BRUXELLES (Reuters) - Le ministre afghan chargé de la lutte contre le trafic de drogue a demandé mercredi à la communauté internationale d'empêcher la contrebande de produits chimiques indispensable à la production d'héroïne par son pays.

L'Afghanistan produit plus de 90% de l'opium mondial, qui est de plus en plus transformé localement en héroïne, plus lucrative, grâce à l'adjonction de substances comme l'acide hydrochlorique ou l'acétone, qui ne peuvent être qu'importées.

"Travaillons ensemble contre les produits chimiques précurseurs", a déclaré l'ancien général Khodaidad à l'occasion d'une conférence internationale sur la sécurité. "Il y a 62 agences de renseignement en Afghanistan et on n'arrive toujours pas à trouver les responsables!"

En juin 2008, le Conseil de sécurité des Nations unies avait invité les Etats membres à renforcer la surveillance du commerce des précurseurs afin qu'ils ne soient pas exportés illégalement vers l'Afghanistan.

Mais selon le général Khodaidad, la réponse a été très limitée jusqu'à présent. "L'an dernier, 100 millions de dollars sont tombés dans les mains des taliban pour l'achat d'armes, de munitions, de bombes, de gilets pare-balles, pour tuer des Afghans et les soldats de la coalition internationale."

Le ministre a déclaré que les insurgés taliban installaient leurs laboratoires dans des zones frontalières pour fabriquer l'héroïne puis l'exporter par l'Iran, le Pakistan, le Turkménistan ou le Tadjikistan.

A propos de la corruption qui permet aussi à des officiels afghans de profiter du trafic de stupéfiants, Khodaidad a estimé qu'il ne s'agissait que d'un des multiples défis auxquels est confronté son gouvernement.

"Il n'y a pas qu'un seul problème de terrorisme. Nous luttons contre les stupéfiants, le terrorisme, les chefs de guerre, la corruption. Il y a cinq ou six types de guerre en Afghanistan", a-t-il souligné.

William Maclean, version française Jean-Stéphane Brosse

Khodaidad said the ministry needs to be reformed to combat drug-trafficking [MOJUMDAR]