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02/06/2009

La résilience...Quel rôle joue-t-elle dans les chemins vers l’autonomie ?

Nous nous penchons sur la résilience car une question brûle nos lèvres : Quel rôle joue-t-elle dans les chemins vers l’autonomie ?

Nous passons tous par des tumultes et bien que cela puisse paraître difficile à vivre sur le moment, avec le recul nous constatons que nous avons progressé et que nous nous sommes construits un peu plus. Cependant, seuls, nous pouvons faire un bout de chemin mais les liens affectifs et sociaux sont primordiaux pour le développement de l’être humain tout comme ils sont l’essence même de la résilience.

La résilience et son origine

L’expression de résilience prend sa source en physique. Il définit l’aptitude d’un corps (matériau) à résister au choc et à reprendre sa forme initiale.

Quand il est passé dans les sciences sociales, le terme de résilience a désigné « la capacité d’une personne ou d’un système social à vivre et à se développer positivement malgré des conditions de vie difficiles, et ce de manière socialement acceptable. » En d’autres termes, « la capacité à réussir, de manière acceptable pour la société malgré l’adversité. » [1] Sur le plan psychique, le terme de résilience désigne la possibilité pour un individu de développer des mécanismes de résistance et de survie malgré les déséquilibres de l’existence, des circonstances difficiles, des malheurs, un choc traumatique ou un environnement défavorable, voire hostile.

Deux regards sur la résilience

Dans le livre Un merveilleux malheur [2] , Borys Cyrulnik exprime l’émerveillement, l’étonnement d’écrivains ou spécialistes face aux enfants qui « ont su triompher d’épreuves immenses et se faire une vie d’homme malgré tout. » La résilience est le signe clairvoyant de l’inattendu et de l’espoir.

Boris Cyrulnik définit la résilience comme "l’art de naviguer dans les torrents". Personne ne peut prétendre être à l’abri des épreuves de la vie mais tous, sommes potentiellement capable de rebondir et de les surmonter. Toutefois, Stefan Vanistendael présente la résilience comme étant indissociable de la résistance à la destruction (capacité de la personne à protéger son intégrité lorsqu’il est forcé à de fortes pressions) et la capacité à se construire une vie riche en dépit de circonstances difficiles.

Il est parfois étonnant de constater dans une fratrie où les adversités sont présentes, que les frères et sœurs construisent leurs vies différemment. La sœur s’en sortira tandis que les autres enfants reproduiront les schémas biaisés, voir destructeurs sur eux ou leur famille. Mais en fin de compte, qu’est-ce qui fait qu’un jeune plutôt qu’un autre est résilient ?

Pour réponse, voici certains éléments de la personnalité qui peuvent renforcer la double capacité de résistance et de construction appelés, les éléments de constructions [3] :

a) Les réseaux informels de soutien (relations familiales et amicales) qui reposent sur une relation d’acceptation inconditionnelle de l’individu par au moins un adulte. Cette acceptation constitue probablement la base sur laquelle tout le reste va s’édifier.

b) La découverte d’un sens, d’une logique, d’une cohérence. Cet aspect est lié à la vie spirituelle et à la religion.

c) Des aptitudes sociales et le sentiment de maîtriser quelque peu les événements de la vie et de pouvoir résoudre les problèmes.

d) Une image positive de soi (l’estime de soi)

e) Le sens de l’humour ou un environnement dans lequel l’humour peut s’épanouir. Une attitude positive et réaliste envers soi et face aux circonstances.

Ces points-ci sont des ressources qui vont permettre à l’enfant, au jeune, d’accroître sa résilience. Il est fort possible que ces ressources soient présentes dans l’environnement de l’enfant, mais sans le connaître vraiment. Il s’agit donc de le mettre en relation avec celles-ci. Si ces ressources font défaut dans son milieu, il est question de se demander comment nous pouvons les intégrer dans diverses structures ; les écoles, les structures sociales afin que l’enfant, le jeune, puissent en profiter.

Le rôle de la résilience

Il fut une époque où la fatalité était le créneau des psychologues, des psychiatres, de la société. Boris Cyrulnik fut le premier, dans le monde francophone à parler d’enfants qui, doués d’une grande force intérieure, s’en sont sortis suite à des traumatismes, des adversités. Ces enfants qui auraient dû tomber sans jamais se relever ; ces enfants sont devenus, les enfants de l’inattendu.

Là où rien ne ferait penser qu’un jeune puisse un jour prendre sa vie en main au gré de l’adversité, il est néanmoins, des jeunes qui rebondissent plus au haut que l’épreuve, qui en ressortent plus forts, plus vaillants et régénérés. L’inattendu et l’espérance triomphent de la fatalité et pour certain, il a suffit juste d’une force extérieure, une personne qui croit en lui pour que ses capacités de résilience se mettent en route.

 

[1] Stefan Vanistendal, La résilience ou le réalisme de l’espérance. Blessé, mais pas vaincu. Edition Les Cahiers du Bice, Genève, 3ème Edition 1998, p.9

[2] Boris Cyrulnik, Un merveilleux malheur. Editions Odile Jacob, Paris 1999

[3] Stefan Vanistendal, La résilience ou le réalisme de l’espérance. Blessé, mais pas vaincu. Edition Les Cahiers du Bice, Genève, 3ème Edition 1998, p.16

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