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23/04/2010

Colmar, lycéen placé en garde à vue : délit d’entrave à la circulation puni par l’article L412.1 du code de la route et passible de deux ans d’emprisonnement.


Au carrefour de la gare, les policers embarquent les manifestants sur le point de bloquer la circulation. (Photo DNA-Gil Michel)

 

Devant le lycée Camille-Sée, ils n’étaient qu’une poignée à avoir répondu hier matin à l’appel à manifester de la Coordination Lycéenne Indépendante. Toujours pour les mêmes motifs détaillés dans le tract distribué sur le parvis de l’établissement : les suppressions de postes de professeurs, la réforme du lycée et les menaces de dispositifs policiers dans les établissements.

« On n’est pas super-nombreux»

« On a tracté pendant trois jours, c’est décevant. La motivation a disparu, mais plus tard, ils vont le regretter », lâche Romain. « On n’est pas super-nombreux. Voulez-vous discuter de la réforme ? On fait quoi ? » interroge Allaoui, l’un des organisateurs.
Les lycéens évoquent « le blocage du carrefour de la gare » ou « l’occupation d’un site administratif ». Mona, élève de seconde, redoute des classes encore plus surchargées où le professeur n’a plus la possibilité d’aider les élèves qui en ont besoin. Ce sera le cas l’an prochain pour l’option sport qui va perdre un enseignant, regrette l’élève.
Devant le lycée de l’avenue de l’Europe, des lycéennes se désolidarisent clairement du mouvement minoritaire. « Ça dépend de la bonne volonté des profs, mais on a eu du soutien quand on l’a demandé », dit Sophie, élève de terminale. Elle estime que seuls « ceux qui apportent des armes ou du shit au lycée », ont à redouter une présence policière accrue dans les lycées.

Contrôles d’identité

C’est au moment où les manifestants s’apprêtaient à bloquer la circulation au carrefour des avenues République / Poincarré, devant la gare, que les policiers ont embarqué huit lycéens conduits au commissariat. Pour sept d’entre eux, le passage au commissariat s’est soldé par un contrôle d’identité et une convocation pour une audition la semaine prochaine. Les élèves majeurs sont repartis au bout d’une heure, les mineurs ont dû attendre leurs parents. L’un des lycéens a été placé en garde à vue. Le parquet décidera des suites à donner à la garde à vue. Une quinzaine de manifestants qui n’avaient pas été inquiétés se sont rendus au commissariat prendre des nouvelles de leurs camarades.

« Entrave à la circulation »

Face à une mobilisation qui n’a jamais été aussi faible (voir encadré), la réponse policière, inédite dans une manifestation lycéenne, paraît disproportionnée. Le commissaire Cédric Richardet s’en explique : « Les lycéens avaient bien fait une déclaration de manifestation avec un itinéraire, mais ils ne l’ont pas respecté et ont décidé de faire une action coup de poing en bloquant le carrefour. Nous leur avons expliqué qu’il s’agit d’un délit d’entrave à la circulation puni par l’article L412.1 du code de la route et passible de deux ans d’emprisonnement. Les manifestants doivent pouvoir exprimer leurs revendications, mais ils doivent aussi comprendre qu’il y a un cadre à respecter ».
Le commissaire Richardet admet que les précédents sit-in à des carrefours s’étaient déroulés sans intervention policière, mais il justifie la décision d’hier par des tensions observées entre les manifestants et certains automobilistes lors de la dernière manifestation des lycéens.

A.M.

Article pris chez la Feuille de Choux - Source DNA Colmar- Édition du Ven 23 avril 2010

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Observation du debor-dement de l'ennemi dans la marge, ou vers la notion de recadrage ...

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