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03/05/2010

Bordeaux, ville de traditions ...

 

Adrien Marquet a été pendant cinquante ans le personnage absent de l’histoire bordelaise : pourtant élu maire socialiste de Bordeaux en 1925 il y a laissé une forte empreinte jusqu’en 1944 ; exclu de la sfio avant le Front Populaire il devient en 1940 et pour quelques mois ministre de l’intérieur du gouvernement Pétain à Vichy. Puis il ne cessera d’intriguer à Paris avec les milieux de l’ultra collaboration.
A Bordeaux ni les rafles ni les fusillades d’otages ne lui arrachent un mot ou geste. Arrêté à la Libération, il est jugé en 1947-48. Inéligible il tente cependant un retour en politique et fragilise brièvement Jacques Chaban Delmas dont l’arrivée à Bordeaux avait permis aux élites de tourner la page de l’Occupation. Marquet meurt en 1955 après un malaise à la tribune d’un meeting. Enterré alors au propre comme au figuré, il ne ressurgit qu’à partir des années 2000 grâce aux recherches des historiens.
Le film s’appuie sur ces recherches et notamment celles de Mme Taliano des Garets, et de MM. Hubert Bonin et Bernard Lachaise (Sciences Po et Bordeaux III). Des images du « Bordeaux de Marquet » et des Archives saisissantes constitueront pour beaucoup la révélation d’une page enfouie.

Quelques extraits des commentaires de Michel Cardoze
" D’autres que Marquet, qui furent comme lui séduits par Vichy, se mettent au vert à partir de 1942 et réapparaîtront parfois en résistants à la Libération. Marquet, lui,  ne bronche pas, et même le saccage de la grande synagogue transformée en prison en janvier 44 ne lui arrache pas un soupir. 1681 juifs auront été déportés (de Bordeaux) dont 225 enfants. Leur recensement public organisé en octobre 40 par une loi de Vichy avait livré à la police 1200 dossiers familiaux et 3000 dossiers personnels. (...)

Après les fièvres de la Libération et un court intermède municipal avec Fernand Audeguil, socialiste et résistant, Bordeaux se livre vite au jeune et prestigieux général deux étoiles de la Résistance, Jacques Chaban-Delmas. Entre familiarité avec de Gaulle, rugby, tennis, et séduction populaire, la page Marquet se tourne ainsi plus vite. Apparemment…(...)

Réélu maire en effet, Jacques Chaban Delmas est cependant fragilisé en permanence par la forte opposition des élus de la liste « Marquet sans Marquet » qui l’empêche de disposer d’une majorité nette et franche. Et l’amnistie de Marquet ne peut être retardée indéfiniment..

Beaucoup de ces amnistiés se feront oublier. Ce n’est pas le genre d’Adrien Marquet.  (...)
Cette réunion publique agitée a  lieu à l’Alhambra(1955), théâtre aujourd’hui disparu. Malaise à la tribune, on ne peut imaginer fin plus spectaculaire.

Ses obsèques au cimetière de la Chartreuse vont être l’occasion d’un ultime rassemblement des élites bordelaises au fond si bien servies par Marquet, y compris sous l’occupation nazie. Car si Marquet a connu ce destin et assumé ses choix de 40 à 44, c’est qu’il exprimait aussi le penchant de ces élites.  Elles l’avaient maintenu au pouvoir. Les mêmes se réfugieront après la Libération sous le képi étoilé de Chaban-Delmas. (...)

Pendant cinquante ans, chaque bordelais a vécu sans trop le savoir ou en l’oubliant, avec le témoignage des mandats du maire Marquet : régie du gaz, bourse du travail, stade, piscine, terrasses du jardin public. Et puis, la salle du conseil municipal de Bordeaux aligne les bustes de tous ses maires. Sous le regard virtuel et sans doute goguenard de Montaigne, celui de Marquet est là, entre Philippart et Audeguil, à sa place. Sans doute pour nous inviter à questionner le silence des statues et à raconter leurs histoires".

Liens web
http://www.adrienmarquet.com/

 

Adrien Marquet
les dérives d'une ambition, Bordeaux, Paris, Vichy (1924-1955) de Hubert Bonin, Bernard Lachaise, et Françoise Taliano-des-Garets. Editions Confluences
Biographie documentaire d'A. Marquet analyse les dérives de cet homme de gauche, qui voulut infléchir le cours de l'histoire en promouvant un socialisme élargi aux classes moyennes, et qui finit par jouer un rôle important dans le gouvernement de Vichy.

Adrien Marquet, du socialisme à  la  collaboration de Pierre Brana et Joëlle Dussau. Editions Atlantica

Militant socialiste, il crée avec Marcel Déat en 1933 le « mouvement néo » ; homme de gauche il est fasciné par l'ordre et le fascisme italien ; ministre de Vichy, il fait flotter le drapeau tricolore dans Bordeaux occupé : que de contradictions chez cet homme-là !

L'homme d'une ville de Hélène Sarrazin. Editions Presqu'île (1995)

Ce documentaire est projeté en avant première le jeudi 15 octobre 2009 à 16H00 à l' Institut d'Etudes Politiques de Bordeaux et sera suivi d'un débat en présence de : Michel Cardoze, Barcha Bauer ainsi que les auteurs du livre " Adrien Marquet, les dérives d'une ambition" Hubert Bonin, Bernard Lachaise, et Françoise Taliano-des-Garets.

Durée : 52 minutes - 2008
Ecrit par Michel Cardoze
Réalisation : Barcha Bauer 
Co-production :  Les productions de la Lanterne, France 3 Aquitaine

http://passouline.blog.lemonde.fr/files/2009/11/nazi.1257493718.jpg

Traditionalistes : la maison du président de l'école bordelaise taguée

Des sigles nazis ont été inscrits sur la façade de la maison de Thomas Rivière. La vitrine de la librairie, rue Saint-James, a été vandalisée et un bar associatif a été tagué.

 

Des croix gammées et des sigles SS sur les murs inscrits à la peinture noire. C'est ce qu'a découvert samedi, sur la façade de sa maison, l'avocat Thomas Rivière, président de l'école bordelaise Saint-Projet, établissement d'enseignement catholique entièrement privé.

Il est mis en cause dans le reportage « À la droite du Père », diffusé sur France 2 mardi dernier dans l'émission « Les Infiltrés » (lire nos précédentes éditions).

Thomas Rivière, à l'origine de la création de cette école, s'estime piégé par le journaliste de l'agence de presse Capa et condamne les propos racistes et antisémites tenus par les militants du groupuscule extrémiste Dies Irae.

Trois endroits visés

Ce week-end, la tension est malgré tout montée d'un cran. La maison de Thomas Rivière donc a été taguée de sigles nazis et deux autres événements se sont produits, visant la mouvance traditionaliste.

La vitrine de la librairie de la rue Saint-James, située face à l'entrée de l'église Saint-Éloi, a également été prise pour cible et brisée par deux individus qui ont lancé des pavés, dimanche, à 3 heures du matin. Plusieurs impacts sont d'ailleurs visibles.

Les auteurs présumés ont été arrêtés par une patrouille de la brigade anti-criminalité de Bordeaux alors qu'ils s'enfuyaient, cours Victor-Hugo. Ils ont été placés en garde à vue au commissariat central où ils ont été auditionnés. Il s'agit de deux Bordelais âgés de 25 et 27 ans.

Un peu plus tôt dans la nuit, le bar associatif de Dies Irae, rue de Guienne, a été lui aussi tagué. Des autocollants d'un groupe anarchiste ont aussi été apposés sur la devanture.

Pour tous ces faits, la Direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) a été saisie par le parquet.

Des gens connus

Les enquêteurs du Service régional de l'identité judiciaire ont effectué des opérations de police technique et scientifique. De minutieux prélèvements ont été réalisés sur les lieux pour tenter d'identifier les tagueurs qui ont semble-t-il pris beaucoup de précautions avant de se lancer, pinceau à la main.

L'enquête pourrait s'orienter vers la mouvance de gauche même si toute autre piste n'est pas exclue.

Dans le cadre de cette affaire, la PJ va travailler en étroite relation avec le service départemental d'informations générales (SDIG) et celui du Renseignement intérieur (RI).

Les investigations pourraient être menées sur différents sites du département. À Bordeaux et dans le Libournais notamment. « L'émission ''Les Infiltrés'' a révélé certaines choses mais ces gens-là sont connus. Il va falloir traduire dans la réalité quelque chose que les services de renseignements connaissent bien », confie un policier.

L'enquête qui ne fait que débuter devrait mettre en lumière plusieurs infractions ainsi que des délits. « Les faits au plan moral et sociétal sont graves, reconnaît une source proche de l'enquête, mais la procédure est plus complexe que cela. D'autant qu'entre la saisine des services de police judiciaire et la diffusion de l'émission, des éléments ont sûrement disparu. »

Article de Sud Ouest - 3 mai 2010 12h15 | Par Jean-Michel Desplos

 

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