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14/07/2009

Somalie-enlèvement-sécurité-renseignement-french consultants-french contractors-Somalia

 

Deux «conseillers» des services de renseignements français à Mogadiscio en mission d'aide de sécurité au gouvernement somalien, ont été enlevés mardi par des hommes armés, a-t-on appris de sources françaises et somaliennes.

Ils ont été enlevés dans l'hôtel Sahafi, dans le sud de la capitale somalienne, par une dizaine de miliciens qui ont désarmé les gardes de sécurité de l'hôtel où ils s'étaient enregistrés comme journalistes, selon un policier somalien et la direction de l'hôtel.

«Deux conseillers français en mission officielle d'assistance auprès du gouvernement somalien ont été enlevés ce matin (mardi) à Mogadiscio par des hommes armés», a annoncé à Paris le ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué.

«Ils apportaient une aide en matière de sécurité au gouvernement fédéral de transition du président» somalien Sharif Sheikh Ahmed, selon le texte.

Le ministère n'a donné aucune précision sur l'identité de ces hommes ou sur le fait de savoir s'il s'agissait de militaires ou de civils.

Selon des responsables somaliens, des pourparlers ont été entamés pour tenter de faire libérer les deux Français.

Le gouvernement du président Ahmed, un islamiste modéré élu fin janvier, fait face depuis début mai à une offensive sans précédent des islamistes radicaux.

La France s'est engagée au printemps à former à Djibouti, où elle dispose d'une base permanente de 2.900 hommes, un bataillon de l'armée somalienne, soit 500 hommes.

Al'origine, cette formation devait débuter en septembre. En raison de la dégradation de la situation à Mogadiscio, les préparatifs se sont accélérés et elle devait débuter en août à Djibouti.

Un haut responsable gouvernemental somalien indiquait plus tôt mardi sous couvert d'anonymat que les deux étrangers enlevés étaient des Français travaillant pour le renseignement français.

Il a précisé à l'AFP que les otages, qui se trouvaient selon lui «en Somalie depuis neuf jours», n'étaient pas des journalistes.

L'enlèvement des deux hommes, qui n'avait pas été revendiqué mardi soir, s'est produit le jour de la fête nationale française.

Les véritables motivations des ravisseurs, qui n'ont pas formulé de demande de rançon, restaient floues mardi soir.

Un membre de l'Agence nationale de sécurité (NSA) somalienne a même affirmé  que les ravisseurs appartenaient au ministère de l'Intérieur et que l'enlèvement était le résultat de dissensions au sein des forces de sécurité somaliennes.

«Des milices du ministère sont venus à l'hôtel Sahafi en affirmant qu'ils venaient chercher les Français pour les emmener au palais (présidentiel); ils se sont rendus directement à leurs chambres (...) et les ont emmenés dans un véhicule du ministère de l'Intérieur», a déclaré cette source.

Selon un employé de l'hôtel sous couvert d'anonymat, l'opération «semble avoir été bien préparée car elle s'est déroulée dans une zone sous haute surveillance contrôlée par le gouvernement somalien».

Les ravisseurs se sont présentés comme des membres des forces de sécurité gouvernementales en approchant de l'hôtel, a-t-il ajouté.

Des étrangers sont régulièrement enlevés en Somalie, pays en guerre civile depuis 1991, et libérés contre rançon.

La journaliste canadienne Amanda Lindhout et le photographe australien Nigel Geoffrey Brennan, enlevés le 23 août 2008, sont toujours détenus par leurs ravisseurs.

Quatre employés européens de l'ONG française Action contre la faim (ACF) et leurs deux pilotes kenyans, enlevés début novembre, sont toujours otages.

 

 

REPERES : de nombreux précédents

 

Les étrangers sont régulièrement la cible d'enlèvements crapuleux en Somalie, pays en guerre civile depuis 1991, et libérés contre rançon. Journalistes et humanitaires sont particulièrement visés.

 

2009

-19 avr: Enlèvement dans le sud de deux membres de MSF Belgique, de nationalités belge et néerlandaise. Ils sont libérés le 28 avril.

2008

-26 mars: Enlèvement de cinq Kényans fonctionnaires du ministère de l'Education à Bulohawo (sud). Ils sont libérés cinq jours plus tard.

-1er avr: Un Kényan et un Britannique, employés d'une société indienne sous contrat avec une agence d'aide de l'ONU, sont enlevés non loin de Kismayo (sud). On est sans nouvelles d'eux depuis.

-13 mai: Enlèvement d'un enseignant kényan de l'université de Mogadiscio par des hommes armés non identifiés à Mogadiscio. Il est libéré dix jours plus tard.

-21 mai: Trois humanitaires dont deux Italiens travaillant pour l'ONG CINS (Coopération italienne nord-sud) sont enlevés à Awdhegle (70 km au sud de Mogadiscio). Les Italiens sont libérés le 5 août.

-23 août: Enlèvement de la journaliste canadienne Amanda Lindhout et du photographe australien Nigel Geoffrey Brennan. Ils sont toujours détenus.

-22 sept: Une japonaise et un Néerlandais, employés de l'ONG française Médecins du Monde sont enlevés dans l'est de l'Ethiopie près de la frontière somalienne, puis emmenés en Somalie par leurs ravisseurs somaliens. Ils sont libérés le 7 janvier 2009.

-5 nov: Enlèvement de quatre employés européens de l'ONG française Action contre la faim (ACF) et leurs deux pilotes kényans à environ 350 km au nord de Mogadiscio. Ils sont toujours otages.

-26 nov: Enlèvement à Bosasso d'un photographe espagnol et d'un reporter britannique en mission pour le Sunday Telegraph. Ils sont libérés le 4 janvier 2009, après plus de cinq semaines de captivité dans des grottes du nord-est de la Somalie.

2007

-9 mai: Deux travailleurs humanitaires, un Britannique et un Kényan, travaillant pour l'ONG CARE International sont capturés par des hommes armés au Puntland (nord-est). Ils sont libérés le 15 mai.

-16 déc: Un journaliste français est enlevé à Bosasso (nord, capitale de la région auto-proclamée autonome du Puntland) par des miliciens d'un des clans de la ville réclamant une rançon. Il est libéré huit jours plus tard, le 24 décembre, sans conditions et sans versement de rançon, affirment les autorités du Puntland.

-26 déc: Une Espagnole et une Argentine, employées de l'organistation Médecins sans frontières (MSF) sont enlevées à Bosasso avant d'être libérées une semaine plus tard.

http://www.lalsace.fr/fr/article/1793514/Somalie-les-otages-enleves-appartiennent-aux-services-de-renseignement-francais.html

 

 

 

The Guardian, Giles Tremlett, 11 mai 2009

 

Selon un document du renseignement militaire européen, obtenu par une station de radio espagnole, les pirates somaliens qui attaquent les navires dans le Golfe d'Aden et l'Océan Indien sont dirigés vers leurs cibles par une équipe de « consultants » à Londres.

 

Selon le document, obtenu par la radio Cadena SER, l'équipe et les pirates restent en contact par téléphone satellite.

 

Il dit que les groupes de pirates ont des « informateurs bien placés » à Londres, qui sont en contact permanent avec les centres de contrôle en Somalie, où sont prises les décisions sur quels navires attaquer. Ces « consultants » de Londres aident les pirates à choisir les cibles, en fournissant des informations sur la cargaisons et la route des navires.

 

Selon une compagnie de navigation ciblée, dans un cas au moins, les pirates sont restés en contact avec leurs informateurs de Londres depuis le navire détourné. Le réseau d'information des pirates s'étend au Yémen, à Dubaï et au Canal de Suez.

 

Ce document du renseignement est considéré avoir été émis pour les marines européennes.

 

Selon Cadena SER, ce document dit que, « Des informations selon lesquelles des navires marchands naviguent volontairement dans la zone pour diverses organisations internationales, se retrouvent entre les mains pirates ».

 

Cela permet aux groupes de pirate de mieux s’organiser en étudiant leurs objectifs à l'avance, voire même à passer plusieurs jours à entraîner des équipes à des détournements particuliers. Les pirates chevronnés rejoignent ensuite le navire dès qu'il navigue à proximité de la Somalie.

 

Les capitaines des navires attaqués ont constaté que les pirates connaissent tout, depuis la structure du navire jusqu’à ses ports d'escale. Les navires visés à la suite de ce type de renseignement incluaient le cargo grec Titan, le navire marchand turc Karagöl et le chalutier espagnol Felipe Ruano.

 

Dans chaque cas, selon le document, les pirates connaissaient parfaitement la cargaison, la nationalité et la route du navire.

 

Selon le rapport, le pavillon national des navires est aussi pris en compte lors du choix d'une cible, avec les navires britanniques de plus en plus évités. On ignore si c'est parce que les pirates veulent éviter d’attirer l'attention de la police britannique sur leur source d'information à Londres.

 

Les pays européens ont mis en place l'Opération Atalanta pour coordonner leurs efforts militaires dans la région.


Original : www.guardian.co.uk/world/2009/may/11/somali-pirates-londo...
Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info

 

 

 

Offensive islamiste sur Mogadiscio

7 juillet 2009 – 15:22

Depuis le début du mois de mai, les milices islamistes shebab alliées aux combattants du Hezb al-Islamiya de Cheikh Aweys, ont lancé une vaste offensive afin de renverser Sharif Ahmed, un ancien membre des Tribunaux islamiques, élu il y a quelques mois président de la Somalie par le Parlement en exil. La contre-offensive des forces loyalistes, menée à partir du 22 mai, a été marquée par de cuisants revers et n’a ainsi pas permis de reprendre le controle de la situation

En juin, le président Sharif Ahmed a proclamé l’état d’urgence dans le pays et a demandé l’assistance des pays voisins devant l’avancée des insurgés islamistes, qui seraient soutenus matériellement et financièrement par l’Erythrée, dans le but de gêner son ennemie éthiopien. En urgence, les Etats-Unis ont fourni des armes et des munitions aux troupes loyalistes afin de “soutenir les efforts du gouvernement de transition pour repousser les attaques des forces extrémistes, destinées à détruire le processus de paix de Djibouti et faire échouer les efforts de paix et de stabilité en Somalie par la réconciliation nationale”.

Seulement, les islamistes ont continué leur progression, les zones contrôlées par le gouvernement de transition se réduisant comme une peau de chagrin. Alors que le Parlement somalien a adopté la charia en avril dernier, les radicaux ont durci leur discours en expliquant que les institutions dévoyaient la loi coranique. Ainsi, les combattants des shebab et du Hezb al-Islamiya appliquent strictement la charia dans les zones qu’ils tiennent, ce qui signifie que les lapidations et amputations sont les peines prononcées à l’égard de ceux qui ne se plieraient pas aux exigences coraniques.

Après plusieurs semaines de combat, l’autorité du gouvernement de transition est reconnue seulement que dans quelques régions du pays et dans des quartiers stratégiques de la capitale, Mogadiscio, protégés par les soldats de la force de paix de l’Union africaine (Amisom). Mais depuis le 1er juillet, les combats font rage entre les forces loyalistes et les insurgés islamistes, liés par ailleurs à al-Qaïda.

Ainsi, au deuxième jour de l’offensive islamiste, un reponsable des services de secours a confié à l’agence de presse Reuters avoir “transporté vingt morts et 55 blessés lors des derniers combats”. Le 4 juillet, le nombre des victimes s’est élevé à 70 tués.

Quant à l’Amison, forte de 4.300 hommes originaires essentiellement du Burundi et de l’Ouganda, elle ne peut pas faire grand chose, si ce n’est continuer à protéger le palais présidentiel, l’aéroport et le port de Mogadiscio. Son état-major a toutefois lancé un avertissement aux islamistes, les sommant de se replier sous peine de ripostes. “Il y a une limite. Lorsque les insurgés franchiront cette ligne, nous interviendrons immédiatement” a déclaré le général Francis Okello, le commandant de l’Amisom. “Cela figure dans notre mandat, et nous les surveillons de près”, a-t-il ajouté.

Par ailleurs, il a été question d’un renforcement de l’Amisom lors d’une réunion des dirigeants de l’Union africaine, le 2 juillet dernier, en Libye. Initialement, cette force devait avoir un effectif de 8.000 soldats, alors qu’elle n’en compte à peine plus de la moitié. Plusieurs pays ont indiqué pourvoir envoyer davantage de militaires, comme le Burundi et l’Ouganda, mais aussi le Malawi et le Burkina Faso. Mais à moins d’un retournement soudain, il se pourrait qu’il soit trop tard pour empêcher l’avancée des islamistes.

 

Somalie: comment les pirates touchent l'argent des rançons

 


Informations recueillies par le CV(H) Jean Fossati



La piraterie au large des côtes somaliennes est une grosse affaire. La prise d'otage a rapporté jusqu'à 35 millions de dollars aux pirates somaliens l'an dernier.

Mais pour protéger leur magot, les pirates ont recours à une industrie, composée d'avocats, de négociateurs et d'équipes de sécurité basés à Londres, la capitale d'affaires de l'industrie maritime mondiale.

Lorsqu'un navire est capturé, son propriétaire appelle d'abord un avocat comme Stephen Askins, dont la firme est l'une des rares qui négocient avec les ravisseurs en mer. Officiellement, il n y a pas de règles d'or "sur la manière dont la rançon doit être versée" et cette incertitude explique la délicatesse de l'opération.

Les prises d'otages ne sont pas identiques, mais la prolifération des attaques au large des côtes somaliennes prouve à souhait que les pirates en ont fait une source de revenu. Ils peuvent être armés et dangereux, mais l'argent est leur principale motivation, selon Askin. Verser une rançon n'est pas illégal au Royaume-Uni. Une seule exception cependant : qu'elle n'ait pas de liens avec une activité terroriste. Et lorsque les tentatives de libération des otages par les gouvernements échouent, les pirates montent les enchères. La prochaine étape dans la chaîne : l'entrée des négociateurs spécialisés, dont le travail consiste à obtenir un prix raisonnable.

La négociation commence par une demande astronomique des ravisseurs avant que le taux ne soit revu à la baisse. Les négociations avec les pirates peuvent durer plusieurs mois et les contacts sont quotidiens, souligne James Wilkers, qui dirige la compagnie Gray Page, spécialisée dans les risques maritimes. Une rançon est généralement versée deux mois après la prise d'otages. Le tarif en vigueur d'une rançon oscille entre un millions et deux millions de dollars américains, mais le montant final est souvent trop élevé.

Al-Shabab

Faire parvenir l'argent aux pirates est également un autre casse-tête. Il y a beaucoup de difficultés. La rançon versée pour le super pétrolier saoudien Sirius Star, capturé en novembre dernier, a été apparemment larguée. Il s'agit donc de faire parvenir une importante quantité d'argent liquide en mer aux pirates. Une fois qu'une pirogue et une équipe ont été constituées et que la météo est favorable, il reste un écueil, selon le consultant en risque Darren Dickson : l'entrée en lice d'autres pirates.

Naviguer en haute mer avec beaucoup d'argent n'est pas fait pour les timorés. Il ne suffit pas seulement d'esquiver les pirates. Il est également important que toutes les parties impliquées soient informées dans le détail du déroulement de l'opération. Selon Dickson, il est vital de ne pas être pris pour un bateau pirate. Toute cette armada de spécialistes entraîne également des coûts qui peuvent faire doubler le montant de la rançon. L'an dernier, les pirates somaliens ont empoché près de 50 millions de dollars.

Une quantité non négligeable de cet argent a été versée à des avocats, des négociateurs et des équipes de sécurité britanniques. Plusieurs pays, en particulier l'Espagne, critiquent Londres accusée de profiter de la piraterie maritime. "Je ne pense pas que les gens essayent d'exploiter la situation," insiste Askins, l'avocat spécialisé en questions maritimes.

Que deviennent les dizaines de millions de dollars versés aux pirates?

Les spécialistes de la piraterie en Somalie indiquent qu'elle est purement une entreprise criminelle. Bruno Schiemsky, un analyste kenyan, pense qu'il y a même un lien entre le pirates et les al-Shabab, les islamistes somaliens. Les pirates versent parfois jusqu'à 50% de leur rançon aux al-Shabab dans les zones contrôlées par ces derniers, affirme-t-il.

Les méthodes de versement des rançons et les "sources externes" impliquées font depuis quelque temps l'objet d'enquêtes de la part de la nouvelle force "multinationale" anti-piraterie dans le golfe d'Aden et l'océan indien. Si un lien est établi entre les pirates et les terroristes, il pourrait créer de sérieux ennuis à toutes les parties impliquées. Et comme le résume l'un deux : "Nous irions tous en prison." (BBC Afrique 30/01/09)

 

 

 

Tribune de Bernard Kouchner dans le quotidien "Le Figaro" (Paris, 22 avril 2009)

Piraterie : pourquoi la France aide la Somalie

La Somalie, qui n’en finissait pas de glisser dans le chaos et le silence, est à nouveau à l’ordre du jour de l’agenda international. Mais les événements dramatiques de ces dernières semaines dans le golfe d’Aden et l’Océan indien ne doivent pas dissimuler le sens global de notre action dans ce pays.

Lorsque je suis arrivé au ministère des Affaires étrangères et européennes, les convois du Programme alimentaire mondial (PAM) étaient déjà depuis quelques temps victimes d’actes de piraterie au large de la Somalie. Dès l’été 2007, avec mon collègue Hervé Morin, nous décidons de les faire accompagner par la Marine française et, en septembre 2007, le président Sarkozy annonce le lancement de l’opération "Alcyon" devant l’Assemblée générale des Nations unies. Nous travaillons ensuite à consolider le cadre juridique de la lutte contre la piraterie, en faisant voter plusieurs résolutions importantes au Conseil de sécurité. Enfin, à la faveur de la Présidence française de l’Union européenne, nous lançons en partenariat avec l’Espagne la première opération européenne maritime dans le cadre de la Politique européenne de sécurité et de défense - "Atalante" -, afin de sécuriser les navires européens qui transitent par le golfe d’Aden.

Cette opération a obtenu de nombreux succès. Aucun bâtiment protégé par "Atalante" n’a été attaqué. Notre détermination est totale, comme l’ont montré nos interventions pour libérer nos otages. La France a procédé à l’arrestation de plus de 70 pirates, et ceux qui se sont attaqués à nos compatriotes ont été ramenés en France pour y être jugés. Bien sûr, la piraterie n’a pas disparu. Nous constatons même qu’elle atteint désormais l’archipel des Seychelles, dont l’économie pourrait ne pas se relever de ce fléau, et qui nous appelle à l’aide. Mais, pour lutter contre ce mal, nous ne pouvons nous contenter d’une action navale.

En Somalie, la piraterie est d’abord le symptôme de la faillite de l’Etat qui mine le pays depuis 1991. Abandonnée aux seigneurs de guerre et scindée désormais en trois entités autonomes, la Somalie n’est plus en mesure d’assurer sa sécurité, ni sur terre ni en mer. Aider les Somaliens à reconstruire un Etat : c’est le deuxième volet de notre action.

Au cours des derniers mois, nous avons encouragé le dialogue entre les différentes factions rivales. L’élection à la présidence d’un islamiste modéré en janvier dernier est venue confirmer la pertinence de notre analyse : depuis plus d’un an, nous cherchions à convaincre nos partenaires occidentaux que Cheikh Sharif était le seul à pouvoir rassembler autour de lui un consensus. Aujourd’hui, pour la première fois depuis 1991, la Somalie est dirigée par un gouvernement d’union nationale, promesse d’espoir et de stabilité. Voilà qui devrait inciter, je l’espère, à ne plus considérer la Somalie à travers le prisme exclusif de la lutte contre al-Qaïda. Bien sûr, nous ne sommes pas dupes : les prises d’otages occidentaux n’ont pas cessé, le gouvernement vient d’adopter la charia. Notre soutien à la consolidation de l’Etat s’accompagnera d’une intransigeance de chaque jour sur le respect des droits de l’Homme - et de la femme.

Nous contribuerons aussi à la formation des forces de sécurité somaliennes, par l’intermédiaire de nos troupes stationnées à Djibouti. Rendre aux Somaliens la maîtrise de leur sécurité : c’est tout l’enjeu de la réunion organisée ce jeudi à Bruxelles par le Secrétaire général des Nations unies. Il en va de la lutte contre la piraterie et contre le terrorisme, mais aussi de la stabilité de l’Afrique orientale tout entière, et de la réduction des flux migratoires toujours croissants, qui font chaque jour dans le golfe d’Aden des dizaines de noyés, en silence.

Notre action sur le terrain traduit au quotidien une stratégie à plus long terme, qui vient répondre à deux impératifs. Plus d’Europe de la défense, tout d’abord. Après l’opération Eufor Tchad/RCA, "Atalante" constitue une avancée décisive. Je forme le vœu que nous soyons rejoints dans la formation des forces somaliennes par des partenaires européens.

Plus d’Afrique, ensuite : la Somalie abrite sur son territoire la seule opération militaire exclusivement menée par l’Union africaine, l’Amisom (African Mission in Somalia). Nous avons contribué à former les hommes qui la composent, originaires d’Ouganda et du Burundi. Et nous allons continuer de le faire, car l’avenir de la sécurité dans ce pays passe par une appropriation régionale des enjeux de sécurité.

Ce tableau de notre action en Somalie me fournit l’occasion de rappeler aux détracteurs de la politique africaine de la France combien notre approche a évolué depuis deux ans. La France est présente désormais sur un dossier politique dont elle était absente. Elle utilise l’atout de sa présence militaire à Djibouti, avec ses partenaires elle s’active pour trouver des solutions. Et elle est entendue.

 

Somalie : la France va former 500 militaires somaliens à
Djibouti
La conférence des donateurs sur la Somalie a atteint ses objectifs. La Communauté
internationale a promis 165 millions d'euros (213 millions de dollar) pour favoriser la
stabilité interne de la Somalie : financement d'une force de paix de l'Union Africaine
(AMISOM), force de police somalienne et forces de la sécurité (maintien de l'ordre
militaire) somaliennes.
L'Europe en première ligne. Plus de la moitié de la somme proviendra de l’UE (budget
communautaire et nationaux des Etats membres. Le commissaire européen au
développement et à l’aide humanitaire, Louis Michel, a annoncé que 72 millions d’euros
allaient être débloqués, au titre du budget communautaire : 60 millions consacrés à
l’AMISOM et 12 millions pour les forces de police (une année de formation et de salaires
pour les 10 000 policiers somaliens). La plupart des Etats membres de l’UE ont
également mis la main à la poche, ajoutant environ une quinzaine de millions d'euros à
cette somme (Espagne 6 millions d’euros, Italie 4 millions, Pays-Bas 1,4 millions,
Belgique 500 000 euros,…). Les Etats-Unis contribuent à hauteur de 10 millions (5
millions restent à approuver par le Congrès). Ce sans compter l'aide en nature.
Une coopération franco-arabe pour "l'armée somalienne". La France a ainsi choisi
cette modalité : s'engageant à former 500 militaires somaliens dans sa base de Djibouti.
Le financement et les salaires étant assurés par la Ligue arabe, qui va fournir 18
millions de $ (3 millions par mois durant six mois).

 

 

Somalie : Un fonctionnaire du renseignement assassiné à Mogadiscio

AFP

dimanche 18 novembre 2007, sélectionné par Spyworld

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Des hommes armés ont assassiné vendredi un fonctionnaire des services de renseignement somaliens à Mogadiscio, où les forces de sécurité combattent des rebelles islamistes, a-t-on appris auprès de la police et d’un témoin.

Un membre du Service de sécurité national, Hassan Abdi Mohamed, a été tué par balles, touché à la tête et l’épaule, dans le quartier de Yaqshid, une des zones les plus dangereuses du nord de Mogadiscio, selon ces sources.

"Nous enquêtons sur cet incident et nous espérons que les assaillants seront présentés devant la justice", a déclaré une source policière, requérant l’anonymat.

Un témoin, Hassan Mohamed, a déclaré que la victime avait été abattue devant une mosquée, peu après les prières du vendredi. "Les assaillants se sont enfuis avant que les policiers n’encerclent les lieux", a-t-il expliqué à l’AFP.

Depuis le début de l’année, plusieurs fonctionnaires gouvernementaux ont été tués.

Fin 2006, l’armée éthiopienne est intervenue aux côtés des forces du gouvernement somalien, lui permettant de mettre en déroute les forces des tribunaux islamiques qui avaient pris le contrôle pendant quelques mois de la majeure partie du centre et du sud de la Somalie.

Le ministère éthiopien des Affaires étrangères avait estimé mercredi que la situation sécuritaire s’améliorait dans Mogadiscio après l’opération de ratissage lancée lundi dans le quartier du plus grand marché de la capitale.

Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) avait annoncé mardi que quelque 173.000 personnes avaient fui Mogadiscio au cours des deux dernières semaines, en raison des combats.

Par ailleurs, l’Union européenne (UE), l’un des plus importants donateurs d’aide à la Somalie, a demandé au président Abdullahi Yusuf Ahmed d’autoriser trois stations de radio de Mogadiscio à reprendre leurs émissions.

Les forces gouvernemantales somaliennes avaient ordonné au début de cette semaine à Radio Shabelle, Radio Banadir et Radio Simba, accusées d’attiser le conflit dans la capitale, d’interrompre leurs émissions.

"L’Union européenne rappelle que la liberté de la presse est un principe fermement soutenu par l’UE et sans lequel aucune perspective de démocratie ou de réconciliation n’est possible", a déclaré l’UE dans un communiqué rendu public à Nairobi.

Le gouvernement somalien a ignoré les appels des organisations de defense des droits de l’homme et des gouvernements étrangers lui demandant de lever les lourdes restrictions à la liberté de la presse imposées en Somalie.

Cette année, au moins huit journalistes ont trouvé la mort en Somalie, qui est en 2007 le second pays le plus dangereux après l’Irak pour les journalistes, selon le Comité de protection des Journalistes, basé à New York.

18:38 | Lien permanent | Commentaires (2) |

Commentaires

Cette histoire me rappelle celle du commandant Galopin, envoyé comme émissaire auprès des rebelles tchadiens Hissène Habré et Goukouni Oueddei, mais pris en otage, torturé et exécuté en 1975. J’espère que le gouvernement va trouver une solution pour les sortir d’affaire.

Écrit par : Nom d'un chien | 16/07/2009

merci beaucoup pour ces infos "nom d'un chien" !

en cherchant sur le net:

Par Bernard MESSANA

Evoquer la mémoire de Galopin ? Vous me donnez l’occasion de le faire, et je vous en remercie. Car elle le mérite. C’est celle d’un Soldat discret, au courage tranquille, sans tapage, qui est allé, pour son Pays, et le sachant, et l’acceptant , jusqu’au sacrifice suprême.
Mémoire d’abord d’un grand méhariste de Mauritanie. Lieutenant chef de peloton méhariste pendant l’opération Ecouvillon dans l’ex-Rio de Oro à la fin des années 50, puis commandant de Groupe nomade en 1963, il était une belle image de ces grands officiers qui, pour les populations nomades, donnait l’image d’une France de justice et de fraternité. Pour ces tribus, dont il partageait strictement la vie et les coutumes, il avait un profond respect. Il était lui même devenu un “homme du désert”, rêvant parfois d’une sorte de royaume saharien sans frontières allant des rivages atlantiques aux sables lybiens, où les nomades seraient libres, en quête de pâturages, de “passer avec les nuages, tomber avec la pluie” , comme le disait ce beau proverbe regueibat.
Quelques années plus tard, en 1968, conseiller du président du Tchad, il réussissait à faire signer aux nomades Toubous entrés en rébellion dans le Nord du pays des accords qui portent son nom. Ces accords furent trés vite trahis tant par des Toubous profondément désunis, que par un pouvoir légal impuissant à imposer sa volonté. Dès lors soupçonné d’avoir tenté de diviser la rébellion du Nord, puis d’être complice d’une répression parfois brutale menée par le pouvoir sudiste, Galopin ne mit plus les pieds au BET (provinces des Borkou-Ennedi-Tibesti constituant le Nord Tchad). Il s’y savait clairement interdit de séjour, condamné à mort par la rébellion. Et il savait le poids de cette condamnation prononcée par des Toubous vivant encore sous le régime de la “dia”, loi du talion.
C’est pourquoi je suis convaincu qu’en 1975, acceptant d’être l’émissaire du gouvernement français, sollicité par le gouvernement tchadien, pour aller négocier, dans le “caillou”, la libération des otages français détenus par la bande rebelle d’Hissene Habré, Galopin savait le risque qu’il prenait. Au désert, la mémoire est longue. Sans doute aurait-il pu refuser la mission, connaissant les particularités du comportement de ses interlocuteurs, et sachant que sa condition d’émissaire ne lui vaudrait aucune protection. Mais quand on a de l’honneur, cela ne se fait pas. Il a accepté, et a été éxécuté. Sur l’ordre d’Habré ? Nul ne le sait. Au sein de ce type de bande, le chef est unique, mais les lois multiples.
Et pour conclure, j’ai trois regrets:
D’avoir vu quelques minables “journaleux” tenter de salir la mémoire de Galopin. “Les chiens” aurait dit le Président Mitterrand. Mais là, je n’ai pas entendu la voix du politique.
D’avoir vu la France voler au secours du Tchad envahi par les Lybiens en 1983 sans exiger d’Habré, alors Président du Tchad, le moindre geste de réparation.
D’avoir vu, quelques années plus tard, sa dépouille jusque là enfouie dans un enneri du Tibesti, sous un tas de cailloux, restituée à la France par Idriss Deby, nouveau président du Tchad. Et d’avoir regretté ce geste, bien qu’il soit de bonne volonté, car c’est assurément dans ce désert minéral absolu, sur cette terre africaine qu’il aimait passionnément, que Galopin, j’en suis convaincu, aurait souhaité reposer à jamais. Mais ce dernier regret reste trés personnel.

Écrit par : e-fred | 16/07/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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