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23/04/2010

Les "Tireurs" de Villers le Bel - La délation, nouvel organe de visée ...

A partir du 21 juin, quatre personnes comparaissent "en effet" (guillemets par PROBE) pour tentative de meurtre sur policiers en bande organisée, un cinquième pour complicité de ces mêmes faits. - Le Parisien 8/04/2010

La guerre n'est pas si onéreuse que la servitude..gif



Comment le Raid traque les tireurs de Villiers-le-Bel

La police a déployé les grands moyens dans la ville du Val-d’Oise.

Les rues étaient désertes hier soir, à Villiers-le-Bel, pour la deuxième soirée consécutive. Présentes en nombre, les forces de l’ordre quadrillaient les points stratégiques d’une ville fantôme, tandis qu’un hélicoptère continuait de patrouiller dans le ciel, armé d’un puissant projecteur. Peut-être aussi en raison des peines exemplaires encourues par les émeutiers, il y avait encore moins de monde que la veille. Une situation à l’opposé de celle du début de semaine.

Lundi soir, au plus fort des affrontements, il n’y a pas eu que des coups de fusil. Certains policiers ont été atteints par des clous et des vis tirés à l’aide d’un bazooka improvisé. Il était visiblement composé d’un tube, une fusée à ailettes ayant servi à projeter la mitraille. «L’arme de guérilla urbaine par excellence», réagissait hier, médusé, un responsable de la police locale.

Hier soir, la traque aux tireurs de tout poil est toujours en cours. «Ce n’est pas une obligation de moyens, c’est une obligation de résultat», commentait une haute autorité de la PJ, en entendant Nicolas Sarkozy annoncer que les auteurs des tirs seraient arrêtés et «envoyés aux assises».

La police a déployé les grands moyens. Les vidéos de la soirée sont analysées pour identifier les visages, les tenues vestimentaires, la gestuelle de chacun des émeutiers filmés. La police pense que plusieurs tireurs ont agi. Il y a eu, en tout cas, plusieurs tirs recensés en des endroits différents. Des plombs et projectiles ont été envoyés à l’analyse et seront comparés aux munitions ou morceaux de ferraille éventuellement saisis lors des perquisitions. Pour l’heure, plusieurs lignes de mobiles et de fixes ont été placées sous écoute. Les bornes téléphoniques du secteur auraient déjà «parlé» et des individus ont été ciblés.

Il y a aussi le retour d’expérience des opérations de maintien de l’ordre. Depuis avant-hier, c’est une énorme démonstration de force. Pas moins de mille policiers quadrillaient la ville mardi, un peu moins hier soir. La police était partout, les émeutiers nulle part.

 

Des hélicoptères survolent les HLM

 

Les rues se sont vidées, les artères commerçantes aussi. Loin, très loin donc des scènes de bataille qui ont agité les deux nuits précédentes. Depuis, il n’y a pas eu de nouvelle étincelle.

Sur place, les forces de l’ordre ont donc réussi à ramener le calme. Elles ont surtout marqué les esprits en quadrillant le terrain. En le «saturant», même, selon leur expression.

Casqués, protégés par des boucliers et équipés de flash-balls et de matraques, la BAC et des CRS se sont déployés sans nervosité. Appuyés par une quinzaine d’hommes du Raid. Certains «superflics» les suivaient de près. D’autres, plus discrets encore, étaient postés au balcon de plusieurs appartements réquisitionnés. On voyait à peine poindre le canon à silencieux de leur fusil de précision à lunette de vision nocturne. Ils se tenaient prêts à intervenir au cas où un émeutier sortirait une arme pour le «neutraliser».

Dans le ciel, deux hélicoptères se relaient désormais pour balayer les zones où s’étaient embusqués lundi les auteurs des échauffourées. En vain. Depuis deux nuits, il n’y a aucun jeune caché dans les fourrés. Quelques-uns étaient quand même tapis dans leurs voitures, sur plusieurs parkings retirés. Les occupants d’une BMW, d’une Rover et d’une Twingo ont ainsi eu droit à un contrôle d’identité en règle. Après avoir soigneusement enfilé une casquette ou la capuche de leur sweat pour éviter de «passer à la télévision en étant humiliés», les jambes écartées, les mains posées sur leur capot, les jeunes d’une vingtaine d’années se sont exécutés. Sans broncher. Se contentant de balancer aux journalistes présents : «D’où vous nous filmez, qu’est-ce que vous faites ? On n’est pas à Disney !»

Thibaut Danancher (à Villiers-le-Bel) et Jean-Marc Leclerc 29/11/2007 | Le Figaro

 

 

Villiers-le-Bel: la piste des tireurs

 

Avant l'intervention massive de lundi à Villiers-le-Bel, l'enquête menée dans le Val-d'Oise avait permis de reconstituer le scénario des émeutes de 2007. Et de remonter à la bande qui aurait ouvert le feu sur les forces de l'ordre après la mort de deux mineurs dans une collision avec un véhicule de police. Détail.

Il ne faut pas se tromper, insiste un enquêteur après la spectaculaire opération du 18 février à Villiers-le-Bel (33 arrestations), les tirs contre des policiers ne résultaient pas d'un phénomène spontané de violence urbaine. Il s'agissait d'actes prémédités commis par une équipe décidée à tuer du flic. L'enquête était d'autant plus difficile que la bande avait imposé la loi du silence à la cité."

Tout commence le 25 novembre 2007, par la mort, à Villiers-le-Bel, de deux mineurs, tués lors d'une collision avec une voiture de police. Ce drame provoque une émeute, marquée par des violences exceptionnelles, car les membres d'une bande locale auraient décidé de tuer deux policiers "en retour".

Un commissaire de police est tabassé sur les lieux de l'accident. Des tirs par armes à feu visent les forces de l'ordre déployées dans le quartier; 75 CRS sont ainsi blessés par des grenailles ou des chevrotines. Une femme policière est gravement touchée. Surveillance, recueil de témoignages, écoutes téléphoniques... Pendant trois mois, la police judiciaire de Versailles, le Raid et la Sécurité publique se sont concentrés sur l'identification des tireurs et sur leur mode opératoire. Ils agissaient, semble-t-il, à trois ou quatre, entourés d'une sorte de "mur" de protecteurs.

Très mobiles, ils attiraient leurs cibles dans des guets-apens, en détruisant les éclairages publics et en provoquant des incendies. Ils visaient ensuite le visage et les jambes. L'attaque aurait cessé faute de munitions. Afin de localiser les huit zones de tir, l'enquête débute par l'audition des CRS. Problème: au moment des faits, ces derniers étaient dans l'obscurité, face à deshommes encagoulés... Pour susciter des témoignages, la PJ distribue 2000 tracts dans la cité. Sans résultat. "Les habitants ont cru qu'ils avaient été fabriqués par les voyous eux-mêmes afin d'identifier les balances!" se souvient un policier.

Une deuxième diffusion est donc organisée, accompagnée, cette fois, d'une déclaration à la presse pour en certifier l'origine. La police sollicite des témoignages sous X, mais, fait nouveau, ajoute: "Tout élément susceptible d'orienter favorablement l'enquête en cours pourra faire l'objet d'une rémunération." Explication d'un responsable: "C'était un double appel: proposer la nouvelle procédure d'anonymat, qui permet, avec l'accord du procureur et d'un juge, de faire témoigner quelqu'un sous un simple numéro. L'autre mention était destinée aux informateurs, aux 'tontons', comme on dit chez nous. Le message était clair: 'Témoignez, vous serez protégés; balancez, vous serez payés.'"

Une stratégie payante, si l'on ose dire. Parmi les 80 appels, la PJ retient une dizaine de personnes prêtes à témoigner sous X et une poignée d'"indics" disposés à fournir des renseignements moyennant finances. Or les témoignages concordent: ils désignent le noyau d'une bande composée d'une vingtaine de Blacks, connus de la police et qui sévissent dans plusieurs villes du département (Villiers-le-Bel, Gonesse, Sarcelles, Arnouville). Ils sont tous fichés pour vols avec violences, agressions ou racket. Certains ont été arrêtés 27 fois, et le plus ancien en 1993. Les policiers remarquent en outre que 27 % des braquages commis en 2007 dans le Val-d'Oise ont eu lieu dans le secteur de la bande.

Article de L'Express -Par Jean-Marie Pontaut , publié le mardi 19 février 2008, mis à jour à 08:59 - mis à jour le 20/02/2008

 

 

Sarkozy veut coffrer les tireurs de Villiers-le-Bel

Le président Nicolas Sarkozy souhaite l'arrestation rapide des auteurs des coups de feu qui ont blessé 81 policiers lors des émeutes de Villiers-le-Bel (Val-d'Oise), fin novembre.

Nicolas Sarkozy
Nicolas Sarkozy
REUTERS/© Thierry Roge / Reuters

"Je sais que l'enquête avance (...) J'ai bon espoir que les assassins -car quand on tire sur quelqu'un on est un assassin- qui ont utilisé des armes de chasse pour tirer sur des policiers seront rapidement traduits devant la justice", a déclaré le chef de l'Etat dans un discours à l'Elysée.

"Je veux rappeler qu'à Villiers-le-bel, 150 d'entre vous ont été blessés dont 81 par tirs d'armes à feu", a déclaré M. Sarkozy en présentant ses voeux à un millier de fonctionnaires de police ou de gendarmerie, personnels des services publics ou institutions qui travaillaient dans la nuit du 1er janvier.

"Vous avez évité l'escalade que certains recherchaient", en ne répliquant pas à ces tirs, a-t-il ajouté.

"Je n'oublierai pas, la France n'oubliera pas, ce que nous vous devons et le prix de vos sacrifices", a-t-il ajouté.

"Je n'accepterai jamais d'être le président de la République d'un pays où les voyous tirent sur des fonctionnaires", a-t-il dit, précisant que tous les moyens étaient à la disposition du ministère de l'Intérieur pour arrêter les coupables.

"La meilleure réponse, c'est d'aller les chercher et de leur demander des comptes", a-t-il affirmé, précisant: "Je sais que ça progresse (l'enquête) et croyez que j'en suis ravi".
Par la rédaction du Post - La rédaction du Post le 01/01/2008



Les tireurs présumés tentent d'éviter les assises

Objectif non-lieu pour les tireurs présumés de Villiers-le-Bel. Hier matin, les avocats des cinq jeunes accusés d'avoir ouvert le feu pendant les émeutes de novembre 2007 ont plaidé leur cause devant les magistrats de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles. Avec un enjeu de taille au de ces deux heures d'audience à huis clos : éviter le procès devant la cour d'assises du Val-d'Oise, à Pontoise. En juillet dernier, les accusés avaient fait appel de l'ordonnance de mise en accusation du juge d'instruction. « Je conteste les éléments permettant leur renvoi devant la cour d'assises. » Hier matin, M e Patrick Arapian, qui défend quatre des cinq mis en cause, a estimé à l'issue de l'audience, que l'accusation reposait « sur des témoignages contestables, des charges insuffisantes ». L' regrette aussi que l'avocat général ait refusé ses demandes d'investigations supplémentaires concernant les témoins qui ont fait l'objet de pression. « Pour lui, le dossier est complet. » « Tous les témoins se sont rétractés ou contredits » « Adama clame toujours autant son innocence. Il crie haut et fort qu'il n'a jamais tiré sur les policiers. Il n'y a pas le moindre élément de preuve », expliquait hier après-midi son avocate, Sylvie Noachovitch. « Je ne comprends pas pourquoi le juge d'instruction l'a renvoyé devant les assises. Tous les témoins sur lesquels repose l'accusation se sont rétractés ou se sont contredits. » L'avocat général a finalement requis la confirmation des cinq renvois devant les assises ordonnés par le juge d'instruction et exclu pour sa part les non-lieux. Adama K., 29 ans, son frère Abou., 28 ans, Ibrahim S., 25 ans, et Maka K., 22 ans, sont accusés d'avoir ouvert le feu sur les policiers au cours des soirées des 25 et 26 novembre 2007. Ils sont poursuivis pour « tentatives de commis sur des policiers dans l'exercice de leurs fonctions et en bande organisée ». Un cinquième jeune, Samuel L., 24 ans, est accusé de complicité de ces mêmes faits, pour avoir fourni un fusil à pompe. Les magistrats rendront leur décision le 13 octobre. Les 26 et 27 octobre, un autre épisode judiciaire se jouera, à Versailles également : le procès en appel des caillasseurs présumés des émeutes. En juillet dernier, les dix prévenus avaient été condamnés à des peines allant d'un an à trois ans de prison ferme.

Article du Parisien - 23.09.2009

 

Villiers-le-Bel : nouvelles mises en examen, le règne des balances
(Le 24 février 2008)

Quatre nouvelles mises en examen dans le dossier Villiers-le-Bel

Reuters, sam. févr. 23, 2008 9:46 CST

PARIS (Reuters) - Quatre personnes soupçonnées d’avoir tiré sur des policiers lors des violences de Villiers-le-Bel (Val-d’Oise) en novembre dernier ont été mises en examen vendredi, a-t-on appris auprès du parquet de Pontoise.

Elles devront répondre de "tentative d’"homicide" sur les policiers commise "en bande organisée", a précisé la procureur de Pontoise, Marie-Thérèse de Givry. Trois des suspects ont été écroués.

Au total, sur la quarantaine de personnes interpellées lors d’une vaste opération de police lundi dernier, dix-huit ont été mises en examen. Onze d’entre elles ont été écrouées à ce jour.

Avant vendredi, trois suspects avaient été mis en examen pour avoir roué de coups un commissaire de police, quatre pour l’incendie de bâtiments publics, cinq pour des jets de pierre et deux pour vol et destruction du véhicule appartenant au commissaire.

Lors d’une conférence de presse au palais de justice de Pontoise, Marie-Thérèse de Givry a estimé que le nombre de personnes écrouées démontrait que, pour le parquet, "la liberté est la règle et la détention l’exception."

La magistrate a été interrompue par des jeunes présents dans la salle aux cris de "Donnez-nous des preuves", par allusion à l’absence d’éléments matériels dans le dossier évoquée par des avocats de la défense.

Marie-Thérèse de Givry leur a répondu que l’instruction était toujours en cours et que la justice avait "besoin de temps."

"Aujourd’hui, il va falloir reconstruire Villiers-le-Bel et je veux dire aux jeunes que la justice va les aider", a-t-elle lancé, assurant que la lutte contre les discriminations était une priorité de la garde des Sceaux, Rachida Dati.

Les faits se sont produits dans le contexte de deux nuits de violences urbaines impliquant des dizaines, voire des centaines de jeunes gens.

Le président Nicolas Sarkozy s’est félicité vendredi de l’opération de police "exemplaire" menée à Villiers-le-Bel.

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Villiers-le-Bel : un 5e tireur présumé mis en examen

AFP et Le Figaro, 24/02/2008 | Mise à jour : 16:20

Au total, dix-neuf personnes qui ont été mises en examen et douze placées en détention provisoire depuis la vaste opération de police menée lundi à Villiers-le-Bel. La descente de police menée lundi à Villiers-le-Bel ne cesse d’apporter de nouveaux indices et de nouveaux noms aux enquêteurs. Samedi une cinquième personne a été mise en examen et incarcérée dans le volet de l’enquête concernant les tirs contre les forces de l’ordre fin novembre. Au total, ce sont plus de dix-neuf personnes qui ont été mises en examen et douze placées sous mandat de dépôt à l’issue la vaste opération de police menée lundi à Villiers-le-Bel pour retrouver les auteurs des violences survenues les 25 et 26 novembre à la suite de la mort de deux adolescents à moto percutés par un véhicule de police.

Les cinq hommes soupçonnés d’être les auteurs des coups de feu ont été mis en cause par des témoignages sous X mais aussi par certains autres gardés à vue. « La peur de partir en prison pour 15 ou 20 ans a finalement poussé certains suspects qui avaient commis des faits moins graves, à livrer aux enquêteurs le nom des tireurs », décryptait hier une source proche du dossier.

Le coup de filet de lundi a également permis de faire progresser les autres volets de l’enquête sur les auteurs des violences de fin novembre. Dans l’investigation sur le lynchage du commissaire de police, Jean-François Illy, le premier policier à être arrivé sur les lieux après la collision mortelle entre les deux jeunes et le véhicule police, trois personnes ont été mises en examen et placées en détention provisoire pour tentative de meurtre. De plus, cinq personnes ont été mises en examen, dont trois écrouées, pour jet de pierres sur les forces de l’ordre. Quatre ont été mises en examen et deux d’entre elles écrouées pour les incendies d’une bibliothèque et d’une école de Villiers.

Par ailleurs, deux personnes ont été mises en examen et placées sous contrôle judiciaire pour l’incendie du véhicule du commissaire Illy, dont le frère de Lakamy, l’un des deux adolescents décédés dans la collision. Une troisième personne déférée dans ce dossier a été entendue comme témoin assisté.

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Villiers-le-Bel : un cinquième tireur présumé incarcéré

dimanche 24 février 2008 | Le Parisien

Lundi, 35 personnes étaient placées en garde à vue lors d’un coup de filet faisant suite à l’enquête sur les émeutes de novembre 2007 à Villiers-le-Bel (Val-d’Oise). Aujourd’hui, 19 sont déjà mises en examen, dont 5 pour avoir tiré sur des policiers.

SIX JOURS après le coup de filet des services de police, un cinquième tireur présumé, âgé de 20 ans, a été déféré devant le magistrat instructeur hier après-midi, à Pontoise. Il a été mis en examen et écroué dans la soirée pour tentative d’homicide volontaire sur les policiers, avec arme, en bande organisée. Les faits se sont produits il y a pratiquement trois mois, lors de la deuxième nuit d’émeutes à Villiers-le-Bel.

A l’origine de cette flambée de violences : la mort de deux adolescents, décédés dans la collision de leur moto avec une voiture de police. Pour la première fois en France, les policiers avaient essuyé de nombreux tirs de fusil de chasse chargés de chevrotine et d’armes à grenaille, parfois à quelques mètres de distance seulement. Les affrontements avaient fait des dizaines de blessés parmi les forces de l’ordre. Cinq fonctionnaires avaient été grièvement touchés, l’un d’eux a perdu un oeil.

Témoignage sous X

« Mon client conteste les faits », a souligné l’avocat du jeune homme écroué pour ces tirs d’arme à feu , hier au tribunal de Pontoise où une poignée d’amis du suspect s’étaient déplacés pour le soutenir. Me Steve Ruben rappelle qu’« il s’était présenté spontanément le mardi matin aux services de police ». Et précise : « Contre mon client, il n’y a qu’un témoignage sous X et celui d’un autre mis en cause, mais aucun élément matériel ni aucune arme retrouvée. » L’audience s’est déroulée à huis clos, comme toutes les précédentes depuis mercredi, à la demande du procureur de la République.

Vendredi, quatre personnes ont été placées en détention pour ces tirs d’arme à feu. Parmi elles, Adama, présenté comme un grand frère par les uns, comme un chef de bande par les autres. « Il a confiance en la justice. Il est innocent », souligne son avocate, M e Sylvie Noachovitch . Elle précise que « des personnes se sont déclarées par l’intermédiaire de Dida (NDLR : l’ancien champion du monde de boxe thaïe, figure de Villiers-le-Bel et acteur aujourd’hui) en indiquant qu’elles étaient avec lui lors des faits. Je ferai en sorte qu’elles soient auditionnées par le juge d’instruction. »

Les mises en examen de vendredi dans le volet le plus lourd des émeutes n’ont pas occasionné de troubles importants à Villiers-le-Bel, où l’on a dénombré une voiture et une poubelle incendiées au cours de la nuit. Un important dispositif de maintien de l’ordre a été maintenu hier soir.

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Villiers : Les dénonciations en question

Dimanche 24 Février 2008, LeJDD.fr

Une semaine après le vaste coup de filet, à grand renfort de caméras, à Villiers-le-Bel, suite aux émeutes qui avaient secoué la cité francilienne en novembre dernier, l’heure est à l’interrogation. Le cas de certains accusés, dénoncés pour, à en croire les témoignages, s’en être directement pris aux forces de l’ordre, pose en effet problème. Leurs soutiens crient à la délation.

Le 7 février, Adama, 27 ans, serrait la main de Christine Boutin au ministère du Logement et de la Ville. Avec un éducateur sportif et deux autres "grands frères" de Villiers-le-Bel, ce Français d’origine sénégalaise était venu plaider la cause de cette cité du Val-d’Oise, où la mort de deux jeunes percutés par un véhicule de police avait entraîné deux soirées d’émeutes. "Un rendez-vous très constructif, indique aujourd’hui Ephra Kazadi, l’un des participants. La ministre veut nous aider à promouvoir l’emploi des jeunes issus des quartiers défavorisés." Vendredi, Adama a pourtant été mis en examen pour "tentative d’homicide volontaire sur agent de la force publique". Le débat sur la mise en détention de cet homme marié, père de trois enfants, a été différé à mercredi. La justice le soupçonne d’avoir tiré des plombs et de la grenaille sur des CRS, dont certains avaient été sérieusement blessés.

Juge de paix ou caïd ?

A Villiers, la mise en cause de cet ancien médiateur, qui dirige avec sa femme une entreprise de sécurité, a surpris. "Ici, on connaît plus Adama que le maire de la ville", assure Dida, un natif de la cité devenu champion du monde de boxe thaïe. "C’était une grande gueule qui se mêlait de tout. Il avait tendance à vouloir régler les problèmes. Beaucoup le jalousaient." Si certains le voient comme un juge de paix, les policiers eux parlent d’un caïd de cité ayant eu maille à partir avec la justice. "De nombreux témoignages concordent pour dire qu’il était le meneur des affrontements", confie un enquêteur.

Placé en détention provisoire, Adama clame pourtant son innocence. "Il a tout fait pour calmer les jeunes, plaide son défenseur, Me Sylvie Noachovitch. Son passé le rattrape." L’avocate, qui a longtemps fréquenté le plateau de l’émission Sans aucun doute sur TF1, connaît bien son client qui soutenait sa candidature UMP à l’élection municipale de Villiers-le-Bel... "Je souhaite que sa mise en cause n’ait rien à voir avec ce combat politique", espère Dida. Certains se demandent pourtant si la proximité d’Adama avec le parti de la majorité ne lui aurait pas valu d’être "balancé".

Son frère Abou et trois autres personnes ont aussi été mises en examen dans ce volet de l’enquête. Hier après-midi, un nouveau suspect a été présenté au juge d’instruction. Désigné par un indic’et présenté comme un habitué de la mosquée de Villiers-le-Bel, Maka est soupçonné d’avoir tiré au fusil de chasse sur les policiers. Comme pour les treize autres personnes mises en examen - pour l’agression d’un commissaire de police après l’accident, le caillassage des policiers, les incendies de la bibliothèque et de l’école maternelle -, les témoignages constituent le socle des investigations en l’absence d’ADN ou de preuves photographiques. Après l’appel à témoins lancé par la direction régionale de la police judiciaire (DRPJ) de Versailles et la promesse d’une rétribution, certains ont voulu dénoncer les responsables de façon anonyme.

"Ils voulaient me faire avouer des choses que je n’avais pas faites"

"Certaines dénonciations ne sont pas assez précises, il y en avait quatre ou cinq vraiment exploitables", reconnaît un enquêteur. "C’est un procédé contestable. Comment se défendre quand il ne peut pas y avoir de confrontations ? On sait que les tireurs étaient cagoulés, comment ont-ils pu être reconnus ?" s’interroge Sylvie Noachovitch. Me Joseph Cohen-Sabban, qui défend Saïd, un chauffeur de taxi accusé d’avoir transporté de l’essence pour les incendiaires, envisage de contester le témoignage sous X qui accuse son client. "Mais c’est une telle usine à gaz !", avoue-t-il.

"Moi, on m’a d’abord dit que j’avais été dénoncé puis que j’avais été filmé", affirme un jeune de Villiers qui a passé 24 heures en garde à vue et qui veut garder l’anonymat. "En fait, ils voulaient me faire avouer des choses que je n’avais pas faites." "Grizzly", qui lui est ressorti libre après 40 heures de garde à vue, se demande qui sont les deux personnes qui l’auraient vu frapper un policier alors qu’il n’était pas à Villiers-le-Bel. Quant aux 7 400 euros retrouvés dans sa poche, dont la prise avait été annoncée par la procureure de Pontoise, ils proviennent selon lui de la vente d’un véhicule...

Vendredi, la magistrate a annoncé que sur la quarantaine de personnes interpellées, dix-huit avaient été mises en examen et onze écrouées. Elle s’est félicitée de la "réussite" de l’enquête, avant d’aller sabler le champagne avec ses collaborateurs. Hier, une cinquantaine de jeunes se sont réunis en silence à Villiers-le-Bel pour dénoncer cette opération médiatico-policière. Sur l’une des affichettes placardées sur les murs, on pouvait lire cette interrogation : "La délation est-elle devenue une preuve ?"

Articles pris sur Les Brèves du désordres


 

Villiers-le-Bel : la justice met en cause les policiers

La cour d’appel de Versailles a demandé la réouverture de l’instruction sur l’accident entre une voiture de police et une moto qui avait fait deux morts et déclenché des émeutes en novembre 2007

Les textos ont très vite circulé dans la cité hier : l’enquête sur la collision mortelle de Villiers-le-Bel est relancée. L’accident entre la voiture de police et la moto de Mouhsin et Laramy avait causé la des deux adolescents et déclenché deux nuits d’émeutes à Villiers-le-Bel en novembre 2007. Au terme de l’information judiciaire, les policiers impliqués dans les faits avaient bénéficié d’un non-lieu le 23 octobre dernier.

Mais hier matin, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles a infirmé ce non-lieu et ordonné un supplément d’information. Les magistrats ont également ordonné la mise en examen du policier qui se trouvait au volant le soir du drame, pour « homicides involontaires ». Selon le parquet général de Versailles, « il y a des charges suffisantes pour considérer que le conducteur a enfreint les règles du Code de la route ». C’est le de la chambre de l’instruction qui sera chargé de la poursuite de l’instruction et qui devrait entendre prochainement le policier mis en cause.
« C’est une décision de sagesse et d’apaisement, une décision de bon sens », a estimé hier Jean-Pierre Mignard, l’avocat des familles qui avaient fait appel de l’ordonnance de non-lieu. « Pour les familles, c’est une satisfaction. Omar, le frère de Mouhsin, a confié qu’il était très fier de la de son pays. »
L’avocat va pouvoir obtenir ce qu’il a réclamé en vain au magistrat instructeur. « La cour d’appel considère que l’information judiciaire n’était pas achevée, qu’elle n’était pas complète. Il manquait la confrontation entre les fonctionnaires de police et les résultats des expertises. Ils expliquaient dans leurs dépositions qu’ils roulaient à une vitesse normale, à 40 km/h, 50 km/h. Il a été démontré qu’ils étaient à 64 km/h, en phase d’accélération. Ils seront réentendus et devront expliquer pourquoi ils accéléraient, pourquoi ils n’avaient pas de gyrophare. »
L’absence de casques, de freins sur la moto, la priorité grillée, leur vitesse élevée… Jean-Pierre Mignard n’élude pas les responsabilités des deux jeunes dans le drame qui leur a coûté la vie. « Mais il était extravagant que toutes les responsabilités pèsent sur eux et aucune sur les policiers. »
Cette décision pourrait également contribuer à apaiser le climat qui va entourer le procès des tireurs présumés des émeutes devant la cour d’assises du Val-d’Oise. A partir du 21 juin, quatre personnes comparaissent en effet pour tentative de meurtre sur policiers en bande organisée, un cinquième pour complicité de ces mêmes faits.

Article Le Parisien FRÉDÉRIC NAIZOT | 08.04.2010


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