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07/09/2010

Après le général Morillon, les Bleus sont à Sarajevo ...

Le général Morillon pris à partie à Srebrenica

SARAJEVO (Reuters) - Des survivantes du massacre de Srebrenica (1995) ont obligé vendredi le Français Philippe Morillon, ex-commandant des forces de l'Onu en Bosnie, à quitter un site dédié aux victimes, en lui reprochant de ne pas avoir tenu sa promesse de ne jamais abandonner la ville.

A l'occasion de sa première visite à Srebrenica depuis la fin du conflit, le général Morillon était censé rencontrer des représentants de la municipalité et des parents de certains des 8.000 hommes et jeunes garçons musulmans exécutés par les forces bosno-serbes dans la ville de Bosnie orientale en juillet 1995.

Morillon, 74 as, a commandé la Force de protection de l'Onu (Forpronu) en Bosnie de septembre 1992 à l'été 1993, période durant laquelle Srebrenica fut décrétée zone protégée des Nations unies. Il supervisait la livraison de l'aide à des milliers de Musulmans de Bosnie orientale en quête de refuge.

L'ancien militaire français souhaitait exprimer sa sympathie et solliciter le pardon des familles de victimes, mais plusieurs femmes ont réagi avec colère à son entrée dans le cimetière et l'en ont fait sortir.

"Il n'avait pas le droit d'entrer au cimetière où nos enfants sont enterrés grâce à lui", a tonné Hatidza Mehmadovic, qui a remis en terre en juillet dernier, après exhumation, les restes de son mari et de ses deux fils morts dans le massacre.

En 1993, des habitants de Srebrenica avaient empêché Morillon de quitter leur ville pendant deux jours lors d'une visite au cours de laquelle il leur avait déclaré: "Je ne vous abandonnerai jamais."

Aujourd'hui, nombre de survivant(e)s lui reprochent d'avoir fait trop peu d'efforts pour attirer l'attention de son gouvernement et des Nations unies sur la gravité de la situation dans la ville.

Les femmes lui ont demandé pourquoi il n'avait pas tenu parole et s'il se sentait coupable d'un massacre que le Tribunal pénal de l'Onu pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) a qualifié de génocide.

"Si seulement j'avais su que tout cela durerait encore deux ans, que cela se terminerait de cette façon, j'aurais évacué tout le monde", a dit Morillon selon la radio d'Etat bosniaque.

"Mais je ne pouvais pas le faire, parce qu'on m'aurait jugé complice du nettoyage ethnique et que le gouvernement de Sarajevo ne le voulait pas", a ajouté le général français, aujourd'hui député européen.

Insatisfaites de ses réponses, les femmes se sont ensuite mises à l'insulter et il a fini par quitter Srebrenica.

Daria Sito-Sucic, Philippe Bas-Rabérin pour le service français

piqué au tas sur www.latribune.fr - 03/09/2010

 

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