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16/10/2009

30 kilos de plutonium "oubliés" pendant 5 mois à Cadarache: les scandales du nucléaire s'enchaînent

Le Commissariat à l'Energie Atomique (CEA) et Areva ont dissimulé entre 14 et 31 kilos de plutonium au sein d'enceintes de confinement d'un atelier en cours de démantèlement. Ils ont mis 5 mois à avertir l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) de cet "oubli".

Centrale nucléaire

 

L'ASN vient de dresser un procès verbal et de suspendre les opérations de démantèlement d'un Atelier de Technologie du Plutonium (ATPu) à Cadarache, qui produisait du combustible Mox pour des réacteurs nucléaires.

 

L'incident est considérable et classé au niveau 2 de l'échelle de gravité des événements nucléaires (qui comporte 7 niveaux).

 

Le CEA a informé l'ASN de la "sous-évaluation des dépôts de plutonium" dans des accès aux enceintes de confinement de l’installation.

 

"Evalués à environ 8 kg pendant la période d’exploitation de l’installation, les dépôts récupérés à ce jour sont, selon le CEA, de l’ordre de 22kg et le CEA estime que la quantité totale pourrait s’élever à près de 39 kg" explique l'ASN.

 

L'inspection de l'ASN a permis de confirmer que le CEA avait connaissance de ce dépôt de plutonium depuis le mois de juin.

http://www.vedura.fr/actualite/5952-30-kilos-plutonium-oublies-mois-cadarache-scandales-nucleaire-enchainent

 

 

Incident nucléaire : le démantèlement du site de Cadarache suspendu

Par Marc Vignaud

Incident nucléaire : le démantèlement du site de Cadarache suspendu

Des dépôts de plutonium supérieurs aux prévisions ont été repérés sur une installation du site du CEA à Cadarache © AFP

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La sécurité des sites nucléaires revient sur le devant de la scène. Mercredi, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a décidé de classer au niveau 2 (sur 7) de l'échelle Ines un "incident" survenu sur un site du Commissariat à l'énergie atomique de Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône. L'arrêt des travaux sur cette installation en cours de démantèlement a été également ordonné.

Cette décision intervient après que le CEA a signalé à l'ASN, le 6 octobre, un problème constaté lors d'opérations d'assainissement de son atelier de technologie du plutonium (ATPu), exploité par Areva et à l'arrêt depuis 2003, situé à Cadarache. Le CEA a affirmé avoir repéré des dépôts de plutonium supérieurs à ses prévisions lors du démantèlement de boîtes à gants, enceintes étanches dans lesquelles est stockée de la matière nucléaire. La division de Marseille de l'Autorité a alors procédé à une "inspection le vendredi 9 octobre afin d'analyser cet incident". Puis, elle a demandé une expertise de la situation à l'Institut de radioprotection et de sécurité nucléaire et son appui technique. Celui-ci lui a rendu son avis mercredi. Selon les conclusions de l'Autorité, les dépôts "évalués à environ 8 kg pendant la période d'exploitation de l'installation" étaient en fait "de l'ordre de 22 kg" et le CEA "estime que la quantité totale pourrait s'élever à près de 39 kg".

Pour la Criirad - Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité -, cette méconnaissance des quantités de plutonium stockées est "très grave" et "très inquiétante". Son directeur de laboratoire, Bruno Chareyron, y voit trois types de problèmes. D'abord, le risque de prolifération nucléaire induit par ce manque de maîtrise. Il rappelle que quatre kilos de plutonium suffisent à produire une bombe nucléaire artisanale et, diffusés avec un aérosol, pourraient servir à polluer un territoire donné. Ensuite, le risque d'un accident de "criticité", une réaction nucléaire potentiellement mortelle, qui se déclenche toute seule lorsqu'une "masse critique" de plutonium est atteinte. Cette quantité dépend des conditions de stockage, notamment de "la répartition géométrique" et "l'humidité". Enfin, un risque en termes de radioprotection que cet écart fait courir au personnel, voire aux populations alentour. Le problème est suffisamment grave pour que l'ASN soumette la reprise des opérations de démantèlement à son "accord préalable".

Indignations ministérielles

L'autorité de contrôle s'élève aussi contre le décalage entre le signalement de l'incident par le CEA, le 6 octobre, et la connaissance du problème depuis le mois... de juin. "Ce délai est tout à fait inacceptable", a commenté Laurent Kueny, chef de la division de Marseille de l'ASN. Contacté par l'AFP, le CEA a expliqué avoir déclaré l'incident en octobre, préférant "attendre d'avoir une vision globale des stocks" de matière. "Nous sommes de bonne foi dans cette affaire", a plaidé Henri Maubert, un porte-parole du CEA. 82 tonnes de plutonium sont stockées sur les sites nucléaires en France, selon l'inventaire réalisé par l'Agence pour la gestion des déchets radioactifs (Andra).

Du côté ministériel, les réactions sont virulentes. L'incident est "scandaleux" et "inadmissible" a jugé, jeudi, la secrétaire d'État chargée de l'écologie, Chantal Jouanno. "Il est totalement anormal que sur cette filière, que l'on dit extrêmement contrôlée, on découvre que la comptabilité est mal tenue, qu'on ne sait pas exactement combien il y a (de plutonium) et surtout qu'on en soit informé si tardivement", a-t-elle affirmé sur RTL. "On va voir qui est responsable de quoi et ça permettra de savoir s'il faut que des têtes tombent", a-t-elle ajouté. Le ministre de l'Écologie, Jean-Louis Borloo, s'est montré plus modéré. Il a estimé que l'exigence de transparence devait être "absolue en matière de sûreté nucléaire" et a regretté "profondément" qu'un tel délai se soit écoulé entre la découverte de cette situation et sa déclaration". "Cette transparence et cette exigence de sécurité sont les conditions incontournables de la fourniture d'électricité d'origine nucléaire. Elles seront respectées", a-t-il martelé dans un communiqué.

Concrètement, la directrice de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), Marie-Claude Dupuis, sera entendue mercredi prochain par l'Assemblée nationale. Celle-ci a bien l'intention d'apporter un éclairage sur la question des déchets nucléaires, mais précise que l'Andra n'a pas de lien avec l'incident de Cadarache. Et de préciser que son institution n'a la charge que de trouver des solutions ultimes de stockage pour les déchets nucléaires qui ne peuvent être réutilisés, ce qui n'est pas le cas du plutonium du site de Cadarache... Le PS et les Verts ont commandé une commission d'enquête parlementaire.

 

 

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