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21/02/2010

1947 - Le déraillement de l'express postal Paris-Tourcoing oblige le gouvernement à prendre des mesures exceptionnelles...

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A la fin de l'année 1947, une importante vague de grève paralyse la France pendant plusieurs semaines. Le mouvement connaît certains débordements et oblige le gouvernement à réagir fermement. Depuis le début de l'année, les tensions n'ont cessé de s'accentuer, à la fois pour des raisons économiques et matérielles (inflation et vie chère, difficultés du ravitaillement et baisse des rations officielles) et des raisons politiques (rupture du tripartisme et exclusion des ministres communistes du gouvernement en mai 1947).

Le mouvement de grève prend naissance à Marseille au début du mois de novembre. Une hausse des tarifs de tramways décidée par la municipalité déclenche une grève des usagers qui tourne à l'émeute. Le mouvement fait tâche d'huile : de nombreuses gares sont occupées et les communications bloquées entre le Midi et Paris. Le 15 novembre, c'est au tour des mineurs de se mettre en grève pour protester contre la révocation d'un communiste du conseil d'administration des Houillères. Puis le mouvement s'étend à différentes branches professionnelles (cheminot, métallos, textile...). Le 28 novembre, la CGT forme un comité central de grève qui coordonne les opérations.

L'économie est paralysée. Pour couper les voies de communication, des actes de sabotage ont lieu. C'est l'un d'entre-eux qui provoque le déraillement à Arras le 3 décembre 1947 du train Express Paris-Tourcoing : la catastrophe fait 16 morts et une trentaine de blessés. Les origines de ce sabotage n'ont pas été clairement établies mais les autorités accuseront les communistes d'en être à l'origine. Cet accident renforcera ainsi la volonté du ministre de l'Intérieur Jules Moch d'en finir avec les grèves par la force (mobilisation de toutes les forces de l'ordre et rappel des réservistes, envoie des CRS dans les mines du Nord afin de faire respecter la liberté du travail...). Les conséquences des grèves de 1947 sont importantes. La mobilisation de la CGT et des communistes en faveur de la reconstruction est désormais terminée et ces deux organisations n'hésitent plus à appeler à la grève. Mais l'union de la classe ouvrière réalisée à la Libération éclate également. Les éléments non communistes de la CGT, qui refusent l'utilisation du syndicalisme à des fins politiques, décident de faire scission et jettent les bases d'une nouvelle organisation, la CGT-Force ouvrière.

 

Date de l'événement

03-12-1947

Date de diffusion

11-12-1947

Titre Collection

Les Actualités Françaises

Résumé

De violents mouvements de grèves se développent dans les mines du Nord. Des actes de sabotage ont lieu. L'un d'entre-eux provoque le déraillement de l'express postal Paris-Tourcoing obligeant le gouvernement à prendre des mesures exceptionnelles.

Contexte Historique

A la fin de l'année 1947, une importante vague de grève paralyse la France pendant plusieurs semaines. Le mouvement connaît certains débordements et oblige le gouvernement à réagir fermement. Depuis le début de l'année, les tensions n'ont cessé de s'accentuer, à la fois pour des raisons économiques et matérielles (inflation et vie chère, difficultés du ravitaillement et baisse des rations officielles) et des raisons politiques (rupture du tripartisme et exclusion des ministres communistes du gouvernement en mai 1947).

Le mouvement de grève prend naissance à Marseille au début du mois de novembre. Une hausse des tarifs de tramways décidée par la municipalité déclenche une grève des usagers qui tourne à l'émeute. Le mouvement fait tâche d'huile : de nombreuses gares sont occupées et les communications bloquées entre le Midi et Paris. Le 15 novembre, c'est au tour des mineurs de se mettre en grève pour protester contre la révocation d'un communiste du conseil d'administration des Houillères. Puis le mouvement s'étend à différentes branches professionnelles (cheminot, métallos, textile...). Le 28 novembre, la CGT forme un comité central de grève qui coordonne les opérations.

L'économie est paralysée. Pour couper les voies de communication, des actes de sabotage ont lieu. C'est l'un d'entre-eux qui provoque le déraillement à Arras le 3 décembre 1947 du train Express Paris-Tourcoing : la catastrophe fait 16 morts et une trentaine de blessés. Les origines de ce sabotage n'ont pas été clairement établies mais les autorités accuseront les communistes d'en être à l'origine. Cet accident renforcera ainsi la volonté du ministre de l'Intérieur Jules Moch d'en finir avec les grèves par la force (mobilisation de toutes les forces de l'ordre et rappel des réservistes, envoie des CRS dans les mines du Nord afin de faire respecter la liberté du travail...). Les conséquences des grèves de 1947 sont importantes. La mobilisation de la CGT et des communistes en faveur de la reconstruction est désormais terminée et ces deux organisations n'hésitent plus à appeler à la grève. Mais l'union de la classe ouvrière réalisée à la Libération éclate également. Les éléments non communistes de la CGT, qui refusent l'utilisation du syndicalisme à des fins politiques, décident de faire scission et jettent les bases d'une nouvelle organisation, la CGT-Force ouvrière.

Eclairage Média

Alors que la musique de fond présente un caractère dramatique, le reportage condamne violemment l'acte de sabotage de la voie ferrée reliant Paris à Tourcoing. Les images sont particulièrement violentes (corps ensanglantés et déchiquetés, vêtements arrachés). Le commentaire effectue un certain amalgame entre les mouvements de grèves et les actes de sabotage. Il se termine également en montrant Maurice Thorez faisant dans un discours l'apologie de la grève, soulignant ainsi la responsabilité des communistes dans le mouvement de contestation sociale et ses débordements. Le commentaire insiste sur le fait que Thorez revienne de Moscou, dénonçant ainsi sa soumission à Staline, et effectue plusieurs plans fixes sur l'emblème du communisme mais également celui de l'URSS, la faucille et le marteau.

Transcription

 

 

(MUSIQUE)

Commentateur

Climat de trouble, c'est l'atmosphère de cette semaine. Dans les mines du Nord où l'effervescence continue, les compagnies de sécurité ont du intervenir, pour libérer les puits, des piquets laissés par les grévistes pour empêcher tout travail. Les forces de police, munies du matériel anti-gaz, n'ont pas eu, la plupart du temps, à faire usage de la force. Mais en d'autres endroits, l'épreuve a pris un caractère nettement dramatique, car en dehors de l'opposition ouverte, le sabotage, sous toutes ses formes, a pris sa place dans l'agitation. Près d'Arras, l'express postal Paris-Tourcoing a déraillé par suite de l'action de criminels anonymes, qui avaient déboulonnés les rails sur 25 mètres. 24 morts, une quarantaine de blessés, tel est le bilan de cet attentat abominable que toutes les consciences françaises se doivent de flétrir.

(MUSIQUE)

Commentateur

Les mécaniciens du train, visages émouvants d'honnêtes hommes en proie au malheur, donnent le sens de l'attitude des cheminots, devant l'effroyable tragédie. Cependant, précaution contre des mouvements possibles, des forces de police étaient établies un jour autour du Palais Bourbon où l'assemblée continuait la discussion des pouvoirs demandés par le gouvernement. Loi temporaire dont le vote exigea quatre jours de séances mouvementées. C'est dans cette atmosphère que M. Maurice Thorez, leader du parti communiste revenu de Moscou, allait à Hénin-Liétard fêter la Sainte-Barbe, au milieu de ses compagnons d'autrefois. Et plusieurs milliers de personnes écoutaient, l'ex vice-président du Conseil, faire l'apologie de la grève.

 

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