Avertir le modérateur

12/11/2009

Brice "not nice" Hortefeux : Vidéosurveillance pour la tranquilité de l'identité nationale

"Autorité, ordre et respect: ces trois mots ne me font pas peur", a assumé Brice Hortefeux.

AFP

"Autorité, ordre et respect: ces trois mots ne me font pas peur", a assumé Brice Hortefeux.

 

610xpo.jpg




Vidéosurveillance : inefficaces, les caméras prolifèrent


Caméra de surveillance (Flore-Aël Surun).

Le sujet a fait le tour des rédactions britanniques (BBC, Telegraph, VNUNet) : un projet de recherche mené à l'université de Portsmouth se propose de mettre au point en trois ans une caméra de surveillance « intelligente » capable de s'orienter automatiquement vers… le crime ! Et de donner l'alerte, of course. Cela, on s'en doute, par la grâce de notre amie l'intelligence artificielle.

Exemple qui tue, livré par le communiqué de presse et repris ad nauseum : dans un parking, le bruit d'une vitre de voiture fracturée serait interprété comme tel par un logiciel et provoquerait illico la rotation de la caméra la plus proche en direction du forfait. Le même algorithme saurait interpréter des bruits de bagarre, tandis qu'un autre confirmerait la chose en analysant l'image. Merveilleux, non ? Bizarrement, cette information sort lorsque le public british découvre que les caméras de surveillance, qui ont envahi leur quotidien comme aucun autre (une caméra pour 14 habitants), sont tout le contraire d'une baguette magique. Le très sérieux Guardian présentait par exemple le 6 mai dernier les conclusions d'un rapport officiel du Viido (Visual images, identifications and detections office), un service de New Scotland Yard, qui admet que les milliards engloutis dans ces caméras n'ont pas rapporté grand chose. Ainsi, seuls 3% des vols dans la rue à Londres ont été élucidés grâce à elles.

L'inefficacité des caméras démontrée « again and again »

Aujourd'hui, le même Guardian enfonce le clou avec un article signé par le pape états-unien de la sécurité, Bruce Schneier. L'inefficacité des caméras a été démontrée « again and again » (encore et encore), affirme cet expert réputé. Elles résolvent très peu de crimes et leur effet dissuasif est minimal. Pourquoi ? Les raisons sont multiples, je vous les range dans trois tiroirs.

Les premières sont d'ordre technique -mauvais éclairage, définition trop faible. On ne peut y répondre qu'en dépensant encore plus. Seconde catégorie : combien de flics regardent les 500 000 caméras de Londres ? Si une scène inquiétante est observée, combien de temps avant qu'une patrouille intervienne ? On met là le doigt sur le calcul initial : on a beaucoup investi dans le matériel, précisément pour économiser sur l'humain…

Et c'est là qu'intervient l'argument du logiciel « intelligent » : investissez encore un peu plus et on vous livre des yeux et des oreilles artificielles qui scruteront les images et la bande-son de milliers de caméras, à la recherche d'indices, et alerteront les surveillants humains à la moindre anomalie.

Seulement voilà, il y a encore et surtout les arguments du troisième type. Bruce Schneier relève que « les criminels ont tendance à ne pas regarder avec obligeance droit dans la caméra ». Les salauds ! Ce n'est pas tout : « Les meilleures caméras sont contrariées par les lunettes de soleil et les couvre-chefs. » Il est bien temps de le découvrir. Cerise sur le gâteau, figurez-vous que les caméras ne couvrent pas 100% des quartiers, même les plus chauds, et que… les voyous sont au courant ! Et jouent hors champ.

Une technologie sécuritaire qui permet surtout d'attraper des « innocents »

Surprise : le délinquant a un cerveau et s'en sert. Face à une mesure destinée à l'enquiquiner, il adapte son comportement. Ce qui est bête, c'est que les partisans de ces investissements massifs dans une technologie sécuritaire n'y pensent pas avant. Comment ? Vous dites ? … En fait, ils s'en doutent, mais s'en foutent ? Le but visé serait surtout de donner l'impression de faire quelques chose ? Et d'offrir des contrats affriolants à des entreprises privées, de réduire les effectifs du service public. C'est vous qui le dites.

Et le coup de la « caméra intelligente » nous montre la suite du scénario. Du déjà vu :

« Zut, notre première génération de bidules sécuritaires ne satisfait pas tout à fait le client. Pas grave, justement nous avons en magasin une nouvelle génération de la même camelote qui donnera toute satisfaction. »

Comme si les voyous n'allaient pas apprendre à passer sous le nouveau radar aussi facilement qu'ils se sont moqués du précédent.

Voilà donc encore un bel exemple de technologie sécuritaire qui permet surtout d'attraper des « innocents ». Je veux dire : d'une part des gens qui n'ont rien fait de mal, qui verront par exemple débouler les keufs parce qu'une caméra soi-disant intelligente aura pris une esquisse de capoeira pour une castagne. Et d'autre part, sans doute, des voyous un peu neuneu, à la ramasse, pas fichus de s'adapter à la quincaillerie dernier cri de la maison poulaga. Génial.

Au fait, si je parle de tout ça, c'est parce que la France d'après, après avoir étudié le fiasco britannique, s'apprête à le photocopier.

En partenariat avec :

http://www.rue89.com/2008/06/28/videosurveillance-inefficaces-les-cameras-proliferent


La vidéosurveillance : inutile et inquisitrice

Caméra de surveillanceAujourd’hui, le conseil communal de Lausanne va peut-être traiter une motion de la coalition radicale libérale démocrate-chrétienne connue sous le nom de Lausannensemble . Une motion bien marquée à droite qui demande l’étude de la pose de caméras de vidéosurveillance en certains points de la ville. Points restant à définir. Au surlendemain du plébiscite zurichois pour une réglementation en la matière, la partie n’est de loin pas gagnée. Voici donc un extrait de la façon dont je compte argumenter ce soir.

En matière de sécurité et plus particulièrement en matière de vidéosurveillance, on dit bien souvent n’importe quoi ou tout et son contraire, ce qui revient un peu au même.

À titre d’exemple, voici deux affirmations contradictoires entendues dans la bouche de deux partisans de la vidéosurveillance.

Le premier affirmait que la vidéosurveillance peut, dans une certaine mesure, pallier le manque d’effectifs policiers.
Le second assurait que la vidéosurveillance n’est pas un outil qui doit remplacer les policiers, que ce n’est qu’un complément.

Allez comprendre !

Pour ne pas dire de sottises – on est à l’abri de rien – , je me permets quelques courtes citations mettant en valeur des réflexions intéressantes de scientifiques reconnus et de Verts de Clichy en France.

Sébastian Roché, sociologue, chercheur au CNRS (NouvelObs.com du 16 août 2007)

Dans les espaces ouverts, notamment dans la rue, aucune étude ne prouve que la vidéo ait un effet bénéfique. Non seulement les gens sont difficilement identifiables, mais, en plus, les contraintes extérieures (luminosité, angle mort) rendent l’efficacité de la vidéo aléatoire.

Je pense que les raisons du développement de la vidéosurveillance dans le pays ne sont pas liées aux résultats obtenus. C’est regrettable car on est en train de développer un système sans avoir de preuve de son efficacité. Les deux villes françaises qui ont développé la vidéosurveillance, Lyon et Marseille, ne rendent pas publics les résultats de l’évaluation du système, tant ils sont peu probants.

Un extrait de la pétition des Verts de Clichy

En imposant l’installation de caméras de vidéosurveillance sur l’espace public, dans l’unique but de laisser croire qu’ils maîtrisent la situation, les élus qui soutiennent ce projet sont en train de tromper la population. Aucune recherche sur les effets de la vidéosurveillance n’a démontré une quelconque efficacité de ce système. Pour affirmer cela, nous nous appuyons sur l’ensemble des études indépendantes qui ont été menées : elles démontrent toutes que ces dispositifs n’ont aucune conséquence sur les taux réels de délinquance, les caméras ne faisant que déplacer les actes délictueux. Aussi, les personnes et les biens ne seront pas plus en sécurité. Si le résultat concret d’une installation de vidéosurveillance demeure nul, son coût financier en revanche ne l’est pas. La vidéosurveillance coûte très cher à la collectivité, aussi bien en investissement, avec la pose des caméras et l’aménagement du poste de contrôle, qu’en fonctionnement avec la nécessité d’avoir du personnel pour surveiller les écrans vidéo.

Eric Charmes, maître de conférences en urbanisme et aménagement à l’Institut français d’urbanisme (L’Humanité du 10 juillet 2007)

La plupart des études sérieuses montrent que pour ce qui concerne les troubles de la vie quotidienne, l’efficacité des caméras est assez limitée, en particulier si l’on considère les coûts d’implantation et de fonctionnement de ces réseaux.

Eric Heilmann, maître de conférence à l’Université Louis-Pasteur de Strasbourg (LDH Toulon)

Je suis étonné qu’il [Sarkozy qui se dit impressionné par la police britannique et ses caméras] soit aussi peu informé des travaux des chercheurs britanniques qui étudient depuis quinze ans l’efficacité de la vidéosurveillance dans leur pays. Ils concluent tous que les caméras ont apporté rarement la preuve de leur efficacité dans la prévention de la délinquance.

Quant à la résolution d’enquêtes, la vidéosurveillance peut accélérer l’obtention de résultats à condition d’être précédée d’un travail de renseignements. Les caméras ne servent à rien si l’on ne sait pas ce que l’on cherche. Prenez les attentats de Londres, en juillet 2005, c’est parce que la police britannique avait été informée de l’identité potentielle des suspects qu’elle a pu ensuite les reconnaître sur des images. Cela a été possible parce que des centaines d’enquêteurs ont été mobilisés pour visionner 15 000 vidéos. Penser que l’on pourrait mobiliser de telles ressources humaines pour des actes criminels de moindre ampleur serait se moquer du monde.

Comme on le comprend bien, cette courte série de citations de spécialistes montre que la vidéosurveillance a une efficacité plus que limitée. Pire, elle pourrait constituer un oreiller de paresse ou un leurre pour les responsables techniques et politiques de la sécurité.

En tout état de cause, la municipalité a fait un choix : le choix de la police dite « de proximité ». On n’en pense ce que l’on veut, mais ce choix est celui d’une police présente dans la rue et pas celui d’une ville policée par des caméras de surveillance. Installer des caméras de surveillance irait à l’encontre d’une telle politique.

Par ailleurs, la ville est déjà équipée de caméras de surveillance. Une trentaine d’entre-elles surveillent la circulation, mais servent aussi à plein d’autres choses. On en trouve dans tous les grands carrefours et aux grandes places très fréquentées : Chauderon, Bel-Air, Riponne, Saint-François.

On trouve aussi un grand nombre de caméras, privées cette fois, dans le Flon. Le quartier des loisirs nocturnes est donc déjà vidéosurveillé.

Comme vous le voyez bien, l’implantation, et même l’étude de l’opportunité d’installer des caméras de vidéosurveillance ne s’impose pas. Pire un tel travail serait coûteux, en temps et en ressources humaines. Le groupe A gauche toute ! vous recommande donc de classer cette motion.

Ah, une dernière chose : À ceux qui disent que si l’on n’a rien à se reprocher, on ne devrait pas être gêné par le fait d’être filmé, je réponds si je n’ai rien à me reprocher, je ne vois pas pourquoi je devrais me laisser filmer.

http://alainhubler.wordpress.com/2008/02/26/la-videosurveillance-inutile-et-inquisitrice/

 

 

23 janvier 2009

Je ne connaissais pas Noé Le Blanc, mais il gagne à être connu. Ceux qui cherchent des arguments, des chiffres et des statistiques au sujet de la vidéosurveillance seront comblés : je ne connais pas de journalistes qui ait lu, et digéré, autant d’études universitaires ou de chercheurs sur la réalité de l’impact de la vidéosurveillance.

En mai 2008, il publiait sur Rue89 un article intitulé “Grande-Bretagne: caméras partout, résultats nulle part“. En septembre, “Sous l’œil myope des caméras“, dans le n° de septembre 2008 du Monde diplomatique, juste au-dessus de celui que j’avais, pour ma part, consacré aux hackers, ces “« bidouilleurs » de la société de l’information“. En décembre dernier, il écrivait “Télésurveillance“, dans la Revue du Mauss permanente.

Le 13 janvier dernier, il était l’invité des Amis d’Orwell, la seule émission radio (à ma connaissance) consacrée à la société de surveillance, et diffusée deux fois par mois sur Radio Libertaire, le mardi de 16 h à 17 h.

Extraits, à méditer :

En France, on dénombrerait de 300 à 350 000 caméras déclarées, plus 2 à 3 millions qui ne seraient pas déclarées.

En Grande-Bretagne, les caméras avaient été installées à l’aveuglette, et les études, réalisées 10 ans après, estiment que la vidéosurveillance, ça ne marche pas : il y aurait moins d’une arrestation tous les 40 jours, et encore, une bonne partie auraient aussi pu avoir lieu sans caméra.

Et il n’y a pas plus de résolution des crimes et délits dans les quartiers vidéosurveillés que dans ceux qui ne le sont pas. Il y aurait même plutôt une augmentation de la délinquance dans les zones avec caméras…: elles génèrent presque du crime !

Pourquoi elles sont inefficaces ? Parce que les installations ont été laissées aux entreprises qui ont fait ça à la va-vite, que la moitié des systèmes sont inutilisables dans la nuit (trop éblouies ou trop sombres), et que le principal problème, c’est le tri de l’information, une question propre aux technologies de surveillance : il faut trouver le moyens de trier toutes ces données, et c’est très compliqué, donc les opérateurs se focalisent sur des repères plus facilement détectables, qui recoupent les clichés sur les populations criminogènes (les jeunes, les pauvres, etc.) qui ne sont pas forcément ceux qui comettent les délits.

Ainsi, 68% des Noirs sont qui surveillés le sont sans raison spéciale, tout comme 86% des jeunes de moins de 30 ans, et 93% des hommes. En résumé, un jeune homme noir a beaucoup plus de probabilité d’être vidéosurveillé par les caméras, mais du coup, ça ne correspond plus à la délinquance.

De plus, 15% du temps passé par les opérateurs devant leurs écrans de contrôle relèverait du voyeurisme, mais je pense que c’est bien pire : faut comprendre, les gens s’ennuient, devant les caméras ! En règle générale, on dénombrerait un opérateur pour 10 écrans, avec 5 caméras par écran…

Les caméras, c’est comme des boites en carton peintes en noir sur des poteaux, mais ça coûte beaucoup plus cher : ça n’affecte presque rien, sauf votre porte monnaie, par rapport à l’investissement réalisé. La vidéosurveillance est une gigantesque façon de détourner l’argent public, et pour les politiques une manière de montrer comment ils sont méchants avec les criminels.

Ce sont de gros panneaux publicitaires pour une politique répressive, une certaine idéologie : partout il est écrit attention aux méchants, on va tous les avoir, et c’est comme ça qu’il faut se comporter.

Le plan 1000 caméras à Paris, pour y installer 1226 caméras, est ainsi estimé de 45 à 60 millions d’euros, soit 35 à 50 000 euros par caméras, plus de 10 à 20% de plus pour l’entretien annuel des caméras, plus le salaire des gens qui regardent… c’est hors de prix pour quelque chose dont les meilleurs rapports scientifiques disent que ça ne marche pas.

La vidéosurveillance, c’est l’idée de mettre un policier derrière chaque citoyen, mais ça n’est pas possible. C’est pas efficace contre la délinquance, plus pour la paix sociale.

Mais j’ai du mal à trouver un autre sujet où les faits sont aussi éloignés de ce que pensent les gens, qui se trompent complètement sur la vidéosurveillance; le fait que ça ne marche pas ne passe pas du tout dans les têtes.

http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2009/01/23/les-cameras-de-videosurveillance-sont-aussi-efficaces-que-des-boites-en-carton-peintes-en-noires-sur-des-poteaux/


Vidéosurveillance : le rapport qui prouve son efficacité

Jean-Marc Leclerc
21/08/2009 | Mise à jour : 21:46
|
Crédits photo : Réa.
Crédits photo : Réa.

EXCLUSIF - Un rapport confidentiel, dont Le Figaro a pris connaissance, conclut, après analyse des statistiques de la délinquance sur la période 2000-2008, à l'effet dissuasif des caméras sur la voie publique.

«L'analyse des statistiques de la délinquance montre un impact significatif de la vidéoprotection en matière de prévention puisque le nombre de faits constatés baisse plus rapidement dans les villes équipées que dans celles où aucun dispositif n'est installé» . Les crimes et délits y chutent même deux fois plus vite qu'ailleurs. Les conclusions du rapport dont Le Figaro a pris connaissance mettront-elles un terme à la polémique sur les dangers réels ou supposés des caméras sur la voie publique ? A l'heure où le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, promet d'en tripler le nombre, «de 20 000 à 60 000 d'ici à 2011», ce document, daté de juillet 2009, témoigne, à tout le moins, que l'hôte de la place Beauvau avait pris quelque garantie avant de s'engager.

L'intérêt de l'étude tient d'abord à la qualité de ses auteurs : l'Inspection générale de l'Administration (IGA), en tant que coordinateur, l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) et l'Inspection technique de la gendarmerie nationale (ITGN). Des services au dessus de tout soupçon. Ils avaient été saisis en février pour «évaluer et quantifier l'efficacité de la vidéoprotection». Leur travail a porté sur l'ensemble de 63 brigades de gendarmerie couvrant un territoire équipé de plus de dix caméras et sur le tiers des 146 circonscriptions de police dotées de moyens de vidéoprotection, d'Enghien-les-Bains (12 000 habitants) à Lyon (480 000 habitants) en passant par Nice, Montpellier, Tourcoing, Mulhouse et tant d'autres communes, grandes ou petites.

Plus de cinq millions de personnes vivent dans les secteurs concernés. Pour ne pas être taxés d'avoir privilégié une période favorable, les «incorruptibles» de l'administration ont même analysé les chiffres sur neuf ans, de 2000 à 2008. Et ils battent en brèche bien des idées reçues.

Les caméras, inefficaces contre les violences ? Faux. «L'impact le plus significatif concerne les agressions contre les personnes où la progression a été mieux contenue dans les villes équipées de vidéoprotection», révèlent-ils. Depuis 2000, en zone police, alors que ces actes ont grimpé de plus de 40 %, ils ont augmenté deux fois moins vite dans la cinquantaine de villes vidéoprotégées. Même constat chez les gendarmes. «La densité de caméras a un effet préventif pour les agressions contre les personnes», constatent les enquêteurs. A les lire, en effet, pour obtenir du résultat, il ne faut pas hésiter à investir. «Une densité trop faible ne permet pas, disent-ils, de maîtriser les agressions puisqu'en dessous d'une caméra pour 2000 habitants, les agressions contre les personnes progressent même plus vite (+ 44,8 %) que dans les villes qui n'ont aucun équipement (+40,5 %)». En clair : les systèmes vidéos alibis ne font pas peur aux délinquants, qui savent très bien faire la différence entre un système opérationnel et un dispositif obsolète. Et ils endorment la police.

 

Pas de dissuasion sans sanction pénale

Les caméras ne sauraient néanmoins se substituer aux agents. «La vidéoprotection n'est pas une fin en soi, rappellent les inspecteurs, elle n'identifie pas seule les victimes ou les agresseurs». Selon eux, «elle n'a ensuite un véritable impact répressif et dissuasif que si une sanction pénale est prononcée par une juridiction à la suite de la constatation d'une infraction et de l'arrestation de ses auteurs».

Autre surprise de leur rapport : contrairement à un préjugé véhiculé jusqu'au Parti socialiste, «l'effet plumeau, c'est-à-dire un déplacement de la délinquance vers les zones non couvertes, ne semble pas avéré», écrivent-ils. Et cela se vérifie «tant au regard des témoignages reçus des responsables de la police et de la gendarmerie nationale, qu'à la lumière des chiffres de la délinquance qui ne montrent pas de dérives vers les zones non vidéoprotégées».

L'effet préventif des caméras serait donc une réalité. Mais qu'apportent-elles à l'enquête ? «Mesuré globalement, l'impact sur le taux d'élucidation reste encore peu marqué dans les villes équipées de vidéoprotection, même si un nombre croissant de personnes est mis en cause ou identifié grâce aux caméras», écrivent les inspecteurs. Car seuls les dispositifs à haute qualité de résolution d'image permettent de confondre sans coup férir les délinquants. Or ils sont rares. Les rapporteurs font aussi ce constat : «Les membres des équipes du grand banditisme gardent leur sang froid dans l'action, même lorsqu'ils se savent filmés par une caméra de surveillance, utilisant divers équipements, matériels et méthodes pour ne pas se faire identifier (cagoules, masques, véhicules volés, voire brassards de police…)» Éternel combat du glaive et du bouclier.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/08/21/01016-20090821ARTFIG00361-videosurveillance-le-rapport-qui-prouve-son-efficacite-.php




Efficacité videosurveillance : The Independent contredit Le Figaro
Par Gilles Klein le 25/08/2009

Il n'y aurait qu'un délit résolu pour 1 000 caméras de surveillance, explique le quotidien britannique The Independent citant un rapport interne de la police londonienne.

 

On note au passage qu'il y a ... 1 million de caméras de surveillance à Londres. En 2008, l'Independent note qu'il n'y a eu que 1 000 crimes et délits résolus grâce aux caméras. Ceci serait dû, selon le policier auteur du rapport, au fait "décevant" que les policiers ne présenteraient que rarement à la justice les délinquants filmés en pleine action par les caméras, même quand ils ont été identifiés.

Independent, caméras de surveillance, Londres

 

Le rapport britannique porte sur sa résolution des délits avec l'aide des caméras, pas sur la mesure de leur effet dissuassif, mais il est en tout cas négatif, contrairement au rapport français évoqué par Le Figaro qui titrait "Vidéosurveillance : le rapport qui prouve son efficacité"

http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=5173



Les caméras de vidéosurveillance efficaces contre la délinquance: une idée reçue

 

  •  

     

     

    Pas moins de 400.000 caméras sont recensées en France, sur la voie publique ou dans les lieux ouverts au public (selon les autorisations délivrées en 2007 par le ministère de l'intérieur). Qu'on le nomme vidéosurveillance, vidéoprotection ou vidéocontrôle, ce phénomène est en pleine expansion depuis les années 1990. Au nom de l'efficacité des caméras contre la délinquance. Hélas, «la question de l'efficacité de la vidéosurveillance (...) n'a toujours pas été tranchée» , assène un rapport du Sénat qui, publié le 17 décembre, n'est pas loin de tordre le cou à cette vieille idée reçue.

    Malgré cet engouement, la vidéosurveillance n'a qu'un effet «très marginal» sur la prévention de la délinquance, selon les sénateurs. Et ce n'est pas plus brillant du côté de la répression: la vidéosurveillance se montre «peu efficace» , car «elle n'est pas organisée pour permettre la répression des infractions».

    Autant dire que le constat est assez piteux pour les municipalités, les collectivités ou les sociétés qui ont investi lourdement dans ces systèmes depuis une quinzaine d'années en croyant œuvrer contre la délinquance. Certes, le secteur de la vidéosurveillance reste économiquement juteux: il représenterait 4,1% du marché de la sécurité en 2006 (soit 750 millions d'euros de chiffres d'affaires), selon l' Atlas 2008 de la sécurité . Encore quelques chiffres : sur les 400.000 caméras recensées fin 2007, 80% concernent des établissements privés recevant du public, 14% des transports et 6% (20.000 caméras environ) la voie publique. Ce dernier secteur est en pleine expansion, avec des villes de plus en plus demandeuses (1.500 communes à la fin 2007, au lieu de 900 en 2005).

     

    Ce secret de fabrique avait déjà été éventé, outre-Manche, il y a quelques mois. Le «laboratoire» anglais, dans le pays le plus en pointe pour la vidéosurveillance, avait pris un sacré coup quand l'un de ses meilleurs observateurs avait parlé de «fiasco» . Que la critique vienne du Royaume-Uni lui donne du relief: on y compte 4,2 millions de caméras de surveillance – soit une pour quatorze personnes... Au point qu'un Londonien peut être aisément filmé par plus de 300 caméras chaque jour.

     

    A Londres, donc, Mick Neville a parlé de «fiasco» . Patron de l'exploitation de la vidéosurveillance à des fins judiciaires à la Metropolitan Police, il est bien placé pour en parler. A l'entendre, les 90.000 caméras contrôlées par les autorités londoniennes sont inefficaces, par manque de cohérence de l'ensemble et par insuffisance des moyens pour l'exploitation des images. Les sénateurs français ont rencontré Mick Neville et le citent: le bilan est «dérisoire en matière judiciaire» . Selon son estimation, «seulement 5% des vols dans les bus auraient été élucidés grâce à la vidéosurveillance alors que... chacun est équipé douze caméras».


 

  •  

     

     

    Pas moins de 400.000 caméras sont recensées en France, sur la voie publique ou dans les lieux ouverts au public (selon les autorisations délivrées en 2007 par le ministère de l'intérieur). Qu'on le nomme vidéosurveillance, vidéoprotection ou vidéocontrôle, ce phénomène est en pleine expansion depuis les années 1990. Au nom de l'efficacité des caméras contre la délinquance. Hélas, «la question de l'efficacité de la vidéosurveillance (...) n'a toujours pas été tranchée» , assène un rapport du Sénat qui, publié le 17 décembre, n'est pas loin de tordre le cou à cette vieille idée reçue.

    Malgré cet engouement, la vidéosurveillance n'a qu'un effet «très marginal» sur la prévention de la délinquance, selon les sénateurs. Et ce n'est pas plus brillant du côté de la répression: la vidéosurveillance se montre «peu efficace» , car «elle n'est pas organisée pour permettre la répression des infractions».

    Autant dire que le constat est assez piteux pour les municipalités, les collectivités ou les sociétés qui ont investi lourdement dans ces systèmes depuis une quinzaine d'années en croyant œuvrer contre la délinquance. Certes, le secteur de la vidéosurveillance reste économiquement juteux: il représenterait 4,1% du marché de la sécurité en 2006 (soit 750 millions d'euros de chiffres d'affaires), selon l' Atlas 2008 de la sécurité . Encore quelques chiffres : sur les 400.000 caméras recensées fin 2007, 80% concernent des établissements privés recevant du public, 14% des transports et 6% (20.000 caméras environ) la voie publique. Ce dernier secteur est en pleine expansion, avec des villes de plus en plus demandeuses (1.500 communes à la fin 2007, au lieu de 900 en 2005).

     

    Ce secret de fabrique avait déjà été éventé, outre-Manche, il y a quelques mois. Le «laboratoire» anglais, dans le pays le plus en pointe pour la vidéosurveillance, avait pris un sacré coup quand l'un de ses meilleurs observateurs avait parlé de «fiasco» . Que la critique vienne du Royaume-Uni lui donne du relief: on y compte 4,2 millions de caméras de surveillance – soit une pour quatorze personnes... Au point qu'un Londonien peut être aisément filmé par plus de 300 caméras chaque jour.

     

    A Londres, donc, Mick Neville a parlé de «fiasco» . Patron de l'exploitation de la vidéosurveillance à des fins judiciaires à la Metropolitan Police, il est bien placé pour en parler. A l'entendre, les 90.000 caméras contrôlées par les autorités londoniennes sont inefficaces, par manque de cohérence de l'ensemble et par insuffisance des moyens pour l'exploitation des images. Les sénateurs français ont rencontré Mick Neville et le citent: le bilan est «dérisoire en matière judiciaire» . Selon son estimation, «seulement 5% des vols dans les bus auraient été élucidés grâce à la vidéosurveillance alors que... chacun est équipé douze caméras».

  •  

     

     

     

    Les débats sur la vidéosurveillance «liberticide» toujours d'actualité?

     

     

     

     

     

    En France, aucune évaluation solide de la vidéosurveillance n'existe à ce jour. Contrairement au Royaume-Uni ou au Québec, où «les études disponibles semblent indiquer que la vidéosurveillance n'a qu'un faible impact sur la délinquance dans les espaces complexes et étendus» . Son effet le plus convaincant concerne les «espaces clos et offrant peu d'issues, comme les parkings ou les centres commerciaux» . Alors, en l'absence d'évaluation scientifique dans l'Hexagone, la question reste controversée.

     

    «Si les effets de la vidéo protection ne sont pas toujours mesurables en termes de baisse de la
    délinquance, le sentiment d'insécurité est toujours favorablement impacté»,
    considérait ainsi la commission nationale de la vidéosurveillance, dans son rapport de 2008. Le document des sénateurs va donc plus loin dans la critique. Au passage, les élus déplorent que cette commission chargée de contrôler le dispositif soit composée principalement de représentants de l'Etat, en soulignant «la quasi-absence de personnalités qualifiées ou professionnellement sensibles au respect des libertés et de la vie privée» .

     

    Or, la question des libertés peut redevenir d'actualité. Face aux errements de la vidéosurveillance en France, le ministère de l'intérieur a lancé, il y a un an, un plan de développement qui veut tripler le nombre de caméras sur la voie publique en 2009 (60.000 contre 20.000). «L'Etat, qui était longtemps resté en retrait, jouant un rôle d'arbitre, est ainsi devenu le principal promoteur de cette technologie au service de sa politique de sécurité» , commente le rapport sénatorial. Cette réorientation étatique «témoigne de la prise de conscience que la vidéosurveillance est peu efficace si elle n'est pas organisée pour permettre la répression des infractions» .

     

    Certes, les débats sur la vidéosurveillance «liberticide» se sont estompés depuis les années 1990. L'un des indices de cette «acceptation» apparente est le très faible nombre de demandes de consultation des images de la part de personnes craignant une atteinte à leur vie privée. Par habitude? Une centaine de plaintes annuelles arrivent à la CNIL, pour la plupart relatives à des lieux non ouverts au public (bureaux, copropriétés). Pourtant, les contrôles – très limités – des commissions départementales spécialisées révèlent un fort taux d'infractions (22% sur 869 contrôles en 2006 ; 11% des 483 contrôles de 2007).

     

    Avec Internet, «les grands opérateurs de télécommunication disposent d'un réseau IP sur l'ensemble du territoire» , soulignent encore les sénateurs, en recommandant de confier à la Commission nationale informatique et libertés (CNIL) les pouvoirs d'autorisation et de contrôle en matière de vidéosurveillance. «Grâce à la numérisation, toutes sortes de données (images, sons) peuvent être transmises sur ce réseau, puis stockées à distance.» Les coûts devraient donc baisser pour leur clientèle d'entreprises ou de municipalités.

     

     

    Arrivent aussi sur le marché la «vidéo intelligente» (capter des mouvements ou des sons anormaux, par exemple dans une foule) et la biométrie (la reconnaissance faciale, pour reconnaître une personne dans un lieu public). Pour le moment, ces technologies ne sont pas tout à fait au point, même si les expérimentations de lecture automatisée des plaques d'immatriculation sont lancées en France depuis 2007. Mais un renouveau de la vidéosurveillance est bel et bien annoncé.


http://www.wikio.fr/article/83665782



cctv-l.1241982842.jpg


21:53 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu