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14/10/2009

Criminalisation du mouvement social - Retour à la Section Spéciale ?


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à découvrir sans modération : faure.pdf

http://www.editionsantisociales.com/Le-Proces-des-30.php

 

 

 

 

 

Manif "contre la criminalisation du mouvement social et contestataire" à saint-étienne

From "Elsa Chevrier"

 

Date Mon, 15 Jan 2001 01:46:18 -0500 (EST)

 

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A - I N F O S N E W S S E R V I C E

http://www.ainfos.ca/

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Hier samedi 13 janvier 2001 a eu lieu à Saint-Étienne une manifestation "contre la criminalisation du mouvement social", dans le but de protester contre la répression policière, les inculpations de mlilitant-e-s avec prétextes mensongers, contre les mensonges médiatiques à propos de nos luttes, contre la vidéosurveillance et le fichage incessant... mais aussi en soutien aux inculpé-e-s de Nice, en particulier aux 5 personnes qui passent en procès le 1er février pour "entrave à la circulation". Nous étions environ 200 (estimation personnelle et peut-être erronée!) à défiler dans les rues de Saint-Étienne, scandant et chantant des slogans, au rythme d'une petite fanfare improvisée. Des tracts ont été distribués aux passants (jour de soldes donc rues bondées!) pour leur expliquer ce qui se passait, quelques graffitis laissés sur les murs et de nombreux autocollants posés sur le passage. Le défilé, largement décoré de drapeaux noirs, et coloré de quelques déguisements, s'est ainsi fait entendre pendant deux heures dans les rues du centre ville et s'est fini par une petite représentation de jonglage

enflammée. Nous n'étions pas 10 000, cela ne changera pas le comportement des flics et des autorités, mais nous avons pris la parole, avons visibilité une infime partie de notre lutte, et c'est déjà ça.

 

Ci-joint les textes des deux tracts qui ont été

distribués :

 

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manifestation régionale:

le samedi 13 janvier à 15 h, devant la Bourse du Travail à Saint-Étienne

 

CONTRE LA CRIMINALISATION DU MOUVEMENT SOCIAL!

 

 

A Nice, le 7 décembre 2000, la manifestation

anticapitaliste contre le sommet des chefs d'état

européens a donné lieu à une sévère répression et de

nombreuses arrestations. Parmi celles-ci : cinq

militants libertaires et syndicalistes (quatre

stéphanois et un lyonnais) sont interpellés par la

police. Ils sont inculpés pour entrave à la

circulation (art. 7 du Code de la route), et risquent

2 ans de prison ferme plus 30 000 Frs d'amende,

chacun. Pour autant, ces militants ne faisaient que

gêner pacifiquement un véhicule de la délégation

italienne qui circulait dans les rues piétonnes.

 

Cet exemple vient s'ajouter à d'autres, dans un

processus international où nos dirigeants, états et

patrons, s'efforcent de criminaliser le mouvement

social par tous les moyens à leur disposition :

arrestations arbitraires, inculpations pour des

prétextes fallacieux, désinformation médiatique, lois

scélérates (lois xénophobes, mesures anti-ouvrières),

vidéosurveillance, fichiers illégaux...

 

En France, ce sont plusieurs milliers de militant/es

qui sont attaqué/es devant les tribunaux pour leur

participation à des actions revendicatives, en soutien

aux sans-papiers, dans les luttes antifascistes ou

syndicales, au sein même des entreprises. Certain/es

se retrouvent en prison, d'autres récoltent des

amendes bien trop lourdes pour leurs budgets.

 

Systématiquement, celles et ceux qui proposent une

critique radicale du système capitaliste sont visé/es.

Il s'agit de les désorganiser, et finalement de les

broyer pour empêcher leurs luttes quotidiennes, dans

leurs combats humains, où ils occupent le terrain pour

la construction d'un autre futur...

 

 

Pas de justice, pas de paix!

 

 

**************************************************

tract distribué par des individuEs

non-organisationné-e-s:

 

NOUS MANIFESTONS CONTRE LA REPRESSION ET LA

CRIMINALISATION DE NOS MOUVEMENTS CONTESTATAIRES, NOUS

MANIFESTONS PARCE QUE NOUS REFUSONS LA VIOLENCE ET LES

MENSONGES DE LA POLICE, DE L'ETAT !!

 

 

A l'école on m'a toujours raconté que la france était

"le pays des droits de l'homme", que c'était une

république démocratique - ce qui signifie "le pouvoir

au peuple" -, que les citoyen-ne-s y étaient libres

(entre autres jolis adjectifs!) et que la liberté

d'expression était un des grands principes de notre bô

pays, depuis la révolution de 1789. On m'a aussi

raconté que les lois étaient là pour veiller à l'ordre

dans la société, pour le bien être de toutes et tous,

et que les "forces de l'ordre" étaient là pour faire

appliquer les lois, pour le bien être de toutes et

tous. Qu'en est-il réellement de tout ça?

 

Les 6 et 7 décembre nous sommes allé-e-s manifester à

nice, contre un sommet européen où étaient en train de

se décider des choses en douce, qui allaient

privilégier les intérêts financiers et amoindrir les

droits des peuples. Le 6 une manifestation-défilé sage

et traditionnelle, composée de syndicats et

d'organisations officielles, a été autorisée, certes.

Mais cette manifestation fort conventionnelle n'a en

rien été écoutée par les membres du sommet, tout juste

entendue. Et toute autre forme de protestation a été

fortement, gravement, réprimée et criminalisée. Le 7

une tentative protestation par le blocage du sommet a

été lancée. Dès les premières tentatives d'approche de

l'Acropolis, où avait lieu le sommet, les

manifestant-e-s ont été copieusement gazé-e-s, et

ainsi toute la matinée, avec entre autres un gaz au

chlore interdit (car dangereux!) dans un texte

européen ratifié par la france! Ceci a continué

lorsqu'un gros groupe de manifestant-e-s est allé à

midi réclamer la libération de plusieurs personnes

injustement arrêtées : nouveaux gazages, nombreuses

arrestations sans motifs valables, jets de grenades

assourdissantes, dispersion par un canon à eau, traque

des manifestant-e-s par des agents de la BAC (brigade

anti-criminalité), matraques en main, dans les rues de

la ville... Les autorités, bien aidées par les médias

qui savent toujours aussi bien mentir, ont justifié la

répression par la "violence" de certain-e-s

manifestant-e-s". Il est d'une absolu mauvaise foi de

tenir compte de cet argument puisque :

-la violence et les gazages de la police ont commencé

bien avant que quelques vitrines aient été brisées

-parmi les manifestant-e-s gazé-e-s, frappé-e-s,

arrêté-e-s un grand nombre étaient absolument

pacifiques

 

Les autorités ont fait passer toutes les personnes qui

ne manifestaient pas de manière sage et

conventionnelle pour des "voyous", des "casseurs", des

"terroristes", car ces voix qui exigeaient qu'on

écoute leur contestation et leur colère les

dérangeait! Car elles avaient peur qu'on empêche leurs

accords du fric d'être signés. Des milliers d'italiens

et italiennes possédant papiers d'identité et titres

de transport en règle ont été bloqués à la frontière.

Alors que les accords européens prévoient justement la

libre circulation des personnes et des biens, ces

accords ont été annulés pour la durée du sommet, tout

simplement pour empêcher des milliers d'européen-ne-s

de venir exprimer leur contestation, tout simplement

parce que les Grands de ce monde n'avaient pas envie

d'avoir les oreilles encombrées du bruit de notre

colère et voulaient rester bien tranquilles dans leur

forteresse Acropolis pour décider de l'avenir des

peuples européens : un avenir de droits sociaux

diminués et de priorité au profit financier! En

france, un grand nombre de manifestant-e-s ont demandé

des trains gratuits pour aller manifester car

elles-ils n'avaient pas les moyens de payer des

billets à 500francs pour aller s'exprimer. Réponse :

CRS, arrestations arbitraires, coups de matraques et

quelques séjours à l'hôpital! On peut aussi préciser

qu'à l'intérieur de ce sommet aucune ONG n'a eu le

droit d'être représentée et que les journalistes

présents devaient restés dans une pièce où des

"messagers" leur apportaient les informations qu'on

voulait bien leur donner.

 

Des dizaines de personnes ont été arrêtées dans nice

le 7 décembre, une quinzaine a été inculpée et est

passée ou passera en procès. Deux espagnol-e-s ont

pris un mois ferme et deux ans d'interdiction du

territoire français, en comparution immédiate - c'est

à dire sans avoir le temps de préparer une défense -

pour attroupement armé. Le délit d'attroupement =3D le

délit d'avoir manifesté et "armé" parce qu'elle et il

avaient un couteau au fond de leur sac... à côté de

leur morceau de fromage! Deux autres personnes ont

pris un mois ferme le 8 janvier. Des témoignages

affirment qu'une jeune femme, pour avoir refuser

qu'un CRS prenne son sac, a été mise à terre et

frappée alors que deux autres la maintenaient au sol

et que son compagnon tentant de la défendre était lui

aussi matraqué. Ils en ont profité pour démontrer leur

"respect du citoyen" en lui disant: " Je vais

t'éclater la gueule, tu pourras plus faire le tapin

sale chienne" (sic) Plusieurs autres personnes ont été

tabassé-e-s par des flics ou CRS, entre autres

lorsqu'elles essayaient de prendre des photos. Cinq

militants FA et CNT de lyon et saint-étienne passeront

en procès le 1er février : ils sont accusés d'"entrave

à la circulation" et d'avoir "secoué" un véhicule

officiel, ce qu'ils démentent formellement. Ils ont

juste tenté de discuter avec le conducteur, un

officiel italien se rendant au sommet, il n'y a eu

aucune agressivité et lorsque les nombreux policiers

présents ont demandé aux personnes de laisser passer

la voiture elles ont obéi. Ce n'est que lorsque les

policiers ont trouvé dans leurs sacs des autocollants

de la Fédération Anarchiste qu'ils ont décidé de les

arrêter, trouvant là un bon prétexte pour les faire

passer pour des terroristes. D'autres personnes sont

accusées de rébellion, violence, attroupement, toutes

de manière arbitraire puisque les arrestations ont eu

lieu après les manifestations, lorsque ces personnes

se promenaient, allaient rejoindre des ami-e-s ou

attendaient des gens. Les déclarations des policiers

sont souvent bourrées de mensonges énormes, mais la

"justice" française les croit puisqu'elle a déjà

condamné quatre personnes à de la prison ferme, sans

aucune preuve, avec accusations bidons à l'appui, en

donnant plus de crédit aux affirmations grossièrement

mensongère des flics contre les défenses plausibles

des accusé-e-s.

 

Nous manifestons aujourd'hui, entre autres, pour

dénoncer les agissements de la police, des autorités,

de la "justice", qui nous font taire par la violence

et le mensonge, par la répression et les condamnations

arbitraires... pour l'exemple? Nous manifestons aussi

pour soutenir les 5 militants qui passeront en procès

le 1er février, leurs accusations ridicules feraient

hurler de rire s'ils ne risquaient pas gros! Nous

soutenons aussi toutes les autres personnes inculpées

dans las même condition de violence, de mensonge et

d'injustice à nice.

 

Mais ces aventures niçoises n'ont été qu'un grossier

exemple de la manière dont est réprimée en douce

toute contestation un peu trop gênante, de la manière

dont est criminalisée toute personne qui refuse de se

comporter "dans le droit chemin", de la manière dont

est protégé le kapitalisme et l'ordre social au

détriment des peuples, même ici, au pays des droits de

l'homme, et oui!

 

Le 15 janvier un stéphanois passe en procès pour avoir

oser manifester son mécontentement lorsqu'un festival

de musique militaire, hymne à la guerre et à la mort,

avait défilé à saint-étienne. Motif de l'inculpation?

"Coups et blessures sur un policier". L'accusé a été

embarqué alors qu'il tentait d'allumer un pétard et

n'a touché aucun policier, n'a eu aucun geste

agressif. Le médecin a constaté une éraflure sur la

main du policier. L'accusé ne sait même pas qui est

physiquement la personne qui l'accuse!

 

Le fils de françois miterrand, accusé de trafic d'arme

vers l'état raciste d'afrique du sud, est resté 12

jours en détention provisoire, tandis que deux

militants bretons poursuivis pour vol d'explosifs sont

en détention provisoire depuis plus d'un an. Où en

est-on de la fameuse présomption d'innocence? Surtout

où en est-on de la fameuse "égalité", principe

fondateur de notre belle république?!

 

Quel poids à la parole d'une personne qu'on tente de

faire passer pour "voyou", "casseur" ou "terroriste"

face aux mensonges des policiers, des autorités? D'un

côté ceux et celles qui ont le pouvoir, de l'autre

ceux et celles qui n'ont que le droit d'être de sages

citoyen-ne-s et d'honnêtes travailleurs-euses! Et ce

pouvoir est bien entendu, encore et toujours, très

bien servi par des médias qui racontent n'importe

quoi, font passer des actes de contestation politique

pour du vandalisme, décrédibilisent nos luttes.

 

De nombreuses personnes sont en ce moment même en

prison en france pour avoir une activité politique,

sociale, contestataire, qui déplait aux autorités.

Elles sont souvent à tort et avec appui de mensonges,

accusées de terrorisme ou autre délit inventé. Et

leurs traitements en prison sont loin d'être dignes

d'un gouvernement respectant les droits de l'humain-e.

Encore et toujours, cela nous est bien caché, la

réalité est masquée et déformée par les médias... nous

vivons dans un si beau pays! Si nous manifestons

masqué-e-s aujourd'hui, ce n'est pas pour nous la

jouer gueriller@s , ni pour vous faire peur, c'est

parce que toute manifestation est filmée et

photographiée, tout-e manifestant-e fiché-e puis

catalogué-e comme contestataire... trop contestataire?

... terroriste à surveiller?

 

Dans les lois françaises, voilà ce qu'il en est de la

liberté d'expression : si tu n'es pas content-e alors

tu as le droit de manifester, mais il faut avant cela

en demander le droit à la préfecture, qui te diras par

où tu as le droit de passer. Avec un peu de chance les

politicard-e-s feront semblant qu'ils-elles t'ont

écouté, raconteront deux ou trois nouilleries et

passeront à autre chose. Avec un peu de chance les

médias raconteront deux trois bobards sur ta manif et

décrédibiliseront ta lutte. Mais si tu n'as pas

quémandé en préfecture le droit de manifester tu peux

être passible du "délit d'attroupement" : tout membre

d'un groupe (nombre non défini) de personnes dans la

rue auxquelles les forces de l'ordre ont demandé de se

dissoudre 2 fois devient délinquant pour "délit

d'attroupement". (Et bien entendu, les deux

sommations, on ne les entend pas toujours très

distinctement!) Voilà ce qu'il en est de la liberté

d'expression dans les textes de lois français.

 

La police nous matraque et nous gaze, les autorités et

les médias racontent des salades sur notre compte,

nous font passer pour des terroristes pour ne pas

écouter nos contestations, et nous prennent pour des

imbéciles en nous racontant n'importe quoi, la

"justice" pénalise les petit-e-s et est indulgente

avec les grand-e-s, nous sommes écrasé-e-s par le

pouvoir de cette in-"justice" n'avons que de maigres

moyens pour nous défendre contre ses décisions

injustes. Pour finir les lois mêmes de ce pays sont

écrites contre toute personne qui conteste, sont

écrites en faveur de toute personne qui veut nous

faire taire.

 

Voilà pourquoi aujourd'hui nous manifestons : pour

exprimer notre colère, pour prendre la parole, pour

que vous vous rendiez compte de ce que cache le bla

bla hypnotisant des médias et des autorités, pour

dénoncer la violence des flics, pour dénoncer la

violence de la justice, pour dénoncer la violence de

l'état.

 

Face à tout cela, nous pourrions peut-être croire en

une seule loi :

 

" Quand le gouvernement viole les droits d'un peuple,

l'insurrection est pour le peuple et pour chaque

partie du peuple, le plus sacré et le plus

indispensable des devoirs. "

Art. 35 Déclaration Universelle des droits de l'Homme,

1948.

 

 

Des manifestant-e-s qui tiennent à préciser leur point

de vue et à s'exprimer librement.

 

 

 

autre doc pdf : CriminalisationMouvSociaux.pdf

 

 

 

 

Colloque de Bordeaux

Dérives pénales contre droits des citoyens

Gilberto Pagani, Avocat, Milan

LA CRIMINALISATION DES MOUVEMENTS SOCIAUX

 

 

 

2 octobre 2004

 

 

 

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