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07/07/2010

Cognin - Tarnac ou comment justifier la pérennité de la section antiterroriste ?


JUSTICE/SAVOIE
L'explosion mortelle de Cognin n'était pas une affaire de terrorisme

chambéry

L'explosion mortelle de Cognin n'est pas le résultat d'une erreur de manipulation d'apprentis terroristes.
Ce sont des experts qui le disent. Quatorze mois après avoir été saisi de l'enquête, le juge d'instruction du pôle antiterroriste de Paris vient, avec un avis favorable du parquet, de renvoyer l'affaire à Chambéry, en se déclarant "incompétent" par ordonnance, il y a quelques jours.
Il appartient maintenant au procureur général, ici, de désigner un nouveau juge d'instruction. Pour rechercher dans le registre du droit commun, entre la manipulation de produits explosifs et les causes de l'accident, si des infractions peuvent être reprochées aux jeunes mis en cause.

Dès le lendemain de l'explosion, la piste terroriste est ouverte

La piste terroriste est ouverte dès le lendemain de l'explosion dans l'usine désaffectée de Cognin. La jeune femme décédée, Z......., 23 ans, et son copain, gravement blessé, M......., 25 ans à l'époque, gravitent alors dans le monde parallèle des squatters, des "alternatifs", beaucoup fréquenté par des militants de l'ultra-gauche et des anarchistes.
L'enquête sur le drame prend rapidement une tournure très spectaculaire. C'est avec un déploiement considérable de gendarmes mobiles et de policiers locaux, dont les Chambériens se souviennent encore, que les hommes de la sous-direction nationale antiterroriste de la police judiciaire investissent le squat de l'ancienne usine Pilotaz puis les différents "points de chute" similaires du couple. Dans les jours et les semaines qui suivent, R......., J........., M........... sont mis en examen pour participation à une entreprise terroriste, destruction de preuves. Ils sont détenus puis progressivement libérés avec un contrôle judiciaire qui s'est allégé avec le temps. M... a récupéré de ses blessures. Une perte partielle de sa vue est la principale séquelle à laquelle il est encore confronté. Tous les trois ont repris leurs études ou ils travaillent.
Le dernier à avoir été arrêté est T... qui vivait ici sous une autre identité, longtemps recherché, retrouvé en Europe centrale et extradé de Hongrie où il s'était réfugié il y a quelques mois. Lui aussi est sous contrôle judiciaire.
« C'est une montagne qui accouche d'une souris » résume Me Laurent Pascal, avocat de trois des jeunes gens. « On savait depuis le départ que cette enquête ne mènerait à rien, pas besoin de sortir de Saint-Cyr ! L'entreprise terroriste n'existe pas ». L'avocat de M....., Me Bernard Ripert, poursuit. « C'est un regrettable accident que l'on a voulu monter en épingle, à Chambéry. C'est dans la ligne de ce qui se passe en France où l'on voit des terroristes partout. J'espère que le juge d'instruction à Chambéry saura tenir compte des conclusions de la justice à Paris pour prononcer un non-lieu ».
Car, comme il ne s'agissait pas d'une affaire de terrorisme, la justice va devoir définir ce que c'était sur le plan juridique. Au-delà d'un drame, terrible, de l'inconscience.

 

REPÈRES
les faits
Dans la nuit du 30 avril au 1er mai 2009, une explosion ébranle une usine désaffectée située entre l'Hyères et la RD 1006 à Cognin. Z......, une jeune Ardéchoise de 23 ans, est tuée par les débris de la bombe artisanale qu'elle confectionnait avec son compagnon, M...., 25 ans. Plus en retrait, le garçon, originaire de Genève, est sérieusement brûlé et sa vue est gravement atteinte. Ils manipulaient du chlorate de soude et du sucre et un petit extincteur pour servir de récipient aux produits. D'autres jeunes gens qui les ont fréquentés sont ensuite inquiétés. Trois sont plus particulièrement visés. Ils subiront des gardes à vue double durée, des interrogatoires à Paris, réservés aux personnes soupçonnées d'activités terroristes. Deux seront incarcérés ainsi que M...... Puis, tous libérés.

Frédéric CHIOLA
Paru dans l'édition E73 du 02/07/2010 (2.2970519963

piqué sur Le Daubé - 02/07/2010

 

 

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"Cette affaire na rien à voir avec le terrorisme, elle na été confiée à cette juridiction daffaires politiques que pour lui assurer une activité. Cest pour justifier la pérennité de la section antiterroriste quon la saisit quand quelquun fait péter un pétard mouillé !" dénonce Me Ripert, l’avocat de Mickaël D, blessé par l’explosion d’un extincteur dans un squat de Cognin, il y a deux semaines.


Mickaël D, 25 ans, a été mis en examen à Lyon, sur son lit d’hôpital, dans un pavillon d’Edouard Herriot réservé aux grands brûlés. Trois magistrats du pôle antiterroriste de Paris s’étaient spécialement déplacés, pour un premier interrogatoire et une audience du juge des libertés et de la détention, dans le cadre d’uns instruction ouverte pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ».

Le jeune homme reste gravement blessé à la suite de l’explosion qu’il a provoquée dans la nuit du jeudi au vendredi 1er mai à Cognin, près de Chambéry (Savoie). Il manipulait du chlorate de sodium et du sucre, composants instables, fréquemment utilisés dans la confection de bombes artisanales. Sa compagne, Zoé A., 24 ans, a trouvé la mort. Apprentis chimistes ? Pas si simple. Selon nos informations, les produits étaient transvasés dans une bouteille d’extincteur. A proximité de l’usine désaffectée où a éclaté le drame, les policiers ont aussi trouvé du fil, deux retardateurs, deux autres extincteurs... Il reste à déterminer si les jeunes gens se contentaient d’essayer une recette accessible sur Internet ou s’ils s’inscrivaient dans un activisme plus poussé. L’explosion de Cognin renferme une énigme, en lien direct avec une génération mouvante, selon Richard Schittly du Dauphiné Libéré.

Me Ripert reste "scandalisé par la mise en examen et la poursuite,car ces juges oublient lintensité du drame vécu par mon client. Sa copine a été tuée par lexpérience et lui a été défiguré".

« Mon client a déclaré quil était seul, sur place dans lusine, avec sa copine » confie, hier, son avocat, Me Bernard Ripert. Le couple fabriquait une bombe « pour faire une expérience, sans projet, sans mobile, sans intention. Exactement comme des tas de gens possèdent une arme chez eux sans pour autant vouloir tuer qui que ce soit. Comme dautres encore lisent Lénine ou Bakounine sans penser faire la révolution. »
Me Ripert parle de Mickaël : « Cest un rebelle, oui. Mais, son rêve na pas de lien avec lexplosion. Cest quelquun qui déteste la société de consommation, injuste et inégalitaire. Et qui a fait le choix de vivre en marge, de manière différente, en attendant quelle change delle-même. Ce nest pas un révolté qui décide, avec dautres, dexprimer cette révolte de manière collective ou structurée. Cette extrême gauche organisée nexiste plus. Il ny a pas de terroriste à Chambéry. »
« Ils se connaissaient et cest tout. On a inventé laffaire. On a mis des gens en détention pour conjurer la gravité des conséquences corporelles de lexplosion. » Les éléments suspects ? « Un extincteur comme il y en avait dans dautres squats, un condensateur électrique, de l’adhésif. Rien. C’est bidon ! » conclut Me Pascal.
La Sdat recherche plusieurs personnes :Tous ceux qui ont le tort d’habiter une maison où a été trouvé un extincteur vide, d’un condensateur électrique et un rouleau de scotch métallique. Raphaël et "Lucas"sont mis en examen et placés en détention provisoire à la Santé et à Fresnes, respectivement depuis le 8 et le 15 mai.
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Acharnement judiciaire et sécuritaire sous couvert de lutte anti-terroriste ?
Bien loin de la balieue de Chambéry, l’enquête de Tarnac reprend.
Selon Le Monde, Tessa Polak a "la rage". Interpellée le 28 avril par la police antiterroriste (SDAT), placée en garde à vue 72 heures puis relâchée sans aucune charge, cette femme de 36 ans, photographe de profession, dénonce aujourd’hui une "manœuvre d’intimidation".

Dans le coffre de la voiture de Tessa Polak, la SDAT en découvre 400 autres exemplaires. "Ils ont fait ’Bingo !’, comme s’ils avaient découvert une cache d’armes, ironise-t-elle. Sauf que quand ils m’ont demandé d’où ça venait, je leur ai dit que j’étais passée chez l’éditeur et que je comptais les distribuer dans le cadre du comité de soutien, ce qu’ils savaient déjà."

Tout au long de sa garde à vue, et des "8 à 10 interrogatoires", la jeune femme comprend qu’elle a fait l’objet d’une surveillance. Aux policiers qui lui demandent pourquoi elle a prêté son véhicule, en novembre 2008, à trois des mis en examen, dont Benjamin Rosoux, elle répond : "Ma voiture je l’ai prêtée comme ma maison est ouverte, mon frigo est ouvert..." "Ce qui m’a étonnée, poursuit Tessa Polak, c’est que leurs investigations portaient beaucoup sur le livre. Le type de questions qu’ils m’ont posé, la manière avec laquelle ils le faisaient, c’était pour valider leurs fantasmes. Le mot ’cellule’ revenait sans cesse..."

Après 48 heures, elle est brièvement présentée au juge d’instruction Thierry Fragnoli pour une prolongation de sa garde à vue. Tessa Polak jure alors l’avoir entendu dire : "Ce n’est pas ma faute mais vous allez payer pour les autres." "J’étais sonnée", dit-elle.

Avec le recul, la jeune femme analyse son interpellation comme une "manœuvre d’intimidation, une façon de briser les solidarités actives, d’envoyer des signaux, et de banaliser les garde à vue". "Sinon, ajoute-t-elle, pourquoi m’ont-ils convoquée de cette façon ? Quand je leur ai demandé, ils ne m’ont pas répondu."

Alors que le juge des libertés et de la détention doit une nouvelle fois statuer sur la demande de remise en liberté de Julien Coupat, ce dernier lassé des fouilles et de cette "farce", a demandé à ne pas être extrait de sa cellule pour l’occasion. Pour les mêmes raisons, le comité de soutien ne se rassemblera pas non plus ce jour-là. Mais plusieurs initiatives en mai, des concerts notamment, sont à l’ordre du jour.

Usant de son droit de réponse, Thierry Fragnoli, vice-président chargé de l’instruction au tribunal de grande instance de Paris, nous a adressé le courrier suivant. M. Fragnoli est le juge d’instruction du pôle antiterroriste de Paris, chargé de l’enquête sur les sabotages à la SNCF. Sans pouvoir évoquer ici mes échanges avec elle en présence de mon greffier, ceux-ci étant couverts par le secret de l’instruction, je démens catégoriquement avoir tenu ces propos, lesquels ne correspondent d’ailleurs ni au rôle du magistrat à ce stade procédural, ni à mes pratiques professionnelles, ni au respect que j’accorde à chacune des personnes qui me sont présentées.

L’enquête se poursuit, bien loin des rails de TGV :

Sept personnes, dont trois présentées comme des proches de Julien Coupat et les quatre autres comme membres d’un de ses comités de soutien, ont été interpellés en Seine-Maritime et dans les Alpes-de-Haute-Provence, lundi 18 mai. Les deux opérations ont été menées dans la matinée.

POUR AVOIR DONNÉ L’ADRESSE DE BERNARD SQUARCINI

L’autre opération, qui s’est déroulée à Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence), a abouti à l’arrestation de quatre personnes, dont l’éditeur François Bouchardeau et sa femme. Ces derniers feraient partie du Comité de sabotage de l’antiterrorisme (CSA), un groupe de soutien aux personnes interpellées à Tarnac à l’automne 2008 pour le sabotage présumé de lignes TGV.

Selon des sources concordantes citées par l’AFP, ils sont accusés d’avoir diffusé un tract sur lequel apparaissait l’adresse d’une résidence secondaire de Bernard Squarcini, patron de la la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Le document aurait été diffusé par mail et lors de différentes manifestations, jusqu’à atterir dans la boîte aux lettres de M. Squarcini.

Contrairement à de premières informations, ladresse de la villa ne figurait pas sur le tract, il s’agit en fait d’une simple photographie.

Toutes ces personnes ont été libérées.

Vers une nouvelle affaire Dasquié ?
Est-ce pour ne pas contrarier MAM, sa ministre de tutelle ? Possible… La ministre n’apprécie guère le sarkozysme galopant de « Squarce ». Ni son zèle à fusionner les RG et la DST, projet qui n’a jamais eu ses faveurs. Squarcini a-t-il cherché, dans l’affaire Dasquié, à se concilier les faveurs de MAM ? C’est elle qui, à l’époque ministre de la Défense, avait porté plainte contre la diffusion de ces supposés secrets d’État. Les hommes de Squarcini auraient pu faire comme d’habitude dans ce genre de dossier, enquêter gentiment pour enterrer les dossiers. Bien au contraire, chargés par leurs patron de ramener la tête du ou des coupables de la fuite sur un plateau d’argent, les agents de la DST ont usé de toutes les pressions possibles. Y compris, à en croire notre confrère et ami Dasquié, le spectre de la détention pour faire « avouer » le journaliste.

Dans les profondeurs des eaux-troubles ?
Les affirmations de Marty-Vrayance visent un autre ponte des RG. Le 12 mai 2002, peu après son éviction du SGDN, le commissaire Marty adresse à Yves Bertrand une lettre au ton parfois comminatoire. Il y rappelle les tuyaux qu’il a estimé avoir livrés dans la recherche de Colonna, et surtout met en cause le directeur adjoint des RG, Bernard Squarcini. Marty-Vrayance parle notamment d’un homme qui aurait tenu « un rôle central » dans l’assassinat du préfet Erignac et qui aurait des relations régulières avec le numéro deux des RG. « Je réfute ces accusations et j’envisage de donner des suites judiciaires aux affirmations du commissaire Marty-Vrayance », explique Squarcini. Il a par ailleurs remis le courrier accusateur à Claude Guéant, le directeur de cabinet de Sarkozy, qui envisage des sanctions disciplinaires contre Hubert Marty-Vrayance.

L’efficacité du renseignement ?
Audition de M. Bernard LEMAIRE, Préfet de la Haute-Corse :

« M. le Rapporteur : Que pensez-vous de l’action des renseignements généraux en Corse ? Dans l’enquête sur l’assassinat du préfet Erignac, leur investissement nous a été présenté comme important. Il semble que M. Squarcini, directeur central adjoint, ait réalisé un travail de qualité.

M. Bernard LEMAIRE : Je ne partage pas cette appréciation. Je n’ai pas le souvenir d’avoir entendu M. Squarcini m’annoncer par avance une conférence de presse ou un attentat du FLNC. Il a obtenu, du moins est-ce apparu comme tel, des informations dans le déroulement de l’enquête sur l’assassinat de Claude Erignac. D’abord, tout cela était très tardif. Je pense qu’il a tout de même des réseaux qui lui permettent d’obtenir des informations, sinon ce serait à désespérer de tout. En tout cas, localement, au niveau du préfet de département, les services de renseignements généraux sont totalement inefficaces. C’est clair. J’apprends davantage de choses par la presse ou par des relations personnelles. »

Extrait du procès-verbal de la séance du mardi 31 août 1999 à Bastia)
Présidence de M. Raymond FORNI, Président de l’Assemblée nationale

Documents joints à cet article

A la poursuite de la génération mouvante...




E-fred - 22/05/2009

 

 

 

 

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