Avertir le modérateur

08/12/2009

Manifestation Grèce 800 interpellations !

ff8u3n.jpg

La manifestation du lundi 7 décembre a été massivement suivie par un très grand nombre d’élèves, d’étudiants, et d’enseignants à Athènes.

Les tensions se sont surtout manifestées autour de l’Ecole polytechnique, et se sont poursuivies après la fin de la manifestation. Un groupe de personnes encagoulées est entré dans la cour de l’Ecole et a jeté des cocktails molotof et divers objets sur les forces de police qui les ont repoussés avec des produits chimiques et des petites grenades. Plus tôt, les encagoulés ont mis le feu à deux voitures. Les incidents se sont déclarés quand le gros de la manifestation pénétrait dans la rue Panepistimiou, en provenance de la place Syntagma. La police a utilisé des armes chimiques contre les encagoulés qui ne pouvaient pénétrer dans le corps de la manifestation des élèves. Des anarchistes ont aussi mis le feu à des poubelles.

Suite à la demande du rectorat d’Athènes, des forces de police se sont déployées sur le trottoir et ont fermé l’accès à la cour devant le bâtiment historique de l’université d’Athènes, pour que les encagoulés ne puissent pas faire usage de l’asile universitaire.

Plusieurs points de tension ont également été relevés à la fin de la manifestation quand de jeunes manifestants ont jeté des pierres et d’autres objets contre les policiers.

Dans différents endroits de l’Attique, des élèves avaient organisé le matin des rassemblements devant les postes de police contre lesquels ils ont jeté des objets divers et des mandarines.

À Thessalonique, la manifestation a réuni 3.500 élèves, étudiants, enseignants et simples citoyens. De légers incidents ont été déplorés peu avant la fin du cortège, et les policiers ont procédé à 3 arrestations.

A Héraklion, en Crète, à la fin de la manifestation, des individus semblant appartenir aux cercles anticapitalistes ont lancé des pierres contre des policiers. Le même scénario s’est produit à Chania (Crète).

21 personnes ont été arrêtées lundi, parmi lesquelles 13 mineurs, 15 Grecs et six étrangers venant d’Albanie, de Bulgarie, de Lettonie et de Jordanie. 39 personnes ont été assignées en justice, dont 26 Grecs et 13 étrangers - des Français, des Albanais, un Letton, des Polonais et des Espagnols. Dans le reste du pays, la police a procédé à 11 arrestations, et 19 personnes ont été déférées en justice.

Au total, 800 personnes ont été déférées devant la justice pendant l’ensemble du week-end et dans tout le pays. 144 d’entre elles ont fait l’objet d’une arrestation ferme. Rien qu’à Athènes, 277 personnes ont été déférées devant la justice.

De nouveaux rassemblements sont prévus jeudi. (To Vima, 7 décembre)

http://balkans.courriers.info/article14237.html

28su9gi.jpg

VIOLENCES. Un an après la mort d'Alexis, la nouvelle flambée
de violences révèle
le malaise toujours présent de la jeunesse

Grèce : « Une génération sacrifiée »

Plus de 5 000 jeunes sont descendus dans la rue hier. Les affrontements avec les forces de l'ordre ont souvent été violents avant que le calme ne revienne en fin d'après-midi. (photo afp)
Plus de 5 000 jeunes sont descendus dans la rue hier. Les affrontements avec les forces de l'ordre ont souvent été violents avant que le calme ne revienne en fin d'après-midi. (photo afp)

Des adolescents d'à peine 12- 13 ans en ordre de marche hier matin vers les postes de police des quartiers populaires de Kipseli, Kato Patissia et des quartiers chics d'Aghia Paraskevi ou du Pirée. Par classes entières comme s'ils allaient en excursion, avec des pierres et des oranges amères dans leur sac, ils s'en prennent à tout ce qui porte un uniforme. Leurs aînés ne sont pas en reste : gaz lacrymogène et matraques d'un côté, cocktail Molotov et pierres de l'autre...

Comme celles du week-end, la manifestation d'hier et la marche sur le Parlement en mémoire à Alexis Grigoropoulos, 15 ans, tué l'année dernière dans le quartier d'Exarchia par un policier - il n'est toujours pas jugé - se sont soldées par de très violents affrontements entre les quelque 5 000 manifestants et les forces de l'ordre, par une cinquantaine d'interpellations. Les 6 000 policiers mobilisés (deux ont été blessés) n'ont pu empêcher les débordements face à la réelle volonté des manifestants les plus radicaux d'en découdre, de montrer leur force et surtout leur organisation. Remplacer le drapeau grec par le flambeau anarchiste sur le toit du rectorat ne s'improvise pas. L'opération était préparée depuis un bon moment !

Les appels au calme lancés par le président de la République mais aussi par le père du jeune Alexis n'ont pas été entendus, et pour cause. « Pour nous, rien n'a changé, explique Konstantina, 17 ans. Je ne suis pas venue uniquement parce qu'un des nôtres a été tué l'année dernière, je suis ici à cause de tous les problèmes que nous rencontrons depuis l'école jusqu'au bureau du chômage, ou si nous avons de la chance, jusqu'aux stages payés 400 euros. »

« J'étouffe »

Les jeunes Grecs sont pour la plupart surdiplômés par rapport à leurs camarades européens. Dès leur plus jeune âge, leurs parents les font bachoter dans des cours de langues étrangères pour avoir... une chance sur deux d'intégrer une université grecque. Des cours complémentaires après des heures passées dans des écoles souvent sans ordinateur, sans bibliothèque « et surtout sans intérêt », souligne Thésée, 19 ans, qui est de toutes les manifestations : « Je m'emmerde, j'étouffe et je n'apprends rien. »

Selon des études récentes, les jeunes Grecs sont ceux qui ont le moins de temps de loisirs en Europe, pour occuper au final la triste première place du plus fort taux de chômage des jeunes Européens. Pour Savas Robolis, syndicaliste, « cette génération est une génération sacrifiée. C'est la première génération depuis la fin de la guerre qui sait qu'elle vivra moins bien que la précédente. Ils étudient comme des damnés et ils savent qu'ils ne trouveront pas de travail ou alors un sans aucun rapport avec des études si cher payées ».

Dans l'impasse

« Ce pays est dans une impasse, martèle Petros Markaris, écrivain. « Les jeunes sont coincés. S'ils descendent dans la rue, ce n'est pas par revendication politique, ils n'en ont pas. Ces affrontements ont une valeur psychothérapeutique, ils se défoulent. » Et leurs parents ne sont pas en reste. Ils sont aussi dans les rangs des manifestants. Comme leurs enfants, ils n'accordent qu'un crédit très limité, voire nul, aux socialistes arrivés au pouvoir le 4 octobre dernier.

Les réformes structurelles annoncées, la refonte des caisses de retraite qui va allonger le temps de travail tout en réduisant les retraites, le gel des salaires, l'inflation, le chômage galopant inquiètent : « On sait que l'avenir sera difficile, explique Mixalis, un professeur de 55 ans. Il n'y a pas de travail, les usines, les entreprises ferment les unes après les autres. On est dans la rue pour ça, pour qu'ils comprennent qu'on ne va pas se laisser faire. »

La contestation qui s'étend à toute la population, c'est le pire des cauchemars pour l'équipe Papandréou.

Auteur : Angelique Kourounis
à Athènes

10:32 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu