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15/02/2016

DERRIÈRE LE MASQUE DE MICHEL ONFRAY

On croyait avoir tout vu, ces dernières années en France, en matière de résurrection des vieilles hallucinations de l’extrême droite, dont la libération de la parole raciste est sans doute le plus fatigant symptôme : de Nicolas Sarkozy éructant à Dakar son mépris pour « l’homme africain » à Manuel Valls convaincu que les Roms sont un peuple à part qui menace son mode de vie ; de l’agitateur antisémite Soral-Dieudonné – ce Drumont de téléréalité, mi-escroc mi-comique troupier – au pseudo-juif berbère Zemmour venu déchoir de leur citoyenneté les juifs d’Alsace et de Moselle pour mieux réhabiliter Pétain dans une histoire de France revue et corrigée ; des mobilisations de masse en défense des liens sacrés du mariage subvertis par le complot sodomite à la revendication d’un nettoyage ethnique du pays à peine euphémisée en lamentations paranoïaques sur le « grand remplacement » des chères têtes blondes par les descendants multicolores de la main-d’œuvre à bon marché ; des anarcho-mitterrandistes de Charlie Hebdo qui s’adaptaient au goût du jour en ressourçant l’art de la caricature à « l’humour » des années trente au Comité Invisible qui s’amuse à nazifier la « théorie révolutionnaire » en la pourrissant de Spengler et de Heidegger, et qui propose maintenant comme modèle organisationnel les trois ordres de l’Ancien Régime – déchristianisés pour la cause par le grand mythographe maurrassien Georges Dumézil – ; des réseaux rouges-bruns employés à la promotion des bouchers Assad et Poutine aux réseaux verts-bruns affairés à polluer l’écologie scientifique de mystique du Terroir et d’éloges de la Tradition, c’est toute une machine de guerre idéologique qui s’est mise en place, manifestement destinée à préparer les esprits à une politique d’exclusion et de persécutions – déjà maintes fois appliquée et théorisée par le passé comme remède miracle à la peur de la révolution.

Il y a dans ce phénomène, bien sûr, une part d’effet de mode, car il est aujourd’hui devenu de bon ton dans les salons de parler comme Ubu ou Big Brother, au nom du peuple évidemment, pour se faire admirer comme délicat esthète, fin satiriste, philosophe subtil ou poète inspiré ; mais n’y voir qu’un ramassis de bouffons superficiels serait trop se fier aux apparences, et risquer de manquer l’essentiel. Sous l’emballage du politicien opportuniste, de l’amuseur pas drôle, du pédant ignare ou de l’imbécile sectaire, il arrive qu’on trouve un contenu plus consistant que l’habituelle nauséabonde soupe confusionniste, et qui ne laisse pas d’inquiéter. C’est le cas du dernier livre à succès signé Michel Onfray, Cosmos, Une ontologie matérialiste, paru chez Flammarion en mars 2015, qui marque sans doute une importante étape dans l’évolution – si l’on ose dire – du débat intellectuel – si l’on ose dire – au sein de la dite République des lettres, comme nous nous proposons de le montrer ici.

à lire sur le site des Éditions Antisociales

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