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23/11/2009

Aldo Moro - Francesco Cossiga - Steve Pieczenik

Pourquoi le pouvoir italien a lâché Aldo Moro, exécuté en 1978


Alors que l'Italie se prépare à de nouvelles élections, voici la preuve que l'on attendait sur la mort d'Aldo Moro. Trente ans après. Ce samedi, France 5 diffuse un documentaire où, pour la toute première fois, est révélé officiellement que le gouvernement italien avait sacrifié l'ancien premier ministre, séquestré par les Brigades rouges en 1978. Extraits.

16 mars 1978. Italie. Depuis neuf ans, un mouvement social de grande ampleur secoue l'Italie. Quelques groupes sont déjà passés à la lutte armée. Après cette date vont commencer les « années de plomb », ce que les historiens qualifieront de « guerre civile de basse intensité ».

Aldo Moro fut Président du Conseil à cinq reprises, entre 1963 et 1976. En 1978, il est le chef de la Démocratie Chrétienne, et son parti est arrivé juste devant le Parti communiste italien d'Enrico Berlinguer aux dernières élections. En fait, les deux partis ont gagné. Sans une coalition entre les deux forces, le pays est ingouvernable.

Ce jour-là doit être signé le « Compromesso storico ». Un compromis historique qui, même si le PCI de dissocie alors de l'URSS, est tout simplement impensable pour la majorité de la classe politique italienne.

Cinquante-cinq jours de prise d'otage et une exécution

Via Fani, en plein Rome, quelques heures avant la signature. Un commando de cinq membres tuent les gardes du corps de Moro, qu'ils enlèvent. Les cinq sont des Brigades rouges, le plus connu des groupes d'extrême-gauche de l'Italie en feu. Qui exige, contre la libération de Moro, celle de treize des leurs. C'est le traumatisme. Giulio Andreotti succède à Aldo Moro. Il nomme à l'Intérieur le « Monsieur sécurité » de la Démocratie chrétienne, l'implacable Francesco Cossiga.

L'enlèvement d'Aldo Moro fera trembler l'Italie cinquante-cinq jours durant. Le 9 mai, son corps sans vie fut retrouvé dans le coffre d'une automobile, à Rome. Via certini… soit à mi-chemin des sièges de la DC et du PCI. Il a été exécuté par les Brigades rouges.

En fait, avant d'être exécuté, Moro avait été lâché. Par les siens. Durant toute sa détention, Moro écrit des lettres. A sa famille. A ses compagnons de DC. Il les implore, fin négociateur qu'il est, de libérer des Brigades rouges. Mais pour le gouvernement, tout comme d'ailleurs pour le PC, c'est impensable. Ses lettres sont fausses, pensent-ils. Négocier laisserait le champ libre aux communistes, pensent-ils surtout. Moro ira jusqu'à écrire au pape Paul VI. Mais, pour tous, le même constat : plutôt que les cocos, abandonner Moro.

Sur ces cinquante-cinq jours, toutes sortes d'interprétations fumeuses sont apparues : il a été suggéré que certains dans les services d'état savaient où se situait le lieu de détention (un appartement romain) ; Romano Prodi (qui sera bientôt ministre d'Andreotti) parla lui-même d'une séance de spiritisme pendant laquelle les esprits lui indiquèrent le lieu de détention…

Ce que la classe politique craint : que Moro révèle à ses ravisseurs les énormes intérêts que les Etats-Unis ont sur le sol transalpin. La plus importante base de l'Otan est là. Mais surtout, il y a cette structure secrète : Gladio. Une branche de l'armée italienne, entièrement vouée à une guerre secrète et sans merci contre le communisme.

Moro lâché par le pouvoir, une thèse confirmée par deux témoins-clé

C'est là que le film d'Emmanuel Amara frappe très fort. Entre divers témoins (dont Adriana Faranda et Valerio Morucci, deux des membres du commando, dont il convient cependant de préciser qu'il s'agit de repentis), il apporte les témoignages qui manquaient à l'Histoire.

D'une part, Steve Pieczenik, ancien membre du département d'Etat américain. Alors envoyé par le président Jimmy Carter comme « expert psychologique » pour intégrer la cellule secrète du ministre Cossiga : « Il fallait qu'Aldo Moro reste en vie suffisamment longtemps pour permettre à Cossiga de reprendre ses services en main », dit l'agent yankee dans le film. Le reste se passe de commentaire. (Voir la vidéo.)



 


(Réal. E. Amara - Sunset presse/France 5.)

 

Beaucoup savaient le rôle joué par les services américains dans les années de plomb, et en particulier dans cet enlèvement. Mais, ici, trente ans après les faits, l'agent avoue, et signe. Dans le film, il retrace toute la stratégie mise en place par lui, Cossiga et Andreotti. Pour sacrifier Moro.

Certes, comme l'avoue Amara, Steve Pieczeik « brasse parfois du vent » :

« Il s'agit d'un type qui a gravité dans le pouvoir américain jusqu'à l'arrivée de Bush père au pouvoir. Entendre sa version de la guerre des étoiles ou du Nicaragua vaut le détour. »

La rencontre avec Pieczenik, c'est le heureux hasard du journaliste, comme l'explique le réalisateur :

Une fois obtenu les aveux de l'agent, Amara est alors aller trouver Cossiga. Qui avait accepté de témoigner, sans penser qu'Amara savait tout. Quand le réalisateur lui montre le témoignage de l'agent, Cossiga confirme. Tout. L'ancien ministre, qui deviendra plus tard le chef du gouvernement, valide. C'est le clou du film. (Voir la vidéo.)




(Réal. E. Amara - Sunset presse/France 5.)

Sollicitée, Paola de Luca, ancienne militante autonome à présent réfugiée en France, n'est pas étonnée, même si elle apprécie l'info. Pour autant, elle n'est pas dupe de la peur des communistes. Pour elle, « le PCI avait donné suffisamment de gages -de sécurité et de police- pour ne plus effrayer personne. Celui que tout le monde voulait alors écarter, les Américains comme les Italiens, c'était avant tout Bettino Craxi ». Craxi, chef de file des socialistes italiens d'alors qui voulait, en effet, supplanter Enrico Berlinguer comme force principale de la gauche italienne. Il y parviendra, devenant chef du gouvernement de 1983 à 1987. A la fin des années de plomb.

Chronique de la défaite des Brigades Rouges -empêtrées dans leur propre logique- autant que du tournant fatal de la crise italienne, le film d'Amara éclaire la seule ombre qui restait autour de la mort d'Aldo Moro. Une révélation indispensable.

Les Derniers jours d'Aldo Moro documentaire d'Emmanuel Amara - samedi 9 à 13h55 - France 5.
Nous avons tué Aldo Morto d'Emmanuel Amara - Patrick Robin Editions - 175p., 18€.

► Troisième paragraphe modifié : Aldo Moro n'était pas président du conseil au moment des faits.

 

La part des Etats-Unis dans la mort d’Aldo Moro



À PROPOS DU LIVRE "NOUS AVONS TUÉ ALDO MORO" D’EMMANUEL AMARA (PATRICK ROBIN, 2006)



Voilà un excellent travail de journaliste d’investigation.

Emmanuel Amara, au cours d’un reportage sur la fin d’Aldo Moro -qui reste l’unique homme d’Etat de premier plan assassiné en Europe après la Seconde Guerre mondiale ; il avait été exécuté le 9 mai 1978 après plusieurs semaines de détention au coeur de Rome-, rencontre Steve Pieczenic qui, comme son prénom l’indique plus que son nom, est américain, et qui depuis le début de ce siècle a envie de dévoiler son rôle. Le journaliste comprend d’emblée la portée de ce témoignage, interroge longuement son auteur et nous livre ici des révélations aussi importantes que surprenantes.

Pieczenic avait en effet déclaré au Correre della Sera le 16 mars 2001 : "Aldo Moro non doveva essere salvato [Aldo Moro ne devait pas être sauvé]". Le moins qu’on puisse dire est que ni les journalistes, ni les historiens ne se sont précipités sur la piste. Or l’homme n’est pas un franc-tireur ni un espion plus ou moins retourné ou repenti. C’est tout bonnement un grand spécialiste universitaire du renseignement, que le gouvernement américain utilise dans les années 1970 (depuis depuis le début de l’ère Kissinger) pour débrouiller les affaires de terrorisme. Son érudition fait merveille ainsi que ses talents de négociateur, ce qui lui vaut un poste de chef de la cellule anti-terroriste du département d’Etat, conservé sous Carter. A partir des années 80, semble-t-il, il se range, concentrant sa compétence sur des oeuvres de fiction, romanesques ou télévisées (il collabore avec Tom Clancy, dont il cosigne certains romans).

Le rôle de Pieczenic, à l’époque, n’est pas resté inaperçu. L’Italie était membre de l’OTAN, un récent chef de gouvernement et ministre des Affaires étrangères était enlevé par des gens se réclamant de l’extrême gauche : il eût été étonnant et même suspect que Washington s’en désintéressât. On savait donc que Francesco Cossiga, ministre de l’Intérieur et proche camarade de parti de Moro, avait demandé de l’aide, et obtenu du président Carter l’envoi de ce conseiller. Lequel, après la conclusion de l’affaire, avait déclaré à la presse qu’il n’avait fait que donner des avis très généraux.

Le premier, donc, Amara l’interroge comme il se doit, et il recoupe son témoignage par ceux de tous les survivants qui ont joué un rôle important dans l’affaire. A commencer par les dirigeants des Brigades rouges et les exécutants du rapt et de l’assassinat, tous libres aujourd’hui. Il en ressort que l’émissaire du président a bien été dans cette affaire, au coeur de l’Etat italien, l’homme le plus influent. Non point qu’il y ait eu préméditation. Si les terroristes ont pu enlever Moro au centre de Rome en tuant toute son escorte, composée de cinq hommes, ce n’est pas parce qu’ils auraient été infiltrés, ou secrètement guidés, par des adversaires de la politique de rapprochement entre son parti démocrate-chrétien et les communistes du PCI (la politique de "compromis historique" entre les deux grandes formations, recherchée par le communiste Berlinguer et sur le point d’aboutir).

Il n’est pas impossible qu’au sein de l’appareil répressif des nostalgiques du fascisme ou des anticommunistes obsessionnels aient joué ce jeu, mais le livre n’apporte rien à cet égard... sinon la certitude qu’ils n’étaient pas dirigés par la Maison-Blanche. En fait, les Brigades rouges existent, elles disposent de grandes forces militantes et prennent de court les autorités quelles qu’elles soient, par leur audace et leur efficacité.

Pieczenic joue d’abord le rôle d’un professeur de négociation. Cossiga et son président du conseil Andreotti avaient annoncé qu’il n’y en aurait pas. Il leur dit d’en ouvrir une... pour faire semblant, et il la dirige. Il s’agit d’appâter l’ennemi en faisant miroiter des concessions (les Brigades rouges ne cherchent justement en l’affaire qu’à être reconnues comme un interlocuteur), puis de le laisser le bec dans l’eau, afin de le pousser à exécuter son prisonnier pour ne pas perdre la face. Ce qui fut fait.

Cependant, Pieczenic n’avait pas été envoyé pour cela. Sa mission était plus vague : préserver les intérêts des Etats-Unis et ceux de l’OTAN. En l’occurrence, on privilégia la protection d’un secret encore hermétique, celui des réseaux anticommunistes "Gladio" mis en place en Europe, et particulièrement en Italie, au début de la guerre froide, pour maintenir à tout prix le continent dans l’orbite américaine. Les ravisseurs avaient interrogé Moro là-dessus, il avait commencé à parler, sa libération aurait infailliblement conduit à ce que les Brigades rouges demandent plus de lumière... alors que son exécution les discréditerait à jamais (ce qui se vérifia).

Serait-il possible que Pieczenic ne fasse que des demi-révélations et qu’en fait le sort de Moro ait été scellé plus tôt, dans le bureau ovale ou à la direction de la CIA, réputée ne pas toujours tout dire au président ? C’est improbable, car Pieczenic, se référant à la méconnaissance du terrain dont témoignent les récents événements d’Irak, raconte qu’on ne lui a pas remis de dossiers sérieux, ni à Washington, ni à l’antenne romaine de la CIA : l’Italie n’était pas une priorité, on y laissait aller les choses... C’est un peu surprenant certes, mais fort vraisemblable à partir du moment où c’est un pareil informateur qui le dit : prendrait-il le risque que tôt ou tard des tonnes de plans et de fiches, viennent le contredire, ou encore les témoignages de fonctionnaires vexés ?

Ce livre en dit long sur les deux forces qui dominaient l’Italie, le parti communiste et l’Eglise romaine. Le premier, fort de ses 2 millions de membres et de ses 34% de voix, est piégé comme un enfant par l’émissaire de la Maison-Blanche : il cherche à démontrer sa conversion à la légalité, il ne peut donc adopter qu’une ligne "dure" et sacrifier le chef de file de ceux qui mettent en mouvement vers lui la lourde démocratie-chrétienne. Achille Occhetto, second de Berlinguer à l’époque, confesse à Amara que la ligne suivie aurait gagné à être plus souple. Quant au pape Paul VI, c’est un ami proche de Moro et il croit tout mettre en oeuvre pour le sauver mais ses services secrets, bien plus efficaces, dit Pieczenic, que ceux de l’Etat italien, renseignent l’Américain sur la mentalité des fils de bonne famille qui peuplent les Brigades, et la mort de l’otage a peut-être hâté la fin du Souverain Pontife, survenue quelques mois plus tard.

Finalement, l’aile la plus hypocrite et la plus corrompue de la démocratie-chrétienne va garder le pouvoir, artificiellement, pour elle toute seule (fût-ce avec des prête-nom), pendant 14 ans de plus, comme un canard sans tête, avant de se liquéfier pour laisser la droite italienne aux mains d’un homme d’affaires sans foi ni loi. Triste dénouement !

Tel qu’il se présente, ce dossier fait froid dans le dos plus que s’il révélait un complot bien huilé contre la vie d’un homme. Les Etats-Unis dominent l’Europe en y laissant prospérer des réseaux violents et réactionnaires (peuplés, en l’occurrence, de nostalgiques de Mussolini) qu’ils ne perdent pas de temps ni d’argent à contrôler de près. Arrive une crise, un plénipotentiaire s’installe et la dénoue en quelques semaines (le séjour de Pieczenic dure un mois), au nom de calculs tactiquement très fins mais politiquement grossiers, qui ruinent des décennies d’efforts des hommes de bonne volonté pour sortir le pays par le haut de sa crise endémique. Certes beaucoup de choses ont changé aux Etats-Unis et dans le monde mais à cette lecture une leçon s’impose, plus que jamais : la lutte contre le terrorisme doit s’inscrire dans une politique globale.

une émission

8 mois plus tard, enfin, un article dans l’Unita

le 26 novembre 2006

 

http://www.delpla.org/article.php3?id_article=269





Le 9 mai 1978, après 55 jours de séquestration, les Brigades Rouges assassinent Aldo Moro . Président de la Démocratie Chrétienne, favorable au “compromis historique » : à un accord entre la Démocratie chrétienne et le PCI : le Parti communiste italien. Celui qui a géré ce moment pénible de l’histoire de la démocratie italienne, c’est Francesco Cossiga, alors ministre de l’Intérieur qui devint ensuite Président de la République. Cossiga fut le défenseur le plus acharné de la ligne de la fermeté : « avec les brigades rouges on ne négocie pas ». 30 ans après, il raconte à euronews sa vérité : sur les révélations de Prodi, sur le rôle du conseiller du gouvernement américain, Steve Pieczenik, sur le faux communiqué dans lequel on indiquait que le cadavre de Aldo Moro se trouvait dans le lac de La Duchessa…

euronews : “De nombreuses personnes vous accusent d’avoir utilisé la ligne de la fermeté comme un prétexte, alors qu’en réalité vous vouliez la mort de Moro.

Francesco Cossiga : ex-Président de la République italienne et ex-ministre italien de l’intérieur. Je ne vois pas pourquoi j’aurais voulu la mort de Moro. [Si je n’avais pas utilisé la ligne de la fermeté] l’Etat se serait écroulé et on serait entré dans une période de crise de laquelle on serait sorti difficilement. Et en plus, j’étais si peu de chose face à quelqu’un comme Moro.

euronews : Il y en a qui disent que tant que Cossiga et Andreotti seront vivants, on ne saura jamais la vérité sur l’affaire Moro.

F. Cossiga : Il y en a qui ne veulent pas accepter une chose : qu’Aldo Moro ait été tué par les Brigades rouges. Il y a une partie de l’ancienne DC qui a fait d’A. Moro une icône, un homme de gauche, un ennemi des Etats-Unis. Cette partie ne veut pas accepter que Moro ait été tué par quelqu’un de gauche. Il doit forcément avoir été tué par quelqu’un de droite, par les Américains, par la CIA. Autrement, cela ne va pas.

euronews : Vous n’avez jamais cru que le nom de Gradoli a été donné à Prodi au cours d’une séance de spiritisme. Alors, pourquoi Prodi a-t-il toujours menti sur ce point ?

F. Cossiga : Il n’a pas menti, il a dit cela parce qu’il n’a pas voulu révéler ses sources, surtout à un moment comme celui-là. Mais même maintenant, s’il révélait ses sources, je ne sais pas combien de temps vivrait son informateur. Lui et les autres ont inventé cette histoire de séance de spiritisme pour pouvoir donner cette information en protégeant la source.

euronews : Le conseiller du gouvernement américain, Steve Pieczenik que vous avez appelé en Italie en tant qu’expert, a admis que le communiqué sur le lac de La Duchessa était un faux pour annoncer la mort de Moro et : je vous lis ce qu’il a dit, il a admis également que vous étiez d’accord : que vous vouliez vérifier quelle aurait été la réaction de l’opinion publique italienne.

F.Cossiga : Notez bien qu’après le message de La Duchessa, la ligne de la fermeté s’est beaucoup affaiblie : ce fut le moment où Amintore Fanfani, celui qui avait décidé avec moi et les autres leaders de la DC d’adopter la ligne de la fermeté, changea d’idée. C’est à partir de ce moment-là que les socialistes ont commencé les négociations. Les socialistes ne nous ont pas fait confiance, croyant mener tout seuls les négociations. S’ils m’avaient dit avec qui ils avaient pris contact, nous serions probablement arrivés à la cachette de Moro.

euronews : En France la doctrine Mitterrand ne semble plus être à la mode. Est-il juste que l’Etat français collabore avec l’Etat italien pour l’extradition de ceux qui ont été mêlés au terrorisme ?

F. Cossiga : Vous voulez mon avis ? Vous le savez que moi qui ai été Cossiga avec un « K » et les « SS », Cossiga-bourreau, Cossiga-donneur d’ordre pour les homicides, et vous pouvez en rajouter autant que vous voulez. Moi, j’ai toujours été un défenseur de l’amnistie, mais pas de la remise de peine. Ce fut une guerre civile larvée.

euronews : Cesare Battisti est un romancier raffiné ou un meurtrier ?

F. Cossiga : Tous les deux. L’un n’exclut pas l’autre. C’est comme si vous me demandiez si Le Caravage est un grand peintre ou un homme violent qui, dans une bagarre de taverne, a tué un homme : il est les deux à la fois.

euronews : A l’étranger, la victoire électorale de Berlusconi a provoqué beaucoup de réactions ironiques, quelques unes de dédain, et un peu de gêne. Les autres pays sont-ils snobs, ou bien l’Italie constitue-t-elle réellement une anomalie ?

F. Cossiga : Le premier qui lui a téléphoné, ce fut Zapatero. Le deuxième qui a eu une réaction enthousiaste, ce fut Martens, le Président du Parti Populaire Européen. Blair, qui était à Rome, a rendu visite à D’Alema, Veltroni, et à Francesco Rutelli, mais chez qui a-t-il dîné ? Chez Monsieur Berlusconi. Notez bien que je n’ai pas voté pour lui. Et puis vous savez, vous devez garder à l’esprit que je connais bien les Anglais : ils sont extrêmement snobs.

euronews : Vous avez dit que l’exclusion de la gauche radicale du Parlement pourrait créer les conditions favorables à une réapparition du terrorisme. Quels sont les signes avant-coureurs ?

F. Cossiga : La gauche radicale était une référence pour les mouvements d’extrême gauche. Je me souviens que lorsqu’il y eut à Gênes une manifestation grandiose en mémoire de Carlo Giuliani, c’est le Président de la Chambre, Bertinotti, qui a parlé. Il a fait un discours très dur et très applaudi. La police n’est pas intervenue et à la fin de son discours Bertinotti a dit : « maintenant, tout le monde reste calme et vous rentrez chez vous ». Et il n’y a eu aucun débordement. Et maintenant, qui leur dira : « ne faites pas de dégâts » ? Veltroni ou Rutelli ? Si c’est Veltroni qui le dit, lui qui est un défenseur de Kennedy, de Bill Clinton et d’Obama, ou bien Rutelli, lui qui est le porte-parole de la Conférence Episcopale Italienne : vous pensez qu’ils les écouteront ? Pas même en rêve !”

Copyright © 2009 euronews

 

Dr. Steve Pieczenik was born in Cuba, raised in France and the United States. He is a critically acclaimed author of psycho-political novels and the co-creator of the best-selling "Tom Clancy's Op-Center" and "Tom Clancy's Net Force" series. He was also executive producer of the TV version of the novels. Most recently he was one of the excecutive producers the films Red Cockroaches (2003), and Memorias del desarrollo (2009)

He is a Harvard-educated psychiatrist with an M.D. from Cornell University and a Ph.D. in International Relations from M.I.T. Dr. Pieczenik served four presidential administrations as Deputy Assistant Secretary of State, International Crisis Manager, and Hostage Negotiator.

 

20:51 | Lien permanent | Commentaires (2) |

Commentaires

Votre expert américain "Steve Pieczenik" qui fait des révélations sur la mort d'Aldo Moro a affirmé que le 11/09 était une opération sous faux drapeau pour enrôler l'opinion publique américaine, que Oussama Ben Laden est mort en 2001 et que Obama nous manipule pour monter dans les sondages.
Quel crédit peut on lui donner ?

Écrit par : Seb | 07/05/2011

Bonjour Seb

Steve Pieczenik n'est pas "mon" expert. Il m'a semblé intéressant de poster le travail d'Emmanuel Amara concernant Aldo MORO, d'ailleurs reconnu aussi par Le TELEGRAPH.

http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/1581425/US-envoy-admits-role-in-Aldo-Moro-killing.htm

Votre question concerne le buzz autour de la mort de Ben Laden que fait Alex JONES et l'interview de Steve Pieczenik :
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/on-nous-ment-sur-la-mort-de-ben-laden-les-theories-du-complot_990008.html

Effectivement d'autres voix avaient déjà évoqué la mort de Ben Laden (Benazir BHUTTO interviewée par David FROST).

Ce qui est à noter, c'est que ces infos ne passent que par des sites à relents "conspi- ultra-conservateurs américains".

Qu'est ce qu'un vieux monsieur comme Steve Pieczenik a à gagner en diffusant ces infos ? Il ne pleure que les morts américains et les dollars qu'il doit payer de sa poche. Il n'a aucune condescendance pour les milliers de morts des autres pays.

Brouiller les pistes, mélanger les cartes, dire tout et son contraire, c'est l'info qui est aujourd'hui vendue ou mieux, distribuée gratuitement dans chaque gare/arrêt de bus ...

En même temps que ces infos "spectaculaires" sont données, s'installe aussitôt le cordon sanitaire imposé par la bienséance : "il est impossible que nos gouvernements nous mentent ".

Sommes-nous encore capable de "réflexion critique" ? Qu'est ce qui nous permet encore de distinguer le vrai du faux ?

Car c'est certainement le seul et unique but de cet Empire : nous empêcher de penser par la mise en place d'une autocensure.

Écrit par : fred | 08/05/2011

Les commentaires sont fermés.

 
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