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09/08/2011

Escouade GAMMA - Des étudiants se disent persécutés par la police...

 

Vincent Larouche
La Presse

Alors qu'ils s'apprêtent à lancer une campagne contre la hausse des frais de scolarité, des représentants d'associations étudiantes collégiales et universitaires se disent victimes d'une vague d'arrestations «sans précédent» menées par les enquêteurs du nouveau projet GAMMA de la police de Montréal.

L'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), qui regroupe 45 000 étudiants, affirme que quatre de ses militants ont été arrêtés à leur domicile récemment par ces policiers affectés à la surveillance des mouvements «anarchistes» et «marginaux». Trois des arrêtés sont des élus nationaux de l'association.

Les infractions qui leur sont reprochées auraient été commises lors de deux occupations houleuses de bureaux en mars dernier, l'une à la Conférence des recteurs et des principaux d'universités, l'autre au bureau du ministre Raymond Bachand. Une employée du bureau du ministre avait alors été blessée légèrement.

«Il faudrait être très naïf pour ne pas voir le lien clair entre cette vague d'arrestations en été et le début dans quelques semaines d'une mobilisation que nous souhaitons historique contre la hausse des frais de scolarité», a déclaré lundi le secrétaire aux communications de l'ASSÉ, Gabriel Nadeau-Dubois.

Selon le porte-parole, la police pourrait vouloir «casser les reins» du mouvement étudiant avant la rentrée.

«L'ASSÉ n'est certainement pas anarchiste et malheureusement pour le SPVM, elle n'est pas marginale», dit-il.

Deux des arrêtés ont déjà comparu à la Cour municipale et sont accusés d'introduction par effraction, complot, méfait et prise de possession d'un lieu par la force. S'ils sont trouvés coupables, ils risquent six mois de prison et 5000 $ d'amende.

Ces deux accusés sont Guillaume Vézina, étudiant en science politique à l'UQAM et secrétaire à l'information de l'ASSÉ, ainsi que Vanessa Clavelle, une élue de l'Association des étudiants en sciences humaines de l'UQAM. Deux autres arrêtés doivent comparaitre en cour le 26 juillet.

La preuve contre les étudiants repose sur des vidéos et sur les propos d'un «agent source» civil qui a fourni de l'information sur les manifestants.

L'ASSÉ répliquera en portant plainte à la Commission des droits de la personne contre le projet GAMMA, qu'elle accuse de cibler ses membres en raison de leurs opinions politiques.

L'Association a aussi retenu les services d'une avocate d'expérience, Véronique Robert, une ancienne procureure de la couronne qui a participé aux méga-procès contre les Hells Angels après l'Opération Printemps 2001.

Celle-ci s'inquiète de voir les policiers cibler les mouvements contestataires. «Il peut y avoir des actes ponctuels dans des manifestations, mais je ne vois pas ce qui justifie de surveiller constamment des jeunes parce qu'ils sont militants. Ils ne sont pas soupçonnés de commettre des crimes dans leur quotidien!» s'insurge-t-elle.

Au SPVM, le sergent Ian Lafrenière répond que GAMMA n'est pas une escouade permanente, mais un projet ponctuel visant à épingler les manifestants qui enfreignent la loi. Il rappelle que des policiers avaient été rudoyés lors des occupations étudiantes et que sept agents ont été blessés lors d'une manifestation soulignant la Fête des travailleurs le 1er mai.

«Les gens que nous avons arrêtés, c'est parce qu'ils ont commis des actes criminels, pas parce qu'ils ont tenu une réunion. Et oui, il va y avoir d'autres arrestations. Ceux qui font des crimes, nous allons les arrêter», martèle-t-il.

 

piqué au tas sur www.cyberpresse.ca

Une escouade surveillera les mouvements anarchistes

 

La police de Montréal a confirmé hier la création d'une équipe d'enquête destinée à surveiller les mouvements «marginaux et anarchistes», à la suite d'incidents violents survenus au cours de plusieurs manifestations.

Le premier coup de filet de l'escouade GAMMA (Guet des activités des mouvements marginaux et anarchistes) a mené, hier, à la comparution d'un homme et de deux femmes accusés de voies de fait contre des policiers lors d'une manifestation anticapitaliste, le 1er mai dernier.

Selon la preuve, Patrice Legendre, 42 ans, Liliane Dupont, 50 ans, et Tania Dubeau-Gaudreault, 19 ans, faisaient partie d'un groupe de manifestants qui a attaqué des policiers avec des bâtons et des manches de drapeaux lors d'une marche visant à souligner la Journée internationale des travailleurs. Un autre suspect, Charles-André Therrien, 31 ans, a également été arrêté pour entrave au travail des policiers.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) soutient que, alors que des agents arrêtaient un «agent provocateur» (un manifestant qui tente d'attiser la foule et de provoquer les policiers), des protestataires cagoulés et masqués s'en sont pris à eux.

Sept policiers ont été blessés dans l'échauffourée. Au moins trois d'entre eux ont souffert d'une commotion cérébrale. Certains sont toujours en arrêt de travail.

Hier, la Couronne a fait savoir qu'elle souhaitait resserrer les conditions de mise en liberté des accusés. L'avocat qui les représente, Me Étienne Poitras, a demandé une remise à lundi afin d'avoir le temps d'analyser la volumineuse preuve, produite hier matin.

Nouvelle escouade

Les actes de violence sont de plus en plus fréquents dans les manifestations à Montréal, fait valoir Jacques Robinette, chef du service des enquêtes spécialisées du SPVM. C'est ce qui a poussé la police de Montréal à créer l'escouade GAMMA en janvier dernier. Le groupe relève de la division du crime organisé.

«Toutes les manifestations sont devenues sujettes à des débordements, à du soulèvement populaire, à de la provocation et, éventuellement, à des voies de fait et à des méfaits à l'égard des policiers, a-t-il expliqué lors d'une entrevue avec La Presse. Maintenant, peu importe la manifestation, peu importe le rassemblement, il faut être présents et avoir le radar bien ouvert pour déceler la présence de mouvements anarchistes.»

L'officier nie que l'escouade GAMMA vise à empêcher les rassemblements et les manifestations politiques ou idéologiques.

Interrogé dans les couloirs du palais de justice de Montréal, Patrice Legendre a donné peu de détails sur la mêlée qui a mené à son arrestation. Il a critiqué la mise en place de l'escouade GAMMA. «Juste l'appellation de l'escouade est surréaliste», a-t-il dit, quelques minutes avant sa comparution. «Je suis un militant contre le système capitaliste, pour les droits des travailleurs, des pauvres et de l'ensemble des personnes exploitées. C'est certain que ce n'est pas apprécié par les pouvoirs publics, en particulier en période de crise économique. Il y a constamment des tentatives des autorités policières, comme on l'a vu récemment au sommet du G20, d'empêcher l'expression des militants.»

Hier, des dizaines de militants ont assisté à la comparution des quatre accusés, dont Mathieu Francoeur, porte-parole de la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC), qui avait organisé la manifestation du 1er mai. «Depuis plusieurs années, il y a des militants qui sont sous surveillance et des policiers infiltrés dans les manifs, a-t-il affirmé. Qu'ils regroupent ça sous une escouade spéciale pour justifier leurs budgets, ce n'est pas vraiment surprenant. Ce qui nous inquiète plus, c'est le lien avec le crime organisé. On ne voit pas le rapport entre le monde interlope et des gens arrêtés dans la manifestation des travailleurs du 1er mai.»

 

piqué au tas sur www.cyberpresse.ca - 14/07/2011

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