Avertir le modérateur

31/07/2012

ACT

ACT,amis de la commune de Tarnac

18:19 | Lien permanent | Commentaires (0) |

21/07/2012

Création d’un site de ressources contre la répression

La répression c’est la pression et la violence que le pouvoir applique contre tou-te-s celles/eux qui décident de se taper des règles imposées.

Elle essaie de dis­sua­der, faire peur, empê­cher, isoler, enfer­mer et punir à la fois. La répres­sion sert autant contre les indé­si­ra­bles, que contre ceux et celles qui se révol­tent, que pour main­te­nir le désé­qui­li­bre des riches­ses et du pou­voir.

Quand les keufs, qui assas­si­nent régu­liè­re­ment, exi­gent la pré­somp­tion de légi­time défense. Quand les camé­ras de vidéo sur­veillance pous­sent comme des cham­pi­gnons. Quand la police et la jus­tice sont en train de connec­ter leurs fichiers infor­ma­ti­ques avec leurs potes dans tous l’Europe et avec les “col­lè­gues” du sec­teur privé. Quand la déla­tion devient un devoir citoyen for­ma­lisé. Quand de plus en plus de gens se trou­vent face à la jus­tice parce que leur ADN “a bipé”. Quand il suffit d’un préfet pour se trou­ver enfermé en psy­chia­trie. Quand on vit dans une société dépo­li­ti­sée ou il parait dif­fi­cile de trou­ver un chemin entre le pétage de plomb indi­vi­duel et les asso­cia­tions syn­di­ca­les/citoyen­nes….

…on trouve qu’il est bien temps de s’orga­ni­ser plus sérieu­se­ment contre la répres­sion. Ce site veut en faire une partie. La partie qui devrait nous per­met­tre de com­mu­ni­quer et s’infor­mer sur nos pra­ti­ques aussi que celles des keufs, sur les évolutions léga­les, sur les procès à venir, de par­ta­ger des réflexions, des comp­tes rendus aussi que des ana­ly­ses et des res­sour­ces. On n’est pas là pour reven­di­quer nos droits, mais pour mieux connaî­tre notre ennemi, pour avan­cer la soli­da­rité et pour par­ta­ger nos stra­té­gies.

On a l’impres­sion que trop sou­vent on porte notre far­deau juri­di­que tou-te-s seul-e-s, même quand on a des allié-e-s tout pro­ches. Beaucoup de gens ne com­mu­ni­quent pas quand ils/elles ont à faire avec la police ou la jus­tice. Cette iso­le­ment ne fait qu’aider la répres­sion. Nous vou­lons vous inci­ter à poster vos expé­rien­ces ici, ainsi que vos dates de procès, vos ana­ly­ses et res­sour­ces.

On cons­tate qu’il y a déjà beau­coup à lire sur inter­net mais que les res­sour­ces se trou­vent enter­rées dans les fils de publi­ca­tion sur Indymedia, que celles qui exis­tent sur papier n’arri­vent sou­vent pas sur inter­net, que les infos sont dis­per­sées. Ceci nous a donné envie de créer un plate-forme pour tout cen­tra­li­ser. On veut bien publier une liste des cais­ses de soli­da­rité exis­tan­tes, ainsi que les pré­cé­dents judi­ciai­res qui peu­vent nous aider à nous défen­dre. Le but c’est de per­met­tre de faire des recher­ches bien poin­tues dans les archi­ves à partir des fil­tres.

pierre par pierre veut être un outil pour tous qui assis­tent à l’anti-répres­sion.

Adresse : jqi­ho7­je6x­ty4­ne4.onion (visi­ter avec tor brow­ser ou tails ― ins­truc­tions tech­ni­ques en bas)

On vous invite tou-te-s à vous infor­mer ici, et aussi à contri­buer. Le site accepte que des contri­bu­tions ano­ny­mes, mais ils seront vali­dées par un-e modé­rat-eur-rice avant publi­ca­tion. Veuillez patien­ter si on est pas tout de suite dis­po­ni­ble. Le site se dirige plutôt vers les infos qua­li­ta­ti­ves et dura­bles que vers les nou­vel­les d’urgence.

Le site est actuel­le­ment très jeune et un nombre d’outils néces­sai­res ne sont pas encore fonc­tion­nels. Le tra­vail effec­tué a été foca­lisé sur la visua­li­sa­tion des arti­cles, sur la publi­ca­tion ouverte et sur la sécu­rité. Il n’y pas encore des outils de recher­che avan­cés, d’outils de modi­fi­ca­tion ano­ny­mes des arti­cles exis­tants. Ces outils sont indis­pen­sa­ble et sont en pro­duc­tion.


Tor est un réseau qui a pour but de per­met­tre à ses uti­li­sa­teurs de navi­guer sur inter­net d’une manière plus ano­nyme. (bien expli­qué, en anglais - https://www.tor­pro­ject.org/about/over­view.html) Il consiste d’un logi­ciel qui tourne sur l’ordi­na­teur de l’uti­li­sa­teur et qui fait des connec­tions cryp­tées à tra­vers au moins trois ordi­na­teurs dans des pays dif­fé­rents pour rendre dif­fi­cile l’iden­ti­fi­ca­tion.

Le site pierre par pierre est un ser­vice caché par tor. Cette méthode d’héber­ge­ment permet aux sites qui l’uti­li­sent de cacher leur empla­ce­ment, et de donner un point de rendez-vous à votre ser­veur Tor pour com­mu­ni­quer. Pour contac­ter ce point de rendez-vous, votre ser­veur Tor ainsi que celui du site en ques­tion uti­li­sent tous les deux un chemin qui passe par trois autres ser­veurs Tor et cryp­tent leur com­mu­ni­ca­tion entre eux deux.

La consé­quence est par ailleurs que ce n’est pour le moment pas pos­si­ble de visi­ter le site sans le logi­ciel tor. Celui-ci vient dans deux for­mats pra­ti­ques :

- Tor brow­ser bundle - est un fire­fox équipé avec tor -https://www.tor­pro­ject.org/down­load/down­load-easy.html.en
- Tails - un sys­tème live qui ne permet pas seu­le­ment de connec­ter à inter­net avec tor, mais aussi de tra­vailler sur un ordi­na­teur sans y lais­ser des traces - https://tails.boum.org/index.fr.html

 

via http://rebellyon.info

 

18:54 | Lien permanent | Commentaires (0) |

20/07/2012

Abeilles ou pesticides: 48 heures pour choisir

Le Lot est connu pour sa gastronomie, sa campagne vallonnée et sa nature préservée. Bientôt hélas, si nous laissons faire, il sera connu pour ses abeilles décimées: le Préfet du Lot pourrait autoriser des épandages aériens de pesticides toxiques pour les abeilles. 

J'habite ici, j'aime vivre ici. Il y a de la vie. Je préside une association locale de protection de l'environnement. Je sais que les abeilles jouent un rôle central dans le maintien de la biodiversité, mais qu'elles sont directement menacées par l'exposition aux pesticides utilisés dans l'agriculture.

J'ai décidé d'agir avant qu'il ne soit trop tard. Le Préfet du Lot M. Gonzalez a ouvert une consultation publique sur le sujet, qui prend fin dans 48 heures. J'ai donc lancé une pétition urgente sur Change.org lui demandant d'interdire les épandages aériens de pesticides. J'ai besoin d'un soutien massif avant de lui remettre ma pétition d'ici la fin de la consultation.

Cliquez ici pour signer ma pétition

En raison de sa dangerosité pour la santé animale et humaine, l'épandage aérien de pesticides est interdit en France depuis 2010. Mais un arrêté ministériel de 2011 autorise les préfets à accorder des dérogations, qui sont en train de devenir la norme: 800 demandes de dérogation ont été déposées dans le pays depuis le début de l'année, et plusieurs préfectures commencent à les accepter.

Je n'accepte pas que les pouvoirs publics, censés être au service de l'intérêt général, puisse céder à la pression des grands groupes de l'agrochimie pour laisser répandre ces produits. Je suis persuadée que si j'obtiens une interdiction des épandages dans le Lot, cela remettra en cause ces dérogations. 

Dans les prochaines 48 heures, si des milliers de personnes disent au Préfet du Lot leur volonté de sauver les abeilles et l'environnement, je pense qu'il n'aura pas d'autre choix que de renoncer à ces épandages dangereux. Pour y parvenir, j'ai besoin de votre aide.

Signez ma pétition demandant au Préfet du Lot d'interdire les épandages aériens de pesticides.

Merci d'agir pour faire changer les choses

Nathalie Chalut-Michel

08:40 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Retour sur le week-end de résistance à la ligne THT, par quelques un-es du groupe « médical »



        Du 22 au 24 juin dernier a eu lieu un week-end de résistance à la
construction de la ligne THT (Très Haute Tension) Cotentin-Maine. Ce
week-end s'inscrit dans la continuité de réflexions, d'informations et
d'actions collectives menées depuis plusieurs mois. Les deux premiers
jours étaient consacrés à des échanges entre locaux et militants-es
antinucléaires venus-es d'un peu partout. Le dimanche étant une journée
d'action dont la finalité était double, à savoir rendre visible cette
résistance, et saboter l'avancée des travaux sur la ligne THT.

        Retournons plus précisément sur cette journée :

        Deux cortèges sont partis du camp, l'un marchant vers la mairie du
Chefresne, l'autre vers les pylônes. Ces deux cortèges étaient totalement
solidaires, en lien permanent, et poursuivant la même volonté politique.
        Au sein de ces deux cortèges nous étions une vingtaine de personnes,
toutes antinucléaires, à s'être constitué comme un groupe « médical »
autogéré en capacité d'assumer les premiers secours. Nous tenons à bien
préciser que nous n'étions pas là en tant que prestataires de services,
mais bien en tant que personnes participant activement à la construction
de la lutte collective contre le nucléaire et son monde.
        Au sein même de cette équipe médic, nous nous inscrivons dans une
perspective politique d'échanges et de transmissions de savoirs et
pratiques, rejetant les notions d'experts et de spécification des tâches.

        Nous écrivons ce texte afin de faire un constat précis des événements et
de dénoncer les violences « policières » assumées et préméditées par la
préfecture de la Manche qui ont eu lieu ce dimanche 24 juin. Parce que
cette journée n'est ni à oublier ni à banaliser, et qu'elle marque une
nouvelle fois l'impunité et la monstruosité militaire, il nous semble
important que ces constats et ces dénonciations soient diffusés largement
aussi bien au cercle antinucléaire, aux professionnels  en contact avec
les victimes, qu'à n'importe qui ayant à faire aux forces de l'ordre.
Cela, à la fois en solidarité avec nos amis-es et à visée
d'auto-médiation.

        Les moyens utilisés par la gendarmerie, outre les effectifs évidemment
conséquents, étaient tous employés en vue de nuire et de blesser avec une
 détermination forte,  pensée et assumée.
        Pour le cortège se dirigeant vers les pylônes THT était déployé un
arsenal comprenant des grenades explosives dites assourdissantes ou de
désencerclement, des grenades lacrymogènes et des matraques. Les tirs, au
lance grenades ou à la main, étaient sciemment dirigés vers les
personnes, arrivant au niveau du visage le plus souvent. Rappelons que
les grenades sont mortelles lorsqu'elles sont lancées à tir tendu
(pratique interdite par la loi), ce qui était le cas et qui devient une
norme.
        L'attaque a débuté de façon immédiatement brutale (à environ 200m du
camp) avec des blessés-es graves dès la première charge, et n'a pas
diminué d'intensité même lors de notre repli vers le camp. Et même
lorsque des cordons de sécurité étaient constitués par nous-même autour
de nos blessés-es et qu'ils signalaient verbalement aux bleus la
situation, les charges et les tirs ont continué exactement avec la même
violence.
        L'autre cortège a essuyé des tirs de grenades lacrymogènes, sans
sommation, au bout d'à peine quelques centaines de mètres de marche, ce
qui a entraîné son repli immédiat.

        En ce qui concerne les blessés-es :

        -une personne a été blessée à l'œil de manière très grave, elle a été
transférée d'un hôpital périphérique au CHU de Caen le jour même, sa
vision est largement amputée par une hémorragie du vitré et le pronostic
est réservé quant à la récupération de son acuité visuelle.
        -une personne a subi un traumatisme crânien grave avec atteinte de l'œil
suite à un tir tendu de grenade, il a été opéré le soir même. Il souffre
d'une triple fracture du massif facial et la rétine de son œil a été
touchée par la violence du choc. Sa vision est également extrêmement
altérée de manière irréversible à 1/20ème.
        Ces deux personnes ont nécessité une évacuation en urgence. Or la
préfecture a volontairement saboté l'arrivée des véhicules médicalisés
sur le camp. Les consignes étaient données de bloquer le premier véhicule
médicalisé à quelques dizaines de mètres du camp. Une journaliste
présente sur les lieux a constaté ce blocage par un cordon de gendarmes,
ce qui a certainement permis son lever. Le deuxième a carrément été
détourné par la gendarmerie, soit disant pour un de leur blessé.
        Ces deux victimes ont donc attendu plus d'une heure trente. Peut-on
parler d'autre chose que de cynisme et de sadisme ?
        -une autre personne a eu une plaie importante au niveau du front (coup de
matraque), ayant nécessité des points de suture.
        Les blessés-es restant (environ 20) sont consécutifs aux multiples
explosions de grenades  assourdissantes et de désencerclement. En
explosant des impacts métalliques se logent dans les chairs en
profondeur, jusqu'à plusieurs centimètres sous la peau, sectionnant
potentiellement nerfs et artères.
        Ainsi, 15 éclats ont été constatés (jambe os, genou, vagin, sein, bras)
chez une blessée. L'un de ses éclats a carrément sectionné un nerf de
l'avant bras. Elle a été transférée vers un autre hôpital et a ensuite dû
être opérée de son avant-bras (ce qui signifie qu'on ne lui a pas retiré
tous les éclats de son corps). Elle garde des séquelles motrices et
sensitives des doigts.
        Les autres gardent leurs éclats dans leur corps, ce qui n'est pas sans
poser problème, à court comme à long terme.

        A noter, le médecin régulateur du SAMU, avec qui nous étions en lien,
était harcelé par le chef de cabinet de la préfecture afin de fournir les
identités des blessés-es et leur hôpital de destination. Si lui et
d'autres soignants-es s'en sont tenu au secret médical, des employés-es
de la polyclinique d'Avranches ont sciemment communiqué avec la
gendarmerie préférant être indic plutôt que soignant... Chapeau les
collabos !
        Des policiers étaient également en faction devant certains hôpitaux du
coin. Il a aussi été signalé de véritables barrages policiers (en ligne
sur la route avec tenue de combat) arrêtant tous les véhicules et
contrôlant les identités. Et ils ont même été jusqu'à surveiller l'entrée
du CHU de Caen où deux fourgonnettes et « une ligne » de gardes mobiles
attendaient sur la voie d'accès.  La répression prime clairement sur
l'assistance.

        Enfin, malgré la solidarité entre nous tous, le sentiment d'effroi
laisse, pour certains-es d'entre nous, des marques dans nos psychés qui
mettront du temps à cicatriser... Marques façonnant,  mais n'effaçant
rien de notre désir de révolte.
        Notre propos n'est pas « de pleurer sur notre sort » car nous savions
dans quoi nous nous impliquions. Nous ne sommes pas dupes, la France est
un État policier qui montre son vrai visage quand on s'attaque à ses
piliers fondateurs, notamment l'industrie nucléaire. Certes cela n'est
pas nouveau, mais mérite d'être rappelé sans cesse. L'état ne supporte
pas sa contestation, et avoir du sang sur les mains ne lui fait pas peur.
Et ce texte a pour but d'informer, encore et toujours, que la violence
étatique n'est pas que symbolique, mais s'incarne aussi dans le corps de
nos compagnes et compagnons touchées-s.

Quelques un-e-s du groupe « médical » (mediccaen arobase riseup point net)

Infos sur la lutte anti-THT :
- https://stop-tht.org,
- https:// antitht.noblogs.org et
- www.percysoustension.fr

courriel du 20/07/2012

08:32 | Lien permanent | Commentaires (0) |

15/07/2012

Extrême droite : "Comprendre l’Empire", le cas Alain Soral.

Alain Soral s’est fait connaître du grand public dans les années 90 en faisant le pitre dans diverses émissions de variété et en publiant plusieurs livres, dont la « Sociologie du dragueur » en 1996, où l’auteur nous explique ses meilleures techniques de drague, suivi de « Vers la féminisation » en 1999, brûlot antiféministe. Il sera d’ailleurs invité dans les émissions les plus abrutissantes, en se présentant comme sociologue, dans « C’est mon choix » notamment (« Pour ou contre le machisme d’Alain Soral ? »), où il défend avec verve ses thèses obscurantistes contre l’égalité homme-femme, en les enrobant d’un vernis marxiste, sur lequel nous allons revenir.

Politiquement, il milite quelque temps au PCF au début des années 90, mais signe un appel, « Vers un front national », en 1993, qui réclame l’instauration d’une « politique autoritaire de redressement du pays » et la constitution d’un « front » regroupant pêle-mêle « Pasqua, Chevènement, les communistes et les ultra-nationalistes », et qui conclut en appelant à la « grandeur des Nations » contre « le sionisme international, la bourse de Francfort, et les nains de Tokyo ». Il vire donc progressivement à l’extrême-droite et se rapproche des thèses nationalistes, souverainistes, autoritaires, avec comme fer de lance l’antisémitisme, qui constitue le centre névralgique de la pensée torturée d’Alain Soral et de ses admirateurs.

 

Il rejoint donc naturellement le Front National en 2005, après avoir voté Le Pen en 2002 mais le quitte, n’ayant pas réussi à obtenir une place de tête de liste dans le parti mais également pour des divergences idéologiques (sur lesquelles nous allons revenir), et participe ensuite à une « Liste antisionniste » en 2009 pour les élections en Île-de-France avec son désormais ami Dieudonné (qu’Alain Soral a lui-même pourtant critiqué vertement dans son ouvrage « Abécédaire de la bêtise ambiante », mais lors d’une rencontre, ils se réconcilient, et seront désormais unis sous la banière de l’antisémitisme, sous couvert d’antisionisme). Il fonde également un groupuscule centré autour de sa personne, où il se fait appeler « Président », « Egalité et réconciliation », principalement actif sur internet, avec la publication régulière de vidéos de monologues de leur chef sur Youtube.

 

Ce personnage a publié l’année dernière un ouvrage retraçant les grandes lignes de sa pensée, intitulé modestement « Comprendre l’Empire », et constitue probablement l’ouvrage d’extrême-droite récent le plus lu en France et dont il mérite de s’attarder dans ce contexte de fascisation des esprits, marqué par le score historique du FN.

 

L’ouvrage débute par une présentation historique de la révolution française, où l’auteur pourfend « ceux qui croient encore à l’absolutisme royal » en nous décrivant la royauté comme généreuse, désintéressée, avec un peuple français plutôt victime de la Révolution et une paysannerie qui ne demandait rien à personne. Nous avons déjà un terreau fasciste, monarchiste, nostalgique de l’Ancien Régime dès les premières pages, avec un appel pour le peuple à la soumission devant la dictature et l’obéissance à la classe dirigeante, appuyée par une ridicule glorification de l’Eglise, qui aurait « atténué la violence consubstantielle au pouvoir », là où elle a au contraire maintenu pendant des siècles le Tiers-Etat dans l’ignorance et l’obscurantisme, en tant que fidèle alliée de la Monarchie.

 

Retour du complot judéo-maçonnique

 

Soral enchaîne sur son dada : les réseaux et la réactivation des théories conspirationnistes, le fameux complot judéo-maçonnique et mondialiste. Il dénonce ainsi « le pouvoir occulte de la franc-maçonnerie régnant en douce sur la démocratie française », ou « Le Siècle », réseau de bourgeois et du monde du show-biz, qui contrôlerait « la marche du pays ». Ainsi pour l’extrême-droite complotiste, tout pouvoir est forcément caché, et jamais là où il est vraiment, c’est-à-dire dans les mains des patrons et des politiciens. Ainsi selon Soral, les décisions politiques centrales ne se prennent jamais au sein du gouvernement ou à l’assemblée, mais dans d’obscures loges maçonniques, ou lors de dîners du Siècle, qui s’il est vrai sont critiquables, en tant que moyen pour les membres de la bourgeoisie de resserrer leurs liens, ne saurait constituer, en aucun cas, un lieu de décision politique central.

 

Cela nous amène logiquement au cheval de bataille de Soral et ce qui probablement le tient plus à cœur dans sa pensée : les Juifs. Le livre suinte la haine, dégoulinante, contre les Juifs tout au long des pages, et reprend cette idée de contrôle occulte de toutes les décisions par le lobby juif (« la caste maudite »), qui serait omniprésent, et qu’il s’agit de purger de France. Ainsi, le président de la République française irait « prendre ses ordres » au CRIF tous les ans, et, dans un élan antisémite, Soral n’hésite pas à comparer les Juifs, « l’aristocratie nomade », à « un asticot dans son fromage ». Ainsi au fil des pages, on comprend finalement que l’Empire, c’est en fait les juifs, qui seraient aux manettes des banques, ou de « la Banque » comme l’appelle Soral, et représente « les desseins maléfiques de l’oligarchie mondialiste ».

 

Alain Soral s’est plusieurs fois fait condamné par la justice française pour incitation à la haine raciale à la suite de propos antisémites, et de fait, dans ses interventions et ses écrits, il essaie au maximum de maintenir le flou sur sa pensée concernant les Juifs (et non les sionistes) et parle souvent de « la communauté qu’il ne peut pas nommer ». Mais l’antisémitisme constitue néanmoins la clé de voûte de l’ouvrage.

 

Concernant les classes sociales, là encore on aurait pu espérer des restes de la période de militantisme au PCF, et bien c’est peine perdue encore une fois. Ainsi, la lutte des classes est totalement occultée au nom des réseaux, où les syndicalistes et les patrons se retrouveraient et pactiseraient en douce. Ainsi, celui qui se prétend marxiste défend en réalité les intérêts des petits bourgeois, les « petits entrepreneurs » et appelle à la constitution d’une classe moyenne large, patriote, réconciliée sous le dogme de la Nation. Toute référence à un prolétariat ou à une bourgeoisie en opposition d’intérêts est désespérément absent et une meilleure distribution des richesses entre riches et pauvres semble une tâche beaucoup moins urgente que celle de démasquer le lobby juif. Comble du ridicule, il certifie même que Bakounine lui-même aurait appelé à l’élaboration d’une société de petits patrons et de petits propriétaires (p. 130) ! Le malheureux doit s’en retourner dans sa tombe.

 

Soral en chien de garde du système

 

Soral prône donc la collaboration de classe entre le petit patron et son employé, ne parle jamais de grève ou de socialisation des moyens de production, démontrant encore sa vraie nature, de chien de garde du patronat et de l’ordre établi, ayant comme objectif stratégique unique de faire dévier la colère juste du peuple contre sa classe politique gouvernante et patronale pour la déchaîner contre les minorités juives.

 

La « haine du juif » le pousse à s’acoquiner avec le musulman (ce qui constitue une grande différence avec l’extrême-droite plus traditionnelle, du Bloc Identitaire, qui est, elle radicalement islamophobe), pour peu que ce dernier soit suffisamment intégriste et antisémite, ce qu’il appelle un « islam de résistance ». Ainsi, toute l’énergie d’Alain Soral et de sa troupe est consacrée à faire voter FN les musulmans (bien que n’étant plus au FN il soutient officiellement Marinne Le Pen), Alain Soral ayant d’ailleurs quitté le FN de par le fait que ce dernier refusait cette ligne stratégique, défendue par Soral, qui consiste à aviver la flamme patriotique chez les musulmans de France (pas tous, pour les « islamoracailles », Soral préconise la déchéance de la nationalité française et l’expulsion vers le Kosovo ou la Tchétchénie) pour les ranger dans le giron nationaliste, en faisant abandonner la tradition islamophobe propre à ce parti.

 

L’ouvrage continue logiquement par une critique féroce des partis d’extrême-gauche et des libertaires, « les idiots utiles », et de l’internationalisme ouvrier. Il est difficile pour l’extrême-droite de révéler le fond de sa pensée de manière directe, on assiste donc à une sorte de diatribe prétendument marxiste, selon laquelle les travailleurs sans-papiers devraient être expulsés, ne servant que les intérêts du Medef (Medef dont on ne parle que dans ce contexte et qu’on délaisse ensuite pour recentrer sur les Juifs, la Banque, l’Empire) et faisant baisser le salaire des nationaux. Mais, quand ces derniers, les « clandestins », s’organisent, luttent, et partent en grève contre leurs patrons du Medef, le FN et ses soutiens restent étonnamment silencieux. De plus, régulariser les sans-papiers permet qu’ils soient payés au smic et non des sommes dérisoires au noir. Bref, « dehors les immigrés ! » est bel et bien le message crasseux d’Alain Soral et de ses amis frontistes une fois retirée la poudre aux yeux marxiste, qui restent donc aujourd’hui comme demain, les ennemis des sans-papiers.

 

Celui qui passe à « C’est mon choix » conclut son livre par une critique invraisemblable de la spectacularisation des médias. Pour le reste, du grand n’importe quoi, et on ne peut être qu’impressionné par le caractère totalement aberrant de certaines assertions avancées par l’auteur. Ainsi, par exemple la révolution bolchevique de 1917 aurait été financée en sous-main directement par New York ( !) ou encore, résolument anti-écologiste, il n’hésite pas à nier tout simplement le réchauffement climatique, qu’il qualifie d’« arnaque ». Le fait que ce livre fasse autorité au sein de l’extrême-droite et que son auteur soit considéré comme un penseur de premier plan par ses fans dénote du caractère profondément anti-intellectuel de ce milieu et de sa haine de la réflexion et du savoir.

 

Nous serons sauvés par l’Iran

 

Il appelle au soutien inconditionnel des pires dictatures pour lutter contre « l’impérialisme américain », avec en tête de file, par solidarité antisémite, la très glorieuse République islamique d’Iran, où il semble bon vivre. De la même manière, toutes les dictatures du Proche-Orient sont appréciées par Soral, et c’est avec une larme à l’œil qu’il les observe se faire renverser par les masses luttant pour la démocratie, ou décrit ces masses, dans un délire complotiste, en réalité pilotées par la CIA (elle-même contrôlée probablement par une loge maçonnique ; loge peut-être elle-même contrôlée par des banquiers juifs !).

 

Bref, « Comprendre l’Empire » est un essai tout à fait représentatif des principales caractéristiques de l’extrême-droite : l’incohérence, la contradiction, la provocation, la haine (des termes immondes tout au long de l’ouvrage, comme « gauche métisseuse »), la vulgarité et le double-langage, une incapacité à dire les choses en face, en utilisant par exemple des citations d’homme de gauche pour défendre des thèses fascistes au grand jour. Les militants d’Égalité et Réconciliation ne sont donc pas différents des militants d’extrême-droite plus classiques, à savoir des ennemis de la classe ouvrière et un cancer pour la fraternisation entre les peuples, qu’il s’agit de stopper avant la contamination à l’ensemble de l’organisme.

 

François (AL Brest)

Publié le 5 juillet 2012 par Commission Journal (mensuel)

 

07:52 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Adlène Hicheur: «Je redémarre de zéro»

 

Par Laurent Grabet. Mis à jour le 12.07.2012

Condamné en mai pour terrorisme, Adlène Hicheur, ex-physicien du CERN et de l’EPFL, est désormais libre et tente de rebondir. Nous l’avons rencontré hier à Genève.

«Aujourd’hui, je veux transcender mon amertume pour me reconstruire.» Le 4 mai, Adlène Hicheur était condamné à 5 ans de prison pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, après avoir échangé des e-mails jugés prodjihadistes avec un internaute présenté comme un membre d’Al-Qaida au Maghreb islamique (ndlr: ce qui n'a jamais pu être prouvé). Hier, par le jeu des remises de peine, nous avons pourtant rencontré le physicien franco-algérien, en homme libre, à Genève.

Toujours sur écoute

«Le matin du 15 mai, on m’a dit que je sortirais très prochainement, explique-t-il. Le soir même, ma sœur venait me chercher devant la prison. Je n’ai pas eu le temps de saluer mes camarades de détention. En un sens, ça a été aussi violent que mon arrestation deux ans et demi plus tôt.» Depuis, Adlène Hicheur est revenu deux fois en Suisse. Hier, il s’y trouvait de nouveau. «Pour reprendre contact avec des ex-collègues, les remercier de leur soutien et relancer, à leur contact, l’émulation intellectuelle qui a toujours été mon moteur et qui s’était ralentie en prison», explique-t-il.

Au cours de notre entrevue, plusieurs scientifiques le saluent. Tous sont heureux de voir le surdoué de 35 ans réintégrer leurs rangs. Mais, malgré les apparences, c’est encore loin d’être le cas. «Je redémarre de zéro. Rebondir dans la physique des particules sera difficile. L’ampleur du défi m’effraie parfois, mais je refuse de sortir brisé de cette affaire. Si je ne retrouve pas de poste dans mon domaine, je réussirai dans d’autres.»

En retrouvant la liberté, le physicien a réalisé l’étendue des dégâts engendrés par son arrestation. «Ma famille a dû se réorganiser autour de moi, et notamment ma mère, dont la santé a décliné suite à tout ça. Aujourd’hui, je n’ai plus ni logement, ni boulot, ni source de revenu. J’ai droit à des indemnités en tant qu’ancien détenu, mais je les refuse par principe et je préfère loger chez mes parents, même si le téléphone y est encore sur écoute.» Le scientifique repousse la dépression qui guette et l’amertume qui s’est abattue sur lui. «Je veux la transcender. Ma foi m’y aide comme en prison, mais c’est dur.»

Soutenu par un indépendantiste

Au moment de son arrestation, les longues années d’études et de sacrifices commençaient à payer. La récente découverte du boson de Higgs aurait dû être un peu la sienne aussi puisqu’il y avait travaillé. «Cette annonce m’a réjoui, tout en me donnant un pincement au cœur. J’avais pas mal de projets scientifiques en cours quand tout a basculé. Une collaboration avec un institut du Moyen-Orient, que j’avais initiée, commençait à prendre forme. J’avais réussi à allier enseignement et recherches. Et, là, il faut repartir de zéro.»

A Fresnes, l’une des prisons les plus dures de France «conçue pour casser», dans sa cellule de 9 m2, voisine de celle de l’indépendantiste corse Yvan Colonna (condamné pour l’assassinat du préfet Erignac), Adlène Hicheur a appris l’espagnol et énormément lu pour ne pas se laisser distancer par la science qui avançait sans lui. Là-bas, il a beaucoup appris sur la psychologie et la nature humaine. Derrière les murs, les conventions sociales tombent et les susceptibilités sont exacerbées. «On est en mode survie comme dans certaines émissions de télé-réalité. Mais il y a aussi de la camaraderie. Plusieurs détenus étaient dégoûtés pour moi. Ils me disaient: «T’as étudié et travaillé toute ta vie pour rien. Nous, on est là pour quelque chose et c’est dur. Alors, pour toi, ça doit être horrible.»

Serein devant Dieu

Si Adlène Hicheur a tenu le coup, c’est notamment grâce aux soutiens qui se sont rapidement manifestés. Le sociologue genevois Jean Ziegler et le Prix Nobel de physique Jack Steinberger en faisaient partie. «Mais il y a surtout eu ma famille, de nombreux collègues, dont Jean-Pierre Lees, mon directeur de thèse, insiste le physicien. Et puis, tout simplement, ces gens qui, eux aussi, m’ont écrit et ont su dépasser la manipulation sécuritaire qu’on voulait leur faire avaler. Comme mes amis d’enfance, mon kiné ou même mon facteur.»

Adlène Hicheur sourit. Il est amaigri, affaibli mais semble serein malgré tout. «Devant Dieu, je suis clair, assène-t-il. En me condamnant coûte que coûte sur de simples opinions et un dossier monté de toutes pièces, les juges ont voulu me briser. Je ne me laisserai pas faire.» (Le Matin)

Une bavure de l'antiterrorisme français?

Vous clamez votre innocence: alors pourquoi ne pas avoir fait appel de votre condamnation?

J’aurais dû rester encore des mois en prison en attendant un nouveau procès. Après dix jours de réflexion, j’ai choisi un peu à contrecœur de sauver les meubles. Ma famille était vraiment usée, et ma santé physique et psychique aussi. Et puis il n’y a pas lieu de demander justice à une institution qui n’avait cessé de se décrédibiliser dans cette affaire.

Certains des e-mails qu’on vous reproche contenaient des opinions problématiques. Les regrettez-vous?

(Il hésite). Non, car la violence que j’ai subie en retour est sans commune mesure avec ce qui n’était que des propos. Qui plus est soigneusement sélectionnés au milieu de centaines d’autres pour faire un tout cohérent collant au scénario du loup solitaire terroriste. Dans les conversations privées de tout un chacun, on peut parfois trouver des excès. S’ils deviennent condamnables, il va falloir mettre du monde en prison!

Les enquêteurs se seraient acharnés sur vous sans raison?

Côté français, il n’y a eu qu’une volonté de broyer un individu, d’en faire une victime expiatoire dans un contexte politique qui le demandait. Le ministre de l’Intérieur de l’époque avait même osé faire une sortie médiatique m’étant défavorable en pleine garde à vue. Les Suisses, qui de leur côté avaient mené leur enquête, ont été carrés. Ils ont rassemblé les pièces, m’ont écouté et finalement blanchi. C’était une véritable quête de vérité. 

piqué au tas sur lematin.ch - 12/07/2012


00:19 | Lien permanent | Commentaires (0) |

14/07/2012

Durruti Buenaventura - 14 juillet 1896

durutti,espagne,1936,cnt,guerre d'espgne,franco

Buenaventura Durruti Dumange (Leon, 14/07/1896-Madrid, 20/11/1936) est le deuxième des huit enfants de Santiago Durruti, cheminot de profession, et d'Anastasia Dumange.
En 1903, son père, membre de l'UGT (Union General de Trabajadores), est emprisonné pour participation à la grève des corroyeurs, qui revendique la journée de huit heures. Cette grève qui dure neuf mois affecte durement l'économie familiale. Buenaventura Durruti passe dans une autre école plus modeste. En 1910, à l'âge de quatorze ans, Durruti abandonne les études et apprend le métier de mécanicien. En 1912, il adhère à l'Union des métallurgistes de l'UGT. Suite à une grève violemment réprimée par le gouvernement espagnol en 1917, Durruti est expulsé l'UGT en raison de ses actions de sabotage et de ses positions en faveur de l'insurrection ouvrière. Recherché, il se réfugie en France. De retour à Barcelone, il adhère à la CNT, puis fonde Los Solidarios (Les Solidaires) pour venir en aide aux familles de militants emprisonnés. Impliqués dans des braquages de banques et des tentatives d'assasinats (cardinal Soldevila...), il s'exile en Argentine puis au Chili où il poursuit ses activités militantes et hors-la-loi.
Après un passage en prison en France, Durruti revient à Barcelone en 1931 avec l'avènement de la Seconde République. Il milite activement à la CNT et à la FAI. En 1932 et 1933, il participe aux insurrections menées par la CNT contre le gouvernement républicain de Manuel Azaña. Durruti est déporté par le gouvernement républicain en compagnie d'autres anarchistes en Guinée équatoriale et aux Iles Canaries.
Durant toute la période républicaine (1931-1936), il participe activement dans ses grèves, meetings et conférences effectuant plusieurs séjours en prison. Le 18 juillet 1936, au moment où se produit la tentative de coup d'État des généraux fascistes, Durruti est un des principaux protagonistes des événements révolutionnaires. Avec son groupe Nosotros (nouveau nom de Los Solidarios) il dirige la défense de Barcelone. Le 20 juillet, une fois l'armée mise en déroute, la CNT contrôle la ville. Après le plenum des fédérations locales de la CNT, Durruti et les autres principaux dirigeants de la CNT proposent de créer un Comité central des milices antifascistes de Catalogne où sont admises le reste des organisations politiques. Ce comité formé par libertaires, républicains, catalanistes et marxistes devient le nouveau pouvoir en Catalogne. La Generalitat présidée par Lluis Companys devant se contenter de ratifier ce que le Comité décide.
Durruti se retrouve nommé responsable du département des Transports de ce Comité, mais ill part dès le 24 juillet pour le front d'Aragon avec pour objectif la libération de Saragosse, autre capitale de l'anarchisme avec Barcelone. Il mène plusieurs milliers de « guérilleros » (plus tard connus comme la « colonne Durruti »)...
Début novembre 1936, après avoir été persuadé par les dirigeants de la CNT favorables à la collaboration avec les communistes de mener une colonne de combattants à Madrid, attaquée par les franquistes, Durruti y est blessé grièvement et meurt quelques heures plus tard. Les circonstances exactes de sa mort restent incertaines.
Le corps de Durruti est transporté à travers le pays jusqu'à Barcelone pour ses funérailles. Plus de 250 000 personnes défilent pour accompagner le cortège funéraire jusqu'au cimetière de Montjuich où il est inhumé. C'est la dernière démonstration publique à grande échelle de la force des anarchistes pendant la guerre d'Espagne.

La formation créée par Durruti ne disparaît pas après sa mort ; elle est maintenue pendant toute la guerre civile, avec la dénomination officielle de 26e Division, commandée (en 1939 au moins) par Ricardo Sanz.

film : http://www.cinearchives.org/Films_COLONNE_DURRUTI__LA_-447-95-0-1.html?ref=

23:59 | Lien permanent | Commentaires (0) |

11/07/2012

+96 % de plaintes contre les bavures policières

Par Nolwenn Weiler

Menottage systématique, insultes, brutalités entraînant parfois la mort... Le rapport 2011 du Défenseur des droits, Dominique Baudis, a été remis le 25 juin à François Hollande [1]. Il fait état de violences policières persistantes en 2011. Alors que le nombre global de dossiers reçus dans les quatre domaines d’activité du Défenseur [2] a baissé de plus de 3 %, les plaintes concernant la déontologie de la sécurité ont explosé : + 96 % ! Cette augmentation s’explique en grand partie par le fait que depuis le 1er mai 2011, tout citoyen, victime ou témoin d’un manquement à la déontologie commis par les forces de sécurité, peut saisir le Défenseur des droits.

« Ce chiffre, au regard des dossiers traités, ne signifie pas, pour autant, un accroissement des manquements commis par les forces de sécurité », avance le rapport. Il signifie quand même que les bavures de la police nationale ne sont pas en train de diminuer… Quand les réclamations concernant la police municipale représentent 3,8 % des plaintes. Ces violences, souvent impunies, font le lit de tensions et d’incompréhensions croissantes entre la population française et la police, censée protéger les citoyens.

 

la suite sur Bastamag.net

07:37 | Lien permanent | Commentaires (2) |

Sans motif légal, les centres de rétention restent fermés aux journalistes

Par SARAH BOSQUET

Plus de familles ni de mineurs dans les centres de rétention administrative (CRA). Avec la circulaire adressée aux préfets ce lundi, Manuel Valls réalise la promesse de campagne du gouvernement Hollande, pression de la société civile et des institutions europénnes aidant. La France avait en effet été condamnée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) en janvier 2012 (lien) suite à l’enfermement de la famille Popov au CRA de Rouen-Oissel.

Le ministère de l’Intérieur ne semble en revanche pas préoccupé par une autre violation des libertés fondamentales : sans fondement juridique réel, ces centres sont fermés aux journalistes. C’est l’un des constats de la campagne «Open access now » menée par les réseaux d’associations Migreurop et Alternatives Européennes du 26 avril au 26 mai. Le principe: journalistes, militants associatifs et parlementaires de huit pays d’Europe (et de Mauritanie) se sont mobilisés pour demander l’entrée dans ces espaces opaques où sont enfermés les migrants en situation irrégulière dans l’attente de leur expulsion – ou de leur libération.

En France, 48 journalistes de médias nationaux et régionaux ont participé à l’opération. Certains accompagnaient des parlementaires, d’autres ont fait leur demande de manière autonome. Sur les neuf centres de rétention démarchés, six ont pu être visités, mais uniquement par les parlementaires. Toutes les demandes des journalistes et des militants associatifs ont été refusées.

«C'est l'arbitraire qui décide»

Prisca Orsonneau, avocate au barreau de Paris et conseillère juridique de Reporters sans frontières, a elle aussi trouvé porte close: «Ce qui est effrayant, c’est qu’on a l’impression d’une zone à part où c’est l’arbitraire qui décide – les autorités ne se donnent souvent même pas la peine de nous argumenter leurs refus.» Car si l’accès des journalistes aux prisons est encadré par un texte du code pénitentiaire, il n’existe pas de disposition similaire pour les CRA. Un flou juridique avantageux pour les administrations, qui s’autorisent un mode de réponse discrétionnaire. En contradiction totale avec le principe du droit à l’information imposé par l’article 10 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme (CEDH). «Les restrictions à ce droit doivent être justifiées par les textes de lois ou par un motif légitime (comme un espace surmilitarisé ou un contexte très spécial)», rappelle Prisca Orsonneau.

Le CRA de Geispolsheim, près de Strasbourg, a motivé son refus par l’article 719 du code de procédure pénale qui prévoit le droit d’accès des parlementaires et sénateurs aux CRA mais n’évoque pas celui des journalistes. D’autres centres ont invoqué le «devoir de réserve» des fonctionnaires en «période électorale». C’est la réponse que le CRA de Vincennes a donné à Camille Polloni, journaliste aux Inrockuptibles: «On a réussi à passer un premier portail en scooter, par hasard. Mais on est vite venu nous chercher avant l’entrée – la parlementaire et le sénateur qui nous accompagnaient sont rentrés sans nous.» 

Mais la palme des justifications douteuses revient au centre de Cornebarrieu, près de Toulouse, où le ministère de l’Intérieur explique aux militants et journalistes: «Nous veillons avant tout au respect des personnes. Si ces centres sont interdits, notamment aux journalistes, c’est lié au fait que ces retenus ne sont pas des animaux et que nous ne sommes pas dans un zoo.»

«Le plus dur, c'est l'attente»

Marie Barbier, journaliste à l’Humanité spécialisée sur les questions de migrations, n’en était pas à sa première demande au moment de la campagne. «D’habitude, la plupart des refus ne sont pas motivés, mais cette fois, le CRA Vincennes m’a répondu que les détenus étant des personnes privées de liberté, une visite pourrait nuire à leur image.» Elle était déjà rentrée deux fois dans des centres de rétention - sans dire qu’elle était journaliste, mais en faisant valoir le droit de visite d’un détenu. «Le plus dur pour ces personnes, c’est l’attente - alors qu’ils n’ont rien fait de mal. La pression est incroyable: tous les matins, le nom des expulsés est affiché sur un tableau». Tentatives de suicides, auto-mutilations…. Les conséquences psychologiques de l’enfermement peuvent être très graves. D’autant plus que dans la plupart des centres de rétention, l’accès aux soins est très limité.

Autre méthode utilisée par les journalistes pour rentrer en contact avec les détenus: se faire passer pour un assistant parlementaire (donc entrer sans caméra ni appareil photo), ou appeler sur les cabines téléphoniques des centres, comme le fait régulièrement Marie Barbier: «C’est très impressionnant, on entend des cris, des appels qui résonnent. Les détenus qui parlent français sont très preneurs de parole.»

L’isolement géographiques des CRA (souvent proches des frontières ou d’aéroports) et l’absence fréquente d’interprètes réduisent d’autant les possibilités de communication ou de témoignage. Les données éparses obtenues par les associations et les élus pointent l’hétérogénéité des conditions matérielles dans les centres, où sureffectif et recours à la contrainte physique (menottes, isolement) sans justification particulière sont courants. Hélène Flautre, députée européenne EE-LV, a visité la zone d’attente de Roissy et le CRA de Strasbourg le 13 avril, en demandant à être accompagnée de journalistes. Elle n’a pas pu rentrer avec eux. «Je ne vois aucune raison à leur interdire l’accès des centres, à part entretenir les fantasmes de la population sur les migrations et les migrants», lance-t-elle. «Seulement, si tous les journalistes pouvaient diffuser les récits des individus, ce serait dévastateur pour les autorités politiques. Car la plupart des personnes enfermées dans ces centres n’ont rien à y faire.»

De fait, selon la Cimade, 40% des personnes placées en rétention sont finalement libérées quand 35% sont expulsées. «La majorité sont des sans-papiers qui ont été arrêtés dans la rue, alors qu’ils vivent ici depuis des années», souligne Marie Barbier. En 2010, plus de 60 000 personnes sont passées par un des 26 CRA français. La durée maximale de la rétention y est passée de 32 à 45 jours en juillet dernier. La durée moyenne d’enfermement étant aujourd’hui d’une dizaine de jours. Paradoxe: plus le temps de rétention augmente, moins l’étranger risque l’expulsion.

«Maintenir l'opacité»

«Nous demandons le droit d’accès au CRA pour la société civile de manière générale», explique Laure Blondel de Migreurop, coordinatrice de la campagne Openaccess.  «Notre analyse est globale: partout en Europe, il y a une volonté de maintenir l’opacité sur ces centres, en entretenant l’illusion qu’on peut y rentrer. En mettant en avant les visites des parlementaires (qui y ont déjà droit), ou en invitant certains journalistes pour l’inauguration de nouveaux centres, comme cela a été fait en Belgique et à Barcelone.» Les journalistes y ont été autorisés à prendre des photos, mais pas à parler aux détenus.

En Italie, où leur accès est encadré par un règlement, un refus d’accès opposé à une journaliste a été contesté et porté devant les tribunaux par un collectif d’associations. La décision de l’administration a été déclaré illégale. «Cela montre que les textes qui prévoient l’accès des journalistes sont fait pour restreindre leur marge de manoeuvre dans la pratique» analyse Ségolène Pruvot d’Alternatives Européennes, elle aussi coordinatrice de la campagne. «Il faut une règlementation, mais elle doit prendre en compte réellement le droit à l’information.»

Le 2 mai, lors du débat de l’entre-deux-tours, François Hollande, déjà interpellé par les associations, cite sa lettre de réponse au directeur général de France Terre d’Asile: «Je souhaite que la rétention devienne l’exception» (position qui rejoint la législation européenne), avant d’affirmer, péremptoire: «Les centres de rétention sont nécessaires, ils existent partout.»

En 2010, un rapport de la Cimade dénonçait «une banalisation de l’enfermement administratif» (le nombre de places dans les centres a augmenté de plus de 80% entre 2005 et 2011). Face à un système absurde et mécanique, Hélène Flautre pointe elle le besoin urgent de transparence: «Quand on discute avec les migrants, on se rend compte que leurs situations émanent de politiques d’enfermement systématique, de stigmatisation et de traque. Le droit d’accès des journalistes aux centres de rétention ne pourra évoluer que de manière concommitante à l’évolution de cette politique.»

 

piqué au tas sur libé.fr - 10/07/2012

07:29 | Lien permanent | Commentaires (0) |

07/07/2012

Derrière l'urgence, la bêtise. Retour sur le week-end de résistance du Chefresnes.

Avancer en ayant oublié sa tête c'est revenir en ayant perdu un bras.

 

Retour sur le week-end de resistance au Chefresnes

Laisser place à la fragilité ou tout détruire.

Je me suis fait tirée dessus par un flic.
J'ai 15 impacts de métal dans le corps et ils y resteront ; la jambe, l'os du genoux, le vagin, le sein, le bras. Le nerf de mon bras droit a été sectionné, on a du opérer. Dans un an peut être je retrouverai ses capacités.

J'écris pour qu'"on" ne puisse pas dire qu"on" ne savait pas. Qui veut savoir sait.
J'écris pour qu'on arrête de nous censurer, frapper, enfermer, tuer derrière une soit disant démocratie et un soit disant état de droit.
J'écris parce que je n'en peux plus qu'on renvoie les violences aux pays lointains et pauvres en se décharge lâchement des questions révolutionnaires qui se posent en tunisie, en lybie, en Egypte, en Syrie ... disant qu'en France c'est pas la même, qu'en France c'est différent, et même pire...
Ecrire parce qu''à 20ans j'ai subie, vu et entendu trop de violences policières derrière des vitrines de mensonges et de propagande marchande.
Écrire parce qu’il m'est insupportable de sentir cette boule d’angoisse dans mon ventre quand je croise un flic, et ce brouillard de solitude et d'impuissance face au système policier.
Écrire faute hurler que ça ne peut plus durer, et de prendre acte.
Ecrire parce que la liberté dans la civilisation occidentale est un mensonges meurtrier.
Ecrire parce qu'il y a trop de silences et de mensonges sur la répression, sur nos luttes, sur les dangers du nucléaire, entre autre, sur la violence du système.

 

la suite sur indynantes

10:36 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu