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03/07/2012

Alain Bauer : « La sécurité privée a toute sa place »

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Quel est la vocation de la délégation territoriale Grand Est du Conseil national des activités privées de sécurité que vous installez ce matin à Metz ?

Alain BAUER : « C’est une instance interrégionale [sur le territoire de la zone de défense, NDLR] qui a une triple vocation pédagogique, déontologique et de sanction pour les acteurs de la sécurité privée dans le Grand Est. C’est la deuxième à être installée après Rennes. Agents de surveillance, vigiles, détectives, agents de télésurveillance doivent respecter des règles dans un cadre précis, avec des agréments pour les personnels et les chefs de ces entreprises. Elle a donc aussi vocation à réprimer tous les manquements à ces règles ».

La France compte deux agents de sécurité publique (policiers, gendarmes…) pour un agent privé. Pensez-vous que l’avenir de la sécurité soit dans le secteur privé ?

« Je pense que l’avenir, c’est l’économie mixte. Comme Michel Rocard, j’ai toujours pensé que l’État n’était pas fait pour produire mais pour contrôler. Les opérateurs privés ont toute leur place dans le dispositif mais ils doivent être durablement et sérieusement contrôlés […] C’est l’exception française : contrairement à l’Europe et notamment les pays anglo-saxons, où il y a deux agents privés pour un agent public, en France, c’est bien l’inverse qui perdure ».

Gendarmes et policiers ont-ils encore toute leur place ?

« Oui, mais la question se pose pour certaines activités : faut-il un agent d’État pour surveiller la sortie des écoles, la gestion des marchés, des permanences funéraires ? La France reste un des rares pays avec une police d’État centralisée. La question, c’est : qui fait quoi sur quel territoire ? Tant qu’on ne traite pas cet enjeu, qui passe par l’intercommunalité, les services publics ne survivront pas ».

Vous êtes un expert enseignant en criminologie au Cnam, à New York et Pékin. Ensuite, vous êtes amis avec Nicolas Sarkozy mais également avec Manuel Valls, l’actuel ministre de l’Intérieur ? Comment peut-on être les deux à la fois ?

« Vous choisissez vos amis en fonction de leurs idées politiques, de leur appartenance à une secte particulière ? Moi pas ».

Que conseillez-vous à Manuel Valls pour résoudre les problèmes de sécurité en France : répression ou prévention ?

« Je n’ai pas de conseil à lui donner. Il est le gardien de la paix publique ; il doit donc tout couvrir : dissuasion, prévention, sanction. Après, chacun a sa patte personnelle. Il a, à mon sens placé, dans ses dernières déclarations, son action sous le signe de l’équilibre ».

La récente création de la section de criminologie du Conseil national des universités a provoqué des résistances fortes. Légitimes ou illégitimes ?

« La reconnaissance de la criminologie en tant que discipline a eu lieu lorsqu’une chaire [au Conseil national des arts et métiers] a été créée et à laquelle j’ai été élu. Pour le reste, il faut savoir qu’une centaine de profs de criminologie enseigne de façon clandestine ou presque. Mes collègues ont besoin d’une gestion de carrière comme les autres, voilà tout. Cette section a été créée et nous en sommes là. Bon, ensuite, tout ceci ne dérange que certaines personnes accrochées à leur pré carré ».

Propos recueillis par Alain MORVAN. 

piqué au tas sur republicain-lorrain.fr - 03/07/2012

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