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12/04/2010

Deux accidents du travail mortels - Deux traitements différents...

Deux accidents du travail mortels

Le premier, même en étant sourd et aveugle, vous n’avez pas pu y échapper : éditions spéciales, visite et discours ministériel, visite et discours présidentiel, parole largement donnée aux collègues et aux représentants syndicaux dans les médias, présence d’un chef de gouvernement étranger lors des obsèques, promesses de répression accrue contre les coupables, commentaires attendris dans la presse... Rien n’a manqué !

Le second, si vous en avez entendu parler, c’est que vous êtes vraiment bien informé : pas un seul ministre, encore moins de président, pas même un simple sous­préfet, aucune interview des camarades de travail sur les ondes, pas de délégation officielle aux obsèques, impunité garantiepour les coupables, quelques lignes dans la presse locale... Circulez, y a rien à voir !

Pourtant, dans les deux cas, c’est bien la même chose qui s’est produite : un homme est mort des suites de son travail.

Oui, mais voilà, un de ces hommes était un "simple" ouvrier du bâtiment*1, l’autre un policier. Même sans être anarchosyndicaliste, avec cette simple indication sur leurs professions respectives, vous avez compris lequel n’a eu droit à rien.

L’un a été traversé d’une balle, l’autre s’est écrasé au sol : une chute de trente mètres. Horrible, non ? Certes, ce n’était qu’un simple intérimaire, certes, il portait un nom qu’un sénateur UMP pourrait juger pas issu "du corps français traditionnel", mais quand même, quand on voit la débauche de réactions pour le premier, on peut estimer que le
deuxième aurait quand même pu mériter un petit quelque chose . . . comme tous les copains du bâtiment et d’autres industries qui meurent, tous les ans, et qui sont eux victimes de l’exploitation, victimes de leurs conditions de vie, et pourquoi pas finalement eux aussi, « victimes du devoir ».

Justement, c’est bien de ça qu’il s’agit. Les chiffres des amis de la police indiquent que, de 1971 à nos jours, "on peut estimer à 620 environ le nombre de policiers français ayant trouver la mort en service". Un peu plus de 600 morts, en presque quarante ans, ça fait une moyenne de 21 par an. C’est une moyenne sur une longue période (qui inclut manifestement les accidents de la route...) car les choses ont changé et les chiffres actuels sont infiniment plus modestes : 7 morts en 2009.

Comparons. Les chiffres, officiels de la CNAM concernant les ouvriers du bâtiment indiquent, pour la période allant de 1990 à 2008 (je n’ai rien trouvé depuis 1971) un total de 3 420 morts, soit une moyenne de 180 morts par an,... pratiquement 8 à 9 fois plus que les policiers si l’on prend l’hypothèse la plus large ! Et si l’on compare la dernière année connue pour le bâtiment (2008 avec 155 morts) et le chiffre de 7 policiers morts en 2009, on voit qu’il y a pas photo : 22 fois plus de morts dans le bâtiment que dans la police. Et dire qu’aucun ministre ne s’en est aperçu...

Le 17 Mars 2010 Fernandes Morera est mort dans un accident du travail dans l’indifférence générale. Il construisait un bâtiment industriel pour Airbus Blagnac.


Pour lui rendre hommage, rendez­-vous le samedi 17 Avril à 11h30 devant Pôle Emploi, avenue E. Dewoitine à Toulouse

 

http://anarsonore.free.fr/spip.php?article481

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