire, nous faisons tout pour arriver trop tôt : au moment où il y a commencement d'exécution, c'est-à-dire juste avant l'attentat.

Confirmez-vous que la DCRI a démantelé, à la fin de l'année dernière, un réseau islamiste qui fomentait un attentat dans la région parisienne ?

C'est exact. A la mi-décembre, nous avons interpellé (avec la section antiterroriste de la PJ) un groupe lié à Al-Qaeda au Maghreb islamique (AQM) qui projetait de faire sauter une voiture piégée contre notre immeuble, à Levallois-Perret. Plusieurs membres de cette mouvance ont été interpellés. La justice est saisie. Celui qui apparaît comme l'organisateur est en prison. Un tel succès n'est possible que grâce aux surveillances que nous menons depuis longtemps sur des réseaux suspects. Parce qu'avant d'arriver à l'attentat les futurs terroristes communiquent via Internet, se forment, effectuent des repérages. Si nous arrivons à les suivre pas à pas jusqu'au passage à l'acte, nous gardons une longueur d'avance. D'où notre vigilance permanente sur les filières de départ pour l'Afghanistan : pour les djihadistes en cours de formation, c'est souvent le lieu des travaux pratiques. A leur retour, chacun d'eux représente un danger potentiel.

Faut-il comprendre que chaque départ empruntant ces filières est détecté par nos services secrets ?

Disons la plupart. Nous ne surveillons pas seulement des personnes, mais aussi des lieux qui peuvent être des points de passage. On ne part jamais directement pour l'Afghanistan. On fréquente une mosquée, une école coranique, un site Internet et, si on franchit le pas, on part pour l'étranger, d'où on emprunte un circuit clandestin qui passe par l'Iran ou la Turquie. La destination la plus prisée aujour­d'hui, c'est le Waziristan, la zone frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan, avec ses nombreux camps d'entraînement. A leur retour, les apprentis djihadistes sont difficiles à repérer : ils ont appris la clandestinité, détiennent des faux passeports, et inutile de dire qu'ils ne vont pas embrasser leur famille !

Pour les suivre à la trace, vous infiltrez les filières ?

Les services « amis » avec qui nous coopérons - au Yémen, en Turquie, en Syrie... - nous signalent parfois le passage d'un individu. D'autres fois, c'est la famille qui s'inquiète d'être sans nouvelles et qui donne l'alerte. Sans être plus précis, disons aussi que certains de ces combattants en herbe gardent le contact avec des correspondants en France en qui ils ont confiance mais qui, en réalité, nous renseignent. Et il arrive que nous puissions « retourner » un de ces clandestins, avant ou après le voyage. On peut alors reconstituer le parcours, comme le chemin du Petit Poucet...

Vous avez parlé de coopération. Voit-on émerger une internationale antiterroriste contre la nébuleuse Al-Qaeda ?

Dès lors qu'il n'y a plus de vraie différence entre la menace interne et la menace externe, il est indispensable d'échanger l'information. La concurrence entre services n'a plus aucun sens. C'est pourquoi nous travaillons étroitement avec la DGSE ainsi qu'avec de nombreux services étrangers. En nous informant mutuellement sur les découvertes effectuées au cours des perquisitions dans nos pays respectifs, nous pouvons mesurer en permanence le niveau de savoir-faire des terroristes. Tout le monde a intérêt à jouer le jeu : les Britanniques connaissent mieux l'Afghanistan, nous en savons plus sur le Magh­reb, mais nous sommes tous dans l'oeil du cyclone. Qui aurait dit qu'un jour les Libyens coopéreraient avec nous ? Mais, à présent, on voit des Algériens commettre des attentats chez eux ! Dans le même temps, en France, des réseaux montent des trafics pour alimenter en matériel des émirs réfugiés dans le maquis algérien...

L'essor d'Internet vous a-t-il obligés à révolutionner vos méthodes ?

Nous vivons avec Internet ce que nous avons vécu avec le téléphone portable. C'est un atout pour les terroristes, mais cela peut aussi être un atout pour nous ; si nous savons repérer les sites par lesquels ils se contactent, la surveillance peut s'en trouver facilitée. Notre veille sur le Web sert en outre à la protection des intérêts nationaux contre les nouvelles formes de cyber­terrorisme : des actions ciblées qui vont du sabotage à l'espionnage. Fin 2007, une intrusion a eu lieu dans le système informatique du Quai d'Orsay ; l'an dernier, des hackers ont neutralisé momentanément le réseau de la Marine nationale. Les entreprises du secteur de la défense constituent aussi des cibles pour ceux qui s'intéressent à nos secrets.

Face à tous ces dangers, la création de la DCRI a pourtant abouti à une réduction des effectifs. Comment justifier ce paradoxe ?

L'efficacité du renseignement ne se mesure pas au nombre d'agents. En fusionnant la DST et les RG, nous avons gardé le meilleur de deux cultures : la rigueur et le cloisonnement de la première, la réactivité et la souplesse des seconds. La nouvelle organisation nous aide à nous concentrer sur les menaces principales et la coopération internationale nous permet d'économiser des ressources que nous pouvons investir ailleurs. Reconstituer une filière de fourniture de faux papiers pour un réseau islamiste demande des années et d'importants moyens - écoutes téléphoniques, filatures parfois jusqu'à l'étranger... Or les contraintes budgétaires nous imposent en effet de réduire les effectifs. Il faut donc que les contribuables sachent que leur argent est bien utilisé : j'ai créé pour cela à la DCRI un département chargé de l'« évaluation de la stratégie et de la performance ». Il en va du renseignement comme des assurances : quand on paie cher, on compte sur la garantie tous risques

 

La lente gestation de la DCRI, le « FBI à la française » de Sarkozy

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bilan contre-manifestation Otan Strasbourg

Résistance anti-impérialiste à Strasbourg: un bilan

Eric Smith, Samedi, Avril 25, 2009 - 12:40 (Analyses | Contre-Sommet)

Début avril, le monde a été témoin d’importantes manifestations en Europe, d’abord à Londres, à l’occasion de la tenue du sommet des pays membres du «G-20», puis à Strasbourg, en France, là où se tenait le sommet de l’OTAN (l’Organisation du traité de l’Amérique Nord). Outre la répression policière aussi sauvage qu’habituelle (au moins 600 personnes ont été arrêtées), plusieurs ont remarqué la présence nombreuse de forts «contingents rouges», animés notamment par des organisations maoïstes européennes. Nos homologues (et camarades!) du journal Le Drapeau rouge (publié par le Parti communiste maoïste de France) ont publié un numéro spécial «anti-OTAN», qui dresse un bilan des événements de Strasbourg. En voici des extraits (sur le Web: http://drapeaurouge.over-blog.com).

* * *

Les maoïstes étaient présents au contre-sommet de l’OTAN sur des bases anti-impérialistes: pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes!

Voici donc un résumé de ce qui a été observé directement ou sur la base de témoignages sûrs.

Mercredi 1er avril: Installation du camp anti-OTAN. Dans la soirée, des policiers de la BAC provoquent les anti-OTAN à proximité du camp. Petites échauffourées mais rien de bien méchant.

Jeudi 2 avril: Une manifestation part du camp pour dénoncer la mort d’un homme à Londres lors d’une manifestation contre le G20. Très rapidement, une caserne militaire est attaquée ainsi que deux jeeps militaires. Le passager sort son arme, mais n’en fait heureusement pas usage. La manifestation continue. Des affrontements avec la police éclatent en plein cœur d’un quartier populaire. Les jeunes sur leurs scooters aident les manifestants en leur indiquant où se trouvent les flics. Une partie de la manifestation, toujours dans le quartier populaire, s’attaque à un commissariat avec l’aide des jeunes du quartier. La population assiste à l’attaque par les fenêtres. Nombreux sont les encouragements! Les deux roues stockés dans le commissariat sont redistribués aux habitants.

La manifestation est divisée en deux. Une partie arrivera à rentrer saine et sauve au camp. En revanche, ce sont plus de 270 personnes qui vont se faire arrêter à 200m du camp. Vraisemblablement, ce serait un indic’ qui les auraient guidés vers un barrage de police…

Vendredi 3 avril: Un bloc anti-impérialiste est formé par différentes organisations communistes. À l’assemblée plénière, il est décidé de partir en manifestation anti-répression et pour la solidarité internationale des peuples vers le pont de l’Europe. Anti-répression à cause des arrestations de la veille; pour la solidarité internationale des peuples car à Baden-Baden a lieu un blocage où le ratio flics/manifestants est de 10/1!

Peu après, une brigade d’une soixantaine de clowns part en direction du quartier populaire pour une action pacifiste symbolique. Ils se font gazer et attaquer par la police! Le camp se mobilise alors pour aller les récupérer. Les flics ne l’entendent pas de cette oreille et bloquent en plein quartier résidentiel les révolutionnaires, à 100m du camp.

Le soir, tous les groupes s’organisent pour la grande manifestation du samedi.

Samedi 4 avril: Le bloc anti-impérialiste et le bloc anticapitaliste partent vers le pont de l’Europe. Cela représente quelques milliers de personnes. Tout au long de la manif, et principalement dans le quartier populaire, les habitants de Strasbourg encouragent les révolutionnaires et leur apportent soutien et détermination. Les slogans fusent: «Vive la solidarité internationale des peuples!», «Marx! Engels! Lénine! Staline! Mao! Viva! Viva! Viva!», «À bas le fascisme moderne! À bas l’État policier!»

Au bout de quelques kilomètres, le cortège se retrouve bloqué sur un pont. Directement, les flics envoient des dizaines de lacrymos. Un bloc rouge se déploie pour forcer le passage. Contrairement à la majorité du black block, il est très organisé. Mais l’unité se fait dans l’action et après environ une heure de combat, la voie s’ouvre enfin. Le cortège repart donc et se dirige vers le point de départ officiel de la manifestation. En chemin, une station essence d’une grande multinationale capitaliste est pillée.

La manif arrive alors au pont de l’Europe. Les anti-impérialistes exigent que les camarades du côté allemand puissent passer du côté français. Entre temps, les drapeaux français et de l’OTAN sont brûlés. Le poste frontière connaîtra le même sort.

Sur la place, les caméras de surveillance sont détruites sous les applaudissements de la foule. Une banque et un office du tourisme sont attaqués et brûlés, ce qui entraînera l’incendie d’une pharmacie.

Contrairement à ce que les médias bourgeois affirment, c’est bien la banque qui était visée, symbole du capital financier, et pas la pharmacie. Dans la foulée, un hôtel Ibis est pillé de son matériel pour en faire des barricades. À peu près au même moment, les hélicoptères qui survolent la manifestation balancent des grenades lacrymos et des grenades aveuglantes. Ensuite, un incendie se déclare dans l’hôtel. À l’heure actuelle, il est difficile de dire d’où provient l’incendie. Il y a de plus en plus de témoignages qui affirment que lorsque la police a chargé pour sécuriser l’hôtel, il n’y avait pas encore de flammes visibles. Plusieurs témoins (dont des journalistes) affirment avoir vu les grenades tirées de l’hélico tomber sur l’hôtel.

Les flics chargent indistinctement les manifestants et envoient des lacrymos en plein milieu du cortège officiel. Les manifestants se regroupent et partent en cortège vers un pont.

Dès que le pont est à portée de vue, les manifestants s’aperçoivent qu’il est complètement rempli de fourgons de flics, de canons à eau, de rangées de CRS, le tout protégé par un mur antiémeute de 3m! La manifestation prend alors la direction de la zone industrielle sur les docks.

Au bout, elle tombe nez à nez avec les flics postés sur une voie ferrée. Les pacifistes postés devant font une chaîne pour «isoler les casseurs» (sic) et ainsi permettre à la police de les interpeller! Il n’y a pas de comportements plus écœurant que celui-ci! Ainsi, la situation est telle que le cortège est pris en sandwich entre deux lignes de flics: devant et derrière! Et ils ne tarderont pas à attaquer des deux côtés.

Les anti-impérialistes ripostent des deux côtés mais dans pareille nasse, ils n’ont plus qu’à se replier dans la confusion la plus totale: les BAC sont présents (en armure ou en civil), les CRS et les gardes mobiles également. Ils tirent sur tout ce qui bouge (pacifistes ou non, jeunes ou vieux, et même certaines personnes handicapées…) et procèdent à des arrestations ciblées. Les flics mettent en place un barrage filtrant qui leur permet de rendre plus efficaces leurs arrestations.

À noter le comportement clairement honteux de certaines organisations qui soit ne se sont souciées que de leur sécurité, soit qui ont carrément joué le jeu de l’État en affirmant que c’était à cause des «casseurs» que la manif s’était faite attaquer (PCF, et autres organisations pacifistes)!

Après cela, la manif s’est dispersée et les flics ont continué à gazer tout le monde, déployant également leurs canons à eau.

Il est à noter que de nombreux habitants des quartiers populaires se sont joints à la manifestation.

Il y a eu de nombreux blessés du côté des manifestants car la violence policière fut omniprésente. De même la répression policière a été très sévère.

Bilan: violences

Il faut être bien clairs sur qui porte la violence et qui est légitime quand il utilise la violence. De manière générale, c’est le peuple, le prolétariat qui subit les violences de l’Etat bourgeois au quotidien. Cette violence s’appelle pauvreté, misère, exploitation, licenciement, radiation, chômage… Pour les peuples opprimés par les pays impérialistes, cette violence s’appelle également famine, épidémie, génocide, guerre, bombardement, «rétablissement de la démocratie», «lutte contre le terrorisme», «intervention humanitaire»…

Les organisations pacifistes, réformistes et petites-bourgeoises ne voient pas où se situe la violence. Elles ont des œillères qui les empêchent de voir la globalité de la situation internationale, des rapports qu’il y a entre les classes sociales, de la violence de l’impérialisme. Doit-on leur rappeler où se situe la vraie violence? Une réunion de l’OTAN ne porte-t-elle pas plus de violences que des groupes qui lancent des pierres contre les représentants de l’État bourgeois? Décider d’envahir et de bombarder tel ou tel pays n’est-il pas plus violent que de lancer un Molotov?

Violents ou non-violents, le prolétariat et les peuples opprimés du monde entier doivent employer tous les moyens légitimes pour parvenir à leur libération: la révolution socialiste en direction du communisme dans les pays impérialistes et la révolution de nouvelle démocratie en direction du socialisme puis du communisme dans les pays opprimés.

État policier et fascisme moderne

Strasbourg nous a démontré à quel point l’État policier se renforçait et à quel point le fascisme moderne était avancé. Concernant l’État policier, ses représentants (les «forces de l’ordre»…) ont été déployés au nombre de 10 000, sans compter le nombre déployé de l’autre côté du Rhin. Leur équipement «non-létal» est de plus en plus sophistiqué, ainsi que leurs moyens. Ainsi, c’étaient des hélicoptères en permanence au-dessus de la ville pour repérer les mouvements de foule et mettre la pression psychologique sur les protestataires. C’étaient également des nouveaux flash-balls, avec une portée plus élevée que les anciens. Une utilisation très importante des grenades assourdissantes a été faite. Celles-ci envoient des éclats lorsqu’elles explosent. De plus, les policiers ont effectué à maintes reprises des tirs tendus de grenades lacrymos ou de grenades assourdissantes, visant les jambes, le corps et même la tête. D’ailleurs, le résultat fut tragique à Bastia où un jeune de 14 ans est dans le coma suite à un tir tendu de grenade lacrymo. L’État policier a voulu démontrer sa puissance. Main dans la main avec la justice, le dispositif répressif est d’ailleurs en marche.

Pour le fascisme moderne, la question de la collaboration directe de certaines organisations avec la police est effrayante. Dans ce genre de manifestations, la masse pacifiste devrait être solidaire de la masse qui résiste aux agressions policières. Hélas, seule une partie des pacifistes le sont, alors que les résistants comprennent aussi le besoin d’actions pacifistes. Il ne sera jamais assez répété que le prolétariat et les masses opprimées doivent user de tous les moyens légitimes dans leur lutte contre l’impérialisme. Le fascisme moderne n’est possible que grâce à la collaboration des organisations réformistes et révisionnistes: PS et P«c»F en tête, ainsi que différentes associations et syndicats.

Globalement, le fascisme moderne n’a pas besoin d’utiliser la force à tout va car les partis et organisations de droite comme de gauche collaborent avec l’État bourgeois et n’apportent aucune alternative révolutionnaire: ils servent directement les intérêts de la classe dominante, la bourgeoisie.

Le fascisme moderne sert aux États bourgeois à rallier les couches supérieures de la classe ouvrière et la petite-bourgeoisie à ses objectifs. Mais plus la situation avance et plus l’usage de la force est nécessaire à l’État bourgeois car dans une situation de crise capitaliste, les soupapes de sécurité de l’État sont de plus en plus dépassées.

Organisation

Le bloc anti-impérialiste a su démontrer lors de ce contre-sommet la puissance de son organisation et la détermination qui le caractérise. De plus, les différentes organisations présentes (marxistes-léninistes et maoïstes principalement) ont démontré la puissance de l’idéologie lorsqu’elle est mise en pratique. L’organisation de ce bloc a permis de démontrer en pratique que l’organisation sur des bases idéologiques est supérieure qualitativement à l’organisation sur des bases affinitaires qui caractérise principalement les groupes anarchistes et/ou autonomes. De même, le bloc a toujours recherché l’unité dans l’action avec les anarchistes, en dépassant les clivages idéologiques lorsque cela est nécessaire. Cela est la portée pratique du front uni dont le peuple a besoin pour avancer vers la révolution et renverser l’ennemi commun à tous les exploités et opprimés: l’impérialisme.

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Article paru dans Le Drapeau rouge-express, nº 210, le 25 avril 2009.
Le Drapeau rouge-express est une liste de nouvelles du Parti communiste révolutionnaire.
Pour vous abonner: renseignez-vous au www.ledrapeaurouge.ca.


Le Drapeau rouge-express
Strasbourg brûle-t-il ?
Quelques considérations sur les journées anti-OTAN dans la capitale de l’Union européenne


Mondialisation.ca, Le 27 avril 2009
Disarmiamoli !

Compte-rendu du « contre-sommet » anti-Otan des 3 au 5 avril à Strasbourg fait par les camarades italiens du Réseau Disarmiamoli ! (« Désarmons-les ! »)

Les feux à la périphérie de Strasbourg une fois éteints, la « grandeur » française se mesurera dorénavant à l’intérieur d’une alliance qui semble dès à présent peu encline à satisfaire le petit De Gaulle de service, Nicolas Sarkozy.

L’affrontement avec les Etats-Unis sur l’entrée de la Turquie n’est qu’une des nombreuses contradictions qui risquent d’augmenter, au lieu de les résoudre, les graves problèmes de gestion d’une alliance de plus en plus malade d’éléphantiasis : incapable de résoudre le conflit afghan sur le terrain, en impasse sur le projet « bouclier anti-missile », et bloquée par la Russie dans l’offensive géorgienne contre l’Ossétie du Sud.

L’élargissement tourmenté de l’OTAN à l’Est, la tentative d’intégration avec les structures militaires de l’Ue, les hypothèses de projection de puissance bien au-delà de l’aire eurasiatique et moyen-orientale, indiquent cependant une tendance à la « solution militaire » pour faire face à la très grave crise économique que traverse le système capitaliste.

Prendre le train de la guerre est donc d’une importance vitale. Ceux qui en sont exclus risquent de passer sus les roues. D’où le féroce jeu de coudes des Etats et dirigeants : tous aux wagons, de préférence de première classe, avec le risque de faire dérailler tout le convoi. Pour le moment, la contribution du mouvement alter-mondialiste à l’accident qu’il appelle de ses voeux est, à la lumière des faits de Strasbourg, plutôt faible.

Les maîtres de maison d'un sommet devaient garantir, au moment du « grand retour » dans l’alliance, un calme absolu au cœur de la City, autour des palais du pouvoir militaire occidental. C’est ce qui s’est passé.

Pour tenir les militants anti-OTAN à distance acceptable des lieux de rencontre des « grands », on a mobilisé plus de 10.000 policiers, au ciel, sur la terre et même dans l’eau, avec des dizaines de vedettes et bateaux pneumatiques répartis autour des ponts qui traversent l’Ill.

Strasbourg s’est transformée en quelques jours en ville en état de siège, avec ses citoyens des zones orange et rouge surveillés de près. Chacun avec son pass de la couleur de sa zone de résidence, qui s’est ensuite révélé inutile aux moments forts du sommet, le matin et l’après-midi de samedi 4 avril, quand il ne leur a même plus permis se déplacer d’une zone à l’autre.

Nous avons assisté à des protestations individuelles de certains citoyens, mais dans l’ensemble, le corps social d’une ville qui prospère autour des institutions européennes ne s’est pas organisé contre l’état de siège imposé par l’OTAN. La « démocratie occidentale » a ses coûts, que ses sujets les plus fortunés sont évidemment peu disposés à payer.

L’hétéroclite mouvement contre la guerre qui avait afflué dans la ville française n’a jamais trouvé un moment de véritable synthèse politique, que ce soit par rapport aux stratégies actuelles et futures contre l’alliance de guerre, comme pour la gestion de la rue même pendant le sommet.

Nous avons vu à l’œuvre les nombreuses composantes du mouvement, ou de ce qu’il en reste, dans les formes historiques du Forum Social Européen, à travers ses diverses expressions politiques culturelles et syndicales.

Pendant le contre-sommet de vendredi 3 avril, qui s’est tenu à l’intérieur du centre sportif d’Illkirch Lixenbhul (à l’extrême périphérie de la ville), face à environ 800-1.000 participants, se sont confrontés les représentants des diverses forces en présence : PCF, CGT (française), NPA, Socialist Workers (anglais), les Link allemands, les grecs du Comité international pour la paix (Greek Committee for International Detente and Peace–EEDYE), certains parlementaires du GUE, Attac France, Femmes en noir et autres petits groupes politiques surtout allemands, polonais et espagnols. La présence italienne a été très réduite, avec environ 30 militants du Pacte contre la guerre et des Femmes en noir (7 ou 8 napolitaines qui sont allées le lendemain se placer devant le podium, visibilité oblige, NdT).

Le contre-sommet organisé par le Forum social a été, à notre avis, grandement édulcoré dans ses contenus et très faible dans ses références politiques.

Aucune référence directe au rôle impérialiste de l’Europe, pas un mot sur la guerre « constituante » de la nouvelle OTAN, c’est-à-dire le bombardement sur l’ex-Yougoslavie, thème qui a valu aux grecs de l’EEDYE de se faire exclure du comité organisateur. Malgré ce, c’est grâce à eux que l’agression dans les Balkans a été dénoncée et discutée à travers toute une session du contre-sommet.

Des invités pour le moins discutables pour les débats finals (auxquels nous n’avons pas participé) du 5 avril, avec une Lidia Menapace revenante parmi les rapporteurs. Oui, juste elle, cette vieille dame qui pendant le gouvernement Prodi, pour justifier son vote en faveur de l’occupation et des bombardements de l’OTAN sur l’Afghanistan a inventé la théorie terrifiante de la « réduction des dommages ».

Une faiblesse qui s’est révélée plus clairement ensuite pendant la réunion pour organiser la manifestation du 4 avril, où des représentants français du Forum social proposaient d’accepter l’itinéraire indiqué au dernier moment par les autorités françaises : un parcours à 8-10 kilomètres du centre historique, pratiquement entre des hangars de la zone industrielle et commerciale (et en partie sur un terrain militaire ! NdT).

Le débat sur le sujet a mis en évidence une divergence profonde et conséquente dans la gestion de la rue, entre ceux qui acceptaient la manifestation en banlieue et ceux qui voulaient garder le trajet initial de la traversée du Pont de l’Europe, vers le lieu du sommet.

Les événements de rue qui se sont déroulés le lendemain montrent l’inconsistance importante et l’inutilité factuelle de cette confrontation. Nous en parlerons.

Aucune surprise donc si certaines des expressions les plus radicales du mouvement contre la guerre (et non pas « mouvement de la paix » ou « pacifistes », NdT) se sont regroupées dans d’autres lieux et selon d’autres modalités, comme au centre social « Molodoi », rue du Ban de la Roche, et au camping international de la Rue de Ganzau, dans le quartier du Neuhof, relégués à 7 kilomètres du centre historique. Dans ces endroits, tout autres ont été les thèmes, les interlocuteurs et les objectifs discutés.

On peur être surpris par contre que certaines forces politiques, expressions dans plusieurs pays de contenus et de luttes conséquentes contre le militarisme impérialiste, continuent à fréquenter des milieux qui se révèlent désormais en état d’asphyxie et inopérants pour affronter les nouveaux défis imposés à l’humanité par un capitalisme en crise profonde et, de ce fait, particulièrement agressif.

Samedi 4 avril. A la périphérie de Strasbourg

Inutile de décrire la dynamique concrète des événements de la journée clou du sommet et du contre sommet, des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre. Les agences de régime ont abondamment couvert l’événement, avec force arrêts sur image sur les incendies et les black block « féroces » (et revenants, eux aussi).

La gestion de la rue de la part du système de contrôle et de répression des Etats concernés (avant tout France et Allemagne) a été quasiment impeccable.

Après toute une journée d’affrontements, un hôtel de 8 étages en flammes et quelques bâtiments dont un poste de douane désaffecté (destiné à la démolition depuis pas mal de temps, et bourré d’amiante –précision d’un correspondant de l’AFP rencontré sur place-, corrections à l’initiative de la traductrice), les manifestants blessés et interpellés se comptaient sur les doigts de quelques mains seulement.

En observant les policiers français / allemands à l’œuvre, nous avons compris un peu plus encore à quel point c’est la haine qui guide et informe la main des « nôtres », comme on a pu le voir de façon remarquable à Gênes en 2001.

La manifestation a été canalisée à l’intérieur d’une enceinte prédéfinie, à l’extrême périphérie de Strasbourg, habitée surtout par des travailleurs, immigrés, précaires, comme dans la majorité des banlieues européennes. Depuis les maisons et les fenêtres de ce morceau de ville, très peu de drapeaux de la paix et encore moins d’expression de solidarité et de participation au cortège. Certaines tensions, au contraire, entre des jeunes de banlieue et certains secteurs du cortège, peu enclins à accepter ce dialogue que nous pouvons qualifier, par un euphémisme, de « rude ».

Dans les faits, les différents secteurs sociaux de cette métropole de plus de 450.000 habitants –du centre à la périphérie- se sont montrés largement imperméables à la mobilisation contre l’OTAN.

Le refus absolu de traverser le Port de l’Europe, comme cela avait été prévu les jours précédents, la division de la ville en zones off limits et l’impressionnante militarisation du territoire avaient mis en évidence à la fois l’échec de la soi-disant « démocratie occidentale » et la totale inutilité de contre sommets : qui tentaient au même moment d’imposer un autre point de vue politique par rapport à ce qui a été déterminé au préalable par les « grands de la terre ».

Dans ces conditions, accepter la logique de l’enceinte –comme cela a été proposé par certains leaders du Forum social- signifiait devenir une partie intégrante du mécanisme « démocratique », et servant ainsi sa légitimation.

D’où la réaction légitime à l’empêchement physique d’un droit élémentaire comme celui de manifester. Quelques milliers de manifestants ont de façon récurrente –et légitime- essayé de forcer les barrages de la police. Parmi eux, les plus organisés ont été ceux qu’on qualifie rapidement de « blacks blocks » : phénomène de jeunesse qui reste entièrement à enquêter, mais qui a peu à faire avec une expression politique définie. Très grande tactique et mobilité paramilitaire, et aucune idée au-delà de celle de détruire les symboles de la civilisation ( une station-service, des lampadaires parce qu’ils portaient des caméras, une station de lavage de voitures, des panneaux urbains de publicité, NdT), des cabines téléphoniques aux hôtels (un seul au milieu de la zone industrielle, NdT).

Nous ne serons pas de ceux qui se lamentent face aux incendies et dévastations. Les « frappes chirurgicales » des bombardiers de l’OTAN sur les villages afghans sont d’une toute autre nature et lourdeur.

Le problème, comme toujours, est politique, et il tient à la capacité des futurs mouvements de renforcer leur présence dans le tissu social des métropoles. Si, et quand, les banlieues deviennent un arrière-front stratégique de la lutte contre la guerre impérialiste nous serons en mesure de résoudre aussi la « contradiction » black block.

La leçon de Strasbourg doit servir à affiner la réflexion sur les méthodes d’action de la nouvelle phase politique que nous avons face à nous. Le temps n’est plus aux contre sommets, mais à l’enracinement des idées force antimilitaristes et anti-impérialistes à l’intérieur du flux impétueux des luttes que la crise capitaliste va déterminer sur tout le continent européen et bien au-delà.



Traduction : Marie-Ange Patrizzio

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27/04/2009

Blue Ross bicycle in a trash in Times Square

 

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The police think the 10-speed bicycle, left near the trash on Thursday morning, belongs to the person who bombed the army recruiting center in Times Square. The bike, left on East 38th Street, was found by some workers who heard about the bombing and contacted the police, who learned of the bike at 7 a.m. (the bombing occurred around 3:45 a.m.).

 

 

Surveillance footage shows the suspected bomber on a bicycle near the recruiting center at the time of the bombing and later near where the bicycle was dumped. More footage shows "the bomber walking with another person, although it is unclear if he or she was involved."

Police believe the suspect planned out the attack and his escape route; one source told the Post the suspect "seems to be toying with everyone." The Ross bicycle, in "fairly good" condition, has been traced to the shop where it was sold. The business is currently closed, so the police are trying to find the owner.

The police are also determining whether the bombing is linked to five other bombings in the past 11 years. Besides the 2005 British Consulate and October 2007 Mexican Consulate bombings, where a bicyclist threw a bomb in the 3-4 a.m. time period (and these bombs used black powder, like Thursday's bomb), there's also a 2000 bombing outside the Barclays Bank on Wall Street (an ammunition box - like the Times Square bomb - was used), a 1997 bomb outside 222 Broadway - across from City Hall - used "coffee cans packed with black powder" and another 1997 bombing using a coffee can outside of Planet Hollywood, when it was located on West 57th Street.

As for the letters sent to members of Congress, featuring a photograph of a man outside the Times Square Army recruiting center and a 30-page manifesto, the FBI does not believe the letter writer - and man in the photo - lawyer David Karnes is connected to the attacks.

Karnes mailed his letters from Los Angeles in late February and, due to mail sorting and inspection on Capitol Hill, they didn't arrive until Thursday, creating a rather remarkable coincidence. The letter's phrase "Happy New Year, We Did It" apparently refers to the Democrats' wins in Congress; the letter also has suggestions for winning this year's election.

Still, authorities swarmed 50-year-old Karnes' Hollywood Hills home and questioned him. The Harvard graduate and lawyer who has worked in entertainment (including for Universal on shows like Law & Order!) told reporters, "I'm working with the FBI, and they've advised me not to talk. I'm really not going to talk."

His 82-year-old mother, Frances Karnes, spoke to the NY Times. "He sent it and the timing was wrong. He had no idea. He didn’t even really know there was a bombing that took place the other day. He is just completely innocent of any of that. This all had to do with his personal conviction.”

“I’ll tell you, he is the most gifted, creative person,” Mrs. Karnes said. “He’s been writing letters since he was 13 years old in school.” Mrs. Karnes said she had received a Christmas card that featured a photo of her son standing in front of the Times Square military recruiting station, on Broadway between 43rd and 44th Streets. “I know when he said, ‘We did it,’ he was talking about the Democratic Party,” she said. “He’s a very moral kind of a guy. I know very few kinds of people I would put in the category of my son David. He’s really in his own wonderful world.”

And recruiters are carrying on at the center as some people posed for pictures "while pulling hoodies over their heads and making handlebar gestures."

 

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Captain Charlie Jaquillard, commander of recruiting in Manhattan, said, "If it is something that is directed toward American troops, then it's something that's taken very seriously and is pretty unfortunate," he said. The recruiting center, in the heart of Times Square at West 43rd Street and Broadway, has been the site of many protests, from the Granny Brigade to 2004 Republican Convention events.

Last October, grenades were thrown at the Mexican consulate, and, in 2005, an explosive was set off outside the British Consulate.

Update: During a press conference, Police Commissioner Ray Kelly mentioned the witness's account, "The [suspect] (on the bicycle) was wearing a hood and dark colored clothing, also carrying a backpack. He did not see the individual’s face." And Mayor Bloomberg said, “Whoever the coward was that committed this disgraceful act on our city will be found and prosecuted to the full extent of the law. We will not tolerate such attacks."

 

To: Cindy

MARCH 2008 : (NY : RECRUITING STATION BOMBING INVESTIGATION —) The police are also determining whether the bombing is linked to five other bombings in the past 11 years. Besides the 2005 British Consulate and October 2007 Mexican Consulate bombings, where a bicyclist threw a bomb in the 3-4 a.m. time period (and these bombs used black powder, like Thursday’s bomb), there’s also a 2000 bombing outside the Barclays Bank on Wall Street (an ammunition box - like the Times Square bomb - was used), a 1997 bomb outside 222 Broadway - across from City Hall - used “coffee cans packed with black powder” and another 1997 bombing using a coffee can outside of Planet Hollywood, when it was located on West 57th Street.

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22/04/2009

Manoeuvre Otan en Géorgie

La Russie menace, l’Otan résiste
http://fr.euronews.net/2009/04/16/la-russie-menace-lotan-resiste/

“Une provocation absurde”, c’est ainsi que la Russie a qualifié les exercices militaires de l’Otan prévus le mois prochain en Géorgie. Moscou a exigé l’annulation de ces manoeuvres estimant qu’elles ne serviraient pas la stabilité régionale. Réponse de l’Otan: ces manoeuvres ne présentent aucun risque et se dérouleront comme prévu.

“Ces exercices ont été planifiés depuis longtemps pour se dérouler en Géorgie. La Géorgie a les mêmes droits et responsabilités que n’importe quel participant à ce programme” a expliqué le porte-parole de l’Otan, Robert Pszczel. “La Russie aurait pu et peut toujours se joindre à cette opération, même si ces exercices débutent bientôt, le 6 mai prochain. Mais nous sommes prêts à accepter des pays partenaires” a-t-il ajouté.

Ces exercices, qui devraient mobiliser 1300 soldats de 19 pays à 20 km à l’est de Tbilissi, interviennent au moment où l’Otan cherche à retisser des liens avec la Russie.

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Exercices Géorgie-OTAN: Lavrov pointe les risques d'un sentiment d'impunité à Tbilissi

EREVAN, 16 avril - RIA Novosti. La Russie espère que l'OTAN s'abstiendra de mesures susceptibles de pousser Tbilissi à croire que tout lui est permis, a déclaré jeudi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, commentant les prochains exercices de l'Alliance en Géorgie.

"J'espère que les pays de l'OTAN, en planifiant des manoeuvres conjointes avec la Géorgie dans le cadre de son programme Partenariat pour la paix, éviteront les démarches qui pourraient pousser le régime géorgien à croire que tout lui est permis et à faire naître un sentiment d'impunité", a indiqué le ministre russe.

Les exercices multinationaux sous l'égide de l'OTAN Cooperative Longbow 09/Cooperative Lancer 09 se dérouleront en Géorgie du 6 mai au 1er juin. Selon un porte-parole de l'Alliance contacté par RIA Novosti, il s'agit d'exercices d'état-major qui se dérouleront sans armes et ni matériel de guerre.

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Lavrov: les exercices de l'OTAN en Géorgie ne favoriseront pas la stabilité au Caucase

MOSCOU, 16 avril (Xinhua) -- Les prochains exercices de l'OTAN en Géorgie ne favoriseront pas la stabilité au Caucase, a indiqué jeudi en Arménie le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, cité par l'agence Interfax.

"La démonstration du soutien de l'OTAN au régime géorgien va difficilement transmettre un message correct à ceux qui espèrent sincèrement la stablisation au Caucase'", a-t-il déclaré.

Par ailleurs, l'envoyé de la Russie près l'OTAN a exhorté jeudi la direction de l'Alliance à ne pas organiser les exercices en mai en Géorgie.

"Nous présentons un message officiel au secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, proposant que les manoeuvres militaires de l'OTAN en Géorgie, prévues dans un avenir proche, sont reportées ou annulées", a rapporté Interfax, citant le représentant permanent de la Russie à l'OTAN, Dmitri Rogozin.

Le ministère russe de la Défense a répondu jeudi à l'OTAN à propos de ses exercices, disant qu'ils pourraient encourager le régime de Saakashvili à procéder à davantage d'aventures militaires, selon l'agence Itar-Tass.

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Exercices de l'Otan en Géorgie: Tbilissi accuse Moscou d'ingérence

AFP, 16 avril 2009

La Géorgie a accusé jeudi la Russie de tenter d'interférer dans ses affaires internes et de mener des politiques dignes de la guerre froide en demandant le report des exercices que l'Otan prévoit de mener prochainement en Géorgie.

«Voici encore une nouvelle tentative de la Russie d'interférer dans les affaires internes de la Géorgie. La Russie essaie de mener une politique de sphères d'influence exclusives et nous espérons que la communauté internationale réagira de manière adéquate», a déclaré à l'AFP le ministre de l'Intégration européenne et euro-atlantique, Giorgi Baramidzé.

«La Russie doit renoncer à ses politiques du temps de la guerre froide consistant à faire pression de manière grossière et injuste sur ses voisins», a dit M. Baramidzé.

La Russie avait auparavant demandé le report des exercices que l'Otan a prévu d'organiser en mai en Géorgie, arguant qu'ils «ne peuvent que compliquer une situation déjà pas simple dans la région».

L'Otan a annoncé qu'elle allait organiser des exercices en Géorgie du 6 mai au 1er juin, dans le cadre de son programme de Partenariat pour la Paix dont est membre la Géorgie.

Ces exercices, auxquels vont participer 1.300 hommes de 19 pays membres et non membres de l'Alliance, auront lieu à une vingtaine de kilomètres à l'est de Tbilissi, dans la zone d'entraînement de Vaziani.

La Géorgie n'est pas membre de l'Otan. A leur sommet de Bucarest en avril 2008, les dirigeants alliés ont repoussé l'attribution du statut de candidat officiel à la Géorgie et à l'Ukraine, deux ex-républiques soviétiques, tout en leur promettant l'entrée à terme dans l'Otan malgré la farouche hostilité de Moscou à cette idée.

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Exercices de l'OTAN en Géorgie: armes et techniques militaires bannies (Pszczel)

BRUXELLES, 16 avril - RIA Novosti. Les exercices multinationaux sous l'égide de l'OTAN Cooperative Longbow 09/Cooperative Lancer 09 prévus entre le 6 mai et le 1er juin en Géorgie seront exempts d'armes et de techniques militaires, a annoncé jeudi à RIA Novosti un porte-parole de l'Alliance Robert Pszczel.

"Personne n'utilisera ni les armes, ni les chars", a déclaré M.Pszczel.

"Il ne s'agit pas d'exercices de l'OTAN au sens classique du terme, ce sont des manoeuvres de partenaires dans le cadre du programme Partenariat pour la paix. Elles sont ouvertes à tous les pays partenaires de l'Alliance, y compris la Russie", a-t-il poursuivi.

"Il s'agit d'exercices de coordination (de la coopération entre l'OTAN et les pays partenaires)", a expliqué Robert Pszczel, rappelant qu'en 2008 des exercices de ce type avaient eu lieu en Arménie.

Les exercices multinationaux Cooperative Lancer/Cooperative Longbow doivent se dérouler sur le territoire de la base militaire géorgienne de Vaziani. Composés d'exercices d'états-majors et de manoeuvres sur le terrain, ils réuniront environ 1.300 militaires de 19 pays membres et partenaires de l'Alliance. C'est la première fois que la Géorgie accueille des exercices de cette ampleur.

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Extraits de la Déclaration du Sommet de Strasbourg-Kehl concernant la Géorgie

Au moins 5 articles de la déclaration du dernier Sommet de l'Otan font nomément référence à la Géorgie. Et réaffirmé deux fois le soutien à "l'intégrité territoriale, l'indépendance et la souveraineté de la Géorgie". Pas à celle de la Serbie apparemment.

http://www.csotan.org/textes/doc.php?art_id=444&type=documents

29. La stabilité et le succès des réformes politiques et économiques en Ukraine et en Géorgie sont importants pour la sécurité euro-atlantique. À Bucarest, nous avons décidé que l'Ukraine et la Géorgie deviendraient membres de l'OTAN, et nous réaffirmons tous les éléments de cette décision ainsi que les décisions prises par les ministres des Affaires étrangères en décembre dernier. Nous nous employons à fournir, pour les efforts de réforme de ces pays, un maximum d'avis, d'aide et de soutien dans le cadre de la Commission OTAN-Ukraine et de la Commission OTAN-Géorgie, qui jouent un rôle central dans la supervision du processus engagé au sommet de Bucarest. Nous nous félicitons en particulier du renforcement prévu des bureaux d'information et de liaison de l'OTAN à Kiev et à Tbilissi. Sans préjudice des décisions ultérieures devant être prises à propos du MAP, l'établissement de programmes nationaux annuels aidera la Géorgie et l'Ukraine à faire avancer leurs réformes. L'examen annuel de ces programmes nous permettra de continuer à suivre de près les progrès réalisés par la Géorgie et l'Ukraine dans les réformes liées à leur aspiration à devenir membres de l'OTAN. Nous saluons en outre les précieuses contributions de ces deux pays aux opérations de l'OTAN.

31. La relation entre l'OTAN et la Géorgie s'est considérablement approfondie au cours de l'année écoulée. Nous restons déterminés à promouvoir le dialogue politique avec la Géorgie et à lui fournir une aide. Nous encourageons fortement ce pays à poursuivre la mise en oeuvre de toutes les réformes nécessaires, en particulier les réformes démocratiques, électorales et judiciaires, en vue de réaliser ses aspirations euro-atlantiques. Nous réaffirmons que nous continuons de soutenir l'intégrité territoriale et la souveraineté de la Géorgie à l'intérieur de ses frontières reconnues au niveau international.

32. Nous encourageons tous les participants aux pourparlers de Genève à jouer un rôle constructif et à poursuivre leur étroite collaboration avec l'OSCE, l'ONU et l'UE à la recherche d'un règlement pacifique du conflit sur le territoire de la Géorgie. (...). Nous appelons de nos voeux l'établissement d'un nouveau mandat pour la Mission de l'OSCE en Géorgie ainsi qu'un accès sans entrave pour les observateurs de l'ONU, de l'UE et de l'OSCE à l'ensemble du territoire de la Géorgie, y compris les régions d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie. Nous sommes préoccupés par les tensions et les violences qui persistent le long des limites administratives, et nous appelons toutes les parties à faire preuve de retenue.

34. Nous invitons instamment la Russie à remplir les engagements qu'elle a pris s'agissant de la Géorgie dans le cadre de la médiation de l'Union européenne le 12 août 2 et le 8 septembre 2008. Dans ce contexte, nous considérons comme essentiel le retrait des forces russes des régions que la Russie s'est engagée à quitter. Nous nous sommes félicités des mesures prises en ce sens, mais ce retrait reste partiel. L'Alliance a condamné la reconnaissance par la Russie des régions géorgiennes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie en tant qu'États indépendants, et elle continue de lui demander de revenir sur cette reconnaissance, qui est contraire aux valeurs et aux principes sur lesquels se fonde le Conseil OTAN-Russie, aux principes de l'OSCE sur lesquels repose la sécurité de l'Europe, ainsi qu'aux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU concernant l'intégrité territoriale de la Géorgie, que la Russie a entérinées. En outre, le renforcement de la présence militaire de la Russie dans les régions géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud sans le consentement du gouvernement géorgien est particulièrement préoccupant.

57.(...) les actions menées par la Russie en Géorgie ont remis en question l'attachement de la Russie aux principes fondamentaux de l'OSCE sur lesquels reposent la stabilité et la sécurité en Europe, principes dont s'inspire le Traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE). Ces actions vont à l'encontre de notre objectif commun consistant à préserver la viabilité à long terme du régime FCE (...)
http://fr.groups.yahoo.com/group/alerte_otan/messages

http://panier-de-crabes.over-blog.com/article-30372056.html

 

OTAN : les manoeuvres qui réveillent les tensions

Géorgie . Moscou a demandé le report d’exercices de l’Alliance programmés le mois prochain près de Tbilissi.

 

« Une provocation absurde ». C’est ainsi que la Russie a réagi hier à l’annonce de l’OTAN d’effectuer des manoeuvres militaires en Géorgie à vingt kilomètres de Tbilissi. Ces exercices, qui devraient mobiliser 1 300 soldats de 19 pays du 6 mai au 1er juin prochain, étaient en préparation depuis le printemps 2008 selon un porte-parole de l’Alliance qui souligne qu’il n’y a « aucune controverse, aucune surprise, et aucun lien avec la situation en Géorgie ou dans la région ».

Des explications insuffisantes pour Moscou dont une mission auprès de l’OTAN a souligné que ces exercices « ne peuvent que compliquer une situation déjà pas simple dans la région », annonçant qu’une lettre allait être envoyée pour demander officiellement leur report.

La situation entre la Russie et la Géorgie était déjà très tendue au moment où la décision a été prise. Et la guerre du mois d’août avait fait reculer les perspectives d’adhésion de la Géorgie à l’OTAN. « La démonstration de complicité de l’OTAN avec le régime géorgien n’enverra sans doute pas le bon signal à ceux qui veulent sincèrement parvenir à une stabilisation de la situation dans le Caucase », a de son côté déclaré Sergueï Lavrov à la tête de la diplomatie russe, ajoutant que ces démarches pourraient « pousser à nouveau le régime géorgien vers un sentiment d’irresponsabilité et d’impunité ».

L’annonce de l’OTAN intervient alors que les relations avec la Russie commençaient timidement à se réchauffer sous l’influence du nouveau gouvernement américain qui doit se rendre en visite à Moscou au mois de juillet prochain. Mais aussi alors qu’en Géorgie les manifestations de la coalition d’opposition pour demander le départ du président Mikhaïl Saakachvili se poursuivent quotidiennement depuis le 9 avril.

A. R.

 

La Géorgie est libre d'accueillir des manoeuvres sur son territoire (Tbilissi)

14:40 | 21/ 04/ 2009
Version imprimée

TBILISSI, 21 avril - RIA Novosti. Le ministère géorgien des Affaires étrangères se déclare perplexe quant à la position de Moscou sur les exercices de l'OTAN prévus pour juin prochain en Géorgie et évoque le droit du pays d'accueillir des manoeuvres sur son territoire.

Les exercices militaires Cooperative Longbow/Cooperative Lancer 2009 de l'OTAN auront lieu en Géorgie du 6 mai au 1er juin, réunissant quelque 1.300 militaires de 18 pays membres de l'OTAN et de leurs partenaires. Comme il s'agit d'exercices d'état-major, ils se dérouleront sans l'utilisation d'armes ni de matériel de guerre.

Le président russe Dmitri Medvedev a estimé que la décision de l'OTAN d'organiser des manoeuvres en Géorgie ne contribuerait pas au rapprochement entre la Russie et l'Alliance atlantique.

"Etat souverain et indépendant, la Géorgie est libre de tenir tout type de manoeuvres sur son territoire", a affirmé mardi Zourab Katchkatchichvili, directeur du département politique du ministère géorgien des Affaires étrangères, cité par l'agence News-Georgia.

Selon lui, la position de Moscou "s'inscrit dans la logique de la politique habituelle russe".

"Il est étrange que la Russie n'ait soulevé cette question que récemment", a constaté M. Katchkatchichvili, rappelant que la décision d'organiser les manoeuvres datait d'il y a un an.

http://fr.rian.ru/world/20090421/121227863.html

 

Washington, 22 avril - RIA Novosti. Les exercices de l'OTAN en Géorgie censés débuter début mai ne représentent aucunement une menace pour la Russie, a déclaré le porte-parole du département d'Etat américain Robert Wood.

Organisées sous l'égide de l'OTAN, les manoeuvres Cooperative Longbow 09/Cooperative Lancer 09 auront lieu en Géorgie du 6 mai au 1er juin 2009. Elles réuniront quelque 1.300 militaires de 19 pays membres de l'OTAN et de leurs partenaires.

"J'ai entendu dire que la Russie était préoccupée par ces exercices. Ecoutez, ces manoeuvres ne représentent une menace ni pour la Russie, ni pour qui que ce soit. Nous les avons prévues de longue date", a indiqué M.Wood lors d'un point de presse quotidien au Département d'Etat.

Le représentant permanent de la Russie auprès de l'OTAN Dmitri Rogozine a déclaré le 18 avril avoir demandé à la direction de l'Alliance d'annuler les exercices, ceux-ci revêtant un caractère de provocation et étant loin de contribuer à la détente dans le Caucase.

M.Rogozine a également prévenu que si l'Alliance n'annulait pas les manoeuvres, la Russie refuserait de prendre part à la rencontre des chefs d'état-major des armées russe et otaniennes.

 

 

MOSCOU, 21 avril (Xinhua) -- La région séparatiste géorgienne  de l'Ossétie du Sud a libéré mardi les observateurs de  l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) arrêtés plus tôt dans la journée pour avoir traversé illégalement  la frontière, a rapporté l'agence de presse Interfax.

Les observateurs ont été libérés "après que les circonstances  de l'incident eurent été prouvées et un avertissement émis", a  indiqué un officier de l'armée de l'Ossétie du Sud.

Selon les médias, un porte-parole de la mission de l'OSCE à  Tbilissi a déclaré que les deux observateurs libérés se  dirigeaient vers leur base.

Les observateurs de l'OSCE ont été arrêtés parce qu'ils " traversaient illégalement la frontière de l'Ossétie du Sud", a  expliqué le président de l'Ossétie du Sud, Eduard Kokoity.

L'agence de presse a ajouté que deux observateurs de l'OSCE  ont également été arrêtés en février pour avoir traversé  illégalement la frontière et ont été libérés par la suite.

Trois observateurs de l'OSCE arrêtés en Ossétie du Sud (ministère)

12:38 | 21/ 04/ 2009
Version imprimée

MOSCOU, 21 avril - RIA Novosti. Trois observateurs de la Mission de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) en Géorgie ont été interpellés mardi matin en Ossétie du Sud, a annoncé le ministère sud-ossète de la Presse et des Télécommunications.

"Les gardes-frontières sud-ossètes ont interpellé mardi, vers 07h00 GMT, un véhicule de l'OSCE non loin de Tsunar (région de Tskhinvali). Les employés de l'OSCE avaient franchi illégalement la frontière sud-ossète", a indiqué le porte-parole du ministère.

Selon les premières informations, il s'agit de trois observateurs qui ont été conduits au ministère sud-ossète des Affaires étrangères. "Ils seront reconduits à la frontière géorgienne après un contrôle d'identité", selon le porte-parole.

Le ministre sud-ossète des Affaires étrangères Mourat Djioev et le représentant spécial du président sud-ossète pour le règlement de la situation d'après conflit Boris Tchotchiev rencontreront les observateurs.

Créée en 1992, la mission de l'OSCE en Géorgie est en cours de démantèlement après l'expiration de son mandat le 1er janvier 2009. Moscou estime que suite à la reconnaissance russe de l'indépendance de l'Ossétie du Sud en août 2008, le mandat géorgien de la mission n'est plus valable sur le territoire ce nouvel État souverain. La Grèce considère le rétablissement de la mission de l'OSCE dans la région comme l'une des missions principales de sa présidence de l'OSCE en 2009. Les parties ont convenu de prolonger la présence de 20 observateurs militaires en Géorgie jusqu'à juin 2009.

L'Ossétie du Sud relâche les observateurs de l'OSCE interpellés (mission de l'organisation)

13:38 | 21/ 04/ 2009
Version imprimée

TBILISSI, 21 avril - RIA Novosti. Les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) interpellés mardi en Ossétie du Sud ont été relâchés, a confié à l'agence News-Georgia un porte-parole de la mission de l'OSCE en Géorgie.

"Les observateurs ont été libérés et ont regagné leur base de Karaleti", a-t-il affirmé.

Les autorités sud-ossètes ont interpellé mardi trois observateurs de la mission de l'OSCE en Géorgie pour avoir illégalement franchi la frontière séparant l'Etat géorgien de la république indépendante d'Ossétie du Sud.

La mission de l'OSCE dans la région est en cours de démantèlement après l'expiration de son mandat le 1er janvier 2009. Moscou a fait savoir que suite à la reconnaissance russe de l'indépendance de l'Ossétie du Sud, le mandat géorgien de la mission (délivré en 1992) ne serait plus valable sur le territoire de ce nouvel Etat souverain.

 

Ossétie du Sud: l'incursion d'observateurs de l'OSCE est une provocation (diplomatie)

15:31 | 22/ 04/ 2009
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MOSCOU, 22 avril - RIA Novosti. L'Ossétie du Sud considère les incursions systématiques d'observateurs de la Mission de l'OSCE en Géorgie sur le territoire sud-ossète comme des provocations préméditées, stipule mercredi une déclaration officielle du ministère des Affaires étrangères de la république indépendante.

"Les justifications présentées par les intrus ne sont pas du tout convaincantes, alors que les circonstances concrètes et le caractère systématique de tels incidents ne peuvent qu'étayer les soupçons de provocations préméditées de la part du personnel de la Mission de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) en Géorgie", indique le document publié sur le site du ministère sud-ossète de la Presse et des Télécommunications.

Mardi dernier, sur le territoire du district de Znaour (Ossétie du Sud), limitrophe de la Géorgie, un véhicule de la Mission de l'OSCE a été découvert avec deux observateurs à bord. Par la suite, les interpellés ont reconnu avoir franchi illégalement la frontière de l'Ossétie du Sud. Ils ont été relâchés et expulsés vers la Géorgie.

Depuis le début de l'année en cours, c'est le deuxième incident de ce genre. Le 10 février dernier, deux observateurs de l'OSCE avaient également été interpellés et conduits à Tskhinvali.

La diplomatie sud-ossète rappelle que c'est justement la Mission de l'OSCE en Géorgie qui a sérieusement compromis le prestige de cette organisation internationale pendant la période précédant l'agression de la Géorgie contre l'Ossétie du Sud en août 2008.

La mission de l'OSCE dans la région est en cours de démantèlement après l'expiration de son mandat le 1er janvier 2009. Moscou a fait savoir que suite à la reconnaissance russe de l'indépendance de l'Ossétie du Sud, le mandat géorgien de la mission (délivré en 1992) ne serait plus valable sur le territoire de ce nouvel Etat souverain. La Grèce considère le rétablissement de la mission de l'OSCE dans la région comme l'une des tâches principales de sa présidence de l'OSCE en 2009. Les parties ont convenu de prolonger la présence de 20 observateurs militaires en Géorgie jusqu'à juin 2009.

 

La Géorgie n'est pas membre de l'Otan. A leur sommet de Bucarest en avril 2008, les dirigeants alliés ont repoussé l'attribution du statut de candidat officiel à la Géorgie et à l'Ukraine, deux ex-républiques soviétiques, tout en leur promettant l'entrée à terme dans l'Otan malgré la farouche hostilité de Moscou à cette idée.

AFP, 16 avril 2009

Extraits de la Déclaration du Sommet de Strasbourg-Kehl concernant la Géorgie

Au moins 5 articles de la déclaration du dernier Sommet de l'Otan font nomément référence à la Géorgie. Et réaffirmé deux fois le soutien à "l'intégrité territoriale, l'indépendance et la souveraineté de la Géorgie".

Pas à celle de la Serbie apparemment.

29. La stabilité et le succès des réformes politiques et économiques en Ukraine et en Géorgie sont importants pour la sécurité euro-atlantique. À Bucarest, nous avons décidé que l'Ukraine et la Géorgie deviendraient membres de l'OTAN, et nous réaffirmons tous les éléments de cette décision ainsi que les décisions prises par les ministres des Affaires étrangères en décembre dernier. Nous nous employons à fournir, pour les efforts de réforme de ces pays, un maximum d'avis, d'aide et de soutien dans le cadre de la Commission OTAN-Ukraine et de la Commission OTAN-Géorgie, qui jouent un rôle central dans la supervision du processus engagé au sommet de Bucarest. Nous nous félicitons en particulier du renforcement prévu des bureaux d'information et de liaison de l'OTAN à Kiev et à Tbilissi. Sans préjudice des décisions ultérieures devant être prises à propos du MAP, l'établissement de programmes nationaux annuels aidera la Géorgie et l'Ukraine à faire avancer leurs réformes. L'examen annuel de ces programmes nous permettra de continuer à suivre de près les progrès réalisés par la Géorgie et l'Ukraine dans les réformes liées à leur aspiration à devenir membres de l'OTAN. Nous saluons en outre les précieuses contributions de ces deux pays aux opérations de l'OTAN.

31. La relation entre l'OTAN et la Géorgie s'est considérablement approfondie au cours de l'année écoulée. Nous restons déterminés à promouvoir le dialogue politique avec la Géorgie et à lui fournir une aide. Nous encourageons fortement ce pays à poursuivre la mise en oeuvre de toutes les réformes nécessaires, en particulier les réformes démocratiques, électorales et judiciaires, en vue de réaliser ses aspirations euro-atlantiques. Nous réaffirmons que nous continuons de soutenir l'intégrité territoriale et la souveraineté de la Géorgie à l'intérieur de ses frontières reconnues au niveau international.

32. Nous encourageons tous les participants aux pourparlers de Genève à jouer un rôle constructif et à poursuivre leur étroite collaboration avec l'OSCE, l'ONU et l'UE à la recherche d'un règlement pacifique du conflit sur le territoire de la Géorgie. (...). Nous appelons de nos voeux l'établissement d'un nouveau mandat pour la Mission de l'OSCE en Géorgie ainsi qu'un accès sans entrave pour les observateurs de l'ONU, de l'UE et de l'OSCE à l'ensemble du territoire de la Géorgie, y compris les régions d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie. Nous sommes préoccupés par les tensions et les violences qui persistent le long des limites administratives, et nous appelons toutes les parties à faire preuve de retenue.

34. Nous invitons instamment la Russie à remplir les engagements qu'elle a pris s'agissant de la Géorgie dans le cadre de la médiation de l'Union européenne le 12 août 2 et le 8 septembre 2008. Dans ce contexte, nous considérons comme essentiel le retrait des forces russes des régions que la Russie s'est engagée à quitter. Nous nous sommes félicités des mesures prises en ce sens, mais ce retrait reste partiel. L'Alliance a condamné la reconnaissance par la Russie des régions géorgiennes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie en tant qu'États indépendants, et elle continue de lui demander de revenir sur cette reconnaissance, qui est contraire aux valeurs et aux principes sur lesquels se fonde le Conseil OTAN-Russie, aux principes de l'OSCE sur lesquels repose la sécurité de l'Europe, ainsi qu'aux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU concernant l'intégrité territoriale de la Géorgie, que la Russie a entérinées. En outre, le renforcement de la présence militaire de la Russie dans les régions géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud sans le consentement du gouvernement géorgien est particulièrement préoccupant.

57.(...) les actions menées par la Russie en Géorgie ont remis en question l'attachement de la Russie aux principes fondamentaux de l'OSCE sur lesquels reposent la stabilité et la sécurité en Europe, principes dont s'inspire le Traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE). Ces actions vont à l'encontre de notre objectif commun consistant à préserver la viabilité à long terme du régime FCE (...)

http://www.csotan.org/textes/doc.php?art_id=444&type=...

La Russie menace, l’Otan résiste
“Une provocation absurde”, c’est ainsi que la Russie a qualifié les exercices militaires de l’Otan prévus le mois prochain en Géorgie. Moscou a exigé l’annulation de ces manoeuvres estimant qu’elles ne serviraient pas la stabilité régionale. Réponse de l’Otan: ces manoeuvres ne présentent aucun risque et se dérouleront comme prévu.

“Ces exercices ont été planifiés depuis longtemps pour se dérouler en Géorgie. La Géorgie a les mêmes droits et responsabilités que n’importe quel participant à ce programme” a expliqué le porte-parole de l’Otan, Robert Pszczel. “La Russie aurait pu et peut toujours se joindre à cette opération, même si ces exercices débutent bientôt, le 6 mai prochain. Mais nous sommes prêts à accepter des pays partenaires” a-t-il ajouté.

Ces exercices, qui devraient mobiliser 1300 soldats de 19 pays à 20 km à l’est de Tbilissi, interviennent au moment où l’Otan cherche à retisser des liens avec la Russie.

http://fr.euronews.net/2009/04/16/la-russie-menace-lotan-...

Exercices Géorgie-OTAN: Lavrov pointe les risques d'un sentiment d'impunité à Tbilissi

La Russie espère que l'OTAN s'abstiendra de mesures susceptibles de pousser Tbilissi à croire que tout lui est permis, a déclaré jeudi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, commentant les prochains exercices de l'Alliance en Géorgie.

"J'espère que les pays de l'OTAN, en planifiant des manoeuvres conjointes avec la Géorgie dans le cadre de son programme Partenariat pour la paix, éviteront les démarches qui pourraient pousser le régime géorgien à croire que tout lui est permis et à faire naître un sentiment d'impunité", a indiqué le ministre russe.

Les exercices multinationaux sous l'égide de l'OTAN Cooperative Longbow 09/Cooperative Lancer 09 se dérouleront en Géorgie du 6 mai au 1er juin. Selon un porte-parole de l'Alliance contacté par RIA Novosti, il s'agit d'exercices d'état-major qui se dérouleront sans armes et ni matériel de guerre.
16 avril - RIA Novosti

Lavrov: les exercices de l'OTAN en Géorgie ne favoriseront pas la stabilité au Caucase

Les prochains exercices de l'OTAN en Géorgie ne favoriseront pas la stabilité au Caucase, a indiqué jeudi en Arménie le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, cité par l'agence Interfax.

"La démonstration du soutien de l'OTAN au régime géorgien va difficilement transmettre un message correct à ceux qui espèrent sincèrement la stablisation au Caucase'", a-t-il déclaré.

Par ailleurs, l'envoyé de la Russie près l'OTAN a exhorté jeudi la direction de l'Alliance à ne pas organiser les exercices en mai en Géorgie.

"Nous présentons un message officiel au secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, proposant que les manoeuvres militaires de l'OTAN en Géorgie, prévues dans un avenir proche, sont reportées ou annulées", a rapporté Interfax, citant le représentant permanent de la Russie à l'OTAN, Dmitri Rogozin.

Le ministère russe de la Défense a répondu jeudi à l'OTAN à propos de ses exercices, disant qu'ils pourraient encourager le régime de Saakashvili à procéder à davantage d'aventures militaires, selon l'agence Itar-Tass.

16 avril (Xinhua) --

Le porte-parole de l'Alliance Robert Pszczel : Exercices de l'OTAN en Géorgie: armes et techniques militaires bannies
Les exercices multinationaux sous l'égide de l'OTAN Cooperative Longbow 09/Cooperative Lancer 09 prévus entre le 6 mai et le 1er juin en Géorgie seront exempts d'armes et de techniques militaires, a annoncé jeudi à RIA Novosti un porte-parole de l'Alliance Robert Pszczel.

"Personne n'utilisera ni les armes, ni les chars", a déclaré M.Pszczel.

"Il ne s'agit pas d'exercices de l'OTAN au sens classique du terme, ce sont des manoeuvres de partenaires dans le cadre du programme Partenariat pour la paix. Elles sont ouvertes à tous les pays partenaires de l'Alliance, y compris la Russie", a-t-il poursuivi.

"Il s'agit d'exercices de coordination (de la coopération entre l'OTAN et les pays partenaires)", a expliqué Robert Pszczel, rappelant qu'en 2008 des exercices de ce type avaient eu lieu en Arménie.

Les exercices multinationaux Cooperative Lancer/Cooperative Longbow doivent se dérouler sur le territoire de la base militaire géorgienne de Vaziani. Composés d'exercices d'états-majors et de manoeuvres sur le terrain, ils réuniront environ 1.300 militaires de 19 pays membres et partenaires de l'Alliance. C'est la première fois que la Géorgie accueille des exercices de cette ampleur.

16 avril - RIA Novosti

 

 

 

 

1-2 Rick Rozoff : La stratégie de l’OTAN : La mer Noire, passerelle du Pentagone vers trois continents et le Moyen-Orient.

En janvier, la Georgie et l’Ukraine ont signé des chartes de partenariat avec l’OTAN. Le 1er avril, l’Albanie et la Croatie ont adhéré à l’Alliance. Le 3-4 avril, à l’occasion du sommet du soixantenaire, la France rejoindra le commandement intégré, c’est-à-dire placera ses troupes sous commandement US. En quelques mois, le Protectorat impérial s’est largement étendu en Europe. Rick Rozoff explique ici la stratégie du Pentagone qui place le contrôle de la mer Noire en priorité de son agenda géopolitique.

La région de la mer Noire relie l’Europe à l’Asie, et l’Eurasie à la masse terrestre du Moyen-Orient par la Turquie, sur sa rive sud, en bordure de la Syrie, de l’Irak et de l’Iran.

Sur sa rive occidentale se trouvent le nord des Balkans et, à son extrémité orientale, le Caucase, un pont terrestre vers la mer Caspienne et l’Asie centrale.

L’Ukraine, la Russie et la stratégique mer d’Azov sont sur ses rives nord.

Compte tenu de sa situation centrale, la mer Noire a été convoitée pendant des millénaires par les grandes puissances : les empires perse et romain, les Grecs et les Hittites, les Byzantins et les Huns, la Turquie ottomane et la Russie tsariste, même la France de Napoléon et l’Allemagne de Hitler dans leurs guerres pour l’unification de l’Europe à l’Asie et au Moyen-Orient.

La fameuse guerre de Troie a été menée pour le contrôle de (Troie/Dardania/Ilium) l’entrée de la mer de Marmara, qui relie la Méditerranée à la mer Noire. Le détroit reliant les deux est encore appelé le détroit des Dardanelles d’après l’ancienne Dardania.

Dans l’Antiquité, un troisième continent fut également impliqué : l’Afrique ; l’historien grec Hérodote a fait valoir que la ville de Colchide, sise sur la mer Noire (et maintenant en Georgie), fut fondée par les Égyptiens et le récit de Virgile, sinon celui d’Homère, du siège de Troie, raconte que Memnon, le roi d’Abyssinie (actuelle Éthiopie), fut tué par Achille lors de la defense de la ville.

Une source d’information roumaine a récemment rappelé l’importance actuelle de la région :

« La mer Noire relie de manière stratégique l’espace européen à l’Asie centrale, le Caucase et le Moyen-Orient, zones de production et de transit des hydrocarbures. » [1]

Les allusions à l’importance de la mer Noire, non seulement pour l’énergie et son transit, mais à des fins militaires globales sont fréquentes dans les citations qui suivent.

Avant la fin du Pacte de Varsovie en 1989 et celle de l’Union soviétique deux ans plus tard, la mer Noire se trouvait hors de portée de l’Occident en général et du Pentagone et de l’OTAN en particulier. Jusqu’en 1991, seuls quatre États bordaient la mer : la Bulgarie, la Roumanie, la Turquie et l’Union soviétique.

La Turquie, élément clé des États membres de l’OTAN, était la seule tête de pont occidentale dans la région, la Bulgarie et la Roumanie, (la seconde de manière plus formelle que réelle), étant membres du bloc de l’Est et du Pacte de Varsovie.

Depuis 18 ans, la situation dans cette région, comme dans beaucoup d’autres, a été transformée et une nouvelle bataille pour son contrôle a vu le jour.

Deux nouveaux États, la Georgie et l’Ukraine, se sont créés sur le littoral, l’Abkhazie s’y ajoutant en août dernier, et tous les anciens pays du Pacte de Varsovie qui n’appartenaient pas à l’ex-Union soviétique sont actuellement membres à part entière aussi bien de l’OTAN que de l’Union européenne – la Bulgarie, la République tchèque, l’ancienne République démocratique d’Allemagne, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie et la Slovaquie – les trois anciennes Républiques soviétiques de la mer Baltique (l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie) étant également membres des deux institutions.

Comme Premen Addy, un commentateur indien, l’écrivait l’été dernier :
« Le nœud de l’OTAN se resserre autour du cou de
la Russie. Des bases militaires états-uniennes et leurs missiles sont déjà installées en Roumanie et en Bulgarie - deux États à partir desquels le Troisième Reich d’Adolf Hitler lança l’invasion nazie de l’URSS - dans une tentative d’étouffer la possible émergence d’un rival dans la région de la mer Noire… » [2]

Un an auparavant, dans une analyse intitulée « La Bulgarie, les bases états-uniennes et la géopolitique de la mer Noire », le site de renseignement en ligne The Power & Interest News Report résumait la situation en ce qui concerne l’un des États clés de la mer Noire, dans les termes suivants : « Géographiquement, la Bulgarie procure aux États-Unis (et à l’OTAN) une plus grande présence dans la région de la mer Noire, à travers laquelle il est prévu de construire des oléoducs et des gazoducs. »
De même, elle est proche de l’ex-Yougoslavie, une zone de tensions constantes, en particulier au cours de la dernière décennie. « Les nouvelles bases [du Pentagone] permettent aux États-Unis de conserver et d’augmenter leur contrôle du pays et au-delà celui du grand Moyen-Orient, puisque Washington dispose maintenant d’une présence militaire dans le sud (
la Vème flotte US est basée à Bahreïn) et d’une présence dans le nord par le biais de la Bulgarie. » [
3]

La Georgie

Depuis 1991, mais surtout depuis la « Révolution des roses » de décembre 2003 [4], les États-Unis ont transformé la Georgie, la frontière orientale de la mer Noire, en une base militaire avancée avec l’envoi en premier lieu des Bérets Verts, puis celui des Marines pour former et équiper les forces armées de ce pays à mener des guerres sur leur territoire et hors de leurs frontières.

La nouvelle armée Georgienne [5]a été testée une première fois en Irak, où un contingent de 2 000 soldats constituait la troisième plus importante force étrangère en Irak jusqu’au mois d’août dernier, quand les GI’s ont rapatrié par les airs ces soldats de leur création pour mener la guerre contre la Russie.

Avant que ne se dissipe l’écho des armes et de l’artillerie en août dernier, les États-Unis avaient envoyé le navire de guerre USS McFaul dans la ville portuaire Georgienne de Batoumi et le fleuron de la VIème flotte, l’USS Mount Whitney, à Poti, avec la mission annoncée à tous les crédules invétérés d’aller livrer « des jus de fruit, du lait en poudre et des produits d’hygiène ».

Batumi est la capitale de l’Adjarie, une ancienne région autonome subjuguée par le nouveau régime « Rose » en avril 2004 après que l’armée de celui-ci, formée par les États-Unis, ait conduit les plus importants exercices militaires jamais menés en Georgie, dans les environs de Poti et l’ait menacé d’invasion. Batumi se trouve juste au sud de la capitale abkhaze de Soukhoumi, où des navires russes étaient alors stationnés. Les navires de guerre des deux grandes puissances nucléaires se sont confrontés au large des côtes de la mer Noire à seulement 75 km de distance.

Dans le même temps, l’OTAN a déployé une force de frappe navale sur la mer Noire, composé de trois navires de guerre US, d’une frégate polonaise, d’une frégate allemande et d’une frégate espagnole équipée de missiles guidés ainsi que de quatre navires turcs, huit autres navires de guerre devant se joindre à la flottille.

Les navires de guerre de l’OTAN se trouvaient à seulement 150 km de leurs homologues russes alors amarrés en Abkhazie.

L’Ukraine

À l’extrémité nord de la mer Noire, les États-Unis conduisirent Sea Breeze, des exercices annuels de l’OTAN, en Crimée ukrainienne, soulevant une indignation massive et les vives protestations de la population, dont le Parlement avait voté, trois jours auparavant, contre la mise en place d’un projet de bureau de représentation des États-Unis lequel, à n’en pas douter, aurait veillé à la fois à faire taire les exigences d’une autonomie accrue, comme les actions anti-OTAN en Crimée et à préparer le terrain pour l’expulsion de la flotte russe de la mer Noire, basée à Sébastopol.

En ce qui concerne le deuxième point, un site d’actualité russe a offert cette analyse :
« Les analystes parlent de plans ukrainiens pour s’affranchir de
la Russie et offrir les bases (militaires) de Crimée à l’OTAN et aux États-Unis, qui salivent tous les deux à l’idée d’une présence militaire dans le bassin de la mer Noire. » [6]

« Une des conditions pour l’adhésion à l’OTAN est l’absence de bases étrangères sur le territoire du pays… [Les autorités « oranges » de l’Ukraine] font ce qu’elles peuvent pour chasser de Crimée la Flotte russe de la mer Noire. Kiev signifie de cette manière à Bruxelles qu’elle est en train de préparer une base pour les navires de guerre de l’OTAN en mer Noire. » [7]

La phase d’intégration de la Georgie et celle prochaine de l’Ukraine, comme des avant-postes militaires du Pentagone furent annoncées en décembre et janvier, respectivement, lorsque Washington signa des chartes de partenariat stratégique avec Kiev d’abord, puis Tbilissi. Quelques mois auparavant, et quelques jours seulement après que la Georgie eut lancé son attaque sur l’Ossétie du Sud et les forces russes de maintien de la paix présentes là-bas, déclenchant la guerre en août dernier, les 26 membres de l’OTAN ont envoyé dans la capitale Georgienne des représentants dans le cadre d’une délégation, pour établir une nouvelle Commission OTAN-Georgie.

Dans le même temps, en Ukraine, le régime de Victor Iouchtchenko, qui est parvenu au pouvoir grâce à la « révolution orange » de décembre 2004 financée et dirigée par les États-Unis [8], et dont l’épouse Kathy née et élevée à Chicago est une ancienne fonctionnaire du Département d’État sous Reagan et du Département du Trésor (ministère des Finances US, NdT) de George H.W. Bush, qui a été décrite par un de ses admirateurs zélés comme « une Reaganienne parmi les Reaganiens », a utilisé le déploiement des navires russes de la mer Noire pendant la guerre avec la Georgie pour faire pression sur cette flotte, allant jusqu’à dire que les navires pourraient ne pas être autorisés à revenir à Sébastopol.

Plusieurs semaines après la fin des hostilités dans le Caucase, Washington a envoyé un navire de collecte de renseignement, l’USS Pathfinder, dans le port de Sébastopol.

La junte Iouchtchenko a renouvelé ses accusations contre la flotte russe à la fin du mois dernier à une autre occasion, un peu plus d’un mois après la signature de la Charte de coopération stratégique avec Washington.

La mer Noire est reliée à la mer d’Azov, presque entièrement entourée par la Russie, par le détroit de Kertch, qui fut le théâtre d’une confrontation entre la Russie et l’Ukraine en 2003.

Un journal russe a expliqué à l’époque ce qui était en jeu dans le conflit :
« Le détroit de Kertch au centre du différend de
la Russie avec l’Ukraine contrôle l’accès à la mer d’Azov, qui est réputée avoir des réserves d’hydrocarbures largement inexploitées. » Aucun accord sur les droits de propriété des éventuelles ressources en pétrole et en gaz n’a été décidé entre les deux pays, malgré des années de négociations pour délimiter le fond marin. « Bien qu’il y ait peu de chances que ce soit une deuxième mer Caspienne, les géologues pensent que la mer d’Azov fait probablement partie de la même veine de gisements d’hydrocarbures qui s’étend, par la mer Noire, du sud de l’Ukraine et de la Russie jusqu’à la Caspienne et au-delà. » [9]

L’agence états-unienne Stratfor compléta le propos avec cette brève analyse :
« Le détroit de Kertch est un canal d’une quarantaine de kilomètres de long, d’une largeur ne dépassant pas 15 kms, reliant la mer Noire, d’une importance capitale, à la mer d’Azov au large de la frontière russe du Caucase du Nord. Il a servi comme un emplacement stratégique pour certaines batailles dans le passé, de la guerre de Crimée à l’affrontement naval germano-soviétique lors de
la Seconde Guerre mondiale. Pour la Russie, le détroit de Kertch est un prolongement du Caucase du Nord vers la région criméenne de l’Ukraine, qui est l’une des régions les plus pro-russes de ce pays et où se trouve le port d’attache de la flotte russe de la mer Noire située à Sébastopol. » [10]

Plus concise et plus directe encore, il y a quelques semaines, cette citation figure dans une dépêche de presse ukrainienne :
« Les aspirations euro-atlantistes de l’Ukraine exigent qu’elle résolve tous ses problèmes, y compris ses différends frontaliers. Ils ont besoin d’une frontière [dans le détroit de Kertch] pour une seule et unique raison : afin d’être en mesure d’adhérer à l’OTAN dès que possible. » [
11]

La Bulgarie et la Roumanie

Les États-Unis ont signé des Chartes de partenariat stratégique avec la Georgie et l’Ukraine au cours des deux derniers mois et les deux nations sont les éléments centraux de Washington pour sa mainmise sur la mer Noire et même sur l’ex-Union soviétique dans son ensemble.

Elles sont les principaux fulcra (soutiens, points d’appui, NdT) pour la création par les États-Unis du bloc du GUAM (Georgie, Ukraine, Azerbaïdjan, Moldavie) initialement créé en 1997 comme principale voie de transit pour les guerres énergétiques eurasiennes du XXIe siècle et aussi pour saper et détruire la Communauté des États indépendants post-soviétique. Elles sont également les pierres angulaires du partenariat oriental de l’Union européenne.

Mais à ce jour, l’accent principal de la campagne du Pentagone pour sa conquête de la région de la mer Noire, et sans doute le principal point focal pour son déplacement vers l’est et le sud, sont la Bulgarie et la Roumanie [12].

Les deux nations ont été officiellement admises au sein de l’OTAN lors du sommet de l’Alliance à Istanbul en 2004 et sont depuis devenues les derniers membres de l’Union européenne - peut-être dans les deux sens du terme : plus récentes et finales.

La Bulgarie et la Roumanie avaient toutes les deux refusé que la Russie utilise leur espace aérien pour le transport d’approvisionnements pour les troupes que cette dernière avait déployées Kosovo en juin 1999.

La Russie agissait pourtant dans le cadre de ses droits aux termes de la résolution 1244 des Nations unies afin de protéger les communautés de minorités ethniques dans la province serbe, mais il est clair que la Bulgarie et la Roumanie suivaient les ordres des États-Unis et de l’OTAN dans le blocage de ces vols.

Savoir, si les deux nations auraient intercepté les appareils russes, ou même ouvert le feu sur eux dans le cas où la Russie aurait persisté dans son intention première, reste une question de conjectures…

Plus tard, en 2002, la Roumanie autorisa les États-Unis à utiliser sa base aérienne de Mikhail Kogalniceanu pour préparer l’invasion de l’Irak en mars de l’année suivante.

En décembre 2005, la secrétaire d’État états-unienne Condoleezza Rice se rendit dans la capitale roumaine pour signer un accord d’utilisation - de prise de contrôle - de quatre bases militaires, la base aérienne susmentionnée de Mihail Kogalniceanu et celles de Babadag, Cincu et Smardan.

Les États-Unis expliquèrent à l’époque, qu’ils utiliseraient les quatre bases pour la formation, y compris les exercices conjoints et multilatéraux, l’acheminement de soldats et d’approvisionnements pour les guerres menées en Afghanistan et en Irak.

Et le territoire de la Roumanie a rempli cette mission depuis lors.

En avril de l’année suivante, en 2006, les États-Unis signèrent un accord similaire avec la Bulgarie voisine et l’utilisation de trois de ses principales bases militaires - la base aérienne de Bezmer, Novo Selo et l’aérodrome de Graf Ignatievo.

Les deux pactes ont été signés pour une durée initiale de 10 ans.

Les États-Unis obtinrent l’autorisation de maintenir des troupes - les estimations varient de 5 000 à 10 000 – de façon permanente ou en rotation dans les deux pays.

Dans le cas de la Bulgarie, ce sera la première fois que des troupes étrangères ont pris position sur son sol depuis que les forces nazies de la Wehrmacht furent chassées en 1944, et, pour la Roumanie depuis le retrait des troupes soviétiques en 1958.

Les sept sites dans les deux pays sont les premières bases militaires US sur le territoire du défunt Pacte de Varsovie.

La base aérienne de Bezmer en Bulgarie est une très grande installation, comparable en taille à celle de Mihail Kogalniceanu en Roumanie ; son échelle et l’objectif des campagnes, actuelles et futures, dans l’est et le sud, sont indiqués par cette description bulgare :
« … Selon l’accord américano-bulgare, la base aérienne... va acquérir le statut d’installation militaire stratégique dans deux ans, comme la base aérienne d’Incirlik en Turquie et celle d’Aviano en Italie. » [
13]

Le même journal ajouta que : « L’aéroport militaire de Bezmer près de la ville de Yambol (au sud de la Bulgarie), sera transformé en l’une des six nouvelles bases aériennes stratégiques en dehors des frontières américaines. » [14]

Fin 2006, l’hebdomadaire britannique Jane’s Defence Weekly informait ses lecteurs sur la stratégie du Pentagone pour se positionner dans la région de la mer Noire :
« Les nouvelles bases aériennes terrestres et maritimes le long de la mer Noire offriront un accès amélioré en termes de contingences pour les déploiements en Asie centrale, vers certaines parties du Moyen-Orient et en Asie du sud-ouest. » [
15]

À l’autre bout de la planète Lin ZhiYuan, vice-directeur du Bureau des affaires militaires au Département de Recherche de l’Académie chinoise des sciences militaires, a évalué l’évolution de la situation de la même manière, mais avec inquiétude :
« De nouvelles bases militaires, des aéroports et des bases d’entraînement seront construites en Hongrie, en Roumanie, en Pologne, en Bulgarie et dans d’autres nations comme autant de passerelles vers certaines zones, dans le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Asie pour de possibles actions militaires dans les années à venir. » [
16]

Les deux précédentes analyses ont été confirmées par l’armée états-unienne elle-même l’année suivante, lorsque le général de division Mark Hertling, chef des opérations de l’armée US en Europe et adjoint en chef de l’état-major, a parlé de la Roumanie dans une publication de l’armée : « [Elles se trouvent] dans un endroit stratégique, avec de nouveaux partenaires, vraiment un lieu qui historiquement a été un itinéraire de transit pour les méchants ("bad guys"). »

Dans cette interview, il ajoutait : « Les bases opéreront selon un système de rotation des troupes américaines qui s’entraineraient sous le commandement de la Force opérationnelle interarmées Est (Joint Task Force East), dont le siège se trouve sur la base aérienne de Mihail Kogalniceanu. Les États-Unis ont signé avec la Roumanie, en décembre 2005, un accord de coopération portant sur la defense pour permettre aux forces américaines d’utiliser ce pays anciennement communiste à des fins de formation, de prépositionnement des équipements, et, si nécessaire, pour la mise en place et le déploiement de troupes dans des zones de conflits. » [17]

Deux mois après l’accord américano-bulgare, les États-Unis ont conduit des exercices militaires conjoints en Bulgarie, dans lesquels le dirigeant des troupes locales impliquées expliquait avec enthousiasme : « Nous voulons être intégrés dans le cadre des forces de l’OTAN. Nous voulons mener des exercices expéditionnaires dans le cadre de l’OTAN. » [18]

Les simulations de guerre, appelé « Réponse immédiate 2006 », ont été conçues pour inclure les nouvelles bases en Bulgarie et en Roumanie et mettre en œuvre les plans du Pentagone datant de l’ère Rumsfeld qui permettent aux militaires US d’entrer en action plus rapidement vers l’Est et le Sud.

Dans son rapport au sujet de ces exercices, le principal quotidien des forces armées US offrait cette analyse de fond : « Selon les accords, les États-Unis seraient en mesure d’utiliser les bases roumaines et bulgares pour pré-positionner de l’équipement et envoyer des troupes américaines et leur équipement sur le front si nécessaire. Les "sites d’opération avancés", comme le secrétaire à la Defense Donald Rumsfeld les appelle, se situeraient en Roumanie à Smardan (Training Range), à Babadag (centre d’entraînement et tête de pont de la voie ferrée) à Mihail Kogalniceanu (base aérienne) et à Cincu (Training Range). » [19]

Un civil bulgare cité par la même source a déclaré : « Chaque jour, nous pouvons les voir (les troupes américaines) dans les villes et les villages. » [20]

En septembre de la même année, « Sofia et Washington devaient signer environ 13 accords additionnels pour réglementer l’utilisation conjointe de plusieurs bases militaires en Bulgarie. Le ministre de la Defense, Veselin Bliznakov a annoncé que la semaine prochaine, les experts du Centre US de commandement européen (EUCOM) arriveront en Bulgarie pour travailler sur l’ébauche des documents. » [21]

Les pactes avec la Bulgarie et la Roumanie peuvent, comme d’habitude dans de tels cas, être utilisés conjointement par l’OTAN puisque les trois signataires sont membres de l’Alliance.

Dans une dépêche des forces armées états-uniennes intitulée « England-based airmen head to NATO exercise in Bulgaria », il a été signalé qu’un « escadron britannique souhaite conduire des essais d’armement à guidage laser et d’autres armes sur un terrain militaire en Bulgarie, ainsi que la formation en vol des avions bulgares MiG-29 et MiG-21 » dans le cadre de simulations de guerre appelées « Exercice Immediate Response ». [22]

Plus tard, l’OTAN a poursuivi sa progression par bonds en Bulgarie, comme le détaillait un article intitulé « Des bases de l’OTAN peuvent être mises en place près de Sungulare en Bulgarie » qui annonçait ceci : « L’OTAN a demandé si les anciens bâtiments d’une brigade de tanks dans la ville de Aitos pouvaient être transformés en une base de réserve de stockage. L’OTAN prévoyait de stocker ici le matériel nécessaires pour un ou deux bataillons, lesquels seraient basés à Novo Selo et Bezmer. » [23]

En fait, l’OTAN a réussi à s’assurer sa propre base.

« L’OTAN va payer 150 millions de dollars à la municipalité de Sungurlare (au centre de la Bulgarie) en échange d’une parcelle de terrain communal pour la construction d’une base militaire. » [24].

La comparaison entre la base aérienne bulgare de Bezmer et les principales bases aériennes stratégiques (pour les bombardements) des États-Unis et de l’OTAN situées à Aviano, (en Italie) et à Incirlik, (en Turquie) fut établie plus tard, et ce rapport a confirmé l’exactitude de l’analogie, même s’il faisait référence à une autre base aérienne.
« L’OTAN déplacera ses avion de la base aérienne américaine à Aviano, en Italie du nord, à la base aérienne de Graf Ignatievo, près de Plovdiv en Bulgarie. » [
25]

L’article de presse ci-dessus décrivait le transfert comme temporaire, mais ce pourrait être un signe de ce qui est prévu à l’avenir.

Aviano fut la principale base utilisée par les États-Unis et l’OTAN dans leur opération « Deliberate Force », le bombardement de la République serbe de Bosnie en 1995, et lors de la campagne de terreur de 78 jours que fut le bombardement de la Yougoslavie en 1999.

Pour ne laisser aucun doute quant à la manière dont le Pentagone a réussi à obtenir ses sept nouvelles bases pour des attaques dirigées vers l’Est et le Sud, à l’automne 2007, « un général du Commandement Sud de l’OTAN (à Naples) inspectera les unités bulgare, états-unienne et roumaine qui participeront aux exercices militaires d’une durée de deux semaines qui auront lieu près de la ville de Sliven, dans le sud de la Bulgarie. » [26]

Et pour dissiper tout malentendu quant à l’identité de la cible principale des bases acquises par les États-Unis et l’OTAN, en juin 2007, le président russe Vladimir Poutine, se référant au schéma mis en place d’une « nouvelle base en Bulgarie, une autre en Roumanie, un site en Pologne, un radar en République tchèque », demanda de manière rhétorique : « Que sommes-nous supposés faire ? Nous ne pouvons pas simplement nous contenter d’observer cela. » [27]

La gravité et l’urgence de la menace perçue par la Russie furent telles que le général Vladimir Chamanov, conseiller du ministre russe de la Defense, a ainsi été cité : « Nous allons pointer nos missiles vers les installations de l’armée états-unienne en Bulgarie et en Roumanie ». [28]

Cette préoccupation a été reprise par le ministère russe des Affaires étrangères :
«
La Russie a de nouveau exprimé sa préoccupation au sujet du déploiement d’installations militaires états-uniennes en Bulgarie et en Roumanie. "Nous sommes profondément préoccupés, car une telle démarche implique une expansion des forces américaines dans les pays, qui, il n’y a pas si longtemps, étaient des alliés de la Russie", a déclaré Anatoly Antonov, chef du Département de la sécurité et du désarmement au ministère russe des Affaires étrangères, lors d’une conférence extraordinaire sur le Traité des Forces conventionnelles en Europe (DOVSE), qui s’est tenue à Vienne. » [29]

Les militaires russes, conscients de la répercussion des déploiements, ont exprimé leur inquiétude en la personne du général Vladimir Nikishin, un représentant du Département de la coopération militaire internationale au ministère de la Defense, qui a dit : « L’emplacement des bases de l’OTAN en Bulgarie et en Roumanie signifie en réalité que l’Alliance est en train de créer les bases pour la mise en place de ses forces en Europe de l’Est, ce qui est en contradiction avec le Traité sur les forces conventionnelles en Europe ».  [30]

Deux mois après, Sergei Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères ajoutait : « La Russie a du mal à comprendre certaines décisions de l’OTAN, comme par exemple, le déploiement d’installations militaires américaines en Bulgarie et en Roumanie. » [31]

Enfin, Iouri Balouïevski, alors chef de l’état-major des forces armées russes, craint que « … les plans sont en cours pour mettre en place de nouvelles bases militaires états-uniennes en Bulgarie et en Roumanie, et contrairement à la Russie, aucun pays de l’OTAN n’a jusqu’à présent fait le moindre geste pour ratifier le traité FCE modifié. » [32]

Ces appréhensions ne pouvaient pas avoir été apaisées par les observations de Solomon Passy, ancien ministre bulgare des Affaires étrangères, qui préconisait cette année-là que le déploiement des forces aériennes, d’infanterie et navales états-uniennes soit suivi par celui de missiles.

« Après le traité de l’OTAN et l’accord sur les bases militaires communes en Bulgarie, je pense que ce sera la prochaine étape stratégique qui permettrait de renforcer la sécurité du pays, de la région et de l’ensemble de l’Europe… Ce bouclier doit être [installé] au-dessus de tous les États membres de l’OTAN et de l’Europe. » [33]

Les craintes russes ne pouvaient pas non plus être atténuées par l’annonce, le même mois, selon laquelle « les ministres de la Defense de l’OTAN sont convenus lors de leur séance de vendredi à Bruxelles d’engager des procédures pour l’ajout d’un système de defense antimissile de courte portée en Europe de l’Est à la demande des États-Unis qui proposent également la Bulgarie ». [34]

Un peu plus d’un an après la signature de l’accord sur les bases américano-bulgares, il a été annoncé que les troupes états-uniennes allaient y prendre position, tout comme en Roumanie et que « les bases font partie d’un plan ambitieux visant à transférer les brigades de combats dépendant de l’EUCOM [European Command, le poste de commandement européen du Pentagone] de l’Europe de l’Ouest – essentiellement l’Allemagne – à des bases avancées plus proches de la région du Caucase, des Balkans, du Moyen-Orient et d’Afrique, pour une capacité de frappe plus rapide. » [35]

Et la même source d’ajouter :
« Quand ce processus de repositionnement sera terminé, les deux tiers des forces de manœuvre de
la USAREUR [armée des États-Unis en Europe et 7e Armée] seront positionnés dans l’Europe du Sud et de l’Est », a écrit [le commandant en chef de l’EUCOM et de l’OTAN John] Craddock dans un rapport au Sénat états-unien. « USEUCOM a demandé 73,6 millions de dollars pour construire la base aérienne de Mikhail Kogalniceanu, en Roumanie, et établir une station d’opérations avancée en Bulgarie. » [36]

En 2007, la base aérienne de Mihail Kogalniceanu a accueilli le premier contingent de GI’s déployé en Roumanie et la Joint Task Force-East de l’US European Command, qui vient d’être formée, anciennement la Eastern Europe Task Force .

Le nom de cette unité en dit long.

Dès que les bases aériennes, terrestres et navales bulgares et roumaines ont été acquises, le Pentagone s’est proposé de les agrandir et de les intégrer à celles de ses autres partenaires militaires de la mer Noire : la Georgie et l’Ukraine.

Se référant spécifiquement aux bases de Roumanie, il a été signalé qu’« il est également possible que les troupes d’autres nations utiliseraient les sites d’entrainement, et que les forces états-uniennes en place là-bas, dans le cadre de leur mission de six mois, se rendent dans des pays proches comme la Georgie et l’Ukraine pour de courtes missions de formation. » [37]

Du 14 au 16 mai 2007, le commandant des Forces aériennes des États-Unis en Europe, le général Tom Hobbins, a rendu visite à des dirigeants de la defense et de l’armée de l’Air en Bulgarie et en Georgie pour discuter des capacités, de la modernisation et des objectifs futurs de l’armée de l’Air. » [38]

Le mois suivant, regardant « à l’est vers la mer Noire et au sud vers l’Afrique », le même commandant a dit : « La Bulgarie et la Roumanie ont plus d’une douzaine de projets où les pistes sont renforcées, les installations [et] les bâtiments en construction. Nous profitons donc effectivement du fait que l’OTAN dépense beaucoup d’argent… » [39]

En février 2007, Reuters signalait que pour rendre maximale l’utilisation des pistes que mentionnait Hobbins, les États-Unis avaient vendu à la Roumanie 48 nouveaux avions de combat et rappelait que « les installations roumaines et les bases bulgares seront les premières installations militaires états-uniennes dans l’ex-bloc soviétique. » [40]

En août, les États-Unis lançaient des exercices militaires en Roumanie pour inaugurer ses nouveaux sites et lancer sa nouvelle Joint Task Force-Orient, un processus mené avec tambours et trompettes :
« Quelque 1 000 civils et du personnel militaire principalement basé en Europe participeront à une cérémonie tenue aujourd’hui pour marquer le premier déploiement par les États-Unis de
la Force opérationnelle interarmées Est. » [41]

L’importance de l’exercice, baptisé « preuve de principe » (Proof of Principle), a été soulignée comme le signe que « la nouvelle ère militaire états-unienne en Europe de l’Est a commencé ».

La même source d’information poursuivait :
« Les forces militaires américaines et roumaines ont marqué le début d’un exercice historique de deux mois qui servira d’essai pour des milliers de soldats américains qui viendront par rotations en Roumanie et en Bulgarie dans les années à venir. » [
42]

Deux mois après, les États-Unis organisaient les exercices de guerre aérienne Rodopi Javelin 2007 sur la base aérienne de Graf Ignatevio en Bulgarie où des F-16 US ont pu pratiquer contre des MiG-29s bulgares de fabrication russe.

Plus tôt dans l’année, un destroyer états-unien, le San Jacinto, accostait dans le port bulgare de Varna sur la mer Noire.

En avril de l’année dernière, les États-Unis reprirent les premiers exercices aériens communs, également à la base de Graf Ignatevio. Des exercices similaires furent effectuées en Roumanie et dans les deux pays, des avions de guerre US eurent la possibilité de tester leurs capacités contre des avions de fabrication russe.

Un mois après, l’ambassade états-unienne a annoncé « un accord de rénovation d’une base militaire bulgare, l’une des quatre qui seront utilisées… à l’automne 2008. » Le camp de Novo Selo, dans l’est de la Bulgarie fera l’objet d’une rénovation 6,5 millions de dollars par l’entreprise allemande Field Camp Services (FCS). « Le Pentagone a également mis de côté quelque 60 millions de dollars pour la construction d’une base permanente, à Novo Selo. » [43]

En juin une source d’information bulgare écrivait dans un article intitulé « L’armée US construit une ville près de Novo Selo » :
« 500 soldats et officiers vont s’installer de façon permanente en Bulgarie, 2 500 autres vivront dans les bases de Bezmer, Novo Selo, Graf Ignatievo et Aitos selon un principe de rotation. » Cela signifie que, jusqu’à 5 000 soldats pourront utiliser les bases en cas de besoin… Les premiers militaires états-uniens arrivent en Bulgarie en août. « Plus de 1 200 soldats participeront un exercice d’une durée de 3 mois appelé "
La Panthère bulgare". » [44]

Le lendemain, un autre article bulgare parut au sujet de l’expansion des sites militaires états-uniens dans le pays :
« La base militaire états-unienne qui va être construite près de Novo Selo ... devrait être de la taille moyenne d’une ville bulgare … 500 US rangers et leurs familles au complet doivent arriver à la base et y vivre en permanence lors de leur déploiement en Bulgarie. " 2 500 autres GI’s utiliseront en rotation les installations militaires de Bezmer, Graf Ignatievo et Aitos … L’aéroport militaire de Bezmer ... est prévu pour devenir l’un des 6 aéroports militaires stratégiques hors du territoire des USA… » [
45]

Cela s’est passé de la même manière en Roumanie.

« La construction d’une base américaine permanente en Roumanie pouvant accueillir 1 700 soldats est en bonne voie, avec des travaux pour une installation semblable, d’une capacité de 2 500 personnes, qui doit commencer en Bulgarie cet hiver, selon un responsable américain. » [46]

En août 2008, Jake Daystar, l’adjoint du Bureau de la coopération de defense à l’ambassade des États-Unis à Sofia a donné une interview à une agence de presse bulgare dans laquelle il a dit parlant de l’une des nouvelles bases américaines dans le pays : « Le but principal de la base est d’améliorer nos capacités par la formation tant des troupes de l’OTAN que des divisions de l’armée américaine … Les impératifs sont cachés … avec sa situation géographique, la Bulgarie a toujours été un pays d’une importance stratégique, car il est au carrefour entre l’Asie et l’Europe. » [47]

Si Daystar a été cité avec précision, ses commentaires contiennent une étonnante admission. Les divisions de l’armée états-unienne varient en taille de 10 000 à 30 000 soldats. Toutefois, peut-être a-t-il utilisé le terme de « divisions » pour signifier des unités différentes, plutôt que dans son sens précis et officiel.

En septembre de l’année dernière, les préoccupations russes concernant l’escalade dans l’accumulation de la puissance militaire US dans la mer Noire n’ont pas diminué, et citant les nouvelles bases du Pentagone en Bulgarie et en Roumanie, ainsi que ses plans de bouclier antimissile et l’élargissement des frontières de l’OTAN, le ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov a déclaré : « La parité en tant que fondement de l’équilibre stratégique dans le monde a été violé. » [48]

Dans les jours suivant l’avertissement Lavrov, il a été signalé que « les navires de guerre états-uniens feront escale dans les ports bulgares de Varna et Burgas, et des exercices impliquant les États-Unis et les forces aériennes bulgares sont également prévus le mois prochain… » [49]

Au moment même où sortait cette dépêche, les troupes US et bulgares étaient engagés dans le cadre d’un entraînement militaire à Novo Selo et « Le président bulgare Georgi Parvanov et le général Carter Ham, commandant de l’armée états-unienne en Europe, assistaient aux exercices… »

Le reporter ajoutait : « Plus de 62 millions de dollars seront consacrés aux installations permanentes et à l’équipement de ce camp d’entrainement au cours des deux prochaines années, et la construction devrait être achevée d’ici là. » [50]

La Bulgarie et la Roumanie, désormais membres à part entière de l’OTAN depuis près de 5 ans, ont déployé des contingents militaires dans les Balkans, en Afghanistan et en Irak et ont perdu des soldats dans les deux derniers pays.

Bien que ni l’un ni l’autre n’hébergeait de forces soviétiques ou des bases du Pacte de Varsovie au cours de la Guerre froide, les deux se trouvent sur la ligne de front des guerres à venir dans la région de la mer Noire, comme celui d’août dernier entre la Georgie et la Russie, qui aurait facilement pu impliquer l’Ukraine et, sous le prétexte de défendre l’Ukraine, l’OTAN et les États-Unis directement.

Comme le président roumain Traian Basescu l’a déclaré en août dernier, dans un article intitulé « La Roumanie est responsable de la protection des frontières de l’OTAN et de l’UE ». « La Marine roumaine est responsable au nom de l’UE et des pays alliés ». [51]

La Roumanie et la Bulgarie seront tous deux tenus à cet engagement. C’est l’une des principales raisons pour lesquelles ils ont été incorporés au sien de l’Alliance.

Les deux seront appelés à intervenir dans l’ex-Yougoslavie – au Kosovo et en Bosnie - si leurs maîtres à Washington et à Bruxelles le décident.

Ils sont tous les deux impliqués dans le tranfert des troupes et du matériel de guerre en Afghanistan et l’occupation de l’Irak.

Depuis deux ans maintenant, il a été mentionné à maintes reprises que, les bases aériennes bulgares désormais américano-bulgares, peuvent être utilisées pour des attaques contre l’Iran, comme récemment, par l’envoyé russe Dmitry Rogozin en septembre dernier.

L’expansion militaire des États-Unis et des alliés de l’OTAN vers la mer Noire est destinée à couvrir les quatre points cardinaux.

Un promoteur de cette dangereuse stratégie, Vakhtang Maisaia, président de l’Association de politique étrangère de la Georgie, a présenté ce résumé concis mais complet de ce que cela implique :
« La mer Noire est un élément géostratégique essentiel de l’Alliance en conjonction avec la mission de
la FIAS (Force Internationale d’Assistance et de Sécurité de l’OTAN) en Afghanistan, les opérations logistiques au Darfour, la mission de formation de l’OTAN en Irak, et les opérations de maintien de la paix au Kosovo. Actuellement, certains signes de l’intérêt nouveau de l’OTAN dans la région de la mer Noire, composée du Caucase du Sud, des régions et sous-régions du Sud-Est de l’Europe et de la mer Noire elle-même, peuvent être observés sous le prisme des intérêts géoéconomiques (y compris les réserves énergétiques de la Caspienne) … » [
52]

« Avec l’inclusion de la Roumanie et la Bulgarie dans l’Alliance, la mer Noire a été incorporée à la zone opérationnelle concernée par l’article 5 de l’OTAN (la defense collective) où l’activation de la Task Force conjointe et combinée (une force déployable, multinationale, multi-tâches avec une composante terrestre et de semblables composantes aériennes et navales) est possible. »

« En cas de crises qui mettent en péril la stabilité euro-atlantique, et pourraient affecter la sécurité des membres de l’Alliance, les forces militaires de l’Alliance pourraient être appelées à effectuer des opérations de réponse à ces crises ». [53]
Rick Rozoff*

Rick Rozoff is an investigative journalist, specialised in NATO affairs.

1er avril 2009

Article original publié par par Global Research, Canada, sous le titre « Black Sea : Pentagon’s Gateway to Three Continents and the Middle East ».
Version française d’Arno Mansouri pour le Réseau Voltaire.

[1] Nine O’Clock News, 14 mai 2008.

[2] Daily Pioneer, 16 août 2008.

[3] The Power & Interest News Report, 29 août 2007.

[4] « Les dessous du coup d’État en Georgie », par Paul Labarique, et « Coups de maîtres sur l’échiquier Georgien », Réseau Voltaire, 7 janvier et 19 mars 2004.

[5] « Les États-Unis mettent en place le recrutement de volontaires en Georgie », Réseau Voltaire, 2 février 2005.

[6] La Voix de la Russie, 28 mai 2008).

[7] La Voix de la Russie, 22 mai 2008.

[8] « Washington et Moscou se livrent bataille en Ukraine », par Emilia Nazarenko et la rédaction, et « Ukraine : la rue contre le peuple » Réseau Voltaire, 1er et 29 novembre 2004.

[9] Moscow Times, 24 octobre 2003.

[10] Stratfor, 10 novembre 2008.

[11] Interfax-Ukraine, 31 janvier 2009.

[12] « L’OTAN, une féodalité contemporaine », par Serge Marchand, Réseau Voltaire, 7 avril 2004.

[13] Standart News, 10 juin 2007.

[14] Standart News, 6 juin 2007.

[15] Sofia Echo, 17 novembre 2006.

[16] People’s Daily, 5 décembre 2006.

[17] Stars and Stripes, 4 mai 2007.

[18] Stars and Stripes, 22 juillet 2006.

[19] Stars and Stripes, 5 juillet 2006.

[20] Stars and Stripes, 24 juillet 2006.

[21] Sofia News Agency, 21 septembre 2006.

[22] Stars and Stripes, 13 juillet 2006.

[23] Sofia Echo, 3 ja<

 

 

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21/04/2009

NATO, Strasbourg and the Black Block

http://www.youtube.com/watch?v=IJmt3dr9XYQ

 

Ingredients for a Disaster

NATO, Strasbourg and the Black Block

By DIANA JOHNSTONE

NATO creates threats wherever it goes. That is its business. Whether in Afghanistan or in Strasbourg, the foreign military presence provokes violent rebellion, especially from young men who feel challenged. Their violent rebellion is cited to justify an increase in repressive violence. And so it goes…

This cycle of violence was played out last Saturday, April 4, in Strasbourg, where thousands of police and a small number of Black Block street fighters stole the show from what should have been the launching of a new European mass movement against NATO war policy. The peace demonstration was squashed and disintegrated by armed police as black-hooded youths threw stones and set fires.

In this cycle of provocation, there is no doubt who started it: NATO. The lavish celebration of NATO’s 60th anniversary, held in the Rhineland cities of Strasbourg, Kehl and Baden Baden over the weekend, was an insult to the citizens. After all, if President Obama and the other leaders of the self-proclaimed free world of democracies are so popular, why must their host cities be turned into heavily armed fortresses to receive them? If Europeans welcome NATO protection, why must they be held at gunpoint miles away from their benefactors? But of course NATO is not a defense force. From the bombing of Serbia ten years ago to Afghanistan today, NATO has been progressively transformed into a foreign expeditionary force. The draconian security measures clamped onto three peaceful, conservative European cities, which confined people to their homes, resembled a foreign occupation. Despite the momentary popularity of Obama, the NATO summit illustrated the drastic and growing gap between ordinary people and their leaders. A great salesman, Obama tried to persuade Europeans that they are even more endangered by Osama bin Laden and Al Qaeda than Americans, and should pay their tribute in tax money and soldiers to eradicate this threat off somewhere in distant Afghanistan, or is it Pakistan, or who know where? European media largely evaded this embarrassingly absurd notion by concentrating on what Michelle Obama was wearing. But tens of thousands of European citizens made their way to Strasbourg hoping to register their disagreement. They had arguments they wanted to make heard. They ended up being tear-gassed, herded into pens and terrified. Many of them will probably never venture into a mass demonstration again.

Responsibility for a Fiasco

The responsibility for this fiasco is threefold. The most responsible are, of course, the security forces which are getting nastier and nastier all over Europe in their treatment of demonstrations. With helicopters hovering noisily overhead, phalanxes of helmeted police "kettled" people into small, separated spaces, sometimes surrounded by metal fencing from which escape is impossible. It amounts to treating people like cattle destined for the slaughter-house. Groups that had planned to get together were unable to find each other. Well over ten thousand police employed an arsenal of up-to-date anti-personnel weapons against a similar number of defenseless demonstrators, firing tear-gas canisters, rubber bullets and stun guns to break up the rally and then to disperse people who were already dispersed and had no idea where they could go. The chaos was total.
All that was deliberate.

But a share of responsibility belongs to the organizers, if that is the proper term for an event so dismally lacking in organization. The April 4 anti-NATO demonstration was called by a collective of French activist groups, none of which had the authority to impose a coherent plan. By dint of seniority, the relatively conservative Mouvement de la Paix seems to have exercised the greatest authority, notably by supporting the disastrous decision to accept the French government’s choice of site for the rally. Instead of being allowed to meet in a city square and march through the streets of Strasbourg with their banners, slogans and bits of street theater, the peace demonstrators were exiled to a peripheral island between the Rhine and a large shipping canal, with only two bridges as access. Anyone looking at a map could see that this site was unacceptable for several reasons. It was hard to reach – about eight kilometers from the railroad station – especially on a day when all public transportation was shut down and the city center was off limits. The terrain was rough and confusing. It was out of sight of any public the demonstrators might want to communicate with – in short, no "communication" with fellow citizens was possible. And worst of all, it was an obvious trap, a perfect place for police to practice their kettling techniques. Yet the organizers accepted this unacceptable site, and then failed to organize any protection service of its own.
Still, the Prefecture (regional authority) had made certain promises in return for agreement to this unfavorable site. These promises were flagrantly violated. Streets and bridges that were supposed to be open were periodically blocked by police. Curiously, several thousand peaceful demonstrators were blocked on the German side of the Rhine, and never joined the rally, whereas German Black Blockers were active on the scene. In general, the police treated peaceful demonstrators as the enemy in a civil war, while doing nothing to protect people or property from the violent minority.

The rally itself, held in an indentation on this island, was distracted by the unnerving spectacle of a nearby hotel going up in flames. Helicopters drowned out speakers and music. The subsequent march was never able to take place. Totally disoriented demonstrators were left to their own devices, in a strange and hostile environment, as they tried to flee from tear gas through a maze of police traps.

The Black Block

The peace demonstrators were totally upstaged by the Black Block, described in France as "casseurs", smashers. Unlike the non-violent protesters, they appear on video film to be having a great time, battling with police. Chances are that they may be looking back on their exploits with pride and satisfaction.

The Strasbourg disaster makes it clear that the anti-NATO movement, to survive, must deal with three problems: its own flagrant organizational weaknesses, police repression and the Black Block.

A question that goes the rounds is this: are the Black Block smashers police provocateurs? Unable to investigate this matter seriously, my own intuitive answer would be: subjectively no, objectively yes. Certainly they can’t all be police wearing black hoods. Most of them surely believe they are "fighting against capitalism", as they proclaim. But objectively, they do the job of justifying the very police repression they combat so enthusiastically.
To err is human.  Bad intentions flourish, but error is even more common. An advanced, civilized peace movement should be able to try to apply the alternative to war – reasonable argument – in all circumstances. We should argue with people who are mistaken about NATO, to explain what is wrong with it. And we should argue with people in the Black Block, to explain what is wrong with their form of protest.

How to enter such a dialogue is not obvious. Assuming that not all of the Black Block people are police provocateurs, if I could, I would ask the presumably sincere ones to consider the following:

Black Block fighters should question their own motives. Let’s face it, throughout history, young men have enjoyed banding together to fight their enemy. Testosterone and adrenalin are not political arguments. But they are great stimulants to hurling projectiles at the armed foe. Lightly armed street fighters easily feel victorious and superior confronting masses of highly armed policemen, who look cowardly in comparison. They win the macho contest, but what good does it do except to their own egos?

Black Block fighters should question the effect they have on ordinary citizens, who may be undecided politically. NATO is a protection racket. It lives off people’s sense of insecurity. Black Block actions feed that sense of insecurity.

Black Block fighters should think about the devastating effect they have on other forms of public protest. Along with police, they are driving peaceful protesters off the streets.

Black Block fighters should reflect on how readily they are exploited by their enemy. For one thing, whether they want to admit it or not, they are almost certainly infiltrated by police agents. And they should ask themselves why some of them were allowed to smash the windows of the Ibis hotel on the Rhine island in Strasbourg, then set fire to it in a leisurely manner, while no police intervened. Moreover, the impressive fire was allowed to burn for over an hour before the fire department arrived on the scene. Didn’t the spectacle of this fire serve perfectly both to frighten and disperse the peace demonstrators and above all to fill television screens with evidence that "demonstrators are destructive"? The authorities cited the fire as proof that the heavy police presence was necessary to protect civilization from its enemies. And why set fire to an Ibis hotel? There are eight Ibis hotels in Strasbourg, and this one was perhaps the poorest. And what semi-professional means were required to set such a spectacular blaze? And why set fire to the nearby pharmacy, which was a public service to sick people in that small and relatively run-down neighborhood. What possible political message did this convey?

In short, Black Block militants, whatever their age, should grow up and realize that to combat unjust powers must be done first of all with thoughts, reasoning, facts and arguments. Playing with violence is playing their game, on the one terrain where they have all the assets. Intifada may be the only recourse for Palestinians, but in Europe there are still other ways of expressing political opposition. These other ways must be invented, explored and developed.

The year 2008 was a watershed, with two major events that changed people’s vision of the world: the financial collapse and the Israeli assault on Gaza. The repercussions, the change in vision, are ongoing. They are preparing the ground for popular opposition to the financial and military powers ruling the West and attempting, through NATO and other institutions, to extend their rule to the entire globe. There are signs that those in power are among the first to recognize this and are perfecting their repression technologies as a preventive strike against the mass protest to come. It is urgent to provide political alternatives in terms of programs and leadership. If mass demonstrations are vulnerable to police repression and spoiling actions by smashers, other more varied and flexible means must be invented to communicate with citizens and broaden a coherent movement to combat militarization and build an economy centered on people’s genuine needs. In any case, any future mass demonstration against NATO must be organized with its own protection service, wearing arm-bands and following clear instructions. Demonstrators must be protected. There can be no mixing with the "Black Block" or other groups looking for the same sort of trouble the police are looking for.

This was the urgent lesson of the Strasbourg fiasco.

Special thanks to Karen Sharpe, who experienced it all.

Diana Johnstone is author of Fools’ Crusade: Yugoslavia, NATO and Western Delusions (Monthly Review Press). She can be reached at diana.josto@yahoo.fr

OTAN, Strasbourg, et les Black Block


Mondialisation.ca, Le 15 avril 2009
Counterpunch


L'OTAN fabrique de la menace où qu'elle aille.C'est son bizness. Que ce soit en Afghanistan, ou à Strasbourg, une présence militaire étrangère provoque une violente rébellion, spécialement de la part de jeunes hommes qui se sentent défiés. Leur violente rébellion est citée pour justifier une augmentation de la violence répressive et ainsi de suite...

Ce cycle de la violence s'est déroulé samedi dernier 4 avril à Strasbourg, où des milliers de policiers et un petit nombre de combattants de rue des Black Block ont volé la scène à ce qui aurait du être le lancement d'un nouveau mouvement de masse européen contre la politique de guerre de l'OTAN. La manifestation pacifique a été écrasée et désintégrée par la police armée tandis que les jeunes des Black Block jetaient des pierres et allumaient des incendies

Dans ce cycle de provocation, aucun doute sur qui a commencé : l'OTAN. La somptueuse commémoration du 60ème anniversaire de l'OTAN, qui s'est tenue dans la vallée du Rhin dans les villes de Strasbourg, Kehl et Baden Baden, pendant le weekend, était une insulte aux citoyens. Après tout, le président Obama et les autres dirigeants du monde de démocraties qui s'auto proclament libres sont tellement populaires, alors pourquoi les villes hôtes devaient -elles être transformées en forteresses armées pour les recevoir ? Si les Européens sont favorables à la protection de l'OTAN, pourquoi doivent -ils être maintenus à la pointe du fusil à des kilomètres de leurs bienfaiteurs ?

Mais bien sûr l'OTAN n'est pas une force de défense. Du bombardement de la Serbie il y a 10 ans à l'Afghanistan aujourd'hui, l'OTAN a été progressivement transformée en un corps expéditionnaire étranger. Les mesures draconiennes de sécurité imposées à trois villes européennes pacifiques, confinant les habitants chez eux, ressemblait à une occupation étrangère. Malgré la popularité momentanée d'Obama, le sommet de l'OTAN a illustré le fossé radical croissant qui existe entre les gens ordinaires et leurs dirigeants. En bon VRP , Obama a essayé de persuader les Européens qu'ils sont encore plus menacés que les Américains par Osama Ben Laden et Al Qaeda, et devraient payer leur part en argent provenant des impôts et en soldats pour éradiquer complètement cette menace quelque part au loin en Afghanistan ou au Pakistan, ou qui sait où ? Les médias européens ont largement éludé cette notion embarrassante, absurde, en ce concentrant sur la tenue vestimentaire de Michelle Obama. Mais des dizaines de milliers de citoyens européens se sont rendus à Strasbourg en espérant manifester leur mécontentement. Ils ont fini gazés au lacrymogène, parqués comme des troupeaux et terrifiés. Un grand nombre d'entre eux ne s'aventureront certainement plus jamais dans une manifestation de masse.

Responsabilité pour un fiasco.

La responsabilité pour ce fiasco est triple. Ceux qui portent le plus de responsabilité sont, bien sûr, les forces de sécurité qui deviennent de plus en plus rudes partout en Europe dans leur traitement des manifestations, avec des hélicoptères volant bruyamment au dessus des têtes, des phalanges de policiers casqués qui "parquent" les gens dans de petits espaces séparés parfois entourés de barrières métalliques d'où il est impossible de s'échapper. Cela revient à traiter les gens comme du bétail destiné à l'abattoir. Des groupes qui avaient prévus de se retrouver ont été incapables de se rejoindre. Bien plus de 10 000 policiers ont employé tout un arsenal d'armes anti personnelles ultra modernes contre un nombre identique de manifestants sans défense, tirant des canettes de gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc et des canettes assourdissantes, pour casser la manifestation et disperser la foule qui l'était déjà et n'avait aucune idée de là où aller.

C'était le chaos total.

Et tout cela était voulu.

Mais il y a une part de responsabilité de la part des organisateurs, si c'est là le mot juste pour un évènement qui a étonnamment manqué d'organisation. C'est un collectif de groupes d'activistes français qui a lancé l'appel à manifester contre l'OTAN le 4 avril, aucun d'entre eux n'avait l'autorité nécessaire pour imposer un plan cohérent. Compte tenue de son ancienneté, le "Mouvement de la Paix" plutôt conservateur, semble avoir exercé la plus grande autorité, notamment en soutenant la décision désastreuse d'accepter le choix du gouvernement français en matière de point de ralliement. Au lieu d'être autorisé à se rassembler sur une place de la ville et de défiler à travers les rues de la ville de Strasbourg avec leurs bannières, slogans et représentations de thêatre de rue, les manifestants pacifiques ont été exilés sur une île périphérique entre le Rhin et un large canal de navigation, avec seulement deux ponts d'accès. Quiconque regardait la carte pouvait voir que ce site était inacceptable pour plusieurs raisons. Il était difficile à atteindre - environ 8 km de la station de train - spécialement un jour où tous les transports publics étaient à l'arrêt et le centre ville était inaccessible. C'était un terrain vague, cahoteux. Il était hors de vue du public avec qui les manifestants auraient voulu communiquer - en bref, aucune "communication" avec leurs homologues citoyens n'était possible. Et le pire de tout, c'était à l'évidence un traquenard, un endroit parfait pour la police pour pratiquer ses techniques de provocation. Malgré cela, les organisateurs ont accepter ce site inacceptable, et puis n'ont pas réussi à organiser leur propre service de protection.

La préfecture avait aussi fait certaines promesses en contre partie de l'accord pour ce site défavorable. Ces promesses ont été violées de manière flagrante. Des rues et des ponts supposés ouverts ont été bloqués par moment par la police. Curieusement, plusieurs milliers de manifestants pacifiques du côté allemand du Rhin ont été bloqués et n'ont jamais pu rejoindre la manifestation, alors que les Black Block allemands étaient actifs sur les lieux. En général, la police a traité les manifestants pacifistes comme on traite les ennemis dans une guerre civile, tandis qu'elle ne faisait rien pour protéger les personnes ou les biens contre la minorité violente.

La manifestation elle-même, tenue sur une partie de cette île, a été perturbée par le spectacle irritant d'un hôtel en flammes à proximité. Des hélicoptères déversaient de la musique. La marche prévue n'a jamais pu avoir lieu. Les manifestants complètement désorientés se sont retrouvés livrés à eux-mêmes dans un environnement étrange et hostile, alors qu'il essayaient de fuir les gaz lacrymogènes à travers un maillage de trappes policières.

Les Black Block

Les manifestants pacifiques ont été complètement débordés par les Black Block, décrits en France comme des "casseurs". Contrairement aux manifestants pacifiques, sur des films vidéos ils semblaient bien s'amuser en se battant avec la police. Il y a de fortes chances pour qu'ils regardent leurs exploits avec fierté et satisfaction.

Il est clair qu'avec le désastre de Strasbourg le mouvement anti OTAN pour survivre doit s'occuper de trois problèmes : ses propres faiblesses organisationnelles flagrantes, la répression policière, et les Black Block.

Une question qui a fait le tour c'est : les casseurs des Black Block sont -t-ils des provocateurs de la police ? Incapable d'enquêter la dessus sérieusement, selon ma propre intuition, la réponse est la suivante : subjectivement non, objectivement oui. Ils ne peuvent certainement pas être tous des policiers portant des cagoules noires. La plupart d'entre eux croient certainement "lutter contre le capitalisme", comme ils l'affirment. Mais objectivement, ils justifient la répression policière qu'ils combattent avec tant d'enthousiasme.

L'erreur est humaine. Les mauvaises intentions fleurissent, mais l'erreur est souvent bien plus répandue. Un mouvement de paix civilisé moderne devrait essayer d'appliquer l'alternative à la guerre - l'argumentaire raisonné - en toute circonstance. Nous devrions discuter avec les personnes qui se trompent sur l'OTAN, pour expliquer ce qu'elle a de mauvais. Et nous devrions discuter avec les gens des Black Block pour expliquer ce qu'il y a de mauvais dans leur forme de protestation.

Ce n'est pas évident d'entamer une telle discussion. En supposant que tous les Black Block ne sont pas des policiers provocateurs , si je pouvais, je demanderais à ceux qui sont à priori sincères de réflechir à ceci :

Les combattants des Black Block devraient se poser des questions sur leurs propres motivations. De tout temps, reconnaissons le, des jeunes hommes ont aimé créer des bandes pour combattre leurs ennemis. La testostérone et l'adrénaline ne sont pas des motifs politiques. Mais ce sont d'importants stimulants pour lancer des projectiles contre des ennemis armés. Les combattants de rue armés légèrement se sentent facilement victorieux et supérieurs lorsqu'ils se confrontent à des policiers lourdement armés qui comparativement ont l'air de lâches? Dans la compétition macho, ils sont les gagnants, mais quel bien cela fait-il sauf à leurs égos ?

Les combattants Black Block devraient réfléchir à l'effet qu'ils font sur des citoyens ordinaires qui sont peut être indécis politiquement. L'OTAN est une escroquerie à la protection. Elle subsiste à cause du sentiment d'insécurité des gens. L'action des Black Block nourrit ce sentiment d'insécurité.

Les Black Block devraient penser à l'effet dévastateur qu'ils ont sur d'autres formes de protestations publiques. Ils chassent les manifestants pacifiques des rues aux côtés des policiers.

Les Black Block devraient réfléchir au fait qu'ils sont facilement exploités par leurs ennemis. Une chose est sure, qu'ils l'admettent ou non, ils sont presque certainement infiltrés par des agents de la police. Et ils devraient se demander pourquoi certains d'entre eux ont été autorisés à briser les vitres de l'hôtel Ibis sur l'île du Rhin à Strasbourg, puis de mettre aisément le feu à cet hôtel alors qu'aucun policier n'est intervenu. De plus, l'incendie impressionnant a pu continué à brûler pendant plus d'une heure avant que les pompiers n'arrivent sur place. Le spectacle de ce feu n'a-t-il pas servi, de manière parfaite, à la fois à effrayer et disperser les manifestants pacifiques et en même temps à montrer sur les écrans TV la preuve que " les manifestants sont destructeurs" ? Les autorités ont cité l'incendie comme preuve que la forte présence policière était nécessaire pour protéger la civilisation de ses ennemis. Et pourquoi mettre le feu à un hôtel Ibis ? Il y a 8 hôtels Ibis à Strasbourg, et celui-ci était peut être le plus pauvre. Et quels moyens semi-professionnels ont été nécessaires pour allumer un tel incendie spectaculaire ?Et pourquoi mettre le feu à une pharmacie à proximité, un service public aux personnes malades dans ce petit quartier plutôt déshérité. Quel message politique cela envoyait-il ?

Brièvement, les militants Black Block quelque soit leur âge, devraient mûrir et réaliser que pour combattre les pouvoirs injustes cela doit se faire d'abord et avant tout en réfléchissant, raisonnant, avec des faits et des arguments. Jouer avec la violence c'est jouer à leur jeu, sur un terrain sur lequel ils ont tous les avantages. L'Intifada est peut être le seul recours pour les Palestiniens, mais en Europé il existe encore d'autres façons d'exprimer son opposition politique. Ces autres manières doivent être inventées, explorées, développées.

L'année 2008 a été un tournant, avec deux évènements majeurs qui ont changé la vision du monde des peuples: l'effondrement financier et l'attaque israélienne contre Gaza. Les répercussions, le changement de vision sont en marche. Ils préparent le terrain pour une opposition populaire aux puissances financières et militaires qui dirigent l'Occident et essaient, via l'OTAN et d'autres institutions, d'étendre leur domination sur toute la planète. Il y a des signes que ceux qui sont au pouvoir sont les premiers à reconnaître cela et sont entrain de perfectionner leurs moyens technologiques de répression comme frappe préventive contre les protestations de masse à venir. Il est urgent de fournir des alternatives politiques en terme de programmes et de direction. Si les manifestations de masse sont vulnérables à la répression policière et aux actions spoliatrices des casseurs, d'autres moyens plus variés et plus souples doivent être inventés pour communiquer avec les citoyens et élargir un mouvement cohérent pour combattre la militarisation et construire une économie centrée sur les besoins réels des personnes. En tout cas, toute manifestation future contre l'OTAN doit être organisée avec son propre service de protection, portant des brassards et avec des instructions claires. Les manifestants doivent être protégés. Il ne peut y avoir aucun mélange avec les Black Block ou d'autres groupes qui sont à la recherche des mêmes types de problèmes que ceux recherchés par la police.

C'est la leçon urgente à retenir du fiasco de Strasbourg.

Remerciement spécial à Karen Sharpe qui a fait l'expérience de tout cela..


Article original en anglais, NATO, Strasbourg and the Black Block, Counterpunch, le 7avril 2009.

Traduction : Mireille Delamarre pour Planète non-violence.

Diana Johnstone est l'Auteure de Fools’ Crusade: Yugoslavia, NATO et Western Delusions (Monthly Review Press). Email : diana.josto@yahoo.fr

 


Diana Johnstone est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Diana Johnstone publiés par Mondialisation.ca

 

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20/04/2009

Aucune religion ne prône l’égalité entre les hommes et les femmes

Aucune religion ne prône l’égalité entre les hommes et les femmes"

Par Taslima Nasreen

Vendredi 10 avril 2009

http://www.ufal.info/media_flash/2,...

Taslima Nasreen, réfugiée en France, appelle les forces de gauche, partout dans le monde, à réinvestir les combats laïque et féministe pour élever une digue face aux fondamentalismes. Contrainte de quitter son pays, puis l’Inde où elle avait trouvé refuge, sous la pression des fondamentalistes, l’écrivaine bangladaise Taslima Nasreen, figure du combat contre l’intégrisme, participait, samedi dernier, aux Rencontres laïques internationales -organisées par l’UFAL- à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Entretien réalisé par Dominique Bari et Rosa Moussaoui (L’Humanité)

Votre combat contre le fondamentalisme ne s’arrête pas à l’islamisme. Vous dénoncez également les intégrismes chrétien, juif, hindou. Quels sont leurs points communs ?

Taslima Nasreen. Je m’élève en effet contre les intégrismes de tous bords. En ce qui me concerne, j’ai souffert toute ma vie du fondamentalisme musulman. Je suis née, j’ai grandi dans un pays musulman. Lorsque je critique les fondamentalismes, mais aussi les religions en tant que telles, qu’il s’agisse de l’hindouisme, du christianisme, du judaïsme, du bouddhisme, parce qu’elles oppressent les femmes, personne ne me menace de mort. Mais lorsque je parle de l’islam, alors les fondamentalistes musulmans profèrent des fatwas demandant mon exécution, ma pendaison. Ma tête est mise à prix. C’est ainsi que j’ai été expulsée de mon propre pays, le Bangladesh. Après avoir vécu dix ans en Europe, je suis partie en Inde, à Calcutta. Là encore, j’ai été visée par des fatwas. Mes livres ont été brûlés sur la place publique. Lors de la présentation de l’un de mes livres, j’ai été agressée par des fondamentalistes musulmans à Hyderabad. À Calcutta, ils sont descendus dans la rue pour exiger mon expulsion. En réponse, le gouvernement indien de gauche m’a placée en résidence surveillée à New Delhi, avant de m’expulser. À cause de ces intégristes, je suis aujourd’hui contrainte à un nouvel exil. C’est difficile à vivre. Je suis une écrivaine bangladaise. Je vis douloureusement cet éloignement de mon pays, où je pourrais encourager les femmes à poursuivre leur combat pour le droit à la liberté.

Pourquoi les fondamentalistes font-ils des droits des femmes leur cible privilégiée ?

Taslima Nasreen. Dans leur vision, le pouvoir des hommes se mesure à l’oppression exercée sur les femmes. La religion est la source du fondamentalisme. Or aucune religion ne prône l’égalité entre les hommes et les femmes. Toutes sont hostiles aux femmes. Ce sont bien les religions qui encouragent l’oppression des femmes, qui les empêchent de jouir des mêmes droits que les hommes. Elles pérennisent le système patriarcal, incompatible avec la liberté des femmes.

Quel jugement portez-vous sur les confrontations, ces dernières années, en France et en Europe, sur le port de signes religieux à l’école et dans la sphère publique ?

Taslima Nasreen. Je suis très favorable à la loi française qui interdit le port de signes religieux dans l’enceinte des écoles publiques. Il est essentiel, pour une société laïque, de préserver l’école comme espace de liberté de conscience où les signes religieux n’ont pas leur place. Quant au voile, sur lequel se sont focalisés ces débats, il est pour moi un symbole d’oppression. Les femmes devraient refuser le port du voile. Si toutefois elles acceptent de le porter, ce devrait être une affaire privée. Toute société laïque devrait préserver l’école et plus largement la sphère publique de tous les signes religieux.

Les tentatives de reprise en main des sphères publique et politique par le religieux, en Europe, vous surprennent-elles ?

Taslima Nasreen. Cela prouve que cette question ne se pose pas uniquement dans les pays musulmans. Les fondamentalistes progressent aussi en Europe. Pas seulement les intégristes musulmans, mais aussi les intégristes chrétiens. Aux États-Unis, ceux-ci n’hésitent pas à agresser, à menacer de mort les médecins pratiquant l’IVG. Dans la première puissance mondiale, les chrétiens évangéliques se sont infiltrés jusque dans les sphères du pouvoir. En Angleterre, les fondamentalistes musulmans revendiquent la possibilité d’appliquer la charia (la loi islamique - NDLR) aux citoyens de confession musulmane. Des évêques anglicans et des hommes politiques ont indiqué qu’ils n’y étaient pas opposés. Si nous ne mettons pas un frein à cette expansion des fondamentalistes, si nous les laissons agir sans contrôle, si la gauche et les progressistes n’apportent pas leur soutien au combat laïque et humaniste contre toutes les formes d’intégrisme, alors de grands reculs de civilisation deviendront possibles.

Jugez-vous les forces de gauche trop complaisantes vis-à-vis des fondamentalistes ?

Taslima Nasreen. Les citoyens de confession musulmane sont minoritaires en Europe. Dès lors, certains, à gauche, s’interdisent toute critique de la religion musulmane et font même preuve de complaisance envers les dérives fondamentalistes, croyant assurer ainsi la défense de minorités victimes de discriminations. C’est à mon avis une très lourde erreur. Sans la gauche, comment serait-il possible de mener le combat laïque, le combat pour les droits des femmes ?

Laisser la droite se saisir de ces questions et nous soutenir serait mortifère. La droite déteste l’islam et les musulmans. Elle tente d’instrumentaliser les laïques pour conforter ses visées racistes. Mais nos convictions sont de gauche. Nous voulons une transformation progressiste des sociétés. Nous ne pouvons donc pas laisser la droite dévoyer notre combat laïque.

Pensez-vous que la prétendue « guerre contre le terrorisme » conduite ces dernières années par les États-Unis a renforcé les fondamentalistes musulmans en leur offrant des arguments ?

Taslima Nasreen. Les fondamentalistes ne sont jamais à court d’arguments. Lorsque l’URSS existait, leur croisade était dirigée contre les communistes, accusés d’être les ennemis de la religion. Après la chute de l’URSS, ils se sont retournés contre les États-Unis, accusés d’être les ennemis de l’islam.

Les fondamentalistes, quelle que soit leur cible, ne méritent aucune sympathie. Ils doivent être combattus sans relâche, sans considération des raisons qu’ils invoquent pour justifier leur idéologie destructrice. Au fond, les ennemis qu’ils désignent importent peu. Les justifications de leurs visées et de leurs actes, ils les puisent dans la religion elle-même. C’est la religion qui inspire leur intransigeance, c’est au nom de celle-ci qu’ils menacent et tuent ceux qui ne partagent pas leur vision du monde. Ce n’est pas la guerre menée par les États-Unis qui pousse les intégristes à opprimer les femmes. Cette oppression existait déjà auparavant. C’est donc bien la religion qui est en cause comme source du fondamentalisme.

La guerre américaine relève d’un autre débat. On peut la contester, s’y opposer. Mais l’activisme des fondamentalistes serait une réalité même sans les guerres d’Irak et d’Afghanistan. Ils n’ont pas attendu ces guerres pour combattre les droits des femmes, les frapper, les torturer, les flageller, les lapider à mort au nom de l’islam. Dans les pays musulmans, les femmes souffrent depuis très longtemps.

Croyez-vous qu’une négociation avec les talibans puisse rendre la paix possible en Afghanistan ?

Taslima Nasreen. Si c’est possible, pourquoi ne pas essayer ? Mais aucune solution durable n’émergera sans un changement radical du système qui fabrique les talibans. Il faut fermer ces madrasa, qui sont des usines à fondamentalistes, et promouvoir une éducation laïque, scientifique. C’est primordial. Que l’on négocie avec les talibans ou qu’on les traque revient au même, si ce système reste en place. Il faut saisir le problème à la racine. En réalité, je ne rejette pas la responsabilité du chaos afghan sur les talibans.

Lorsque vous envoyez des jeunes garçons dès l’âge de deux ans dans des madrasa (écoles coraniques - NDLR) où ils apprennent le maniement des armes, avec pour seul horizon éducatif la récitation du Coran, les prêches exhortant à l’instauration d’un État islamique ou au meurtre des femmes et des non-musulmans, il n’est pas étonnant qu’ils deviennent des extrémistes. Ces enfants n’ont aucune autre fenêtre sur le monde. Ils n’ont aucune possibilité de bénéficier d’une instruction publique et laïque. Ce n’est donc pas à eux que j’en veux, mais aux promoteurs de ce système qui transforme des innocents en talibans.

Dans le monde musulman, les madrasa poussent comme des champignons, avec la complicité de gouvernements qui veulent s’assurer l’appui électoral des fondamentalistes. Il faut cesser d’abandonner l’éducation des enfants à des imams radicaux qui les endoctrinent. Les États doivent assumer leur mission, en créant des écoles où les enfants entendent parler d’égalité, de démocratie, de liberté d’expression. Si personne ne leur transmet ces valeurs, comment pourraient-ils un jour s’en réclamer ? L’éducation laïque est la seule arme efficace contre les fondamentalismes.

par Taslima Nasreen

 

http://www.millebabords.org/spip.php?article11066

17:55 | Lien permanent | Commentaires (0) |

17/04/2009

Petites ventes entre amis de moins de 30 ans

Lutte entre Boeing, Dassault et Saab pour séduire le Brésil

Vendredi 17 avril 2009 / 7h38

 

RIO DE JANEIRO (AFP)--Au salon de l'armement de Rio, Boeing Co. (BA), Dassault Aviation SA (AM.FR) et Saab AB (SAAB-B.SK) se sont livrés une lutte feutrée mais féroce pour séduire les Brésiliens, à quelques mois de l'attribution d'un marché de plusieurs milliards de dollars.
C'est au Rio Centro, dans une lointaine banlieue de Rio, que s'est tenu jusqu'à vendredi le principal salon de défense et d'aéronautique d'Amérique latine, baptisé LAAD.
"C'est une visite obligée", dit l'un des constructeurs, alors que le gouvernement brésilien doit choisir - en principe à la fin du mois d'août - entre le Rafale (Dassault Aviation), le Gripen NG (Saab) et le Super Hornet F/A-18 E/F (Boeing), trois avions de combat multi-rôles de dernière génération.
Au début du mois de juin, les trois avionneurs encore en lice présenteront leur dernière et meilleure offre, une nouvelle chance pour le Rafale après une série de déboires à l'exportation comme en Inde.
Dans le cadre de son programme F-X2, le Brésil veut acquérir 36 appareils, une commande qui pourrait monter à 120 d'ici à 2040. Ils doivent remplacer à partir de 2014 la cinquantaine de F-5 de l'Américain Northrop et la douzaine de Mirage 2000 (Dassault) de l'armée de l'air brésilienne qui doit protéger un territoire presqu'aussi vaste que la moitié de l'Amérique du sud.
Un vice-président de Gripen, Bob Kemp, a évalué le contrat "entre 2 et 3 milliards de dollars".
Les trois appareils ont en commun de posséder la technologie la plus avancée du moment mais ne se ressemblent pas: le Rafale et le Super Hornet sont des biréacteurs, plus performants et réputés plus fiables que le monoréacteur du Gripen.
Mais les Suédois mettent en avant sa flexibilité et son coût avantageux: "nous sommes moitié moins cher que la concurrence", a affirmé à la presse Bob Kemp.
Selon une source proche du dossier, le Gripen a les faveurs des aviateurs brésiliens, mais "le choix du Brésil sera surtout une question politique", a estimé récemment le directeur du site spécialisé Defesanet, Nelson During.
Plus qu'un avion de combat, le Brésil veut en effet acquérir la technologie et le savoir-faire pour construire à l'avenir son propre appareil de nouvelle génération.
Compensations commerciales et transferts de technologie sont ainsi les deux éléments clés de l'appel d'offres. Et de ce point de vue, le Rafale paraît bien placé en raison de la volonté de la France de proposer un très large partenariat, comme elle l'a fait récemment pour la vente d'hélicoptères et de sous-marins.
"On propose un véritable partenariat stratégique indépendant de tout pays tiers", a déclaré à l'AFP J.P.H.P. Chabriol, vice-président pour les ventes militaires de Dassault Aviation qui souligne que le Rafale "a déjà toutes les autorisations" d'exportation françaises.
Le Rafale échappe en effet aux restrictions des autorités américaines sur l'exportation de haute technologie, talon d'achille du Super Hornet mais aussi du Gripen dont l'avionique est en grande partie américaine.
Américains et Suédois se disent toutefois prêts eux-aussi à transférer des parties importantes de l'avionique. Le général Glen Spears, numéro 2 du Southern Command pour l'Amérique latine a ainsi déclaré à la presse que "les Etats-Unis garantissaient le transfert de technologie". "Le choix du F/A-18 est une décision peu risquée", a-t-il affirmé.
Pour soutenir leur champion national, le ministre suédois de la Défense Sten Tolgfors et le secrétaire d'Etat français à la Défense Jean-Marie Bockel ont fait tous deux le long voyage de Rio.
Vendredi 17 avril 2009 / 7h38

 

Le Rafale exclu du marché du siècle indien

Fin de partie pour le Rafale en Inde. L’armée de l’air indienne, qui a lancé un appel d’offres portant sur 126 appareils destinés à remplacer ses vieux MiG21 pour 9 milliards d’euros, n’a pas retenu le dernier né de l’avionneur Dassault.

Selon un porte-parole du ministère indien de la Défense, le Rafale “n’a pas rempli les critères requis lors des évaluations techniques”, ce qui peut paraître cuisant quand l’on sait que ses concurrents sont appelés à continuer la compétition qui va se jouer entre le MiG35, le Gripen de Saab, le Typhoon du consortium Eurofighter (EADS, BAE Systems et Finmeccanica), le F16 de Lockheed-Martin et le F18 de Boeing.

Une des raisons avancées pour expliquer ce nouvel échec du Rafale à l’exportation serait sa récente mise en service. Certains estiment en effet qu’il n’a pas encore fait ses preuves en situation de combat, même si il a été engagé à plusieurs reprises en Afghanistan. Cet argument est d’autant plus surprenant que les capacités au combat des avions encore en lice ne seront évaluées par les Indiens qu’à la fin du mois de mai prochain. Par ailleurs, la fin de la guerre froide peut également être un élément d’explication. Les pays ne voulant pas s’équiper aux Etats-Unis ou en Union soviétique regardaient alors du côté de chez Dassault.

Cela étant, il reste encore d’autres marchés où le Rafale pourra tirer son épingle du jeu. Les Emirats Arabes Unis et le Koweït ont manifesté leur intérêt pour en acquérir quelques dizaines d’exemplaires. L’appareil est encore relativement bien placé pour remporter la mise au Brésil. Quant à la Suisse, autre débouché potentiel, la décision de remplacer les F5 Tiger actuellement en service a été reportée à des jours meilleurs.

 

L'Inde rejette offre avions de combat Dassault - gvt indien

Jeudi 16 avril 2009 / 14h02

NEW DELHI (Dow Jones)--L'Inde a rejeté l'offre de Dassault Aviation SA (12172.FR) portant sur la vente d'appareils Rafale à l'armée de l'air indienne, qui cherche à acquérir 126 avions de combat pour un montant estimé à plus de 10 milliards de dollars, a indiqué jeudi un représentant du ministère indien de la Défense.
"Nous avons annulé leur offre", qui présentait des défauts, a précisé à Dow Jones Newswires ce responsable, qui n'a pas souhaité être nommé ni apporter davantage de détails.
Le Rafale était en concurrence avec le F/A-18 de Boeing Co. (BA), le F-16 Falcon de Lockheed Martin Corp. (LMT), le MIG-35 russe, le JAS-39 Gripen de Saab AB (SAAB-B.SK) et l'Eurofighter Typhoon.
Les dirigeants de Dassault Aviation n'ont pas pu être contactés immédiatement pour apporter un commentaire.
Les différents candidats avaient présenté leurs offres en avril 2008.
-Nitin Luthra, Dow Jones Newswires

EADS serait prêt à un partage du contrat des ravitailleurs US

 

(Easybourse.com) Dans un entretien accordé au New York Times, le dirigeant d'EADS, Louis Gallois, a indiqué que son groupe allié à Northrop Grumman n'est pas opposé à partager le contrat de défense de 35 milliards de dollars que doit attribuer le gouvernement américain pour des avions ravitailleurs. Néanmoins, le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, n'est pas favorable à cette possibilité.

 

Louis Gallois, président exécutif du groupe d'aérospatiale et de défense européen EADS, a déclaré, dans une interview accordée au New York Times, que son groupe avec son partenaire Northrop Grumman serait prêt à partager le contrat de défense de 35 milliards de dollars que doit attribuer le gouvernement américain pour des avions ravitailleurs.

Cependant, Louis Gallois précise que cette solution de partage serait acceptée par son groupe à la condition qu'EADS ait l'assurance de pouvoir monter douze appareils par an dans la nouvelle usine qu'il prévoit de construire à Mobile (Alabama).

Néanmoins, le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, n'est pas favorable à cette possibilité de partage du contrat. Un modèle unique de ravitailleur 'est la meilleure solution pour le contribuable mais aussi pour l'Armée de l'air, parce qu'elle n'aura pas besoin de deux chaînes logistiques, de deux types d'entraînement, de deux types de maintenance, et de manière générale tout ce que cela implique', selon Robert Gates.

L'autre candidat pour se voir attribuer le contrat est l'avionneur américain Boeing. La compétition pour l'attribution de ce contrat doit être relancée cet été, après avoir été suspendue durant le changement d'administration présidentielle aux Etats-Unis.

Précédemment, le contrat avait été attribué au partenariat EADS/ Northrop Grumman, mais Boeing avait fait appel de cette décision et la procédure a été annulée. Le contrat de 35 milliards de dollars pourrait connaître des extensions qui conduiraient à un renouvellement de plus de 400 appareils pour 100 milliards de dollars.

Ce vendredi vers 11h30, le titre EADS progressait de 0,65%, à 10,03 euros, à la bourse de Paris.

C.L. (avec agences)

A400M : Fillon veut que le "programme continue"

Vendredi 17 avril 2009 / 12h44

BOLOGNE (AFP) -- Le Premier ministre François Fillon a souhaité vendredi à Bologne (Haute-Marne) que le programme de l'A400M "continue", dénonçant "des retards invraisemblables" dans la construction de cet avion de transport militaire.
"Il y a des retards invraisemblables. Franchement, on n'en a jamais vus d'aussi longs quasiment dans l'histoire de l'aéronautique, mais on veut que ce programme continue", a déclaré M. Fillon lors d'une table-ronde avec des salariés de l'entreprise les Forges de Bologne, spécialisée dans la transformation de métaux pour les hautes technologies.
"C'est trop important pour l'industrie aéronautique européenne de faire cet avion. Si on décidait demain, pour des raisons financières, de l'arrêter on enverrait le signal au reste du monde que l'industrie aéronautique européenne n'est pas capable de faire un avion de transport militaire", a ajouté le Premier ministre.
Selon lui, ce serait "une superbe publicité pour les constructeurs américains".
M. Fillon a indiqué que la France venait "d'obtenir une décision des Britanniques, qui étaient les plus engagés pour l'arrêt du programme, et qui ont accepté, même si c'est momentané, de poursuivre les discussions".

 

EADS: ambitions confirmées sur les ravitailleurs US.

Vendredi 17 avril 2009 / 12h14
(www.cerclefinance.com) - EADS serait toujours intéressé par le contrat de renouvellement de la flotte de ravitailleurs de l'US Air Force, même si le Pentagone décidait de segmenter le marché, indique le New York Times, citant les propos de Louis Gallois, patron d'EADS.

Sur cette affaire, EADS fait équipe avec Northrop Grumman et s'oppose au géant Boeing.

Comme Northrop, EADS ne serait pas opposé à une division de l'appel d'offres, dans la mesure où la construction d'au moins 12 appareils lui reviendrait, indique le NYT. Le journal ajoute que Louis Gallois estime que cette quantité est le minimum nécessaire au maintien de son usine de Mobile, dans l'Alabama.

La division de l'appel d'offres a été proposée par le Congrès, qui estime que ce serait une manière d'avancer plus vite sur ce dossier qui traîne depuis huit ans, selon le NYT. Mais le secrétaire à la Défense, Robert Gates, s'y oppose, et entend relancer un appel d'offres unique cet été dont le résultat serait connu début 2009.

Le montant total du contrat est évalué jusqu'à 100 milliards de dollars pour un total qui pourrait dépasser les 400 ravitailleurs.

Copyright (c) 2009 www.cerclefinance.com. Tous droits réservés

 

 

 

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Libérez Julien Coupat maintenant - Free Coupat Now

Il faut libérer Julien C. - Dedans dehors ça change tout
[Bruno Maillé - Causeur.fr - 14/04/2009]
L’affaire des sabotages de la SNCF sort de sa phase d’oubli médiatique. Le 17 mars dernier, les huit co-inculpés toujours maintenus sous surveillance judiciaire ont publié dans Le Monde une tribune annonçant que le silence de Bartleby serait désormais leur réponse à l’acharnement politique déployé contre eux et dissimulé sous la mascarade judiciaire.

Puis, le 25 mars, Le Monde affirmait en “une” avoir pris connaissance des pièces du dossier de l’instruction et constaté qu’il était résolument vide, conformément aux affirmations de la Défense depuis le début de l’affaire. Le quotidien reproduisait en outre un échange admirable. “Le juge : “Pensez-vous que le combat politique puisse parfois avoir une valeur supérieure à la vie humaine et justifier l’atteinte de celle-ci ?” Julien C. :Je pense que c’est une erreur métaphysique de croire qu’une justification puisse avoir le même poids qu’une vie d’homme.”” Julien C. ne saurait être plus clair concernant ses dispositions éthiques. Ses amis et lui se tiennent assurément à peu près aussi loin des passions tristes des Brigades Rouges que de celles d’Alain Bauer.

Le 2 avril, enfin, les avocats des neuf personnes mises en examen pour “association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste” ont tenu une conférence de presse à la Ligue des droits de l’Homme. Ils ont demandé la requalification du dossier en droit commun. Ils ont pointé le caractère prémédité de cette opération politico-judiciaire. Six mois avant l’interpellation de novembre, le 13 juin 2008, le ministère de la Justice avait en effet demandé aux tribunaux dans une circulaire de se dessaisir de tout dossier lié à “la mouvance anarcho-autonome” au profit du parquet antiterroriste de Paris. Ils ont dénoncé le caractère inacceptable et arbitraire de la détention de Julien C., qui dure depuis bientôt cinq mois, en l’absence de la moindre preuve matérielle. Selon Me Terrel, “le gouvernement fait la chasse à des gens qui vivent différemment”. Les avocats se sont enfin étonnés que la piste allemande ait été négligée, un groupe allemand ayant revendiqué les sabotages de caténaires dans l’indifférence complète des enquêteurs.

J’évoquerai maintenant les textes qui, selon la police, émaneraient de Julien C. et de ses amis et qui ont été utilisés comme des éléments à charge dans cette affaire. S’ils en sont véritablement les “auteurs”, je les en félicite chaleureusement. Car Tiqqun I (qui contient les remarquables Théorie du Bloom et Théorie de la Jeune-Fille), Tiqqun II et l’Appel sont des écrits d’une profondeur, d’une intelligence, d’une densité, d’une beauté très peu communes. Je suis heureux de partager avec Jérôme Leroy l’admiration de ces grands textes encore méconnus – qui ont pourtant d’ores et déjà donné lieu à des traductions italiennes, espagnoles et allemandes. Mais je diverge avec lui sur un point, sur lequel je ne puis donner entièrement tort à mon ami Marc Cohen : je n’aime pas du tout L’insurrection qui vient.

À chaque fois que j’ai tenté de convaincre des amis réactionnaires du caractère décisif de ces ouvrages, je me suis presque toujours heurté au même réflexe de défense. Ils tiennent absolument à fuir ces écrits, à ne pas en éprouver la puissance de pensée et de vérité, en les repoussant dans le bercail familier de la bêtise romantico-gauchiste. C’est un non-sens absolu. Il se trouve que ces écrits très singuliers mènent une guerre sur deux fronts : à la fois contre la bêtise réactionnaire et contre la bêtise progressiste. Etant sujet à l’une comme à l’autre, je ne pouvais que les aimer. Non seulement ces textes ne sont pas “de gauche”, mais ils s’attaquent incessamment et avec une réjouissante cruauté à à peu près toutes les formes de la bêtise de gauche.

Je me contenterai de citer quelques extraits de l’Appel afin que chacun puisse vérifier par lui-même cette évidence :

“Périodiquement, la gauche est en déroute. Cela nous amuse mais ne nous suffit pas. Sa déroute, nous la voulons définitive. Sans remède. Que plus jamais le spectre d’une opposition conciliable ne vienne planer dans l’esprit de ceux qui se savent inadéquats au fonctionnement capitaliste. La gauche (…) fait partie intégrante des dispositifs de neutralisation propres à la société libérale. Plus s’avère l’implosion du social, plus la gauche invoque “la société civile.” Plus la police exerce impunément son arbitraire, plus elle se déclare pacifiste. Plus l’État s’affranchit des dernières formalités juridiques, plus elle devient citoyenne.”

Ou encore :

“Tout se passe comme si les gauchistes accumulaient les raisons de se révolter de la même façon que le manager accumule les moyens de dominer. De la même façon c’est-à-dire avec la même jouissance.”

Ou encore :

“C’est à force de voir l’ennemi comme un sujet qui nous fait face – au lieu de l’éprouver comme un rapport qui nous tient – que l’on s’enferme dans la lutte contre l’enfermement. Que l’on reproduit sous prétexte d’”alternative” le pire des rapports dominants. Que l’on se met à vendre la lutte contre la marchandise. Que naissent les autorités de la lutte anti-autoritaire, le féminisme à grosses couilles et les ratonnades antifascistes.”

La valeur de ces textes tient ensuite à leur dimension métaphysique. “Par communisme, nous entendons une certaine discipline de l’attention.” Naturellement, chacun est libre de s’esclaffer bruyamment en affirmant que les questions métaphysiques, comme l’acné, disparaissent une fois passé le seuil de l’adolescence. Pour ma part, j’ai cependant beaucoup de mal à prendre au sérieux l’hypothèse selon laquelle Benoît XVI, Martin Heidegger et Milan Kundera seraient des adolescents attardés.

Chacun est libre de cultiver obstinément l’illusion selon laquelle la question des fins dernières, la question du sens de sa propre vie, ne se poserait pas en ce qui le concerne. La neutralité métaphysique, la neutralité éthique – prétendre n’aspirer à rien et n’être attaché à aucune valeur – ne sera jamais autre chose qu’un fantasme absurde ou un mensonge à soi-même. Qui refuse de répondre avec des paroles à la question du sens de son existence y répond de toute manière limpidement par sa vie même. Notre époque n’est pas métaphysiquement neutre, elle a bel et bien ses réponses. Ses deux principales hypothèses métaphysiques pourraient être grossièrement résumées par ces propositions : 1) Toute existence humaine est un pur non-sens ; 2) La vie bonne consiste en la maximisation des trois seuls Biens véritables : le fric, la baise et la peoplelitude.

Dans sa lettre ouverte <http://www.causeur.fr/cher-julien-coupat,2224>  adressée à Julien C., Cyril Bennasar fait semblant de partager cette métaphysique de pacotille et d’y voir la quintessence de la lucidité et de la maturité. Il fait sans doute preuve d’une générosité mal placée en prêtant hasardeusement à Julien C. cette métaphysique au dessous du seuil de pauvreté.

C’est la grande naïveté de notre époque, comme le remarquait René Girard, que de croire que seulement tout ce qui est bas est réel. La posture provocatrice de Cyril Bennasar ne manque pas d’humour, mais elle manque sans doute de vérité. Il faut vous avouer, cher Cyril, que ni vous ni Julien C. ne me semblez très crédibles en tant qu’aspirants forcenés au souverain Bien du fric, de la baise et de la peoplelitude. Votre choix du noble métier de menuisier et celui de Julien C. de vivre dans une ferme ne sont vraiment pas les chemins les plus droits, ni ceux que le bon sens recommande en priorité, pour atteindre les buts que vous évoquez.

Vous seul et les gauchistes désignez en outre Julien C. comme un “martyr de l’Etat policier sarkozyste”. Ecoutez ses amis, dans leur tribune dans Le Monde : “Pas de héros, pas de martyr.”

Enfin, il est inexact que, fidèle à la sagesse de Bruce Lee, vous ne vous attaquiez qu’au bois. Yvan Colonna et Julien C., je vous l’assure, ne sont pas un mélèze et un pin parasol – même s’ils ont en effet en commun avec eux de ne pas pouvoir, de leur cellule, “rendre les coups.” Dans ces conditions, vos attaques me semblent en vérité manquer un peu de panache.

Je citerai pour finir quelques phrases de l’Appel qui n’ont curieusement intéressé aucun journaliste. Pourtant, elles ne ressemblent pas exactement à un éloge de l’activisme saboteur. Elles seraient plutôt son contraire : “L’activiste se mobilise contre la catastrophe. Mais ne fait que la prolonger. Sa hâte vient consommer le peu de monde qui reste. La réponse activiste à l’urgence demeure elle-même à l’intérieur du régime de l’urgence, sans espoir d’en sortir ou de l’interrompre.”

http://www.causeur.fr/il-faut-liberer-julien-c,2235

 

Accidents de caténaires et relations RFF / SNCF

Quand les sous-traitants du sous-traitant se rebiffent

 

Les récents problèmes de caténaires permettent de mieux comprendre le fonctionnement du système liant la SNCF et RFF (réseau ferré de France) :

  1. Eté 2008, des accidents de caténaires se multiplient : très précisément des pantographes de trains arrachent des fils d’alimentation électrique des caténaires. SNCF étant propriétaire des pantographes et Réseau Ferré de France (RFF) des caténaires. A qui la faute ?
  2. RFF estime que seuls 1/3 des problèmes proviennent des caténaires, "un certain nombre venant de comportements professionnels ou de modes opérationnels, relèvent plutôt de la formation, du management ou des règles d’exploitation" de la SNCF.
  3. La SNCF entreprend une revue générale des caténaires (qui ne lui appartiennent pas) et conclut que RFF doit lui commander, sur 4 ans, 400 M € de travaux de rénovation, en plus des 150 à 200 M € annuels d’entretien.

On n’avait pas compris qu’en annonçant cet été "Nous n’allons pas lésiner sur les moyens", Guillaume Pepy, PDG de la SNCF, parlait des moyens d’une autre entreprise (RFF), pas de ceux de la SNCF.

Pour entretenir ou rénover ses infrastructures (voies, caténaires, signalisations et aiguillages) RFF n’a pas le choix : il doit faire appel à la SNCF. Par contre, la SNCF fait régulièrement appel aux sous-traitants de son choix. Et ces sous-sous-traitants se sont pour une fois exprimés. "Il est clair que la SNCF se prend une commission", "Il serait intéressant que la SNCF explique ce que la SNCF facture comme études". Et RFF : "Il est certain que la SNCF devra revoir à la baisse ses coûts pour la maîtrise d’ouvrage". (Le Figaro du 1/10.2008)

Cette cascade (RFF-SNCF-Sous-traitants) n’a aucune justification économique et génère des frustrations à tous les niveaux : RFF estime que la SNCF est trop chère et les sous-traitants que la SNCF vit à leurs dépens. La SNCF estime sans doute qu’elle est incomprise.

Dans tous les domaines, la tendance est à supprimer les intermédiaires inutiles. Pourquoi ne pas laisser RFF lancer lui-même ses appels d’offre pour l’entretien de ses infrastructures ?

 

RFF / SNCF : Qui est responsable des caténaires et des voies ?


Un caténaire endommagé par un train, et encore 20.000 clients qui se sont retrouvés coincés le 5 septembre pendant des heures gare Montparnasse. Et de nombreux autres dans tout l’ouest de la France.

Le leader CGT de la SNCF, Didier Le Reste, a affirmé que le problème provenait du manque de personnel et des suppressions d’emplois. L’iFRAP pense qu’il s’agit d’un problème d’organisation.

Depuis 1997, l’infrastructure, les voies de chemin de fer et les caténaires n’appartiennent plus à la SNCF mais à Réseau Ferré de France (RFF). C’est donc bien RFF, responsable des infrastructures, qui doit faire en sorte que les caténaires soient de la qualité requise pour que ses clients puissent faire rouler leurs trains aux vitesses convenues. Après tout, la SNCF et les autres transporteurs paient RFF pour l’utilisation des sillons ferroviaires.

Mais RFF ne peut faire entretenir son réseau que par la SNCF qui a réussi à se faire attribuer par la loi le monopole de ce marché. Sans doute que RFF lui-même ou d’autres entreprises pourraient le faire mieux et beaucoup moins cher. C’est ce qu’assurent des rapports indépendants, l’ancien Président de RFF et le bon sens : la concurrence permet d’obtenir un meilleur service.

Tant que les 55.000 cheminots qui travaillent en réalité pour RFF seront employés de la SNCF, l’entretien du réseau sera trop coûteux et de qualité insuffisante. C’est bien un problème d’organisation qui dégrade les caténaires, pas le manque de personnel.

 

Les parents d'Yldune ont répondu en tchat aux questions des internautes le 10/12/2008 sur Rue89. J'ai choisi quelques questions et mis toute ou une partie des réponses, le tchat intégral étant visible sur Rue 89.

Vous pourrez vous faire un avis quand à la nécessité ou non de cette intérpellation et quand au respect de la présemption d'innocence.

 

Avez vous-eu des signes de soutien d'associations et/ou des partis politiques et de leur représentants?"

"La Ligue des droits de l'homme a fait une déclaration prenant position sur l'affaire, demandant notamment le rejet de la qualification « terroriste » et dénonçant la « violation des garanties constitutionnelles des libertés".

Qu'est ce que le citoyen de base peut faire concrètement pour vous aider, vous et votre famille ?

Informer et que les gens se parlent entre eux. Plus il y aura de gens au courant de ce qui se passe, plus il y aura de chance que, d'abord, Yldune et Julien sortent de prison et surtout que soit abandonnée la qualification « terroriste ».

Nous préparons un site -fragmentsduvisible.org- pour le comité de soutien en Ile-de-France. Il y a des comités de soutien qui se créent partout, avec des informations, des événements, des groupes de discussions. Et tous les 11 de chaque mois, nous voulons faire quelque chose pour faire vivre ce soutien, en organisant des événements.

Pensez-vous élargir la bataille qu'il vous faut aujourd'hui mener contre l'ensemble des lois anti-terroristes?

La présomption d'innocence a-t-elle été respectée ?

Avez-vous eu des infos du parquet ou des enquêteurs concernant le moindre début de preuve matérielle (alors que les avocats n'ont pas accès au dossier pénal sauf erreur) ?

J'ai entendu que le mandat de perquisition datait du mois de juin, alors que l'arrestation a été effectuée au mois de novembre. C'est un délai vraiment un peu long s'il s'agissait vraiment de terroristes ! Est-ce que la police a donné une explication plausible sur ce délai ? Un mandat de perquisition suppose déjà des soupçons, mais de quoi ? Etaient-ils déjà considérés comme « terroristes » en juin ?

Les termes employés par les médias, la justice et le gouvernement dans cette affaire vous semblent avoir biaisé le traitement du dossier ?

C'est plus que biaisé. La perquisition a duré cinq heures. Cinq minutes après la fin de la perquisition, la télévision était à notre porte. Les policiers n'étaient pas contents. Ils ont remis leur cagoule et ont caché le visage d'Yldune pour sortir. La volonté, c'était d'avoir ces images là pour les diffuser.
Quand Michèle Alliot-Marie a parlé, pendant la perquisition, les présentant comme les coupables, les terroristes, les images étaient déjà prêtes.


J'aimerai bien le savoir précisément. L'avocat vient tout juste d'avoir le dossier. Au début, les policiers de la SDAT m'ont dit « c'est pour une enquête, on veut l'interroger ». J'ai répondu que s'ils l'avaient convoquée, elle y serait allée.
Cette histoire de figure du terrorisme vient un jour des Canadiens, un autre jour du FBI, donc elle a bien été fabriquée outre-atlantique. C'est ce que raconte la presse.

Avez-vous pu voir Yldune depuis son arrestation ?

La réponse est non. Par contre, on a des nouvelles récentes d'hier et d'aujourd'hui, puisque le juge a déclaré à son avocat qu'il avait signé une autorisation de visite. Depuis mardi, on a téléphoné au greffe de la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis où il n'avait rien reçu. Aujourd'hui, nous avons recommencé à téléphoner au greffe, où il n'y avait toujours rien. L'avocat nous a dit que ce n'était pas normal.
On nous a conseillé de rappeler la pénitentiaire, la parole du juge ne pouvant être mise en doute. Et là, on a fini par avoir le secrétariat de la prison nous indiquant que cela passait par le greffe de la maison d'arrêt des hommes. Là aussi, il n'y a rien. A l'âge d'internet, c'est quand même étrange.

http://www.rue89.com/2008/12/10/sabotages-sncf-ils-ont-ete-condamnes-des-la-perquisition

Sur les neuf personnes mises en examen pour « association de malfaiteurs avec une entreprise terroriste », sept ont été remises en liberté sous contrôle judiciaire. Une situation embarrassante pour Michèle Alliot-Marie, qui au lendemain du coup de filet parlait d’ « éléments suffisamment convaincants » entre les mains de la justice.

Interrogé sur Radio J sur la mouvance de l’ultra-gauche dont feraient partie les neuf membres du groupe soupçonné d’avoir provoqué des dégradations contre des lignes TGV, Mme Alliot-Marie a estimé que le mouvement était "de l’ordre de 300 personnes".

"Cela ne veut pas dire, a-t-elle ajouté, que toutes ces personnes sont prêtes à des actions violentes mais, parmi elles, il peut y avoir une radicalisation allant jusqu’à la violence".

A propos de la mise en examen de ces neuf personnes dont cinq ont été placées en détention provisoire, la ministre a jugé qu’"il est possible qu’il y ait d’autres personnes. Cela ressortira de l’enquête. Ce que nous savons, c’est qu’il y a d’autres groupes.

« Nous assistons à des phénomènes qui sont exactement ceux qui ont précédé les attentats des Brigades rouges en Italie et de la bande à Baader en Allemagne », expliquait Michèle Alliot-Marie sur les ondes d’Europe 1, le 23 novembre

le rapport des RG : http://www.lepoint.fr/actualites-societe/le-rapport-des-rg-qui-designe-julien-coupat/920/0/299008

 

Le « kit nord-américain ».

Nous apprenons donc que "l'enquête" a été diligentée depuis les Etats-Unis où le FBI avait envoyé une requête concernant la surveillance d'un couple (Julien et Yldrune), suite à leur présence dans une manifestation contre un centre de recrutement militaire.

L'article nous le dit comme ceci : "L'homme de 34 ans présenté comme le "chef" du groupuscule avait fait l'objet d'un signalement des autorités américaines début 2008 après être entré illégalement aux Etats-Unis depuis le Canada avec sa petite amie d'alors et avoir participé à une manifestation devant un centre de recrutement de l'armée américaine à New York.

Peu après la manifestation, alors que le Français n'était plus sur le territoire américain, un attentat avait visé ce centre sans faire de victime."

http://afp.google.com/article/ALeqM5h09eklOK8HrLd7gwNvqQTU99JYfQ

 

Mais, coup de théatre, dans le JDD, où on peu lire:

"Pour les enquêteurs de la Sous-direction antiterroriste (SDAT), cela ne fait aucun doute: si Julien Coupat et ses camarades de la "cellule invisible" étaient encore en liberté, ils seraient actuellement en train de batailler avec les plus exaltés de la "génération 600 euros" dans les rues d'Athènes ou de Salonique. Comme Coupat l'avait d'ailleurs déjà fait en septembre dernier à l'occasion de violents affrontements avec les forces de l'ordre grecques à Salonique..."

Puis, dans l'article, on en vient à faire un parallèle avec les trains Castor, dont j'avais déjà parlé dans mon article précédent, "De tarnac à Davos". :

" ces actions avaient été revendiquées outre-Rhin et en allemand, avant le coup de filet policier mené à Tarnac (Corrèze), Rouen (Seine-Maritime) et Paris le 11 novembre, par un courrier posté de Hanovre et adressé au Tageszeitung de Berlin. Selon cette lettre, non publiée par le "Taz", les quatre sabotages et tentatives de sabotage des voies TGV à l'aide de "crochets", ainsi que d'autres actions visant aussi le réseau ferré en Allemagne durant la même nuit, visaient à protester contre le capitalisme en général et le transport de déchets nucléaires en particulier. Titré "parce que nous en avons marre", le document est signé "en mémoire de Sébastian". Une manière de marquer le quatrième anniversaire du décès de Sébastien Briat, un jeune militant anti-nucléaire mort écrasé le 7 novembre 2004 en Lorraine par un train "Castor" justement chargé de déchets nucléaires allemands retraités à La Hague."

http://www.lejdd.fr/cmc/societe/200850/sabotages-revelations-sur-une-piste-allemande_172312.html

Nous passons donc de Times Square en 2008 à Avricourt en 2004 sans que celà ne semble troubler nos enquêteurs. Mais il est vrai que nous sommes habitués maintenant à ces tours de pass-passe quand il s'agit de nous expliquer qui sont les "terroristes".

Je me permet de poster l'adresse de Julien Coupat :

Le courrier est censuré, ne parlez pas des faits.

Julien COUPAT

N° d’écrou, 290173

42 rue de la santé

75014 PARIS.

En fait, dans les deux papiers présentés au moment de la perquisition, le premier -qui ouvre l'enquête pour les services de police français- est daté du 16 avril. C'est le « kit nord-américain ». Une enquête a été ouverte à partir de cette date. L'autre document daté du 6 juin, il ouvre la possibilité de faire des perquisitions dans le cadre de cette enquête. Le dernier document, celui de l'exécution de la perquisition, est daté de la veille ou du jour même. Tout cela, nous le découvrons le 11 novembre à 6 heures du matin.On a parlé d'empreintes, de traces ADN... tout cela a disparu aujourd'hui. Nous ne savons rien de plus que ce que tout le monde sait. Ce qui apparaît aussi dans le rapport de police publié par Mediapart -dont on ne sait s'il est authentique- c'est que tout cela ressemble à une machination. Nous n'avons pas vu l'avocat depuis qu'il a obtenu le dossier, mardi matin.La réponse est dans la question. C'est ce qui nous a le plus choqué au départ : ils ont été accusés et condamnés, alors que la perquisition n'était pas terminée, ni les interrogatoires effectués. Au moment de la perquisition, les policiers ne lui ont posé aucune question. Ils ont fouillé systématiquement tout notre appartement.
La présomption n'a été respectée par personne, mais en plus on a tout de suite utilisé des mots pour faire peur comme « autonomes », « ultra-gauche », « anarchistes ».Cette situation met en lumière une vraie dérive du droit. On leur a reproché de ne pas avoir de téléphones portables, de ne pas vouloir se soumettre à la biométrie, voire de vivre à la campagne, comme on a reproché à d'autres d'aller à la mosquée.

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15/04/2009

Black Blocs vs Otan Strasbourg

 

casse cb.JPG

l’aticle censuré sur bellacio et récupéré sur indymédia toulouse

OTAN en emportent les black blocs

OTAN en emportent les black blocs
Notes sur la journée strasbourgeoise du 4 avril 2009

« L’insurrection désoriente les partis politiques. Leur doctrine, en effet, a toujours affirmé l’inefficacité de toute épreuve de force et leur existence même est une constante condamnation de toute insurrection »
Frantz Fanon, Les damnés de la terre, 1961.

1

Ce qui s’est passé à Strasbourg était relativement prévisible, et relativement inévitable. Pourtant, comme après chaque contre-sommet qui donne lieu à de belles émeutes, de gauche à droite on hurle au scandale, on accuse les uns et les autres d’avoir laissé faire les émeutier-e-s, de les avoir incité-e-s, ou, encore plus fort, d’avoir machiavéliquement organisé tout ça, dans l’ombre.
Tous les partis politiques, y compris à l’extrême-gauche, se font les porte-voix de discours sécuritaires tous plus puants les uns que les autres, déplorant explicitement ou implicitement l’impuissance policière face aux actes émeutiers (voir plus bas, le florilège de citations bien pensantes).

Au final, c’est toujours le même cinéma, avec dans le fond une idée commune à l’UMP et au Parti Socialiste, d’Attac jusqu’au Front National : il est impossible que des gens soient révoltés au point de se lancer d’eux-mêmes dans des pratiques émeutières. Il faut forcément, pour cela, que ces gens soient d’une manière ou d’une autre manipulés.

2

Comme cela a pu être fait en juillet 2001 suite aux grandes émeutes de Gênes lors du sommet du G8, nous le répétons : nous n’avons besoin de personne pour nous révolter et pour lutter. Ce samedi 4 avril 2009, à Strasbourg, si nous avons cassé des vitrines ou mis le feu à des bâtiments qui sont au service de l’Etat et du capitalisme (douane, banques, station essence, office de tourisme, hôtel Ibis, etc.), si nous avons saccagé des caméras de vidéosurveillance et des panneaux publicitaires, si nous nous sommes attaqué-e-s à la police, ce n’est pas parce qu’une organisation occulte nous y a poussé, mais parce que nous l’avons choisi délibérément.

3

Si nous avons eu autant de facilité à agir, c’est que nous étions plusieurs centaines à le faire, peut-être même plusieurs milliers (les fameux black blocs internationaux !).
C’est aussi parce que les flics ne sont pas totalement des robots. Ce sont des humains, eux aussi peuvent ressentir la peur, par exemple.
Et dans une « démocratie », aussi sarkozyste soit-elle, ça ferait mauvais genre de tuer des manifestant-e-s. Parce qu’une des possibilités pour la police de faire taire les émeutes plus rapidement aurait été de tirer à vue. Et autre chose que des gaz lacrymogènes, des grenades assourdissantes et des tirs de flashball… Le 8 avril 2009, Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, a déclaré que « la priorité du gouvernement était qu’il n’y ait pas de mort ». Parce que leur « démocratie » ne se sent pas encore trop en danger.

4

Si nous n’avons pas pu agir ailleurs que dans les quartiers pauvres du port autonome de Strasbourg, c’est parce que nous n’avons eu ni la force ni la finesse de parvenir jusqu’au centre-ville. La police et l’armée ont protégé la fameuse « zone rouge », autrement dit le centre-ville et les quartiers bourgeois de Strasbourg. Mais personne n’est dupe : nous aurions été bien plus redoutables dans ces quartiers riches…
Par ailleurs, personne n’est dupe non plus sur le fait que seuls des bâtiments institutionnels ou commerciaux ont été attaqués. Les biens de la population locale n’ont pas été touchés.
Nous luttons contre le pouvoir, pas contre celles et ceux qui le subissent.

5

Le discours médiatico-politicien cherche à donner une image de « casseurs nihilistes et sanguinaires » aux black blocs. Pourtant, les pratiques des black blocs ne se limitent pas à des actes de destruction (tout comme nos existences ne se limitent pas aux black blocs, qui ne sont que des modes ponctuels et contextuels de manifestation). Les black blocs pratiquent l’entraide et la complicité avec tou-te-s les manifestant-e-s, dans l’affrontement, l’auto-défense et la fuite face à l’ennemi policier.

Dans l’émeute, se créé une solidarité spontanée et anonyme, authentique au sens où chaque geste n’attend rien en retour.
Il y a là deux mondes qui s’opposent dans leurs démarches mêmes : d’un côté, des manifestant-e-s déterminé-e-s qui sont là pour leurs convictions, leurs désirs, leur rage de vivre, gratuitement et pleinement. De l’autre côté, des flics asermentés qui sont là par contrainte et obéissance, pour l’ordre et pour l’argent, ils sont payés pour réprimer et doivent réfléchir le moins possible à ce qu’ils font (le risque de démission serait trop important).

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Ce qui se discutait lors du sommet de l’OTAN à Strasbourg nous concerne tou-te-s. Les guerres post-colonialistes menées par les puissances occidentales nous font gerber et la guerre aux « ennemis intérieurs » nous révulse également. Contrôle des populations, gestion des flux migratoires, renforcement des polices, perfectionnement du renseignement et du fichage, c’est contre tout cela que nous nous sommes soulevé-e-s.

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L’enjeu principal, pour le pouvoir, est de continuer à imposer à tou-te-s la démocratie capitaliste comme unique organisation sociale possible. Et malgré les vies de merde qui sont les nôtres, malgré l’aspect chancelant du capitalisme ces derniers temps, force est de constater que les perspectives révolutionnaires semblent tellement lointaines qu’on ne les imagine qu’avec difficulté. Pourtant, la résignation profondément contre-révolutionnaire de notre époque n’est pas une fatalité. C’est un bel enjeu que celui de réussir à s’émanciper du capitalisme, par la lutte et l’entraide. Et de fait, cette émancipation ne peut co-exister avec le pouvoir capitaliste et étatique.

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Sachant qu’un autre monde ne peut être possible sans l’anéantissement de la démocratie capitaliste mondialisée, sachant que « toutes les classes dominantes ont toujours défendu leurs privilèges jusqu’au bout avec l’énergie la plus acharnée » (Rosa Luxembourg, Que veut Spartacus ?, 1918), semer le chaos et la destruction (pour reprendre les termes spectaculaires des médias) au sein de ce monde d’oppression et de contrôle social ne nous pose pas de problème. Cela nous semble même insuffisant.

Toute possibilité de transformation révolutionnaire de ce monde ne peut avoir lieu sans rapport de force tangible. C’est aux dominé-e-s de poser de nouvelles bases de vie sociale, sans attendre l’assentiment des dominant-e-s.

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Ces dernières années ont été traversées par des soulèvements qui inquiètent le pouvoir : émeutes des quartiers pauvres en novembre 2005, mouvement anti-CPE au printemps 2006, émeutes anti-Sarko lors des élections présidentielles de 2007, mouvements étudiants et lycéens de 2007-2008, et dernièrement la quasi insurrection grecque.

Pour ces mouvements comme pour les black blocs qui ont agi à Strasbourg, les médias focalisent sur la jeunesse de ces mouvements, comme pour enfermer la révolte dans un phénomène générationnel (avec toutes les remarques condescendantes qui vont avec : « vous verrez, dans dix ans, vous aurez oublié tout ça et vous serez résigné-e-s comme tout le monde »).
Nous pensons qu’il y a là un danger à dépasser absolument. Une insurrection ne peut être uniquement le fait de la jeunesse (une révolution encore moins) mais, comme la lutte des classes, elle doit être traversée et vécue par tou-te-s, au-delà des différences d’âge, de couleur de peau, de genre, de corporation, etc. Avec une conscience pleine des dominations et des exploitations.

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Si nous sommes parti-e-s du constat que pour renverser le pouvoir, il ne sert pas à grand chose de se contenter de manifester calmement, aussi nombreux soit-on, même à plusieurs millions de personnes, nous sommes également conscient-e-s que s’attaquer à la police et vandaliser des propriétés de l’Etat et/ou du capital à quelques milliers ne suffit pas non plus.
A quelques millions, ça aurait déjà plus de gueule. Toutes les technologies de contrôle et de répression pourraient s’avérer insuffisantes à maintenir la colère généralisée.

Mettons en place et répandons des pratiques communes de résistance, des solidarités concrètes, des moyens de lutte hors la loi et des perspectives révolutionnaires… Tout un programme pour en finir avec le vieux monde et ses technologies d’un futur déjà bien moisi !

Quelque part en fRance, le 8 avril 2009, quelques « casseurs » d’un groupe affinitaire actif parmi les black blocs du 4 avril 2009 à Strasbourg


 

Florilège de citations bien pensantes :

« Ils viennent exclusivement pour casser et sont au stade ultime de la bêtise (…). Ils n’ont pas d’autre idéologie que la violence. Ceux sont des voyous qui auraient même pu devenir des criminels quand on voit certaines images. »
Robert Herrmann, premier adjoint au maire (PS) de Strasbourg, cité par Philippe Wendling dans un article de 20 Minutes, 3 avril 2009.

« Mais surtout, j’ai de la colère, parce que des gens qui seront présentés comme des militants anti-OTAN alors qu’ils ne méritent que le nom d’imbéciles, ont commis des actes très graves qui méritent une condamnation claire et sans ambiguïté. Ces gens ne sont pas des nôtres, ce ne sont pas des militants pacifistes et nous refusons que leurs actes soient rapprochés d’une manière ou d’une autre de la manifestation pour la paix à laquelle les communistes ont participé. »
Marie-George Buffet, communiqué du Parti Communiste Français, 4 avril 2009

« Le PCF du Bas-Rhin condamne avec la plus grande fermeté les violences gratuites des groupes venus au nom de prétextes fallacieux pour casser. Ces gens là n’ont rien à voir avec les mouvements démocratiques qui organisaient le Contre-sommet de l’OTAN. Ces groupes font le jeu des Sarkozy, Merkel, Berlusconi, Brown etc… qui dominent l’Europe et qui l’ont conduite dans l’ornière de la crise économique et sociale d’aujourd’hui… »
Communiqué de la fédération du Bas-Rhin du Parti Communiste Français, 4 avril 2009

« L’objectif du gouvernement était clair, faire passer pour des casseurs tous ceux et celles qui souhaitaient manifester leur opposition à l’OTAN. »
Communiqué du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), 4 avril 2009

« On voit bien aujourd’hui de quel côté se situent l’extrémisme et la violence : à gauche ! Le Front National dénonce le saccage de Strasbourg par des bandes de voyous venus principalement d’Allemagne. »
Bruno Gollnisch, vice-président exécutif du Front National, 4 avril 2009

« Avant même le début de la manifestation, et pendant de longs moments, des casseurs venus de toute l’Europe se sont livré à des actes criminels dont les premières victimes sont les habitants du quartier du port du Rhin. Ces actes intolérables ont durement touché des strasbourgeois parmi les plus modestes, et contribué à empêcher l’expression pacifique de nombreux européens à la politique de l’OTAN.
Poste de douane, pharmacie, hôtel ont été incendiés, une Eglise investie, le mobilier urbain complètement saccagé, et l’école du quartier elle même n’a pu être préservée que par la mobilisation spontanée des habitants du quartier. Nous condamnons ces actes sans ambiguité. Leurs auteurs méritent d’être poursuivis et jugés conformément à la Loi.
Ces événements tragiques ont pu se produire en dépit de l’important déploiement policier et nous ne pouvons pas ne pas nous interroger sur la responsabilité de l’Etat et la stratégie qui a été la sienne durant ces heures éprouvantes.
»
Communiqué du Groupe des élu-e-s Verts de Strasbourg, 5 avril 2009

« L’UNSA-POLICE – Le Syndicat Unique condamne les émeutes d’une rare violence commises par des groupes de casseurs en marge de la manifestation organisée à Strasbourg à l’occasion du sommet de l’OTAN (…).
L’UNSA-POLICE – Le Syndicat Unique rappelle la difficulté d’exercer le métier de policier dans un climat de plus en plus tendu et une nouvelle fois réclame l’abandon des suppressions d’effectifs prévues jusqu’en 2012.
L’UNSA-POLICE – Le Syndicat Unique apporte son soutien aux agents blessés et félicite l’ensemble des policiers pour l’exemplarité de leur conduite et du professionnalisme dont ils ont fait preuve.
».
Communiqué de l’UNSA-Police, 5 avril 2009

« Les élus du Mouvement populaire ne peuvent comprendre que des responsables politiques participent à l’incitation à la violence à des fins politiciennes. Inciter à la révolte ou à la rébellion, ne peut constituer un programme politique crédible et n’est pas digne des grands partis républicains.
L’UMP veut par ailleurs rendre hommage au professionnalisme des forces de l’ordre qui font un travail remarquable et ne doivent pas être la cible de quelques délinquants.
Il faut donc adopter la plus grande fermeté avec ces individus, comme avec les casseurs qui cherchent coûte que coûte à troubler l’ordre public.
»
Eric Ciotti (UMP), Secrétaire national à la sécurité, 6 avril 2009

« Ce que je souhaite, c’est que les casseurs soient punis avec une extrême sévérité. »
Nicolas Sarkozy, président de la République, cité par Arnaud Leparmentier dans un article du Monde, 6 avril 2009.

« tous les partis politiques condamnent cette violence, ces casseurs, ces voyous. »
Bernard Accoyer (UMP), président de l’Assemblée Nationale, cité par Arnaud Leparmentier dans un article du Monde, 6 avril 2009.

« ’des groupes ultraminoritaires et ultraviolents qu’il faut sanctionner sans aucune faiblesse ».
Laurent Fabius (PS), cité par Arnaud Leparmentier dans un article du Monde, 6 avril 2009.

« ’Le pouvoir instrumentalise les violences qu’il a lui-même orchestrées pour tenter d’occulter le caractère massif de la protestation contre le sommet de l’OTAN qu’il n’a pu qu’entraver mais pas empêcher. »
Communiqué du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), 6 avril 2009

« Des grenades lacrymogènes ont été tirées pendant les prises de parole sans la moindre justification, contraignant la manifestation à se former dans la confusion et l’urgence, permettant à des groupes violents de s’infiltrer dans le cortège ;
Ces éléments violents ont pu passer les frontières alors que le dispositif Schengen avait été levé (…)
Les forces de l’ordre ont laissé ces mêmes éléments violents, au demeurant peu nombreux, (dont le Ministère de l’Intérieur se targue pourtant de connaître les identités) détruire l’ancien poste de douane sans intervenir (…) ; comment interpréter les autres destructions que les forces de l’ordre, pourtant en surnombre dans Strasbourg, n’ont pas su ( ?) empêcher ? Incompétence ou volonté de laisser faire ?
Les forces de l’ordre, comme c’est leur mission lors d’une manifestation autorisée, n’ont pas assuré la sécurité des manifestants, mais l’ont, au contraire délibérément compromise en laissant les éléments violents agir à leur guise
»
Communiqué d’Attac France, Attac Strasbourg et Attac Vosges du Nord, 6 avril 2009

« le dispositif policier était au point, de l’aveu même d’Alliot-Marie, et le maire de Strasbourg, qui adopte une posture de dénonciation, était dans la confidence depuis le début, il s’agit donc purement et simplement d’une combinaison cynique dont les habitants d’un quartier défavorisé, plus faciles à punir et à surveiller que les flux de capitaux, ont fait les frais ».
Communiqué de la Fédération Anarchiste, 6 avril 2009

« La lumière doit être faite sur les raisons qui expliquent que les casseurs ont pu avoir le terrain libre pendant près d’une heure, leur permettant d’incendier le bâtiment des douanes, un bâtiment abritant une pharmacie et l’office de tourisme et l’hôtel Ibis. »
Roland Ries, maire (PS) de Strasbourg, cité dans un article de nouvelobs.com, 7 avril 2009

publié le 8 avril 2009  |

http://schlomoh.blog.lemonde.fr/2009/04/12/la-feuille-de-...

 

Otan: le cercle vicieux de la violence
Diana Johnstone

 

 

Où qu’elle aille, l’Otan crée des menaces. C'est  son fond de commerce. Que ce soit en Afghanistan ou à Strasbourg, la présence  militaire étrangère provoque la rébellion violente, surtout de la part de  jeunes gens qui veulent relever le défi. Leur rébellion sert à justifier une  augmentation de violence répressive. Et ainsi de suite…

Ce cycle était  visible samedi le 4 avril à Strasbourg, où plusieurs milliers de policiers et  un petit nombre de casseurs du Black Block ont volé la vedette à ce qui aurait  dû être le début d’un nouveau mouvement de masse européen contre l’Otan. La  manifestation pacifiste fut écrasée et désintégrée par la police en armes,  pendant que des jeunes aux capuchons noirs jetaient des pierres, cassaient des  vitres et mettaient le feu aux bâtiments.

 

Provocateurs contre provocateurs

Dans ce cycle de provocation, il n’y a aucun doute que c'est  l'Otan qui a commencé. La célébration ostentatoire du 60ème anniversaire de  l’Alliance tenue dans trois villes du Rhin, Strasbourg, Kehl et Baden Baden ce  jour-là, constituait une insulte aux citoyens. Après tout, si les dirigeants  de "l’Occident démocratique" sont tellement appréciés, pourquoi faut-il  transformer les villes qui les reçoivent en forteresses assiégées pour les  accueillir? Si les Européens bénéficient de la protection de l’Otan, pourquoi  les tenir à distance de leur bienfaiteurs ? Mais bien sûr l’Otan n’est pas une  force de défense. Depuis l’agression contre la Serbie il y dix ans jusqu’au  bourbier afghan aujourd’hui, l’Otan se transforme progressivement en force  expéditionnaire destinée aux interventions lointaines. Les mesures de sécurité  draconiennes appliquées à trois villes européennes plutôt conservatrices,  enfermant les habitants dans leurs domiciles, ressemblaient à une occupation  étrangère. Malgré la grande – mais peut-être passagère – popularité d’Obama,  le sommet de l’Otan a illustré l’écart qui se creuse entre les peuples et  leurs dirigeants politiques. Grand « communicateur », le Président des  Etats-Unis s’est efforcé de persuader les Européens qu’ils sont encore plus  menacés par Osama bin Laden et Al Qaeda que les Américains, et doivent donc  payer leur tribut en impôts et en soldats pour éliminer cette menace quelque  part en Afghanistan, si ce n’est au Pakistan ou ailleurs. Les médias européens  ont pu distraire le public de cette notion saugrenue en dirigeant l’attention  vers la tenue vestimentaire de Michelle Obama. Mais, entre temps, des dizaines  de milliers de citoyens européens se dirigeaient vers Strasbourg dans l’espoir  de manifester leur désaccord. Ils avaient des arguments à faire entendre. Ils ont fini étouffés par des nuages de gaz lacrimogènes, et ont été traités comme  des bêtes.

La responsabilité du fiasco

La responsabilité de ce fiasco  est partagée. De loin les plus responsables sont les forces de l'ordre qui ne  cessent de durcir leurs modes de répression partout en Europe. Sous le regard  des hélicoptères, les divers policiers, gendarmes et CRS pratiquent la  technique d’origine anglaise de « kettling » qui consiste à diviser et à  enfermer les manifestants à l’intérieur de petits espaces séparés, parfois  entourés de barrières métalliques. Il s’agit de traiter les êtres humains  comme du bétail. Plus de dix mille policiers ont employé un arsenal d’armes  anti-personnelles contre un nombre comparable de manifestants sans défense.  Des gaz lacrimogènes, des balles en caouchouc et des armes à « son et lumière  » ont d’abord mis fin aux discours avant d’égarer les manifestant dispersés et  désorientés. Tout cela a fini dans un chaos total.

Ce fut le résultat  recherché. Mais une part de responsabilité incombe aux organisateurs, si on  peut utiliser ce mot pour un événement où l’organisation faisait à ce point  défaut. La manifestation anti-Otan du 4 avril était organisée par un collectif  de groupes de militants français dont aucun n’avait l’autorité pour imposer un  plan cohérent. Ainsi, le doyen de ces groupes, le Mouvement de la Paix, a fini  par exercer la plus grande influence sur les décisions, notamment celle  d’accepter le choix du site pour le rassemblement offert par la Préfecture. Au  lieu de pouvoir se rassembler sur une place publique et de défiler dans les  rues de Strasbourg sous les fenêtres des habitants, avec leurs banderolles,  leurs slogans et leur théâtre de rue, les manifestants furent exilés sur une  île périphérique entre le Rhin et un grand canal dans une zone industrielle.  Les deux seuls ponts permettant l’accès du côté français étaient faciles à  bloquer pour les forces d’ordre. Il suffit de regarder un plan pour voir qu’il  s’agissaitt d’un piège, et, sur le terrain, le dénivellement rendait celui-ci  pire encore. Situé à quelques huit kilomètres de la gare, un jour où tout  transport public était supprimé, le site était difficile à atteindre. De plus,  le point de rassemblement et le parcours imposé était quasi invisible au  public. Bref, les manifestants étaient coupés de toute communication avec le  public. Et la souricière donnait l’avantage à la police pour exercer ses  méthodes de répression. Pourtant les organisateurs ont accepté ce site  inacceptable – sans même fournir un service d’ordre pour guider et essayer de  protéger les manifestants.

Il est vrai qu’en échange, la Préfecture avait  fait certaines promesses – non tenues. Les ponts et les rues qui devaient  rester ouverts pour permettre aux manifestants de joindre le rassemblement sur  l’île se trouvaient bloqués de façon imprévisible par la police, provoquant  les premières échauffourées. Curieusement, plusieurs milliers de manifestant  pacifistes furent bloqués sur la rive allemande du Rhin, sans jamais pouvoir  rejoindre le rassemblement, tandis que des Black Block allemands y  parvenaient. En général, la police a traité les pacifistes comme l’ennemi dans  une guerre civile, sans protéger les personnes ou les biens de la minorité  violente.
Le rassemblement, tenu dans un creux sur l’île, était perturbé  par le spectacle d’un hôtel voisin consumé par les flammes. Les haut-parleurs  cédaient au bruit des hélicoptères. Le défilé programmé n’a jamais pu se  faire. Des manifestants désorientés étaient abandonnés à eux-mêmes lorsqu’ils  tentaient d’échapper aux gaz lacrimogènes à travers un labyrinthe de contrôles  policiers.

Le Black Block

Les pacifistes ne pouvaient concurrencer les  casseurs du Black Block, pourtant beaucoup moins nombreux. Contrairement aux  pacifistes, ils paraissent, sur les vidéos, comme étant maîtres de leur propre  jeu, en combat avec la police. Il est probable qu’ils en éprouvent fierté et  satisfaction.
Après le désastre de Strasbourg, il est clair que, pour  survivre et se développer, le mouvement anti-Otan doit faire face à trois  problèmes : ses propres faiblesses organisationnelles, la répression policière  et le Black Block.
Question fréquente : les casseurs du Black Block  sont-ils des provocateurs travaillant pour la police ? Incapable d’enquêter  sérieusement sur cette question, ma propre réponse intuitive est :  subjectivement non, mais objectivement oui. Ils ne peuvent pas tous être des  policiers en capuchon noir. La plupart croient sans doute qu’ils sont en train  de « combattre le capitalisme », comme ils le proclament. Mais objectivement  ils arrivent à justifier cette même répression policière qu’ils combattent  avec tant d’élan.

 

 

Errare humanum est. Les mauvaises intentions  fleurissent, mais les erreurs sont encore plus courantes. Un mouvement  intelligent contre l’Otan doit essayer d’appliquer l’alternative à la guerre –  l’argumentation rationnelle – en toutes circonstances. Nous devons débattre  avec les gens qui se trompent sur l’Otan, pour expliquer sa nocivité. Et nous  devons débattre avec ceux du Black Block, pour signaler ce qui ne va pas dans  leur forme de protestation.

Comment entamer un tel dialogue n’est pas  évident. En faisant l’hypothèse que les participants aux actions du Black  Block ne sont pas tous des policiers déguisés, j’inviterais, si j’en avais les  moyens, ceux qui sont sincères à prendre en considération plusieurs  idées.

  • Les combattants du Black Block devraient mettre en question leurs  propres motivations. Tout au long de l’histoire, de jeunes gens s’amusent à se  mettre en bandes pour combattre un ennemi. La testosterone et l’adrénaline ne  sont pas des arguments politiques. Mais ce sont des stimulants très efficaces  quand il s’agit de lancer des projectiles contre l’adversaire. Les combattants  de rue se sentent facilement victorieux et supérieurs face aux phalanges de  flics casqués qui paraissent bien lâches dans ce contexte. Les casseurs sont  victorieux dans le match du machisme, mais à quoi bon, si ce n'est à flatter  leur orgueil ?
  • Les combattants du Black Block devraient surtout penser à  l’effet de leurs actions sur la masse des citoyens, qui peuvent être indécis  politiquement. L’Otan et les forces de l’ordre profitent du sentiment  d’insécurité des citoyens. Les actions du Black Block attisent ce  sentiment.
  • Les combattants du Black Block devraient évaluer l’impact  désastreux de leurs activités sur d’autres formes de protestation publique.  Avec la police, ils vident les rues des manifestations de masse.
  • Les  combattants du Black Block devraient réfléchir sur la facilité avec laquelle ils sont exploités par leur ennemi. D’une part, quoi qu’ils en pensent, ils  sont certainement infiltrés par des agents. Et ils doivent se demander  pourquoi certains d’entre eux ont pu casser les vitres de l’Hôtel Ibis sur l'île du Rhin à Strasbourg, puis y mettre le feu de façon méthodique, sans la  moindre intervention policière. De plus, cet incendie impressionnant dévora  l’hôtel pendant plus d’une heure avant l’arrivée des pompiers. Ce spectacle  servit parfaitement à faire peur aux manifestants et à hâter leur dispersion, mais surtout à remplir les écrans de télévision avec la preuve que « les  manifestants sèment la destruction ». Les autorités ont cité l’incendie comme  justifiant leurs mesures policières (pourtant parfaitement inutile dans ce cas  précis). Et pourquoi mettre le feu à un hôtel Ibis, alors qu’il y en a huit à Strasbourg, celui-ci étant probablement le moins rentable ? Et quels moyens  semi-professionnels étaient nécessaires pour cette action de pyromane ? Et pourquoi mettre également le feu à une pharmacie qui servait les résidents  plutôt modestes de ce quartier déshérité ? Quel message politique exprime-t-on  ainsi ?
  • Bref, les militants du Black Block, quel que soit leur âge, doivent quitter l’adolescence attardée et se rendre compte que le combat  contre les pouvoirs injustes commence par la pensée, la raison, les faits et les arguments. Jouer avec la violence c'est jouer sur le seul terrain où ils  sont les plus forts, c’est jouer leur jeu. L’action du style d’Intifada peut  être le seul recours pour des Palestiniens désespérés, mais, en Europe, il existe encore d’autres moyens d’opposition politique. Il faut les inventer,  les explorer, les développer.

Que faire?

L’année 2008 fut un vrai  tournant, avec deux événements de très grande portée qui changent, petit à  petit, la vision du monde que peuvent avoir la plupat des gens :  l’effondrement financier, et l’attaque israélienne contre Gaza. Les  répercussions s'en feront de plus en plus sentir. Elles préparent le terrain  pour l’opposition massive des peuples aux puissances financières et militaires  qui dirigent l’Occident et qui s’efforcent toujours, à travers l’Otan en  particulier, d'imposer leur domination au monde entier. Il y a des indices que  le pouvoir reconnaît le danger et prépare des technologies de répression pour  contrer les révoltes à venir. Il est urgent de fournir des alternatives  politiques en termes de programmes et d’organisation. Si les manifestations de  masse sont vulnérables à la répression policière et aux casseurs, il faut  inventer d’autres moyens plus variés et plus flexibles pour communiquer les  uns avec les autres afin d' élargir un mouvement cohérent capable de combattre  la militarisation de la société et de construire une économie centrée sur les  véritables besoins des êtres humains. En tout cas, toute manifestion future  contre l’Otan doit se doter de son propre service d’ordre. On ne peut pas  mélanger des manifestants pacifiques avec les casseurs qui cherchent ce que  cherche la police : les combats violents.

 

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ARTICLES DE MICHEL COLLON
Mercredi 08 Avril 2009 Imprimer E-mail
La mission mondiale nauséabonde de l’OTAN

L’OTAN, le bras principal à l’étranger du complexe militaro-industriel des Etats-Unis, ne fait que s’étendre. Sa raison d’être originale, le bloc soviétique supposé menaçant est mort depuis 20 ans. Mais à l’instar du complexe militaro-industriel lui-même, l’OTAN est maintenue en vie et continue de croître par des intérêts économiques bien établis, l’inertie institutionnelle et un état d’esprit officiel proche de la paranoïa, avec des groupes de réflexion qui cherchent désespérément des « menaces ».



Ce mastodonte s’apprête à célébrer son 60ème anniversaire en avril, sur le Rhin, dans les villes jumelles de Strasbourg (en France) et de Kehl (en Allemagne). Le président français, Nicolas Sarkozy, de plus en plus impopulaire, offre un cadeau exceptionnel : le retour de la France dans le « commandement intégré » de l’OTAN. Cet événement bureaucratique, dont la signification pratique reste peu claire, fournit aux chœur des fonctionnaires et des éditorialistes OTANolâtres de quoi s’enorgueillir. Voyez ! Ces idiots de Français ont reconnu leur erreur et sont rentrés au bercail.

Sarkozy dit les choses autrement. Il affirme qu’en rejoignant le commandement de l’OTAN l’importance de la France s’accroîtra, en lui donnant de l’influence sur la stratégie et les opérations d’une Alliance qu’elle n’a jamais quittée et pour laquelle elle a continué de contribuer plus que sa part en forces armées.

Le défaut dans cet argument est que c’était le contrôle total et inébranlable des Etats-Unis sur le commandement intégré de l’OTAN qui persuada en premier lieu le Général Charles de Gaulle à le quitter, en mars 1966. De Gaulle ne le fit pas sur un coup de tête. Il avait essayé de changer le processus de prise de décision et avait découvert que c’était impossible. La menace soviétique avait diminué et de Gaulle ne voulait pas être attiré dans des guerres qu’il pensait inutiles, comme les efforts étasuniens de gagner la guerre en Indochine et que la France avait déjà perdue et considérait ingagnable. Il voulait que la France soit capable de poursuivre ses propres intérêts au Proche-Orient et en Afrique. D’autre part, la présence militaire des Etats-Unis en France stimulait les manifestations « Yankee go home ». Le transfert du commandement de l’OTAN en Belgique satisfaisait tout le monde.

Le prédécesseur de Sarkozy, Jacques Chirac, étiqueté à tort par les médias étasuniens comme « anti-américain », était déjà prêt à rejoindre le commandement de l’OTAN s’il pouvait obtenir quelque chose de substantiel en retour, comme le commandement de l’OTAN en Méditerranée. Les Etats-Unis refusèrent platement.

A la place, Sarkozy accepte des miettes : l’affectation d’officiers supérieurs français à un commandement au Portugal et dans quelques bases d’entraînement aux Etats-Unis. « Rien n’a été négocié. Deux ou trois officiers français supplémentaires en position de recevoir des ordres des Américains ne changeront rien », a observé l’ancien ministre français des affaires étrangères, Hubert Védrine, lors d’un récent colloque sur la France et l’Otan. Sarkozy a annoncé ce retour le 11 mars, six jours avant que cette question ne soit débattue par l’Assemblée Nationale. Les protestations de gauche comme de droite seront vaines.

Il semble qu’il y ait deux causes principales à cette reddition inconditionnelle.

L’une est la psychologie de Sarkozy lui-même, dont l’adoration pour les aspects les plus superficiels des Etats-Unis s’est exprimée dans son discours embarrassant devant le Congrès des Etats-Unis en novembre 2007. Sarkozy est peut-être le premier président français qui semble ne pas aimer la France. Ou, du moins, qui semble préférer les Etats-Unis (par ce qu’il regarde à la télévision). Il peut donner l’impression d’avoir voulu être le président de la France, non pas par amour pour son pays, mais par vengeance sociale contre lui. Depuis le début, il s’est montré pressé de « normaliser » la France, c’est-à-dire, de la refaçonner en accord avec le modèle américain.

L’autre cause, moins flagrante mais plus objective, est la récente expansion de l’Union Européenne. L’absorption rapide de tous les anciens satellites d’Europe de l’Est, ainsi que des anciennes républiques soviétiques d’Estonie, de Lettonie et de Lituanie, a radicalement changé l’équilibre du pouvoir au sein de l’UE elle-même. Les nations fondatrices, la France, l’Allemagne, l’Italie et les pays du Benelux, ne peuvent plus guider l’Union vers une politique étrangère et de sécurité unifiée. Après le refus de la France et de l’Allemagne d’accepter l’invasion de l’Irak, Donald Rumsfeld a discrédité ces deux pays comme faisant partie de la « vieille Europe » et il s’est gargarisé de la volonté de la « nouvelle Europe » de suivre l’exemple des Etats-Unis. La Grande-Bretagne à l’Ouest et les « nouveaux » satellites européens à l’Est sont plus attachés aux Etats-Unis, politiquement et émotionnellement, qu’ils ne le sont à l’Union Européenne qui les a recueillis et leur a apportés une aide économique au développement considérable et un droit de veto sur les questions politiques majeures.

Cette expansion a enterré efficacement le projet français de longue date de construire une force de défense européenne pouvant agir hors du commandement de l’OTAN. Les dirigeants de la Pologne et des Etats Baltes veulent une défense américaine, à travers l’Otan, point. Ils n’accepteraient jamais le projet français d’une défense européenne qui ne serait pas liée à l’OTAN et aux Etats-Unis.

La France a son propre complexe militaro-industriel, un nain comparé au complexe militaro-industriel américain, mais le plus grand de l’Europe occidentale. Tout complexe de ce type a besoin des marchés à l’exportation pour son industrie d’armement. Le marché au meilleur potentiel aurait été des forces armées européennes indépendantes. Sans cette perspective, certains pouvaient espérer qu’en rejoignant le commandement intégré les marchés de l’OTAN s’ouvriraient à la production militaire française.

Un espoir tenu, cependant. Les Etats-Unis protègent jalousement les acquisitions majeures de l’OTAN au bénéfice de leur propre industrie. La France n’aura probablement pas beaucoup d’influence au sein de l’OTAN pour la même raison qu’elle abandonne sa tentative de construire une armée européenne indépendante. Les Européens sont eux-mêmes profondément divisés. Avec une Europe divisée, les Etats-Unis règnent. De plus, avec la crise économique qui s’accentue, l’argent est de moins en moins disponible pour l’armement.

Du point de vue de l’intérêt national français, ce faible espoir de commercialiser des équipements militaires lourds est largement miné par les conséquences politiques désastreuses de l’acte d’allégeance de Sarkozy.

Il est vrai que même hors du commandement intégré de l’OTAN l’indépendance de la France n’était que relative. La France a suivi les Etats-Unis dans la première guerre du Golfe – le Président François Mitterrand espéra vainement gagner ainsi de l’influence à Washington, le mirage habituel qui attire les alliés dans les opérations étasuniennes douteuses. La France s’est jointe à l’OTAN en 1999 dans la guerre contre la Yougoslavie, malgré les doutes aux plus hauts niveaux. Mais en 2003, le Président Jacques Chirac et son ministre des affaires étrangères Dominique de Villepin ont réellement usé de leur indépendance en rejetant l’invasion de l’Irak. Il est généralement reconnu que la position française a permis à l’Allemagne de faire de même. La Belgique a suivi.

Le discours de Villepin, le 14 février 2003, au Conseil de Sécurité des Nations-Unies, donnant la priorité au désarmement et à la paix sur la guerre, reçut une rare standing ovation. Le discours de Villepin fut immensément populaire dans le monde entier et a accru énormément le prestige de la France, en particulier dans le monde arabe. Mais, de retour à Paris, la haine personnelle entre Sarkozy et Villepin atteignit des sommets passionnels et l’on peut suspecter que le retour de Sarkozy dans l’obédience de l’OTAN est également un acte de vengeance personnelle.

Le pire effet politique est beaucoup plus vaste. L’impression est à présent créée que « l’Occident » - l’Europe et l’Amérique du Nord - se barricadent contre le reste du monde par une alliance militaire. Rétrospectivement, la dissidence française a rendu service à l’ensemble du monde occidental en donnant l’impression - ou l’illusion - que la pensée et l’action indépendantes étaient toujours possibles et que quelqu’un en Europe pouvait écouter ce que d’autres parties du monde pensaient et disaient. Désormais, ce « resserrement des rangs », salué par les fervents défenseurs de l’OTAN comme « améliorant notre sécurité », sonnera l’alarme dans le reste du monde. L’empire semble resserrer ses rangs en vue de faire la loi dans le monde. Les Etats-Unis et ses alliés ne prétendent pas ouvertement diriger le monde, seulement le réguler. L’Ouest contrôle les institutions financières mondiale, le FMI et la Banque Mondiale. Il contrôle le judiciaire, la Cour Criminelle Internationale, laquelle, en six années d’existence, a jugé seulement un obscur chef de guerre congolais et mis en accusation 12 autres personnes, toutes africaines – et pendant ce temps, les Etats-Unis causent la mort de centaines de milliers, voire de millions de personnes en Irak et en Afghanistan et soutiennent l’agression continuelle d’Israël contre le peuple palestinien. Pour le reste du monde, l’OTAN n’est que la branche armée de cette entreprise de domination. Et cela à un moment où le système du capitalisme financier dominé par l’Ouest entraîne l’économie mondiale dans l’effondrement.

Cette gesticulation, consistant à « montrer l’unité occidentale » pour « notre sécurité », ne peut que rendre le reste du monde inquiet pour l’avenir. Pendant ce temps, l’OTAN manœuvre chaque jour un peu plus pour encercler la Russie avec des bases militaires et des alliances hostiles, notamment en Géorgie. En dépit des sourires pendant les dîners avec son homologue russe, Sergueï Lavrov, Hillary Clinton répète le mantra étonnant selon lequel « les sphères d’influence ne sont pas acceptables » - voulant dire, bien sûr, que la sphère historique russe d’intérêt est inacceptable, tandis que les Etats-Unis l’incorporent vigoureusement dans leur propre sphère d’influence, qui s’appelle l’OTAN.

Déjà, la Chine et la Russie accroissent leur coopération en matière de défense. Les intérêts économiques et l’inertie institutionnelle de l’OTAN poussent le monde vers un alignement préalable à la guerre bien plus dangereux que la Guerre Froide.

La leçon que l’OTAN refuse d’apprendre est que sa recherche d’ennemis crée des ennemis. La guerre contre le terrorisme nourrit le terrorisme. Entourer la Russie avec des missiles soi-disant « défensifs » - lorsque tout stratège sait qu’un bouclier accompagné d’une épée est aussi une arme offensive – créera un ennemi russe.
La Recherche de Menaces

Pour se prouver à elle-même qu’elle est réellement « défensive », l’OTAN continue de rechercher des menaces. Eh bien, le monde est un endroit agité, en grande partie grâce à la sorte de mondialisation économique imposée par les Etats-Unis au cours des décennies passées ! Cela pourrait être le moment d’entreprendre des efforts diplomatiques et politiques afin de mettre au point des moyens internationalement acceptés pour traiter les problèmes tels que la crise économique mondiale, le changement climatique, l’utilisation de l’énergie, les pirates informatiques (« la guerre cybernétique »). Les groupes de réflexion de l’OTAN se jètent sur ces problèmes comme de nouvelles « menaces » qui doivent être traitées par l’OTAN. Cela conduit à une militarisation des décisions, là où elles devraient être démilitarisées.

Par exemple, que peut bien vouloir dire répondre à la menace supposée du changement climatique avec des moyens militaires ? La réponse semble évidente : la force militaire peut être utilisée d’une manière ou d’une autre contre les populations obligées de fuir de chez elles à cause des sécheresses ou des inondations. Peut-être, comme au Darfour, la sécheresse conduira-t-elle à des conflits entre groupes ethniques ou sociaux. Ensuite, l’OTAN peut décider quel est le « bon » camp et bombarder l’autre camp. Quelque chose de ce genre.

Le monde semble en effet se diriger vers une période de troubles. L’Otan semble se préparer à affronter ces troubles en utilisant la force armée contre des populations indisciplinées.

Cela sera évident lors de la célébration du soixantième anniversaire de l’OTAN, qui se déroulera les 3 et 4 avril prochains à Strasbourg et à Kehl.

Ces villes seront transformées en camps armés. Les habitants de la ville tranquille de Strasbourg sont obligés demander des badges pour pouvoir quitter leurs propres habitations ou y entrer durant ce joyeux évènement. Aux moments cruciaux, ils ne seront pas autorisés du tout à quitter leur domicile, sauf en cas d’urgence. Le transport urbain sera stoppé. Ces villes seront aussi mortes que si elles avaient été bombardées, afin de permettre aux dignitaires de l’OTAN de simuler une démonstration de paix.

Le point culminant sera une séance de photos de dix minutes, lorsque les dirigeants français et allemand se serreront la main sur le pont au-dessus du Rhin reliant Strasbourg à Kehl. Comme si Angela Merkel et Nicolas Sarkozy faisaient la paix entre la France et l’Allemagne pour la première fois ! Les gens du cru seront enfermés afin de ne pas déranger cette mascarade.

L’OTAN se comportera comme si la plus grande menace à laquelle elle est confrontée est le peuple d’Europe. Et la plus grande menace pour le peuple européen pourrait bien être l’OTAN.

 

Article original en anglais, NATO's Global Mission Creep, Counterpunch, 13 mars 2009. Pour lire l'article en anglais, cliquez ici.

Traduction Questions Critiques.

http://www.michelcollon.info/index.php?view=article&c...

 

 

08:39 | Lien permanent | Commentaires (0) |

14/04/2009

Thales Teorem telephonie

Nicolas Sarkozy et les personnalités sensibles du gouvernement pourront bientôt communiquer en toute sécurité grâce à un nouveau téléphone mobile sécurisé imaginé par Thales.
thalès teorem.jpg

 

 

 

 

 

La sécurité des téléphones mobiles des fonctionnaires relève de la sécurité d'état
Le problème de la sécurité des télécommunications se pose aussi pour les téléphones portables utilisés par les membres des gouvernements et les personnalités politiques du monde entier comme nous avons pu le découvrir avec le BlackBerry de Obama. En France, le Ministère de la Défense s'est emparé du problème comme l'annonce Reuters, en travaillant avec Thales, société française d'électronique spécialisée dans l'aérospatial, la défense et les technologies de l'information, pour la mise au point d'un terminal adapté.

Le Téorem de Thales pour Nicolas Sarkozy
Ainsi, ce sont les représentants ministériels, les haut gradés de l'armé et le président Nicolas Sarkozy qui bénéficieront bientôt du nouveau terminal sécurisé Téorem, un mobile cryptographique destiné au réseau d'état et militaire, imaginé et conçu par les ingénieurs de chez Thales. Il viendra remplacer les BlackBerry utilisés officiellement jusqu'ici, qui commencent à être vus d'un mauvais oeil par les responsables de la sécurité nationale.

Thales Téorem, un mobile sécurisé au service de l'Etat
Concrètement, le Thales Téorem permettra à ses utilisateurs d'avoir des conversations confidentielles et échanger des secrets d'état en toute tranquillité grâce à sa technologie de cryptage. Dans le cas de la perte d'un terminal par un des utilisateurs, celui-ci sera déconnecté à distance et deviendra inutilisable sur le réseau.

Disponibilité du Téorem pour l'Etat français
Le Thales Téorem est fabriqué en France et devrait être livré en 2010 à plus de 14 000 exemplaires. Sa distribution sera réservée aux fonctionnaires d'état. Son prix n'a pas encore été dévoilé.

 

Le gouvernement français aura droit à son propre téléphone portable sécurisé d'ici 2010, avec le Téorem, construit par Thales.

Plutôt que d'utiliser des smartphones Blackberry, pour lesquels les services secrets français ( et ceux d'autres pays ) restent toujours aussi méfiants, les représentants des ministères français et des états-majors militaires, et jusqu'au président Nicolas Sarkozy lui-même, auront bientôt à leur disposition un téléphone portable spécial, le Téorem ( téléphone cryptographique pour réseau étatique et militaire ).

Selon Reuters, celui-ci a été conçu par la société Thales et sera construit à 14.100 exemplaires dans l'usine de Cholet, employant 850 personnes, avec une livraison prévue pour 2010, suite à une commande du ministère de la Défense au mois de mars.


Méfiance à l'égard des téléphones portables

Ce choix vise à disposer d'un contrôle total des communications mobiles alors que la méfiance est de mise concernant les risques d'écoute avec les téléphones portables et PDA actuels. La mise en garde de 2007 formulée par le SGDN ( Secrétariat général à la Défense Nationale ) est d'ailleurs toujours d'actualité.

Un centaine d'ingénieurs auraient planché sur le Téorem, qui ne pourra pas être acheté par des entreprises privées ou des particuliers, précise Reuters. Les terminaux permettront d'échanger des informations sensibles couvertes par le secret défense.

Source : Reuters

10:12 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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