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05/02/2011

Tantale - Coltan - Métaux rares...

Tantale, Antonov et condensateurs

Février 2010. Je me promenais avec des amis le long du lac Muhazi, endroit prisé par les expats et la classe moyenne rwandaise pour ses excursions de fin de semaine. Bill Gates y aurait une résidence, selon les rumeurs urbaines Kigaliennes. Bel endroit en effet, le lac offre de nombreuses criques, aux rives bordées d’une végétation tropicale dont les variations de vert se combinent harmonieusement avec la latérite rouge. Des pêcheurs en pirogue voguent sur le lac, c’est très exotique, « les blancs adorent voir ça ».

la suite sur : http://www.lejim.info/spip/spip.php?article192

Journal Indépendant et Militant

 











 

Très chers métaux rares

Tantale, sélénium, cobalt… Face à l’hégémonie chinoise, les pays occidentaux ont hissé le secteur au rang d’industrie stratégique et concentrent leur attention sur l’Afrique. Tour d’horizon des projets phares.

En un an, la capitalisation boursière totale de six entreprises minières juniors spécialisées dans les métaux rares et réparties aux États-Unis, au Canada et en Australie, a connu une croissance de 30 % à 50 %, pour atteindre 7 milliards de dollars (5,2 milliards d’euros). Du jamais vu. En annonçant la réduction de ses quotas d’exportation de métaux rares, la Chine, qui contrôle 97 % de la production – elle produit 120 000 des 124 000 tonnes annuelles –, a provoqué un véritable tsunami.

L’inquiétude est particulièrement vive dans les pays développés, soucieux de sécuriser leurs approvisionnements face à la forte demande : téléphones portables et autres tablettes numériques, technologies vertes (éoliennes, panneaux solaires, batteries des futurs véhicules électriques)… Des marchés en pleine croissance qui nécessitent l’utilisation de métaux non pas rarissimes, mais difficilement exploitables.

Sur les cours mondiaux, le tantale (téléphonie mobile principalement) a vu son indice progresser de 190 % en 2010 ; le sélénium (utilisé dans l’industrie métallurgique pour des alliages complexes) a augmenté de 85 %… « Pour la Chine, il s’agit de faire monter les prix et de forcer l’industrie mondiale à venir produire chez elle en échange de métaux meilleur marché », analyse Christian Hocquard, du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). L’Union européenne (UE) a ainsi classé comme stratégiques 14 métaux rares* et publié en octobre un rapport alarmant : une pénurie pourrait intervenir dans les vingt prochaines années.

Des cours très volatils

Face au monopole chinois, l’UE et les États-Unis cherchent de nouvelles opportunités. L’Afrique apparaît comme une zone potentiellement stratégique. La RD Congo était déjà l’un des principaux producteurs mondiaux de tantale, jusqu’à ce que Washington interdise aux fabricants de téléphonie l’utilisation de ressources ne pouvant répondre à certaines normes d’extraction, notamment en termes de droits humains. Globalement, si les projets africains de métaux rares se comptent encore sur les doigts d’une main, la dynamique s’accélère.

Producteur historique, l’Afrique du Sud a rapidement concentré de nouveaux intérêts. Frontier Rare Earths, basé au Luxembourg et présent dans le Namaqualand, dans le nord de la province du Cap, vient par exemple de débuter ses études de faisabilité ce mois-ci avec l’ambition de commencer à produire dès 2014. Le canadien Great Western Minerals Group a de son côté signé en juin 2010 un accord pour la réouverture de la mine de Steenkampskraal, à 350 km au nord-ouest du Cap. « Le jeu de la Chine a rendu les cours extrêmement volatils, les prix ne sont plus prédictibles », estime Hugo ­Schmitt, de l’entreprise minière française Eramet.

Présente au Gabon sur le site de Mabounié, la firme est positionnée sur le seul projet qui pourrait, à terme, devenir un point de ressource « européen ». Celui-ci est mené par sa filiale gabonaise, la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog), en partenariat avec le groupe nucléaire Areva (actionnaire d’Eramet). « Le gisement pourrait être de classe mondiale, mais aujourd’hui nous n’avons aucune visibilité sur le montant des investissements nécessaires », rapporte Hugo Schmitt. Et pour cause : Mabounié, outre ses réserves de métaux rares, pourrait fournir de l’uranium et du thorium, des métaux hautement radio­actifs. « Le processus de séparation et de transformation n’est pas encore défini, poursuit le porte-parole d’Eramet, ce qui peut tout changer sur le montant du projet. »

Un secteur habitué aux crises

Le canadien Montero Mining & Exploration a quant à lui investi quelque 3,5 millions de dollars (2,6 millions d’euros) pour acquérir 60 % de Wigu Hill, à 200 km au sud de Dar ­es-Salaam, en Tanzanie. La mine regorge notamment de lanthanum, très utilisé dans l’industrie du verre et des pots catalytiques automobiles. Au Malawi, c’est l’australien Globe Metals & Mining qui s’est lancé dans l’aventure. La mine de Kanyika (niobium à 80 %, tantale et uranium pour le reste), après une étude de faisabilité en 2009, devrait entrer en exploitation en 2013. La société minière, cotée sur l’Australian Stock Exchange, a un autre projet de terres rares, à Machinga, dans le sud du pays, qui devrait bientôt voir le jour. Madagascar et le Kenya sont d’autres pays riches en métaux rares.

Mais avec 37 % des réserves mondiales (36 millions de tonnes), la suprématie chinoise n’est pas près de s’interrompre. D’abord parce qu’elle applique une politique de bas coûts (dumping social et économique). Ensuite parce qu’il faut au moins dix ans pour qu’un nouveau projet d’extraction voie le jour. L’industrie des métaux rares reste en outre opaque.

Selon Christian Hocquard : « Les déséquilibres offre-demande sont difficilement appréciables. Il y a peu de marchés spot, peu d’échanges, le marché est petit, les produits sont variés… » Un environnement favorable à la spéculation. Le secteur est cependant habitué aux crises : au début des années 2000, les prix ont été multipliés par cinq sous l’impulsion d’une nouvelle industrie alors en plein essor, celle du téléphone portable. Avant de redescendre à son niveau initial deux ans plus tard.

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* Antimoine, béryllium, cobalt, fluorine, gallium, germanium, graphite, indium, magnésium, niobium, platine, terres rares, tantales et tungstène.

piqué sur www.jeuneafrique.com

Kivu : Le projet de traçabilité des minerais de sang dans l’impasse


Le projet de traçabilité de l'étain provenant des mines de la République démocratique du Congo (RDC), est dans une "situation critique" à l'approche de l'échéance du 1er avril fixée par la loi américaine interdisant le commerce de minerais de sang, a annoncé l'Organisation des principaux producteurs et fonderies de l'étain (ITRI ou International Tin Research Institute).
L'interdiction officielle d'exploitation minière, mise en place en septembre dernier dans la région troublée du Kivu par le président Joseph Kabila est toujours en vigueur.
L'organisation s’est déclarée être incapable de continuer à développer un système de traçabilité pour les métaux en provenance de l'Est de la RDC tant que l'extraction est interdite, et a dû, de ce fait, suspendre tout son personnel sur le projet.

«Le projet pilote de traçabilité et de fourniture d’informations vérifiables concernant la provenance du minerais depuis le site d'exploitation par des creuseurs commençait tout doucement à se mettre en place lorsque la suspension a été décidée et tout le travail a du être arrêté», a déclaré à « Mining Weekly Online » la Directrice du développement durable et des questions réglementaires d'ITRI, Mme Kay Nimmo.
«Nous étions déjà en train de fixer un calendrier serré pour qu’aucun minerai non traçable puisse être accepté sur les marchés après le 1er avril - Tout retard ne fait qu’empirer la situation et les quatre à cinq mois de retard jusqu'à maintenant ont rendu la situation critique. »

La semaine dernière, l'ITRI a lancé un plaidoyer pour le financement du projet en disant qu'il fallait   $ 6,5 millions pour achever le programme de traçabilité à l'échéance d'avril.
« Si aucun financement substantiel n'est trouvé presque immédiatement le projet ne pourra pas continuer», a déclaré Mme Nimmo depuis l'Indonésie.
La RDC est le plus grand producteur d'étain et de tantale en Afrique dont une grande partie de cette production provient de l’Est du pays en proie à des conflits, et où les rapports ont démontré que les chefs de guerre ont utilisé les bénéfices de cette exploitation illicite pour financer leurs activités.
La Loi américaine Dodd-Frank, adoptée en juillet 2010, oblige les entreprises américaines sous l’autorité de la « Securities and Exchange Commission » [Organe de régulation de la Bourse des États-Unis] de faire rapport lorsqu'ils utilisent les minerais en provenance de la RDC ou de ses voisins, et de prouver qu'ils ne proviennent pas d’une zone de conflit.

Graves préoccupations

Pour la Directrice du développement durable et des questions réglementaires d'ITRI, «personne ne sait » quand aura lieu la levée de l'interdiction.
Elle a affirmé que lors d’une visite effectuée deux semaines après que l’interdiction soit mise en place, l'impact de celle-ci pouvait déjà être ressenti sur la communauté locale.
«Nous n'avons pas de détails précis de la situation actuelle, mais étant donné que la population du Nord-Kivu dépendent du secteur minier pour 80% de leur revenu, une suspension aussi longue est évidemment une préoccupation sérieuse », a-t-elle déclaré.
Le Ministre des Mines, M. Martin Kabwelulu, qui avait annoncé la levée de l'interdiction pour le 20 octobre 2010, n’a pas pu été joint par « Mining Weekly Online» pour un commentaire.  
L'étain est utilisé dans l'électronique, le tantale est utilisé dans les condensateurs, et le tungstène est utilisé pour faire vibrer les téléphones cellulaires. Le prix de l'étain a grimpé de $1.800/T à $ 27.000/T à la Bourse des métaux de Londres au cours des 12 derniers mois.

Source:
Mining Weekly Online
http://www.miningweekly.com/article/funds-needed-urgently...
Edité par: Hill Liezel
Traduit par KD pour mediacongo.net

Kinshasa, 20/01/2011 (Mining Weekly / MCN, via mediacongo.net)

19:49 | Lien permanent | Commentaires (1) |

Commentaires

Bonjour,
Je m’intéresse particulièrement de l'exportation de Niobium et Tantale que les autres les considèrent étant les métaux de sang et pourtant ce sont aussi les métaux qui peuvent relancer l'économie du de notre pays, RD Congo.
Comment faire pour valoriser ces métaux? Je voudrais au moins avoir les différents procédés de traitement de ces métaux envie de penser sur leur valorisation; si on les rendait purs au niveau du pays, peut être la fuite économique ne pouvait pas atteindre le niveau qu'on décrie.
Cordialement

Écrit par : Phalaris | 21/02/2013

Les commentaires sont fermés.

 
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