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09/11/2012

Des rumeurs circulaient à Artigat...

«Des rumeurs circulaient à Artigat, dit-elle. Ça allait loin. Certains allaient jusqu'à dire qu'ils étaient impliqués dans les attentats de 1995 à Paris ! » Elle ajoute : «Vu qu'ils avaient un mode de vie repliés - tout était fermé chez eux-, on ne peut pas éviter d'être soupçonneux.»

Quant au dernier chef de famille islamiste du hameau, il considère que M. Corel est « un imbécile qui se prend pour le savant qu'il n'est pas ». Pour lui, c'est un « escroc », et il a deux facettes : « devant les gens du coin, il est plus français que les Français, et avec les petits jeunes musulmans de banlieue, il se la joue pur islamiste. »


Enquête. D'Albi à La Mecque Thomas l'islamiste

 

RÉSEAUX AL-QAÏDA.

Témoin de Jéhovah puis musulman. C'est ce qui résume le parcours chaotique de Thomas Barnouin. L'Albigeois de 26 ans a été arrêté mercredi à l'aéroport d'Orly dans le cadre d'un coup de filet contre une filière de présumés terroristes soupçonnée d'acheminer des volontaires pour effectuer des opérations terroristes en Irak. Neuf personnes suspectées de liens avec la nébuleuse Al-Qaïda ont été appréhendées dans la région toulousaine et quatre femmes ont été remises en liberté hier. L'enquête en est à ses débuts et Thomas Barnouin bénéficie donc de la présomption d'innocence. Entre sa conversion à l'Islam en 1999, son expulsion récente de Syrie et son arrestation mercredi, le jeune homme a traversé sept années de doutes.

À la mosquée d'Albi, Abdelhakim, le prénom de conversion de Thomas Barnouin, a laissé le souvenir d'un garçon timide et effacé. Thomas a fréquenté pendant une année les cours d'arabe de la mosquée. « Un garçon calme et sérieux » qui lisait les livres saints dans son coin. « Nous ne le voyions que pendant la prière du vendredi et quelques fois dans la semaine. » Selon Salah Mehmdia, un des responsables de la mosquée, Thomas ne faisait « pas d'histoire ». Mais c'est surtout dans une mosquée de Toulouse qu'il pratiquait. En revanche, à l'Institut européen des sciences humaines de Château-Chinon(Nièvre) qui forme des imams, le jeune homme a laissé d'autres souvenirs. Il y était inscrit pour l'année 2001-2002.

« La rentrée était fixée au 1er octobre. Le12, il passe en conseil de discipline », explique Jean-Jacques Pierre-Joseph, responsable de la scolarité à l'Institut. « Il n'a pas fini sa scolarité, il n'a pas passé d'examens et nous n'avons pas de bulletins dans son dossier. » L'institut refuse de donner les raisons de sa sanction.

un cours à médine

Après la Nièvre, ce sera l'Arabie Saoudite. Un Albigeois qui fréquente la mosquée se rappelle de l'avoir rencontré en 2002dans les rues d'Albi juste avant son départ pour La Mecque. Selon notre interlocuteur, Abelhakim-Thomas a profité de son voyage en Arabie pour s'inscrire à un cours d'études islamiques à Médine. Depuis, plus de nouvelles. « Il m'avait dit qu'il avait été Témoin de Jéhovah. Maintenant on nous parle d'Al-Qaïda, alors, tout cela est très bizarre… » Les parents de Thomas Barnouin se disent « anéantis».

Mohamed Najmi

piqué au tas sur ladepeche.fr - 16/02/2007

 

Antiterrorisme. Islamistes discrets à Artigat

 

HIER MATIN, UN COUPLE D'ISLAMISTES A ÉTÉ ARRÊTÉ À ARTIGAT. ILS SONT SOUPÇONNÉS DE FAIRE PARTIE D'UN RÉSEAU ENVOYANT DES DJIHADISTES EN IRAK.

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Antiterrorisme. Islamistes discrets à Artigat (DDM) 

Antiterrorisme. Islamistes discrets à ArtigatDDM

Les Lanes est un hameau perdu dans les hauteurs à l'écart du village d'Artigat. C'est un cul-de-sac, mais avec une fréquentation plutôt inattendue. Des voitures, non immatriculées dans l'Ariège, y viennent, conduites par des islamistes, voile de rigueur pour les unes, longues barbes pour les autres.

D'autres voitures, conduites par des agents des RG ou des gendarmes, celles-là, visitent plus ou moins régulièrement le lieu. Voilà plusieurs années que l'endroit est surveillé, et les conversations téléphoniques écoutées. Deux perquisitions au moins ont eu lieu ces six dernières années.

Ces allées et venues ont pour origine la présence, il y a quelques années, de ce qu'un habitant d'Artigat qualifie de « colonie », tout en ajoutant que « ces gens-là ne gênent personne : ils ne font pas d'histoires et on ne les voit presque jamais. »

Des islamistes, pionniers des Lanes ont construit de leurs mains presque toutes les maisons qui s'y trouvent, au début des années 1990. Depuis, la communauté a perdu de son élan, ses liens de solidarité, et a décliné. La plupart des maisons ont été rachetées par des nouveaux arrivants, sans aucun rapport, ou servent de résidences secondaires à des musulmans pratiquants, essentiellement toulousains. Seules deux familles sont restées, dont le couple arrêté hie, vers 6 heures.

Nadia et Olivier Corel ont 55 et 60 ans et possédent la double nationalité franco-syrienne, n'avaient pas d'enfants. Ils ne sortaient que pour des formalités indispensables, à la Poste ou à la mairie. Le mari allait régulièrement à l'abattoir de CarlaBayle pour sa viande halal.

Des voisins très discrets

Le contact n'était pas facile. Jean Palmade, premier adjoint du maire, se rappelle que lorsque la femme venait à la mairie, il ne se sentait pas à l'aise, car « elle montrait clairement qu'elle n'apréciait pas d'être vue par un homme. Alors je me détournais. » Pour la quête annuelle de la fête du village, il savait que ce n'était pas la peine d'aller frapper à leur porte. Il évoque néanmoins un homme « très calme et intelligent ».

Bref, personne ne les connaissait à Artigat ; on ne savait rien d'eux, excepté leur religion. L'arrestation matinale a surpris tout le monde. Au bar à l'entrée du village, à midi, le sujet était dans les conversations, même si chacun avouait en savoir peu. Un client émet l'hypothèse d'un lien entre cette affaire et la période de campagne électorale.

Intervention éclair

En tout cas, personne n'a rien vu de l'intervention dans le village et guère plus dans le hameau. Quand les voisins s'en sont aperçu, au réveil, tout était déjà fini. Ils ont à peine vu les voitures de police, un fourgon de gendarmes, des agents en civil, deux ou trois cagoules du GIGN et les chiens renifleurs.

L'un des voisins des Corel, islamiste lui aussi, mais brouillé avec eux depuis un an, a son idée sur cette arrestation.

Olivier Corel allait fréquemment dans la banlieue toulousaine. Il allait à la mosquée là-bas, fréquentait des jeunes rencontrés à des cours d'arabe et parlait beaucoup. « Par orgueil, devant des jeunes gens impressionnables, il a dû tenir des propos excessifs, qui ont été répétés. Tout a commencé par ces arrestations en Syrie. Vous savez comment ça se passe : ils ont dû être torturés et ont donné des noms, ce qui leur passait par la tête. » Pendant ce temps, à Artigat, on parle déjà d'un « chef de réseau ».


« Olivier n'avait rien d'un voyou »

Stupéfaction ! Qui peut penser que son voisin a peut-être un lien avec le djihad en Irak. Un islamiste ne fait pas forcément un terroriste.

René Villeprat, retraité marseillais, avait noué de bonnes relations de voisinage avec le couple arrêté. Ils étaient « gentils et très serviables » avec lui. Avec sa femme, ils ont été invités chez eux à plusieurs reprises à manger du mouton ou des pâtisseries orientales. Les signes apparents de religion ne l'inquiétaient pas plus que ça, et « chacun respectait la religion de l'autre ». Il en plaisantait même : « quand j'ai dit bonjour à sa femme, un jour, elle m'a dit que je ne devais pas la toucher avec ma main. Alors je lui ai demandé en riant si je pouvais lui faire la bise. »

Pour lui, même s'« il ne faut s'étonner de rien dans ce monde », Olivier Corel n'avait « rien d'un voyou. Une fois, un professeur de Toulouse était venu chez lui. »

D'étranges rumeurs

La voisine d'en face est moins étonnée. Résidente depuis six ans, elle avait repéré le ballet des voitures de gendarmes. Ces derniers n'avaient d'ailleurs pas manqué de la questionner sur les anciens propriétaires à son arrivée, et de la prévenir : « Vous risquez de nous voir passer souvent. » «Des rumeurs circulaient à Artigat, dit-elle. Ça allait loin. Certains allaient jusqu'à dire qu'ils étaient impliqués dans les attentats de 1995 à Paris ! » Elle ajoute : «Vu qu'ils avaient un mode de vie repliés - tout était fermé chez eux-, on ne peut pas éviter d'être soupçonneux.»

Quant au dernier chef de famille islamiste du hameau, il considère que M. Corel est « un imbécile qui se prend pour le savant qu'il n'est pas ». Pour lui, c'est un « escroc », et il a deux facettes : « devant les gens du coin, il est plus français que les Français, et avec les petits jeunes musulmans de banlieue, il se la joue pur islamiste. »

Sur le fond de l'affaire, il est affirmatif : « Il va aller en prison par bêtise, pour rien. Même s'il l'avait voulu, Al-Qaïda n'aurait pas voulu de lui. »

L'ancienne solidarité entre les deux musulmans n'est plus ce qu'elle était.


Dix familles ont vécu là

En 1990, il n'y avait rien, ou presque. Une vieille bâtisse tout au plus. Le lieu dit Les Lanes était quasiment vierge. Puis, un groupe d'islamistes est venu. Après avoir un temps séjourné dans une ferme du village, ils ont acheté 62 hectares de terrain qu'ils se sont partagés.

Venus de diverses régions deFrance, et pour la plupart des Français de souche convertis, ils vivaient en communauté, isolés, quasiment ignorés des gens du bourg d'Artigat. À leur apogée, ils étaient une dizaine de familles. Leurs enfants n'allaient pas à l'école, leurs parents se chargeaient eux-mêmes de leur dispenser des cours conformes à leurs principes religieux. L'inspection académique leur rendait visite de temps à autre.

Commerçants ou agriculteurs, leur vie communautaire impliquait une solidarité importante entre eux. Selon un habitant des lieux, ils projetaient de s'agrandir et de construire une mosquée. Mais les dissensions ont irrémédiablement fissuré leur cohésion. Conflits entre individualités ou autour du leadership ont dégénéré jusqu'à la bagarre. L'utopie quasi monastique a disparu. Exaspérées par cette atmosphère, les familles ont progressivement quitté les lieux.

Maintenant, le lieu est habité par des néo-ruraux. Rien ne témoigne de ce passé, si ce n'est la venue occasionnelle de musulmans dans leurs maisons de campagne.


Arrestations en série

Tout a commencé en Syrie. Deux jeunes Français, qui ont manifestement cherché à entrer en Irak pour en découdre, sont arrêtés par les autorités locales et expulsés mardi. Cueillis à la descente de leur avion à Orly, on les soupçonne de faire partie d'une filière d'acheminement de djihadistes. Cette arrestation en déclenche neuf autres à Toulouse, dans le quartier du Mirail, et à Artigat. Neuf personnes qui sont accusées par le ministère de l'Intérieur d'être liées à Al-Qaïda. Dans ce contexte, les deux suspects d'Artigat seraient plutôt des « têtes pensantes ».

P. H

piqué au tas sur ladepeche.fr - 15/02/2007

 

Toulouse : c'étaient bien des terroristes

 

JUSTICE. UN FRANCO-SYRIEN VIVANT EN ARIÈGE SERAIT À LA TÊTE DU RÉSEAU TERRORISTE QUI VIENT D'ÊTRE DÉMANTELÉ DANS LA RÉGION TOULOUSAINE.

C'était le bureau de recrutement pour le djihad islamique. Le coup de filet effectué cette semaine par la sous-direction antiterroriste à Toulouse, en Ariège et en région parisienne a abouti hier à la mise en examen de six personnes. Les juges d'instruction parisiens Jean-Louis Bruguière et Philippe Coirre ont validé les soupçons des policiers, en mettant en examen quatre Toulousains, un Ariégeois et un Albigeois interpellés mardi et mercredi, pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste »; trois ont été aussi mis en examen pour « financement du terrorisme ».

Les six hommes sont soupçonnés d'avoir participé à une filière de recrutement et d'acheminement de djihadistes vers l'Irak. Quatre d'entre eux ont été écroués hier soir, après avoir été présentés au juge des libertés et de la détention. Un seul homme, sur les sept personnes gardées à vue jusqu'à hier dans les locaux de la sous-direction antiterroriste, a été remis en liberté sans qu'aucune charge ne soit pour le moment retenue contre lui. L'homme habitait à Torcy, en région parisienne. « Il n'y avait pas suffisamment d'éléments qui permettaient de le rattacher aux faits reprochés », explique un enquêteur.

Olivier, chef du réseau

De lourds soupçons pèsent au contraire sur les six hommes mis en examen et habitant dans la région Midi-Pyrénées. Olivier Corel, un Français né en Syrie, qui habite à Artigat, dans l'Ariège, est suspecté d'être à la tête du réseau toulousain. Il est considéré par les policiers comme le chef idéologique des jeunes interpellés mercredi. Il avait visiblement une forte influence sur les autres membres du réseau, âgés de 25 à 30 ans.

Issus des quartiers de la Reynerie, de Papus, des Izards, Stéphane Lelièvre, Imad Djebali, Mohamed Megherbi et Sabri Essid, ainsi que l'Albigeois Thomas Barnouin, partageaient leur vie entre petits boulots et prières à la mosquée. Ils s'étaient mis en tête de résister aux Américains présents en Irak. Rien pour le moment ne permet de conclure qu'ils préparaient des actions terroristes en France. Aucune arme, ni aucun explosif, n'ont d'ailleurs été découvert lors des perquisitions. Evoquant leur foi en Allah, ils désiraient combattre aux côtés de « leurs frères ».

Chez l'un d'eux, un testament a même été trouvé, faisant état d'une volonté de « vouloir mourir en martyr ». Tous étaient dans le même état d'esprit, selon les enquêteurs.

Récenmment convertis à l'Islam, ils se seraient radicalisés. Leurs voyages réguliers en Syrie, officiellement pour y apprendre l'arabe littéraire, n'auraient été qu'une étape d'un long processus d'apprentissage fanatique. Ils entretenaient des relations avec d'autres groupes, ailleurs en France et en Europe.

« Le réseau comprenait de cinquante à soixante personnes, à Toulouse, en région parisienne, en Belgique », précise un enquêteur. Neuf hommes avaient été interpellés vendredi en Belgique ; ils ont été relâchés, en attendant un complément d'enquête. Selon les policiers, le réseau démantelé cette semaine serait le même que celui qui avait acheminé une jeune kamikaze belge en Irak, où elle a commis un attentat suicide en 2005.

L'apprentissage en syrie

La filière toulousaine, elle, fonctionnait depuis plusieurs mois, et aurait recruté une dizaine d'apprentis djihadistes, dont certains auraient rallié la Syrie en bus. « Il y avait une première phase d'endoctrinement, explique un enquêteur. Puis, les jeunes étaient envoyés en Égypte, pour des séjours de plus en plus longs. » Une phase de préparation, plus dure, était ensuite organisée : stages sportifs, conditionnement à base de vidéos de combats de djihad. Les candidats djihadistes devaient compléter leur «formation» en Égypte, dans une école du Caire, avant d'atteindre l'Irak, via la Syrie.

Les membres du réseau toulousain étaient étroitement surveillés depuis plusieurs mois par les renseignements généraux, la police judiciaire et la sous-direction antiterroriste (SDAT).

C'est l'interpellation, à leur arrivée à Roissy, mardi, de Thomas Barnouin et Sabri Essid, qui a déclenché la vaste opération à Toulouse.


Des précédents dans la région

Pour les spécialistes de la lutte antiterroriste, l'Ariège et Midi-Pyrénées n'étaient pas un terreau favorable au développement de l'islamisme. Les villes de Lille, Lyon et la région parisienne étaient jusqu'à présent particulièrement ciblées par les services de renseignement.

Mais ces arrestations de terroristes présumés dans le Sud de la France ne constituent pas, cependant, une première.

En avril 2005, les enquêteurs de la Direction nationale antiterroriste avaient interpellé à Toulouse un homme de 52 ans ainsi que son fils âgé de 21 ans. Ils avaient été relâchés.

En juin 2005, un islamiste radical, marocain de 35 ans, avait été interpellé à Montpellier et mis en examen dans une enquête dite « des filières irakiennes ».

Le seul inculpé dans les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis est Zacarias Moussaoui, qui a grandi à Narbonne dans l'Aude. Moussaoui a été condamné en mai 2006 à la prison à perpétuité par la justice américaine.


« Menace vive » en France

Le juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière affirme que la menace terroriste « reste extrêmement vive en France », avec « des signes objectifs forts de menace élevée ».

L'Irak, selon lui, « joue désormais le rôle de catalyseur ». Les réseaux européens, selon lui, sont « constitués de groupes maghrébins apparentant au Groupe salafiste pour la prédication et le combat, GSPC, qui a rejoint la structure Al-Zawahiri, numéro 2 d'al-Qaïda ».


Toulouse : Les quatre allaient en Syrie

Leurs compagnes ont été laissées en liberté. Les quatre Toulousains interpellés cette semaine dans les quartiers des Izards, de la Reynerie et de Papus, s'étaient convertis à l'islam.

Ils avaient fait un voyage en Syrie. À leur domicile, les policiers ont saisi des documents, ainsi que des dossiers de candidature pour le djihad…

Dans le quartier de Papus, où réside l'une des personnes interpellées, les voisins ont témoigné. « Les habitants de l'immeuble s'étaient plaints il y a quelques mois de voir des barbus. Puis le manège avait cessé ».

Une amie d'un couple interpellé se rendait fréquemment dans l'appartement perquisitionné par les policiers dans le quartier Papus : « Je n'allais pas très bien. Elle essayait de m'embobiner dans sa religion ». La conversion à l'islam du couple posait quelques problèmes familiaux : « Au moment de Noël, la grand-mère a voulu prendre sa petite-fille. On lui a répondu que Noël n'était pas une fête religieuse, et que ce n'était pas possible », rapporte une proche du couple.

Les voisins des quatre hommes interpellés étaient mercredi partagés entre surprise et incrédulité.


Albi : Thomas est devenu Abdelhakim

Il portait une petite barbe discrète, fréquentait la mosquée d'Albi, mais pratiquait surtout à Toulouse. Thomas Barnouin, 26 ans, converti à l'islam en 1999, était devenu Abdelhakim. Cet Albigeois a été arrêté mercredi à l'aéroport de Roissy.

À l'annonce de son arrestation, ses parents n'ont pas souhaité s'exprimer. Dans le quartier résidentiel de la Piscine, rue Degas à Albi, où Thomas Barnouin a grandi, les voisins décrivent une famille « très discrète ».

Jeune, Thomas Barnouin se serait d'abord rapproché des Témoins de Jéhovah avant de se convertir à l'islam. Il s'était inscrit en 2001 à l'Institut européen des sciences humaines de Château-Chinon, dans la Nièvre, qui forme des imams et des théologiens. Mais il n'a fini sa formation, et a même été sanctionné.

De là, l'Albigeois serait parti en Arabie Saoudite, et se serait inscrit à un cours d'études islamiques à Médine. Il aurait été récemment expulsé de Syrie.

Son parcours religieux a probablement croisé le chemin des islamistes.

Thomas Barnouin, devenu Abdelhakim, revenait assez peu souvent dans le Tarn.


Olivier, le Franco-Syrien, au vert en Ariège

Une maison qui n'est pas achevée. C'est là que vivent Nadia Corel, 55 ans, et son mari Olivier Corel, 60 ans, un couple possédant la double nationalité française et syrienne. Ces Français convertis à l'islam se sont installés à Artigat, en Ariège.

Au début des années 1990, une communauté d'une dizaine de familles de musulmans convertis avait décidé de vivre là. Bâtissant leur maison. Des conflits et des dissensions avaient fait éclater la communauté.

Olivier et Nadia Corel ont été interpellés à Artigat mercredi. « Je n'étais pas au courant, indique le maire de la commune Patrick Cahaupé, et les brigades de gendarmerie environnantes non plus. Par contre, les médias étaient là. Ce qui me surprend : en cette période électorale, cette interpellation médiatisée a des airs de manœuvre politique ». Nadia Corel a été relâchée jeudi. Son mari, en revanche, a été mis en examen hier. « Il ne faisait pas parler de lui, poursuit le maire d'Artigat. Si ce qu'on lui reproche est avéré, c'est évidemment condamnable. Je ne peux rien dire d'autre. Il faut laisser la justice faire son travail ».

Vincent Pialat

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