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12/07/2009

"les policiers ont tiré sans sommation. Ce n'est pas une bavure mais une brutalité policière"

La police des polices saisie après une plainte pour blessure au flash-ball

PARIS (AFP) — La police des polices a été saisie après la plainte d'un jeune homme de 34 ans, qui affirme avoir perdu un oeil après avoir reçu un tir de flash-ball lors d'un rassemblement de soutien à des expulsés d'un squat à Montreuil, a-t-on appris dimanche de sources concordantes.

L'inspection générale des services (IGS) "a été saisie après qu'un jeune homme eut déposé une plainte. Elle a déjà entendu le jeune homme et d'autres personnes dans cette affaire", a dit à l'AFP une source judiciaire.

"L'IGS est venue entendre mon fils à l'hôpital", a confirmé à l'AFP Stéphane Gatti, le père du jeune homme, Joachim Gatti. D'après M. Gatti, les médecins experts ont également déjà rendu leur rapport. Ils auraient conclu que "vu l'impact de la blessure reçue, celle-ci ne peut avoir été réalisée que par un flash-ball", a-t-il déclaré.

Les faits remontent à mercredi dernier. A la suite d'un ordre de la préfecture de Seine-Saint-Denis, une quinzaine de personnes ont été évacuées le matin, sans heurts, des locaux d'une ancienne clinique à la Croix de Chavaux à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Dans la soirée, environ une trentaine de personnes, dont Joachim Gatti, ont organisé un rassemblement "festif" devant les locaux de l'ancienne clinique pour protester contre l'expulsion.

La police a procédé à trois arrestations et tiré au flash-ball, selon des témoins et la préfecture. Touché, Joachim Gatti a été transporté dans un hôpital parisien. Il a perdu son oeil droit.

D'après la préfecture, les squatters, qui tentaient de réinvestir les lieux, avaient tiré en premier des projectiles sur les policiers, qui ont riposté en faisant usage de flash-ball. La préfecture a dit que l'enquête devrait établir s'il existe un lien entre les tirs de flash-ball et la perte de l'oeil de Joachim Gatti.

Pour Stéphane Gatti, "les policiers ont tiré sans sommation. Ce n'est pas une bavure mais une brutalité policière", dit-il.

"Ils (les manifestants) avaient organisé une fête de gnocchi avec de la sauce tomate devant la clinique. Il y a eu des feux d'artifice tirés. Ils ont cru qu'il n'y avait que trois vigiles. Une quinzaine de policiers sont sortis de leurs voitures et ont tiré sans sommation. Ils étaient à cinq mètres et ils ont tiré plusieurs fois avec leurs flash-balls. C'est une chasse au lapin", déclare M. Gatti.

"La ville a demandé une explication et salue la décision du commissaire de saisir l'IGS. Mais je constate que le travail de restauration d'une police républicaine n'est pas encore achevé à Montreuil", avait réagi Dominique Voynet, la sénatrice-maire (Verts) de Montreuil.

Dimanche, environ 60 personnes se sont retrouvées à Montreuil, dans le but de s'organiser en vue de prochaines actions pour protester contre l'intervention de la police.

"Que l'on habite un quartier de banlieue où la police harcèle quotidiennement la population, que l'on s'oppose aux arrestations de sans-papiers (...) il est de plus en plus fréquent de se trouver dans la ligne d'un policier prêt à dégainer", déclare dans un communiqué la Coordination des intermittents et précaires.

Une manifestation est prévue lundi 13 juillet à 19H00 à la Croix de Chavaux à Montreuil.

 

Dimanche 12 juillet 2009

Hier soir, quelques terroristes de la BAC et leurs complices de la Police Nationale ont commis un nouvel attentat. Leur cible a été cette fois-ci un rassemblement de protestation contre l’expulsion dun squat à Montreuil. Comme de coutume, ils ont fait usage de matraques et de flash ball. Parmi les manifestants, trois ont été placés en garde à vue, plusieurs ont été blessés, lun dentre eux a été défiguré et a perdu un œil.

On ne fera pas semblant de constater que la police fait mal son travail : la police fait le travail quelle a à faire. Il lui faut autant que possible retarder lexplosion quelle ne pourra pas empêcher, et que les dérisoires pantins du G8 sont eux-mêmes dores et déjà forcés de prendre en compte. Cette explosion à venir sera la traduction politique de la «crise» qui affecte léconomie. Un éléphant socialiste le remarquait récemment dans les colonnes du Monde : la multiplication par deux du nombre de chômeurs et de précaires dans les pays riches, prévue à lhorizon 2010, pourrait difficilement rester sans conséquences.

Devant cet état de fait, on peut soit se demander quels remèdes vont permettre de relancer l
économie, soit se dire quil y a là loccasion pour que jamais plus léconomie ne se relance, et quun avenir désirable souvre de nouveau. Ceux qui défendent le second point de vue sont pour le moins minoritaires, mais leur discours est devenu beaucoup plus audible qu’il ne lavait été pendant des décennies. Ceux qui défendent le premier point de vue ont pour souci premier de contenir cette audibilité. Autrement dit, ils doivent faire en sorte que la disposition à ne plus jouer le jeu de léconomie ne se diffuse pas, quelle reste à lintérieur des étroites limites au sein desquelles on avait réussi à la cantonner : cercles militants, associatifs et «radicaux». Mais cette opération va savérer de plus en plus délicate. Panser les plaies de la finance mondiale est une chose, faire accepter une précarisation sans précédent en est une autre.

Le pouvoir a donc un objectif précis : étouffer, aussi longtemps qu
il sera possible, les étincelles susceptibles de déclencher une explosion que chacun sait par ailleurs inéluctable. Ce qui veut dire aussi : étouffer la perception de la contingence radicale de léconomie et de ses impératifs. Pour cela, la police a carte blanche. Elle peut donc réprimer, expulser, emprisonner, casser des têtes, crever des yeux, lacérer des visages, briser des vies. En blesser un pour en effrayer cent. Elle choisira de préférence ses cibles dans les milieux politiques réputés les plus radicaux, et pourra alors invoquer le combat contre le terrorisme. La terreur d’État ne donne pas lieu à des «bavures», mais réduit les corps à sa merci, comme le savent déjà les habitants de Firminy.

Tous les moyens sont bons pour combattre les terroristes, disent la police et ses juges. Nous sommes bien d
accord ; à ceci près que les terroristes, ce sont eux. En finir avec la police et léconomie, par tous les moyens nécessaires.

Des membres présumés de
la «mouvance anarcho-autonome»,
9 juillet 2009.



L’économie et la police (ou : Ce qu’il faut détruire)
Soutien à Joachim Gatti
Lettre ouverte de la Parole errante
À Montreuil comme ailleurs, désarmons la police
La police éborgne à Montreuil
Montreuil : La police vise la tête
Communiqué de La Clinique expulsée
Expulsion de La Clinique à Montreuil
Clinique et 2milunes menacées
La Clinique
CIP-ID


Il y a 1 mois à Argenteuil:


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