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26/11/2009

Mort de Mohamed Boukrourou, la police mise en cause...+ article : Hakim Djelassi, Mohamed Boukrourou, Abdelhakim Ajimi et Ali Ziri étaient vivants avant leurs interpellations (eric Hazan)

Valentigney

M. Boukrourou : la police mise en cause

M. Boukrourou : la police mise en cause

Mohamed Boukrourou était papa de deux filles, dont la plus jeune, Wissam, n’a que 3 ans. Photo DR

Mohamed Boukrourou était papa de deux filles, dont la plus jeune, Wissam, n’a que 3 ans. Photo DR

 

Deux semaines après la mort de Mohamed Boukrourou, le parquet de Montbéliard a ouvert, hier, une information contre X, pour « homicide involontaire », mettant ainsi pour la première fois directement en cause l’action de la police.

 

Le parquet de Montbéliard a demandé, hier, l’ouverture d’une information judiciaire « contre X » pour « homicide involontaire » dans l’affaire de Mohamed Boukrourou, mort au cours d’une interpellation que la procureure de la République de Montbéliard, Mme Thérèse Brunisso avait qualifiée de « violente » quelques heures après les faits, et juste avant d’ouvrir une première information « en recherche des causes de la mort », alors que le rapport partiel d’autopsie concluait à un décès provoqué par « la conjugaison d’une altération cardiaque et d’un stress important ».

 

Mais après avoir pris connaissance du rapport final d’autopsie et des premiers éléments recueillis par les juges d’instruction, la procureure a décidé, hier, de « requérir la clôture de l’information ouverte en recherches des causes de la mort et d’ouvrir une information contre X du chef d’homicide involontaire », a-t-elle fait savoir dans un communiqué.

 

« Ce cadre procédural, garant de l’équilibre du droit des parties, doit permettre aux juges d’instruction d’approfondir les conditions dans lesquelles l’intervention des services de police s’est déroulée et d’établir si elle a concouru au décès de Mohamed Boukrourou », a ajouté la procureure, se refusant à tout commentaire supplémentaire.

« Des violences exercées par les policiers »

 

« Je constate que la justice avance et que les juges sont déterminés à faire la lumière sur l’affaire. Les choses vont dans le bon sens », a déclaré le frère du défunt, Abdelkader Boukrourou, 39 ans « On est rassurés de voir que le dossier n’est pas refermé », a ajouté son frère Karim, 37 ans, faisant état du recueil de « trois témoignages au moins relatant des violences exercées par les policiers », et insistant sur « le caractère choquant de cette mort ». « Il faudra que les policiers nous expliquent pourquoi ils ont fait ça, alors que notre frère était parfaitement inoffensif ! », estime la famille de la victime.

 

« Les résultats de l’autopsie vont dans le sens de nos affirmations et de celles des témoins. Elle fait état de choses graves », a ajouté Abdelkader sans vouloir donner d’autre précision.

 

Des témoins avaient affirmé que les policiers se seraient « assis sur le corps de M. Boukrourou », ce qui aurait entraîné une détresse respiratoire. Au début de l’enquête, le parquet de Montbéliard avait, dans un premier temps, écarté l’hypothèse de coups. La sénatrice (Verts) Alima Boumediene-Thiery a annoncé mardi avoir saisi la Commission nationale de déontologie de la sécurité « sur les circonstances de la mort » de M. Boukrourou.

 

Le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) s’est porté partie civile aux côtés de la famille pour que « toute la vérité soit faite ».

 

Le 12 novembre, vers 17 h, au centre-ville de Valentigney, Mohamed Boukrourou, père de famille de 41 ans, avait été traîné de force dans un fourgon par des policiers, appelés par le pharmacien qui se disait, selon la police et le parquet, « inquiet de l’état d’énervement extrême » de son client qu’il connaissait de longue date, mais qui protestait contre la qualité des médicaments génériques qui lui avaient été délivrés. « En réalité, dans le feu de la discussion qui les opposait, Mohamed avait juste menacé de porter plainte contre le pharmacien », précise la famille. Victime de détresse respiratoire dans le véhicule de police, Mohamed Boukrourou, assisté par des sapeurs-pompiers, avait été reconduit dans la pharmacie où son décès avait été constaté par un médecin à 18 h 05.

http://www.lepays.fr/fr/article/2237970/M.-Boukrourou-la-police-mise-en-cause.html

 

 

Hakim Djelassi, Mohamed Boukrourou, Abdelhakim Ajimi et Ali Ziri étaient vivants avant leurs interpellations



Marche en mémoire de Hakim Djelassi, samedi 21 novembre. (Photo : Patrick James /Voix du Nord)
Marche en mémoire de Hakim Djelassi, samedi 21 novembre. (Photo : Patrick James /Voix du Nord)
Ce 24 septembre, Hakim Djelassi, 31 ans, se dispute avec sa future épouse, Hélène. Ils logent à l’hôtel Mister Bed, rue de Béthune, dans le Vieux-Lille. Rameuté par les voisins, le réceptionniste appelle la police. Il est huit heures du matin.

Bruno Reboul, dans Nord-Eclair, raconte la suite. « Après une arrestation mouvementée, Hakim Djelassi fait un malaise cardiaque dans le fourgon de police qui le transportait à l’hôpital. Arrivé à Saint-Vincent, il tombe dans le coma, et mourra deux jours plus tard, le 26. La famille affirme avoir vu le corps de Hakim couvert de marques de coups à l’hôpital, et si le parquet a indiqué depuis que l’autopsie n’avait pas permis de démontrer que la mort a été causée par des violences, le doute demeure dans l’esprit des proches de Hakim. Une instruction est toujours ouverte au tribunal de Lille, afin de déterminer les causes de sa mort, mais secret oblige, aucune information nouvelle n’a émergé depuis. »

« Nous, on ne dit pas nécessairement que c’est une bavure, il y a une présomption d’innocence dans ce pays, qui est aussi valable pour la police, c’est ce qu’a toujours dit le père de Hakim, insiste Simon Sernac, 27 ans, qui est l’un des porte-parole du collectif Justice pour Hakim. On ne veut pas préjuger du résultat final, et on fait confiance à la justice, mais on ira jusqu’au bout pour savoir. »

Démarrant à 10 heures, une marche silencieuse, la deuxième après celle du 29 septembre, devait avoir lieu à Lille, ce samedi 21 novembre.

Mohamed Boukrourou aussi était vivant avant son interpellation

Le 13 novembre à Valentigney, rapporte TF1, Mohamed Boukrourou, 41 ans, se rendait dans une pharmacie pour acheter des médicaments. En fin d’après-midi, il était déclaré mort. Dans quelles conditions ? Comment, à la suite de quel enchaînement fatal un homme parti pour acheter de quoi se soigner avait-il pu mourir dans la même journée ?

Son passage à la pharmacie a, semble-t-il, donné lieu à un échange tendu avec le pharmacien. Mohamed Boukrourou protestait contre la qualité des médicaments qui lui avaient été remis. Et le pharmacien inquiet de « l’état d’énervement extrême » de ce client avait appelé la police. Mohamed Boukrourou est alors traîné dans un fourgon par des policiers. L’interpellation dérape, sans que l’on sache au juste pour quelle raison : victime d’un arrêt respiratoire dans le véhicule de police, l’homme est reconduit dans la pharmacie. C’est là que son décès devait être constaté, à 18 h 05.

le 16 novembre, une marche silencieuse de quatre kilomètres réunissant une foule compacte et solidaire a abouti à la pharmacie, plantée à deux pas de la mairie au cœur de ville, devant laquelle Mohamed Boukrourou est mort un jeudi après-midi (lire le journal belfortain Le Pays).

Le parquet de Montbéliard a ouvert une information judiciaire pour « recherche des causes de la mort » suite au décès de Mohamed Boukrourou. Le procureur de la République de Montbéliard, Thérèse Brunisso, déclare « éliminer toute hypothèse de coups » de la part des policiers (LibéStrasbourg)

Saisi par la famille, le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) a annoncé, vendredi 20 novembre, qu’il se portait partie civile (lemonde.fr/AFP). La famille de la victime avait déclaré qu’à l’occasion de la toilette mortuaire du défunt, « des bleus sur le visage et une lèvre éclatée » , avaient été constatés. Des témoins ont affirmé que les policiers se seraient « assis sur le corps de M. Boukrourou », ce qui aurait entraîné une détresse respiratoire, a ajouté le MRAP. Le procureur de Montbéliard avait indiqué que les marques étaient dues à l’autopsie et au frottement sur le sol du visage de la victime lors de l’interpellation, éliminant « toute hypothèse de coups ».

Deux interpellations qui interpellent et en rappellent deux autres.

Abdelhakim Ajimi était vivant avant son interpellation

Laurent Mouloud raconte dans L’Humanité : « Le 9 mai 2008, Abdelhakim Ajimi, 22 ans, cuisinier au chômage, vient retirer de l’argent au guichet du Crédit agricole, dans le centre-ville de Grasse. L’employé refuse, constatant que le jeune homme a dépassé son autorisation de découvert. Abdelhakim perd alors son calme, hurle sur le guichetier. Le directeur de la banque s’interpose, reçoit une gifle.

Prévenus, cinq policiers de la brigade anticriminalité (BAC) l’interpellent non loin de son domicile. L’affaire s’engage mal. Abdelhakim Ajimi, malgré son petit gabarit, se débat, refuse les menottes, mord l’un des fonctionnaires. Un autre, pris dans l’empoignade, aura l’épaule démise. Finalement, les policiers parviennent à lui passer les bracelets aux poignets. Abdelhakim est plaqué au sol, sur le ventre. Un fonctionnaire le maintient avec son genou, appuyé sur la colonne vertébrale, un autre pratique une clé d’étranglement »
.

Abdelhakim Ajimi, inerte, sera relevé par deux policiers. Il sera déclaré mort à 16 h 30, au commissariat. Selon la version policière, il a fait un arrêt cardiaque.

Le 8 octobre 2008, Jean-Louis Moreau, procureur adjoint de la République de Grasse déclarait (voir le site de TF1) : « On a l’impression qu’il y a peut-être eu de la part des gardiens de la paix une mauvaise prise en compte des règles qu’ils appliquent normalement pour maîtriser les gens quand ils se rebellent ». « La durée de la maîtrise a peut-être aussi été trop longue (…) Ceci correspondrait à une imprudence, je parle au conditionnel. C’est aux juges de décider d’une éventuelle mise en examen des policiers en cause pour homicide involontaire. » Le dimanche 11 mai, une marche était organisée.

Le 12 mars 2009, rapporte Le Nouvel Oservateur, cinq policiers ayant participé à l’interpellation en mai 2008 à Grasse d’Abdelhakim Ajimi, 22 ans, mort après cette intervention, ont été mis en examen pour non-assistance à personne en danger.

Ali Ziri était vivant avant son interpellation

Le 9 juin dernier, cet Algérien âgé de 69 ans, se trouvait à bord d’un véhicule conduit par son ami Arezki Kerfali, 61 ans, quand tous deux ont été arrêtés, sortis de la voiture, menottés, et, à en croire le témoignage de ce dernier, frappés. D’après lui, ce sont ces coups qui sont à l’origine de la mort de son ami Ali Ziri, décédé un peu plus tard à l’hôpital. L’enquête avait dans un premier temps été confiée au commissariat d’Argenteuil où exercent les policiers mis en cause par ce récit, et une première autopsie avait écarté tout décès consécutif à un traumatisme (Le Parisien). Le 24 juin à Argenteuil, une marche pacifique devait réunir plus d’un millier de personnes.

A l’époque, le parquet n’avait pas souhaité donner suite à cette affaire, puisqu’il n’y avait « pas de suspicion de bavure ». Selon le procureur adjoint, « l’autopsie de M. Ali Ziri exclut que la cause du décès puisse résulter d’un traumatisme, et conclut qu’elle est due au mauvais état de son cœur ». (Le Nouvel Observateur)

Sauf qu’une seconde autopsie est venue jeter le doute sur le comportement des policiers lors de l’arrestation d’Ali Ziri. Lire l’article de Luc Bronner dans Le Monde du 12 septembre “Itinéraire d’un vieil immigré algérien, mort après une interpellation musclée”.

Le 10 octobre, Le Parisien nous informait que le parquet de Pontoise a pris un réquisitoire supplétif « contre X » pour « violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». C’est une deuxième autopsie qui a été décisive dans cette décision puisqu’elle a mis en évidence beaucoup plus d’hématomes que la première et a fait « un lien entre les hématomes et le décès », précise le parquet.


Hakim Djelassi, Mohamed Boukrourou, Abdelhakim Ajimi et Ali Ziri étaient vivants avant leurs interpellations.


Auteur : Eric Hazan - 21/11/2009
Source : Veilleur de jour - Le Monde.fr

08:28 | Lien permanent | Commentaires (5) |

Commentaires

Boujours a tous,
Je suis tres choquee par ce que je lis... comment une simple interpelation puisse finir par la mort, surtout ici en France ou l'on cesse de parler de droit de l'homme, d'egalite et j'en passe!!! La France est certes notre pays mais voulez vous vivre et faire grandir vos enfants dans un tel environnement.On va arreter de prendre des pincettes et dire ce qu'il en est : NOUS ENFANTS D"IMMIGRES NOUS SERONT JAMAIS CONSIDERES ET TRAITERS COMME FRANCAIS
J'espere sincerement que cette fois Mr Sarkosy agira comme il sait si bien le faire sur des sujets sans interets.
Je suis de tout coeur avec vous ,car votre combat est notre combat.
N'hesitez pas a me tenir au courant des evenements

Nora

Écrit par : Nora | 27/11/2009

Bonsoir Nora

Je pense qu'une génération de français, en général, est encore très marquée par les "évènements d'Algérie" qui restent tabous et ce qu'on appelle la "décolonisation".

Nous avons été "imprégnés" durant notre jeunesse par de faux discours et les cours d'histoire-géographie ont toujours fait la part belle aux "colonisateurs"...on m'a toujours parlé du 8 mai 1945 comme une célébration de fête et de paix et j'ai seulement appris cette année, en 2009, qu'il y a eu une terrible répression à Alger.

Je pense qu'il faudra encore beaucoup de temps, des deux côtés, pour que la page douloureuse de toutes les décolonisations soient enfin tournées.

Pour ce qui est des interpellations violentes de la police, elles sont un peu plus médiatisées car les gens osent en parler...mais il est toujours facile pour les politiques de stigmatiser tel ou tel quartier, de montrer les violences et les voitures qui brûlent aux journaux de 20 heures afin de légitimer la "répression", la surveillance, mettre la pression sur les "forces de l'ordre" pour faire du chiffre et contrôler encore et encore.

Dans un sursaut populiste, certains ministres battent le rappel au son de "l'identité nationale", alors que nous sommes avant tout des citoyens du monde. On ferait mieux de se poser la question d'un réel projet de société pour toutes et pour tous.
La France se permet de faire la guerre en Afghanistan tout en renvoyant là-bas quelques malheureux jeunes qui étaient venus se réfugier à Calais pour essayer de passer en Angleterre...

Depuis quelques années, nous vivions toujours un paradoxe assez représentatif de la situation de notre société à l'échelle de Strasbourg. les militaires en armes recommencent à patrouiller en même temps que s'ouvre le spectacle du "Marché de Noël"...vaste supercherie de notre société de consommation qu'il faut à tout prix protéger, soi-disant, contre une attaque terroriste, pour que les enfants, ceux à qui ont veut faire croire qu'ils ont plus "le droit d'être là" que d'autres, puissent profiter des fausses richesses et des faux semblants de fêtes de partage.

Alors finalement qui terrorise qui dans l'histoire ?

Par qui et pourquoi sont morts Hakim Djelassi, Mohamed Boukrourou, Abdelhakim Ajimi et Ali Ziri ?
Quel est cette rancune qui court dans le cœur et dans l'âme de certain ?
Existe-t-il réellement une pommade ou un baume pour soigner de la honte et de la rancœur ?

Cordialement

fred

Écrit par : fred | 28/11/2009

policiers ne sont pas comme ça j'espère dans votre france, mais que fait votre prèsident ???il sans lave les mains,il es content un marocain de moins en france !!!c'est ça sa politique bravo

Écrit par : boukrourou | 28/12/2009

Si il s'était comporté normalement en être civilisé, la police ne serait pas intervenu !

Écrit par : Biloute | 11/01/2010

Monsieur Biloute,

Vous avez été témoin de la "scène" ? Pouvez vous nous en dire plus sur le "comporté normalement en être civilisé" ? Merci.

Écrit par : fred | 11/01/2010

Les commentaires sont fermés.

 
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