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06/01/2012

Strasbourg Nuit de la Saint-Sylvestre - Une méprise à l’origine des coups de feu ?

 

L’affaire de la voiture folle qui a manqué de renverser des policiers en civil lors de la Saint-Sylvestre à Strasbourg-Hautepierre prend une tournure inattendue. Les fonctionnaires ont tiré successivement sur deux Renault Megane alors qu’ils pensaient avoir affaire à un même véhicule. Le second conducteur, qui a été blessé par une balle, vient de déposer plainte contre eux.

Initialement, les policiers interviennent pour des violences commises sur la voie publique dans le quartier de Hautepierre. Une jeune femme vient d’être frappée par un individu qui l’avait abordée quelque temps plus tôt. À la vue des forces de l’ordre, l’homme monte dans une Renault Megane vert foncé – le détail a son importance.

Le suspect démarre sur les chapeaux de roue. Il fonce droit sur deux policiers en civil qui tentent de lui barrer le passage. Les fonctionnaires sont contraints de faire feu avec leur arme de service. Ils évitent le choc de justesse mais le chauffard parvient à s’échapper.

Il est environ 2 h 30 du matin. Non loin de là, Farid (*) fête son trente-cinquième anniversaire et la nouvelle année avec deux amis. Les trois hommes, qui ont bu quelques verres d’alcool sur le parking du centre socioculturel Le Galet, décident de poursuivre la fête en Allemagne.

« J’ai pensé que c’étaient des jeunes qui me tiraient dessus »

Farid s’installe seul à bord de sa voiture – une Megane gris foncé. Ses deux copains empruntent un autre véhicule. Le conducteur de la Renault sort du parking du Galet, franchit un feu tricolore et s’engage sur le boulevard Balzac. À la sortie d’une légère courbe à gauche, il voit « au moins cinq personnes sur le terre-plein central » qui sépare sa voie et le couloir de bus. « À peine ils ont vu ma voiture qu’ils ont commencé à m’arroser, raconte le trentenaire. J’ai pas compris ce qui se passait. J’ai pensé que c’étaient des jeunes qui me tiraient dessus, c’est pour ça que je ne me suis pas arrêté. J’ai pas regardé derrière moi, je voulais sauver ma peau. »

À ce moment-là, Farid assure ignorer qu’il a affaire à des policiers en civil. « Ils avaient des capuches et des bonnets mais aucun brassard », précise-t-il. Le conducteur, qu’une balle a brûlé au niveau de l’index gauche, abandonne sa voiture sur un parking de la maille Eléonore, à quelques centaines de mètres de là. La vitre conducteur a éclaté et une balle a terminé dans le capot.

Farid ne marche pas longtemps avant de croiser deux autres fonctionnaires qui portent le brassard réglementaire. Son identité est relevée et il est interpellé. Il est placé en garde à vue le 1 er janvier à 3 h 15 au commissariat central de Strasbourg.

Les enquêteurs de la brigade criminelle de la sûreté départementale pensent qu’ils tiennent l’auteur des violences sur la jeune femme qui a forcé le barrage de police. Farid répète qu’il n’a rien à voir avec cette affaire.

Un événement va clarifier les choses. Une Renault Megane grise qui porte des impacts de balles est retrouvée abandonnée sur le parking de l’hypermarché Auchan Hautepierre. Son propriétaire est interpellé au petit matin du 1 er janvier. Âgé de 32 ans, celui-ci se dit également innocent, affirmant avoir prêté son véhicule au cours de la soirée sans savoir qui a pu l’utiliser. La jeune femme agressée met hors de cause les deux hommes, qui sont relâchés dans la soirée du 2 janvier.

Deux jours plus tard, Farid retourne au commissariat pour déposer plainte à l’encontre des policiers qui lui ont tiré dessus. « J’ai bien réfléchi. C’est vrai que je suis coupable de conduite en état d’ivresse [il accusait une alcoolémie de 1,10 g/l au moment de son placement en garde à vue], mais ils m’ont tué le cerveau avec tout ça. » Après quarante heures de garde à vue, il est toujours choqué et prend des médicaments « pour [s] e calmer ».

« Je me sens comme un miraculé, indique le jeune homme. Imaginez que j’aie reçu une balle dans la tête, qu’est-ce qu’ils auraient dit ? Qu’ils se sont trompés de personne ? Ils ne peuvent pas se tromper. Ils ont leurs yeux pour relever la plaque, c’est leur travail. »

(*) Le prénom a été modifié.

Enquête en cours

Le parquet de Strasbourg a diligenté une enquête globale pour faire la lumière sur les événements qui se sont déroulés à Hautepierre durant cette nuit de Saint-Sylvestre.

Les investigations devront notamment déterminer les conditions dans lesquelles les policiers ont tiré sur la voiture de Farid. Se trouvaient-ils sur le terre-plein, comme l’indique l’intéressé, ou sur la voie ? Si un policier a admis avoir perdu son brassard en courant après le conducteur de la première Megane, ses collègues portaient-ils cet élément distinctif de leur qualité au passage de la deuxième Megane ?

Les deux véhicules ont fait l’objet d’opérations de police technique et scientifique – notamment balistiques – menées par les fonctionnaires de l’identité judiciaire de la direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) de Strasbourg. Huit impacts de 9 mm auraient été recensés sur les voitures.

Le premier conducteur impliqué dans les violences inaugurales, qui n’a pas encore été identifié, est toujours activement recherché par les forces de l’ordre.

 

piqué au tas sur dna.fr - 06/01/2012

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