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19/03/2012

Les Identitaires veulent créer deux types de Français

 

Samedi 10 mars se sont déroulées les « Assises de l’identité » durant lesquelles les Identitaires ont repris une proposition avancée par le GRECE: scinder citoyenneté et nationalité.

Environ 500 personnes ont assisté à ces Assises organisées à Paris par une nouvelle association, propulsée par le Bloc identitaire, baptisée Nationalité, citoyenneté, identité (NCI). Les Identitaires et leurs orateurs invités se sont employés tout au long de la journée à pourfendre immigration et islam, perçus comme la source de tous les maux de notre société.

Catherine Blein, organisatrice de la journée et présidente de NCI, outre son rejet du droit de vote des étrangers, a ainsi proposé que les notions de citoyenneté et de nationalité soient scindées. Une idée qu’Alain de Benoist avançait déjà en son temps dans le Manifeste du GRECE. Catherine Blein la reprend en la modifiant dans un sens identitaire :

Les notions de nationalité et de citoyenneté doivent être considérées de façon distincte. La nationalité doit relever de l’appartenance identitaire et de la filiation, la citoyenneté relevant exclusivement de l’appartenance administrative, c’est à dire les Français de papiers. On pourrait être citoyen français, régit par la République française, sans pour autant être de nationalité française.

Une distinction que Mme Blein a fait valoir, à titre d’exemple, pour les Mahorais, les Martiniquais, les Guadeloupéens, mais également les Algériens ou Ivoiriens, qui pourraient être, à ses yeux, citoyens français, sans être Français. Le tout pour accorder à ces derniers « une prééminence réelle de statuts de droits et d’avantages propres sur les simples citoyens ». Bref, avec d’autres mots, de créer deux catégories de Français, dont l’une, supérieure à l’autre, serait héréditaire. Le tout accompagné d’un rejet équivoque des territoires ultramarins, justifié par un ethno-différentialisme affirmé. Une vision qui n’est pas isolée à l’extrême droite. Il n’est pas inintéressant de mettre en parallèle ces propos et ceux de l’ancien gréciste et patron de l’association politico-culturelle Terre et peuple, Pierre Vial. Celui-ci déclarait, il y a une dizaine d’année, dans son livre Une Terre, un peuple (1):

Les DOM-TOM ont une population qui n’est pas, dans son immense majorité, d’origine européenne. C’est pourquoi j’aurai toujours plus de choses en commun avec un Russe, un Irlandais, un Italien ou un Serbe qu’avec un Martiniquais ou un Guadeloupéen, même si ces derniers possèdent la même carte d’identité que moi. Il faut en tirer la conclusion logique si l’on se place dans notre perspective qui est « Une terre, un peuple ». C’est-à-dire exclure ces territoires du cadre européen, pour leur donner un cadre institutionnel spécifique, d’association avec l’Europe sous forme d’accords mutuels où chacun puisse trouver son compte.

De l’ethnodifférentialisme au racialisme, il n’y a qu’un pas, franchi samedi par l’invité vedette des Assises, Jared Taylor, présenté comme « l’homme le plus dangereux des Etats-Unis ». Dans un français parfait, celui-ci a pourfendu « le culte de la diversité », s’excusant d’avoir à employer le mot « race », couramment utilisé dans son pays. Celui qui explique sur le site Internet de sa revueAmerican renaissance, que « le progrès exige l’étude de tous les aspects de la race, que ce soit historique, culturel, ou biologique. Cette approche est connue sous le nom de race realism » a mené une violente charge contre certaines communautés face « aux américains de souche ». Les accusant, rien de moins, que de retard scolaire, culturel, d’avoir provoqué le dépeuplement de villes telles que Détroit…

Un discours conclu sur un appel à l’union des populations blanches à travers le monde: « Ce n’est pas seulement la France qui est en danger: quand vous luttez pour la France, quand vous luttez pour l’Europe, vous luttez aussi pour les enfants de l’Europe qui habitent outre-mer, comme moi, comme les camarades au Canada. Nous sommes tous des compagnons d’armes. »

A côté de lui, Fabrice Robert, président du Bloc identitaire, a tenu un discours presque modéré. Moins idéologique et plus politique, il a pris publiquement acte de la consultation interne de son parti, qui a décidé de n’apporter aucun soutien officiel pour l’élection présidentielle. M. Robert semble mettre de côté pour l’instant la démarche électoraliste: il a ainsi estimé  que « c’est le travail sur les idées associé à de l’action spectaculaire qui caractérisent les Identitaires ». Le président du Bloc a sans les nommer, pris ses distances avec Philippe Vardon et la section niçoise des Identitaires, Nissa Rebella. Ces derniers ont décidé d’apporter, à la différence du Bloc, leur soutien à Marine Le Pen pour la présidentielle et avait conclu une alliance  aux cantonales de mars 2010 avec Jacques Peyrat, le tout béni par le FN: « L’apéro saucisson-pinard a plus fait pour populariser nos idées auprès du grand public que l’élection de quelques conseillers généraux d’opposition », a ainsi tranché Fabrice Robert.

Julien Licourt

(1) Pierre Vial et Olivier Chalmel, Une Terre, un peuple, Ed. Terre et peuple, Paris, 2000, p. 134.

 

via Préférence nationale

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