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07/11/2009

Julien Coupat n'a pas fait publier L'insurrection qui vient aux Editions Nord-Sud en 1960...

Pour aller de Trilport, comme le procès-verbal l'atteste, à Dhuisy à Germigny-sous-Coulombs, près de la ligne TGV  (26 kilomètres séparent ces deux points) à une vitesse moyenne de 159,6 km/h...

http://home.wtal.de/olliweb/technoclassica/2003/DS%20Fantomas%2002.jpg

 

Tarnac : un rapport contredit la version policière

NOUVELOBS.COM | 02.11.2009 | 09:16

Les avocats de la défense révèlent que les traces de pas et de voiture retrouvées sur les lieux du sabotage de lignes TGV en novembre 2008 ne correspondent pas à celles de Julien Coupat et Yildune Lévy, mis en examen.

Un rapport de la défense met sérieusement à mal la version policière dans l'affaire des sabotages de lignes TGV dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008, pour laquelle neuf jeunes sont mis en examen pour "association de malfaiteurs, destructions et dégradations en relation avec une entreprise terroriste", révèle Libération lundi 2 novembre.

Contradictions


Les avocats pointent des anomalies et des contradictions dans les procès-verbaux de la police. Ils soulignent que les empreintes de pas relevées à proximité des lieux des dégradations, en Seine-et-Marne, ne correspondent pas à celles de Julien Coupat et de sa compagne, Yildune Lévy, mis en cause par la police. Les traces de pneus ne correspondent pas non plus à celles de la vieille Mercedes du couple. Les procès-verbaux seraient en outre divergents et se contrediraient sur la présence ou non d'un individu près des voies.
Maîtres Thierry Lévy, Jérémie Assous, et William Bourdon doivent transmettre ce lundi leurs conclusions au juge antiterroriste en charge de l'affaire, Thierry Fragnoli.
Après six mois de détention, Julien Coupat, poursuivi également pour "direction ou organisation du groupe", a été remis en liberté le 28 mai 2009. Il est soumis à un strict contrôle judiciaire.

(Nouvelobs.com)



PARIS - La défense des suspects des sabotages de lignes de TGV en novembre 2008 produit ce qu'elle présente comme une "contre-enquête" susceptible de remettre en cause la version policière des faits.

La défense des suspects des sabotages de lignes de TGV en novembre 2008 présente ce qu'elle présente comme une "contre-enquête" susceptible de remettre en cause la version policière des faits. Les arguments, présentés dans le quotidien Libération, doivent être remis au juge d'instruction dans la journée. (Reuters/Vincent Kessler)

Les arguments, présentés dans le quotidien Libération avant leur remise au juge d'instruction prévue dans la journée, tentent de mettre à mal la principale charge contre le présumé chef des activistes, Julien Coupat: sa présence avérée et reconnue sur les lieux d'un des sabotages.

Les avocats relèvent ce qu'ils considèrent comme des incohérences dans les procès-verbaux de filature de la police.

Ces documents de police établissent que Julien Coupat et sa compagne Yldune Lévy se sont rendus le 7 novembre près d'un des lieux de sabotage de ligne de TGV, dans la campagne de la Seine-et-Marne, et y ont stationné en pleine nuit, au moment des faits. Le couple a reconnu les faits, expliquant qu'ils étaient sur place pour avoir des relations sexuelles.

Leurs avocats estiment que les traces de pneus et de pas relevés sur place ne correspondent pas à la voiture et aux chaussures de leurs clients. Ils ajoutent que le signalement du sabotage à l'endroit en question fait problème, sa notification à la SNCF ayant selon eux été retardée.

Julien Coupat, remis en liberté en mai après six mois et demi de détention, sa compagne et sept autres personnes restent mis en examen pour "destruction en réunion et association de malfaiteurs", le tout "en relation avec une entreprise terroriste", des crimes passibles des assises.

Julien Coupat est présenté par l'accusation comme le chef d'un mouvement d'ultragauche auquel sont imputés les sabotages commis par le placement de fers à béton sur des caténaires dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008, ainsi que le 26 octobre 2008.

Ils nient les faits et se disent victimes d'une procédure politique, orchestrée selon eux par le gouvernement pour illustrer la théorie d'une menace terroriste de gauche.

 


L’État français, il y a maintenant un an, lançait ses cagoulés sur un petit village de Corrèze, déclenchant ce qui allait devenir «l’affaire Tarnac». Comme beaucoup d’affaires du passé, elle a évolué en deux temps : d’abord le mensonge officiel, puis l’éclat de la vérité sur la nature du pouvoir. Dans les premiers jours, le bruit du mensonge était propagé sans vergogne. À ce moment, pour retourner contre l’appareil d’État les armes qu’il pointait sur nous, nous avons fait appel dans nos interventions publiques au vieux fonds humaniste-démocratique de la gauche. Dans l’inquiétude où nous étions sur le sort de nos amis emprisonnés, nous avons eu spontanément recours à cet arsenal usé mais rassurant, le mieux fait pour réunir des voix, des sympathies, des signatures.

Seulement voilà, une année s’est écoulée, et c’est peu de dire qu’elle a permis à la lumière de jaillir, sur la fabrication policière de l’affaire et surtout sur le pouvoir qui l’a montée. On a vu se multiplier les rafles de sans-papiers — oui, des rafles — dans les quartiers populaires des grandes villes, détruire au bulldozer les abris que les migrants afghans et irakiens s’étaient construits du côté de Calais, expulser par avion trois Afghans vers leur pays en guerre avec l’assurance du sinistre Besson que leur sécurité y serait garantie. On a vu des gendarmes avec chiens fouiller les cartables des écolières à Marciac, arrêter un car scolaire et traiter les enfants comme des suspects près de Pau.

On a assisté à la condamnation à des années de prison ferme de jeunes habitants de Villiers-le-Bel coupables d’avoir jeté des pierres contre la police — et à la relaxe des policiers en cause dans l’accident qui avait causé la mort de Moushin et Larami, et jeté le trouble dans la ville. On a vu l’Assemblée nationale voter sans hésitation la loi scélérate sur la répression des bandes organisées et Brice Hortefeux, entre deux blagues racistes, prendre argument des désordres de Poitiers pour ressusciter par simple décret le fichier Edvige en l’élargissant jusqu’aux enfants de 13 ans. Ce décret d’Hortefeux est daté du jour de la Sainte-Edvige — un humour qui lui avait déjà fait organiser un sommet européen sur l’immigration à Vichy, et qui finira par le perdre.
Bref, pendant cette année, on a vu à l’œuvre le cynisme, la brutalité, l’indifférence affichée à la souffrance, le tout sur fond de suicides à France Télécom et de gestion crapuleuse de «la crise». On peut s’étonner que de tout ce malheur rien ne s’ensuive, que la sentence prononcée par ce régime contre lui-même ne soit pas exécutée — comme s’il n’y avait plus de peuple pour le faire. Mais ce n’est pas le peuple qui manque, c’est la décision — avec la conscience que le rapport de forces ne nous est défavorable qu’en apparence. L’oligarchie cherche à nous maintenir dans ce désespoir qui forme sourdement le liant de la situation.

Mais il peut soudain se défaire : on le perçoit dans certaines grèves, certaines manifestations déterminées, dans tous ces moments collectifs qui échappent à l’étouffoir des bureaucrates syndicaux et des partis qui se prétendent politiques.

Pour que se répande la joie de conquérir une nouvelle existence, il nous faut sortir du domaine des Idées, élaborer en commun les formes de vie à venir : que dans les corps en crise — écoles, hôpitaux, énergie, transports, agriculture, université —, ceux qui triment songent à comment ils s’organiseront sans ceux qui sont là pour les gérer ; que ceux qui ne se résignent pas à l’apartheid rampant se réunissent pour savoir comment rendre immédiatement aux villes leur rôle et leur beauté ; que tous, nous préparions la mise à la retraite d’office des financiers, des économistes et des géopoliticiens.

Le temps n’est plus à l’indignation humaniste ni à l’analyse sociologique. Il ne s’agit plus de faire la critique de l’oligarchie au pouvoir mais tout simplement de la congédier. Car le maintien d’un régime responsable de tant de cruauté et qui n’en garantit que la permanence est une éventualité infiniment plus redoutable que l’insurrection qui vient.

Éric Hazan - Libération, 6 novembre 2009.

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