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10/08/2009

Journalisme et collaboration

 

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«Pas plus hier qu’aujourd’hui, l’AFP n’a peur des pouvoirs, quels qu’ils soient et où qu’ils soient. Les milliers de journalistes de l’AFP ne sont pas des froussards.»

(Source AFP)

 

Permalien : http://www.plumedepresse.com/spip.php?article1113

Quand Sarkozy insulte les journalistes

jeudi 16 avril 2009, par Olivier Bonnet


couv"Les journalistes, ce sont des nullards, il faut leur cracher à la gueule, il faut leur marcher dessus, les écraser. Ce sont des bandits. Et encore, les bandits eux, ont une morale" : ainsi Nicolas Sarkozy, ce parangon de morale, s’est-il exprimé le 18 mars dernier, à en croire le Canard enchaîné, devant les dirigeants de la majorité. Ses propos avaient d’abord été rapportés en version tronquée dans l’édition du 25 mars. Le journal livre la totalité de la citation dans son numéro d’hier. Cause de la fureur du président : le traitement médiatique de la partie privée de son séjour au Mexique, où il avait été invité par un banquier soupçonné de blanchiment de l’argent de la drogue. Faute aggravée par un mensonge : l’Elysée avait obstinément prétendu être l’hôte du président mexicain. Voilà le crime des journalistes : ne pas avoir gobé toute crue la communication présidentielle mais avoir enquêté pour faire émerger la vérité...

 

 

 

 

 

« Inquiétude » des syndicats de journalistes après les propos de Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy en compagnie de journalistes...

Dans un communiqué commun publié hier, le Syndicat des journalistes CFTC et l’Union syndicale des journalistes CFDT expriment « leur inquiétude, ayant appris que le président de la République a invité les députés UMP à s’en prendre à une liste de médias, qu’il soupçonne de lui être défavorable ».

Une déclaration qui aurait été faite lors d’une réception à l’Elysée ce mercredi, et qui a été révélée par Le Parisien du lendemain, un des quotidiens accusé par Nicolas Sarkozy. « Les journalistes concernés ont fait preuve d’une parfaite neutralité déontologique » selon les deux syndicats, qui appellent à signer une pétition en ligne pour la liberté de la presse.

 

 


 

Sarkozy off : une journaliste de France 3 encore convoquée

Carine Azzopardi lors de sa convocation par la police (DR)

Trois semaines après son collègue Joseph Tual, la journaliste de France 3 Carine Azzopardi a été entendue ce jeudi matin par la police judiciaire. Elle aussi a été confrontée à un technicien de la chaîne qui pensait l'avoir reconnue, et qui s'est rétracté.

En sortant de son audition d'une heure, la jeune femme a déclaré espérer que « cette affaire va s'arrêter » :

« A la fin de l'audition, je leur ai donné mon numéro de carte de presse, en rappelant que je travaille depuis dix ans à France Télévisions. Je leur ai dit que mes activités à l'intérieur de France Télévisions sont strictement professionnelles, et que je trouve inadmissible d'avoir été entendue sur plainte de mon employeur. »

Le 1er avril, Carine Azzopardi avait déjà été entendue par la brigade de répression des atteintes à la personne de la police judiciaire, tout comme Joseph Tual et deux journalistes de Rue89, le directeur de la publication, Pierre Haski, et Augustin Scalbert. A chaque fois, les personnels du service public ont observé un mouvement de grève.

Depuis, Rue89 est sans nouvelle de cette affaire. Notre avocat, Me Antoine Comte, a envoyé ce jeudi une lettre au parquet de Paris, dans laquelle il demande, en substance, que les deux journalistes de Rue89 aient accès au dossier.

Un traitement comparable a celui proposé à Julien Dray par le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin. Début juillet, il a recommandé que le dossier rassemblé sur le député socialiste et les autres protagonistes de l'enquête Tracfin soit communiqué à leurs avocats. Souhait justement exaucé ce jeudi.

Rue89 demande la communication du dossier, comme pour Julien Dray

Après avoir retracé le déroulement de l'affaire, Me Comte conclut sa lettre en demandant « l'équité » (c'est lui qui souligne) :

« Il m'apparaît conforme à l'équité que mes clients soient traités exactement de la même manière que d'autres personnes qui ont fait l'objet d'une enquête préliminaire et qui ont été entendues comme témoins, sans plus connaître d'ailleurs les tenants et aboutissants de la procédure les concernant, en dehors de ce que la presse pouvait en savoir.

Je vous demande donc de bien vouloir autoriser leur défenseur à prendre connaissance de l'ensemble de la procédure dilligentée par votre parquet, afin que, conformément à l'article préliminaire du code de procédure pénale, la procédure soit équitable, contradictoire et préserve l'équilibre des droits des parties. »

Le 30 juin 2008, Rue89 avait révélé des images de propos « off the record » de Nicolas Sarkozy, ce qui avait conduit l'Elysée à pousser France 3 à déposer une plainte contre X pour « vol, recel et contrefaçon ».

 

 

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