Avertir le modérateur

22/11/2011

Ouvrier mort à Cinélac: deux chefs condamnés

«Il me manque la moitié de moi-même» confiait la veuve de R. au lendemain de sa mort. Cet ouvrier, un Bâlois de 35 ans, est tombé de huit mètres en installant une tribune à Cinélac le 19 juin 2007. Selon nos renseignements, le chef de projet et le chef d’équipe de la société en charge des constructions temporaires de la manifestation du Port-Noir ont été récemment condamnés à six mois de prison avec sursis pour homicide par négligence.

Cette sanction, prononcée le 7 novembre, intervient plus de quatre ans après le drame. Comme le prévoit la loi, un magistrat peut émettre une telle ordonnance pénale pour des peines «modestes» sans recourir pour cela à un procès public.

Sans harnais

A l’époque des faits, l’Office cantonal de l’inspection et des relations du travail (Ocirt) dénonce: la victime n’avait pas de harnais et aucun filet de récupération n’a été placé au sol. R. a perdu l’équilibre en voulant installer un chevron dans une entaille et a chuté d’environ huit mètres. Hospitalisé, il a succombé à ses blessures. A la suite de l’accident, l’Etat avait demandé à l’entreprise de renforcer la sécurité du chantier notamment en matière de port de casques et de harnais, confirme Palmolino Esposito, administrateur et président de Cinélac: «Mais nous n’étions pas directement mis en cause.»

En effet, les ordonnances pénales de la procureure Laurence Piquerez ne mettent pas en cause Cinélac. Elles se focalisent sur deux responsables de l’entreprise de montage et de démontage, défendus par Mes Grégoire Mangeat et Arun Chandrasekharan. Lors de son audition, le chef de projet, âgé de 41 ans, a expliqué que «les ouvriers n’étaient pas contrôlés à chaque moment et qu’ils travaillaient de manière indépendante».

Le responsable ajoute que le jour du drame, la victime s’était attelée «à une autre tâche que celle qu’il s’était vu confier.» Entendu par la justice, un fonctionnaire du service de l’inspection des chantiers a conclu, pour sa part, que l’accident était dû à «un manque d’organisation ou de coordination».

«Il aurait dû le corriger»

L’autre prévenu, un chef d’équipe de montage âgé de 36 ans, a expliqué ne pas avoir vu ce que faisait effectivement la victime ce jour-là. Mais pour la procureure, il aurait dû voir, comme l’autre prévenu condamné, que R. travaillait «de façon non conforme et il aurait dû le corriger.» Au-delà de sa peine de prison avec sursis, le chef d’équipe écope d’une amende de 5000 francs. Son collègue est condamné, quant à lui, à s’acquitter de 6500 francs. Dans ses deux ordonnances, la procureure conclut: «On peut affirmer avec une vraisemblance confinant à la certitude que le résultat dommageable ne se serait pas produit» si les prévenus avaient adopté «un comportement conforme aux règles de prudence».

Contacté hier, Me Mangeat confirme que les deux hommes ont recouru la semaine dernière contre leurs ordonnances pénales. Ils seront donc jugés, l’année prochaine, lors d’un procès public devant le Tribunal de police. Avocats de la veuve, Mes Robert Assaël et Laura Santonino expliquent que leur cliente «est soulagée qu’une autorité ait dit que cette mort ne relève pas de la fatalité mais de la violation crasse de normes de sécurité. La veuve de R. aurait préféré que l’entreprise reconnaisse d’emblée ses responsabilités qu’elle a toujours fuies. Notre cliente a l’espoir que ce drame servira à augmenter la prudence des entreprises en matière de sécurité.»

Fedele Mendicino | 22.11.2011 | 00:00

 

piqué au tas sur tdg.ch

16:28 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu