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12/07/2010

Retour sur le "procès du drame du 25 novembre 2007" de Villiers le Bel

 

 

Nicolas Sarkozy et Michèle Alliot-Marie, la ministre de l'Intérieur, rendent visite au commissaire blessé lors des événements de Villiers-le-Bel, le 28 novembre 2007.

Nicolas Sarkozy et Michèle Alliot-Marie, la ministre de l'Intérieur, rendent visite au commissaire blessé lors des événements de Villiers-le-Bel, le 28 novembre 2007. THOMAS COEX / AFP

 

extrait article de L'Express - 27/11/2007

Dimanche 25 novembre, dans l’après-midi, une voiture de police patrouille dans la cité. A 17 h 10, au niveau d’une intersection, une moto de cross de petite cylindrée, une Kawasaki non homologuée, serait arrivée très rapidement et aurait percuté le véhicule à l’avant gauche. Ejectés, le conducteur et son passager, non casqués, ont été tués. Trois témoins auraient confirmé cette version devant les enquêteurs de l’IGPN, la police des polices. D’autres ont insisté auprès des journalistes sur la lenteur des secours.

Il semble que les trois fonctionnaires impliqués aient lancé un message radio et aient été « exfiltrés » à l’arrivée de leurs collègues. Le commissaire de permanence a été roué de coups peu après son arrivée sur les lieux. Il souffre de fractures au nez et aux côtes. Au total, une quarantaine de policiers et de pompiers ont été blessés dans la soirée de dimanche.

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/villiers-le-bel-le-retour-de-flammes_468248.html

 

 

 

LE MONDE, 28.11.07

Villiers-le-Bel : la thèse de "la voiture de police vandalisée" contredite par une vidéo

Une vidéo amateur contredit l’une des affirmations de l’inspection générale de la police nationale (IGPN) sur l’accident entre un véhicule de police et une mini-moto, dimanche 25 novembre à Villiers-le-Bel, qui est à l’origine des deux nuits d’émeutes.

Selon l’IGPN, chargée d’enquêter sur les circonstances de la collision, les images parues dans la presse montrant le véhicule avec l’avant défoncé et le pare-brise étoilé ne traduisaient pas la violence du choc mais s’expliquaient par des dégradations commises à coup de barres de fer après l’accident.

Cet élément est un des arguments avancés par la police (Le Monde du 28 novembre) pour appuyer la thèse d’une voiture circulant à faible allure et percutée par la mini-moto à l’avant gauche.

La vidéo, que Le Monde a pu visionner une première fois dimanche 25 novembre, vers 20 h 30, puis à nouveau, en détail, mardi 27 novembre, met à mal cette hypothèse.

Les images tournées quelques minutes après l’accident montrent un véhicule sérieusement endommagé, ce qui correspond aux photos publiées dans la presse. Elles vont dans le même sens que les déclarations de témoins qui disent avoir protégé le véhicule de toute exaction pour faciliter l’enquête.

L’auteur du film, que nous avons rencontré, souhaite rester anonyme. Désireux de faire la lumière sur l’accident, il a néanmoins transmis le document à Yassine Belattar, animateur sur la radio Générations 88.2, proche des familles des victimes, qui nous a autorisé à le copier pour pouvoir l’analyser.

Le cinéaste amateur dit avoir été averti "quelques minutes après les faits". Il est aussitôt descendu de son appartement situé à proximité immédiate des lieux. Il dit avoir commencé à filmer "très peu de temps" après l’accident, signalé aux pompiers à 17 heures, selon l’horaire communiqué par la procureure de Pontoise, Marie-Thérèse de Givry. Il dit avoir commencé à filmer entre 17 h 15 et 17 h 20.

La vidéo, de qualité correcte, montre des habitants qui regardent les pompiers en intervention. Ces derniers prodiguent des massages cardiaques aux deux victimes. Des policiers sont présents.

Après quelques minutes, on voit arriver un véhicule du SMUR de Gonesse. Or, selon le SAMU du Val-d’Oise, averti de l’accident à 17 h 03, le camion d’intervention médicale est parti à 17 h 08 de l’hôpital de Gonesse qui se trouve à 5 kilomètres du lieu de l’accident, soit à 10 minutes environ en respectant les vitesses maximales. Selon nos calculs, le SMUR serait donc arrivé vers 17 h 18.

A cet instant, la position du véhicule, à cheval sur la chaussée et sur le trottoir, correspond très exactement à celle observée sur les photos de presse. La vidéo, qui montre le véhicule à de nombreuses reprises et sous plusieurs angles, permet de constater très clairement que le véhicule se trouve dans le même état que sur les premières photos publiées.

Dans les deux cas, le capot, tordu, remonte sur la partie droite, le pare-brise avant est étoilé et enfoncé vers l’intérieur du véhicule, le pare-chocs avant est arraché, ainsi que le phare avant droit.

LE POMPIER CONFIRME SA VERSION

Reste l’hypothèse de dégradations commises entre le moment de l’accident et le début de la vidéo. Or, les policiers affirment que les victimes n’ont jamais été laissées seules : présents sur place, ils auraient donc signalé d’éventuelles dégradations sur leur véhicule, ce qu’ils n’ont pas fait. Des dégradations survenues à ce moment supposeraient aussi que des jeunes se soient munis de barres de fer dans ce laps de temps et qu’ils s’en soient pris à la voiture alors que les deux adolescents gisaient au sol à proximité.

La vidéo montre aussi que les secours se déroulent dans un contexte relativement calme, au moins pendant la première partie. La tension semble monter vers la fin du film mais ne se traduit pas par des actes de violence.

Interrogés par Le Monde, la police et le ministère de l’intérieur maintiennent la version de l’IGPN selon laquelle, "probablement", le véhicule de police a été volontairement dégradé après l’accident. L’enquête ne cite pas de témoins directs de ces coups éventuels portés contre la voiture, mais s’appuie notamment sur le témoignage d’un major-pompier de Villiers-le-Bel, le premier responsable à être intervenu sur les lieux de l’accident.

Ce dernier a été entendu lundi soir par la police. Joint par Le Monde, il n’a pas souhaité donner son nom mais réitère sa déposition : "La première réflexion que je me suis faite quand j’ai vu les photos de la voiture de police parues dans la presse, c’est qu’elle n’était pas aussi dégradée quand je suis intervenu. Elle n’était pas dans l’état que j’ai vu sur ces photos. Le capot était certes abîmé, le pare-brise et la calandre gauche aussi mais du côté droit, ça tenait encore."

Le sapeur-pompier insiste : "Le véhicule ne ressemblait pas aux images, ça n’avait rien à voir. Quand je les ai vues, j’ai été choqué." L’expert technique mandaté pour déterminer le point exact de l’impact, lui, n’a pas encore rendu ses conclusions.

Luc Bronner et Isabelle Mandraud

piqué sur www.betapolitique.fr

http://medias.lemonde.fr/mmpub/edt/ill/2007/11/26/v_8_ill_982357_299263.jpg

 

Villiers-le-Bel: enquête relancée sur la responsabilité de la police

 

VERSAILLES - Après l'avoir écartée, la justice va réexaminer l'éventuelle responsabilité des policiers dans la collision entre une voiture de police et une moto qui avait tué deux adolescents en 2007 à Villiers-le-Bel, déclenchant deux jours de violences entre jeunes et forces de l'ordre.

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles a infirmé mercredi le non-lieu en faveur des policiers et ordonné un supplément d'information en vue "de la notification de la mise en examen du conducteur (du véhicule de police) du chef d'homicide involontaire", a déclaré Me Emmanuel Tordjman à l'issue d'une audience à huis clos.

Les quatre policiers, qui avaient été placés sous le statut de témoin, seront réentendus, selon l'autre avocat des familles des victimes, Me Jean-Pierre Mignard, qualifiant cet arrêt de "décision de justice et de paix".

Une ordonnance de non-lieu avait été rendue par un juge d'instruction de Pontoise le 23 octobre à propos de cette collision entre un véhicule de police et une motocyclette, qui avait coûté la vie à deux adolescents, Mushin et Lakamy, le 25 novembre 2007 à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise).

Les familles avaient fait appel.

"La responsabilité évidente, selon nous, des policiers ne pouvait être niée, quitte à arriver à une responsabilité partagée", a estimé Me Mignard, rappelant que les deux adolescents ne portaient pas de casque et roulaient au-dessus de la vitesse autorisée.

S'appuyant sur le rapport d'expertise, l'avocat a relevé que la voiture de police était en "phase d'accélération et roulait à 64 km/h sans gyrophare, ni avertisseur".

Me Mignard a également relevé la décision "rarissime" de la chambre de l'instruction de confier la poursuite de l'instruction au président de cette même chambre.

Le président de la chambre de l'instruction se chargera "d'interroger le policier sur le fond du dossier en présence des avocats des parties civiles et de le mettre en examen pour homicide involontaire", a confirmé une source proche du dossier, ajoutant que le chef de "mise en danger d'autrui a été abandonné".

"C'est une très très bonne nouvelle, cela redonne espoir aux familles, aux associations et à la ville alors que nous avions perdu un peu confiance en la justice", a déclaré à l'AFP un porte-parole du collectif Respect Vérité Justice, constitué après les violences à Villiers-le-Bel.

"Nous espérons que cela va éclairer certaines zones d'ombre", a-t-il lancé.

Du côté des syndicats, la section du Val-d'Oise d'Unité-Police/SGP a exprimé sa "surprise".

"L'instruction avait démontré la non-responsabilité de nos collègues. Mis en examen ne veut pas dire culpabilité. Nous faisons confiance à la justice pour que toute la lumière soit faite", a dit à l'AFP le syndicat, rappelant le "choc psychologique" subi par les policiers lors de l'accident.

Le syndicat de police Alliance a dénoncé une "décision qui s'incrit une nouvelle fois dans cette suspicion permanente à l'égard des policiers" et "assure de son soutien le plus total tous les policiers concernés par cette affaire et qui avaient été mis hors de cause par la justice".

Le drame du 25 novembre 2007 avait déclenché deux jours de violences entre jeunes et forces de l'ordre. Une centaine de policiers avaient été blessés par des tirs d'armes à feu, un commissaire roué de coups, des bâtiments publics et des commerces détruits.

www.lexpress.fr - AFP - 07/04/2010

 

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