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16/10/2009

Où en est l' enquête sur la mort de Sultan Munadi - Probe into reporter's death

lire l'article précédent sur le reporter Sultan Munadi

 

Reporters sans frontières demande une enquête sur la mort de Sultan Munadi

Rt Hon Bob Ainsworth Secrétaire d’Etat à la Défense Londres United Kingdom

Paris, le 16 septembre 2009

Monsieur le Secrétaire d’Etat,

L’émotion et la colère sont grandes en Afghanistan et à travers le monde après la mort du journaliste afghan Sultan Munadi lors de l’opération lancée par les forces spéciales britanniques pour secourir son collègue Stephen Farrell.

Nous vous demandons solennellement de diligenter une enquête afin de comprendre les dysfonctionnements et les erreurs qui ont conduit à cette tragédie. Nous vous prions de rendre publiques les conclusions de cette investigation et de sanctionner les responsables.

Plusieurs zones d’ombre demeurent sur les circonstances de l’opération commando du 9 septembre dont l’objectif était de libérer deux journalistes, dont un britannique, enlevés quelques jours plus tôt par des combattants taliban. Nous ne doutons pas que l’intention était évidemment de leur porter secours et de leur éviter une longue et pénible détention.

Pourtant, il nous semble nécessaire que cette enquête permette de comprendre pourquoi la décision de cette opération militaire, comportant un fort risque pour les soldats et les otages, a été prise aussi vite, et sans consulter toutes les parties. Vous avez été personnellement impliqué dans cette décision. Pourquoi ne pas avoir attendu les résultats des négociations qui étaient en cours avec les taliban ?

Selon les différents témoignages disponibles sur le déroulement de l’opération, les soldats britanniques savaient que deux otages, un Occidental et un Afghan, étaient présents sur les lieux. Ils disposaient même de photographies de Stephen Farrell et de Sultan Munadi. Quand il a été tué, Sultan Munadi était, bien entendu, non armé, et s’est identifié comme journaliste en criant en anglais. Qu’est-ce qui a conduit des soldats britanniques ou afghans à ouvrir le feu à ce moment-là ? Quelle était la procédure d’ouverture du feu indiquée aux commandos ?

Le corps sans vie de Sultan Munadi a été laissé sur les lieux de l’attaque. Ses parents ont été contraints d’aller le chercher eux-mêmes, dans une région très dangereuse. Comment est-il possible que le corps d’un des deux otages ait été abandonné de la sorte ? L’objectif n’était-il pas de s’occuper du journaliste britannique, mais également de son collègue afghan ?

Comme nous l’avons écrit dans notre communiqué publié le jour même de la mort de Sultan Munadi, nous reconnaissons que dans une affaire de kidnapping, toutes les options, même militaires, peuvent être envisagées.

Aujourd’hui, il est en revanche important que des explications soient apportées à toutes ces questions. Cette exigence de vérité est urgente pour la famille et les collègues de Sultan Munadi, mais également pour ceux du soldat britannique tué dans cette opération.

Convaincu que vous répondrez à ces attentes, je vous prie d’agréer, Monsieur le secrétaire d’Etat, l’expression de ma très haute considération.

Jean-François Julliard Secrétaire général

 

Mort du journaliste afghan : son cadavre abandonné à cause d’un feu nourri, selon l’Otan

Les commandos britanniques qui ont libéré un journaliste occidental des mains des talibans ont abandonné le cadavre de son collègue afghan parce qu’ils étaient pris sous le feu nourri des insurgés, a affirmé l’Otan samedi.

 

Le journaliste irlando-britannique Stephen Farrell, du New York Times, est sorti indemne de l’opération de libération mercredi, mais son collègue Sultan Munadi a été criblé de balles dans l’échange de coups de feu. Un soldat britannique, une femme et un enfant afghans ont également été tués.

Dans un communiqué, la Force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf) de l’Otan a expliqué samedi que dès le début de l’opération de libération, très tôt mercredi, "un échange de coups de feu nourri a eu lieu entre les insurgés et les soldats", et rapidement "un soldat britannique a été tué près de l’hélicoptère avec lequel il était arrivé".

"Une fois que M. Farrell a été récupéré par nos forces, la mort de M. Munadi a été confirmée", ajoute l’Isaf. "Sous un feu constant des insurgés et pour éviter de nouvelles victimes, les forces militaires ont quitté le site", selon le communiqué.

L’abandon du corps criblé de balles de M. Munadi a provoqué la colère de sa famille, obligée d’aller elle-même le chercher pour l’enterrer, et parmi les journalistes afghans, qui ont dénoncé une différence de traitement entre Occidentaux et Afghans.

Au moment de leur enlèvement, les deux journalistes se trouvaient dans la province de Kunduz (nord) pour réaliser un reportage sur le site d’un bombardement aérien de l’Otan contre deux camions citernes volés par les talibans. Des dizaines de personnes, dont des civils, se trouvaient autour des camions au moment de la frappe.

M. Farrell travaille pour le New York Times et M. Munadi, ancien journaliste du quotidien américain et poursuivant des études en Allemagne, était revenu pour des vacances en Afghanistan.

Le Royaume-Unis a défendu sa décision de lancer l’opération, rejetant les appels à ordonner une enquête officielle, alors que la polémique enfle sur le sujet.

Le ministre des Affaires étrangères britannique David Miliband a indiqué que M. Farrell avait ignoré des avertissements "très insistants" de ne pas se rendre à Kunduz, où les attaques de talibans se multiplient depuis plusieurs mois.

La famille de M. Munadi a dit vendredi que les négociations visant à faire libérer les journalistes, impliquant notamment la Croix-Rouge et les Nations Unies, étaient bien engagées avant le raid. Une source impliquée dans les négociations a confirmé cette version. Le frère de M. Munadi, Mohammad Osman, a estimé que l’opération n’était pas nécessaire et que la mort de son frère aurait pu être évitée.

http://reunion.orange.fr/s-informer/actualite/monde/mort-du-journaliste-afghan-son-cadavre-abandonne-a-cause-d-un-feu-nourri-selon-l-otan,542366.html

 

Laura-Julie Perreault
La Presse

Qu'est-ce qui se cache derrière les grands reportages réalisés en zone de guerre? Un journaliste, certes, mais ce dernier n'est jamais seul. Dans son ombre se cache toujours un «fixeur», un journaliste local qui lui sert de guide, d'interprète, de bottin téléphonique et de garde du corps. Un métier méconnu, qui flirte quotidiennement avec le danger, comme l'a rappelé il y a 10 jours la mort tragique d'un fixeur afghan.

C'était un peu un dernier tour de piste. Sultan Munadi, 34 ans, avait travaillé pendant quatre ans avec le New York Times, servant de fixeur aux correspondants du vénérable journal. Il traduisait, organisait les rendez-vous, faisait des entrevues. Parfois, son nom apparaissait à la fin d'un article. Le travail lui avait plu un temps, mais il voulait plus: voler de ses propres ailes au sein d'un média afghan. Mais Kunduz l'a arrêté en plein vol.

 

Kunduz, c'est la ville près de laquelle, le 4 septembre, les forces de l'OTAN bombardent deux camions-citernes que les talibans venaient tout juste de leur voler. Ils atteignent leur cible, mais tuent aussi une centaine d'Afghans. Des talibans? Des civils? Difficile à dire.

Dans le bureau afghan du New York Times à Kaboul, le journaliste Stephen Farrell décide de se rendre sur place pour enquêter. Il sait que la mission est dangereuse. Kunduz fourmille de talibans. Mais il décide que l'histoire en vaut la chandelle. Il ne part pas seul: il a à ses côtés un chauffeur afghan et Sultan Munadi, le fixeur. «Un des meilleurs de tout l'Afghanistan», se rappelle un de ses collègues, Farouq Samim, joint par La Presse.

Sultan Munadi est loin de jouer un rôle de figurant. Il appelle ses contacts pour s'assurer que la route semble sûre. Il interroge les civils croisés sur le chemin. Il trouve un gîte sûr pour la nuit. En somme, il est à la fois journaliste et homme à tout faire.

Le lendemain, 5 septembre, le reportage tourne au vinaigre. Stephen Farrell et Sultan Munadi sont enlevés par des talibans. Quatre jours plus tard, un commando de soldats britanniques intervient. Alors que les balles pleuvent, Sultan Munadi crie de toutes ses forces «journaliste!» pour ne pas qu'on le confonde avec les talibans. Mais il est tué sur place.

Le commando repart avec le correspondant étranger - lui aussi britannique - et laisse le cadavre du fixeur derrière. «Sultan est mort en essayant de m'aider, jusqu'à la dernière seconde de sa vie», a écrit, dans un compte rendu des événements, Stephen Farrell.

»Du racisme»

L'histoire du sauvetage raté a plongé les journalistes afghans dans une immense colère. Ils déplorent le système de deux poids, deux mesures. Dans les jours qui ont suivi le décès de Sultan Munadi, ils ont créé un syndicat et demandé la tenue d'une enquête sur l'opération militaire. «Ce qui est arrivé à mon pauvre ami, c'est du racisme. Ils ont ramassé le gars avec la bonne citoyenneté et ont laissé Sultan derrière», s'insurge Farouq Samim, qui a quitté l'Afghanistan pour le Canada après avoir assisté aux funérailles de son collègue disparu.

Lui-même fixeur depuis plus de huit ans pour le Chicago Tribune, il s'apprête à faire une maîtrise à l'Université d'Ottawa. Son but: être journaliste indépendant. Le rêve de Sultan. «Je ne sais pas si ceux qui ont tué Sultan le réalisent, mais les fixeurs sont les yeux et les oreilles des correspondants étrangers, affirme-t-il. Sans nous, ils ne peuvent pas travailler.»

Sur ce point, impossible de le contredire. Il n'existe pas de zone de conflit sans fixeur. Pour ce service, les journalistes qui couvrent des guerres ou des situations tendues paient en moyenne de 100$US à 300$US par jour. Au début des guerres, les halls des hôtels sont pleins de gens du pays qui parlent anglais, à la recherche d'un contrat payant.

Mais le cachet - qui représente souvent en une seule journée l'équivalent d'un mois de salaire - a un prix. Les heures sont longues, les tâches multiples et les risques élevés. Rares sont ceux qui en font une profession à long terme.

Fixeur décapité

«Les journalistes étrangers veulent une bonne histoire sur-le-champ et ils sont prêts à prendre des risques que nous ne prendrions pas de notre propre gré. Ils vont repartir dans cinq jours, deux semaines, mais nous, nous restons», dit Shujaat Bukhari, un journaliste du Cachemire qui travaille pour le quotidien The Hindu et qui s'improvise fixeur lorsque des reporters étrangers débarquent dans son coin du monde, balafré par près de 60 ans de conflit. À deux reprises, il a frôlé la mort en présence de journalistes étrangers. À la suite de reportages, il a reçu des menaces.

En Afghanistan et en Irak, plusieurs fixeurs ont perdu la vie dans l'exercice de leur travail. Avant Sultan Munadi, l'histoire d'Ajmal Naqshbandi avait aussi glacé le sang des fixeur afghans. La journaliste italienne avec qui il a été enlevé a été relâchée. Le fixeur, lui, a été décapité. Les journalistes afghans ne sont pas les seuls à faire entendre leurs voix à la suite de la mort de Sultan Munadi. L'ancienne correspondante du Chicago Tribune à Kaboul, Kim Barker, croit que certains journalistes sont tout autant à blâmer pour la mort de leurs collaborateurs que les talibans et les soldats. «Il y a des journalistes qui sont parachutés dans des zones de guerre. Ils veulent se faire un nom, couvrir une grosse histoire. Ils prennent des risques. Et vous savez quoi? Quand ils se font kidnapper, ils s'en sortent. C'est toujours le fixeur qui meurt.»

 

Perreault, Laura-JulieLe fixeur

« (Les fixeurs) sont des bottins sur jambe, des historiens, des guides, des détecteurs de mensonge, des sergents d'approvisionnement, des maître de logistique, prenant des risques égaux sans recevoir un salaire égal ou une gloire équivalente», a écrit Barry Bearak, chef du bureau sud asiatique du New York Times de 1998 à 2002, qui réagissait au décès de Sultan Munadi.

http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/200909/19/01-903477-fixeur-un-metier-a-tres-haut-risque.php

 

 

KABUL (AFP) – President Hamid Karzai on Wednesday ordered a second investigation into the killing of an Afghan reporter during a British commando raid that rescued his Western colleague, his office said.

The president told the interior ministry and National Directorate for Security to re-open inquiries into the death last week of Sultan Munadi, a 34-year-old father of two.

Karzai issued the order after meeting Munadi's family at his palace in Kabul and hearing their version of the events that led to his death.

Munadi and Stephen Farrell, both working for The New York Times, were snatched by Taliban rebels while investigating suspected civilian deaths in a NATO air strike in the northern Kunduz province earlier this month.

A dramatic airborne commando raid last Wednesday saw British-Irish citizen Farrell whisked to safety but Munadi killed in the crossfire, his bullet-riddled body left at the scene for his family to collect.

Karzai met Munadi's father and brother and "assured them of a serious investigation into his death," the presidency said.

Based on investigations carried out by Qurban Mohammad, the reporter's father, and witnesses, Munadi's "martyrdom case is totally different to what is said by media and coalition forces," said the statement.

"Listening to Qurban Mohammad, the president ordered the interior ministry and National Directorate of Security to launch a re-investigation," it said.

Initial investigations showed Munadi was killed by gunfire at close-range, the statement said.

Munadi's brother Mohammad Osman told AFP that he believed the fatal shot entered vertically from under his chin and was fired from such close range that it left burn marks on the skin around the wound.

"He had a gun shot from under his chin with a skin burn. This is not possible unless he is shot with gun barrel touching his skin," said Osman.

Munadi's death caused heartbreak and anger among his colleagues, some of whom accused international forces of double standards in their dealings with Afghans and Westerners.

The operation sparked a blacklash over the use of British troops with reports saying that negotiations had been under way to free the pair and after a British soldier, and an Afghan woman and child were also killed in the raid.

It has been unclear whether Munadi was killed by insurgents or troops.

British Foreign Secretary David Miliband rebuffed calls for an inquiry, insisting the raid was the only way to secure the men's release.

http://news.yahoo.com/s/afp/20090916/wl_sthasia_afp/afghanistanusunrestmedia

 

 

09:30 | Lien permanent | Commentaires (0) |

17 octobre 61 – 17 octobre 2009 : Ah… la société coloniale !

Le 17 octobre 1961, en pleine guerre d’Algérie, des milliers d’algériens et algériennes (alors français et françaises) bravent un couvre-feu raciste qui les empêchait de sortir le soir dans les rues de Paris. Le préfet Papon va organiser un véritable massacre : des centaines de personnes sont alors jetées dans la Seine, assassinées, battues à mort…

Le 17 octobre 2009, sous commandement de l’OTAN, la France est en guerre en Afghanistan. Terreur, bombardements, assassinats… Sur son territoire, les autorités françaises « chassent » dans la « jungle » de Calais les afghans et afghanes qui cherchent à fuir la guerre que la France mène dans leur pays et envisage même de les renvoyer en Afghanistan.

Le 19 octobre 2009, à la cour d’appel de Colmar, la justice française poursuit un militant contre le sommet de l’OTAN qui s’était déroulé en avril 2009 à Strasbourg. Après avoir été condamné à 6 mois de prison et en avoir passé plusieurs dans la prison de Strasbourg, son procès en appel en août a été repoussé, le juge demandant un complément d’appel après avoir soulevé que sur les trois policiers qui l’accusaient, un seul l’avait reconnu. C’est un fait connu maintenant, la justice française, dans les événements de Strasbourg, cherche à faire payer des lampistes !

Le 17 octobre 2009, au café associatif Les Epines, la Legal Team, en association avec Zem-zem, organise une soirée publique du souvenir et de la solidarité

A partir de 19h, un repas à prix libre est servi.

A partir de 20 h, aura lieu une lecture des témoignages du 17 octobre 61. Suivra une présentation de la guerre que mène la France en Afghanistan et une présentation du procès du 19 octobre de Colmar. Enfin nous pourrons débattre ensemble de la société coloniale ou « post » coloniale »

De plus, en fin d’après-midi, à 17h30, nous appelons à se rendre au pont du Corbeau de Strasbourg où un rassemblement est organisé. Le 19 octobre, nous appelons à soutenir le militant qui passe en jugement à la cours d’appel de Colmar à partir de 14h

Site internet Les Epines :les-epines.over-blog.com Site internet Legal Team Strasbourg : www.antirepression.org


08:59 | Lien permanent | Commentaires (0) |

14/10/2009

Le film " Déchets : Le cauchemar du nucléaire" visible sur Arte + 7 jusqu'au 20 octobre 2009

Pascal nous signale que le film réalisé par Eric Guéret est visionnable sur Arte + 7 encore pendant quelques jours !!!

lien :  http://plus7.arte.tv/fr/1697660,CmC=2883866.html

Déchets : Le cauchemar du nucléaire

Un documentaire coup de poing sur l'un des plus grands tabous de notre société : les déchets radioactifs, face cachée du nucléaire.

En pleine prise de conscience des menaces de réchauffement climatique, et tandis que les industriels et certains politiques présentent l'énergie nucléaire comme une énergie propre, maîtrisée et sans impact sur l'environnement et la santé, les auteurs partent en quête d'une vérité qui dérange. Les déchets sont le talon d'Achille du nucléaire, son pire cauchemar. Les populations en ont peur, les scientifiques ne trouvent pas de solution acceptable, les industriels tentent de nous rassurer et les politiques évitent le sujet. Mais qu'en connaissons-nous exactement ? Comment avoir une vision claire d'un domaine couvert depuis toujours par le secret ? Que ce soit en France, en Allemagne, en Grande-Bretagne, aux États-Unis ou en Russie, cette enquête scientifique et politique aborde le sujet tabou du nucléaire par sa zone la plus sombre. Un documentaire indispensable pour mieux comprendre des choix qui pèsent lourd sur l'avenir de l'humanité.

(France, 2009, 98mn)
ARTE F
Réalisateur: Eric Guéret

20:33 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Communiqué 5 octobre - La guerre entre le FLN et le MNA...un immense gâchis ?

 

de chez backchich

 

Le MNA ou les tabous de l’histoire d’Algérie

Passé / dimanche 31 août 2008 par Akram Belkaïd

 

Tous les conflits de l’histoire d’Algérie ne sont pas purgés. Notamment celui qui a opposé le MNA et le FLN, aux premières lueurs de la lutte pour l’indépendance.

 

Il y a quelques semaines, j’ai reçu un message d’un fidèle et très lointain lecteur de la présente chronique à propos de l’histoire d’Algérie et de ses thèmes interdits. Evoquant les nombreuses interrogations concernant la période 1945-1963, il se demandait si un appel d’intellectuels pourrait convaincre des acteurs ayant vécu cette époque de s’exprimer pour dire toute la vérité. « La génération concernée nous quitte progressivement, m’a-t-il écrit. Nous sommes à l’extrême limite temporelle où nous pourrions enfin savoir de la bouche des derniers protagonistes tout ce qui s’est réellement passé y compris sur les questions taboues : la crise berbériste, la trahison du MNA, la mort d’Abane Ramdane, le massacre de Melouza, les vraies raisons qui ont débouché sur les événements sanglants du 8 mai 1945, l’asphyxie organisée des maquis, les motivations réelles des officiers musulmans qui ont déserté l’armée française pour rejoindre le FLN (les daf), la paranoïa d’Amirouche, sa mort avec celle de Si Haoues, l’ampleur réelle du massacre des harkis, le rôle des « marsiens » (ceux qui ont pris le maquis après le cessez-le-feu de mars 1962) » Et de citer le cas de l’Indonésie ou de l’Afrique du Sud où des commissions ont su surmonter l’obstacle du nationalisme pour faire la lumière sur des événements douloureux pour ne pas dire honteux.

Parler mais d’abord délier les langues

 

Ma réponse était empreinte de scepticisme. Faire parler les acteurs qui sont encore en vie ? Pourquoi pas mais à condition qu’un déclic majeur puisse délier les langues et faire en sorte que l’on sorte des discours convenus. Pour étayer mon propos, j’ai cité le cas de Lakhdar Belaïd, un camarade journaliste dont j’attendais depuis des années le livre sur le Mouvement national algérien (MNA) de Messali Hadj. Un projet qui butait sur une grande difficulté : la réticence des anciens militants de ce parti à se raconter et à revenir sur un épisode de l’Histoire dont on parle peu et toujours avec grande prudence en Algérie comme en France. Hasard, coïncidence ou signe encourageant, quelques jours après cet échange épistolaire, j’ai reçu les épreuves du livre de Lakhdar Belaïd [1]

 

Cet ouvrage est une enquête sur le père de l’auteur. Un père, aujourd’hui disparu qui n’a jamais accepté de raconter son passé de militant du MNA fidèle jusqu’au bout à Messali Hadj. Un père qui fut acteur, comme tant d’autres membres de son parti, de la bataille fratricide qui opposa, surtout en France, le FLN et le MNA. Une véritable guerre civile dont les générations nées après l’indépendance ne savent pas grand-chose puisque cet épisode sanglant a toujours été enveloppé dans un voile de confusion et de désinformation. C’est bien simple, une majorité d’Algériens qui n’ont pas connu la Guerre de libération sont convaincus que le MNA et les Harkis, c’est Hadj-Moussa et Moussa-Hadj. Quant à Messali Hadj, réhabilité a minima en 1999, nombreux sont ceux qui lui contestent encore le rôle de père du nationalisme algérien et qui persistent à le qualifier de traître à la cause de l’indépendance.

 

Le livre de Lakhdar Belaïd n’est donc pas une enquête sur le MNA. C’est avant tout l’histoire d’un père qui fut emprisonné et condamné durant la Guerre d’Algérie, la justice française l’ayant accusé d’avoir commandité l’assassinat d’un militant du FLN dans la région lilloise. Au fil des pages, on découvre le parcours d’un travailleur immigré en provenance de Kabylie auquel la fédération de France du PPA-MTLD donna, comme à tant d’autres Algériens, une conscience nationaliste et une éducation politique. Restitué non sans mal du fait du mutisme des survivants interrogés par l’auteur, cet itinéraire a pour toile de fond la férocité de la guerre entre le FLN et le MNA, les attentats, les représailles, le jeu trouble de la police française, en somme, tous ces actes sanglants que la presse de l’époque qualifiait souvent de « règlements de compte entre Nord-Africains ».

Le MNA algérie dépassé par un rival plus moderne

 

On réalise en lisant cet ouvrage que nombre de militants du MNA ont été jusqu’au bout de farouches nationalistes et qu’ils ont été partie prenante du combat pour l’indépendance de l’Algérie en organisant notamment des manifestations en France dont certaines furent dispersées dans le sang par les forces de l’ordre. Après 1962, le père de Lakhdar Belaïd s’est par exemple toujours opposé à ce que ses enfants prennent la nationalité française et c’est en Algérie que cet homme a terminé sa vie. On apprend aussi que le MNA s’est attaqué aux harkis comme l’explique un témoin messaliste interrogés par l’auteur.

 

Alors, pourquoi la guerre entre le FLN et le MNA ? L’intérêt du livre de Belaïd est qu’il met en exergue le point de vue du second camp, celui qui malgré son implantation forte en France a finalement été broyé par les commandos de choc du FLN à l’image de la liquidation de la direction de l’USTA (Union syndicale des travailleurs algériens, syndicat messaliste). Et les justifications des messalistes tournent souvent autour de l’attachement obsessionnel à Messali Hadj tandis que le FLN se voit dénié toute légitimité à conduire la Révolution qu’il a pourtant déclenchée.

 

Cinquante ans après cette période, on ne peut s’empêcher de penser que cette guerre entre le FLN et le MNA n’a été qu’un immense gâchis. A qui la faute ? Aux acteurs encore vivant de nous le dire. Pourquoi une telle violence, une telle haine (4.000 morts et 12.000 blessés uniquement en France) ? Le MNA représentait-il vraiment une menace pour l’indépendance ? Le statut de représentant unique, pour ne pas dire absolu, du peuple algérien était-il à ce point indispensable pour le FLN pour qu’il le conduise à liquider d’autres tendances politiques favorables à l’indépendance (messalistes mais aussi communistes) ?

 

La faiblesse politique du MNA ne résidait-elle pas dans le culte, archaïque et d’un autre âge, de Messali Hadj ? Ce dernier avait-il vraiment planifié le début de la guerre d’indépendance pour 1954, se faisant prendre de vitesse par ceux qui allaient créer le FLN ? Ces questions sont posées depuis longtemps. Nous attendons encore les réponses et, finalement, cette idée d’appel d’intellectuels pour que s’expriment enfin les acteurs de cette période est une urgence.

 

 

 

 

 

 

FLN contre MNA: la guerre dans la guerre

 

Par Edgar Morin «L’Affaire Bellounis», publiée en 1998 par un adjoint du chef de guerre messaliste, jette une lumière crue sur les divisions sanglantes du mouvement national algérien

 

5. FLN contre MNA: la guerre dans la guerre

 

Le Nouvel Observateur. – L’extraordinaire, avec «l’affaire Bellounis», est qu’elle ouvre le dossier méconnu d’une lutte acharnée au sein du nationalisme algérien...

Edgar Morin. – Oui. Et dès le début de la guerre d’Algérie. Il y a un conflit entre Messali Hadj, fondateur du nationalisme algérien, et son comité central, qui lui reproche son culte de la personnalité. Un groupe clandestin, le CRUA (Comité révolutionnaire d’Unité et d’Action), futur FLN, décide de réconcilier les uns et les autres... en lançant une insurrection armée, le 1er novembre 1954. Du coup, Messali décide que ses hommes vont prendre le maquis. Et quand le FLN veut absorber ses forces, il refuse. Rapidement, les combattants du FLN attaquent les maquis de Messali et les éliminent. Sauf un, le plus dur, celui que dirige Bellounis. Des officiers français nouent alors des contacts avec Bellounis pour l’utiliser contre ses frères ennemis du FLN. C’est l’année du massacre de Melouza, où des combattants de l’ALN-FLN vont tuer plus de 300 habitants d’un village favorable à Messali. Pris entre deux feux, Bellounis n’a plus le choix. Il est urgent pour lui de conclure un accord de fin des hostilités avec les Français. Il réussit à les bluffer sur l’importance de ses forces, pose ses conditions et réclame des armes et du matériel. Qu’il obtient. En contrepartie, les Français lui demandent de ne plus utiliser le drapeau algérien, de ne pas prélever d’impôt et de ne pas mobiliser. Ce qu’il ne respectera pas.

 

N. O. – Pour Bellounis, cet accord est une trêve armée, en attendant le jour où, une fois liquidé le FLN, il se retournera contre l’«armée colonisatrice»?

E. Morin. – Exactement. D’ailleurs, il écrit à Messali pour lui demander sa caution: «Donnez-moi votre bénédiction... Nous allons libérer l’Algérie!» Sauf que le vieux leader est persuadé – à tort – qu’il y a des accords secrets entre Bellounis et les Français. Il ne les obtient pas et refuse de reconnaître Bellounis.

N. O. – Se bat-il vraiment contre le FLN?

E. Morin. – Pendant toute une année. Son maquis s’étend et ses troupes bien armées, atteignent 8000 hommes! Au point que les Français finissent par s’en inquiéter.

N. O. – Après le 13 mai 1958, les Français lui demandent de se rallier. Il refuse. Le 23 juillet, les commandos du 11e Choc lui tendent un guet-apens...

E. Morin. – ... et Bellounis est tué. Après sa mort, son état-major est très divisé. Les uns pensent qu’il faut rallier le FLN; d’autres, qu’il faut continuer seuls le combat. Une partie du maquis se perd dans la nature...

N. O. – Comment avez-vous rencontré Chems Ed Din – c’est un pseudonyme –, l’auteur du texte que vous avez préfacé (1)?

E. Morin. – Il faisait partie de l’état-major de Bellounis. A sa mort, il décide de se rendre en bus à Alger. Arrêté à un contrôle, il est interrogé par les Services psychologiques, à qui il dit tout. On le libère et il gagne la France où il trouve un emploi… de vendeur au BHV. J’habitais à côté, rue des Blancs-Manteaux, où j’avais caché un temps un fugitif, un parent à lui. Mis en confiance, il vient me voir avec ce manuscrit: il veut témoigner.

 

N. O. – Qu’est-ce qui vous pousse à accepter?

E. Morin. – Le souvenir de la honte. J’étais scandalisé par la campagne de calomnie contre les messalistes, les faisant passer pour des traîtres, des espions, des collabos de la police. Et j’avais en tête la campagne de diffamation menée pendant la guerre contre les trotskistes accusés d’être des agents de Hitler. A l’époque, j’étais communiste et je n’avais rien dit. Et j’avais honte de m’être tu. En 1955, les amis du FLN, Francis Jeanson et André Mandouze, veulent faire passer l’idée que Messali est le Pierre Laval d’Algérie. Il y a même des gens des «Temps modernes» qui affirment que le FLN est l’avant-garde du prolétariat mondial. Il y a quand même eu, à cette époque, une débauche de conneries exprimées!

N. O. – Evidemment, l’affaire Bellounis est présentée comme la «preuve» de la trahison de Messali...

E. Morin. – Pardi! Sauf que je sais, moi, que Bellounis n’a pas la caution de Messali. Que celui-ci est resté un nationaliste. Contre cette hystérie fanatico-sectaire, je suis prêt à défendre son honneur.

N. O. – Pour publier ce texte, vous vous adressez à Jérôme Lindon. Sa réponse?

E. Morin. – «Ce n’est pas le moment!» Combien de fois ai-je entendu cela dans ma vie! J’ai donc gardé le manuscrit.

N. O. – Pourquoi le faire publier en 1998?

E. Morin. – J’ai rencontré une jeune femme d’origine algérienne, une actrice, dont le père était militant messaliste. Elle m’a dit qu’elle avait beaucoup souffert de l’étiquette de «traître» accolée à sa mémoire. Alors j’ai envoyé le manuscrit, un peu comme une bouteille à la mer.

N. O. – Quelle a été la réaction des critiques?

E. Morin. – Nulle. Pas un mot dans la presse. Les gens n’ont pas compris... Ils n’ont pas lu!

N. O. – Aujourd’hui encore, vous ne pouvez pas dire qui est Chems Ed Din?

E. Morin. – Hé non! L’auteur est toujours en Algérie, et cette affaire n’est pas encore purgée. La lutte entre le FLN et le MNA, en France et en Algérie, a fait plus de 10000 morts. Ces frères se sont entre-tués. Rien n’est plus horrible. «L’affaire Bellounis» montre ce qu’on a voulu cacher: la complexité de cette guerre. Il y avait plusieurs voies vers l’indépendance. Reste que la liquidation des messalistes est un des péchés originaux du FLN. Qui nous dit que, parmi les massacres actuels, il n’y pas le souvenir de ces villages messalistes et FLN qui ont tellement souffert de cette féroce guerre entre frères?

 

Propos recueillis par JEAN-PAUL MARI

 

(1) «L’Affaire Bellounis», par Chems Ed Din, préface d’Edgar Morin («Retour sur la guerre d’Algérie»), Editions de l’Aube.

 

Jean-Paul Mari

Le Nouvel Observateur

 

Des couvre-feux à Paris en 1958 et 1961 : Une mesure importée d’Algérie pour mieux lutter contre le FLN ?

Sylvie Thenault
L’historiographie récente relative aux événements d’octobre 1961 à Paris a présenté le système répressif alors en place comme le résultat de l’importation, par Maurice Papon, des mesures qu’il connut précédemment au Maroc et en Algérie. Cet article a pour objet de nuancer cette thèse, en examinant précisément le processus de décision du couvre-feu, qui avait aussi été décidé une première fois, en 1958. Il apparaît alors que la thèse de l’importation néglige deux aspects : le rôle des revendications policières dans ce processus et la traduction concrète du couvre-feu, sur le terrain. Ainsi, le couvrefeu s’inscrit dans le cadre de la gestion des troupes policières par leur hiérarchie et il renforce le repérage et le fichage des migrants de la région parisienne. Recent historiography about autumn 1961’s events in Paris tends to consider this repression as the result of Maurice Papon’s action, who is supposed to have reproduced the methods of counter-insurgency he learned before, in Morocco and Algeria. This article wants to discuss such a thesis because, notably, it neglects the role of the police troops in the decision of pronouncing a curfew. And finally, the reconstitution of the process of decision shows that Maurice Papon’s former experience wasn’t simply reproduced as such.
• 1958-1961, des communiqués aux portées très différentes
• Les « Français musulmans d’Algérie » comme cible
• De la lutte contre le terrorisme à la gestion de la base policière
• Conclusion


« Dans le but de mettre un terme sans délai aux agissements criminels des terroristes, des mesures nouvelles viennent d’être décidées par la préfecture de police. En vue d’en faciliter l’exécution, il est conseillé de la façon la plus pressante aux travailleurs algériens de s’abstenir de circuler la nuit dans les rues de Paris et de la banlieue parisienne, et plus particulièrement de 20h30 à 5h30 du matin. (…)

D’autre part, il a été constaté que les attentats sont la plupart du temps le fait de groupes de trois ou quatre hommes. En conséquence, il est très vivement recommandé aux Français musulmans de circuler isolément, les petits groupes risquant de paraître suspects aux rondes et patrouilles de police. Enfin, le préfet de police a décidé que les débits de boissons tenus et fréquentés par les Français musulmans d’Algérie doivent fermer chaque jour à 19 heures ».

 

 

 

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Criminalisation du mouvement social - Retour à la Section Spéciale ?


71001.jpg

à découvrir sans modération : faure.pdf

http://www.editionsantisociales.com/Le-Proces-des-30.php

 

 

 

 

 

Manif "contre la criminalisation du mouvement social et contestataire" à saint-étienne

From "Elsa Chevrier"

 

Date Mon, 15 Jan 2001 01:46:18 -0500 (EST)

 

________________________________________________

A - I N F O S N E W S S E R V I C E

http://www.ainfos.ca/

________________________________________________

 

Hier samedi 13 janvier 2001 a eu lieu à Saint-Étienne une manifestation "contre la criminalisation du mouvement social", dans le but de protester contre la répression policière, les inculpations de mlilitant-e-s avec prétextes mensongers, contre les mensonges médiatiques à propos de nos luttes, contre la vidéosurveillance et le fichage incessant... mais aussi en soutien aux inculpé-e-s de Nice, en particulier aux 5 personnes qui passent en procès le 1er février pour "entrave à la circulation". Nous étions environ 200 (estimation personnelle et peut-être erronée!) à défiler dans les rues de Saint-Étienne, scandant et chantant des slogans, au rythme d'une petite fanfare improvisée. Des tracts ont été distribués aux passants (jour de soldes donc rues bondées!) pour leur expliquer ce qui se passait, quelques graffitis laissés sur les murs et de nombreux autocollants posés sur le passage. Le défilé, largement décoré de drapeaux noirs, et coloré de quelques déguisements, s'est ainsi fait entendre pendant deux heures dans les rues du centre ville et s'est fini par une petite représentation de jonglage

enflammée. Nous n'étions pas 10 000, cela ne changera pas le comportement des flics et des autorités, mais nous avons pris la parole, avons visibilité une infime partie de notre lutte, et c'est déjà ça.

 

Ci-joint les textes des deux tracts qui ont été

distribués :

 

*******************************************

manifestation régionale:

le samedi 13 janvier à 15 h, devant la Bourse du Travail à Saint-Étienne

 

CONTRE LA CRIMINALISATION DU MOUVEMENT SOCIAL!

 

 

A Nice, le 7 décembre 2000, la manifestation

anticapitaliste contre le sommet des chefs d'état

européens a donné lieu à une sévère répression et de

nombreuses arrestations. Parmi celles-ci : cinq

militants libertaires et syndicalistes (quatre

stéphanois et un lyonnais) sont interpellés par la

police. Ils sont inculpés pour entrave à la

circulation (art. 7 du Code de la route), et risquent

2 ans de prison ferme plus 30 000 Frs d'amende,

chacun. Pour autant, ces militants ne faisaient que

gêner pacifiquement un véhicule de la délégation

italienne qui circulait dans les rues piétonnes.

 

Cet exemple vient s'ajouter à d'autres, dans un

processus international où nos dirigeants, états et

patrons, s'efforcent de criminaliser le mouvement

social par tous les moyens à leur disposition :

arrestations arbitraires, inculpations pour des

prétextes fallacieux, désinformation médiatique, lois

scélérates (lois xénophobes, mesures anti-ouvrières),

vidéosurveillance, fichiers illégaux...

 

En France, ce sont plusieurs milliers de militant/es

qui sont attaqué/es devant les tribunaux pour leur

participation à des actions revendicatives, en soutien

aux sans-papiers, dans les luttes antifascistes ou

syndicales, au sein même des entreprises. Certain/es

se retrouvent en prison, d'autres récoltent des

amendes bien trop lourdes pour leurs budgets.

 

Systématiquement, celles et ceux qui proposent une

critique radicale du système capitaliste sont visé/es.

Il s'agit de les désorganiser, et finalement de les

broyer pour empêcher leurs luttes quotidiennes, dans

leurs combats humains, où ils occupent le terrain pour

la construction d'un autre futur...

 

 

Pas de justice, pas de paix!

 

 

**************************************************

tract distribué par des individuEs

non-organisationné-e-s:

 

NOUS MANIFESTONS CONTRE LA REPRESSION ET LA

CRIMINALISATION DE NOS MOUVEMENTS CONTESTATAIRES, NOUS

MANIFESTONS PARCE QUE NOUS REFUSONS LA VIOLENCE ET LES

MENSONGES DE LA POLICE, DE L'ETAT !!

 

 

A l'école on m'a toujours raconté que la france était

"le pays des droits de l'homme", que c'était une

république démocratique - ce qui signifie "le pouvoir

au peuple" -, que les citoyen-ne-s y étaient libres

(entre autres jolis adjectifs!) et que la liberté

d'expression était un des grands principes de notre bô

pays, depuis la révolution de 1789. On m'a aussi

raconté que les lois étaient là pour veiller à l'ordre

dans la société, pour le bien être de toutes et tous,

et que les "forces de l'ordre" étaient là pour faire

appliquer les lois, pour le bien être de toutes et

tous. Qu'en est-il réellement de tout ça?

 

Les 6 et 7 décembre nous sommes allé-e-s manifester à

nice, contre un sommet européen où étaient en train de

se décider des choses en douce, qui allaient

privilégier les intérêts financiers et amoindrir les

droits des peuples. Le 6 une manifestation-défilé sage

et traditionnelle, composée de syndicats et

d'organisations officielles, a été autorisée, certes.

Mais cette manifestation fort conventionnelle n'a en

rien été écoutée par les membres du sommet, tout juste

entendue. Et toute autre forme de protestation a été

fortement, gravement, réprimée et criminalisée. Le 7

une tentative protestation par le blocage du sommet a

été lancée. Dès les premières tentatives d'approche de

l'Acropolis, où avait lieu le sommet, les

manifestant-e-s ont été copieusement gazé-e-s, et

ainsi toute la matinée, avec entre autres un gaz au

chlore interdit (car dangereux!) dans un texte

européen ratifié par la france! Ceci a continué

lorsqu'un gros groupe de manifestant-e-s est allé à

midi réclamer la libération de plusieurs personnes

injustement arrêtées : nouveaux gazages, nombreuses

arrestations sans motifs valables, jets de grenades

assourdissantes, dispersion par un canon à eau, traque

des manifestant-e-s par des agents de la BAC (brigade

anti-criminalité), matraques en main, dans les rues de

la ville... Les autorités, bien aidées par les médias

qui savent toujours aussi bien mentir, ont justifié la

répression par la "violence" de certain-e-s

manifestant-e-s". Il est d'une absolu mauvaise foi de

tenir compte de cet argument puisque :

-la violence et les gazages de la police ont commencé

bien avant que quelques vitrines aient été brisées

-parmi les manifestant-e-s gazé-e-s, frappé-e-s,

arrêté-e-s un grand nombre étaient absolument

pacifiques

 

Les autorités ont fait passer toutes les personnes qui

ne manifestaient pas de manière sage et

conventionnelle pour des "voyous", des "casseurs", des

"terroristes", car ces voix qui exigeaient qu'on

écoute leur contestation et leur colère les

dérangeait! Car elles avaient peur qu'on empêche leurs

accords du fric d'être signés. Des milliers d'italiens

et italiennes possédant papiers d'identité et titres

de transport en règle ont été bloqués à la frontière.

Alors que les accords européens prévoient justement la

libre circulation des personnes et des biens, ces

accords ont été annulés pour la durée du sommet, tout

simplement pour empêcher des milliers d'européen-ne-s

de venir exprimer leur contestation, tout simplement

parce que les Grands de ce monde n'avaient pas envie

d'avoir les oreilles encombrées du bruit de notre

colère et voulaient rester bien tranquilles dans leur

forteresse Acropolis pour décider de l'avenir des

peuples européens : un avenir de droits sociaux

diminués et de priorité au profit financier! En

france, un grand nombre de manifestant-e-s ont demandé

des trains gratuits pour aller manifester car

elles-ils n'avaient pas les moyens de payer des

billets à 500francs pour aller s'exprimer. Réponse :

CRS, arrestations arbitraires, coups de matraques et

quelques séjours à l'hôpital! On peut aussi préciser

qu'à l'intérieur de ce sommet aucune ONG n'a eu le

droit d'être représentée et que les journalistes

présents devaient restés dans une pièce où des

"messagers" leur apportaient les informations qu'on

voulait bien leur donner.

 

Des dizaines de personnes ont été arrêtées dans nice

le 7 décembre, une quinzaine a été inculpée et est

passée ou passera en procès. Deux espagnol-e-s ont

pris un mois ferme et deux ans d'interdiction du

territoire français, en comparution immédiate - c'est

à dire sans avoir le temps de préparer une défense -

pour attroupement armé. Le délit d'attroupement =3D le

délit d'avoir manifesté et "armé" parce qu'elle et il

avaient un couteau au fond de leur sac... à côté de

leur morceau de fromage! Deux autres personnes ont

pris un mois ferme le 8 janvier. Des témoignages

affirment qu'une jeune femme, pour avoir refuser

qu'un CRS prenne son sac, a été mise à terre et

frappée alors que deux autres la maintenaient au sol

et que son compagnon tentant de la défendre était lui

aussi matraqué. Ils en ont profité pour démontrer leur

"respect du citoyen" en lui disant: " Je vais

t'éclater la gueule, tu pourras plus faire le tapin

sale chienne" (sic) Plusieurs autres personnes ont été

tabassé-e-s par des flics ou CRS, entre autres

lorsqu'elles essayaient de prendre des photos. Cinq

militants FA et CNT de lyon et saint-étienne passeront

en procès le 1er février : ils sont accusés d'"entrave

à la circulation" et d'avoir "secoué" un véhicule

officiel, ce qu'ils démentent formellement. Ils ont

juste tenté de discuter avec le conducteur, un

officiel italien se rendant au sommet, il n'y a eu

aucune agressivité et lorsque les nombreux policiers

présents ont demandé aux personnes de laisser passer

la voiture elles ont obéi. Ce n'est que lorsque les

policiers ont trouvé dans leurs sacs des autocollants

de la Fédération Anarchiste qu'ils ont décidé de les

arrêter, trouvant là un bon prétexte pour les faire

passer pour des terroristes. D'autres personnes sont

accusées de rébellion, violence, attroupement, toutes

de manière arbitraire puisque les arrestations ont eu

lieu après les manifestations, lorsque ces personnes

se promenaient, allaient rejoindre des ami-e-s ou

attendaient des gens. Les déclarations des policiers

sont souvent bourrées de mensonges énormes, mais la

"justice" française les croit puisqu'elle a déjà

condamné quatre personnes à de la prison ferme, sans

aucune preuve, avec accusations bidons à l'appui, en

donnant plus de crédit aux affirmations grossièrement

mensongère des flics contre les défenses plausibles

des accusé-e-s.

 

Nous manifestons aujourd'hui, entre autres, pour

dénoncer les agissements de la police, des autorités,

de la "justice", qui nous font taire par la violence

et le mensonge, par la répression et les condamnations

arbitraires... pour l'exemple? Nous manifestons aussi

pour soutenir les 5 militants qui passeront en procès

le 1er février, leurs accusations ridicules feraient

hurler de rire s'ils ne risquaient pas gros! Nous

soutenons aussi toutes les autres personnes inculpées

dans las même condition de violence, de mensonge et

d'injustice à nice.

 

Mais ces aventures niçoises n'ont été qu'un grossier

exemple de la manière dont est réprimée en douce

toute contestation un peu trop gênante, de la manière

dont est criminalisée toute personne qui refuse de se

comporter "dans le droit chemin", de la manière dont

est protégé le kapitalisme et l'ordre social au

détriment des peuples, même ici, au pays des droits de

l'homme, et oui!

 

Le 15 janvier un stéphanois passe en procès pour avoir

oser manifester son mécontentement lorsqu'un festival

de musique militaire, hymne à la guerre et à la mort,

avait défilé à saint-étienne. Motif de l'inculpation?

"Coups et blessures sur un policier". L'accusé a été

embarqué alors qu'il tentait d'allumer un pétard et

n'a touché aucun policier, n'a eu aucun geste

agressif. Le médecin a constaté une éraflure sur la

main du policier. L'accusé ne sait même pas qui est

physiquement la personne qui l'accuse!

 

Le fils de françois miterrand, accusé de trafic d'arme

vers l'état raciste d'afrique du sud, est resté 12

jours en détention provisoire, tandis que deux

militants bretons poursuivis pour vol d'explosifs sont

en détention provisoire depuis plus d'un an. Où en

est-on de la fameuse présomption d'innocence? Surtout

où en est-on de la fameuse "égalité", principe

fondateur de notre belle république?!

 

Quel poids à la parole d'une personne qu'on tente de

faire passer pour "voyou", "casseur" ou "terroriste"

face aux mensonges des policiers, des autorités? D'un

côté ceux et celles qui ont le pouvoir, de l'autre

ceux et celles qui n'ont que le droit d'être de sages

citoyen-ne-s et d'honnêtes travailleurs-euses! Et ce

pouvoir est bien entendu, encore et toujours, très

bien servi par des médias qui racontent n'importe

quoi, font passer des actes de contestation politique

pour du vandalisme, décrédibilisent nos luttes.

 

De nombreuses personnes sont en ce moment même en

prison en france pour avoir une activité politique,

sociale, contestataire, qui déplait aux autorités.

Elles sont souvent à tort et avec appui de mensonges,

accusées de terrorisme ou autre délit inventé. Et

leurs traitements en prison sont loin d'être dignes

d'un gouvernement respectant les droits de l'humain-e.

Encore et toujours, cela nous est bien caché, la

réalité est masquée et déformée par les médias... nous

vivons dans un si beau pays! Si nous manifestons

masqué-e-s aujourd'hui, ce n'est pas pour nous la

jouer gueriller@s , ni pour vous faire peur, c'est

parce que toute manifestation est filmée et

photographiée, tout-e manifestant-e fiché-e puis

catalogué-e comme contestataire... trop contestataire?

... terroriste à surveiller?

 

Dans les lois françaises, voilà ce qu'il en est de la

liberté d'expression : si tu n'es pas content-e alors

tu as le droit de manifester, mais il faut avant cela

en demander le droit à la préfecture, qui te diras par

où tu as le droit de passer. Avec un peu de chance les

politicard-e-s feront semblant qu'ils-elles t'ont

écouté, raconteront deux ou trois nouilleries et

passeront à autre chose. Avec un peu de chance les

médias raconteront deux trois bobards sur ta manif et

décrédibiliseront ta lutte. Mais si tu n'as pas

quémandé en préfecture le droit de manifester tu peux

être passible du "délit d'attroupement" : tout membre

d'un groupe (nombre non défini) de personnes dans la

rue auxquelles les forces de l'ordre ont demandé de se

dissoudre 2 fois devient délinquant pour "délit

d'attroupement". (Et bien entendu, les deux

sommations, on ne les entend pas toujours très

distinctement!) Voilà ce qu'il en est de la liberté

d'expression dans les textes de lois français.

 

La police nous matraque et nous gaze, les autorités et

les médias racontent des salades sur notre compte,

nous font passer pour des terroristes pour ne pas

écouter nos contestations, et nous prennent pour des

imbéciles en nous racontant n'importe quoi, la

"justice" pénalise les petit-e-s et est indulgente

avec les grand-e-s, nous sommes écrasé-e-s par le

pouvoir de cette in-"justice" n'avons que de maigres

moyens pour nous défendre contre ses décisions

injustes. Pour finir les lois mêmes de ce pays sont

écrites contre toute personne qui conteste, sont

écrites en faveur de toute personne qui veut nous

faire taire.

 

Voilà pourquoi aujourd'hui nous manifestons : pour

exprimer notre colère, pour prendre la parole, pour

que vous vous rendiez compte de ce que cache le bla

bla hypnotisant des médias et des autorités, pour

dénoncer la violence des flics, pour dénoncer la

violence de la justice, pour dénoncer la violence de

l'état.

 

Face à tout cela, nous pourrions peut-être croire en

une seule loi :

 

" Quand le gouvernement viole les droits d'un peuple,

l'insurrection est pour le peuple et pour chaque

partie du peuple, le plus sacré et le plus

indispensable des devoirs. "

Art. 35 Déclaration Universelle des droits de l'Homme,

1948.

 

 

Des manifestant-e-s qui tiennent à préciser leur point

de vue et à s'exprimer librement.

 

 

 

autre doc pdf : CriminalisationMouvSociaux.pdf

 

 

 

 

Colloque de Bordeaux

Dérives pénales contre droits des citoyens

Gilberto Pagani, Avocat, Milan

LA CRIMINALISATION DES MOUVEMENTS SOCIAUX

 

 

 

2 octobre 2004

 

 

 

09:16 | Lien permanent | Commentaires (0) |

13/10/2009

Technique de communication : le tag - graffiti

http://2.bp.blogspot.com/_15BdTU2z8h0/SlySc7nU9zI/AAAAAAAAAZY/pItIGXOLyEo/s400/meteor+pub.jpg

L'abus de régionalisme est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.


L'abus de religion est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.

09:03 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Procès manifestation Poitiers : Les meneurs absents, les «pauvres bougres» à la barre

 

 

 

Bilan de la journée du 12 octobre

Concernant les procès des personnes inculpées à la suite des évènements du 10 octobre dernier, un point rapide sur la situation. Sur les dix-huit personnes interpellées samedi, huit sont passées en comparution immédiate lundi, et nous sommes toujours dans l’attente du procès d’une mineure qui aura lieu le 5 janvier prochain (rebellion et refus de prélèvement ADN). Le 23 février se déroulera également le procès de deux personnes pour refus de prélèvement d’ADN, ainsi que refus des photos et empreintes pour l’une d’entre elles.

 

Delibéré à 1h15, le mardi 13 octobre :

-  N. : Déclarée coupable de détention de feux d’artifice ; 2 mois avec sursis

C. : Déclaré coupable de détention de feux d’artifice ; 2 mois avec sursis

P. : Déclaré coupable de violence sur commissaire (jet de pile) ; 8 mois dont 4 avec sursis ; 800 euros d’amendes

S. : Déclaré coupable de dégradations volontaires sur bien privé ; 6 mois avec sursis, 2 ans de mise à l’épreuve (obligation de soin, d’activité et de dédommagement) ; 2850 euros d’amendes

S. : Déclaré coupable de violence sur commissaire ; 6 mois dont 5 avec sursis

J. : Déclaré coupable de violence sur officier de police ; 6 mois dont 5 avec sursis

L. : Déclaré coupable de dégradations volontaires par incendie et jets de pierre ; 6 mois avec sursis

C. : Déclarée coupable de dégradations volontaires sur un bien d’utilité publique ; 6 mois avec sursis et mise à l’épreuve ; 300 euros d’amendes pour refus d’ADN et 650 euros pour la Mairie de Poitiers

 

Après huit heures et demie de ce procès absurde et grotesque, des faux témoignages des policiers au zèle démesuré du procureur à faire tomber les condamnations , il faudrait être aveugle pour ne pas déceler la manipulation médiatico-politique qui s’est tramée ce lundi 12 octobre 2009. Plus qu’éreinté-e-s et attristé-e-s après cette journée qui sent la mascarade, nous remettons à très vite la rédaction d’un communiqué plus complet et réitérons notre soutien aux incarcérés.

Le Collectif contre la Prison de Vivonne

 

 

 

 

"On a donné de la pâture au peuple"

Des peines de prison ferme avec mandat de dépôt ont été infligées dans la nuit de lundi à mardi par le tribunal correctionnel de Poitiers, à trois des huit personnes jugées dans le cadre des violences survenues samedi dans la cité poitevine. Les cinq autres suspects ont été condamnés des peines avec sursis allant de  deux à six mois, après une audience qui aura duré plus de huit heures et 45 minutes de délibéré. Patrick,51 ans, a été sanctionné à huit mois de prison dont quatre fermes  et deux étudiants de 18 ans, Samuel et Jean-Salvy, à six mois dont un ferme,  avec mandat de dépôt. Le ministère public avait requis pour les trois, 18 mois dont10 fermes.

Ces trois décisions ont été accueillies par des cris et des pleurs de la  part de la trentaine de jeunes rassemblés dans la salle d'audience et de 40 autres à l'extérieur, en bas des marches du palais de justice. Les huit personnes étaient jugées en comparution immédiate pour "dégradationsvolontaires, dégradations de biens publics, coups et blessures sur argent de laforce publique dans l'exercice de leurs fonctions". Elles ont dix jours pour faire appel.

"On a donné de la pâture au peuple"

Une neuvième personne interpellée, une mineure, comparaîtra devantle tribunal pour enfants de Limoges, d'où elle est originaire. Dix-huit personnes avaient été interpellées après les violences. "C'est une parodiede justice. Pendant ce temps là, les responsables sont  dehors. C'est plus facile d'arrêter les voleurs de pommes", a déploré Me Simone Brunet,conseil de quatre suspects dont les deux jeunes condamnés à un mois de prisonferme. "Je vais essayer avec le juge d'application des peines detransformer la  prison ferme par le port d'un bracelet électronique",a-t-elle précisé. "On a donné de la pâture au peuple. Je n'ai jamais vu ce type de condamnation pour un délinquant primaire, au casier vierge et quijeté une pile ne blessant personne", a déclaré de son côté Me Philippe Brottier, défenseur de Patrick, condamné à quatre mois fermes. "Lorsque vous avez un ministre d'Etat qui se déplace le jour de l'audience alors qu'il sait pertinemment que les personnes réellement responsables ne sont pas là, c'est automatiquement une pression sur le parquet", a-t-il souligné.

Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux avait souhaité dans l'après-midi  après avoir constaté les dégâts et rencontré des victimes,que la justice "sanctionne et durement" les casseurs. Une manifestation organisée par un collectif anticarcéral samedi à Poitiers pendant un festival culturel a dégénéré en violences, avec des actions  organisées decasseurs. Une quinzaine de vitrines ont été brisées ou endommagées, des abribuset des cabines téléphoniques détruits, du verre éparpillé dans deux ruespiétonnes, avec des tags sur différents monuments. Selon les autorités locales, les casseurs masqués et cagoulés ont opéré  comme un commando"très bien organisé". Une information judiciaire pour "organisation d'un attroupement armé" a été ouverte pour "rechercher les personnes à l'origine de cette manifestation".

D'après agence

 

 

 

de chez le JL :

 

Mardi 13 octobre 2009
Poitiers : Les meneurs absents,
les «pauvres bougres» à la barre


Les premières personnes jugées hier après le saccage du centre de Poitiers samedi ne sont pas les casseurs ultra-organisés qui ont défié la police. Ceux-là seront difficiles à attraper.

«Moi, je n’y suis pas allé. Je savais que ça pouvait déraper.» Cet étudiant en géographie est venu hier devant le palais de justice soutenir un de ses amis interpellé samedi à la fin de la manifestation qui a dégénéré à Poitiers. Pas le genre à casser du flic, mais plutôt à mener les luttes étudiantes «non violentes». «Mais là, j
ai su par internet que des Totos venaient dItalie pour casser.» Des quoi ? Des «Totos», comme «autonomes». Ces groupuscules qui prônent la violence, le plus souvent à loccasion de grands rassemblements. En Italie ou en Grande-Bretagne, on les appelle les «Black Blocs».

Sauf que là, c
était à Poitiers, au milieu dun festival familial, avec en plus une manifestation contre le transfert des prisonniers de Poitiers vers leur nouveau site de Vivonne (lire CL dhier). A priori sans risque. En tout cas pour les forces de lordre qui ne sattendaient certainement pas à se faire tirer dessus aux fusées de détresse. Et encore moins à recevoir dans leurs locaux le ministre de lIntérieur lui-même deux jours plus tard. «Pourtant, quand jai dit le dimanche à mon fils qui habite à lautre bout de France que Poitiers avait été saccagé, il ma répondu quil le savait avant même la manifestation : il lavait lu sur des blogs sur le net», raconte lavocat dun des neufs prévenus jugés en comparution immédiate. Dans le même temps, des voix politiques sélèvent, à gauche comme à droite, pour sinterroger sur le manque de renseignement de la police nationale.


Des prévenus sans passé judiciaire

L
audience dhier devait être la réponse «dure et sévère» comme le réclamait Brice Hortefeux lui-même (lire ci-dessous). Elle a surtout permis de voir que la police a été prise de court et que ses filets nont attrapé pour le moment que de tout petits poissons. Le procureur Pierre Sennes la reconnu lui-même à plusieurs reprises en précisant notamment quune information judiciaire venait dêtre ouverte pour «provocation à un attroupement armé». «Je suis préoccupé par lorganisation de cette manifestation.»

Qui est cette «organisation» ? Les prévoyants qui ont amené en plein milieu de la manifestation samedi un Caddie rempli de bombes artisanales, de fusées nautiques pour viser la police ou encore de bombes de peinture pour inciter à mettre le «feu aux banques, feu aux prisons». Ce sont aussi les diffuseurs d
un tract très précis «pour se sortir de la sale galère de la garde à vue». Ce sont également les insaisissables, capables de se volatiliser aussi vite quils ont surgi pour provoquer «une véritable émeute et une impression de dévastation», résume encore Pierre Sennes.

Pas le profil en tout cas de Patrick, Nathalie, Serge, trois des neufs prévenus qui ont défilé les uns après les autres jusque tard hier soir en comparution immédiate. Ils ont tous un casier judiciaire vierge quand ils se présentent à la barre. Bien sûr, ils ne sont pas là par hasard. L
un a lancé une pile ronde en direction de la police. Lautre a donné un coup de bâton dans une agence bancaire. La troisième a ramassé des bombes de peinture, restes du saccage pour les mettre dans son sac. «Jai appris en garde à vue que javais pris aussi des feux de détresse !» dont le transport est un délit. Ils nont jamais amené les objets délictueux sur les lieux.

«Tout ça est calculé par les vrais responsables qui ne sont pas là et qui utilisent la détresse sociale de pauvres bougres», plaide l
avocat Me Philippe Brottier. À chaque fois, leur histoire est peu ou prou la même. Un passé ou un présent de marginal, comme Serge, 37 ans, qui vient davoir un appartement après des années dans la rue. «Dans une démarche dinsertion», dit lenquête sociale malgré son problème avec lalcool. Une volonté de manifester sans en découdre, mais à chaque fois un effet dentraînement. «On ma donné une pile ronde, mais je ne peux pas vous dire qui cétait dans la foule», explique Patrick, 51 ans. Il la lancée en direction de la police. Lui navait pas de cagoule. Il sest fait reconnaître par le commissaire quelques heures plus tard. «Ils se retrouvent dans quelque chose qui les dépasse», résume Me Jean Damy.

Les peines requises par le procureur les «dépassent» aussi. Six mois ferme pour le coup de bâton dans la vitrine : «Une infraction purement matérielle !», explique Me Damy. Dix mois ferme et huit avec sursis «pour une pile ronde en cinquante ans !», lancera Me Brottier à propos de son client au casier également vierge.

Les avocats de la défense ne peuvent s
empêcher de voir la demande ferme du ministre Hortefeux «tentant dexercer une espèce de pression» par sa venue et ses déclarations, à quelques mètres du palais de justice et quelques minutes avant le début de laudience.

Tard hier soir, le tribunal n
avait toujours pas rendu ses jugements. En attendant, on sait déjà que la police sera sur le qui-vive samedi à Rennes. Une «manifestation de soutien aux luttes de l’Ouest» est organisée. L’affiche est encore visible sur une cabine téléphonique, juste à côté des vitres cassées de la boutique Bouygues. Là où un salarié a été blessé samedi.

Leur presse (Maurice Bontinck, Charente libre), 13 octobre 2009


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12/10/2009

Déchets, le cauchemar du nucléaire -

Le documentaire «Déchets, le cauchemar du nucléaire», diffusé ce mardi à 20h45 sur Arte, révèle que 90% des déchets français ne sont pas recyclables...

 

Après «Greenpeace, opération plutonium» (2005), le documentariste Eric Guéret consacre, avec la journaliste Laure Noualhat, un nouveau film coup de poing au nucléaire. Au centre de la polémique: l’exportation d’uranium français vers la Russie, qui ne représente pourtant qu’une petite partie du film.
Comment avez-vous découvert que 13% des déchets nucléaires français partaient en Russie?
Le retraitement des matières nucléaires est un problème très français. Nous avons voulu savoir ce que devenaient les déchets issus de nos centrales et nous avons découvert qu’il y avait un fossé énorme entre ce qu’annonce l’industrie nucléaire française et la réalité.
Areva indique que 96% des déchets nucléaires sont recyclables mais à l’arrivée, ce ne sont que 10% de cette matière qui sont « réenrichis » en Russie. Le vrai bilan, c’est que 90% de l’uranium appauvri que l’on envoie en Sibérie n’est pas réutilisable et reste stocké là-bas à ciel ouvert.
Légalement, depuis la loi Bataille de 1991, rénovée en 2006, il est interdit d’importer et d’exporter des déchets nucléaires. EDF joue sur les mots en évitant d’utilisant le terme de «déchet» et lui privilégiant celui de «recyclage». Ainsi, grâce à un coup de passe-passe, ils parviennent à les envoyer en Russie.
L’exportation d’uranium appauvri vers la Russie était-elle tenue secrète?
Parmi les personnes que nous avons interrogées, nul ne le savait. Nous avons alors enquêté avec l’aide de Greepeace, qui avait quelques informations, pour découvrir ce que devenaient ces matières. Il était connu que celles-ci partaient quelque part mais personne ne savait où.
Je suis étonné de voir EDF réagir maintenant en expliquant sa politique de retraitement des déchets nucléaires alors que, quand on les a interrogés, ils refusaient de nous répondre.
Quelle est la position de la Russie sur cette question?
Il y a vingt ans, les Russes n’avaient plus de quoi payer les techniciens dans les centrales. Ils ont alors trouvé une manne financière en important des déchets nucléaires et en mettant en place un système d’enrichissement que la France, notamment, ne possédait pas.
Mais il est désormais certain que la Russie ne reconduira pas ce contrat qui la lie à la France jusqu’en 2013 ou 2014, parce que la population autour du site en question est très mécontente et qu’il n’y a plus aujourd’hui ce problème financier.

C’est pour cela que la France a lancé la construction d’une usine d’enrichissement, «Georges Besse 2», au Tricastin. Mais il n’est pas encore certain que cela fonctionne et l’Etat pourrait se retrouver dans une impasse.
Comment régler le problème des déchets nucléaires?
Il existe trois solutions aujourd’hui: le stockage par enfouissement, l’entreposage en surface et la transmutation qui est une technologie complexe de destruction des déchets qui ne sera pas réalisable avant cinquante ans.
Propos recueillis par Corentin Chauvel

http://www.20minutes.fr/article/354127/France-Eric-Gueret-Il-y-a-un-fosse-enorme-entre-ce-qu-annonce-l-industrie-nucleaire-francaise-et-la-realite.php


20:43 | Lien permanent | Commentaires (2) |

Manifestation et débordement à Poitiers...à la poursuite de l’ennemi intérieur ?

A la manière de la romancière Joan Wilder, dans le film « A la poursuite du diamant vert », les faits et points de vue que nous rapportent presque tous les médias classiques sur les évènements qui ont eu lieu le samedi 11 octobre 2009 à Poitiers semblent indiquer, encore une fois, une cible bien précise : « l’ultra-gauche ».

 

-- "Une manifestation de "l’ultra-gauche" extrêmement violente et très organisée", a expliqué à l’Associated Press la directrice de cabinet du préfet, Anne Frackowiack.

-« Ce qui était au départ annoncé comme un « rassemblement festif » a tourné à l’opération commando. » selon France-Soir.

-« Cagoules, masques, drapeaux noirs et compagnie, ils avaient tout l’attirail habituel », décrit Simon Hiernard.

-« C’est simplement un mouvement anarchiste très organisé qui a utilisé la nouvelle prison comme prétexte à leurs actions », assure Alain Claeys, député maire (PS) de Poitiers.

-« Quand les saccages ont commencé, certains ont retiré leur masque pour se désolidariser du mouvement », relate Simon Hiernard.

Et nous revoilà donc retombés, 11 mois presque jours pour jours après Tarnac (11.11.2008), dans les méandres de « l’ultra-gauche » et des « anarchiste très organisé ».

Pourquoi aucun média ne reprend ne serait-ce que quelques lignes d’une des déclarations faite, via le net, par le Collectif contre la prison de Vivonne ou le communiqué de l’Organisation communiste libertaire Poitou ?

Dans un soucis d’égalité et d’information, il me semble important que ces communiqués soient proposés sur des sites d’information comme Agoravox.

Communiqué sur la manifestation du 10 octobre à Poitiers

Nous, collectif contre la prison de Vivonne, tenons à revenir sur les événements qui se sont déroulés lors de cette journée anti-carcérale du 10 octobre lancée à notre initiative. Avant toutes choses, il nous paraît important de rappeler à tous nos détracteurs que la manifestation n’était pas le centre de la journée. Nous invitons ainsi tout le monde à relire le programme de cette journée qui appelait outre la manifestation festive à des débats avec intervenants extérieurs sur des thèmes tels que le sécuritaire ou les luttes anticarcérales... ainsi qu’à des concerts le soir même. Par ailleurs les débats qui ont eu lieu avant la manifestation, contrairement au reste de la soirée qui a été annulé par les forces de l’ordre, montrera peut être par les apports qui en sortiront que la réflexion sur le sujet n’était pas exempt de la journée. Les déclarations de tous les “citoyens” et “journaleux” qui ont pris hâte de faire passer ce collectif comme un prétexte pour organiser une “émeute” et étant “une cellule d’ultra gauche” nous paraît donc d’une stupidité sans nom, d’un mensonge et d’une volonté politique des plus réactionnaires. Encore une fois nous assistons à l’utilisation d’outils médiatico-politique récurants ces derniers temps au même titre que les étiquettes “d’anarcho autonome” et “d’ultra gauche organisée”.

Bien que solidaire de tous les interpellés et n’ayant aucun intérêt à juger en bien ou en mal les actes commis, nous pouvons toutefois dire que les pratiques utilisées ne correspondaient pas à nos attentes et qu’un bilan de la stratégie politique émanera de ces événements. Nous rappelons que, bien qu’ayant appelé à cette manifestation, nous ne sommes en aucun cas responsable des actes qui y ont été commis. Mais parler d’une violence à sens unique nous paraît inexact en vue de la gestion policière qui a suivi la manifestation : occupation policière massive de tout le centre ville (mise en place d’un quasi “couvre-feu”), arrestations arbitraires, opération policière au numéro 23 de la porte de Paris (local culturel), où devait se dérouler la suite de la journée, digne d’une ère ancienne ... Le numéro 23, qui n’avait aucun lien avec les événements de la manifestation a ainsi vu une perquisition des plus violentes. Les personnes présentes ont ainsi subit diverses violences (coups de tonfas), humiliations (face contre terre les mains sur la tête) et contrôle abusif des identités (photos et question...) pendant près de 4h ! De plus les policiers présents ont volontairement dégradé le matériel sono loué ou prêté pour l’occasion (estimation à plusieurs milliers d’euros) !!!

Ainsi il nous semble que le moment n’est pas à la dénonciation mais bel et bien à la solidarité avec les militants inculpés !

Libération des manifestants en garde à vue !

Le collectif contre la prison de Vivonne
.

Communiqué Organisation communiste libertaire Poitou

Il n’y a pas eu plus d’émeute à Poitiers le 10 octobre
que de socialisme en France en mai 1981

Quelques poubelles qui brûlent, quelques vitrines brisées (celles de banques essentiellement, ainsi que de Bouygues Télécom – le maître d’œuvre de la nouvelle prison à Vivonne –, et d’un journal local), quelques fumigènes, le tout mettant aux prises quelques dizaines de personnes avec la police pendant une petite heure, cela ne fait pas encore une émeute !
Une émeute, c’est, rappelons-le, un soulèvement populaire mis en œuvre par une partie importante et significative de la population dans un espace politique donné.
En revanche, l’intrusion policière couverte par le procureur de la République, à huit heures du soir, dans un lieu privé, bien après et loin du lieu de la manifestation, pour procéder au contrôle d’identité des 100 personnes présentes pour un débat, un repas et un concert (toutes choses qui ne purent avoir lieu de ce fait), cela ressemble fort à un état de siège interdisant toute réunion la nuit venue ! Tous et toutes au sol, mains sur la tête en plein air pendant cinq heures, cela n’est pas encore si banal que l’on ne puisse en faire grand état.

La journée anticarcérale du 10 devait être l’occasion – en profitant du transfert, prévu le lendemain, des prisonniers de la vieille prison de Poitiers vers la neuve de Vivonne, à quelques kilomètres – de poser la question cruciale de la prison dans une société où le sécuritaire et l’enfermement sont les deux pivots du maintien de l’ordre capitaliste.
Un premier débat s’est tenu en début d’après-midi, parfaitement introduit par une militante de l’Association pour le respect des proches des personnes incarcérées (ARPI). Il fut l’occasion d’aborder de multiples questions dans une ambiance d’écoute et de réflexion assez rare sur ces sujets particulièrement sensibles. Quel sens donner à l’abolitionnisme ? Quelle population croupit dans les prisons ? Dans une société « libertaire », quel sens aura la déviance ; faudra-t-il ou non « punir », pourquoi, comment ? Bref, autant de questions guère débattues en public. Une réussite.

Ensuite, départ pour la manif « festive ». Mais s’il y a eu problème alors, ce n’est pas tant dans les événements décrits succinctement plus haut – qui, répétons-le, ne furent en rien une émeute, et dont la responsabilité revient essentiellement aux forces de l’ordre – que dans l’ambiance qui y régnait. Des groupes de militants, ceux que nous appelons « hors-sol », ont, de fait, pris le contrôle de la manifestation, qui regroupait environ 300 personnes, imprimant leurs décisions, leur rythme, leur manière d’agir et leurs fantasmes à l’ensemble des manifestants (sans se préoccuper des retombées sur l’environnement local). A disparu alors tout souci d’expliquer le pourquoi de cette manifestation – pas de tract clair, pas de slogans lancés, des banderoles vides de toute inscription (!). Or, quand de tels messages sont absents, il ne reste plus que celui des vitrines brisées comme but en soi et unique non-message ! Comme si l’objectif de la journée, qui était de sensibiliser un peu une frange de la population à l’absurdité de la prison, devenait secondaire par rapport à, par exemple, l’inscription du slogan le plus imbécile de l’année : « La plus belle jeunesse est celle qui est en prison », ou encore à s’affronter avec la police. Bref, une ambiance pas trop démocratique (il n’est pas de démocratie que bourgeoise !) et un avant-gardisme rappelant de sinistres heures du gauchisme militaro que l’on croyait renvoyé aux poubelles de l’Histoire. Une manifestation où la peur et l’angoisse devant des visages figés par des masques et des uniformes sombres nous plaçaient aux antipodes des yeux dans les yeux et de la communication colorée et festive prévue.

Ce n’est pas la première fois que cela se produit, et il est urgent que les pendules soient remises à l’heure, afin que le sens des mobilisations en cours ne passe pas au second plan en nous faisant entrer dans un cycle permanent de violence-répression où notre énergie s’usera au nom de la solidarité (« malgré tout », puisque ce sera un choix forcé). Autrement, les sempiternelles obligations antirépressives risquent de devenir pour nous le pendant des journées d’action rituelles de la CGT.

O
CL-Poitou

 

Il me semble, après lecture des communiqués de ceux qui avait organisé un rassemblement pacifiste lors de cette journée d’information sur les centres de rétention que les débordements ne font pas partie de leur moyen d’action.

 

A vous de faire le tri, en toute objectivité, entre les infos que vous donnent les médias locaux et nationaux dépendants des recettes publicitaires et les communiqués des comités de soutien des deux articles postés au dessus dont font partie des gens qui, comme vous, ont des enfants, des responsabilités et surtout rien à gagner à ce que leur moyen d’action pour rendre l’opinion publique attentive se solde par une action violente.

A qui profite cette "enfumage" médiatique ?

A ceux qui voulaient une manifestation festive et amener des débats sur des thèmes sécuritaires ou les luttes anti-carcérales ?

Certainement pas.

 

Par contre, M. le Préfet de Poitou-Charentes emploi des termes juridiques assez précis : "objets à destination d’armes" et fait un amalgame avec les violences commise à Strasbourg en avril 2009 lors du Contre-Sommet de l’Otan :

 

"Ils sont extrêmement bien organisés, extrêmement bien formés. Je dis ça vu les méthodes employées, les objets à destination d’armes qu’ils ont utilisés, c’est donc des ultra-violents,(...) qui peuvent sévir partout en France sur des opérations de type commando", a dit le préfet de Poitou-Charentes, Bernard Tomasini, sur France Info...Ces violences font écho, pour les autorités, à celle du sommet de l’Otan en avril à Strasbourg, où des militants de la gauche radicale surnommés les "black block", également armés et masqués, avaient ravagé un quartier de la ville"...

 

La chasse aux sorcières continue ?

 

Sur les dix-huit personnes interpellés au n°23, neuf d’entre-elles sont encore en garde à vue.

 

Source article de presse :

France Soir :

Poitiers sous le choc après les violences

 

Nouvel Obs :

Dix huit interpellations après les violences à Poitiers

 

Le livre "l’ennemi Intérieur" de Mathieu Rigouste

 

entretien-interview avec Mathieu Rigouste

 

 

 

11:05 | Lien permanent | Commentaires (1) |

11/10/2009

Manifestation à Poitiers - Soutien au n°23 - Répression - Solidarité

communiqué sur la manifestation du 10 octobre à poitiers

Nous , collectif contre la prison de vivonne, tenons à revenir sur les événements qui se sont déroulés lors de cette journée anti-carcérale du 10 octobre lancée à notre initiative. Avant toutes choses, il nous paraît important de rappeler à tous nos détracteurs que la manifestation n'était pas le centre de la journée. Nous invitons ainsi tout le monde à relire le programme de cette journée qui appelait outre la manifestation festive à des débats avec intervenants extérieurs sur des thèmes tels que le sécuritaire ou les luttes anticarcérales... ainsi qu'à des concerts le soir même. Par ailleurs les débats qui ont eu lieu avant la manifestation, contrairement au reste de la soirée qui a été annulé par les forces de l'ordre, montrera peut être par les apports qui en sortiront que la réflexion sur le sujet n'était pas exempt de la journée. Les déclarations de tous les “citoyens” et “journaleux” qui ont pris hâte de faire passer ce collectif comme un prétexte pour organiser une “émeute” et étant “une cellule d'ultra gauche” nous paraît donc d'une stupidité sans nom, d'un mensonge et d'une volonté politique des plus réactionnaires. Encore une fois nous assistons à l'utilisation d'outils médiatico-politique récurants ces derniers temps au même titre que les étiquettes “d'anarcho autonome” et “d'ultra gauche organisée”.

Bien que solidaire de tous les interpellés et n'ayant aucun interêt à juger en bien ou en mal les actes commis, nous pouvons toutefois dire que les pratiques utilisées ne correspondaient pas à nos attentes et qu'un bilan de la stratégie politique emmanera de ces evenements. Nous rappelons que, bien qu'ayant appelé à cette manifestation, nous ne sommes en aucun cas responsable des actes qui y ont été commis. Mais parler d'une violence à sens unique nous paraît inexact en vue de la gestion policière qui a suivi la manifestation : occupation policière massive de tout le centre ville (mise en place d'un quasi “couvre-feu”), arrestations arbitraires, opération policière au numéro 23 de la porte de Paris (local culturel), où devait se dérouler la suite de la journée, digne d'une ère ancienne ... Le numéro 23, qui n'avait aucun lien avec les événements de la manifestation a ainsi vu une perquisition des plus violentes. Les personnes présentes ont ainsi subit diverses violences (coups de tonfas), humiliations (face contre terre les mains sur la tête) et contrôle abusif des identités (photos et question...) pendant près de 4h! De plus les policiers présents ont volontairement dégradé le matériel sono loué ou prété pour l'occasion (estimation à plusieurs miliers d'euros)!!!

Ainsi il nous semble que le moment n'est pas à la dénonciation mais bel et bien à la solidarité avec les militants inculpés!

Libération des manifestants en garde à vue!

Le collectif contre la prison de vivonne.

21:17 | Lien permanent | Commentaires (6) |

 
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