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27/10/2009

Le fait de désinformer - désinformation

La sanction infligée au colonel Frédéric Merveilleux du Vignaux ne sera pas effacée de son dossier militaire. Le Conseil d'État a en effet décidé, mardi, de rejeter la requête présentée par l'officier, après avoir été mis aux arrêts durant 30 jours par le général commandant la 11E brigade parachutiste, à la suite du drame survenu lors des journées portes ouvertes du régiment.

Le 29 juin 2008, l'un des exercices de démonstration avait viré au drame. Un sous-officier mimant un tir de couverture, vient d'engager dans son fusil d'assaut, un chargeur contenant des munitions de guerre. Les quelques rafales tirées par l'arme fauchent 16 spectateurs dont plusieurs enfants. Si la responsabilité du sergent Vizioz dans cet accident ne fait aucun doute, la venue de Nicolas Sarkozy au chevet des victimes va provoquer un séisme au sein de l'état-major de l'armée de Terre avec notamment la démission du général Bruno Cuche. Le 22 juillet 2008, le colonel Frédéric Merveilleux du Vignaux, qui avait quitté le commandement du 3e RPIMa, l'avant-veille du drame s'était vu infliger une sanction de 30 jours d'arrêt pour, disaient les attendus de la sanction « négligence dont il avait fait preuve dans l'exercice de ses fonctions de chef de corps du 3ème régiment parachutiste de marine en ne faisant pas observer les règlements en vigueur, notamment dans le domaine de la gestion, du suivi et du stockage des munitions et en n'effectuant pas les contrôles qui auraient permis la découverte de ce stock illicite ».

Moins de trois semaines après avoir été sanctionné par sa hiérarchie, le colonel Merveilleux du Vignaux avait déposé une requête auprès du Conseil d'État demandant l'annulation de la sanction et la suppression de la mention portée à son dossier militaire. Les conseillers de la plus haute juridiction administrative ont estimé que « l'appréciation que l'autorité militaire a faite de la gravité de ces faits en infligeant à M. Merveilleux du Vignaux une sanction de premier groupe de trente jours d'arrêts n'est pas manifestement disproportionnée ».

http://www.ladepeche.fr/article/2009/10/23/699938-Carcassonne-La-sanction-du-colonel-du-Vignaux-confirmee.html

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Le Mot de l'éditeur : Désinformation et services spéciaux

Désinformation et services spéciaux : amis ou ennemis ?
Dans un monde où la maîtrise de l'opinion est le secret du pouvoir de tous les pouvoirs, on comprend bien l'enjeu stratégique que représentent les médias dans la sphère politique comme au sein des services secrets. Mais qui dit opinion et information dit aussi désinformation... Désinformation et services spéciaux étudie ce concept aux multiples facettes, et le met en lumière sous un jour nouveau : il se penche sur une pièce de théâtre où trois acteurs - les services spéciaux, les médias et le public - sont tour à tour victimes, manipulateurs et cibles de la désinformation.
Un cas d'école, l'affaire du Rainbow Warrior, illustre l'analyse de façon détaillée. Désinformation par l'erreur, par l'inversion des rôles, par la supposition, par l'image... Nous sommes mis en face des faits avec toutes les clefs de lecture quant aux procédés utilisés et aux résultats obtenus. Désinformation et services spéciaux nous donne ainsi à lire une approche à la fois concrète et richement documentée d'un thème qui passionne de plus en plus de lecteurs.

Sophie Merveilleux du Vignaux a reçu du Centre français de recherche sur le Renseignement le prix du jeune chercheur 2003 pour son mémoire de maîtrise à l'Ecole des Hautes Études politiques intitulé «Aux frontières du secret. La politique d'ouverture de la DGSE (1990-2003)». Elle collabore par ailleurs a des travaux collectifs sur le Renseignement.

Extrait du livre :
Désinformation et services spéciaux

Malgré d'innombrables définitions, il reste encore difficile de se faire une idée précise de ce qu'est la désinformation. Pourquoi ce concept est-il si ardu à cerner ? Tout d'abord parce que ceux qui pourraient le mieux en parler sont ceux qui en usent et ils ont bien souvent tout intérêt à en minimiser l'efficacité. Les autres se limitent à employer un mot pour un autre jusqu'à ce que tous se confondent et ne forment qu'un magma de notions certes proches, mais néanmoins distinctes.
Il est sans doute utile, avant de poursuivre, de revenir sur le terme d'information. Deux universitaires la définissent comme une «description objective faite en vue d'être communiquée et d'apporter une nouveauté pour l'auditoire». Elle consiste à «provoquer chez l'auditeur des sentiments comparables à ceux de témoins oculaires des faits relatés». Selon cette définition, l'essence d'une véritable information repose sur l'impartialité, c'est-à-dire sur la neutralité du contenant et du contenu. L'objectivité doit s'appliquer d'une part au fait exposé et d'autre part à la source et au vecteur utilisés pour le propager.
L'information a toujours été un élément de puissance fondamental, mais son utilisation a changé. Autrefois, celui qui possédait l'information possédait le pouvoir. Aujourd'hui et grâce à l'important essor des moyens de communication, l'information s'est démocratisée. Tous y ont accès, si bien que le pouvoir revient désormais à celui qui saura la trier et l'exploiter.
La désinformation, quant à elle, a été récemment décrite dans un dictionnaire comme «une utilisation de l'information, notamment de l'information de masse, pour induire en erreur, cacher ou travestir les faits». Un renvoi vers le mot «intoxication» est signalé, sous-entendant un lien et une confusion possibles entre les deux notions. Ailleurs, elle est décrite comme «un ensemble de procédés qui utilise l'infor­mation comme une arme contre l'adversaire». Nous sommes ici au coeur des principes de guerre de l'information. L'Académie française, qui la définit comme «une action particulière ou continue qui a pour but, en usant de tous les moyens, d'induire un adversaire en erreur ou de favoriser chez lui la subversion dans le dessein de l'affaiblir», fait davantage référence aux opérations psychologiques. Parmi ces nombreuses définitions, la frontière entre différents procédés est parfois ténue. C'est sans aucun doute ce qui les rend si difficiles à appréhender. Pourtant, si plusieurs mots existent, c'est sans aucun doute qu'ils recouvrent des notions différentes. Ce sont donc avant tout des terminologies qu'il faut distinguer : guerre de l'information, guerre psychologique et désinformation

.http://livre.fnac.com/a1951636/Sophie-Merveilleux-Du-Vignaux-Desinformation-et-services-speciaux

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