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28/07/2009

Allo j'écoute...suite du SMS: pour faire dérailler un train t'as toujours pas de solution ?

Samedi 02 Mai 2009

ABBEVILLE 24 heures de garde à vue pour un SMS

La simple blague s'est transformée en affaire de terrorisme.

La simple blague s'est transformée en affaire de terrorisme.

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« Pour faire dérailler un train, t'as une solution ? ». Pour avoir reçu ce SMS, un Abbevillois de 29 ans a passé une nuit au poste. Il en ressort profondément choqué.

Méfiez-vous de votre téléphone portable, il peut vous conduire en prison. C'est en tout cas la mésaventure dont a été victime Stéphane, 29 ans, un habitant d'Abbeville sans histoire. Pour avoir reçu un SMS jugé « tendancieux », ce jeune menuisier a passé 24 heures en garde à vue au motif de « non dénonciation de crime ». Rien de moins. « C'est totalement irréel, s'étonne encore la victime de cette mauvaise blague. Je ne souhaite à personne de vivre ce que j'ai vécu. »

Sa faute ? Ne pas avoir alerté les autorités après avoir reçu sur son téléphone portable le message suivant : « Pour faire dérailler un train, t'as une solution ? » Ce SMS, envoyé par une vague connaissance de travail, a fini sur le bureau du procureur, alerté par l'opérateur de téléphonie mobile. Car l'appareil sur lequel Stéphane a reçu ce SMS était un téléphone prêté par l'opérateur, le sien étant en réparation.

« L'opérateur a le droit de consulter ces messages et le devoir d'alerter les autorités s'il estime qu'un crime ou un délit est susceptible d'être commis », précise le procureur d'Abbeville Éric Fouard.

Ainsi, jeudi 16 avril, Stéphane est invité à se présenter au commissariat d'Abbeville en milieu d'après-midi. « Ils voulaient avoir des précisions sur ce SMS. Je m'y suis rendu sans aucune appréhension, je ne voyais vraiment pas où était le mal. » Mais sitôt arrivé au commissariat, le ton change. « J'entends parler d'affaire criminelle, de terrorisme, et d'une garde à vue qui pourrait durer dix jours, raconte Stéphane. On me demande si je suis capable de choses farfelues comme, par exemple, faire dérailler un train. » Le jeune homme tombe des nues. Il donne le nom de son collègue, auteur du fameux SMS. La police perquisitionne chez ce dernier et le ramène au commissariat. « Je me disais, ils vont faire les vérifications et tout sera terminé. En fait, le cauchemar ne faisait que commencer. »

L'affaire de Tarnac en arrière-plan

Sur instruction du parquet, Stéphane est placé en garde à vue à 16 heures. « C'était un véritable choc. En deux secondes, j'ai eu l'impression de devenir un vulgaire criminel. Je me retrouve dans une belle cellule jaune qui sent la pisse, j'ai l'impression d'être traité comme un chien. » Au petit matin, les auditions se poursuivent. Les vérifications sont longues et Stéphane ne retrouve la liberté qu'à partir de 16 heures, soit au bout de 24 heures de garde à vue. L'auteur du SMS est également libéré.

Une expérience traumatisante pour le jeune menuisier. Mais une affaire presque banale aux yeux du procureur de la République, qui justifie le placement en garde à vue. « La procédure pénale est la même pour tout le monde, que le risque soit probable ou peu probable », rappelle Éric Fouard, mettant en avant le principe de précaution qui prévaut en matière de terrorisme.

D'autant que depuis l'affaire de Tarnac (Corrèze), et l'arrestation d'un groupe de terroristes présumés soupçonnés d'avoir saboté des caténaires SNCF, les autorités sont particulièrement vigilantes. « Cette actualité récente a certainement joué en sa défaveur, admet le procureur. Je comprends que, de son côté, la garde à vue puisse paraître violente mais, dans ce genre d'affaire, on ne peut prendre aucun risque. »

Ressorti libre, Stéphane ne fera l'objet d'aucune poursuite. Mais il se dit « profondément marqué » par cette affaire. « Je prie le ciel pour qu'aucun train ne déraille dans les semaines qui viennent... »

FABRICE JULIEN

 

Finalement, ce n'est pas Bouygues Telecom qui a transmis au parquet d'Abbeville le SMS qui a valu à son destinataire, Stéphane, un menuisier abbevillois de 29 ans, une garde à vue de 24 heures.

Le message « Pour faire dérailler un train, t'as une solution ? » a été transmis aux autorités par un autre client de l'opérateur, selon le Courrier Picard, qui a révélé l'affaire :

« Ce dernier, agent de sécurité à la SNCF, a pris connaissance du contenu du SMS sur un téléphone prêté par Bouygues Télécom, le même utilisé la veille par Stéphane. Sa hiérarchie lui a aussitôt conseillé d'alerter les autorités. »

 

 

NOUVELOBS.COM | 28.07.2009 | 09:48
En sept ans, les interceptions de ligne fixe et mobile ont augmenté de plus de 440%, de même la police récupère quelque 40.000 SMS par an. Des écoutes qui coûtent chères : 497 euros par interception.

Depuis 2001, les écoutes téléphoniques en France ont "explosé de plus de 440%", révèle Le Figaro, dans son édition du 28 juillet. Selon une étude universitaire de Claudine Guerrier, les écoutes téléphoniques à la demande des magistrats, en particulier des juges d'instruction, passent de 5.845 en 2001 à 26.000 en 2008. "De quoi grever le budget de la Chancellerie", souligne le journal. En effet, chaque interception d'une ligne fixe est facturé 497 euros hors taxes, 88 euros hors taxes pour une ligne mobile.

40.000 SMS interceptés par an

A ces écoutes, "il convient d'ajouter les 5 906 interceptions administratives" effectuées en 2008, note Claudine Guerrier. Ces dernières sont pratiquées par différents services de renseignements comme la DGSE, DCRI (contre-espionnage), la Direction nationale de recherches des enquêtes douanières (DNRED). Non soumis à une validation de la Justice, leur objectif est de "détecter toute atteinte à la sécurité nationale, à prévenir les visées terroristes ou certaines affaires d'intelligence économique", précise le quotidien.
Par ailleurs, l'étude souligne que les services secrets interceptent de plus en plus les échanges de mails et de télécopies.
De plus, les services de police captent désormais les SMS à "un rythme industriel", note Le Figaro, 800 textos par semaine pour plus de 40.000 par an, "à titre préventif" s'entend. Des interceptions qui rappelle l'affaire d'Abbeville (Somme) où un menuisier avait été arrêté après avoir reçu le SMS humoristique "Pour faire dérailler un train, t'as une solution ?".

Une "menace pour la vie privée"

Claude Guerrier précise que toutes ces interceptions ne font pas l'objet d'un contrôle d'un organisme indépendant, estimant qu'elles représentent une "menace pour la vie privée". "Censé servir à collecter des informations pour la Défense nationale, afin de prévenir les conflits, lutter contre le terrorisme et la prolifération des armes nucléaires, ce réseau est soupçonné d'espionnage économique", assure l'universitaire.
Malgré l'expansion des écoutes, la France reste un cran en-dessous de ses voisins avec quinze fois moins d'interceptions qu'en Italie, douze fois moins qu'aux Pays-Bas et trois fois moins qu'en Allemagne.

(nouvelobs.com)

 

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Alors que les écoutes téléphoniques et interceptions de mails se multiplient, des microsatellites espions tournent en orbite pour les services secrets. La France tente de combler son retard.

Une étude très fouillée tord le cou à l'idée répandue selon laquelle la France serait en proie à un totalitarisme orwellien. Publiée cette année par Claudine Guerrier, enseignante et chercheuse à Télécom et École de management Sud-Paris, elle démontre que les écoutes téléphoniques pratiquées à la demande d'un magistrat sont moins courantes que dans nos pays voisins. Le document, rédigé sur 133 pages, révèle que, selon le ministère de la Justice, «la France est l'un des pays européens qui pratique le moins d'interceptions judiciaires : quinze fois moins que l'Italie, douze fois moins que les Pays-Bas et trois fois moins qu'en Allemagne». L'auteur rappelle qu'«il y a environ 20 000 écoutes téléphoniques judiciaires par an, qui présentent 30 % des interceptions globales» . Les 70 % du reste des demandes portent sur des échanges liés à Internet.

 

497 euros l'interception

Si la France n'est pas en pointe en matière d'écoutes, les magistrats, et en particulier les juges d'instruction, ont mis les bouchées doubles pour rattraper le temps perdu. Ainsi, selon les derniers chiffres rendus publics, le nombre des interceptions judiciaires a explosé de plus de 440 % en sept ans, passant de 5 845 en 2001 à 26 000 en 2008 ! De quoi grever le budget de la Chancellerie, sachant que les opérateurs et leurs prestataires critiqués pour leur gourmandise facturent 497 euros hors taxes chaque interception sur une ligne fixe. Le coût du traitement d'un appel sur un téléphone mobile a été limité à 88 euros hors taxes.

Aujourd'hui encore, ces interceptions judiciaires sont pratiquées à travers quelque 200 microcentres dans des locaux de police et gendarmerie disséminés à travers la France. Leur centralisation au sein d'une inédite plate-forme unique, montant en puissance dans un lieu tenu secret en région parisienne, pourrait dégager 45 millions d'économie.

À l'augmentation exponentielle des écoutes demandées par les magistrats, «il convient d'ajouter, note Claudine Guerrier, les 5 906 interceptions administratives » effectuées en 2008. Ces dernières, aussi appelées interceptions de «sécurité», sont pratiquées à la demande même des services spécialisés d'investigation et de renseignements, tels que la DGSE, la DCRI (contre-espionnage) ou encore la Direction nationale de recherches des enquêtes douanières (DNRED). Leur objectif vise à détecter toute atteinte à la sécurité nationale, à prévenir les visées terroristes ou certaines affaires d'intelligence économique. Pour ce faire, une trentaine de techniciens du Groupement interministériel de contrôle (GIC), organisme dépendant du premier ministre, s'activent dans les sous-sols des Invalides. Là encore, dans la plus grande confidentialité.

Exhaustive, l'étude montre par ailleurs que les services secrets ont mis aussi les bouchées doubles pour intercepter à des centaines de kilomètres d'altitude des échanges de mails, de télécopies mais aussi des conversations téléphoniques depuis des postes fixes ou mobiles.

 

«Frenchelon»

Dès 1995 et 1999, des microsatellites espions, surnommés «Cerise» et «Clémentine», ont été discrètement mis en orbite pour informer les « grandes oreilles » du ministère de la Défense. Véritables « mouchards » de l'espace, ils ont fait figure de pionniers dans le nouveau paysage du réseau d'interception français, fondé sur des requêtes très ciblées. Le système a été complété dès 2004 par le programme Essaim regroupant quatre autres engins de 120 kg, susceptibles de capter des données sensibles sur des bandes de territoire de 5 000 kilomètres de large. Cet univers secret est surnommé avec ironie «Frenchelon» par les Anglo-Saxons, en référence au tentaculaire réseau d'écoute américain Échelon de la National Security Agency (NSA), retranché à Fort George G. Meade, dans le Maryland.

 

«Menace pour la vie privée»

Selon Claudine Guerrier, deux entités, la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) et la Direction du renseignement militaire (DRM), sont à la manœuvre. Notamment grâce à ses bases d'interceptions techniques déployées à Alluets-Feucherolles (Yvelines), Domme (Dordogne), Mutzig (Bas-Rhin), Solenraza (Corse-du-Sud), sur le plateau d'Albion ou encore la base aéronavale de Tontouta, en Nouvelle-Calédonie. «Censé servir à collecter des informations pour la Défense nationale, afin de prévenir les conflits, lutter contre le terrorisme et la prolifération des armes nucléaires, ce réseau est soupçonné d'espionnage économique», assure Claudine Guerrier. Soulignant que ces interceptions ne font l'objet d'aucun contrôle émanant d'organisme indépendant, l'étude évoque une «menace pour la vie privée».

» Les SMS intéressent de plus en plus la police

(le figaro)

497 euros X 26 000 = 12 922 000,00 euros...merci !!!

 


18:51 | Lien permanent | Commentaires (1) |

Commentaires

ANA IMAD

Écrit par : IMAD | 05/11/2009

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