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25/03/2010

Représentation et communauté

Sur Thomas Hobbes

Philippe Crignon « Représentation et communauté », Archives de Philosophie 3/2005 (Tome 68), p. 493-524.

 

Nous voudrions proposer ici des analyses qui prennent sens au sein d’un chantier plus vaste qui a pour objet le nœud du corps et de la figure. Ce qui est apparu alors est que le « corps » n’a de signification qu’historique : sôma, chair, organisme, corps propre, etc.; à chaque fois, c’est une figure particulière qui donne au corps ses moyens d’existence et d’expérience. Qui plus est, la manière dont le corps se manifeste paraît profondément liée au sens même de la manifestation, à ce que pour une époque « se produire » veut dire et à ce que les images peuvent être. Il est ainsi apparu nécessaire de reposer la question « polyédrique » (Derrida) de la « représentation » en son triple sens esthétique, métaphysique et politique[1]

[1] Nous nous permettons de renvoyer à ce que nous avons développé...
suite
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Pour le dire frontalement, ce qui importe ici, c’est l’unité du concept et sa signification fondamentale – mais aussi paradoxale – pour notre modernité. Comment, pour nous modernes, la politique a-elle été métaphysique et comment aussi la métaphysique a-t-elle été politique, c’est ce que nous souhaitons interroger maintenant à travers Hobbes. Peut-être comprendra-t-on à cette occasion quel rôle central joue le corps. Commençons du moins par dire ceci : parler de « corps politique » – comme le fait Hobbes après bien d’autres – n’implique en soi aucun schéma organiciste de la collectivité. Mais plutôt que le corps humain, fût-il individuel, est d’emblée politique et institutionnellement chevillé aux autres.

La pensée politique de Hobbes se déploie dans ces trois traités que sont les Elements of Law (1640), le De Cive (1642) et le Leviathan (1651). Leur propos, leur méthode et leur ordre sont à ce point semblables que l’on est tenté d’y voir une forme intellectuelle de bégaiement, une série d’essais qui cherchent à se saisir, à la faveur d’un élan réitéré. Il s’agirait presque d’une forme contractée de « répétitions » au sens heideggérien du terme, c’est-à-dire de reprises à un niveau plus originel d’un même questionnement fondateur. Le Leviathan, à cet égard, est le plus abouti parce que le plus radical. Mais il n’est pas pour autant l’accomplissement définitif et complet de la pensée hobbesienne. Au fait, il reste lui aussi – et peut-être lui surtout – travaillé par ses propres paradoxes, précisément parce que ces paradoxes, il se les est appropriés. Qu’on ait pu y lire une préfiguration du totalitarisme comme la forme la plus sèche de démocratie met assez en garde contre la volonté de dégager une « nouvelle interprétation » du texte. Cela nous rappelle plutôt son statut remarquable : le Leviathan délivre sans doute moins une théorie qu’il ne pose les conditions a priori de la politique moderne (et notamment dans son opposition inédite démocratie-totalitarisme).

PLAN DE L'ARTICLE

 

texte complet à cette adresse sur CAIRN.

 

 

23:23 | Lien permanent | Commentaires (1) |

Commentaires

Niv 34
-C’est ce à quoi Heidegger lui-même aboutit lorsqu’il en vient à parler de
« frappes de l’être » (Prägungen des Seins)

Prägungen se traduit par "empreintes"

Schläge se traduit pas "frappes"

Écrit par : fred | 27/03/2010

Les commentaires sont fermés.

 
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