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26/11/2009

Fallait pas...

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Villiers-le-Bel: Un hommage à Larami et Moushin deux ans après leur mort

VILLIERS-LE-BEL, 25 nov 2009 (dépêche AFP) - Environ deux cents personnes se sont rassemblées mercredi après-midi à Villiers-le-Bel (Val d’Oise) à la mémoire des deux adolescents tués le 25 novembre 2007 dans la collision de leur moto avec un véhicule de police, a constaté une journaliste de l’AFP.

Amis, voisins et membres de l’association "Respect, Vérité, Justice" se sont réunis, une rose rouge à la main, devant une stèle posée en souvenir de Moshin et Lakamy, rue Louise Michel, une petite rue au milieu des pavillons de banlieue où a eu lieu l’accident. "La blessure est profonde, elle sera toujours là", a déclaré à la foule Didier Vaillant, le maire socialiste de Villiers-le-Bel. "Il aurait mieux valu un procès", a-t-il dit. En octobre, la juge d’instruction chargée de l’affaire de la collision a rendu une ordonnance de non-lieu, mettant hors de cause les policiers. "Nous allons aller devant la cour d’appel de Versailles", a rappelé à la foule Me Jean-Pierre Mignard, avocat des familles des deux adolescents. "C’est une bataille générale pour notre pays, pour que la justice soit la même pour tous", a-t-il ajouté. L’avocat demande que "l’homicide involontaire soit reconnu avec ensuite un partage des responsabilités sur le plan civil". "Les policiers roulaient en phase d’accélération, sans gyrophare ni signal sonore", argumente-t-il. "Si on veut qu’il y ait une loi dans les cités, c’est la loi, toute la loi, rien que la loi", a déclaré Me Mignard à la presse. Les parents de Moshin, émus, ne se sont pas exprimés. Une minute de silence a été observée. Une cinquantaine de jeunes se sont ensuite rendu à la cour d’appel de Versailles pour déposer une gerbe de fleurs et plusieurs roses blanches, a constaté l’AFP. Plusieurs d’entre eux portaient des T-shirt noir avec l’inscription "Morts pour rien. Lakamy et Moushin. 25/11/2007". Une minute de silence a été observée devant l’entrée de la cour d’appel. "C’était important, le dossier est entre les mains de la cour d’appel. Notre message c’est : ’ne les enterrez pas deux fois’", a déclaré à la presse Saïd Oubiskarne, porte-parole de l’association "Respect,Vérité, Justice".

 

 

Lettre de Maka et Benjamin

Je suis Maka, j'ai 22 ans, je suis en détention préventive depuis le 23 février 2008. Je suis mis en examen pour « tentative d'homicide volontaire sur agents des forces de l'ordre » depuis le grand baroud policier qui avait suivi les émeutes de Villiers-le-Bel en novembre 2007. Des centaines de jeunes s'étaient affrontés à la police suite à la mort de deux adolescents, dans une collision avec un véhicule de police.
Je suis Benjamin, j'ai 31 ans, je suis sous contrôle judiciaire, mis en examen pour participation à « une association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste » suite aux opérations de police menées sur tout le territoire, notamment à Tarnac, en réaction aux sabotages simultanés de l'alimentation électrique de plusieurs voies TGV en novembre 2008.

Un blanc. Un noir. Cité du Val d'Oise. Petit village de Corrèze. Parents immigrés africains de première génération. Classe moyenne de province. Diplôme universitaire. Déscolarisation précoce. Nos histoires se croisent au hasard d'une désertion des voies tracées pour nous dans le grand cirque de la reproduction sociale.
Désertion des « possibilités » d'un plan de carrière universitaire et professionnel tout tracé.
Désertion de la perspective de  rejoindre la France qui se lève vraiment tôt, celle qu'on croise à cinq heure dans le RER, celle qui nettoie la scène où la France qui compte se produira au grand jour.
Désertion en tout cas de cette France qui expulse, qui parque, qui discrimine, qui classe, ordonne, juge et enferme toujours selon la classe, la race, le « patrimoine ».
Nous nous sommes trouvés dans une petite cour de promenade humide et glauque de la prison de Fresnes de sinistre réputation. À l’ombre des barbelés, les pieds dans l'urine des rats.

Un an déjà s'est passé depuis notre rencontre et le système judiciaire n'a pas manqué de manifester sa véritable nature: un système qui fixe au jour le jour les critères de ce qui est acceptable et de ce qui ne l’est pas au bénéfice, le plus souvent, des classes dominantes de cette société.  Face à ce système, et pris dans le viseur d'un gouvernement qui ne cesse de mettre la vieille tradition réactionnaire française au goût du jour, nous endossons chacun la défroque d'une figure de l'Ennemi Intérieur nouvelle vague. On comprend bien l'acharnement que met ce gouvernement – appuyé en cela par la plupart des médias - à faire de nous, chacun à sa façon, les plus terribles portraits, « barbares», « inconscients », « ultra-violents », «anarcho-autonomes », « racailles » et toutes sortes d'autres outrances langagières. On sent aussi à quel point ce que l’on conjure à tant nous calomnier c'est la crainte que ces figures soient finalement plus désirables que les figures officielles de la réussite et de l'intégration. Et elles le sont sans aucun doute... le jeune diplômé qui crache dans la soupe de l'occident triomphant et ne compte pas en rester là; le jeune fils d'immigré qui refuse de rempiler dans les fonctions de larbin qu'on a toujours massivement réservées à ceux de sa couleur.
Notez que même aux rangs des Ennemis Intérieurs désignés, la couleur de peau et l'extraction font encore une terrible différence. La « société civile », les médias s'émeuvent beaucoup moins du sort de quelques jeunes « indigènes » aux prises avec une police galvanisée que lorsqu'il s'agit de rejetons de la classe moyenne blanche – socle politique de ce pays. Et les magistrats ont toujours la main plus lourde.

Nous nous sommes retrouvés là, l'un et l'autre, sur foi de réquisitoires aussi peu fondés l'un que l'autre, où le bon vieux « témoignage anonyme », pour ne pas dire « délation crapuleuse », dispense opportunément de la « charge de la preuve ».... Pris dans de véritables affaires d'Etat où les enjeux politiques dépassent largement le sort particulier de nos petites personnes, voire s'en balancent, au profit d'enjeux électoraux, de compétition des services de renseignement et de police, de politiques de communication policières et  ministérielles.
Nicolas Sarkozy avait dit, avant même son élection à la tête de l'Etat, toute sa crainte d'une « jonction » -jamais advenue- entre le mouvement des universités contre le CPE et les différentes vagues de révoltes de la jeunesse de banlieue, ce n'est pas le moindre des paradoxes que ce soit sa politique de répression elle-même qui nous fasse nous rencontrer. Il n'y a jamais eu meilleur catalyseur que l'épreuve d'une hostilité commune pour passer des frontières qui étaient parfois apparues infranchissables. La simple juxtaposition de nos deux histoires éclaire le présent d’une lumière plus crue. Nous pensons que notre rencontre n'est pas qu'une anecdote sympathique. Elle nous a paru à tous deux préfigurer ce qui se doit d'arriver, ce qui, comme peu d'autres choses, indique une sortie du marasme politique du présent.
Si nous prenons la parole aujourd'hui c'est qu'il est temps d'en finir avec l'habituel fatalisme qui entoure ceux qui sont pris dans les rouages de la Justice et qui n'ont d'autre horizon que le broyage pénitentiaire. Nous ne sommes pas des épouvantails, nous sommes doués de parole et de pensée et nous comptons bien en faire usage envers et contre tout étouffement.
Fin octobre a été prononcé un non-lieu pour les policiers qui étaient à bord du véhicule qui a provoqué la mort de Larami et Moushin. Il n'y aura pas de procès. Dans le même temps, on annonce le renvoi aux assises des quatre personnes soupçonnées, sans preuves, d'avoir participé aux tirs contre les forces de police pendant les émeutes. Tout semble annoncer un procès expiatoire. Il s'agira de faire un exemple pour toute la jeunesse révoltée de ce pays: « N'espérez même pas pouvoir vous défendre! Nous jouissons de l'impunité totale, vous risquez des peines énormes. Vous êtes pieds et poings liés » semblent hurler tous les pouvoirs réunis en une seule et même chorale infernale. Et nous n'avons pas fini de l'entendre: ce 27 octobre avait lieu à Clichy sous Bois une commémoration de la mort de Zyed et Bouna dans un transformateur électrique lors d'une course poursuite avec la police en 2005; ce même jour les policiers ont déposé une plainte contre Muhittin, seul survivant du trio d'adolescents, aujourd'hui majeur, pour « non assistance en personne en danger ».
Je suis Benjamin, je suis resté à peine trois semaines en détention. Comme mes co-mis en examen je suis depuis onze mois sous contrôle judiciaire strict avec l'interdiction de rentrer chez moi. Je cherche à faire que ce temps volé par l'appareil judiciaire n'ait pas été un temps mort.
Je suis Maka, comme mes co-mis en examen, je suis depuis vingt mois en détention « préventive », et placé à l’isolement. Je lis, j'écris, j'aiguise ma compréhension de ce monde et de la place qui nous y a été dévolue; je fais ma révolution dans 9 mètres carrés.
Nous ne sommes que deux exemples parmi tant d’autres que nous ne pouvons tous citer ici. L'année 2010 devrait voir de nouveaux rebondissements dans nos deux « affaires ». Elles sont toutes deux emblématiques de la guerre totale que mène ce gouvernement contre tout ce qui ne se soumet pas à son idéal glacé et policé. Nous pensons que ces victoires ne leur sont pas assurées. Nous savons que nous sommes toujours plus nombreux, de tous horizons, déterminés à ne pas les laisser marcher sur nos têtes. Il faut que ces « épisodes » judiciaires soient aussi pour chacun l'occasion d'une prise de parti dans l'époque. Rester silencieux en de telles circonstances revient à tenir le manche de la pelle qui s'évertue à vouloir nous enterrer vivants.

08:42 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Mort de Mohamed Boukrourou, la police mise en cause...+ article : Hakim Djelassi, Mohamed Boukrourou, Abdelhakim Ajimi et Ali Ziri étaient vivants avant leurs interpellations (eric Hazan)

Valentigney

M. Boukrourou : la police mise en cause

M. Boukrourou : la police mise en cause

Mohamed Boukrourou était papa de deux filles, dont la plus jeune, Wissam, n’a que 3 ans. Photo DR

Mohamed Boukrourou était papa de deux filles, dont la plus jeune, Wissam, n’a que 3 ans. Photo DR

 

Deux semaines après la mort de Mohamed Boukrourou, le parquet de Montbéliard a ouvert, hier, une information contre X, pour « homicide involontaire », mettant ainsi pour la première fois directement en cause l’action de la police.

 

Le parquet de Montbéliard a demandé, hier, l’ouverture d’une information judiciaire « contre X » pour « homicide involontaire » dans l’affaire de Mohamed Boukrourou, mort au cours d’une interpellation que la procureure de la République de Montbéliard, Mme Thérèse Brunisso avait qualifiée de « violente » quelques heures après les faits, et juste avant d’ouvrir une première information « en recherche des causes de la mort », alors que le rapport partiel d’autopsie concluait à un décès provoqué par « la conjugaison d’une altération cardiaque et d’un stress important ».

 

Mais après avoir pris connaissance du rapport final d’autopsie et des premiers éléments recueillis par les juges d’instruction, la procureure a décidé, hier, de « requérir la clôture de l’information ouverte en recherches des causes de la mort et d’ouvrir une information contre X du chef d’homicide involontaire », a-t-elle fait savoir dans un communiqué.

 

« Ce cadre procédural, garant de l’équilibre du droit des parties, doit permettre aux juges d’instruction d’approfondir les conditions dans lesquelles l’intervention des services de police s’est déroulée et d’établir si elle a concouru au décès de Mohamed Boukrourou », a ajouté la procureure, se refusant à tout commentaire supplémentaire.

« Des violences exercées par les policiers »

 

« Je constate que la justice avance et que les juges sont déterminés à faire la lumière sur l’affaire. Les choses vont dans le bon sens », a déclaré le frère du défunt, Abdelkader Boukrourou, 39 ans « On est rassurés de voir que le dossier n’est pas refermé », a ajouté son frère Karim, 37 ans, faisant état du recueil de « trois témoignages au moins relatant des violences exercées par les policiers », et insistant sur « le caractère choquant de cette mort ». « Il faudra que les policiers nous expliquent pourquoi ils ont fait ça, alors que notre frère était parfaitement inoffensif ! », estime la famille de la victime.

 

« Les résultats de l’autopsie vont dans le sens de nos affirmations et de celles des témoins. Elle fait état de choses graves », a ajouté Abdelkader sans vouloir donner d’autre précision.

 

Des témoins avaient affirmé que les policiers se seraient « assis sur le corps de M. Boukrourou », ce qui aurait entraîné une détresse respiratoire. Au début de l’enquête, le parquet de Montbéliard avait, dans un premier temps, écarté l’hypothèse de coups. La sénatrice (Verts) Alima Boumediene-Thiery a annoncé mardi avoir saisi la Commission nationale de déontologie de la sécurité « sur les circonstances de la mort » de M. Boukrourou.

 

Le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) s’est porté partie civile aux côtés de la famille pour que « toute la vérité soit faite ».

 

Le 12 novembre, vers 17 h, au centre-ville de Valentigney, Mohamed Boukrourou, père de famille de 41 ans, avait été traîné de force dans un fourgon par des policiers, appelés par le pharmacien qui se disait, selon la police et le parquet, « inquiet de l’état d’énervement extrême » de son client qu’il connaissait de longue date, mais qui protestait contre la qualité des médicaments génériques qui lui avaient été délivrés. « En réalité, dans le feu de la discussion qui les opposait, Mohamed avait juste menacé de porter plainte contre le pharmacien », précise la famille. Victime de détresse respiratoire dans le véhicule de police, Mohamed Boukrourou, assisté par des sapeurs-pompiers, avait été reconduit dans la pharmacie où son décès avait été constaté par un médecin à 18 h 05.

http://www.lepays.fr/fr/article/2237970/M.-Boukrourou-la-police-mise-en-cause.html

 

 

Hakim Djelassi, Mohamed Boukrourou, Abdelhakim Ajimi et Ali Ziri étaient vivants avant leurs interpellations



Marche en mémoire de Hakim Djelassi, samedi 21 novembre. (Photo : Patrick James /Voix du Nord)
Marche en mémoire de Hakim Djelassi, samedi 21 novembre. (Photo : Patrick James /Voix du Nord)
Ce 24 septembre, Hakim Djelassi, 31 ans, se dispute avec sa future épouse, Hélène. Ils logent à l’hôtel Mister Bed, rue de Béthune, dans le Vieux-Lille. Rameuté par les voisins, le réceptionniste appelle la police. Il est huit heures du matin.

Bruno Reboul, dans Nord-Eclair, raconte la suite. « Après une arrestation mouvementée, Hakim Djelassi fait un malaise cardiaque dans le fourgon de police qui le transportait à l’hôpital. Arrivé à Saint-Vincent, il tombe dans le coma, et mourra deux jours plus tard, le 26. La famille affirme avoir vu le corps de Hakim couvert de marques de coups à l’hôpital, et si le parquet a indiqué depuis que l’autopsie n’avait pas permis de démontrer que la mort a été causée par des violences, le doute demeure dans l’esprit des proches de Hakim. Une instruction est toujours ouverte au tribunal de Lille, afin de déterminer les causes de sa mort, mais secret oblige, aucune information nouvelle n’a émergé depuis. »

« Nous, on ne dit pas nécessairement que c’est une bavure, il y a une présomption d’innocence dans ce pays, qui est aussi valable pour la police, c’est ce qu’a toujours dit le père de Hakim, insiste Simon Sernac, 27 ans, qui est l’un des porte-parole du collectif Justice pour Hakim. On ne veut pas préjuger du résultat final, et on fait confiance à la justice, mais on ira jusqu’au bout pour savoir. »

Démarrant à 10 heures, une marche silencieuse, la deuxième après celle du 29 septembre, devait avoir lieu à Lille, ce samedi 21 novembre.

Mohamed Boukrourou aussi était vivant avant son interpellation

Le 13 novembre à Valentigney, rapporte TF1, Mohamed Boukrourou, 41 ans, se rendait dans une pharmacie pour acheter des médicaments. En fin d’après-midi, il était déclaré mort. Dans quelles conditions ? Comment, à la suite de quel enchaînement fatal un homme parti pour acheter de quoi se soigner avait-il pu mourir dans la même journée ?

Son passage à la pharmacie a, semble-t-il, donné lieu à un échange tendu avec le pharmacien. Mohamed Boukrourou protestait contre la qualité des médicaments qui lui avaient été remis. Et le pharmacien inquiet de « l’état d’énervement extrême » de ce client avait appelé la police. Mohamed Boukrourou est alors traîné dans un fourgon par des policiers. L’interpellation dérape, sans que l’on sache au juste pour quelle raison : victime d’un arrêt respiratoire dans le véhicule de police, l’homme est reconduit dans la pharmacie. C’est là que son décès devait être constaté, à 18 h 05.

le 16 novembre, une marche silencieuse de quatre kilomètres réunissant une foule compacte et solidaire a abouti à la pharmacie, plantée à deux pas de la mairie au cœur de ville, devant laquelle Mohamed Boukrourou est mort un jeudi après-midi (lire le journal belfortain Le Pays).

Le parquet de Montbéliard a ouvert une information judiciaire pour « recherche des causes de la mort » suite au décès de Mohamed Boukrourou. Le procureur de la République de Montbéliard, Thérèse Brunisso, déclare « éliminer toute hypothèse de coups » de la part des policiers (LibéStrasbourg)

Saisi par la famille, le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) a annoncé, vendredi 20 novembre, qu’il se portait partie civile (lemonde.fr/AFP). La famille de la victime avait déclaré qu’à l’occasion de la toilette mortuaire du défunt, « des bleus sur le visage et une lèvre éclatée » , avaient été constatés. Des témoins ont affirmé que les policiers se seraient « assis sur le corps de M. Boukrourou », ce qui aurait entraîné une détresse respiratoire, a ajouté le MRAP. Le procureur de Montbéliard avait indiqué que les marques étaient dues à l’autopsie et au frottement sur le sol du visage de la victime lors de l’interpellation, éliminant « toute hypothèse de coups ».

Deux interpellations qui interpellent et en rappellent deux autres.

Abdelhakim Ajimi était vivant avant son interpellation

Laurent Mouloud raconte dans L’Humanité : « Le 9 mai 2008, Abdelhakim Ajimi, 22 ans, cuisinier au chômage, vient retirer de l’argent au guichet du Crédit agricole, dans le centre-ville de Grasse. L’employé refuse, constatant que le jeune homme a dépassé son autorisation de découvert. Abdelhakim perd alors son calme, hurle sur le guichetier. Le directeur de la banque s’interpose, reçoit une gifle.

Prévenus, cinq policiers de la brigade anticriminalité (BAC) l’interpellent non loin de son domicile. L’affaire s’engage mal. Abdelhakim Ajimi, malgré son petit gabarit, se débat, refuse les menottes, mord l’un des fonctionnaires. Un autre, pris dans l’empoignade, aura l’épaule démise. Finalement, les policiers parviennent à lui passer les bracelets aux poignets. Abdelhakim est plaqué au sol, sur le ventre. Un fonctionnaire le maintient avec son genou, appuyé sur la colonne vertébrale, un autre pratique une clé d’étranglement »
.

Abdelhakim Ajimi, inerte, sera relevé par deux policiers. Il sera déclaré mort à 16 h 30, au commissariat. Selon la version policière, il a fait un arrêt cardiaque.

Le 8 octobre 2008, Jean-Louis Moreau, procureur adjoint de la République de Grasse déclarait (voir le site de TF1) : « On a l’impression qu’il y a peut-être eu de la part des gardiens de la paix une mauvaise prise en compte des règles qu’ils appliquent normalement pour maîtriser les gens quand ils se rebellent ». « La durée de la maîtrise a peut-être aussi été trop longue (…) Ceci correspondrait à une imprudence, je parle au conditionnel. C’est aux juges de décider d’une éventuelle mise en examen des policiers en cause pour homicide involontaire. » Le dimanche 11 mai, une marche était organisée.

Le 12 mars 2009, rapporte Le Nouvel Oservateur, cinq policiers ayant participé à l’interpellation en mai 2008 à Grasse d’Abdelhakim Ajimi, 22 ans, mort après cette intervention, ont été mis en examen pour non-assistance à personne en danger.

Ali Ziri était vivant avant son interpellation

Le 9 juin dernier, cet Algérien âgé de 69 ans, se trouvait à bord d’un véhicule conduit par son ami Arezki Kerfali, 61 ans, quand tous deux ont été arrêtés, sortis de la voiture, menottés, et, à en croire le témoignage de ce dernier, frappés. D’après lui, ce sont ces coups qui sont à l’origine de la mort de son ami Ali Ziri, décédé un peu plus tard à l’hôpital. L’enquête avait dans un premier temps été confiée au commissariat d’Argenteuil où exercent les policiers mis en cause par ce récit, et une première autopsie avait écarté tout décès consécutif à un traumatisme (Le Parisien). Le 24 juin à Argenteuil, une marche pacifique devait réunir plus d’un millier de personnes.

A l’époque, le parquet n’avait pas souhaité donner suite à cette affaire, puisqu’il n’y avait « pas de suspicion de bavure ». Selon le procureur adjoint, « l’autopsie de M. Ali Ziri exclut que la cause du décès puisse résulter d’un traumatisme, et conclut qu’elle est due au mauvais état de son cœur ». (Le Nouvel Observateur)

Sauf qu’une seconde autopsie est venue jeter le doute sur le comportement des policiers lors de l’arrestation d’Ali Ziri. Lire l’article de Luc Bronner dans Le Monde du 12 septembre “Itinéraire d’un vieil immigré algérien, mort après une interpellation musclée”.

Le 10 octobre, Le Parisien nous informait que le parquet de Pontoise a pris un réquisitoire supplétif « contre X » pour « violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». C’est une deuxième autopsie qui a été décisive dans cette décision puisqu’elle a mis en évidence beaucoup plus d’hématomes que la première et a fait « un lien entre les hématomes et le décès », précise le parquet.


Hakim Djelassi, Mohamed Boukrourou, Abdelhakim Ajimi et Ali Ziri étaient vivants avant leurs interpellations.


Auteur : Eric Hazan - 21/11/2009
Source : Veilleur de jour - Le Monde.fr

08:28 | Lien permanent | Commentaires (5) |

25/11/2009

L'adjudant Drucker reprend du service au ministère de la propagande, avec le concours des stars, au service de la spectaculaire société des marchands de canons...

Michel Drucker, VRP d'une armée super fun

Régis Soubrouillard - Marianne | Mercredi 25 Novembre 2009 à 14:01

France Télévisions a choisi son expert en matière de questions de défense: Michel Drucker. L'animateur, en collaboration avec le service de relations publiques des armées a encore programmé deux émissions spéciales, si possible avec Carla Bruni, diffusant toujours une vision festivalière et ludique de l'armée.



Arielle Dombasle au coeur de l'armée de terre
Arielle Dombasle au coeur de l'armée de terre
Cherche-t-il à se placer pour la future présidence de France Télévisions ou directement à postuler à la tête du ministère de la Défense, voire au Panthéon, qui sait ? En tout cas depuis quelques temps, Michel Drucker rend bien des services à la nation qui lui en sera à coup sûr reconnaissante.

Le 14 juillet dernier, notre Mimi national avait déjà présenté un show à la gloire des armées françaises où  il devisait Défense mais aussi vélo avec le président de la République, faisait découvrir à des téléspectateurs ébahis le quartier général de l’état major de l’armée de terre, mais aussi un saut en parachute de Guy Marchand, Lizarazu au sein des forces spéciales, Gérard Darmon en Afghanistan et last but not least un raid gracieux d’Arielle Dombasle au Tchad. Une émission largement produite en collaboration avec le Sirpa, le service de relations publiques des armées.

« Pour ce projet, il nous fallait trouver le financement pour le réaliser »
, expliquaient alors au journal TV Mag les producteurs, déjà à l’origine des émissions « Une nuit sur le Charles-de-Gaulle » et « Une nuit sous les mers ». « Le ministre de la Défense Hervé Morin a immédiatement accepté de nous aider et de mettre du matériel à notre disposition ». Une coproduction à visée essentiellement publicitaire.


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Une vision ludique, pacifiste et démilitarisée de l'armée


Dans un entretien resté culte de Carla Bruni –réalisé le 14 juillet, grand jour de propagande sarkozyste-, la première Dame de France avait posé, elle aussi, son regard « artiste » sur les questions de défense : « C'est magnifique que tous ces hommes, toutes ces armes, tous ces avions, soient au service de la paix car désormais l'armée nous protège de la guerre ». Bien loin des efforts déployés par son mari pour la vente de quelques Rafale…

Dans les milieux de défense, certains s’inquiètent depuis longtemps de ces dérives médiatiques : « Exploitant cette veine pacifiste et démilitarisée, les différents Sirpa et Directions du recrutement jouent également la carte de l’humour et de la décontraction. Le principe de réalité est alors occulté et drapé du principe de plaisir, aux contours plus resplendissants. Durant les étés 2003 et 2004, par exemple, l’Armée de terre a organisé une tournée des plages durant laquelle des militaires se sont donnés en spectacle, dansant en treillis sur le sable et livrant une vision faussement détendue du métier des armes, qui fit d’ailleurs l’objet d’une critique virulente du Canard Enchaîné (4 août 2004). La Marine nationale, quant à elle, promet une vie ludique et aventureuse à ses recrues potentielles, au travers d’affiches qui exhortent : « Vivez intense », « oubliez votre scooter » ou encore « changez d’adrénaline » écrivait en 2005  le capitaine –en disponibilité-  et professeur de communication Céline Bryon Portet dans la revue Défense nationale dans un article au titre prémonitoire : « communication militaire : identité en péril ».

L’armée de l’air et Michel Drucker (déjà) en prenaient eux aussi pour leurs grades : « L’Armée de l’air, enfin, pratique une inquiétante confusion des genres et cède au jeunisme lorsqu’elle ridiculise ses pilotes dans des jingles radiophoniques ou promeut la provocante Ophélie Winter marraine du 50e anniversaire de la Patrouille de France. Durant cet événement médiatique, présentée par Michel Drucker, le 17 mai 2003 sur France 2 à 20 h 50, on a pu entendre la chanteuse, vêtue de la symbolique combinaison de vol bleu ciel des pilotes de la PAF, vanter les voluptés de l’onanisme après une allocution de Mme Michèle Alliot-Marie… Et comme la jeune femme avait participé à l’émission « Nice people » quelques jours auparavant, le magazine Télé 7 jours associa les deux événements ».

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Carla Bruni au coeur de la Défense nationale

Rien n’a changé. Ni le style, ni les acteurs. L’armée continue de se complaire dans une communication essentiellement festivalière avec la complicité du service public de télévision qui lui permet d’occulter des questions autrement plus essentielles, soulevées notamment au moment de la publication du livre blanc sur la Défense, les questions matérielles, la présence des troupes françaises sur les théâtres d’opérations, l’incapacité chronique à envisager le début d’un projet de défense européenne etc.  

Dans une interview récente à France Soir, Michel Drucker confie qu’il réalisera encore deux émissions à la gloire de l’armée française dans les mois qui viennent. En mars, il partira pour Kandahar pour une émission spéciale pour le 75è anniversaire de l’armée de l’air. Et le mois suivant, le présentateur produira une émission hommage à la Patrouille de France (encore…) avec la participation de…Carla Bruni. Ophélie Winter n'étant plus bankable et encore moins première Dame... Des militaires, des célébrités, de l’émotion, et l’épouse du chef d’Etat-major des armées. L'armée, c'est sûr, maîtrise parfaitement sa communication. Reste à savoir combien de temps le nuage de fumée national fera effet.

Communication militaire : identité en péril ?

Céline BRYON-PORTET

Longtemps enfermée dans le mutisme, l’institution militaire, dans un contexte nouveau marqué par la fin de la guerre froide, l’essor des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) et la suspension du service national, s’est progressivement ouverte au monde de la communication. Essentiellement destinée à renforcer la visibilité des armées ainsi que leur potentiel d’attractivité, cette ouverture a souvent dénaturé leurs fondamentaux identitaires, ce qui risque d’avoir des conséquences néfastes sur son image, tant en externe qu’en interne. À l’inverse, une approche systémique, davantage respectueuse de la spécificité du métier des armes et visant à lui redonner du sens en réactualisant ses valeurs, pourrait être envisagée.


LA LOI DU SILENCE : FONDEMENTS STRATÉGIQUES,
STRUCTURELS ET ORGANISATIONNELS

L’armée fut longtemps surnommée, comme chacun le sait, « la Grande muette ». La pratique du silence attachée à l’institution militaire s’enracine dans un lointain passé, puisqu’elle était déjà préconisée par Sun Tzu puis, près de deux mille ans plus tard, par Clausewitz. D’une manière générale, on note cette invitation au mutisme dans la plupart des traités de polémologie évoquant les principes stratégiques des guerres classiques.

Ainsi recommande-t-on, dans L’Art de la guerre (1), la connaissance des projets de l’ennemi par la voie du renseignement, tandis qu’une grande discrétion sur les desseins personnels est conseillée, afin que soit rendue possible une guerre éclair prenant par surprise les troupes adverses. La diffusion de fausses rumeurs ou intoxication est également proposée pour que les forces antagonistes soient trompées sur les intentions réelles de l’attaquant. Car « la guerre repose sur le mensonge »…

Très tôt dans l’histoire militaire, donc, une attention de premier ordre a été accordée à la quête et à la circulation maîtrisée d’une information qui peut rapidement être convertie en désinformation. Apparaissant comme une arme à double tranchant, pouvant tout aussi bien entraîner la victoire ou la défaite, la communication fut toujours considérée avec méfiance et maniée avec prudence par les armées. Conscientes, à l’instar de Napoléon Bonaparte, que « quatre gazettes font plus de tort que 100 000 soldats en campagne », celles-ci ont assis leur mode de fonctionnement même sur la protection du secret, grâce à une classification des documents détenus selon leur degré de confidentialité.

Outre ce fondement stratégique, on relève des motivations de nature structurelle et organisationnelle : le devoir de réserve, par exemple, impose des limites au militaire afin que ce dernier ne livre une opinion personnelle lorsqu’il s’exprime au nom de l’institution à laquelle il appartient. Le principe de subsidiarité, quant à lui, selon lequel chacun participe à la délivrance de l’information à son niveau, est plus particulièrement lié à la structure hiérarchique des armées.

DE L’INFORMATION À LA COMMUNICATION : CAUSES ET ENJEUX

Ce n’est que très progressivement que les armées ont abandonné leur familière position de repli pour s’ouvrir au monde profane de la communication. À la base de ce processus, on peut identifier trois causes majeures.

L’après-guerre froide

La première, de nature géopolitique, correspond à la fin de la guerre froide. Jusqu’aux années 80, en effet, les rivalités qui opposaient les blocs de l’Est et de l’Ouest justifiaient que chaque partie tût ses avancées technologiques en matière d’armement et de conquête spatiale ; mais à mesure que le danger diminuait, le mutisme à l’égard de la population perdait sa raison d’être. En outre, les « menaces moins perceptibles » entraînent une vision floue des armées et un certain détachement à l’égard de la chose militaire, comme le souligne le Schéma directeur de la communication de la Défense 2000-2002. Dans le climat du dégel, l’institution de Défense a donc dû justifier ses dépenses, prouver sa légitimité et sa nécessité en communiquant sur ses besoins, ses moyens et ses enjeux, auprès des décideurs politiques afin que lui soient alloués les budgets garantissant son fonctionnement, mais aussi auprès du grand public, pour remporter l’adhésion et obtenir le soutien de ses opérations.

Société de l’information

La deuxième cause est de nature technologique et sociétale. L’apparition des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), la mondialisation des flux et l’influence grandissante des médias sur l’opinion publique, qui considère le droit à l’information comme une exigence démocratique, ont incité les forces armées à réviser leur attitude de réserve. En 1994, le Livre blanc sur la Défense, évoquant les nouvelles règles du jeu qu’impose la globalisation des échanges, observe que « la gestion médiatique devient l’un des éléments de la stratégie militaire ». « L’information est désormais au cœur de toute politique de défense », pour ce que « les médias ne sont plus seulement des spectateurs mais des acteurs des crises et des conflits, qui pèsent sur leur conduite et leur issue », ce qu’avait prouvé l’intervention des armées britanniques dans les Malouines, en 1982.

Suspension du service national

Enfin, le dernier déclencheur a trait à la suspension du service national, annoncée par M. Jacques Chirac dès 1996. La professionnalisation, en effet, a entraîné de profondes restructurations et rendu nécessaire l’élaboration d’une politique de communication destinée d’une part à développer le potentiel d’attractivité du métier des armes afin de recruter des effectifs ; d’autre part à augmenter la visibilité des armées et à renforcer le lien nation-défense, jadis assuré par la conscription, et dont on peut craindre qu’il sera altéré, à plus ou moins long terme.

Engageant près de 30 000 jeunes par an, la Défense se positionne comme le « 1er recruteur national », selon le mot de M. Jean-François Bureau, porte-parole du ministre et délégué à l’information et à la communication de la Défense (Dicod). Cette nouvelle donne permet de comprendre que l’institution de Défense, après avoir répondu aux attentes de l’opinion publique en faisant de l’information son premier cheval de bataille, ait progressivement donné la priorité à la communication (2), et plus précisément à une communication de séduction.

 

L’ORGANISATION DE LA COMMUNICATION DE DÉFENSE

La création de la Dicod, en 1998, a opéré une rupture radicale dans la communication de Défense. La dissolution du Sirpa central (Service d’information et de relation publique des Armées), en effet, marquait une volonté d’émancipation de l’organe militaire vis-à-vis du cabinet du ministre, dont il n’était jadis que le bras séculier, ce qui donnait fréquemment lieu à des conflits (3).

Chargée de définir les grandes orientations stratégiques et de délivrer les discours officiels du ministre auprès du public, mais également auprès des Sirpa des quatre forces armées et autres services, la Dicod conserve un lien étroit avec le ministère de la Défense, puisqu’elle élabore notamment ses campagnes de communication. Le rôle d’intermédiaire qu’elle occupe entre le ministère et les armées atténue cependant les ingérences directes des figures politiques et des hauts fonctionnaires civils dans la sphère militaire. Cette entité interarmées est donc tout à la fois centralisatrice et coordinatrice. Elle impose aux différentes armées un fil directeur qui assure une harmonisation du discours et garantit simultanément une autonomie relative de ces dernières vis-à-vis du politique.

La communication institutionnelle de la Défense s’exprime, grâce à la Dicod et aux Sirpa, à travers l’édition de nombreuses revues, la diffusion d’éléments de langage, la préparation d’argumentaires relatifs à des dossiers sensibles, la simulation de crises, la mise à jour d’un site Internet, l’organisation d’événements médiatiques divers, d’expositions et de manifestations militaires en tous genres, destinés à promouvoir l’image de la Défense, enfin l’élaboration de campagnes institutionnelles et de recrutement.

Paradoxe pour le moins surprenant, la Défense, d’abord réticente à communiquer, possède à ce jour le dispositif de communication le plus important de l’État, d’un point de vue quantitatif. Qualitativement, en revanche, il n’en va guère de même : en dépit de moyens financiers non négligeables, la communication peine à se hisser au rang de spécialité reconnue. Majoritairement militaire, le personnel qui y œuvre exerce ses fonctions sans avoir été formé (à 61,79 %) et le déplore fortement, comme il ressort d’une récente étude (4).

L’ADIEU AUX ARMES : STRATÉGIE MARKETING
ET COMMUNICATION DÉCALÉE

Le système de communication de la Défense est donc ainsi fait qu’il permet, théoriquement, la construction d’une image fédératrice de l’institution, via la Dicod, et la sauvegarde des particularismes de chaque armée, grâce aux Sirpa. Néanmoins, le traitement des différentes cibles de communication ne semble pas articulé de manière aussi harmonieuse.

Depuis la mise en place de la professionnalisation, en effet, la communication institutionnelle de la Défense repose sur deux axes assez hétérogènes. Le premier, dirigé vers les leaders d’opinion et les cadres supérieurs civils et militaires, demeure globalement fidèle à la réalité de l’institution (les recherches de l’IHEDN relèvent d’une telle politique de communication). En revanche, la seconde orientation, visant le grand public, paraît davantage biaisée. Cette scission crée donc une image institutionnelle duelle.

Campagnes de recrutement, événements médiatiques, éléments de langage, concourent à donner des armées d’aujourd’hui, en effet, une image assouplie. Dans une logique de séduction, l’ethos du combattant et les effets parfois destructeurs de la force armée, susceptibles de rebuter le grand public, sont volontiers omis dans les discours officiels de la Dicod. Ainsi les vocables guerriers sont-ils bannis au profit d’une approche humanitaire qui s’assortit d’expressions telles que « soldat de la paix », « frappes chirurgicales », « zéro mort » ou « guerre propre ».

Dérapage ?

Exploitant cette veine pacifiste et démilitarisée, les différents Sirpa et Directions du recrutement jouent également la carte de l’humour et de la décontraction. Le principe de réalité est alors occulté et drapé du principe de plaisir, aux contours plus resplendissants. Durant les étés 2003 et 2004, par exemple, l’Armée de terre a organisé une tournée des plages durant laquelle des militaires se sont donnés en spectacle, dansant en treillis sur le sable et livrant une vision faussement détendue du métier des armes, qui fit d’ailleurs l’objet d’une critique virulente du Canard Enchaîné (4 août 2004). La Marine nationale, quant à elle, promet une vie ludique et aventureuse à ses recrues potentielles, au travers d’affiches qui exhortent : « Vivez intense », « oubliez votre scooter » ou encore « changez d’adrénaline » (5).

L’Armée de l’air, enfin, pratique une inquiétante confusion des genres et cède au jeunisme lorsqu’elle ridiculise ses pilotes dans des jingles radiophoniques (6) ou promeut la provocante Ophélie Winter marraine du 50e anniversaire de la Patrouille de France. Durant cet événement médiatique, présentée par Michel Drucker, le 17 mai 2003 sur France 2 à 20 h 50, on a pu entendre la chanteuse, vêtue de la symbolique combinaison de vol bleu ciel des pilotes de la PAF, vanter les voluptés de l’onanisme après une allocution de Mme Michèle Alliot-Marie… Et comme la jeune femme avait participé à l’émission « Nice people » quelques jours auparavant, le magazine Télé 7 jours associa les deux événements.

Image ou image de marque ?

Autant de présentations mensongères, puisqu’au sein de l’institution demeurent les traditionnelles exigences : discipline, disponibilité, sacrifice de soi (7)… En outre, de telles opérations ressemblent davantage à des campagnes marketing qu’à des actions de communication institutionnelle. La Défense vend aujourd’hui son image de la même façon qu’une entreprise privée vend un produit commercial. Pour reprendre la terminologie de l’analyste américain Porter, au lieu de se positionner sur un segment qualitatif reposant sur une stratégie différenciée, parfaitement adaptée à leur dimension institutionnelle, les armées pratiquent une approche quantitative, dite stratégie de volume. Celle-ci se révèle pourtant incompatible avec leur culture. Quelle entreprise du secteur civil, en effet, exige de ses employés qu’ils défendent un idéal au péril de leur vie ? Ayons l’honnêteté de le dire : le métier des armes n’est pas et ne sera jamais un métier comme les autres.

 

CONSÉQUENCES EXTERNES
ET RÉPERCUSSIONS INTERNES

En diffusant des messages inadéquats, les armées voient leurs fondements identitaires menacés, tant vis-à-vis du grand public que du personnel militaire.

Banalisation

En externe, cette diffusion crée une image attractive mais fallacieuse. La spécificité du métier des armes ainsi gommée, se trouve fragilisé le principe de différenciation de l’institution militaire, principe grâce auquel une entité, ou une marque, peut se distinguer des autres. En matière de ciblage du recrutement, ce phénomène de banalisation favorise l’engagement d’une population globalement inconsciente des contraintes inhérentes au statut militaire et inadaptée au mode de vie qu’il requiert, ce qui entraîne des dysfonctionnements au sein de l’institution.

À long terme, les armées pourraient rencontrer des difficultés dans leur tentative de fidélisation du personnel, le décalage entre la vision édulcorée des campagnes d’attraction et les astreintes effectives du quotidien étant souvent trop important, et propre à décevoir les jeunes recrues qui signent un contrat sur la promesse d’un rêve ou d’une aventure. Cet aspect n’a d’ailleurs pas échappé à la critique de certains journalistes. Dans un article des Échos, paru le 3 février 2004, Sophie Reiffers notait que « la Marine nationale ose recruter décalé » et soulignait les dangers d’une telle « idéalisation publicitaire », qui masque « l’éventualité d’un combat ou les contraintes » de la vie militaire et favorise donc « le désistement de candidats déçus ».

Plus généralement, enfin, cet effacement de la « militarité » des armées pourrait affecter leur crédibilité même, et, partant, la confiance que leur témoigne la population. En outre, on peut se demander si de telles constructions symboliques, propres à s’enraciner durablement dans l’inconscient collectif, ne participent pas à créer un climat social hostile à l’utilisation de toute force, y compris coercitive, ce qui se révèlerait préjudiciable en cas de conflit.

 

Intégrité menacée

Si ces messages sont principalement adressés au public, ils pénètrent également, par un phénomène de porosité, le personnel militaire. En interne, ceux-ci ne favorisent donc guère la préparation psychologique des défenseurs de la nation, lesquels devront peut-être donner la mort ou sacrifier leur vie. Enfin, cette communication décalée entre en contradiction avec l’idée que les militaires se forgent de leur engagement. Brouillant les marques traditionnelles, indispensables à tout principe d’identification et d’appropriation, elle entame la cohésion de la communauté. Le récent échec qu’a connu la campagne radiophonique de l’Armée de l’air prouve qu’un tel décalage est inopportun, et souligne le danger qu’il y a à dévaloriser le personnel et à ignorer ses attentes sous le prétexte qu’on souhaite s’attirer les faveurs de l’opinion publique...

L’intégrité de l’institution, de ses valeurs et de ses individus, s’en trouve donc affectée. Nombre de militaires paraissent oublier leur vocation première. Subissant une déconcertante perte d’identité, ils adoptent progressivement un comportement de « fonctionnaire » et se considèrent comme de simples salariés, comptables de leur temps et de leurs efforts, si l’on en croit de récents rapports : on bondit de son siège dès l7 h 00, on néglige le salut réglementaire, on soupire lorsqu’on doit assister à une cérémonie, on refuse même, parfois, de participer à un conflit ! D’aucuns invoqueront l’évolution des mentalités sociales ; mais ce phénomène n’est-il pas également imputable à l’image que les armées cultivent et donnent d’elles-mêmes ?

VERS UNE VISION SYSTÉMIQUE

Interdisciplinaire, la communication est, par essence, fondée sur un jeu de relations et d’échanges, comme le rappelle le dieu Hermès qui en est la figure tutélaire, mais aussi son étymologie latine. Elle se définit comme un système ; or, dans tout système, la modification d’une partie du corps entraîne celle de tout l’organisme. Qu’est-ce à dire ? La dénaturation de l’image externe engendre nécessairement une altération plus intime. Nulle étanchéité possible : le battement d’ailes d’un papillon en mer de Chine peut déclencher un ouragan à l’autre bout de la planète, et un jingle radio trop ironique est susceptible de provoquer un scandale au sein de toutes les unités aéronautiques françaises. Nombreux sont les dommages « collatéraux » que créent des actions de communication non réfléchies ou maîtrisées.

Anticipation

À partir de ce constat, force est de reconnaître que l’on doit s’efforcer d’anticiper, en premier lieu, les conséquences de toute action de communication. Mieux vaut donc renoncer à l’élaboration de campagnes de séduction dont on peut supposer qu’elles apporteront à l’entité organisatrice moins d’avantages que d’inconvénients. Dans cette perspective, il paraît aussi indispensable de privilégier une stratégie sur le long terme plutôt que des entreprises aux effets éphémères, orientées vers la seule satisfaction des besoins immédiats.

Une approche systémique implique, enfin, une vision globale de la communication, ce qui interdit une scission entre les sphères interne et externe, mais surtout l’émission de messages contradictoires. Continuité et cohérence devraient être les maîtres mots. On peut en conclure que les armées gagneraient à réduire le décalage qui existe à ce jour entre la réalité du statut militaire et la représentation qu’elles en donnent. Une inversion de la chaîne des priorités, prenant la gestion interne de la spécificité du métier des armes comme pierre de touche et amorce des stratégies de communication offertes au monde civil, s’avèrerait probablement bénéfique, toute cohésion habilement renforcée rayonnant naturellement vers l’extérieur. Comme les autorités se plaisent à le répéter, le militaire constitue un relais essentiel, propre à consolider le lien nation-défense. Qui peut témoigner mieux que lui, en effet, de son expérience, et valoriser l’institution qu’il sert ?

Cohérence

Concrètement, le respect d’une approche systémique s’exprimerait par un refus de séparer les différents services qui pratiquent la communication au sein d’une même institution. La tendance des armées, depuis quelques années, semble pourtant être inverse. Ainsi la sous-direction du recrutement (SDR) de l’Armée de l’air, notamment chargée d’élaborer les campagnes de recrutement, est-elle devenue autonome du Sirpa Air, qui œuvre sur la communication interne et externe. On conçoit aisément que ces services distincts, respectivement basés à Tours et à Paris, parviennent difficilement à définir des messages cohérents, à respecter des objectifs communs et à travailler à la construction d’une image institutionnelle globale.

Cette scission ne fut d’ailleurs pas étrangère au scandale que provoqua la dernière campagne radio de l’Armée de l’air. Responsable de l’opération, la SDR, en effet, ne considéra que l’objectif qui était le sien, à savoir le recrutement de nouveaux effectifs. Le Sirpa Air, quant à lui, émit des doutes sur la pertinence des jingles proposés par BDDP & Fils, au regard des effets négatifs qu’ils auraient sur l’image de l’institution et le moral d’une catégorie de son personnel. S’il fut consulté, cet organe n’était guère leader et la décision finale appartînt à la SDR… Leurs actions sont pourtant interdépendantes, si l’on considère que les messages institutionnels en direction du public ont une répercussion évidente sur le recrutement, tandis que réciproquement, les dites campagnes participent à construire l’image interne et externe de l’Armée de l’air.

La Marine nationale est dotée d’une organisation relativement similaire à sa consœur, puisqu’elle dissocie : le Service d’information sur les carrières de la Marine (SICM) auquel incombent les missions de recrutement ; la Cellule conditions de vie (Covie) chargée de la communication interne ; le Sirpa, qui œuvre sur la communication institutionnelle, principalement externe ; et le Centre d’enseignement supérieur de la Marine (CESM) qui s’évertue à faire rayonner l’image de l’institution par une action d’information auprès d’un cercle de décideurs, de chercheurs et de groupes d’influence.

RÉAFFIRMER LA SPÉCIFICITÉ MILITAIRE

Être ou paraître ?

À l’instar de Faust, les armées perdent leur âme pour avoir voulu rajeunir leur image et pactisé, pour ce faire, avec des représentations mensongères… Désireuses d’effacer des mémoires le cliché du militaire borné et d’une institution dont la rigidité des règles confinait parfois à l’absurde, elles ont purement et simplement occulté leur essence, pêchant ainsi par excès inverse… L’on a probablement craint que nombre de concepts militaires paraissent obsolètes, que des notions telles que l’ordre et la discipline répugnent à des adolescents hostiles à toute forme d’autorité. Fallait-il pour autant faire accroire que l’on avait renié cet utile patrimoine et travestir la réalité, au risque d’entamer la motivation des troupes ?

En termes platoniciens, les armées ont suivi la voie de la «doxa » plutôt que celle de la vérité. Au lieu d’effectuer ce choix sophistique, fondé sur le règne de l’apparence, les armées auraient pu se lancer pour défi de cultiver leur différence. Dans une époque désenchantée où l’homme, déplorant la faillite des repères moraux, religieux et politiques déjà dénoncée par Nietzsche à la fin du XIXe siècle, part en quête de sens, les armées, dépositaires de valeurs humaines et de jalons directifs (rigueur, solidarité…), ont sans nul doute un rôle crucial et salvateur à jouer (8).

S’adapter

La gageure consisterait alors à réactualiser les « anciennes valeurs », c’est-à-dire à modifier leur forme tout en promouvant leur esprit, de manière à leur insuffler une légitimité perdue. Eadem sed aliter, préconisait Schopenhauer (9). Continuer d’être militaire, mais autrement, en utilisant des mots différents et en expliquant l’utilité des normes mises à l’honneur, tel est le véritable challenge. Loin d’atténuer les convictions qui sont celles de tout militaire et de faire table rase d’une tradition qui puise souvent sa raison d’être dans les impératifs du combat et des missions de défense, il s’agirait de conserver les principes d’identification et de différenciation propres à l’institution en les adaptant aux exigences de sens qu’exprime la société moderne. Et de nous rappeler, avec Lyautey, qu’« il faut faire de l’avenir une floraison du passé »…

 

(1) Sun Tzu : L’Art de la guerre ; Economica, 1988.

(2) Sur cette distinction entre le terme « information », relatif à la diffusion d’une donnée brute, et celui de « communication », impliquant une intentionnalité, on pourra se reporter à l’ouvrage de Dominique Wolton : War Game ; Flammarion, 1991, chapitre 8, « De l’information à la communication », p. 159-163.

(3) Claude Weber : « La filière communication au sein de la Défense », C2SD, n° 47, 2002 (p. 23).

(4) « La filière communication au sein de la Défense », op. cit., p. 64 et p. 109-111.

(5) Campagnes de recrutement 2002, 2003 et 2004. Ci-dessus 2004.

(6) Cette campagne de recrutement fut lancée sur les ondes d’Europe 2, Fun radio, NRJ et Skyrock en mars 2004. Celle-ci provoqua de vifs mécontentements au sein du personnel navigant et fut arrêtée moins d’une semaine après sa mise en place sur ordre du général Wolsztynski, chef d’état-major de l’Armée de l’air.

(7) Seule la Gendarmerie nationale semble ne pas céder à cette tentation et se positionne sur la spécificité des métiers proposés, avec des affiches telles que « osez un métier différent » ou encore « la sécurité comme objectif ». Également consciente de l’écueil, l’Armée de terre, un instant séduite par une communication décalée, repositionna sensiblement ses campagnes de recrutement sur une image plus militaire, comme le confiait le colonel Desgrees du Loû, de la Direction du recrutement (article paru dans Les Échos le 3 février 2004).

(8) Telle est la thèse défendue par Archier et Serieyx (Pilotes du troisième type ; Seuil, 1986), mais aussi par Thomas Peters et Robert Watterman (Le Prix de l’excellence ; Dunod,1999).

(9) NDLR. Les mêmes choses, mais d’une autre manière et qui devrait être la devise de l’histoire selon Arthur Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation ; Puf, collection « Quadrige », 2003.

 

 

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F2 : Drucker et l'armée de terre, le best of
Par la rédaction le 15/07/2009

Michel Drucker présentait, à l'occasion du 14 juillet, une émission spéciale sur France 2 en hommage à l'armée française. Un savant mélange de communication politique officielle, d'émotion voyeuriste et de star system.

 

 


Battlespace: Photographs from Iraq and Afghanistan





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Tarnac, acharnement judiciaire: interpellation + le témoin sous X et sa copie truquée

25/11/2009 à 00h00

Tarnac : le témoin sous X et sa copie truquée

La police aurait fait pression sur Jean-Hugues Bourgeois et antidaté le PV de son audition, afin d’accabler le groupe de Julien Coupat.

Par KARL LASKE

Un témoin sort de l’ombre. Et c’est sûrement le plus important rebondissement de l’enquête sur les sabotages des lignes TGV, début novembre 2008. à lire sur Libé :
http://www.liberation.fr/societe/0101604933-tarnac-le-temoin-sous-x-et-sa-copie-truquee

http://www.premiere.fr/var/premiere/storage/images/cinema/photos/diaporama/images/le-gendarme-de-saint-tropez-1964__2/6039088-1-fre-FR/le_gendarme_de_saint_tropez_1964_reference.jpg


mercredi 25 novembre 2009 - 05:56

Une nouvelle interpellation à Tarnac












Énième rebondissement dans l'affaire de Tarnac avec l'arrestation, dans son appartement de la place de l'Église, du mari de l'une des personnes mises en examen.

L'intégralité de l'interview de Jérémie Assous, avocat de Christophe Becker, à lire ici

Cette fois, les policiers de la Sous-direction antiterroriste (SDAT) sont passés nettement plus inaperçus qu'il y a un an. Hier, point de périmètre autour de la commune. Juste trois voitures et quelques hommes encagoulés, selon les témoins de la scène.

En garde à vue pour 72 heures

Il est 6 h 30 quand les policiers forcent la porte du petit appartement situé au-dessus de la mairie. Un lieu déjà fouillé par leurs soins, le 11 novembre 2008, au moment du coup de filet sur le petit village corrézien.

Ils viennent chercher un jeune homme de 30 ans : Christophe Becker « déjà arrêté le 11 novembre 2008, à partir d'éléments du dossier plus que fantasques », souligne le comité de soutien dans un communiqué. Et d'enfoncer le clou évoquant une « farce » orchestrée par la juge Fragnoli : « Par-delà cette pathétique tentative de diversion, nous voyons une fois de plus ce que l'antiterrorisme permet et se permet ».

Christophe Becker n'est autre que le mari de Manon Glibert, mise en examen dans l'affaire de Tarnac. Ils vivent ensemble avec les deux enfants de Christophe, âgés de 4 et 6 ans. Manon est enceinte.

Selon des sources proches du dossier, ce jeune homme « est susceptible d'être mis en cause dans la mouvance à laquelle Julien Coupat appartient, mais n'est pas soupçonné d'être complice des sabotages ». Il ferait partie du « premier cercle » gravitant autour de Coupat. Soupçonné d'avoir falsifié des cartes d'identité, il a été placé en garde à vue pour une durée de 72 heures au siège de la SDAT, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).

" Comme si braquer un enfant pouvait le calmer "

Jérémie Assous, l'un des avocats des « Neuf de Tarnac », dénonce les méthodes employées lors de la perquisition : « Ils ont tout retourné dans l'appartement. Face à la peur et à l'angoisse des enfants, notamment du petit de 4 ans, ils ont eu comme réaction de le braquer. Comme si braquer un enfant de 4 ans pouvait le calmer » (*).

Un avis que partage Michel Gillabert, président du comité de soutien tarnacois : « Cette façon de faire est tellement inadmissible. Ils pouvaient très bien le convoquer s'ils tenaient à l'interroger. On voit bien que ces gens ne savent pas agir autrement qu'en force ».

Pour lui, comme pour Jérémie Assous, le timing de l'arrestation n'a pas été choisi au hasard. Elle tombe à la veille d'un point sur le dossier avec les parlementaires. « Ce qui est intéressant surtout, c'est qu'elle intervient un mois presque jour pour jour après qu'on a déposé sur le bureau du juge une note qui démontre le fait que Julien Coupat et Yldune Lévy n'étaient pas à Dhuisy, là où l'une des voies du TGV-Est a été sabotée », insiste l'avocat.

« La réaction du juge Fragnoli, plutôt que d'instruire à décharge et d'exploiter les éléments qu'on lui soumet, c'est de procéder à de nouvelles arrestations », glisse-t-il avant d'ajouter : « Si une instruction antiterroriste ne propose rien d'autre, mieux vaut effectivement la suppression du juge d'instruction ».

Michaël NICOLAS

michael.nicolas@centrefrance.com

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07:24 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Tarnac : "Les policiers ont braqué un enfant de quatre ans"

pris chez le JL

Tarnac : "Les policiers ont braqué un enfant de quatre ans"


L'avocat de Christophe B..., interpellé ce matin à Tarnac, dénonce les méthodes de la police antiterroriste.


Jérémie Assous est l'un des avocats qui assure désormais la défense des «Neuf de Tarnac». Manon G..., l'une des mis en examen dans cette affaire, lui a demandé d'assurer la défense de Christophe B..., son mari, interpellé ce matin à Tarnac. Ce dernier ne pourra voir son avocat qu'à l'issue de sa garde à vue dont la durée a été fixée à 72 heures.

Que savez-vous sur l'arrestation de ce matin ?

Ils (les policiers de la sous-direction antiterroriste, NDLR) ont cassé la porte de l'appartement ce matin à 6h30. Ils ont procédé au placement en garde à vue de Christophe B... Ils ont procédé à une perquisition lors de laquelle ils ont tout retourné dans l'appartement. Face à la peur et à l'angoisse des enfants, notamment du petit de 4 ans, ils ont eu comme réaction pour le calmer de le braquer. Comme si braquer un enfant de 4 ans pouvait le calmer. C'est la deuxième fois qu'ils procèdent de la sorte alors que les coordonnées de M. B..., ils les ont dans le dossier depuis de nombreux mois. Une simple convocation aurait permis d'obtenir le même résultat.

Cette interpellation n'est pas un hasard, selon vous ?

Ce qui est intéressant, c'est que ça tombe pile la veille d'une réunion où nous sommes, nous avocats de la défense, invités par certains députés à l'Assemblée nationale [...] Pile la veille d'un article qui devrait être publié demain dans le Canard Enchaîné qui met en cause la version policière. Mais aussi, l'avant-veille d'un article qui doit être publié dans le Nouvel Observateur. Et surtout, un mois presque, jour pour jour, après qu'on ait déposé sur le bureau du juge d'instruction, une note qui démontre le fait que Julien Coupat et Yldune Lévy n'étaient pas présents à Dhuisy là où l'une des voies ferrées du TGV est a été sabotée.

La réaction du juge Fragnoli, plutôt que d'instruire à décharge et d'exploiter les éléments qu'on lui soumet, c'est de procéder à de nouvelles arrestations. C'est strictement similaire à ce qui s'est passé plus tôt cette année à la suite de certaines remises en liberté avec l'arrestation de "proches" de Julien Coupat [Ce fut le cas notamment de Tessa, membre du comité de soutien de Paris, interpellée le 28 avril, puis relâchée sans qu'aucune charge ne soit retenue contre elle].

Le juge Fragnoli n'est pas prêt à procéder à une reconstitution de la nuit des événements, les lieux étant soi-disant trop loin. Mais il est prêt à envoyer des policiers à 430 km de Paris pour placer quelqu'un en garde à vue !

Pour vous, tout cela est ridicule ?

Quand on pense qu'on en est à auditionner, notamment la jeune fille au pair que Julien Coupat a eu, il y a 22 ans [...] Si on en est là. Si une instruction antiterroriste ne propose rien d'autre, mieux vaut effectivement la suppression du juge d'instruction.

Propos recueillis par Mickaël Nicolas
Leur presse (La Montagne), 24 novembre.

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24/11/2009

L'OTAN à la recherche de fournisseurs de drones...dans le cadre de l'initiative du Partenariat pour la paix (PPP) et pour les bons profits des industriels marchands de canons...

Parmi les entreprises travaillant avec l'OTAN, quatre sont alsaciennes. Les marchés proposés par l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord sont nombreux mais peu connus.


...Pourtant l'accès aux informations concernant les marchés de l'OTAN est dévoilé sur un site Internet. C'est l'Agence OTAN d'entretien et d'approvisionnement (NAMSA) qui est chargée de cette tâche en étant est la principale agence de gestion du soutien logistique de l’OTAN.

Sa mission consiste essentiellement à assister les pays de l'OTAN en organisant l'achat et l'approvisionnement communs de rechanges, ainsi que la fourniture des services d'entretien et de réparation nécessaires au soutien de différents systèmes d'arme composant leur parc de matériels.

Pour répondre aux offres il suffit de s'inscrire à partir d'un formulaire également disponible sur le portail.

Dans le contexte actuel cette information se révèle intéressante, peu d'entreprises répondent aux appels d'offres, pourtant l'OTAN n'a pas une réputation de mauvais payeur, au contraire. Aujourd'hui il n'y a que 4 entreprises alsaciennes travaillant avec l'OTAN.

Flying robotsParmi les sociétés s'affichant comme fournisseur de l'OTAN, Flying Robots une société basée à Illkirch qui fabrique des drones, des avions sans pilote qui peuvent être utilisés dans des opérations diverses : militaires, d'observations ou encore sanitaires.

Le portail propose non seulement des appels d'offres dans de nombreux domaines, pas forcément "pointus" ou Hi Tech, mais encore des offres d'emplois dans de nombreux corps de métiers.

Pour information : le prochain sommet de l'OTAN aura lieu à Strasbourg et Baden-Baden en avril prochain et devrait voir la venue de 27 chefs d'Etats parmi lesquels le président Barack Obama.

http://www.e-alsace.net/index.php/smallnews/get?newsId=530

 

Flying Robots racheté par Reims Aviation

Le 30 avril 2008 par Redaction L'Usine Nouvelle

droneDR

Le spécialiste de l'avion de surveillance étend son portefeuille avec le rachat de Flying Robot, un concepteur de drone sans pilote.

Marché de niche s'il en est, l'aviation de surveillance est appelée à s'étendre. Du moins si l'on en croit Châu Hoang-Naudin, la présidente du directoire de Reims Aviation. L'avionneur réalise, avec le rachat de Flying Robot, une opération de croissance externe destinée à muscler son portefeuille. « Flying Robot et Reims Aviation sont positionnés sur une clientèle dont les missions sont similaires, et cette base de clientèle est très complémentaire », explique Châu Hoang-Naudin qui précise, « avec ce rachat, nous pouvons jouer sur un effet de gamme sur le segment de la surveillance et proposer un portefeuille plus étendu à nos clients. »

Outre le fameux F406, un avion bâti sur une base de Cesna, la gamme se voit donc enrichie par le drone à aile souple autopiloté, le FR101. Conçu par Flying Robot, ce modèle à décollage et atterrissage automatique, peut voler jusqu'à 80 km/h sur une distance de 800 kilomètres en emportant 250 kilos de charge utile.

Tout comme le F406, ce drone possède des caractéristiques séduisantes pour assurer les missions de surveillance, scientifiques ou de communications. Il peut aussi assurer des missions de secours avec largage de charges. Dans ce cadre, le FR120 participe au programme  « Aviation sans frontières », avec des missions de largage de médicaments en Afrique. Pour les missions de surveillance, Flying Robot a signé un contrat avec la Chine et gagné un appel d'offres européen avec Dassault pour la surveillance des frontières.

 

Access. Un GIE pour capter les marchés européens de la défense

2 octobre 2009

Créé en septembre, ce Groupement d'intérêt économique permettra d'apporter une réponse complète aux appels d'offres européens.

Les sociétés Euro Ops (Colmar), Flying Robots (Illkirch) et Avancis (Strasbourg) se sont réunies pour créer Access, un GIE destiné à capter les marchés européens de la défense et de la gestion de crise. Évoluant sur des secteurs différents (respectivement logistique, plateformes aériennes avec ou sans pilote et constructions modulaires), leur objectif est d'apporter des réponses globales aux demandes de l'Agence européenne de défense (AED). «Offrir un package complet doit nous donner plus de chances de remporter les marchés», témoigne Michel Lallement, P-dg de Flying Robots. À terme, ce GIE, basé à Meyenheim, devrait compter une centaine de sociétés, pas exclusivement alsaciennes. Cette annonce intervient alors que l'Agence européenne de défense (dépendant de l'UE) présentait à Colmar les opportunités de marchés offertes aux PME alsaciennes, répondant à l'invitation d'Alsace International. «Nous devons démythifier l'Union européenne et l'AED», explique Gérard Heckel, chef de projet externalisation à l'AED. Un chantier essentiel dans la mesure où les États membres ont de plus en plus tendance à externaliser, lors de leurs opérations, tout ce qui n'est pas leur coeur de métier (logistique camp, nourriture, surveillance aérienne...). Des services qui peuvent représenter jusqu'à 50% du coût des opérations. «Nous avons des besoins importants dans des secteurs comme la gestion de plateformes (aéroports...), le transport routier ou aérien, la surveillance aérienne et maritime...», détaille le responsable. Des appels d'offres sont en cours dans l'informatique, les hélicoptères, le pétrole ou encore la mise à disposition de voitures blindées légères.

http://www.lejournaldesentreprises.com/editions/67/actualite/poles/access-un-gie-pour-capter-les-marches-europeens-de-la-defense-02-10-2009-79032.php

 

Comment vendre « une grosse caisse qui vole »

Patron de Flying Robots, la jeune entreprise d’Illkirch — soutenue par le conseil régional — qui a conçu des drones un peu particuliers, Michel Lallemant a multiplié les contacts à la recherche de clients privés ou publics, à Almaty, puis à Astana où la délégation devait rencontrer le vice-ministre de la Défense. Mercredi, il avait rendez-vous avec le dirigeant de l’Institut d’écologie appliquée, à Almaty, qui s’est révélé être une société privée, spécialisée dans l’évaluation des conséquences pour l’environnement des forages pétroliers de la Mer Caspienne.

Vous avez dit drone ? « C’est un outil aérien, une grosse caisse avec 1 m 2 d’espace et 250 kg de charge utile qu’on peut équiper de radars, de sonars et de capteurs. Au lieu de rouler sur terre, il vole », a-t-il expliqué à ses interlocuteurs, visiblement surpris de découvrir cette drôle de machine avec une aile de parapente. Il précise que les enregistrements vidéo ainsi que les données de vol sont stockés à bord et transmis à la station sol qui les analyse et les interprète.

Dans des zones polluées

Michel Lallemant — qui en a vendu deux exemplaires, un en France via l’Otan et l’autre en Asie — ne se laisse pas démonter. Il montre des images d’un vol de son robot, à 80 km/h, insistant sur la possibilité de l’utiliser dans des zones polluées, et surtout sur son faible coût, à l’achat et horaire. Néanmoins, le prix annoncé, maintenance comprise, a semblé surprendre ses interlocuteurs. L’entrepreneur alsacien a rétorqué en citant les prix exorbitants pour une PME des « vrais » drones, allant jusqu’à proposer un test. Mais le Kazakhstanais n’a pas saisi la balle au bond, évoquant la crise…

Il en faudrait davantage pour décourager Michel Lallemant. Celui-ci doit placer quelques-unes de ses machines pour donner une bouffée d’oxygène à sa société qui emploie 15 collaborateurs, dont une dizaine d’ingénieurs.

À moyen terme, il compte développer un autre projet qui lui tient à cœur : celui d’un téléporteur qui pourrait emporter une tonne de produits dans des régions difficiles d’accès, dépendantes de l’aide humanitaire. « Plusieurs entreprises alsaciennes seraient prêtes à participer à une cellule de crise de premiers secours ou de première reconstruction, un domaine dans lequel la France est absente », assure-t-il, en évoquant la possibilité de localiser cette société sur la base de Meyenheim.

http://www.lalsace.fr/fr/region/alsace/article/2146887,208/Comment-vendre-une-grosse-caisse-qui-vole.html


La police nationale, plus précisément le Ministère de l’Intérieur, a fait une nouvelle acquisition pour lutter contre la délinquance, être témoin de certains délits et identifier éventuellement des criminels ou des émeutiers le Ce drone du nom de Elsa, qui va intégrer les rangs des forces de l’ordre en décembre prochain. Michèle Alliot-Marie a pu découvrir ce drone, à Milipol, le salon de la sécurité intérieure, qui a eu lieu a Paris du 9 au 12 octobre 2008.
L’état major de la direction centrale de la sécurité publique française (DCSP) a présenté à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or, le drone « avions sans pilote », de la police nationale qui a été baptisé Elsa (Engin Léger pour la Surveillance Aérienne). Il s’agit bien entendu d’un avion miniature d’un peu plus de 1kilo qui a une envergure d’1,5 mètre et qui possède une autonomie de vol de 40 minutes. Il peut atteindre la vitesse de 70 km/heure et voler jusqu'à 500 mètres d'altitude, mais la réglementation le limite à 150 mètres maximum.
Son coût est d’environ 10000 euros par unité. Le drone est déjà largement utilisé en ville en Grande Bretagne, aux Etats-Unis, en Belgique.
Patrick Guyonneau du Cabinet du ministre de l’intérieur explique, je le cite : « Les drones vont servir dans plusieurs types de missions : d’une part, ils pourront nous aider à préparer et sécuriser les interventions. Par exemple, dans le cas d’une prise d’otages, les drones permettront de savoir où se trouvent précisément les otages ou, si des forcenés sont retranchés, de les localiser avec exactitude. L’autre utilisation résidera, lors d’une manifestation par exemple, à en suivre le déroulement, à localiser des casseurs à garder une trace des délits ». Encore en phase expérimentale, ce drone policier n’a été officiellement utilisé jusqu’à présent, qu’à deux reprises, à Villiers-le-Bel et Strasbourg. A savoir que plus de 250 entreprises fabriquent des drones dans une cinquantaine de pays à travers le monde.

http://www.web-libre.org/breves/lutter-contre-la-delinquance,3242.html

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Drones: révélations sur les projets de la police

http://www.mediapart.fr/journal/france/150408/drones-revelations-sur-les-projets-de-la-police

Thierry Delville, 43 ans, est un peu le monsieur drones de la police nationale. Ancien policier de Seine-Saint Denis, il est aujourd’hui le patron du Service des technologies de la sécurité intérieure. Le genre à avoir le vent en poupe, depuis que Michèle Alliot-Marie a avancé dans un document interne qu’elle voulait « une police technique et scientifique de masse, au service des victimes de la délinquance quotidienne».

 

Le travail de Delville, c’est justement ça : expérimenter toutes les technologies possibles. Faire de la police ce que TF1 voudrait en montrer, des experts. Injecter du numérique, du digital, de l’informatique, entre le sang et les menottes. Changer de culture, carrément : passer du culte de l’aveu à celui de la preuve. Avec lui, on va causer enquête assistée par ordinateur, fichiers, ADN, traçabilité, bornes, lecture automatisée de plaques d’immatriculation, reporting, main courante informatisée.

 

 

Thierry Delville est accueillant. Il fait faire le tour de son bureau, pas mécontent, et on le comprend, de sa vue imprenable. Son bureau est rue Nélaton, l’ancienne place forte de la DST. Tout en haut, face à la tour Eiffel. Alors, bien sûr, on parle de ça, d’abord. Des airs. Et des drones, la grande affaire depuis deux ans, dans le sillage des émeutes en banlieue de 2005.

 

Oui ou non, la police française a-t-elle expérimenté ces avions sans pilote dans le ciel de la Seine-Saint-Denis, certains soirs chauds (14 juillet, 31 décembre), comme on le dit, comme on le répète, comme on l’assure ? Et si oui, dans quel but ? Avec quels résultats ?

 

La réponse, il ne la livre pas tout de suite, Thierry Delville. Il faut aller la chercher – un peu. Mais quand elle arrive, elle est franche, nette et sans appel : c’est non. Ce n’est pas tant que l’envie ne soit pas là, mais il y a trop de problèmes techniques, trop de risques, d’incertitudes, selon lui. Et quelques interdits réglementaires, aussi. Pour l’instant.

 

Résumé des propos de Thierry Delville : La police a besoin d’une troisième dimension. Les drones, silencieux, légers, type Elsa (Engin léger de surveillance aérienne), sont destinés à des opérations type GIGN/RAID, pour sécuriser des zones ou surveiller des foules. Refuse de parler de logique de guerre. Craint la chute accidentelle des drones sur les foules. S’interroge sur l’apport d’un parachute. Assure que les photos, prises par les appareils fixés sous les drones, sont exploitables. Reconnaît que deux avions avec pilote, et munis de boules optroniques, ont survolé la Seine-St Denis à plusieurs occasions et aussi le ciel de Strasbourg. Affirme qu’aucun drone n’a survolé la Seine-St-Denis. Déclare que les expérimentations actuelles se font dans des zones très peu habitées. «Tout simplement parce qu’on a pas le droit d’utiliser des drones au-dessus d’une zone urbanisée. »

suite sur médiapart

 

 

 

 

Fondée en 1958, l'Agence OTAN d'entretien et d'approvisionnement (NAMSA) est la principale agence de gestion du soutien logistique de l’OTAN.

 

Sa mission consiste essentiellement à assister les pays de l'OTAN en organisant l'achat et l'approvisionnement communs de rechanges, ainsi que la fourniture des services d'entretien et de réparation nécessaires au soutien de différents systèmes d'arme composant leur parc de matériels. Cette assistance peut être fournie chaque fois que deux ou plusieurs pays exploitant le même système ont pris la décision délibérée de recourir aux moyens de soutien de la NAMSA.

 

Les activités de la NAMSA sont menées sous le contrôle de l'Organisation OTAN d'entretien et d'approvisionnement (NAMSO), composée de 27 pays de l'OTAN et formée dans le but d'assurer à ces pays, individuellement et collectivement, un soutien logistique d'une efficacité maximale au moindre coût. Par l'intermédiaire d'un Comité de direction, le NAMSO définit, pour la NAMSA, des orientations en matière de politique générale et contrôle la mise en oeuvre de cette politique.

 

L'Agence travaille dans les principaux domaines suivants :

 

* Approvisionnement

* Maintenance

* Achats

* Gestion des contrats

* Soutien technique et en ingénierie

 

La plupart de ces services logistiques sont sous-traités à l'industrie et l'Agence a pour rôle principal de regrouper les besoins des pays, de centraliser les activités de gestion logistique, de faire jouer la concurrence internationale, et de contrôler le coût et la qualité des services fournis aux clients.

 

De nombreux pays de l'OTAN voient des avantages dans une collaboration avec d'autres membres de l'Alliance, surtout lorsque cette démarche s'avère plus rentable qu'un soutien de leurs matériels assuré à titre individuel. L'objectif de la NAMSA est de veiller à ce que les clients bénéficient du meilleur soutien logistique possible afin de garantir la disponibilité opérationnelle de leurs divers systèmes d'arme et de matériel.

 

La NAMSA assure également un soutien au titre du Système OTAN de codification (SOC), ainsi que dans un domaine en expansion : celui de la coopération logistique en ligne via Internet (gestion, cession, mise en commun et achats de matériels). Ces dernières années ont vu s'accroître la participation de l'Agence au soutien logistique en appui d'opérations de l'OTAN et de forces armées d'États membres du NAMSO projetées sur le terrain. La NAMSA a également joué un rôle pilote dans plusieurs projets de démilitarisation visant à détruire des mines terrestres anti-personnel, des munitions conventionnelles et des armes légères. Plusieurs accords ont été passés pour que la NAMSA assure le soutien de pays non membres de l'OTAN dans le cadre de l'initiative du Partenariat pour la paix (PPP).

 

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(drone à Falluja photo Ashley Gilbertson-Dexter Filkins)

 

 

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Interpellation à Tarnac...Nous sommes touTEs dans la mouvance de Tarnac !!!

La chasse aux sorcierEs continue !!!

  • Un homme suspecté d'être "proche" du "groupe de Tarnac" interpellé mardi

    24/11/2009-[09:12] - AFP/ France info

    PARIS, 24 nov 2009 (AFP) - Un jeune homme, suspecté d’être un "proche du groupe de Tarnac" (Corrèze), auquel appartenait Julien Coupat arrêté, lui, dans le cadre de l’enquête sur des sabotages au préjudice de la SNCF, a été interpellé mardi matin à Tarnac, a-t-on appris de sources proches du dossier.

    Le jeune homme, dont ni l’âge ni l’identité n’ont été précisés, a été interpellé "à 06H30 mardi, en son domicile", Place de l’Eglise à Tarnac, a-t-on indiqué de mêmes sources.

 

 

Groupe de Tarnac: un suspect interpellé

AFP/Figaro

24/11/2009 | Mise à jour : 09:19

Un jeune homme, suspecté d'être un "proche du groupe de Tarnac" (Corrèze), auquel appartenait Julien Coupat arrêté, lui, dans le cadre de l'enquête sur des sabotages au préjudice de la SNCF, a été interpellé ce matin à Tarnac, a-t-on appris de sources proches du dossier.

 

Le jeune homme, dont ni l'âge ni l'identité n'ont été précisés, a été interpellé "à 06H30 mardi, en son domicile", Place de l'Eglise à Tarnac. Il a été interpellé par la Sous direction antiterroriste (Sdat) de la direction centrale de la police judiciaire et placé en garde à vue, tandis qu'une perquisition de son domicile a été aussitôt entamée.

 

Selon les mêmes sources, le jeune homme "est susceptible d'être mis en cause dans la mouvance à laquelle Julien Coupat appartient, mais n'est pas soupçonné d'être complice des sabotages", a-t-on souligné.

 

La justice enquête depuis le 15 novembre 2008 sur des sabotages de lignes TGV attribués à un groupe de jeunes basés à Tarnac (Corrèze) et réunis autour de la figure charismatique de Julien Coupat, brillant étudiant mis en examen pour des actes présumés de terrorisme.

 

 

 

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Préface à la quatrième édition italienne de "La Société du spectacle"

 

"Dans un tel climat, on constate inévitablement l’élargissement d’une couche périphérique de petit terrorisme sincère, plus ou moins surveillé, et toléré momentanément, comme un vivier dans lequel on peut toujours pêcher à la commande quelques coupables à montrer sur un plateau.."

http://juralibertaire.over-blog.com/article-19895385.html

 

 

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Question rêve, on part de loin...pour se faire refouler...

vidéo vue chez

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Otan-Alliance Atlantique-Traité de l'Atlantique nord-Nucléaire-Réarmement de l'Allemagne-Communauté européenne de défense-PESD-Europe de la défense

1966

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1966

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En juin 1966, au plus fort de la crise franco-américaine et du relatif désengagement de la France de l'OTAN, le général de Gaulle est reçu en grande pompe à Moscou par L. Brejnev et N. Podgorny : accueil à l'aéroport, revue de troupe, cortège officiel. Le Général de Gaulle en compagnie de sa femme descend de l'avion à l'aérodrome de Vnoukovo où il est accueilli par une parade militaire et de nombreux juornalistes. A sa descente d'avion De GAULLE serre la main de M. PODGORNY, puis il va à la recontre de M. GROMYKO ( entre eux : M. KOSSYGUINE). Puis de Gaulle s'offre un bain de foule. Le cortège officiel se dirige en voiture, dans les rues de Moscou, De GAULLE en compagnie de Mrs KOSSYGUINE et PODGORNY, salut la foule en liesse, jusqu'à une porte fortifiée du Kremlin. De GAULLE et plusieurs personnalités françaises entrent dans une salle du Praesidium du Soviet où vont avoir lieux des discussions. De GAULLE et BREJNEV se dirige l'un vers l'autre, accompagnés de leur délégation, dans une salle de séance, ils échangent quelques paroles. De GAULLE, COUVE DE MURVILLE , deux autres personnalités françaises, et leurs homologues soviétiques,BREJNEV, KOSSYGUINE et PODGORNY, s'assoient autour d'une immense table.

1969

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article publié le 19/05/2005

auteur-e(s) : Le Monde

 

Arraché de sa chambre de grand malade, Edouard Herriot, le vieux leader radical, incarnation s’il en fût de la IIIe République, est assis sur son fauteuil roulant. D’une voix caverneuse, il s’adresse aux députés : "Pour nous, laissez-moi le dire comme je le pense, la Communauté européenne, c’est la fin de la France." Ce 30 août 1954, l’Assemblée nationale se prononce sur la "question préalable", déposée par le général et député d’Alger Aumeran, pour empêcher l’ouverture du débat de ratification du traité instituant la Communauté européenne de défense (CED).

 

Un demi-siècle avant la division fratricide du PS à propos du référendum sur la Constitution européenne, les socialistes connaissent un déchirement autrement dramatique. Cinquante-trois d’entre eux votent la question préalable, mêlant leurs voix à celle à celles des communistes, des gaullistes, de la droite classique et de la moitié des radicaux. Les cinquante autres se retrouvent du côté des députés favorables à la CED, avec essentiellement les démocrates-chrétiens du MRP et l’autre moitié des radicaux. Guy Mollet et André Philip sont "cédistes", Daniel Mayer, Jules Moch et Alain Savary "anticédistes". Ministre de l’intérieur de Mendès France, qui a refusé d’engager la responsabilité de son gouvernement, François Mitterrand, qui n’est pas encore socialiste, n’a pas pris part au vote, comme ses collègues de diverses obédiences. Par 319 voix contre 264, l’Assemblée nationale donne le coup de grâce à la CED. Les vainqueurs entonnent La Marseillaise, les autres quittent l’Hémicycle.

 

En vérité, c’est toute la France qui est coupée en deux, chaque camp voyant dans l’autre un ramassis de traîtres vendus, les uns à la CIA, les autres au Kremlin. Le maréchal Juin et le comte de Paris ont fait connaître leur opposition. Dans le camp d’en face, Pierre Brisson écrit en toute simplicité dans Le Figaro : "Moscou jusqu’à présent a eu gain de cause. Le drapeau rouge s’implante en Indochine (allusion aux accords conclus le mois précédent à Genève), les débris de la CED jonchent le sol, L’Humanité pavoise."

 

Quant à de Gaulle, le 21 janvier 1954, il n’avait pas hésité à déclarer à "Cye" Sulzberger, du New York Times : "Je garantis que l’armée européenne ne se fera pas. Je ferai tout ce qui sera en mon pouvoir d’entreprendre contre elle. Je travaillerai avec les communistes pour lui barrer la route. Je déclencherai une révolution contre elle. Je préférerais encore m’associer aux Russes pour la stopper. Elle ne passera pas. Je le répète : je ferai une révolution pour l’empêcher."

 

Comment en est-on venu à parler de mobiliser à nouveau des soldats allemands, alors que neuf ans plus tôt, à Potsdam, Staline, Truman et le premier ministre britannique Attlee s’étaient entendus pour démilitariser à jamais la patrie de Beethoven et de Goethe ? Un autre grand journaliste américain, Walter Lippmann, l’avait prédit dès 1944 : "Que les vainqueurs ne renouvellent pas leur alliance : l’alliance des vaincus et de tel vainqueur suivra. Cette histoire n’aurait rien d’inédit."

 

Hubert Beuve-Méry, le fondateur du Monde, était tout aussi clairvoyant en écrivant le 6 avril 1949, au lendemain de la conclusion de l’Alliance atlantique : "le réarmement de l’Allemagne est contenu dans le pacte comme le germe dans l’œuf" , ce qui lui vaut de vertueux démentis du ministre des affaires étrangères, Robert Schuman. Ce dernier n’avait pas hésité à déclarer au Palais-Bourbon : "L’Allemagne n’a pas d’armée et ne peut en avoir ; elle n’a pas d’armements et elle n’en aura pas." Jamais en retard d’un superlatif, son collègue de l’information, Pierre-Henri Teitgen lui avait fait écho en novembre : "Le monde doit savoir que la France ne pourrait rester membre d’un système de sécurité autorisant l’Allemagne à réarmer."

 

Mais pourquoi s’inquiéter ? Le secrétaire américain à la défense, Louis Johnson, n’avait-il pas assuré quelques jours plus tard que, "quelles qu’aient pu être les déclarations d’autres, il n’y aura pas d’armée allemande" ? En réalité, un premier projet d’appel à des soldats allemands avait été élaboré, au moment de la capitulation du Reich, par les experts du cabinet de guerre britannique, affolés à l’idée que l’Armée rouge, dont la supériorité numérique sur les forces occidentales était écrasante, pourrait faire déferler son "rouleau compresseur" au-delà de ce "rideau de fer" dont Churchill venait de parler pour la première fois dans un télégramme à Truman du 12 mai 1945. Le plan d’attaque de l’URSS qu’ils avaient mis au point et dont l’existence n’a été révélée qu’en 1998 par le quotidien conservateur Daily Telegraph, impliquait un appel, aux côtés de quarante-sept divisions anglo-saxonnes, à dix allemandes. Aucune suite n’avait été donnée à ce projet.

 

Très vite d’ailleurs, l’accession des Etats-Unis au monopole des armes nucléaires allait suffire à dissuader Staline de se lancer dans une guerre d’agression. Y avait-il jamais songé ? "Je ne suis pas comme Hitler, je saurai toujours m’arrêter à temps" , avait-il dit dès 1941 à Anthony Eden, alors ministre britannique des affaires étrangères. En tout cas, il battra à chaque fois en retraite lorsque, dans les premières années de la guerre froide, il essaiera de s’assurer, de l’Iran et des détroits turcs à Berlin, un avantage stratégique.

 

La situation avait cependant changé avec l’explosion, le 14 juillet 1949, de la première bombe atomique soviétique. Washington avait beau avoir réagi en mettant en route la bombe à hydrogène, infiniment plus puissante que celle d’Hiroshima, dont le premier essai aura lieu en novembre 1952, Moscou ne mettra qu’un an pour en faire autant. Il fallait donc reconstituer de toute urgence un corps de bataille conséquent en Europe, et il était difficile d’y parvenir sans faire appel à des contingents allemands. Le général Clay, ex-commandant suprême américain en Allemagne, n’avait pas hésité à se prononcer publiquement dans ce sens le 7 mai 1950, ce qui lui avait valu une verte réponse du socialiste Vincent Auriol, alors président de la République.

 

L’invasion de la Corée du Sud par les nordistes, six semaines plus tard, allait rendre irrésistible la pression des partisans du réarmement de l’ennemi d’hier. Non seulement les Etats-Unis s’étaient vu contraints, pour venir au secours du régime de Séoul, d’alléger considérablement leur dispositif militaire en Europe, mais Adenauer n’était pas le seul à redouter que Berlin-Est ne suive le mauvais exemple de Pyongyang.

 

De tous les membres de l’OTAN, seule la France tente de s’opposer au réarmement de l’Allemagne. Le 14 septembre, Robert Schuman doit oublier son "jamais" de l’année précédente et contresigner un communiqué selon lequel l’Allemagne "devrait être mise en état de contribuer à la défense de l’Europe occidentale" . Comment ? Churchill avait fait approuver le 11 août par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe le principe d’une armée européenne, à laquelle il n’envisageait évidemment pas que la Grande-Bretagne participât. Et Jean Monnet avait soufflé à René Pleven, alors président du conseil, l’idée d’une Communauté européenne de défense, ou CED, sur le modèle du "plan Schuman" de la Communauté européenne du charbon et de l’acier, la CECA, que la France, la République fédérale, l’Italie et les trois pays du Benelux avaient constituée en juin.

 

Au départ, l’espoir des signataires s’inscrivait dans la perspective d’une "troisième force" destinée à s’interposer entre les "supergrands". Avec la guerre de Corée, il n’en était évidemment plus question. Mais les partisans de la CED comptaient bien que celle-ci permettrait, pour reprendre une formule de l’époque, de "réarmer des Allemands sans réarmer l’Allemagne" . Ils doutaient si peu qu’elle donnerait un formidable coup de fouet à la construction de la fédération européenne de leurs rêves qu’une fois le traité paraphé puis signé, en mai 1952, ils entreprirent d’en appliquer par anticipation l’article 38, qui, à la demande du chef du gouvernement italien, Alcide De Gasperi, prévoyait l’élaboration par l’Assemblée parlementaire de la CED d’un projet de "structure fédérale ou confédérale" . Une assemblée "ad hoc" fut donc constituée, qui allait adopter à la quasi-unanimité ce qui ressemblait fort à une Constitution donnant notamment de larges pouvoirs, y compris celui de voter des lois, à un Parlement bicaméral élu.

 

Ce document fut solennellement remis le 9 mars 1953 par le président de l’Assemblée, le Belge Paul-Henri Spaak, aux ministres des affaires étrangères des Six. Mais Georges Bidault, qui avait succédé au Quai d’Orsay à Robert Schuman, était bien moins fédéraliste que lui, et son collègue belge Paul van Zeeland était lui aussi assez réservé sur ce terrain. Et le projet avait eu un impact négatif sur une partie de l’opinion française, qui aurait été disposée à approuver la CED, mais ne voulait pas cautionner une intégration de la France dans un système fédéral supranational. Tant et si bien que le dossier fut vite enterré.

 

Mais un autre événement s’était produit quatre jours plus tôt qui allait changer du tout au tout le climat des relations internationales : Staline avait rendu son âme au diable. Bientôt ses successeurs allaient multiplier les gestes de détente, permettant notamment la conclusion d’un armistice en Corée. Il en aurait fallu cependant davantage pour convaincre Américains et Britanniques de renoncer à lever des contingents allemands, d’autant plus que tous les signataires de la CED sauf un l’avaient ratifié sans histoire.

 

L’exception c’était la France, qui chercha vainement à faire corriger par des "protocoles additionnels" les articles du traité que l’opinion avait le plus de mal à avaler. Les Américains menaçaient d’opérer une "révision déchirante" de leur stratégie si Paris ne se décidait pas rapidement.

 

Il fallut attendre l’arrivée au pouvoir de Pierre Mendès France, en juin 1954, pour que le gouvernement se décide à tirer le cadavre du placard où ses prédécesseurs l’avaient remisé. Mendès France considérait quant à lui que le réarmement de l’Allemagne était inévitable mais aurait voulu sauvegarder les dispositions essentielles de l’armée européenne. Il fit donc entrer dans son cabinet à la fois des adversaires et des partisans de l’armée européenne, dans l’espoir de parvenir à un compromis. Mais il se heurta à l’extrême méfiance d’interlocuteurs qui le soupçonnaient d’avoir troqué la CED, quelques semaines plus tôt à Genève, contre la paix en Indochine. D’où de véritables réquisitoires publiés contre lui par Robert Schuman et André Philip, l’échec d’une conférence de la dernière chance à Bruxelles, et, enfin, le vote négatif de l’Assemblée nationale du 30 août 1954.

 

"Il a détruit la CED, écrivit le soir même à son amie Simone Dear, Paul-Henri Spaak, qui avait repris la direction de la diplomatie belge, et s’apprête, j’en ai le sentiment, à détruire l’Alliance atlantique... Quand on pense qu’un homme comme cela s’appelle France, on est d’abord surpris puis indigné."

 

On l’aurait bien surpris en lui répondant que c’est cet homme-là qui, quelques semaines plus tard, allait faire approuver par la France l’entrée de l’Allemagne fédérale dans le Pacte atlantique et son réarmement, au terme d’une négociation menée de main de maître qui lui vaudra d’être qualifié par Dulles de "superman" et d’être reçu triomphalement aux Etats-Unis.

 

André Fontaine

 

Extraits des débats à l’Assemblée nationale : août 1954


1ère séance du 28 août 1954

2ème séance du 28 août 1954

1ère séance du 29 août 1954

2ème séance du 29 août 1954

3ème séance du 29 août 1954

1ère séance du 30 août 1954

 

 

En 1950, le développement de la Guerre froide en Europe et le début de la guerre de Corée posent le problème de la défense des pays occidentaux face à la menace jugée croissante du bloc soviétique. Cinq ans après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, apparaissent outre-atlantique des appels visant à permettre à l’Allemagne de se réarmer afin qu’elle puisse prendre part dans le cadre de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) à la défense de l’Europe occidentale.

Les opinions publiques européennes n’étant pas prête à l’idée d’une reconstitution d’une l’armée allemande, Jean Monnet propose alors au Président du Conseil René Pleven de créer une armée européenne, dans laquelle pourront s’intégrer des bataillons allemands, remplaçant les armées nationales sous le commandement unique d’un ministre européen de la Défense. Le « plan Pleven », présenté le 24 octobre 1950, est approuvé le 26 octobre 1951 à l'Assemblée nationale par 343 voix contre 225.

A la suite de la conférence de Paris du 15 février 1951, deux idées sont abandonnées : un Conseil de ministres européens est préféré à un ministre unique et le maintien de certaines armées nationales au sein de l’armée européenne est envisagée. Des négociations s’engagent qui aboutissent le 27 mai 1952 à la signature du traité de Paris instituant la CED par les gouvernements français, ouest-allemand, italien, néerlandais, belge et luxembourgeois.

Le traité prévoit l’institution d’une Communauté européenne de défense, dans le cadre intégré et sous le contrôle opérationnel du commandant suprême de l’OTAN, disposant d’un budget, d’un armement, et d'un commandement communs. Elle reprend le fonctionnement institutionnel de la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier créée en 1951, modèle plus tard repris par la Communauté Économique Européenne (CEE). Quatre institutions sont prévues :

- un commissariat intégré, qui joue le rôle de pouvoir exécutif, composé de 9 membres (2 Français, 2 Allemands, 2 Italiens et 1 de chaque pays du Benelux) ;

- le Conseil des ministres, organisme de direction générale composé du ministre de chaque pays membre, qui a pour but l'harmonisation de l'action du commissariat avec la politique des États membres ;

- l'Assemblée, identique à celle du pool charbon-acier et composée de 87 parlementaires nationaux, contrôle l'ensemble ;

- la Cour de justice, qui exerce le contrôle juridictionnel sur les différents organes.

En France, le débat est vif et les discussions s'éternisent. Les critiques du traité sont nombreuses. Celles des gaullistes portent sur l'inexistence d'une Europe politique et le placement de la CED sous tutelle de l'OTAN. Pour les communistes, l'impérialisme hégémonique du camp occidental, symbolisé par l'attitude belliciste de l'OTAN accentuant la division des deux Allemagnes, cherche à isoler le camp des démocraties populaires.

Après avoir tenté de proposer des protocoles additionnels limitant le projet d’intégration aux seules forces déployées en Allemagne, le Président du Conseil Pierre Mendès France décide de présenter le projet de loi autorisant la ratification du Traité de Paris. Le 30 août 1954, l'Assemblée nationale, avec l'opposition des communistes et des gaullistes du RPF, d'une partie des socialistes et des radicaux, refuse de donner l’autorisation de ratifier le traité en adoptant la question préalable.

La crainte du réarmement allemand a pesé lourd dans cette décision. De plus, après la mort de Staline le 5 mars 1953, la première détente de la Guerre froide fait naître des interrogations sur l'opportunité de créer une armée européenne.

Le rejet de la CED aura deux conséquences :

- à court terme, les accords de Paris et de Londres de l'automne 1954 vont permettre à l’Allemagne de reconstituer une armée autonome, dans le cadre de l’OTAN ;

- à long terme, la question d'une défense européenne intégrée restera sans aboutissement jusqu’à la fin de la Guerre froide et aux négociations du Traité de Maastricht.

Je me souviens que notre ancien collègue, M. Jacques Bardoux - que nous regrettons de ne plus compter parmi nous - parlant un jour de l'Europe de l'OECE, de l'Europe qui siège à Strasbourg, disait : « Ce petit croissant de l'Europe occidentale. » Mais ce que vous nous présentez, monsieur le secrétaire d'État, c'est à peine une demi-portion du croissant.

http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/ced/sommaire.asp

 

Nécessité du réarmement allemand

En 1950, quelques semaines après le déclenchement de la guerre de Corée, les États-Unis somment la France d'accepter un réarmement rapide de la République fédérale d'Allemagne (RFA) car ils craignent de plus en plus que l'Union soviétique, qui dispose de l'arme atomique depuis la fin 1949, ne déclenche une guerre offensive en Europe occidentale. Car au même moment, l'armée française est empêtrée en Indochine et des unités britanniques sont également présentes en Malaisie. Les quatorze divisions occidentales stationnées en Europe ne semblent pas pouvoir faire le poids face aux plus de cent quatre-vingts divisions communistes. Konrad Adenauer, chancelier de l'Allemagne de l'Ouest, réclame officiellement le droit de lever une force armée capable de protéger le pays de la menace que fait peser la police populaire de l'Allemagne de l'Est. Les États membres de l'Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) sont également favorables au réarmement allemand à l'exception notable des gouvernements français et belge. De même, une grande partie de l'opinion publique, notamment française, ne semble pas encore prête à accepter une nouvelle armée allemande en raison des souvenirs douloureux laissés par la Seconde Guerre mondiale et par l'occupation allemande. Lire la suite dans ENA

 

 

1974

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DP de la réunion au sommet à BRUXELLES - au siège de l'OTAN pour signatures négociations à OTTAWA - NIXON à table ronde - la cérémonie de signature - CHIRAC signant le document - NIXON signant - Premier Ministre Belge à table ronde - KISSINGER souriant aux côté du Président NIXON - THIERRY DE SCITIVAUX en plateau - BRUXELLES - fait le point sur cette réunion.

 

1976

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1997

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Plus une ogive nucléaire russe ne sera braquée sur un pays membre de l'OTAN. C'est ce qu'a annoncé le président de la Fédération de Russie BORIS ELTSINE à la conférence au sommet réunissant à la salle des fëtes de l'Elysée (Paris) les membres de l'Alliance atlantique et la Russie. BORIS ELTSINE et les membres de l'Alliance atlantique sont réunis pour signer l'Acte fondateur devant régir désormais les relations entre la Russie et l'OTAN. - Arrivée de BORIS ELTSINE, JACQUES CHIRAC, BILL CLINTON, dans la salle des fêtes de l'Elysée. - Discours politique de JACQUES CHIRAC : "il y a des moments ou l'histoire marque une pause pour s'engager sur une voie nouvelle (...). Aujourd'hui, nous bâtissons la paix". - ARCH. N/B (Pathé). - Chars. - PR BORIS ELTSINE / PR JACQUES CHIRAC et BORIS ELTSINE / applaudissements de JACQUES CHIRAC après la signature de BORIS ELTSINE. - Discours politique de BORIS ELTSINE (russe trad.off) : "toutes les armes (...) seront démantelées". - PANO déjeûner officiel.

 

2003

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L'Allemagne, la France et la Belgique ont dit non aux demandes américaines pour assurer la défense de la Turquie en cas de guerre en Irak. La Turquie est le seul pays de l'Alliance Atlantique à avoir une frontière avec l'Irak et accueille une importante base américaine à Incirlik. Parmi les mesures demandées les USA le déploiement d'avions de surveillance awacks et de missiles anti missiles. Interview de Guy VERHOFSTADT, premier ministre belge, et de Donald RUMSFELD, secrétaire d'état américain à la défense.

 

 

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23/11/2009

KTS Fribourg - répression de la manifestation du 14 novembre 2009

de FA Strasbourg

Le centre autonome dans la tourmente

http://fastrasbg.lautre.net/?Le-centre-autonome-dans-la

Le jeudi 19 novembre 2009

Le 14 novembre s’est déroulée une manifestation antifasciste en soutien au KTS. Cette manifestation a été attaquée violemment par la police. Retour sur les raisons de la mobilisation et la répression qui a suivi.
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La manifestation encerclée par la police anti-émeute

Dans la nuit du 9 novembre, des militants nazis ont lancé des engins incendiaires contre le KTS. L’attaque, qui n’a fait aucune victime, a pourtant provoqué des dégâts matériels non négligeables. Cette attaque faisait suite à de nombreuses provocations et tentatives d’intimidation de la part de militants d’extrême-droite.

Les nazillons s’agitent

Au mois de mars 2009 des militants d’extrême-droite avaient tenté de prendre des photos de militants en marge d’une manifestation autonome. Des tentatives similaires avaient suivi notamment autour du KTS. Trop faible à Fribourg, et trop peu organisée, la mouvance nazie en est réduite à des actions isolés qui pour autant restent dangereuses. Au mois de mai lors d’une manifestation après l’expulsion d’une maison occupée, des nazis étaient apparus aux abords de celle-ci et avaient tenté d’attaquer le cortège. Un d’eux avait même sorti un couteau. Grâce à la détermination du cortège, cette attaque fut un échec.

Les antifascistes déjouent un attentat

Face aux activités des nazis, les antifascistes ont multiplié les actions contre des militants nazis à Fribourg, en rendant publics leurs noms, lieux de résidence, lieux de travail afin de les déstabiliser.

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Des produits chimiques pour fabriquer des explosifs...

Mais c’est l’affaire du « poseur de bombe » qui rencontra un vif écho dans la presse, même au niveau national. Fin août, l’Autonome Antifa a rendu public via un communiqué de presse le résultat de son travail d’investigation concernant Thomas Baumann. Il y apparaissait clairement que ce responsable de la JN (organisation de jeunesse du NPD) de Lörrach, également membre d’une unité d’élite de l’armée allemande, avait réuni les matériaux nécessaires pour confectionner une bombe et qu’il était sur le point de passer à l’action. Consciencieux, il avait déjà dressé une liste de cibles dont le KTS faisait partie. Le même jour les informations sont également parvenu anonymement à la police qui procéda rapidement à l’arrestation du militant nazi. La police tomba lors de la perquisition sur un véritable petit arsenal. La presse quant à elle s’interrogea sur le fait que des militants antifascistes soient mieux informés que la police et ses services de renseignements pourtant si zélé à surveiller l’extrême-gauche…

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...et des armes

L’attaque contre le KTS un mois après ce coup d’éclat des antifascistes est très certainement une vengeance de la part de militants nazis faisant partie de l’entourage de Thomas Baumann. Précisons aussi que l’Autonome Antifa n’a jamais cru que Baumann agissait seul contrairement à la théorie de la police.

Contre le fascisme et pour les centres autonomes

Les antifascistes radicaux avaient appelé à manifester le 14 novembre contre l’extrême-droite. Par la même occasion ils voulaient envoyer un signe clair à la ville ; arrêter de harceler les militants du KTS ! En effet, à la suite de manifestations non-déposées qui s’étaient déroulées durant les mois précédents, certains militants du centre autonome avaient été jugés par les autorités comme légalement responsables de celles-ci. Cela s’était traduit par des poursuites en justice. Cette fois encore, la manifestation ne fut pas déposée. Des rencontres ont pourtant eu lieu entre les organisateurs de la manifestation et les autorités, mais celles-ci ont échoué.

Répression et fichage

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Avant la manif...

Le samedi 14 novembre environ 700 personnes se sont rassemblées pour manifester au centre-ville. Mais la police était présente en force, bien décidée à empêcher que le cortège ne se mette en route. Ce dernier a d’ailleurs été rapidement cerné de tous côtés par la police anti-émeute. Durant quasiment deux heures, manifestants et policiers vont se faire face. Pendant ce temps la police a ramené des renforts et les unités cagoulées ont fait leur apparition. La tête de cortège, quant à elle, a tenté sans succès de passer en force pour ouvrir la route.

La police a ensuite isolé la tête de cortège, environ 300 personnes. Après de violents matraquages et de nombreuses arrestations, les forces de l’ordre, qui avaient encerclé tout ce qui restait de la « manifestation », ont fait sortir un par un les militants. Toute une rue était bloquée par des fourgons de police qui avaient mis en place des mini-bureaux et de l’éclairage afin d’entamer une opération de fichage à grande échelle.

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Fichage des militants

C’est ainsi qu’accompagné, par deux policiers en tenue anti-émeute cagoulés, on passait les différentes étapes, méthodiquement. Fouille, contrôle d’identité et photo avec un numéro collé sur la poitrine. Les derniers sortiront de la nasse vers 20 heures. En tout et pour tout il y aura eu plus d’une dizaine de blessés, une quarantaine d’arrestations ainsi que le fichage systématique et méthodique de quelques 300 personnes.

Olynx
groupe de Strasbourg - Fédération Anarchiste


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23:54 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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