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01/12/2009

« Est souverain celui qui décide de la situation exceptionnelle » Carl Schmitt 1922

29 mai. Ce matin, La Tribune, relayée par le journal de 8 heures sur France Inter et par Libération (et d’autres sans doute), a annoncé qu’Arnaud Lagardère avait été entendu pendant près de neuf heures par l’Autorité des marchés financiers, « dans le cadre d’une enquête sur de possibles délits d’initiés ». Les retards dans le programme de l’Airbus A380 avaient été évoqués lors d’un conseil d’administration d’EADS dès le 7mars 2006. Les journaux rappellent que, le jour même, Noël Forgeard et plusieurs dirigeants du groupe faisaient signer par le directeur financier, Hans-Peter Ring, l’autorisation de vendre leurs stock-options. Deux semaines plus tard, Lagardère et Daimler-Chrysler, principaux actionnaires d’EADS, vendaient chacun 7,5% du groupe, ce qui allait leur rapporter 2 milliards d’euros chacun. Au lendemain de l’annonce publique du retard de l’A380, le 13juin 2006, ces paquets d’actions n’auraient plus valu que 1,15 milliard, l’action d’EADS ayant chuté en une journée de plus de 26%, après avoir glissé de 20% depuis avril-mai2006.

Dans Le Monde de ce soir (daté du 30 mai), on ne trouve, sauf erreur, aucune trace de cette information. La discrétion s’impose, au moment où il y a comme du tangage à la direction et où l’on attend de Lagardère une recapitalisation du journal.

Sur une affiche de la fédération de Rome d’Alleanza Nationale (Alliance nationale, le parti de Gianfranco Fini), on voit Sarkozy, la bouche légèrement de travers, l’index tendu. La légende : « Vince Sarkozy – Cambia l’Europa » (Sarkozy a gagné –L’Europe change). Fini a préfacé l’édition italienne du livre de Sarkozy intitulé Testimonianza (Témoignage). Fini n’est pas un fasciste ou plutôt, comme son ami Sarkozy, « il a changé » : le même qui proclamait en 1992 que « Mussolini a été le plus grand homme d’État du XXe siècle et que, s’il vivait aujourd’hui, il garantirait la liberté des Italiens » a déclaré, en 2003, en Israël, que le fascisme a été « le mal absolu du XXe siècle » et que le règne de Mussolini fut « un chapitre honteux de l’histoire de notre peuple ». Entre-temps, il était devenu vice-Premier ministre du gouvernement Berlusconi. Dans la situation actuelle où le grondement de la guerre civile n’est encore perceptible qu’à des oreilles attentives, ni Fini ni Sarkozy n’ont besoin de s’encombrer des oripeaux du fascisme. Mais, de même que Berlusconi a récupéré un Fini devenu respectable pour en faire un ministre, de même on voit bien son émule Sarkozy recruter un notable du Front national, lavé bien blanc, lors d’un prochain remaniement ministériel.

http://www.marianne2.fr/Eric-Hazan-annonce-la-guerre-totale-contre-Sarkozy_a78904.html

 

 

en pluche (Probe):

"Dès 1815, Clausewitz parle, dans un sens proche, de "guerre absolue", pour désigner le stade ultime d'un conflit, celui où les belligérants mettent en œuvre tous leurs moyens non plus seulement pour vaincre, mais pour anéantir l'ennemi....le concept de « guerre totale » est élaboré à l'origine par Ludendorff dans un livre portant ce titre en 1935, dans lequel il développe l'idée que le pouvoir politique doit être entièrement subordonné à la guerre afin d'assurer la stabilité idéologique et le moral à l'arrière."

Généalogie et signification de la notion de guerre totale.

Il faut d'abord préciser, au seuil de notre propos, ce qu'est la guerre totale. La notion, associée spontanément au nazisme, remonte bien au-delà de l'histoire du IIIème Reich. Dès 1815, Clausewitz parle, dans un sens proche, de "guerre absolue", pour désigner le stade ultime d'un conflit, celui où les belligérants mettent en œuvre tous leurs moyens non plus seulement pour vaincre, mais pour anéantir l'ennemi.

La notion de "guerre totale" est reprise par le commandement allemand lors de la Ière Guerre Mondiale. En 1916, Erich Ludendorff (1865-1937), bras droit du Chef d'Etat-major Paul von Hindenburg, élabore le plan Hindenburg. Ludendorff demande que tous les pouvoirs civils et militaires de l'Empire soient confiés au commandement militaire. Toutes les ressources, toutes les forces vives de la nation doivent être orientées vers l'effort de guerre, organisé par une planification militaire cohérente et centralisée. Après la défaite, Ludendorff expose ces analyses dans un livre, publié en 1936, intitulé, précisément, Der Totale Krieg5. Pour Ludendorff, la Première Guerre Mondiale marque le passage d'une guerre traditionnelle, une guerre de cabinets, limitée dans son ampleur et dans ses objectifs, à la guerre totale. La guerre de cabinets est décidée par le pouvoir politique d'un Etat pour contraindre un autre Etat et l'amener à résipiscence. Elle est donc, comme le dit Clausewitz, "la continuation de la politique par d'autres moyens6". Prolongement du politique, elle en a la froideur calculée et l'ampleur limitée. Or, affirme Ludendorff, la définition clausewitzienne de la guerre est obsolète : Clausewitz est "aujourd'hui anachronique et en tout point dépassé7". Clausewitz concevait la guerre comme un engagement limité, référé à un objectif défini et précis, et circonscrit à la seule sphère militaire. La guerre est l'affaire des ministres et des soldats. Elle se déroule en champ clos, selon les codes d'un art et d'un droit coutumier de la guerre qui régit l'affrontement des gentilshommes depuis des siècles.

Clausewitz, contemporain de la Révolution française, de l'engagement en masse de volontaires, de la conscription et de la naissance du service militaire, percevait pourtant bien les germes d'une mutation de l'essence de la guerre. Clausewitz parle d'une "montée aux extrêmes" qui fait tendre la guerre vers sa "forme absolue". Cette forme absolue, c'est, pour Clausewitz, l'entéléchie de la guerre, son concept pleinement réalisé, en acte. Mais pour Ludendorff, Clausewitz ne va pas assez loin. Le général prussien, pourtant contemporain de la Révolution, n'a pas vu que la guerre débordait désormais le cadre circonscrit que la tradition militaire occidentale lui assignait. Désormais, la guerre est l'affaire de tout un peuple. La guerre est la "lutte du peuple pour sa vie8". Elle engage le peuple tout entier et a pour enjeu la survie du peuple tout entier. C'est lui qui est engagé, et c'est lui, désormais, qui est visé par l'ennemi :
"Déjà à l'époque de Clausewitz, le temps des guerres de cabinets était révolu, c'est-à-dire des guerres que les gouvernements faisaient au moyen de leurs armées de métier et auxquelles, généralement, les populations ne prenaient part que dans la mesure où elles se voyaient frappées d'impôts ou bien se trouvaient lésées par les marches des troupes, les quartiers d'hiver et les combats. La Révolution Française venait d'engager des forces populaires tout autres, mais la guerre n'avait pas encore réalisé, pour parler comme Clausewitz, sa forme abstraite ou absolue9".

Cette forme absolue de la guerre, c'est la Guerre Mondiale qui la réalisera :

"Dans cette guerre, il était difficile de distinguer où commençait la force armée proprement dite, où s'arrêtait celle du peuple. Peuple et armée ne faisaient qu'un. Le monde assistait, au sens propre du mot, à la guerre des peuples10".

Il y a estompement de la distinction entre civils et militaires. La ligne de partage traditionnelle est brouillée, effacée. Le civil devient combattant du front, d'un autre front, celui de l'arrière. Combattant, il l'Est indirectement par son activité productive et logistique, qui soutient et alimente l'activité du front. Comme le remarque Ernst Jünger "il n'y a, au cours de la Première Guerre Mondiale, plus aucune activité - fût-ce celle d'une employée domestique travaillant à sa machine à coudre - qui ne soit une production destinée, à tout le moins indirectement, à l'économie de guerre11". Combattant, il l'est directement comme cible et victime des attaques de l'ennemi, qui désormais, et fort conséquemment, le visent comme elles visent un élément combattant.

La pratique de la guerre totale, nous dit Ludendorff, s'est diffusée :

- Sous l'effet du service militaire obligatoire et de la conscription, qui ont associé des groupes de plus en plus larges au fait guerrier. C'est la Révolution française qui a promu l'idée de la nation en armes, d'une armée composée de citoyens soldats à l'imitation des hoplites athéniens. Le Vive la Nation ! victorieusement opposé, à Valmy, à l'armée professionnelle du Roi de Prusse marque une double révolution, politique et militaire.

- Sous l'effet des progrès techniques : l'aviation et la propagande offrent un rayon d'action balistique et psychologique qui élargit considérablement le périmètre du combat, de telle sorte que, "aujourd'hui, le champ de bataille, au sens propre du mot, s'étendra sur la totalité des territoires des peuples belligérants. La population civile, comme les armées, subira l'action directe de la guerre…12"

Contrairement à la guerre classique, la guerre politique des cabinets, "la guerre totale ne vise donc pas seulement l'armée, mais aussi les peuples13", elle les y associe comme cibles et comme combattants. C'est là une "vérité" à laquelle il faut se "conformer".

C'est précisément pour ne pas avoir su s'y conformer que l'Allemagne a perdu la guerre en 1918. Ludendorff déplore que la vieille élite des officiers allemands en soit resté, au début du XX ème siècle, à des conceptions stratégiques qui dataient d'un bon siècle : "En Allemagne, tout compte fait, la guerre était demeurée la tâche exclusive de l'armée. Notre Etat-Major en était encore aux conceptions clausewitziennes14".

Totale, la guerre nouvelle ne l'est pas seulement par l'ampleur des forces qu'elle met en œuvre. La guerre est également totale par l'investissement matériel et psychologique qu'elle implique. Quand deux peuples se jettent à la face l'un de l'autre, quand deux peuples mettent ainsi en jeu leur existence et luttent pour leur survie, l'engagement de chacun des membres du peuple doit être total. Ludendorff cite ses propres mémoires de guerre, en évoquant celle, perdue de 14-18 : "Si nous voulions la gagner, chacun de nous devait donner jusqu'à son dernier souffle, au sens propre du mot, jusqu'à la dernière goutte de notre sueur et de notre sang15".

De l'évocation du passé, il induit une prophétie pour l'avenir : "La prochaine guerre exigera encore tout autre chose du peuple. Ce sera la disponibilité absolue de ses forces spirituelles, physiques et matérielles16".

Ces forces spirituelles revêtent aux yeux de Ludendorff une importance particulière. L'engagement spirituel, celui, psychologique et intellectuel, de toute l'âme du peuple, conditionne les autres modalités de l'engagement guerrier : "Dans la conduite de la guerre, il convenait de déployer et de maintenir à l'extrême les forces intrinsèques et matérielles de la patrie (et aujourd'hui, j'ajoute tout spécialement, les forces spirituelles)17".

La guerre nouvelle exige donc ce qui a manqué à l'Allemagne en 1914 : un Etat et un gouvernement capables de mobiliser la totalité des forces spirituelles et matérielles d'une nation, et de les engager dans un combat total. A ses yeux, la guerre totale ne peut être adéquatement préparée que par une "politique totale", entendons une forme de régime et de gouvernement politique qui dispose et prépare le peuple à un tel combat. La politique totale consacre l'intrusion du militaire dans l'espace et le temps civil de la paix. L'Etat doit être tourné vers la guerre, et doit y préparer le peuple : "La politique totale doit déjà en temps de paix se préparer à soutenir cette lutte vitale du temps de guerre18".

L'avènement contemporain de la guerre totale inverse donc les rapports traditionnels entre politique et guerre. Dans la perspective traditionnelle qui est celle de Clausewitz, la guerre est un prolongement de l'action politique par des moyens autres. L'armée n'est qu'un outil manié par le politique. Pour Ludendorff, au contraire, la possibilité de l'éclatement d'une guerre totale qui menacerait la survie même du peuple exige que les toges le cèdent aux armes, que le politique se subordonne au militaire. La guerre de cabinet ne laissait que des cicatrices superficielles sur le corps du peuple. La guerre totale met rien moins en jeu que son existence. Le caractère radical de l'enjeu et du danger donnent la préséance au militaire, seul capable de conformer les corps et les esprits au combat total : "La guerre et la politique servent la conservation du peuple, mais la guerre reste la suprême expression de la volonté de vie raciale. C'est pourquoi la politique doit servir la guerre19".

L'Etat que Ludendorff appelle de ses vœux sera donc l'Etat qui sera capable de mener à bien ce que Ernst Jünger nomme la "mobilisation totale", la "totale Mobilmachung", c'est-à-dire "l'exploitation totale de toute l'énergie potentielle20" d'un peuple, engagé dans la guerre comme une armée : "A côté des armées qui s'affrontent sur un champ de bataille, des armées d'un genre nouveau surgissent : l'armée chargée des communications, celle qui a la responsabilité du ravitaillement, celle qui prend en charge l'industrie d'équipement - l'armée du travail en général21". L'engagement de cette armée implique une "réquisition radicale", qui "nécessite qu'on réorganise dans cette perspective jusqu'au marché le plus intérieur et jusqu'au nerf d'activité le plus ténu ; et c'est la tâche de la mobilisation totale (…). Elle branche le réseau de la vie moderne, déjà complexe et considérablement ramifié à travers de multiples connexions, sur cette ligne à haute tension qu'est l'activité militaire22".

Cette mobilisation totale prend la forme d'un dirigisme économique, d'une planification industrielle centralisée, à l'image des plans quinquennaux soviétiques23. Les "énergiques programmes d'équipement" militaro-industriel des dernières années de la guerre ont transformé les pays belligérants "en gigantesques usines produisant des armées à la chaîne afin d'être en mesure, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, de les envoyer au front où un processus sanglant de consommation, là encore complètement mécanisé, jouait le rôle de marché24".

Mais la mobilisation totale ne se cantonne pas au domaine économique. Elle investit également la sphère du droit civil et du droit constitutionnel pour créer un nouveau type de contrat social, où le citoyen n'est plus doté que des droits compatibles avec la défense du pays. Jünger note ainsi, dans de nombreux pays, une tendance aux "restrictions croissantes de la liberté individuelle (…) dont le but est de faire disparaître tout ce qui ne serait pas rouage de l'Etat", une atteinte "effective en Russie et en Italie, tout d'abord, mais chez nous aussi25". Ces restrictions aux libertés individuelles, qui font des nations de gigantesques casernes, vont se multiplier à proportion de l'ambition politique des Etats, qui "seront contraints de radicaliser ces restrictions s'ils veulent être en mesure de déchaîner des forces d'un genre nouveau26".

L'Etat militarise donc la vie civile, la soumet à une organisation et à une discipline qui prépare la mobilisation et la guerre totale. On passe donc de ces deux notions à celle, théorisée par Schmitt et Forsthoff, d'Etat total. Pour Ernst Forsthoff, juriste et professeur de Droit public rallié au national-socialisme, l'Etat total est l'antithèse diamétrale de l'Etat libéral, l'Etat de droit et de partis incarné un temps par la République de Weimar, qu'il honnit : "L'Etat total est l'opposé de l'Etat libéral27". L'Etat libéral est miné par la lutte des intérêts particuliers, par la lutte des partis : il est "rendu vide de contenu, minimalisé et annihilé par sa fragmentation, à cause des garanties juridiques déterminées par des lois relevant d'intérêts particuliers28". Au contraire, l'Etat total organise et structure une communauté totale, unie, qui "dépasse les tensions conflictuelles" : "la totalité du politique doit s'incarner dans l'Etat total29".

Pour Ernst Forsthoff comme pour Carl Schmitt, l'Etat total est l'Etat par excellence, celui qui réconcilie la communauté nationale avec elle-même, promeut l'intérêt général, et la dirige, tout entière bandée vers un avenir commun et contre un ennemi extérieur. Schmitt déplore la division stérile et féroce des partis politiques, qui s'affrontent bloc contre bloc et minent ainsi de l'intérieur l'Etat et le processus de décision politique. Schmitt remarque que, par le caractère radical, intolérant de leur idéologie, par leur dimensions sociétales, les partis politiques ont des prétentions totalitaires : "Nous n'avons pas aujourd'hui en Allemagne d'Etat total, mais une majorité de partis, dont chacun tente de parvenir à la totalité, et cherche à encadrer totalement ses membres, à accompagner les êtres humains du berceau à la tombe, du jardin d'enfants à l'association funéraire et d'incinération, en passant par les clubs sportifs et ceux de joueurs de quilles, à fournir à ses membres ce qui, selon lui, est la bonne conception du monde, la bonne forme d'Etat, le bon système économique, la bonne sociabilité30". Ces partis, qui offrent tout à la fois pensée, sociabilité et association, sont "des partis totaux31". Comme ils sont plusieurs et qu'ils s'opposent frontalement, chacun disqualifiant le message de l'autre et faisant le coup de poing contre le rival, "la coexistence de plusieurs structures totales de ce type, qui dominent l'Etat par le biais du Parlement32" est la cause d'un éclatement de l'Etat et de la société, tirés à hue et à dia par des intérêts partisans et contradictoires. Paradoxalement, et de manière perverse, l'Etat pluraliste laisse donc s'épanouir les visées monopolistiques de chacun de ces partis totaux, qui ambitionnent le "monopole politique", le "polypole33", et qui l'affaiblissent, tout en développant son champ d'intervention34. Ce virage vers l'Etat total est purement quantitatif et non qualitatif. Un Etat véritablement total est un Etat fort, qui "ne laisse surgir en lui aucune force qui lui soit hostile, qui l'entrave ou qui le divise35".

L'avènement de l'Etat total est souhaitable : l'Etat total est la seule forme d'Etat qui réalise pleinement le concept d'Etat souverain et puissant. Par ailleurs, la logique qui produit l'Etat total est inéluctable, du fait du progrès technique qui dote l'Etat de moyens de domination inédits : "Nous avons aussi tous l'impression d'un énorme renforcement des Etats à travers l'accroissement de la technique, notamment des instruments technico-militaires du pouvoir36".

Les textes de Jünger, Schmitt et Forsthoff, les notions de mobilisation totale et d'Etat total, en synergie avec la pensée fasciste italienne, qui, au même moment, revendiquait fièrement la création du stato totalitario37, ces textes et notions, qui se sont fécondés mutuellement38, ont nourri la réflexion de Ludendorff et la théorisation de la notion de guerre totale.

http://www.sens-public.org/spip.php?page=imprimersans&id_article=171

 

SCHMITT, Carl, "L'évolution de l'Etat total en Allermagne", janvier 1933, in Positionen und Begriffe im Kampf mit Weimar-Genf-Versailles 1923-1939, Hamburg, Hanseatische Verlagsanstalt, 1940

Chaque parti parvenant, au gré des coalitions, à faire passer des lois qui lui sont chères, la sphère de compétence et de juridiction de l'Etat s'étend. L'Etat, instance neutre au point de vue économique et social au XIXème siècle, devient interventionniste dans ces deux domaines, amorçant un virage vers l'Etat total. Schmitt constate que la distinction traditionnelle entre Etat et société s'estompe de ce fait : "Car voici que l'Etat devient l'auto-organisation de la société. Ainsi tombe, comme on l'a dit, la distinction, toujours présupposée jusque-là, entre Etat et société, gouvernement et peuple…". Cf. SCHMITT, Carl, "Le virage vers l'Etat total", in Parlementarisme et démocratie, Paris, Seuil, 1988, 219 p.

 

Le décisionnisme de Carl Schmitt : théorie et rhétorique de la guerre

p. 25-42

Accès au texte intégral

Le texte intégral de ce document a été publié en ligne le 09 octobre 2008.

Résumé

La doctrine juridico-politique du décisionnisme que Carl Schmitt (1888-1985) expose au début des années 1920 développe une méthode et des concepts qui se verront réinvestis dans une théorie des rapports entre guerre et politique. Celle-ci trouvera sa formulation la plus achevée en 1927 et 1932 dans les deux premières éditions de La notion de politique. Ce texte opère un tournant dans la pensée schmittienne, dont on verra se développer toutes les implications théoriques au milieu des années 1930. Le concept de « guerre totale » en fournit une illustration caractéristique.

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