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18/03/2012

Les confessions de THIERRY FRAGNOLI, juge anti-terroriste...

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Orphelin à 13 ans de son père routier, Thierry Fragnoli a été élevé par sa mère employée de la ville de Paris et fit des petits boulots (barman, archiviste, aide-soignant, animateur) 


Le 11 novembre 2010 (le choix de la parution de l'article ne trompe personne), il y a donc maintenant plus de deux ans, le juge Thierry Fragnoli se livrait dans un " premier entretien de la série nommé « Parole aux magistrats »" sur le blog "objectif.magistrat.free.fr".

Dans ce petit exercice de style d'autocongratulation et d'autopromition est dressé un portrait très flateur du conmbattant de l'antiterrorisme international :

 

Quel a été votre parcours jusqu’à maintenant ?

Après avoir été juge des enfants à Meaux, j’ai été pendant 3 ans substitut du procureur chargé des mineurs à Créteil ( il y avait une certaine continuité). Puis juge d’instruction à Créteil pendant 3 ans. Et depuis 5 ans je suis juge d’instruction anti-terroriste à Paris.

Autant on peut comprendre la notion de "certaine continuité" au fait de passer substitut du proc. chargé des mineurs, autant on peut avoir un peu de mal à se faire une opinion sur les choix qui on porté à sa validation au poste de juge d'instruction anti-terroriste par le CSM (Conseil supérieur de la magistrature) en 2005... 

Un peu plus loin dans son interview, le juge Fragonli se laisse à quelques confidences, et non des moindres, concernant son rapport au droit :

Quel est votre rapport quotidien au droit ?

Paradoxalement on fait assez peu de droit : quand on doit déterminer qui a posé la bombe, quelle était sa composition et pourquoi elle a été posée, on est loin du droit ! Quand on interroge un témoin, ce n’est pas du droit, c’est aussi du fait. Globalement au pénal on fait moins de droit qu’au civil. Mais évidement parfois il y a des points de droit qui se posent, par exemple avec l’article 421-1  du Code pénal : qu’est-ce que l’intimidation ou la terreur ? La définition de cet article est assez floue, et on peut penser que le législateur a voulu laisser à l’autorité judiciaire le soin d’apprécier  au cas par cas ce qui relevait ou pas du terrorisme, et c’est d’ailleurs ce que l’on nous reproche beaucoup .

tubes_PVC.jpg

Fragnoli exultant lorsqu’il a appris que des tubes en PVC ayant pu servir de perches pour poser les crochets sur les caténaires avaient été retrouvés au fond de la Marne.


C'est certainement de ce "soin d'apprécier" que le juge Fragnoli semble manquer cruellement dans l'affaire de Tarnac (qu'il n'évoque à aucun moment dans l'article).

Ce qu'il dénoce, par contre, c'est une certaine inégalité de traitement dont peut souffrir le juge d'instruction face aux avocats de la défense dans leurs rapports avec la presse.

Qu’est-ce qui est le plus dur ?

C’est l’aspect médiatique de certains dossiers. Les avocats ne sont pas soumis au secret de l’instruction donc ils en profitent pour communiquer des éléments du dossier qui vont dans leur sens alors que le juge, lui, est dans l’incapacité de répondre, de montrer que l’affaire est plus complexe qu’elle n’y paraît. C’est parfois peut être un peu frustrant mais c’est la règle et il faut l’accepter.

Etonnant quand on sait maintenant que ce même juge a envoyé un courriel à ses "amis de la presse libre" :

 via UHD

Mais peut-être va-t-il invoquer :

L’article 11 du Code de procédure pénale prévoit que le parquet a la possibilité de communiquer afin d’éviter la propagation d’informations parcellaires ou inexactes notamment, mais l’expérience montre que le parquet est assez prudent dans l’application de ce texte, peut être parce que les dossiers instruits à l’anti- terrorisme sont des dossiers médiatiquement  sensibles .

Toujours ce même juge qui, encore un an auparavant (2009), c'était déjà illustré lors d'un droit de réponse 

dans un article de karl Laske :

 

Droit de réponse du juge Thierry Fragnoli :

Dans l’un de vos articles de votre édition datée du 2 novembre sur le dossier dit "Tarnac" en cours d’instruction à mon cabinet, vous écrivez, à propos des modifications des mesures de contrôle judiciaire que j’ai refusées : «Il a refusé l’autorisation à Mathieu et Aria de résider provisoirement sur Paris, où leur jeune fils devait subir une greffe de moelle osseuse, les obligeant à repousser la greffe pour qu’elle puisse se dérouler à Rouen, où ils résident.» Sans m’exprimer publiquement sur le fond de ce dossier, étant tenu au secret de l’instruction, je constate, qu’une fois encore, une information tronquée tente de me discréditer personnellement quant au manque d’humanité dont j’aurais fait preuve.

A propos de cet enfant, et de ses problèmes de santé que j’ai toujours pris en considération, j’ai eu à de nombreuses reprises le père au téléphone au cours du mois d’août dernier, avec qui nous avons discuté de son séjour sur Paris compte tenu de la demande qu’il me formulait de résider chez deux des mis en examen du même dossier résidant sur Paris. Je dois vous préciser qu’il est assez inhabituel qu’un magistrat instructeur prenne aussi directement au téléphone un mis en examen.

Compte tenu des interdictions de communiquer entre eux auxquelles étaient soumis les mis en examen du dossier, et que je souhaitais maintenir, il a été trouvé, à l’initiative d’ailleurs du procureur de la République, une solution d’hébergement sur Paris, aux frais de la justice, qu’était chargée de mettre en œuvre une association de contrôle judiciaire désignée à cet effet par une ordonnance spécifique de ma part.

Réponse de Karl Laske : Soyons donc exhaustifs. La solution d’hébergement trouvée par l’association en question - une chambre de 9 m2 dans un centre de réinsertion - ne l’a été que le 10 septembre. Or c’est par un courrier du 9 juillet, lettre de l’hôpital Necker à l’appui, que Mathieu et Aria ont annoncé au juge que leur fils était atteint d’une maladie rare et grave, nécessitant une greffe de moelle osseuse et une chimio. Le 17 août, les parents indiquaient encore, dans une nouvelle lettre au magistrat, n’avoir obtenu aucune réponse des deux associations désignées, et rappelaient le caractère d’urgence du traitement. Le 1er septembre, sans nouvelles, ils engageaient le processus de la greffe au CHU de Rouen. Avec deux mois de retard, dans un établissement qu’ils n’avaient initialement pas choisi, comme nous l’avons écrit. En novembre 2008, Mathieu et Aria, qui, la nuit des sabotages des lignes TGV fêtaient les 30 ans d’un ami, avaient déjà subi quatre-vingt-seize heures de garde à vue, sans avoir pu entrer en contact avec leur fils.

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Submergé par «le tsunami médiatique» comme il dit, le juge Fragnoli prend des coups redoublés


Commentaires de certaines illustrations via article de PATRICIA TOURANCHEAU - Fragnoli, la justice façon «Kill Bill».

Pour aller plus loin :

http://www.liberation.fr/societe/01012396324-fragnoli-la-...

http://www.liberation.fr/societe/0101603995-droit-de-repo...

http://ultrahumandignity.blogspot.fr/

 

Probe

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