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01/03/2010

Rappel de barèmes - Conseils en manifs



Éviter de venir seul.e. Former des petits groupes de 2 ou 3 (des gens
qui se connaissent et qui ne se lâchent jamais pendant la manif).

Éviter d’amener agenda, carnet d’adresses, tracts ou autres papiers
compromettants. De l’eau, de la bouffe, un foulard et des habits de
rechange peuvent être utiles, ainsi que du sérum physiologique.

Avoir des chaussures adaptées (lacets noués) et éviter de porter des
vêtements trop amples : ça gène pour courir, et ça donne des prisespour
vous attraper. Noter (sur le bras par exemple) le nom ou le numéro d’un
avocat, à prévenir en cas de garde à vue. Rester au taquet, mobile et
attentif.ve à l’«environnement », c’est-à-dire aux flics.

Plus on anticipe moins on stresse. Par exemple si on les voit commencer
à charger ou à tirer des lacrymos, on peut s’y préparer. Ils se donnent
souvent des signaux avant de nous attaquer : il faut capter ces signes
pour réagir. On est souvent confrontés à 2 types de keufs : les CRS (ou
Gardes Mobiles) et la BAC.

Les premiers c’est le troupeau : lourdement armés, ils bloquent les
accès, balancent lacrymos et grenades assourdissantes, mais peuvent
aussi faire des arrestations.

Attention aux "civils" et a ceux-celles qui s'habillent en manifestants

Surveiller la BAC. Eux c’est la petite meute très rapide, et très
dangereuse. En civil (parfois avec un brassard orange) elle rôde,
toujours prête à bondir. Ils sont sur les bords de manifs, ou cachés
dans une ruelle. (Ils peuvent aussi surgir en voiture banalisée.) Ils
sont assez repérables (cheveux courts, toujours en baskets), mais
attention ils peuvent se masquer le visage et se faire passer pour des
émeutiers, jusqu’au moment où… ils vous arrêtent. Ils ont souventdes
gros habits gonflés (même en été) ou un sac à dos : dedans, ils cachent
leurs armes favorites : Flash-ball, Tazer, Gazeuse, Tonfa, et biensûr,
révolver.

Leur technique c’est la rapidité : ils se jettent en courant sur
quelqu’un qui a été repéré. Contre ça, il faut surveiller leurs
déplacements. S’ils courent, c’est qu’ils vont attaquer l’un ou l’une
d’entre nous. Dans ce cas, si vous n’êtes pas seul et si vous en avezla
force, vous pouvez tenter, de les gêner (en se mettant sur leur passage
pour les ralentir, en criant l’alerte, en tenant la personne qu’ils
essaient d’arrêter...)

Après, ça se joue collectivement : 10 personnes qui se tiennent
solidement ne se font pas enlever comme ça. Dans tous les cas, le groupe
et la solidarité nous protègent. En cas de gazage. Faut d’abord éviter
les tirs. Ils sont souvent très localisés, il suffit de se décaler de
quelques mètres sur le côté (pas la peine de remonter toute la manif en
courant et d’affoler tout le monde).

Ensuite on peut tenter de couvrir les pastilles noires qui propagent le
gaz (avec une poubelle), de les arroser d’eau, de les écraser (avec de
bonnes chaussures) ou de les renvoyer (au pied ou avec des gants en
cuir). Contre le gaz, respirer au travers d’un tissu imbibé d’eau. On
peut aussi mettre du citron (mais certains disent que c’est nocif), du
coca ou du Mallox (produit pour l’estomac, dispo en pharmacie). Les
lacrymos collent à la peau et aux tissus, donc éviter de se toucher les
yeux et les lèvres avec des mains ou des vêtements contaminés. Il faut
se rincer la peau avec de l’eau. Pour les yeux, utiliser du sérum
physiologique.

Ne pas se faire repérer. Les flics essaient de cibler les plus révoltés.
Pour ça ils peuvent utiliser la vidéo-surveillance de la ville et du
métro. Ensuite ils filment et prennent eux-mêmes des photos. Enfin ils
s’infiltrent : les célèbres RG devenu depuis la Dcri.

On peut essayer de les repérer en début ou en fin de manif, quand ils
discutent avec les autres keufs. Une fois repéré.e.s, faire tourner le
mot pour les griller. Comme il en reste toujours et qu’ils tendent
l’oreille, utiliser des pseudos pour s’appeler, donner un nom de code
pour son groupe, à crier pour se retrouver si on se perd (dans le gaz
par exemple). Contre le repérage, se masquer le visage. Même si « on n’a
rien fait », le seul fait de participer et d’être pris en photo dans une
manif "violente" pourra jouer contre vous. Se masquer libère une marge
d’action, c’est pour ça que le pouvoir a sorti une loi « anti-cagoule »,
qui n’a pas encore eu d’application réelle. Toujours contre le repérage,
il faut changer d’apparence, se changer.

Lutter contre la peur. La première arme de la police c’est la peur.
Sirènes, fusées, grenades assourdissantes et intimidations orales sont
avant tout des techniques de dissuasion. Rester le plus calme possible,
même lors de mouvements de foule. Éviter de crier ou de courir
inutilement (ça augmente le stress des autres). La peur est naturelle
mais on peut apprendre à la canaliser. Un des meilleurs moyens est de
rester avec sa bande : avec mes potes, je me sens en sécurité.

Une charge de police dépasse rarement 60m, il est donc inutile de courir
plus loin, il vaut mieux rester groupé.es et éviter de laisser des
personnes isolées. On l’a dit, pour la BAC, l’individu isolé est un
gibier, seul un groupe soudé est efficace. En cas d’arrestation,
demander à la personne de crier son nom et son adresse puis donner ces
infos aux gens qui s’organisent contre la répression. Ça peut aider à
trouver un bon avocat, et l’ami.e arrêté.e ou ses proches se sentiront
moins seuls.

Si on est arrêté.e, crier son nom aux témoins, et tenter de rester calme
en toutes circonstances. Gardons notre rage pour après la sortie car
l’outrage et rébellion est l’arme judiciaire par excellence pour charger
un dossier. Une fois dans leurs griffes, faire le mort, garder son
calme, et attendre que les amis ou l’avocat se bougent.

En Gard’av. La durée maximale d’un contrôle d’identité est de 4h ; une
garde à vue peut durer 24h, prolongeable jusqu’à 48h, et 96h si vous
êtes un dangereux terroriste ou un gros trafiquant. Insister pour
rencontrer un avocat, demander à voir un médecin. Si cette demande (qui
doit être écrite quelque part) n’est pas satisfaite, c’est un vice de
procédure que vous pourrez utiliser pour annuler les poursuites contre
vous. Et puis ça fait une occaz pour sortir de la cellule ; causer à
quelqu’un, ça fait du bien. Si vous avez des bleus ou blessures, faites
les noter précisément par le médecin, c’est important pour votre défense.

Porter plainte contre les représentants de l’ordre (pour coups et
blessures) pourra, parfois, aider à s’en sortir. L’interrogatoire.
Malgré toutes les pressions des flics (« si tu coopères pas tu vas
rester en taule ! » ; « on a des photos qui prouvent que... » ; « tes
potes nous ont déjà dit que… »), ne JAMAIS croire les flics, mêmele
gentil qui veut vous aider. En garde à vue, on n’a jamais rien à se
reprocher ou à avouer, on est toujours innocent.e, on était qu’un.e
simple manifestant.e parmi d’autres. Même si ça les énerve on a le droit
de garder un silence complet et de ne rien signer. Répéter les mêmes
phrases pour pas se faire avoir. Du genre : « Je parlerai pas tant que
j’aurais pas vu un avocat ». Puis : « Mon avocat m’a dit de ne riendire. »

Si tout le monde se tait, ils auront l’habitude et nous laisserons
tranquilles. (Inutile de discuter politique avec les policiers, c’est
souvent perdre de l’énergie ou se faire piéger par des discussions
apparemment anodines.) Attention, les flics manipulent souvent les PV
(procès-verbaux), il faut bien les relire avant de les signer. Ne pas
hésiter à demander de modifier certains passages de sa déposition.

Le fichage génétique (ADN) est souvent exigé lors de la garde à vue.
Refuser de donner son ADN constitue un délit (passible d’amende et de
prison) mais dans les faits les poursuites ne sont pas systématiques, et
les condamnations sont souvent légères (pas de prison ferme) quand le
prévenu invoque un refus politique du fichage génétique et quand il est
soutenu par des associations, des collectifs. Ils vont vous dire que
c’est dans votre intérêt, que le juge vous trouvera plus sympathique si
vous faites pas de manières avec ça, et qu’ils détruiront le prélèvement
si vous êtes innocent, etc. Ne les écoutez pas, ils mentent purement et
simplement. C’est beaucoup moins risqué de refuser, que d’être fiché ADN
à vie… Et on s’organisera ensemble pour payer les amendes.

La comparution immédiate est faite pour nous juger vite et mal. Il vaut
mieux demander son report pour préparer une défense solide (et changer
d’avocat si le commis d’office est mauvais). Attention, demander un
report de jugement peut déclencher une détention préventive, la prison
en attendant votre procès. Plus on a de garanties de représentation
(études, travail, domicile, témoignage de moralité qui disent que vous
êtes quelqu’un de « bien », etc.), plus on a de chances d’être laissé.e
libre jusqu’à la date du procès.

Après. Eviter de rentrer seul de manif, prendre un moment pour en
discuter ensemble… et revenir plus forts à la prochaine !

Des manifestant-es volontaires

18:02 | Lien permanent | Commentaires (0) |

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