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30/09/2011

A propos d’Histoires secrètes d’Action Directe, documentaire de Romain Icard...

[article avec un autre titre pour éviter que les mots-clefs du titre ne soient référencés avec déontologie... effectivement c'était incongru ! ]

 

A propos d’Histoires secrètes d’Action Directe, documentaire de Romain Icard

Le 16 octobre 2009, Canal+ a diffusé, dans le cadre de son magazine “Spécial investigation”,un documentaire intitulé Histoires secrètes d’Action Directe qui prend place, malgré la dure concurrence à ce niveau, au sommet des pires saloperies jamais diffusés concernant l’histoire de ce groupe.

Et il se trouve que nous, Raymond Delgado et Bernard Réglat, apparaissons comme la “caution anarchiste” de cette infâme saloperie, ce qui nous oblige à nous expliquer sinon à nous excuser auprès des principaux intéressés pour des propos que nous n’avons pas tenus (nous y reviendrons).

 

Comment sommes-nous arrivés là ? Le réalisateur de cette merde, Romain Icard, a pris contact avec nous se recommandant de Gilles Millet, un des rares sinon le seul journaliste avec qui nous avons toujours eu des rapports de mutuelle confiance. Icard nous a ainsi présenté son projet dans un mail du 16 juin 2009, que nous reproduisons ici in extenso afin que chacun puisse se faire une opinion sur cet individu:«(…) je m'emploie à raconter l'histoire de la lutte armée politique dans les 1970 & 1980. Dans ce cadre, je reviens grâce aux archives de l'époque et aux témoignages des intervenants qui ont vécu cette période sur l'histoire des groupes.

C'est dans ce contexte que j'aimerais pouvoir raconter votre (ton?) histoire, celle des GARI. D'où ils venaient politiquement, et comment vous avez décidé de mettre un terme à vos actions, une fois que vous considériez avoir obtenu ce que vous vouliez. Ce serait d'ailleurs l'occasion pour vous de tordre le coup à une idée tenace dans certains milieux politiques et policiers selon laquelle JM Rouillan était le leader des GARI, et que son groupe a une filiation directe avec vous. et d'avoir votre vision entre votre position autonome et celle marxiste-léniniste de l'autre côté.

Dans le même ordre d'idée, sache que je fais le même genre d'entretiens avec les fondateurs des autres groupes de l'époque, plus proches des tendances mao que vous ne l'étiez.

De plus, j'aimerais revenir sur les relations que les différents militants entretenaient avec le pouvoir de l'époque. Quelles étaient vos relations s'il y en avait.

Je pense notamment au moment de l'amnistie de 1981 et de la façon dont elle a été obtenue. Mais pas seulement, je pense aussi aux relations avec le pouvoir de droite de VGE en 1978, notamment sur l'affaire du banquier espagnol et votre relaxe.

Enfin, si tu en es d'accord, j'aimerais revenir sur le fait qu'en 1982, si tout le monde avait été un peu plus "honnête", JM Rouillan se serait rendu. Mais des fuites font que sa reddition devient impossible à ses yeux.

Voilà, tu sais tout. Je suis, du moins je crois, bien loin de la vision sensationnaliste habituelle sur le sujet... Ce que je cherche à montrer, c'est l'amalgame douteux qui est fait entre les différents mouvements pour mieux absoudre de leurs responsabilités certaines personnes.

J'espère sincèrement que tu accepteras l'idée de cet entretien filmé, sachant que je ne me base que sur l'aspect historique des choses. »

Pour rappel, les GARI (Groupes d’Action Révolutionnaire Internationalistes) était une coordination de groupes et individus autonomes, de sensibilité anarchiste et libertaire, qui mena des actions contre la dictature franquiste, essentiellement en 1974. Nous avons fait partie de cette coordination, ainsi que Jean-Marc Rouillan, qui se prévaudra, lors de la création d’AD, de cette appartenance aux GARI, pour essayer d’en capter “l’héritage”.

Le projet d’Icard nous a donc semblé intéressant dans la mesure où à travers la critique idéologique, non seulement d’AD mais des différentes organisations marxistes-léninistes ayant sévit en Europe dans les années 70/80 (BR, RAF, etc.), nous pourrions essayer d’expliciter l’action politique des groupes et individus autonomes telle que nous l’avons toujours défendue et pratiquée. Et d’autant plus intéressés du fait que ces idées sont revenues sur le devant de la scène médiatique avec la criminalisation par le pouvoir actuel des groupes “anarcho-autonomes” et notamment l’emprisonnement, entre autres, de ceux dits “de Tarnac”.

Nous avons donc décidé de participer tout en ayant conscience des risques et surtout des limites d’un tel projet, qui devait être, d’après Icard, diffusé sur Canal+. Nous avons essayé de nous prémunir en posant comme condition de notre participation le visionnage du montage final de son documentaire, ce qu’il accepta, et s’engagea à nous envoyer un DVD avant la diffusion. Bien sûr, ce DVD ne nous est jamais parvenu. Et lorsque nous avons découvert dans les journaux spécialisés qu’un film allait être diffusé, portant sur des soi-disantes manipulations dont AD aurait été l’objet, et signé Romain Icard, nous avons naïvement pensé que finalement il avait changé son projet et donc pas retenu nos témoignages. Or, non seulement il s’en est servi, sans notre consentement donc, mais (...) les a tronqués (ce à quoi on s’y attendait, mais pas autant), placés hors contexte et surtout déformés. Ainsi, afin d’apporter un peu de crédit à sa vision du terroriste sanguinaire, il se permet de dire dans son commentaire, au sujet de l’enlèvement du banquier Suarez par les GARI : « Ce que Bernard Réglat veut dire c’est que Rouillan veut brutaliser le banquier ». Bien sûr, nous n’avons jamais dit ni voulu dire cela et que ce manipulateur ait été obligé ‘‘d’interpréter’’ nos propos en est la meilleure preuve. La phrase – tronquée – dont il se sert dit bien ce qu’elle dit : des discussions eurent effectivement lieu au sein des GARI au sujet du sort à réserver au banquier au cas où nos demandes ne seraient pas satisfaites. Et si notre mémoire est bonne, Rouillan ne prit même pas part à la discussion. Nous ferons par ailleurs remarquer à tous les (...) du genre Icard, qui veulent apporter du encore plus sanguinolent au moulin du sensationnalisme, que Rouillan n’a jamais été inculpé individuellement pour aucun crime de sang et que sa condamnation judiciaire découle du fait qu’AD ait choisit comme système de défense de tout revendiquer collectivement.

Par delà la dénaturation de nos témoignages, c’est la globalité de ce ‘‘documentaire’’ que nous entendons dénoncer. Bourré d’approximations, de simplifications et d’accusations (notamment sur l’amnistie politique de 81), d’images ordurièrement racoleuses (photos de nu de Joëlle Aubron…), l’ « œuvre » de Romain Icard nous rappelle les pires écrits de Minute et autres torchons d’extrême-droite.

Et pour finir, nous voulons préciser que si nous avons toujours été critiques en ce qui concerne l’idéologie et certaines actions d’AD, nous avons toujours manifesté notre solidarité aux militants de ce groupe victimes de la répression étatique, et qu’en tout cas nous n’avons jamais hurlé avec les loups, même et surtout lorsque certains d’entre eux se prétendaient ‘‘anciens des GARI’’ (cf. Appel aux anarchistes. Pourquoi les anarchistes doivent se désolidariser, dans la conjoncture actuelle, des activistes du groupe Action Directe, paru dans Le Monde en octobre 1982 et contre lequel nous avions pris publiquement position).

La situation actuelle de J.-M. Rouillan, qui ne peut même pas se défendre et qui reste incarcéré, gravement malade, sans soins, rend encore plus odieuse l’interprétation de « Spécial investigation ».

Interprétation qui, d’ailleurs, tombe peut-être à pic dans le contexte politique de bras de fer avec l’Iran au sujet du nucléaire ! Qui manipule qui ?

Raymond Delgado

Bernard Réglat

28 octobre 2009

 via l'en dehors

10:07 | Lien permanent | Commentaires (5) |

Commentaires

Ben, l'aurait p'têt fallu vous renseigner avant ! Google, c'est pas fait pour les chiens, non plus...

Écrit par : laurent | 15/08/2010

Et en même temps, il dit rien d'autre que la vérité dans cette interview, je vois ce qui vous gêne... Je parle de l'interview, je précise. Vous êtes pathétiques sur ce coup là...

Écrit par : Bastien Thierry | 17/02/2011

Par delà la dénaturation de nos témoignages, c’est la globalité de ce ‘‘documentaire’’ que nous entendons dénoncer. Bourré d’approximations, de simplifications et d’accusations (notamment sur l’amnistie politique de 81), d’images ordurièrement racoleuses (photos de nu de Joëlle Aubron…), l’ « œuvre » de Romain Icard nous rappelle les pires écrits de Minute et autres torchons d’extrême-droite.

Écrit par : fred | 18/02/2011

L'amnistie et les petites négos douteuses de certains, notamment des très proches d'AD dont la famille travaillait au gouvernement est un fait. Hein mamie AD, pour ceux qui la connaissent... sans parler des liens entre vous les toulousains et un ministre fraichement nommé!
Et les images ordurières de Joelle Aubron, faut se détendre, elle les revendiquaient encore avant qu'elle ne décède auprès de certains de ses camarades. Mais encore fallait il la connaître pour lui demander ce qu'elle en pensait avant de se faire justicier masqué.
Quant à confondre cette "oeuvre" (dont je ne partage pas toutes les analyses mais que je rejoins sur le fait qu'AD et surtout les 4, étaient des doux illuminés grotesques et manipulés) avec Minute et je ne sais quoi est risible. Pour une simple raison: ce sont nous (et oui, j'en suis), gens "d'extrême gauche" qui avons fait cette histoire. Il faut bien l'avouer. Les BI et les NAPAP avaient des c*****, pas AD.

Écrit par : jean valjean | 15/02/2012

Buenos dias Señores delgado y reglat.
Me gustaria entrar en contacto con ustedes.
merci
Germa Gutierrez.

ggutierrez@argusfilms.ca

Écrit par : German Gutierrez | 24/02/2012

Les commentaires sont fermés.

 
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