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29/04/2011

La bête des Vosges is coming back !

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Il est toujours autant recherché voire même traqué. Le prédateur qui attaque les brebis depuis plusieurs nuits sur la commune de Ventron est dans tous les esprits. Les bergers sont bouleversés et exténués de fatigue à force de veiller sur leurs animaux.

Après le troupeau d’Éric Arnould, puis celui de Patrice Munsch, c’est au tour de celui de son frère Olivier Munsch de subir les assauts du prédateur. Jeudi matin, en se rendant dans son pré, l’éleveur n’a pu que constater la perte de quatre brebis et d’un agneau.

«  Je suis un peu bouleversé. C’est nos bêtes. On y tient », explique-t-il en ramenant, jeudi après-midi, son troupeau près des bâtiments.

Vingt-quatre brebis tuées

Depuis la semaine dernière, les trois bergers ont perdu au total vingt-quatre brebis. Sans compter toutes celles, qui, trop effrayées par la violence des attaques, se sauvent et ne sont pas retrouvées ou encore celles qui agnèlent bien avant l’heure et qui perdent ainsi leurs petits. Des pertes qui sont aussi financières.

«  Avec une brebis pleine, on perd environ 250 € et pour une normale c’est 100 € », annonce Éric Arnould, le premier berger touché par ces attaques. «  Le préjudice financier va être énorme. Il est incalculable pour moi à l’heure actuelle. Car j’ai des brebis qui avortent dans les prairies sans que je les voie. En tout cas toutes ont « morflé » psychologiquement », renchérit Patrice Munsch.

Les professionnels présents, bergers et agents de l’office national de la chasse (ONC), ont constaté que le mode opératoire est le même pour toutes les attaques : les brebis sont prises à la gorge. «  Il est fort probable que ce soit le même animal même si les attaques sont situées sur plusieurs versants de la montagne locale », explique l’un des agents de l’ONC. «  Nous avons aussi constaté que l’animal a mangé une partie des côtes ou des gigots  de la plupart des brebis », poursuit un autre agent.

À noter cependant qu’il y a une grosse présence de charognards (sangliers, renards, blaireaux) qui se servent après le passage de « l’assassin ». Ce qui «  complique la tâche. »

Loup ou chien ?

Les hypothèses vont bon train. La seule qui a été écartée de façon claire est celle du lynx. «  Ce n’est pas un acte de prédation du lynx. Mais nous n’avons, à l’heure actuelle, aucune information probante pour dire de quel canidé il s’agit. »

Celle des chiens d’attaque n’est, elle non plus, pas retenue par les agents de l’ONC qui estiment que des chiens d’attaque, «  ça fait du bruit. » Une hypothèse qui n’est pourtant pas écartée par les éleveurs eux-mêmes.

«  J’ai eu une attaque de lynx il y a une dizaine d’années. Puis, il y a environ deux ans, une attaque par un chien errant. Il m’a fait beaucoup de dégâts car en l’espace d’une nuit, il a tué quatorze brebis. Mais la différence, c’est surtout que le chien errant, il était encore là le lendemain matin », précise Olivier Munsch.

Le berger envisage également la possibilité d’actes de malveillance. En clair des entraînements clandestins de chiens d’attaque. «  Les attaques se produisent quand même une nuit sur deux. Et bizarrement, lorsqu’on surveille le troupeau de mon frère, c’est le mien qui est attaqué  ».

L’hypothèse la plus probable, hormis celle du chien errant, est toutefois celle du loup. Même s’il n’y en a officiellement pas ou plus dans les Vosges, l’animal voyage beaucoup et loin. «  On peut l’apercevoir à plusieurs centaines de kilomètres de sa zone d’habitation », explique l’un des agents de l’ONC.

«  Le loup a les moyens d’arriver dans les Vosges », enchaîne-t-il. «  Pas de psychose », rassure pourtant Jean-Claude Dousteyssier, maire. «  Si c’est un loup, c’est un animal peureux face à l’homme », enchaîne Alain Laurent, coordinateur réseau loup/lynx pour la Franche-Comté.

Les tests ADN évoqués il y a quelques jours ne donneront, quant à eux, rien : «  Nous avons contacté six laboratoires et aucun ne se sent les compétences suffisantes pour effectuer ces analyses. »

Retrouver des excréments

Seule solution pour faire la lumière sur cette affaire : retrouver puis analyser les excréments des prédateurs. «  C’est à l’heure actuelle le seul examen fiable qui pourra nous permettre d’avoir une empreinte génétique de LA bête. Cela nous renseigne sur l’identité, chien ou loup, sur le sexe de l’animal. On pourrait alors avoir sa carte d’identité génétique. On pourrait aussi savoir si cet animal, si c’est un loup, a été observé ailleurs et savoir de quelle souche il appartient. »

Cela permettrait aussi aux bergers de dormir enfin sur leurs deux oreilles.

Voir également notre vidéo sur le site internet : vosgesmatin.fr

Hélène CONRAD

piqué au tas sur vosgesmatin.fr - 16/04/2011

La bête des Vosges : autopsie d'une rumeur

 

Robin Hunzinger a tourné dans les Vosges en hiver. Il a pris du temps pour recueillir les témoignages. (Ph. : J ALEXANDRE)

Dans un documentaire diffusé samedi après-midi sur France 3, Robin Hunzinger relate l'ensemble des rumeurs qui ont couru autour de la "bête des Vosges", qui a massacré, il y a dèjà 32 ans, près de 200 bêtes et suscité une vague de terreur.

A l'époque des faits, il avait huit ans. "J'ai de touts petits souvenirs d'enfance de cette affaire". Il habitait déjà dans un coin magnifique de la montagne vosgienne au-dessus de Lapoutroie. Une maison d'enfance que Robin Hunzinger est venu habiter à nouveau depuis deux ans après des années passées à Paris. Le réalisateur du documentaire "La bête des Vosges autopsie d'une rumeur" n'en est pas à son coup d'essai. Après des débuts un peu "galère" à Paris, il a fait son petit trou dans la profession. Voilà dix ans qu'il réalise des documentaires. A Gorazde en Bosnie, en Palestine. Mais aussi dans les Vosges.

Le sien n'est pas le premier film sur la bête des Vosges. Mais il aborde la chose sous un angle assez original. Plutôt que la simple chronologie des faits, le jeune réalisateur s'est attaché à décrypter l'ensemble des rumeurs qui sont nées de cette affaire hors du commun.

Son documentaire alterne des images d'archives et les souvenirs des témoins de l'époque avec plus de trente ans de recul sur les faits. Chasseurs, garde-chasse, vétérinaire, éleveurs. Tous donnent leur propre version des faits. "Il y a eu plusieurs rumeurs en fait autour de la bête des Vosges", explique Robin Hunzinger. "Au départ, on a parlé des écolos qui avaient lâché un lynx. On a parlé d'un loup des carpates… Ensuite d'un loup échappé d'un zoo lointain". Et puis surtout il y a eu cette incroyable rumeur autour du propriétaire du château d'Hadigny les Verrières, un riche industriel allemand nommé Reinartz. Depuis l'arrivée de cet allemand dans les Vosges, la chasse autour du château était clôturée et plus du tout accessible. Une partie de la presse s'engouffre dans cette hypothèse sans aucun recul et des rumeurs de plus en plus folles circulent sur le "boche" qui finit par saisir son consulat et la justice.

À Rambervillers, certains témoignages font même le parallèle avec la seconde guerre mondiale. Le commandant de la Wehrmacht qui a traversé la région s'appelait Reinardt. Et le rapprochement entre les deux homonymes est vite fait.

Mais la bête des Vosges ne restera pas dans la région de Rambervillers. Elle quitte rapidement la plaine pour sévir dans le piémont et ensuite dans la région de la Bresse.

Les Vosges vues de Paris

Près de dix ans avant l'affaire Grégory, la presse parisienne s'empare de l'affaire et débarque avec délectation dans les Vosges. Un article de l'Express décrit la commune de La Bresse, comme une "communauté de 4000 à 5000 personnes qui vivent repliées sur elles-mêmes". " Des marginaux en quelque sorte", précise l'article. Le mensuel "Le sauvage" décrit les Vosgiens comme des gens posés accrochés à la roche de grès.

Mais le plus frappant, ce sont les reportages télé de l'époque. Sur fond d'un clair de lune, un sujet lancé par le tout jeune Gérard Holz sur France Télévision commence par la traque nocturne des chasseurs vosgiens au son des hurlements de loup. Seul TF1 avait réussi à l'époque à filmer le fameux industriel allemand M. Reinartz carabine à l'épaule dans un de ses miradors. L'industriel est décédé aujourd'hui et son fils qui possède désormais le domaine d'Hadigny les Verrières n'a pas souhaité témoigner.

Après seulement un mois de tournage au lever ou au coucher du jour pour avoir des conditions de lumière optimales, Robin Hunzinger a pris son temps pour monter le sujet. Deux mois de montage chez lui à Lapoutroie. Et puis un gros travail sur l'ensemble des archives fait sur ordinateur à Nancy. Afin d'intégrer les photos, les coupures de presse dans le montage.

Le film comporte quelques petites trouvailles, comme des images de Google earth de la région de Rambervillers retravaillées par ordinateur. Il y a également des archives magnifiques de l'INA d'une petite chouette effraie volant dans la nuit qui revient comme un leitmotiv dans le film. La chouette effraie choisie par le réalisateur comme un symbole de la peur. " Dans le temps, on la clouait aux murs en raison de son cri effrayant", explique Robin Hunzinger.

Katrin TLUCZYKONT

ktluczykont@vosgesmatin.fr

La bête des Vosges, autopsie d'une rumeur, un film de Robin Hunzinger from Robin Hunzinger on Vimeo.

http://www.cinemotions.com/data/films/0648/21/2/photo-Shaun-the-Sheep-2007-3.jpg

11:59 | Lien permanent | Commentaires (0) |

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