Avertir le modérateur

03/03/2012

Face au Front National, acceptons le défi du politique

via Fragments sur les Temps Présents

Extraits :

Depuis 30 ans, chaque changement de majorité a vu nos législations sur l’immigration changer. Le FN est un parti sans député, comptant très peu de militants, mais qui pèse avec constance sur les décisions de nos gouvernants. Il faut sortir du schéma de la société industrielle où l’importance d’un parti se comptait par rapport à son nombre de parlementaires, de militants. Or, cette stratégie s’est avérée un suicide pour les droites : quand elles avalisent les positions FN elles légitiment le transfert de ses voix vers lui et en retour l’électorat de gauche se mobilise.

...

Pour les militants politiques qui veulent faire reculer le FN, il faut affronter leurs responsabilités et non adopter des postures. Pour la droite, cela signifie ne pas dissoudre l’échec du libéralisme dans une alliance soit idéologique soit partisane avec l’extrême droite où le discriminant ethno-culturel viendrait sauver le marché (la même politique + la préférence nationale). Pour les socialistes et les écologistes, il leur faut admettre l’attachement des Français à des cadres unifiés avec une fonction sociale de l’État et non se satisfaire d’une société atomisée où la régulation étatique ne toucherait que les « exclus », les « sans ». Quant à la gauche antilibérale, elle a le devoir de restaurer sa propre fonction tribunicienne en s’unifiant électoralement. Elle doit porter cette contestation du peuple français. Sachant que le FN a pu allier ensemble poujadistes et néonazis n’ayant rien de commun, on ne connaît pas de raison sérieuse interdisant la même opération à gauche de la gauche, permettant la même pression législative sur la question sociale que celle que le FN a obtenue sur la question migratoire depuis 30 ans.
...
Faisons un détour par notre histoire récente quant à un tout autre groupe politique, le Parti communiste français. Le PCF a abandonné, en 1976, la dictature du prolétariat comme but. Mais s’il représentait un quart des voix, ce n’était pas au nom de cette utopie, mais parce que là aussi les électeurs en usaient comme d’un vote de lobbying, cette fois non quant au thème de la « préférence nationale » mais quant à celui de la « justice sociale ». Or quelle a été la politique menée à l’encontre du PCF ? On a fait de révolutionnaires rouges des pléthores de conseillers municipaux. Ils ont géré leurs villes avec leurs problèmes de voirie, d’écoles, etc. Ils ont pensé à leur réélection. On a complètement digéré cette contestation par la normalisation.

...

Propos de Nicolas Lebourg recueillis par Gabriel Gérard

08:13 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu