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09/07/2010

Jaggi Singh - Détenu et accusé de « complot » (G20 Toronto)

G20 : l’organisateur communautaire Jaggi Singh détenu et accusé de « complot »


L’organisateur communautaire montréalais Jaggi Singh s’est rendu ce matin aux autorités policières de la ville de Toronto, suite à un mandat émis contre lui en lien avec la résistance contre le sommet du G20. Il sera accusé de plusieurs chefs de complot dont complot en vue de commettre un méfait, complot en vue de commettre des voies de fait sur des policiers et complot en vue d’entraver la justice. Il est présentement détenu aux côtés d’autres prisonniers et prisonnières politique du G20 en attente de leur enquête de cautionnement. En effet, plusieurs arrêté-es du G20 se sont vu-es refuser leur remise en liberté. Quant à Jaggi, sa situation est pour le moment incertaine : nous espérons qu’il sera relâché immédiatement, mais il pourrait demeurer incarcéré pendant quelque temps.

 

La « Forteresse Toronto » à un milliard de dollars a protégé de l’opposition populaire les dirigeants du G8/G20, les multinationales et les banques tandis que la mobilisation anti-G20 faisait l’objet d’une violence policière et d’une répression étatique sans précédent.

 

Au cours de la fin de semaine dernière, plus de 1000 arrestations arbitraires ont été effectuées. Les manifestants et manifestantes, les habitants et habitantes de Toronto ont vécu avant et après le sommet du G20 les coups de matraque, les fouilles et saisies illégales, les enlèvements et les détentions arbitraires. Après des jours en détention dans des conditions inhumaines, la plupart des arrêté-es du G20 ont été libéré-es sans qu’aucune accusation ne soit portée. D’autres, dont plusieurs membres de Personne n’est illégal et Solidarité sans frontières, ont été relâché-es avec des conditions strictes et des accusations fabriquées de toutes pièces.

 

Mais 16 personnes demeurent toujours derrière les barreaux. La police présentera ses preuves en cour aujourd’hui et de nouveau lors des enquêtes de cautionnement qui auront lieu dans les semaines à venir.

 

Jaggi Singh est maintenant détenu sur la base d’accusations sérieuses et est ciblé à cause de sa participation à la mobilisation contre le G20. Une fois de plus, l’État tente de le réduire au silence et de le criminaliser pour son travail acharné et sans concession pour la justice sociale. Certes, ce n’est pas la première fois qu’il fait face à des arrestations ciblées pour lesquelles il s’est retrouvé – qu’il le veuille ou non – sous les projecteurs. Il a gagné en cour suite au Sommet de l’APEC à Vancouver en 1997 et encore au Sommet des Amériques à Québec en 2001. Lors du G20 de 2000 qui a eu lieu à Montréal, les policiers ont violemment arrêté plusieurs personnes. Jaggi s’est représenté seul dans le cadre d’un procès devant jury, et ses camarades et lui ont été acquittés. Nous n’avons aucun doute que Jaggi sera prêt à se battre devant les tribunaux. Mais les accusations récentes à son endroit représentent une escalade inquiétante dans la criminalisation des militants et militantes. L’État tente de le démolir à coup d’accusations sans fondement tout en cherchant à décourager les nouveaux venu-es.

 

Comme plusieurs d’entre nous qui font partie de réseaux tels que Personne n’est illégal et Solidarité sans frontières, Jaggi dédie sa vie à la lutte pour le changement social et une véritable justice pour toutes et tous. Il fait partie intégrante de notre communauté et est une inspiration pour plusieurs.

 

Il vit depuis plus de dix ans à Montréal qu’il considère comme chez lui et milite au sein de groupes immigrants et de collectifs de solidarité avec les luttes autochtones. Il est aussi impliqué auprès de multiples autres causes : prisonniers et prisonnières politiques, libération de la Palestine, mouvements anti-racistes et mobilisation contre la brutalité policière. Il croit qu’une perspective anti-coloniale et de solidarité avec les peuples autochtones doit sous-tendre le militantisme pour la justice sociale. Il a contribué à fonder et à re-fonder la Convergence des luttes anti-capitalistes (CLAC) et est un membre actif du Collectif du Salon du livre anarchiste de Montréal depuis sa première édition.

 

Jaggi est également un membre dévoué des collectifs Personne n’est illégal-Montréal et de Solidarité sans frontières, et ce depuis la formation de ces groupes, respectivement en 2002 et en 2003. Depuis plus récemment, il occupe un emploi à temps plein au GRIP-Concordia où il travaille tant avec la communauté qu’avec la population étudiante pour resserrer les liens dans les réseaux de justice sociale et pour promouvoir une pratique de recherche populaire qui va au-delà de l’académie.

 

Jaggi met énormément d’énergie dans des activités de sensibilisation, d’éducation populaire et de soutien direct qui ont pour objectif de briser l’isolement et favoriser l’affirmation collective. Il s’implique sans relâche dans l’organisation d’ateliers, d’événements publics, de repas communautaires, de parties de soccer et de journées d’activités pour les enfants de familles sans-statut. Il participe à la mise sur pied de réseaux de soutien moral et juridique, co-anime une émission de radio mensuelle de Personne n’est illégal, fait de la recherche et écrit des textes sur plusieurs enjeux politiques et contribue activement aux discussions et débats qui animent nos mouvements.

 

Jaggi est toujours prêt à offrir son aide, que ce soit à une nouvelle connaissance qui a subi une injustice, à ses collègues, ses camarades, ses ami-es ou aux membres de sa famille. Il travaille avec des nouveaux et nouvelles militant-es comme avec des plus ancien-nes. C’est un rêveur, un penseur, un faiseur, un blagueur et, avant tout, notre ami.

 

Personne n’est illégal et Solidarité sans frontières dénoncent la persécution dont sont victimes nos camarades. Nous exigeons la libération immédiate de tous les prisonniers et prisonnières politiques du G20 ainsi que l’abandon de toutes les accusations à leur endroit. Nous ne serons pas intimidé-es et nous lutterons jusqu’à leur libération complète. Rien ne pourra nous dissuader de poursuivre notre combat pour un monde sans contrôle étatique, sans cage, sans clôture et sans frontières.

 

Pas de prisons ! Pas de frontières !

 


Pour vous tenir au courant du soutien juridique pour TOU-TES les prisonniers politiques du G20 :

 

- Comité Légal de la Convergence des luttes anti-capitalistes (Montréal) : claclegal2010@gmail.com, (514) 398-3323.

 

- Movement Defence Committee (Toronto) : http://movementdefence.org/

 

Pour rester en contact avec l’équipe de soutien de Jaggi, veuillez contacter Personne n’est illégal à l’adresse suivante : nooneisillegal@gmail.com . Une fois que nous aurons plus de détails sur la situation, nous vous transmettrons les coordonnées pour écrire à Jaggi ainsi que d’autres manières de l’appuyer.

mis en ligne jeudi 8 juillet 2010 par jesusparis

 

 

 

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