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26/12/2009

Affaire du « Bonnet rouge » - Bolo Pacha

L'affaire « Bolo-Pacha »

 

Bolo, dit Bolo-Pacha depuis que l'ancien khédive d'Egypte - qu'il compte parmi ses relations - lui a octroyé ce titre, est un aventurier à la fois dentiste, importateur et représentant en vins de champagne, déjà condamné pour escroquerie.

Durant le premier conflit mondial, il convainc l'Allemagne de corrompre la presse française pour y publier des articles pacifistes destinés à atteindre le moral des Français.

Arrêté en septembre 1918, après avoir reçu sur son compte 11 millions de marks en provenance de la Deutsche Bank, Bolo-Pacha est jugé par le 3e conseil de guerre en février 1918 et condamné à mort.

Le capitaine Bouchardon, magistrat détaché comme juge d'instruction, découvre plusieurs lettres de Caillaux dans les papiers de Bolo, qui font peser des soupçons sur le patriotisme de l'ancien ministre des finances.

L'affaire « Bonnet Rouge »

Organe d'extrême gauche, le Bonnet Rouge a défendu le rapprochement franco-allemand avant le premier conflit mondial. En 1914, à la demande de Joseph Caillaux, le journal a publié des articles prenant la défense de sa femme, Henriette Caillaux, accusée du meurtre de Gaston Calmette, le directeur du Figaro.

Pendant la guerre, le directeur du Bonnet Rouge, Vigo, dit Almereyda, laisse la direction de son journal à un dénommé Duval, qui reçoit de l'argent de l'étranger pour infléchir la ligne éditoriale : de pacifiste qu'il était, le journal devient franchement antimilitariste, provoquant l'intervention fréquente de la censure.

Lorsqu'il enquête sur l'origine des fonds versés au Bonnet Rouge, le capitaine Bouchardon, magistrat détaché comme juge d'instruction auprès du 3e conseil de guerre, découvre un échange de correspondances aimables entre Almereyda et Caillaux, qui devra s'expliquer sur ses relations entretenues avec les dirigeants de ce journal.

http://www.senat.fr/evenement/archives/D40/bon.html

 

Affaire du « Bonnet rouge »
- Présentation -
Publication anarchiste et satirique créée par Eugène Bonaventure Vigo, le Bonnet
rouge fut fondé le 22 novembre 1913. Hebdomadaire à ses débuts, il devient quotidien en
mars 1914 et paraîtra jusqu’en 1917 (quelques numéros sont publiés en 1922).
Eugène Bonaventure Vigo (1885-1917), petit-fils d’un viguier d’Andorre et père du
cinéaste Jean Vigo (1905-1934), choisit très tôt d’oublier ses origines et son nom pour prendre
le pseudonyme de Miguel Almereyda (anagramme de : y a de la merde !). Alors qu’il est
apprenti photographe, il est fiché à l’âgé de dix-sept ans pour ses opinions politiques
d’extrême gauche. Plus tard, il fonde un groupuscule révolutionnaire (les Jeunes gardes
révolutionnaires) ainsi que le journal La Guerre sociale. En 1905, il adhère à la Section
française de l’Internationale ouvrière (SFIO). Quelques années après, en 1913, il lance le
Bonnet rouge, « organe de la défense républicaine », qui connaît rapidement un très grand
succès et devient l’ennemi juré du mouvement politique royaliste l’Action française.
Le courage et le talent polémique de E. B. Vigo vont lui valoir argent et renommée
mais aussi emprisonnements multiples. En 1914, au moment de la conscription militaire, il
participe à l’appel à la désertion lancé par l’Action internationale Antimilitariste. Avec
l’entrée en guerre de la France, le gouvernement limite la liberté de la presse. La publication
d'articles portant atteinte à la sécurité nationale ou au moral des troupes et de la population est
interdite.
Or la ligne éditoriale du Bonnet rouge est à la fois antimilitariste et internationaliste,
ce qui ne manque pas de provoquer l’intervention fréquente de la censure républicaine. Par
ailleurs, la trésorerie du Bonnet rouge bénéficie de fonds suspects en provenance de
l’étranger. Pour la droite et l’extrême droit, Vigo n’est rien de moins qu’un traître dont il faut
se débarrasser à tout prix. À cela s'ajoute la publication par le Bonnet rouge, à la demande du
ministre des Finances Joseph Caillaux, d’articles prenant la défense de sa femme, Henriette
Caillaux, accusée du meurtre de Gaston Calmette, directeur du Figaro. Calmette avait mené
une violente campagne contre Caillaux à qui il reprochait sa politique de rapprochement
franco-allemand. Mme Caillaux, prise d'un coup de folie, l’avait assassiné.
Fidèle à ses idées mais impliqué dans des intrigues financières et politiques, Vigo est
finalement accusé d’intelligence avec l’Allemagne et arrêté durant l’été 1917. Peu après, au
petit matin du 14 août, on le retrouve « suicidé » dans sa cellule de Fresnes. Il a été étranglé
avec ses lacets de bottines. Caillaux mais aussi le ministre de l’Intérieur Louis Malvy, proche
de Vigo et partisan d’une Paix blanche, sont arrêtés peu après. Ils comparaîtront tous deux
devant la Haute Cour de justice, le premier sera condamné à une peine de prison, le second,
au bannissement.
De Léon Daudet à Georges Clemenceau, l’affaire du « Bonnet rouge » va, dès lors,
être largement exploitée par tous les partisans de la guerre à outrance.
C.E. Ladjimi

http://www.bdic.fr/pdf/Bonnet%20rouge.pdf

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