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23/11/2009

Aldo Moro - Francesco Cossiga - Steve Pieczenik

Pourquoi le pouvoir italien a lâché Aldo Moro, exécuté en 1978


Alors que l'Italie se prépare à de nouvelles élections, voici la preuve que l'on attendait sur la mort d'Aldo Moro. Trente ans après. Ce samedi, France 5 diffuse un documentaire où, pour la toute première fois, est révélé officiellement que le gouvernement italien avait sacrifié l'ancien premier ministre, séquestré par les Brigades rouges en 1978. Extraits.

16 mars 1978. Italie. Depuis neuf ans, un mouvement social de grande ampleur secoue l'Italie. Quelques groupes sont déjà passés à la lutte armée. Après cette date vont commencer les « années de plomb », ce que les historiens qualifieront de « guerre civile de basse intensité ».

Aldo Moro fut Président du Conseil à cinq reprises, entre 1963 et 1976. En 1978, il est le chef de la Démocratie Chrétienne, et son parti est arrivé juste devant le Parti communiste italien d'Enrico Berlinguer aux dernières élections. En fait, les deux partis ont gagné. Sans une coalition entre les deux forces, le pays est ingouvernable.

Ce jour-là doit être signé le « Compromesso storico ». Un compromis historique qui, même si le PCI de dissocie alors de l'URSS, est tout simplement impensable pour la majorité de la classe politique italienne.

Cinquante-cinq jours de prise d'otage et une exécution

Via Fani, en plein Rome, quelques heures avant la signature. Un commando de cinq membres tuent les gardes du corps de Moro, qu'ils enlèvent. Les cinq sont des Brigades rouges, le plus connu des groupes d'extrême-gauche de l'Italie en feu. Qui exige, contre la libération de Moro, celle de treize des leurs. C'est le traumatisme. Giulio Andreotti succède à Aldo Moro. Il nomme à l'Intérieur le « Monsieur sécurité » de la Démocratie chrétienne, l'implacable Francesco Cossiga.

L'enlèvement d'Aldo Moro fera trembler l'Italie cinquante-cinq jours durant. Le 9 mai, son corps sans vie fut retrouvé dans le coffre d'une automobile, à Rome. Via certini… soit à mi-chemin des sièges de la DC et du PCI. Il a été exécuté par les Brigades rouges.

En fait, avant d'être exécuté, Moro avait été lâché. Par les siens. Durant toute sa détention, Moro écrit des lettres. A sa famille. A ses compagnons de DC. Il les implore, fin négociateur qu'il est, de libérer des Brigades rouges. Mais pour le gouvernement, tout comme d'ailleurs pour le PC, c'est impensable. Ses lettres sont fausses, pensent-ils. Négocier laisserait le champ libre aux communistes, pensent-ils surtout. Moro ira jusqu'à écrire au pape Paul VI. Mais, pour tous, le même constat : plutôt que les cocos, abandonner Moro.

Sur ces cinquante-cinq jours, toutes sortes d'interprétations fumeuses sont apparues : il a été suggéré que certains dans les services d'état savaient où se situait le lieu de détention (un appartement romain) ; Romano Prodi (qui sera bientôt ministre d'Andreotti) parla lui-même d'une séance de spiritisme pendant laquelle les esprits lui indiquèrent le lieu de détention…

Ce que la classe politique craint : que Moro révèle à ses ravisseurs les énormes intérêts que les Etats-Unis ont sur le sol transalpin. La plus importante base de l'Otan est là. Mais surtout, il y a cette structure secrète : Gladio. Une branche de l'armée italienne, entièrement vouée à une guerre secrète et sans merci contre le communisme.

Moro lâché par le pouvoir, une thèse confirmée par deux témoins-clé

C'est là que le film d'Emmanuel Amara frappe très fort. Entre divers témoins (dont Adriana Faranda et Valerio Morucci, deux des membres du commando, dont il convient cependant de préciser qu'il s'agit de repentis), il apporte les témoignages qui manquaient à l'Histoire.

D'une part, Steve Pieczenik, ancien membre du département d'Etat américain. Alors envoyé par le président Jimmy Carter comme « expert psychologique » pour intégrer la cellule secrète du ministre Cossiga : « Il fallait qu'Aldo Moro reste en vie suffisamment longtemps pour permettre à Cossiga de reprendre ses services en main », dit l'agent yankee dans le film. Le reste se passe de commentaire. (Voir la vidéo.)



 


(Réal. E. Amara - Sunset presse/France 5.)

 

Beaucoup savaient le rôle joué par les services américains dans les années de plomb, et en particulier dans cet enlèvement. Mais, ici, trente ans après les faits, l'agent avoue, et signe. Dans le film, il retrace toute la stratégie mise en place par lui, Cossiga et Andreotti. Pour sacrifier Moro.

Certes, comme l'avoue Amara, Steve Pieczeik « brasse parfois du vent » :

« Il s'agit d'un type qui a gravité dans le pouvoir américain jusqu'à l'arrivée de Bush père au pouvoir. Entendre sa version de la guerre des étoiles ou du Nicaragua vaut le détour. »

La rencontre avec Pieczenik, c'est le heureux hasard du journaliste, comme l'explique le réalisateur :

Une fois obtenu les aveux de l'agent, Amara est alors aller trouver Cossiga. Qui avait accepté de témoigner, sans penser qu'Amara savait tout. Quand le réalisateur lui montre le témoignage de l'agent, Cossiga confirme. Tout. L'ancien ministre, qui deviendra plus tard le chef du gouvernement, valide. C'est le clou du film. (Voir la vidéo.)




(Réal. E. Amara - Sunset presse/France 5.)

Sollicitée, Paola de Luca, ancienne militante autonome à présent réfugiée en France, n'est pas étonnée, même si elle apprécie l'info. Pour autant, elle n'est pas dupe de la peur des communistes. Pour elle, « le PCI avait donné suffisamment de gages -de sécurité et de police- pour ne plus effrayer personne. Celui que tout le monde voulait alors écarter, les Américains comme les Italiens, c'était avant tout Bettino Craxi ». Craxi, chef de file des socialistes italiens d'alors qui voulait, en effet, supplanter Enrico Berlinguer comme force principale de la gauche italienne. Il y parviendra, devenant chef du gouvernement de 1983 à 1987. A la fin des années de plomb.

Chronique de la défaite des Brigades Rouges -empêtrées dans leur propre logique- autant que du tournant fatal de la crise italienne, le film d'Amara éclaire la seule ombre qui restait autour de la mort d'Aldo Moro. Une révélation indispensable.

Les Derniers jours d'Aldo Moro documentaire d'Emmanuel Amara - samedi 9 à 13h55 - France 5.
Nous avons tué Aldo Morto d'Emmanuel Amara - Patrick Robin Editions - 175p., 18€.

► Troisième paragraphe modifié : Aldo Moro n'était pas président du conseil au moment des faits.

 

La part des Etats-Unis dans la mort d’Aldo Moro



À PROPOS DU LIVRE "NOUS AVONS TUÉ ALDO MORO" D’EMMANUEL AMARA (PATRICK ROBIN, 2006)



Voilà un excellent travail de journaliste d’investigation.

Emmanuel Amara, au cours d’un reportage sur la fin d’Aldo Moro -qui reste l’unique homme d’Etat de premier plan assassiné en Europe après la Seconde Guerre mondiale ; il avait été exécuté le 9 mai 1978 après plusieurs semaines de détention au coeur de Rome-, rencontre Steve Pieczenic qui, comme son prénom l’indique plus que son nom, est américain, et qui depuis le début de ce siècle a envie de dévoiler son rôle. Le journaliste comprend d’emblée la portée de ce témoignage, interroge longuement son auteur et nous livre ici des révélations aussi importantes que surprenantes.

Pieczenic avait en effet déclaré au Correre della Sera le 16 mars 2001 : "Aldo Moro non doveva essere salvato [Aldo Moro ne devait pas être sauvé]". Le moins qu’on puisse dire est que ni les journalistes, ni les historiens ne se sont précipités sur la piste. Or l’homme n’est pas un franc-tireur ni un espion plus ou moins retourné ou repenti. C’est tout bonnement un grand spécialiste universitaire du renseignement, que le gouvernement américain utilise dans les années 1970 (depuis depuis le début de l’ère Kissinger) pour débrouiller les affaires de terrorisme. Son érudition fait merveille ainsi que ses talents de négociateur, ce qui lui vaut un poste de chef de la cellule anti-terroriste du département d’Etat, conservé sous Carter. A partir des années 80, semble-t-il, il se range, concentrant sa compétence sur des oeuvres de fiction, romanesques ou télévisées (il collabore avec Tom Clancy, dont il cosigne certains romans).

Le rôle de Pieczenic, à l’époque, n’est pas resté inaperçu. L’Italie était membre de l’OTAN, un récent chef de gouvernement et ministre des Affaires étrangères était enlevé par des gens se réclamant de l’extrême gauche : il eût été étonnant et même suspect que Washington s’en désintéressât. On savait donc que Francesco Cossiga, ministre de l’Intérieur et proche camarade de parti de Moro, avait demandé de l’aide, et obtenu du président Carter l’envoi de ce conseiller. Lequel, après la conclusion de l’affaire, avait déclaré à la presse qu’il n’avait fait que donner des avis très généraux.

Le premier, donc, Amara l’interroge comme il se doit, et il recoupe son témoignage par ceux de tous les survivants qui ont joué un rôle important dans l’affaire. A commencer par les dirigeants des Brigades rouges et les exécutants du rapt et de l’assassinat, tous libres aujourd’hui. Il en ressort que l’émissaire du président a bien été dans cette affaire, au coeur de l’Etat italien, l’homme le plus influent. Non point qu’il y ait eu préméditation. Si les terroristes ont pu enlever Moro au centre de Rome en tuant toute son escorte, composée de cinq hommes, ce n’est pas parce qu’ils auraient été infiltrés, ou secrètement guidés, par des adversaires de la politique de rapprochement entre son parti démocrate-chrétien et les communistes du PCI (la politique de "compromis historique" entre les deux grandes formations, recherchée par le communiste Berlinguer et sur le point d’aboutir).

Il n’est pas impossible qu’au sein de l’appareil répressif des nostalgiques du fascisme ou des anticommunistes obsessionnels aient joué ce jeu, mais le livre n’apporte rien à cet égard... sinon la certitude qu’ils n’étaient pas dirigés par la Maison-Blanche. En fait, les Brigades rouges existent, elles disposent de grandes forces militantes et prennent de court les autorités quelles qu’elles soient, par leur audace et leur efficacité.

Pieczenic joue d’abord le rôle d’un professeur de négociation. Cossiga et son président du conseil Andreotti avaient annoncé qu’il n’y en aurait pas. Il leur dit d’en ouvrir une... pour faire semblant, et il la dirige. Il s’agit d’appâter l’ennemi en faisant miroiter des concessions (les Brigades rouges ne cherchent justement en l’affaire qu’à être reconnues comme un interlocuteur), puis de le laisser le bec dans l’eau, afin de le pousser à exécuter son prisonnier pour ne pas perdre la face. Ce qui fut fait.

Cependant, Pieczenic n’avait pas été envoyé pour cela. Sa mission était plus vague : préserver les intérêts des Etats-Unis et ceux de l’OTAN. En l’occurrence, on privilégia la protection d’un secret encore hermétique, celui des réseaux anticommunistes "Gladio" mis en place en Europe, et particulièrement en Italie, au début de la guerre froide, pour maintenir à tout prix le continent dans l’orbite américaine. Les ravisseurs avaient interrogé Moro là-dessus, il avait commencé à parler, sa libération aurait infailliblement conduit à ce que les Brigades rouges demandent plus de lumière... alors que son exécution les discréditerait à jamais (ce qui se vérifia).

Serait-il possible que Pieczenic ne fasse que des demi-révélations et qu’en fait le sort de Moro ait été scellé plus tôt, dans le bureau ovale ou à la direction de la CIA, réputée ne pas toujours tout dire au président ? C’est improbable, car Pieczenic, se référant à la méconnaissance du terrain dont témoignent les récents événements d’Irak, raconte qu’on ne lui a pas remis de dossiers sérieux, ni à Washington, ni à l’antenne romaine de la CIA : l’Italie n’était pas une priorité, on y laissait aller les choses... C’est un peu surprenant certes, mais fort vraisemblable à partir du moment où c’est un pareil informateur qui le dit : prendrait-il le risque que tôt ou tard des tonnes de plans et de fiches, viennent le contredire, ou encore les témoignages de fonctionnaires vexés ?

Ce livre en dit long sur les deux forces qui dominaient l’Italie, le parti communiste et l’Eglise romaine. Le premier, fort de ses 2 millions de membres et de ses 34% de voix, est piégé comme un enfant par l’émissaire de la Maison-Blanche : il cherche à démontrer sa conversion à la légalité, il ne peut donc adopter qu’une ligne "dure" et sacrifier le chef de file de ceux qui mettent en mouvement vers lui la lourde démocratie-chrétienne. Achille Occhetto, second de Berlinguer à l’époque, confesse à Amara que la ligne suivie aurait gagné à être plus souple. Quant au pape Paul VI, c’est un ami proche de Moro et il croit tout mettre en oeuvre pour le sauver mais ses services secrets, bien plus efficaces, dit Pieczenic, que ceux de l’Etat italien, renseignent l’Américain sur la mentalité des fils de bonne famille qui peuplent les Brigades, et la mort de l’otage a peut-être hâté la fin du Souverain Pontife, survenue quelques mois plus tard.

Finalement, l’aile la plus hypocrite et la plus corrompue de la démocratie-chrétienne va garder le pouvoir, artificiellement, pour elle toute seule (fût-ce avec des prête-nom), pendant 14 ans de plus, comme un canard sans tête, avant de se liquéfier pour laisser la droite italienne aux mains d’un homme d’affaires sans foi ni loi. Triste dénouement !

Tel qu’il se présente, ce dossier fait froid dans le dos plus que s’il révélait un complot bien huilé contre la vie d’un homme. Les Etats-Unis dominent l’Europe en y laissant prospérer des réseaux violents et réactionnaires (peuplés, en l’occurrence, de nostalgiques de Mussolini) qu’ils ne perdent pas de temps ni d’argent à contrôler de près. Arrive une crise, un plénipotentiaire s’installe et la dénoue en quelques semaines (le séjour de Pieczenic dure un mois), au nom de calculs tactiquement très fins mais politiquement grossiers, qui ruinent des décennies d’efforts des hommes de bonne volonté pour sortir le pays par le haut de sa crise endémique. Certes beaucoup de choses ont changé aux Etats-Unis et dans le monde mais à cette lecture une leçon s’impose, plus que jamais : la lutte contre le terrorisme doit s’inscrire dans une politique globale.

une émission

8 mois plus tard, enfin, un article dans l’Unita

le 26 novembre 2006

 

http://www.delpla.org/article.php3?id_article=269





Le 9 mai 1978, après 55 jours de séquestration, les Brigades Rouges assassinent Aldo Moro . Président de la Démocratie Chrétienne, favorable au “compromis historique » : à un accord entre la Démocratie chrétienne et le PCI : le Parti communiste italien. Celui qui a géré ce moment pénible de l’histoire de la démocratie italienne, c’est Francesco Cossiga, alors ministre de l’Intérieur qui devint ensuite Président de la République. Cossiga fut le défenseur le plus acharné de la ligne de la fermeté : « avec les brigades rouges on ne négocie pas ». 30 ans après, il raconte à euronews sa vérité : sur les révélations de Prodi, sur le rôle du conseiller du gouvernement américain, Steve Pieczenik, sur le faux communiqué dans lequel on indiquait que le cadavre de Aldo Moro se trouvait dans le lac de La Duchessa…

euronews : “De nombreuses personnes vous accusent d’avoir utilisé la ligne de la fermeté comme un prétexte, alors qu’en réalité vous vouliez la mort de Moro.

Francesco Cossiga : ex-Président de la République italienne et ex-ministre italien de l’intérieur. Je ne vois pas pourquoi j’aurais voulu la mort de Moro. [Si je n’avais pas utilisé la ligne de la fermeté] l’Etat se serait écroulé et on serait entré dans une période de crise de laquelle on serait sorti difficilement. Et en plus, j’étais si peu de chose face à quelqu’un comme Moro.

euronews : Il y en a qui disent que tant que Cossiga et Andreotti seront vivants, on ne saura jamais la vérité sur l’affaire Moro.

F. Cossiga : Il y en a qui ne veulent pas accepter une chose : qu’Aldo Moro ait été tué par les Brigades rouges. Il y a une partie de l’ancienne DC qui a fait d’A. Moro une icône, un homme de gauche, un ennemi des Etats-Unis. Cette partie ne veut pas accepter que Moro ait été tué par quelqu’un de gauche. Il doit forcément avoir été tué par quelqu’un de droite, par les Américains, par la CIA. Autrement, cela ne va pas.

euronews : Vous n’avez jamais cru que le nom de Gradoli a été donné à Prodi au cours d’une séance de spiritisme. Alors, pourquoi Prodi a-t-il toujours menti sur ce point ?

F. Cossiga : Il n’a pas menti, il a dit cela parce qu’il n’a pas voulu révéler ses sources, surtout à un moment comme celui-là. Mais même maintenant, s’il révélait ses sources, je ne sais pas combien de temps vivrait son informateur. Lui et les autres ont inventé cette histoire de séance de spiritisme pour pouvoir donner cette information en protégeant la source.

euronews : Le conseiller du gouvernement américain, Steve Pieczenik que vous avez appelé en Italie en tant qu’expert, a admis que le communiqué sur le lac de La Duchessa était un faux pour annoncer la mort de Moro et : je vous lis ce qu’il a dit, il a admis également que vous étiez d’accord : que vous vouliez vérifier quelle aurait été la réaction de l’opinion publique italienne.

F.Cossiga : Notez bien qu’après le message de La Duchessa, la ligne de la fermeté s’est beaucoup affaiblie : ce fut le moment où Amintore Fanfani, celui qui avait décidé avec moi et les autres leaders de la DC d’adopter la ligne de la fermeté, changea d’idée. C’est à partir de ce moment-là que les socialistes ont commencé les négociations. Les socialistes ne nous ont pas fait confiance, croyant mener tout seuls les négociations. S’ils m’avaient dit avec qui ils avaient pris contact, nous serions probablement arrivés à la cachette de Moro.

euronews : En France la doctrine Mitterrand ne semble plus être à la mode. Est-il juste que l’Etat français collabore avec l’Etat italien pour l’extradition de ceux qui ont été mêlés au terrorisme ?

F. Cossiga : Vous voulez mon avis ? Vous le savez que moi qui ai été Cossiga avec un « K » et les « SS », Cossiga-bourreau, Cossiga-donneur d’ordre pour les homicides, et vous pouvez en rajouter autant que vous voulez. Moi, j’ai toujours été un défenseur de l’amnistie, mais pas de la remise de peine. Ce fut une guerre civile larvée.

euronews : Cesare Battisti est un romancier raffiné ou un meurtrier ?

F. Cossiga : Tous les deux. L’un n’exclut pas l’autre. C’est comme si vous me demandiez si Le Caravage est un grand peintre ou un homme violent qui, dans une bagarre de taverne, a tué un homme : il est les deux à la fois.

euronews : A l’étranger, la victoire électorale de Berlusconi a provoqué beaucoup de réactions ironiques, quelques unes de dédain, et un peu de gêne. Les autres pays sont-ils snobs, ou bien l’Italie constitue-t-elle réellement une anomalie ?

F. Cossiga : Le premier qui lui a téléphoné, ce fut Zapatero. Le deuxième qui a eu une réaction enthousiaste, ce fut Martens, le Président du Parti Populaire Européen. Blair, qui était à Rome, a rendu visite à D’Alema, Veltroni, et à Francesco Rutelli, mais chez qui a-t-il dîné ? Chez Monsieur Berlusconi. Notez bien que je n’ai pas voté pour lui. Et puis vous savez, vous devez garder à l’esprit que je connais bien les Anglais : ils sont extrêmement snobs.

euronews : Vous avez dit que l’exclusion de la gauche radicale du Parlement pourrait créer les conditions favorables à une réapparition du terrorisme. Quels sont les signes avant-coureurs ?

F. Cossiga : La gauche radicale était une référence pour les mouvements d’extrême gauche. Je me souviens que lorsqu’il y eut à Gênes une manifestation grandiose en mémoire de Carlo Giuliani, c’est le Président de la Chambre, Bertinotti, qui a parlé. Il a fait un discours très dur et très applaudi. La police n’est pas intervenue et à la fin de son discours Bertinotti a dit : « maintenant, tout le monde reste calme et vous rentrez chez vous ». Et il n’y a eu aucun débordement. Et maintenant, qui leur dira : « ne faites pas de dégâts » ? Veltroni ou Rutelli ? Si c’est Veltroni qui le dit, lui qui est un défenseur de Kennedy, de Bill Clinton et d’Obama, ou bien Rutelli, lui qui est le porte-parole de la Conférence Episcopale Italienne : vous pensez qu’ils les écouteront ? Pas même en rêve !”

Copyright © 2009 euronews

 

Dr. Steve Pieczenik was born in Cuba, raised in France and the United States. He is a critically acclaimed author of psycho-political novels and the co-creator of the best-selling "Tom Clancy's Op-Center" and "Tom Clancy's Net Force" series. He was also executive producer of the TV version of the novels. Most recently he was one of the excecutive producers the films Red Cockroaches (2003), and Memorias del desarrollo (2009)

He is a Harvard-educated psychiatrist with an M.D. from Cornell University and a Ph.D. in International Relations from M.I.T. Dr. Pieczenik served four presidential administrations as Deputy Assistant Secretary of State, International Crisis Manager, and Hostage Negotiator.

 

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22/11/2009

Jugement ahurissant pour les inculpés du G8 de Gènes 2001

Jugement ahurissant pour les inculpés du G8 de Gènes 2001

Cent années de prison pour dix inculpés accusés de " destruction et saccage "
Relaxe ou peines légères pour 45 policiers qui ont tué, terrorisé, humiliés.
En protestation, occupation de l’institut culturel italien de Paris.

NO G8 FRANCE

Pourquoi nous avons occupé l’Institut Culturel Italien. Solidarité aux inculpés du G8 de Gênes 2001

samedi 21 novembre 2009

Aujourd’hui vendredi 20 novembre 2009, après un rassemblement place de la République à 17h30 où un dispositif policier à peine croyable était déployé pour une centaine de personnes (invasion de la place par les policiers, longues files de camionnettes postées au début de chaque artère…), nous avons occupé l’institut culturel italien.

Nous sommes intervenus à l’issue de la projection d’un film de Pontecorvo Ritorno ad Algeri et avons investi pendant plusieurs heures la grande salle.

Sur cette base d’action collective de lutte, nous désirons lancer une campagne d’information contre la sentence prononcée le 9 octobre en appel contre dix inculpés du G8 de Gênes 2001, des peines exorbitantes qui dépassent toutes les limites en matière de répression de la contestation sociale. 8 à 15 ans de prison pour des faits de destruction et de violence de rue.

Nous voulons, contre ce jugement inique, envoyer un signal à nos camarades italiens par notre présence dans ce lieu symbolique, ambassade culturelle de l’Italie qui se trouve, de plus, être directement territoire italien.

Nous voyons aussi que ce jugement, s’il se signale par son extravagance, prend place dans un cortège de décisions judiciaires et d’actions policières ultra-répressives et violentes dans toute l’Europe. _ Car si le programme de l’État libéral a longtemps été hypocritement « Tout ce qui n’est pas illégal est permis », aujourd’hui, il affirme franchement « Tout ce qui n’est pas expressément autorisé est illégal ». Les formes de conflit, de révolte variées dont le contre-sommet de Gênes a été un moment important doivent être étouffées.

RESISTONS A LA REPRESSION !

Assemblée générale dimanche 22 à 17 heures au CICP

http://nog8france.blogspot.com/


Le 9 octobre 2009, la justice italienne a condamné en appel 10 inculpés du contre-sommet du G8 de Gênes de 2001pour « destruction et saccage », à de très longues peines de prison ferme.

CARLO A. : 8 ANS
CARLO C. : 8 ANS
MARINA C. : 12 ANS ET 3 MOIS
LUC F. : 10 ANS ET 3 MOIS
ALBERTO F. : 10 ANS
INES M. : 6 ANS ET 6 MOIS
FRANCESCO P. : 15 ANS
DARIO U. : 7 ANS
ANTONIO V. : 8 ANS
VICENZO V. : 13 ANS ET 3 MOIS

Ce procès a eu lieu 48 heures après celui de 45 policiers où 15 seulement ont été condamnés à des peines très légères.

Le préfet Ganni De Gennaro, alors chef de la police ainsi que d’autres membres de la hiérarchies qui ont dirigé la répression à Gênes en juillet 2001 ont été acquittés, bien que la justice ait considéré comme illégale la charge de la police ayant engendré les plus violents affrontements.

Les "Journées de Gnes avaient vu la manifestation puissante d’une opposition à la réunion des chefs d’Etat de la planète, et plus généralement à l’ordre économique mondial. Réunion internationale, forum social , 300 000 personnes à la manifestation du 20 juillet malgré la militarisation et le verrouillage de la ville.

La répression avait fait un mort, Carlo Giuliani, 23 ans, tué par balles lors de cette charge, plusieurs centaines de blessés, des violences dont les plus fortes ont eu lieu à l’école Diaz où était installé le centre de média indépendant et où dormaient 307 manifestants qui ont été arrêtés puis séquestrés pendant trois jours dans la caserne du Bolzaneto, subissant sévices et humiliations.

La disproportion est éclatante entre les chefs d’inculpation qui touchent des destructions de biens matériels et ces cent années de prison au total.
Les personnes condamnées se voient infliger, pour quelques dégâts matériels (des bris de vitrine), des peines que nombre de meurtriers ne purgeraient pas.

Ce n’est pas telle ou telle action individuelle, telle ou telle personne que la justice italienne punit. C’est l’ensemble des événements politiques du contre-sommet qui se trouvent sanctionnés. Ces dix là paient pour toute l’action collective, pour tout le mouvement social et politique qui a eu lieu à Gênes. Cette décision de justice ressemble à un grand signal de terreur pour toutes celles et ceux qui contestent l’ordre social. Elle poursuit la répression sauvage du contre-sommet. Ces procès sont la deuxième vague de vengeance de l’Etat italien. Pour que la lutte contre l’injustice sociale et les rapports économiques sauvages, les conflits qu’ils génèrent soient cantonnés dans des formes invisibles, aseptisées qui ne gênent pas réellement l’ordre établi.

Ces condamnations marquent un nouveau pas dans le délire répressif en cours en Italie comme ailleurs.
Notre pays ne manque lui aussi pas d’exemples dans ce domaine, comme le montrent les récents évènements de Poitiers (une manifestation anticarcérale ayant débouché sur le bris de quelques vitrines) après lesquels un homme a été condamné à quatre mois de prison ferme « pour jet de pile » sur la police, puis un autre interpellé lors d’une manifestation de soutien consécutive pour avoir comparé publiquement l’officier de police à un collabo célèbre.

http://www.millebabords.org/spip.php?article12511

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Les « Vedettes de Cherbourg » - Enfumage des industriels de l'armement français...

 

 

 

Les « Vedettes de Cherbourg » désigne l'une des affaires les plus rocambolesques de détournement de matériel militaire français. Celle-ci eut lieu au départ de Cherbourg, à la fin des années 1960.

En 1969, la France passe un contrat avec l'État d'Israël pour la vente de 12 vedettes lance-missiles. Un chantier naval de Cherbourg, les Constructions mécaniques de Normandie (CMN), est chargé de l'exécution de la commande. Mais après la Guerre des Six Jours, le général de Gaulle décrète un embargo sur la vente d'armes à destination d'Israël.

Cinq de ces vedettes sont livrées avant l'embargo, deux sont récupérées de justesse et cinq autres sont gardées dans le port de commerce de Cherbourg.

Une ruse est alors mise au point : une société norvégienne, la Starboat and Oil Drilling Company, créée pour la circonstance, demande à la France et à Israël de récupérer les vedettes car ces navires, sans armement, l'intéressent, prétendument pour faire de la recherche pétrolière en mer du Nord. L'État hébreu accepte d'autant plus facilement qu'il est à l'origine de la manœuvre par le biais de ses services secrets. Il fournit même les équipages. Dans la nuit du 24 au 25 décembre, vers 2 heures du matin, les vedettes prennent le large. Elles arrivent à Haïfa le jour de l'an.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/9d/Cherbourg.svg/250px-Cherbourg.svg.png


L'affaire est révélée le 26 décembre 1969 par une dépêche de l'Agence centrale de presse (ACP). L'information connaît un retentissement mondial.

Le ministre de la Défense Michel Debré, pressé de trouver des responsables, sanctionne le général Gazelles et l'ingénieur général Bonte, qui président le comité interministériel chargé de garantir l'exportation régulière des matériels de guerre, le CIEEMG, selon la dénomination officielle. Cela n'empêche pas la France d'être la risée des chancelleries.

Selon l'historien Pierre Razoux, le gouvernement français fut informé des intentions israéliennes par l'intermédiaire de ses services de renseignements mais laissa faire, saisissant ce prétexte pour officialiser des contrats d'armements préalablement conclus avec certains États arabes [1]. La politique de neutralité mise en place par De Gaulle fut ainsi sauvegardée, l'armée israélienne et les armées arabes ayant toutes deux été fournies avec du matériel français.

La construction des 12 vedettes résultait de deux contrats signés les 26 juillet 1965 et 14 mars 1966 entre l'État d'Israël et les Constructions mécaniques de Normandie (CMN), plus connus à Cherbourg sous la dénomination de Chantiers Amiot. La première vedette fut lancée le 11 avril 1967 et la douzième et dernière le 16 décembre 1969.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Vedettes...

 

doc PDF : 4228_5_vedettes_cherbourg.pdf

 

 

 

Les aspects actuels de la réglementation du commerce des armes (1969).


 

 

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21/11/2009

Au salon Milipol, Taser sans fil et flashball (un peu) létaux

pris sur Rue89

Au salon Milipol, Taser sans fil et flashball (un peu) létaux

Armes non-létales, moins létales, sublétales… au salon de la sécurité, les fabricants se prennent les pieds dans le tapis.

Antoine Di Zazzo, de Taser France, fait une démonstration au salon Milipol de Paris, le 18 novembre (Chloé Leprince/Rue89)

Milipol, le salon de la sécurité intérieure, s'achève ce vendredi, Porte de Versailles, à Paris. Quatre jours de travées musclées, près d'un millier d'exposants, des attributs virils à foison, et des gâchettes du monde entier. Le raout (d'envergure mondiale, attention) a eu lieu alors que les polémiques se multiplient en France sur l'utilisation d'armes réputées non mortelles, flashball ou taser en particulier. Par exemple après que Joachim Gatti a perdu un oeil dans une manifestation, à Montreuil, à l'été 2009.

Une publicité pour Flashball (DR)Petit tour d'horizon des stands qui vantent ces armes à « létalité réduite ». Premier constat : les difficultés lexicales. Ainsi, chez le fabricant stéphanois Verney-Carron, qui distribue l'essentiel des flashballs utilisés par la police en France, on se tire beaucoup les cheveux au rayon traduction.

Sans que personne à la direction ne se souvienne officiellement à quand remonte le changement, on est ainsi passé du terme « arme non létale » à « arme sublétale » ( »relatif à un état proche de la mort »). Sur le site, on parle toujours d'« arme à létalité atténuée ». Officiellement toujours, « ce changement n'a aucune signification », assure Guillaume Verney-Carron. Sauf que, sur les affiches du stand, rédigées en anglais, on lit « less lethal weapons » (« armes moins létales »).

Une traduction maladroite qui en dit long

Quelques allées plus loin, les Brésiliens Taurus (les pistolets) et Condor (les munitions) n'ont pas vu le magazine distribué à l'entrée du salon à plus de 20 000 visiteurs. Une bourde attire pourtant l'attention : l'article qui est consacré à l'arsenal de caoutchouc qu'ils commercialisaient dès 1985 est titré « Létales, mais efficaces » :

« Les produits de Condor Tecnologias Nao-Letais (Brésil) sont non-létaux et avant tout destinés au maintien de l'ordre et au contrôle des émeutes. »

L'article consacré aux produits Condor (DR)

Alors, létal, un peu létal, moins létal, moyennement létal, pas vraiment létal ? Visiblement, les exposants brésiliens, non francophones, n'avaient pas remarqué l'erreur, modérément à leur goût. Quand on lit la suite de l'article, on comprend en fait que deux des révolvers sont utilisables aussi bien à balles réelles qu'avec des projectiles en caoutchouc.

Distribution de Que-sais-je à volonté

Pour sa part, la société SMP Technologies, le distributeur français de Taser, ne s'embarrasse pas de pirouettes lexicales, et affiche un moral d'acier pour vendre ses armes explicitement « non létales ». Sans ciller ? Voire. Le PDG, Antoine Di Zazzo, accusé d'avoir espionné son détracteur Olivier Besancenot, a tout de même investi dans des centaines d'exemplaires du « Que sais-je » publié aux PUF et intitulé « Les armes non létales ».

Le bouquin part comme des petits pains, sur le stand, tandis que les candidats défilent pour tester à quoi ça ressemble, de se faire taser en direct.

Avec Antoine Di Zazzo, pas de circonvolutions pour savoir s'il fait bon appeler « non létale » une arme qu'Amnesty International accuse d'avoir tué plusieurs centaines de personnes outre Atlantique. Même si le Conseil d'Etat a rendu cette année une décision sanctionnant la généralisation des pistolets X26 dans la police municipale faute d'instruction suffisante, le distributeur trace sa route.

Pour le salon Milipol, il venait de recevoir de la maison mère, basée en Arizona, deux nouveaux modèles qu'il espère bien vendre aux forces de l'ordre françaises.

Deux nouveaux modèles fraichement déballés

Deuxième constat : les armuriers eux-mêmes ne savent pas toujours très bien de quoi on parle, à force de louvoyer face aux critiques.

Le X3, dernier modèle de pistolet électronique Taser, a pour spécificité un double laser permettant de voir si l'interpellé a déjà été touché, et trois cartouches adaptées à la distance de tir. Di Zazzo, qui affirme « avoir écouté les critiques et fait modifier le produit aux Etats-Unis », et précise que la différence entre l'ancien et le nouveau modèles réside dans l'intensité de la douleur provoquée par le courrant électrique - désormais plafonnée. (Voir la vidéo)

 

Après vérification sur le stand de Taser US, où le fondateur de la société américaine répond en anglais et en personne, il n'y a pas de caméra sur le pistolet X3. Contrairement à ce qu'affirmaient la chef de produit chez Taser France et Antoine Di Zazzo.

Simple boulette ? Pas sûr, car l'argument de l'enregistrement automatique de l'action est servi en permanence par les défenseurs des armes non létales en France. Antoine Di Zazzo, qui sait que l'Hexagone est frileux sur ce point, affirme que la quasi totalité des pisolets X26, seul modèle actuellement en service en France, ont été commandés équipés d'une caméra. On peut en douter vues les statistiques fournies par Tom Smith, patron de Taser US :

« Depuis le lancement, en 2003, nous avons produit 350 000 pistolets Taser, et 40 000 caméras à intégrer dedans. Les caméras n'ont été vendues qu'à partir de 2006. En fait, c'est pour éviter l'escalade de la violence que nous avons décidé de supprimer la caméra insérée dans la crosse.

Parce que, pour enregistrer une séquence et donc un suspect, il fallait obligatoirement lui braquer l'arme dessus. On a préféré commercialiser un casque équipé d'une caméra qui ressemble davantage à une oreillette bluetooth. »

Autre nouveauté de ce rayon qu'on est à deux doigts d'appeler « paralétal » : le fusil à pompe pour munitions de 12 mm -jaune, « pour ne pas confondre avec un fusil classique“- et sa nouvelle munition, la XREP -une balle d'aspect un peu bizarre qui semble inventée par Géo-trouvetout.

La munition (199 euros pièce pour info) a pour spécificité d'agir comme un projectile qui vient se planter dans les vêtements et se déplie en deux impacts. Si la personne interpellée arrache ce ‘Taser sans fil’, il reçoit une décharge électrique. Nouvelle démonstration par Antoine Di Zazzo, qui précise que la chose se tire aujourd'hui à 32 mètres et qu'elle n'équipe pas encore les forces de l'ordre françaises. (Voir la vidéo)

 

Antoine Di Zazzo, de Taser France, fait une démonstration au salon Milipol de Paris, le 18 novembre (Chloé Leprince/Rue89)



 

21:04 | Lien permanent | Commentaires (0) |

The Young Gods "She Rains"

20:54 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Anti 0tan - Antirépression - Legal Team - Auto défense Juridique

L’Egregore du 16 Novembre 2009

jeudi 19 novembre 2009, par OCL Reims

 

Débat suite au procès des deux jeunes manifestants de Rostock.

Pour télécharger l’émission :

Enregistrer la cible ->ici<- (avec le bouton droit de la souris)

Toutes les émissions de l’EGREGORE peuvent être rediffusées sur les ondes.
La seule condition étant naturellement d"en indiquer la source. :-)

http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article652

 

Le site de l’antirépression Strasbourg à pour objectif de fournir une aide juridique a tous les membres du contre sommet anti-OTAN de Strasbourg 2009. Vous aussi vous pouvez aider à l’antirépression en faisant un don

Vous pouvez trouver sur ce site :

- Le guide juridique
- Le pense bête (corrections)

- Legal Guide
- Legal Sheet

- Rechtshilftips

- Manual Basico

- Consigli Legali

- HUKUKGURUBU

- Demande de défichage du fichier STIC

- Brochure sur le fichage ADN

- D’autres matériaux

Antirepression.org a aussi pour objectif de suivre en temps réel l’actualité du contre sommet et de la répression. Vous pouvez suivre l’ensemble de cette actualité dans le flux principal des articles.


11:41 | Lien permanent | Commentaires (0) |

20/11/2009

Communiqué de presse des lycéens rémois contre la repression policière

Communiqué de presse des lycéens rémois contre la repression policière

A l’appel de lycéens mobilisés de Reims contre la venue de F.Fillon, L.Chatel et V. Pécresse au lycée Roosvelt pour gratifier les « cordées de la réussite » et la réforme du lycée, près de 300 personnes ont répondu présentes.

Organisés en cortège pacifique, les lycéens se sont vus chargés par les CRS sans la moindre sommation. Dans la panique qui a suivi cette charge violente, une milice de barbouzes en costumes avec armes à feu apparentes en ont profité pour appréhendé violemment (coups de poings, coups de pied, coups de ceintures et coups de matraques et intimidation envers les personnes essayant d’aider les interpellés et blessés) des manifestants.

Notamment, quatre lycéens ont fini à l’hôpital, dont un emmené à l’écart de la manifestation par la police qui lui a fracturé les deux genoux.

La police de Sarkozy a toujours été violente, cependant cette fois-ci, les méthodes utilisées ont été particulièrement intolérables par leur démesure, qui plus est sur des lycéens dont la plupart sont mineurs.

Nous condamnons fermement cette répression ayant pour seul but de faire taire toutes les oppositions aux réformes réactionnaires de Sarkozy et son gouvernement. Nous exigeons la relaxe immédiate des interpellés et les sanctions les plus fermes possible envers les forces de l’ordre.

Nous appelons dès maintenant l’ensemble des lycéens et personnels de l’éducation à se mobiliser contre la réforme du lycée et la répression policière. Manifestation mardi 24 novembre à 10h : maison des syndicats.

des lycéens mobilisés de Reims

 

Reims : Manifestation de lycéens contre F. Fillon

- France 3 -

Manifestation de lycéens devant Roosevelt. Deux membres des forces de l'ordre blessés, douze lycéens interpellés.

 

Violente manifestation devant le lycée Roosevelt de Reims à l'occasion de la venue des membres du gouvernement.

En début d'après-midi, 150 à 200 jeunes brandissant une bannière "Lycéens en lutte" "Lycéens en colère" ont affronté les forces de l'ordre face au lycée Roosevelt de Reims.

Ils manifestaient contre le projet de réforme du lycée.
Deux policiers ont été légèrement blessés et douze lycéens ont été interpellés par les forces de l'ordre. Les manifestants qui protestaient contre la "mise en concurrence des lycées", la suppression des postes de professeurs et le "flicage des lycéens" ont été repoussés hors du périmètre du lycée par une cinquantaine de gardes mobiles avant l'arrivée du Premier ministre.

Dernière minute :
4 lycéens interpellés lors de la venue de F. Fillon ce jeudi sont passé en comparution immédiate au tribunal de Reims.
Il a été requis 3 mois de prison ferme pour trois d'entres eux.
5 mineurs passeront ultérieurement devant le juge pour enfnants.


Selon un journaliste de l'AFP qui suivait la délégation ministérielle, la presse a été cantonnés à la gare pendant la manifestation des lycéens et n'a pu accéder au lycée qu'après l'évacuation du périmètre par la police.

Regrettant ces débordements, le président de la région Champagne-Ardenne Jean-Paul Bachy (Divers Gauche) a estimé que les manifestations se comprenaient en "réaction (..) à un pouvoir qui sent aujourd'hui depuis Paris qu'il a des difficultés à convaincre la France profonde". "Petit à petit un climat de tension se crée dans ce pays, qui n'est pas propre à la mobilisation des énergies", a-t-il ajouté en stigmatisant le type de "visite éclair" du Premier ministre.

http://lorraine-champagne-ardenne.france3.fr/info/champagne-ardenne/REIMS-:-Manifestation-de-lyc%C3%A9ens-contre-F.-Fillon-59020533.html

 

gragra3
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Posté le 20-11-2009 à 13:50:23
c'est vraiment navrant de n'avoir qu'un seul point de vue qui est celui des journalistes. Je veux signaler les dérapages commis sur des lycéens innocents. Un jeune lyceen a été "embarqué" par les crs pres de la gare, molesté et "massacré" simplement parcequ'il ne fuyait pas(pour cause il récupère d'une grippe)  
Ce jeune mineur a du être conduit dans la nuit à l'hopital de reims par les crs, suite aux coups reçus. Personne ne connait encore l'empleur de ses lésions puisqu'il n'est pas visible (même par ses parents)
Et comme il faut bien que les crs présentent des coupables, tout le monde s'en fiche que ces jeunes soient innocents ou pas puisqu'ils passent en comparution immédiate cet après-midi.
J'espère que toute la lumière sera faite sur ces pauvres lycéens qui n'ont rien fait d'autre que manifester pacifiquement avant de se faire "charger" par les CRS.
F3 Champagne Ardenne
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Posté le 20-11-2009 à 08:27:50
Envoyez-nous vos photos ou vidéos de cet événement sur cette page :
http://lorraine-champagne-ardenne.france3.fr/info/champagne-ardenne/Toutes-les-chroniques-de-la-r%C3%A9daction-57074290.html

ou sur : france3.reims@france3.fr

Nous les publierons

A très bientôt.
dominus5
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Posté le 19-11-2009 à 21:41:19
Je voulais réagir au traitement de l'information du journal régional de france 3 concernant  cet évènement . La journaliste a souligné par deux fois (en début et fin de journal) que " des lycéens s'en étaient pris aux forces de l'ordre" ... Comment peux-t-on tenir de tels propos au vu des images choquantes de CRS chargeant des lycéens (mineurs pour la plupart) ? Je souhaite que d'autres vidéos prises par des portables puissent bientôt étayer mes dires, que chacun se rende compte avec quelle violence les forces de l'ordre ont âgi ; et tout ceci dans le seul but de faire place nette aux ministres Fillon et Chatel ! La répression au service de la propagande ...
tadoudom
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Posté le 19-11-2009 à 19:30:43
Je suis tout à fait d'accord avec Madiiine !!! On parle toujours des CRSS qui sont LEGEREMENT blessés mais les jeunes qui le sont on en parle pas assez à mon gout !!!  
Et sur ces images on voit les CRS renverser tous les plots, après on dit que ce sont les jeunes qui foutent le bordel !!!
anais0104
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Posté le 19-11-2009 à 19:16:16
Vous ne parlez pas des jeunes qui ne criaent que des slogans et qui se sont fait 'attaquer' résultat : un mec s'est fait casser les DEUX jambes et s'est fait taper dans les poumons pour cracher le sang qui lui restait , un autre s'est fait défigurer et s'est aussi fait tapé dans les poumons , plusieurs filles se sont fait écraser et devinez par qui ? PAR DES CRS ! C'est une violence légal et gratuite , ils n'appelleraient pas les pompier biensûre que non , il défigurent, et vont faire la même chose 10 m plus loin . Celui qui a les deux jambes cassées a du être proté par d'autre jusqu'au boulingrin pour ne pas se faire interpeller ... Et ne croyez pas que tout ce que bous avez entendu aux infos étaient vrais , les jeunes avaient répéter 4 fois avant d'être filmés ...
soaresdu51
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Posté le 19-11-2009 à 19:15:20
Pourquoi vous ne parlez pas des élèves qui ont été embarqués pour rien et des élèves, nos amis, qui ont été bléssés ?! INJUSTICE !
tadoudom
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Posté le 19-11-2009 à 19:12:58
Ouaiiiis exactement, je suis d'accord avec Madiiine ! On parle toujours des CRS qui sont légèrement blessés mais les jeunes qui sont blessés on les oublis un peu trop à mon gout !  
Et quand on regarde les images on voit que ce sont les CRS qui mettent tous plots par terre et après on dit que ce sont les jeunes ... pffff
madiiine
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Posté le 19-11-2009 à 18:04:43
vous ne parlez pas des jeunes qui ont été blessé suite aux coup que les CRS leurs ont mis ainsi que le jeune ayant les jambes bien amochés.
ModerateurFTV
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Posté le 19-11-2009 à 17:33:08
3DManifestation de jeunes devant le Lyc

23:02 | Lien permanent | Commentaires (0) |

19/11/2009

Ivan Khutorskoi, 26 ans, ancien chanteur punk

Affrontement entre jeunes d'extrême droite et militants antifascistes à Moscou

L'affrontement entre jeunes ultranationalistes russes et groupes antiracistes musclés se joue désormais dans les rues de Moscou, après le meurtre, lundi, d'un militant antifasciste connu.

Ivan Khutorskoi, 26 ans, ancien chanteur punk, s'occupait de la sécurité des meetings du mouvement Antifa, pour antifasciste. Il était aussi connu pour organiser des rencontres de boxe clandestine à mains nues, et des attaques violentes contre des ultranationalistes.

Il a été abattu lundi soir de deux balles dans la tête devant sa porte, dans un immeuble de la banlieue de Moscou. Le lendemain, environ 80 hommes masqués s'attaquaient à coups de pierres et de barres de fer au siège du mouvement de jeunesse pro-Kremlin Jeune Russie, selon son dirigeant Maxime Mishchenko.

Les détracteurs du Kremlin considèrent que Jeune Russie et d'autres mouvements de jeunesse similaires ont été créés par le pouvoir pour fournir si besoin des bras en cas de bagarre avec l'opposition. Les groupes antiracistes affirment que ces mouvements sont proches des ultranationalistes, dans cette Russie qui compte des dizaines de milliers de skinheads néo-nazis.

"Si personne à part nous n'essaie d'arrêter les nazis et ceux qui les couvrent, nous utiliserons tous les moyens nécessaires", écrit mercredi le bloggeur Anarcho Punk. D'autres ont "dédié" l'assaut contre Jeune Russie à Khutorskoi, figure tutélaire des antifascistes, et qui selon eux avait survécu à trois tentatives d'assassinat.

Selon ces mêmes bloggeurs, Mishchenko, député membre de Russie Unie, le parti de Vladimir Poutine, est très proches de Russky Obraz, groupe ultranationaliste extrémiste qu'ils pensent être derrière l'assassinat de Khutorskoi. Des allégations qualifiées de "mensonge absolu" par Mishchenko.

Khutorskoi faisait parfois le service d'ordre pour les conférences de presse de Stanislav Markelov, avocat spécialiste des droits de l'homme bête noire des ultranationalistes. Mais il n'était pas là lors de celle de janvier dernier, lorsque Markelov et un journaliste furent abattus.

Selon Galina Kojevnikova, directrice de Sova, organisation indépendante de surveillance des crimes racistes et extrémistes, les groupes Antifa sont en rapide développement ces dernières années, attirant des jeunes gauchistes et ceux qu'inquiète la xénophobie croissante et la multiplication des crimes racistes en Russie. Mais les groupes antifascistes sont loin d'avoir autant de militants que "l'armée des ultranationalistes", dont le mouvement est plus ancien, note-t-elle.AP

nc/v

Copyright 2009 The Associated Press. All rights reserved. This material may not be published, broadcast, rewritten or redistributed.

 

 

Hier soir, lundi 16, Ivan Khutorskoi,26ans,a été abattu dans l’escalier de son immeuble de Moscou.
Bien que les gens ne connaissent pas son nom,c’est une perte énorme pour de nombreux antifascistes et militants gauchistes russes ; Ivan avait des idées de gauche et participait souvent à des actions et manifestations sociales. Mais avant tout,il était connu comme un des leaders du mouvement antifa moscovite. Il ne fait aucun doute pour beaucoup de ses amis que des néonazis russes ont commis le crime.
Comme les adresses & noms d’autres antifascistes bien connus (par exemple Stanislav Markelov et Nikolai Girenko), l’adresse et le nom de Ivan étaient fréquemment cités sur des sites nazis appelant à son élimination. En fait ,ce meurtre est la quatrième d’une série d’attaques contre Ivan. La première a eu lieu en 2005,lorsque des nazis l’ont agressé et blessé à la tête avec une lame de rasoir. Cet incident a été filmé et utilisé plus tard dans le documentaire « Ordinary antifascism » sur NTV.
La deuxième fois,les militants d’extrême-droite l’attendaient à l’entrée de son immeuble et cette fois Ivan eut plusieurs blessures au cou , causées par un tournevis et de nombreux coups de batte de base-ball , il survécut miraculeusement.
En janvier 2009, Ivan a été poignardé à l’estomac pendant une bagarre dans la rue et il survécut de nouveau à cette agression. Il semblerait maintenant que les nazis ont atteint leur but à la quatrième tentative.
Récemment , Ivan s’était engagé à assurer la sécurité lors de concerts de groupes antifas et était aussi organisateur de tournoi d’arts martiaux pour antifascistes. Ses amis se souviennent de lui comme quelqu’un de très gentil, connu pour son attachement aux notions d’amitié, de liberté et de solidarité.
A présent , la police d’investigation est en train d’établir les circonstances du crime . Dans le même temps, des informations sur le meurtre sont déjà apparues sur les sites web nazis.
C’est le sixième antifasciste tué à Moscou au cours des dernières années. En avril 2006,Alexander Ryukhin , 19 ans , est décédé après avoir reçu de nombreux coups de couteaux avant un concert de hardcore dans le voisinage de la station de métro Domodedoyskava. Ce meurtre a été élucidé ; trois des agresseurs, militants d’extrême-droite, ont été condamnés à entre 4 ans et demi et 6 ans de prison.
Deux autres agresseurs sont encore recherchés par la police , pendant qu’un sixième , Nikita Thikonov a été arrêté le 4 novembre , soupçonné du meurtre du juge Stanislav Markelov et de la journaliste Anastasia Babuova qui étaient aussi engagés dans le mouvement antifasciste russe . Une vingtaine de néonazis avaient attaqué un groupe de jeunes gens près de « Maroseika 6 » . Alexei a reçu 34 coups de couteau et est décédé sur les lieux .
En octobre 2008, Fyodor Filatov , un leader des skinheads antifascistes a été assassiné à l’entrée de son immeuble.
Le 28 juin 2009 , une bande de nazis a tué l’antifasciste Ilya Dzhaparidze, à l’aide de pistolets et de couteaux. Il a été transporté à l’hopital où il est décédé de multiples blessures .

http://toulouse.indymedia.org/spip.php?page=article&id_article=42547

 

 

Nationalists Suspected in Russian Activist’s Death


 

Published: November 17, 2009

MOSCOW — A young antiracist campaigner who frequently clashed with Russian nationalists has been killed in Moscow in what investigators and analysts suggest is probably part of an increasingly violent conflict between ultranationalists and groups that oppose them.

The 26-year-old victim, identified by antifascist groups and Russian news agencies as Ivan Khutorskoi, was shot in the head in front of his apartment building in eastern Moscow on Monday evening, the investigative wing of Russia’s Prosecutor General’s Office said in a statement on Tuesday. The statement, which did not identify the victim by name, said he was killed possibly because he was “an active participant in the antifascist movement.”

An unidentified police source was quoted by the Interfax news agency as saying that investigators were checking several nationalist groups for possible links to the killing.

Mr. Khutorskoi’s violent death is reminiscent of several fatal attacks in recent years against people associated with Russia’s so-called antifascist movement, a loosely organized group of mostly young activists that evolved in response to rising xenophobic and racist violence in Russia.

Darker-skinned Russian citizens and migrant workers are frequently the targets of attacks, with dozens dying each year in racist and xenophobic murders. Violence against antifascist campaigners, however, is not uncommon.

This month a man with ties to violent nationalist groups confessed to the murder last January of Stanislav Markelov, a lawyer, and Anastasia Baburova, a journalist, both of whom had connections to antifascist circles. Nikita Tikhonov, who has been charged as the shooter, said he killed Mr. Markelov out of revenge.

He did not elaborate, but a man with the same name had been wanted for the 2006 killing of an antifascist campaigner whom Mr. Markelov had represented.

Mr. Khutorskoi had been a visible campaigner against neofascist groups and the victim of several attacks in recent years, including one in 2005 that left him hospitalized.

An acquaintance of Mr. Khutorskoi, who asked to be identified only as Masha, confirmed in a telephone interview that he had been killed. She said that Mr. Khutorskoi, who was a social worker by profession, was a popular and influential member of antifascist and anarchist circles in Moscow — a fact that made him a likely target of violent neofascists.

“Every person who calls himself an antifascist risks the possibility of being killed,” she said.

In response to the violence, antifascist groups have increasingly adopted the tactics of their enemies, carrying out attacks against known nationalists, said Aleksandr Verkhovsky, director of the Sova Center, which monitors nationalist violence. He said the movements were locked in a simmering street war that appeared to intensify of late.

“They are certainly using more serious weapons,” he said. “Several years ago there were just fights and maybe they used sticks. Now knives are common and pistols are used frequently.”

http://www.nytimes.com/2009/11/18/world/europe/18moscow.html



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Soldats tués en Côte-d’Ivoire, la juge veut entendre MAM

06/11/2009 à 00h00

Soldats tués en Côte-d’Ivoire, la juge veut entendre MAM

Justice . Alliot-Marie était à la Défense quand les neuf Français sont morts.

1 réaction

Par THOMAS HOFNUNG

Qui a donné l’ordre de bombarder, le 6 novembre 2004, un campement de l’armée française à Bouaké, en Côte-d’Ivoire, tuant neuf soldats et un civil américain ? Cinq ans après, la vérité n’a toujours pas été établie, malgré la ténacité de la juge du tribunal aux armées de Paris, Florence Michon, qui instruit une plainte contre X déposée en janvier 2005 par les familles des victimes pour «assassinats, tentative d’assassinats et destruction de biens».

La magistrate, qui a entendu ces derniers mois plusieurs responsables de premier plan, dont Dominique de Villepin (à l’époque ministre de l’Intérieur), souhaite auditionner la garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, alors à la Défense. «MAM», qui a déclaré qu’elle répondrait à une éventuelle convocation de la juge, a assuré que les mercenaires «slaves»pilotant les deux Sukhoï-25 de l’armée ivoirienne impliqués dans le raid contre les Français n’avaient pas été identifiés à l’époque des faits. Or, comme le rappelle l’avocat de plusieurs familles de soldats tués, Me Jean Balan, il est établi qu’ils ont été arrêtés au Togo, au sein d’un groupe de huit mercenaires, quelques jours seulement après les faits, et mis à la disposition de Paris. Mais les ministères de la Défense et de l’Intérieur n’ont pas donné suite. Comme le rapportait le site Mediapart, en juin 2008, Dominique de Villepin, pourtant très au fait du dossier ivoirien, a affirmé à la juge Michon qu’il n’avait pas été informé de l’arrestation de ces mercenaires lorsqu’il était Place Beauvau.

Autre bizarrerie, des techniciens biélorusses, ukrainiens et russes chargés de l’entretien des Sukhoï avaient été interpellés par les forces françaises sur l’aéroport d’Abidjan après le raid, puis avaient été remis à un diplomate russe au bout de quelques jours. Devant la juge, le patron des forces françaises de l’époque, le général Henri Poncet, a confié : «Nous avions bien compris que nous ne devions pas nous intéresser aux mercenaires.» Depuis le début de cette affaire, les autorités françaises se comportent comme si elles avaient quelque chose à cacher. Les corps des victimes ont été enterrés à la va-vite, sans autopsie. Si vite que deux corps ont été inversés dans les cercueils. De source proche de l’enquête, on se demande si cette précipitation n’est pas liée à l’implication embarrassante dans cette affaire d’un marchand d’armes français installé au Togo. Robert Montoya, un ancien de la cellule antiterroriste de l’Elysée sous Mitterrand, est soupçonné d’avoir fourni les avions de fabrication soviétique aux autorités ivoiriennes, ainsi que les pilotes et les techniciens pour les opérer. Après le bombardement de Bouaké, c’est lui qui aurait récupéré les équipages slaves, assurant leur exfiltration vers leur pays d’origine, via le Togo. A ce jour, il n’a pas été entendu par la juge. Après le bombardement de Bouaké, l’armée française avait détruit la quasi-totalité de la flotte militaire ivoirienne. En représailles, les partisans du président Laurent Gbagbo avaient attaqué la communauté française, entraînant l’évacuation de plus de 8 000 personnes.

fulbert (315)
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A l'épreuve de la vérité...
Bonjour,

Au siècle dernier, Madame Michèle Alliot-Marie a commis un ouvrage intitulé "la République des irresponsables."

Faisant la leçon à tout ce qui bouge, elle écrivait à la page 223 de son bouquin : « La responsabilité est le fondement même de notre République. Sanctionner au sein même de l'Administration la passivité voulue, obliger à réparer les conséquences d'une attitude irresponsable dans l'exercice professionnel paraît une exigence de bon sens, et qui surtout a besoin d'être rappelée ? »

A l'épreuve de la vérité, elle doit enfin dire ce qu'elle sait... Tout ce qu'elle sait... Dans tout ce qu'elle sait... Et non fuir ses responsabilités surtout pour ce qui me concerne...

En effet, elle en a dit des énormités notamment sur "l'assassinat" d'un gendarme sur l'île de Saint-Martin (Guadeloupe) ; c'est-à-dire d'un meurtre avec préméditation, faisant l'amalgame avec le meurtre du jeune Ilan Halimi par un certain "Fofana" qui faisait parti d'un gang dit "le gang des barbares", fustigeant par ses propos irresponsables le peuple noir des Antilles !

Or la mort du gendarmes - qui ne peut en aucune façon être passée sous silence et l'auteur doit être sévèrement condamné - est le fait d'un dramatique accident d'un jeune sur une moto.

Ce dernier a également failli y laissé la vie.

La ministre de la défense ne pouvait ignorer la vérité d'autant que le chef de l'Etat, Monsieur Jacques Chirac et le ministre de l'intérieur de l'époque, Monsieur Nicolas Sarkozy, s'étaient abstenus de tout commentaire, attendant le résultat des enquêtes en cours. Lire http://archives0407.philippe-folliot.fr/actu/?2006/02/28/546-deces-du-gendarme-raphael-clin

La presse - "qui s'est emballée" selon Libé - a remis tout cela à l'endroit. Lire ici http://www.liberation.fr/politiques/010140986-affaire-clin-l-emballement-de-la-metropole-denonce

Je me permettrai, dès lors, de reparler de l'affaire qui m'oppose à la ministre de la défense, Madame Michèle Alliot-Marie, qui a couvert un général corbeau auteur d'usurpation de l'identité de MAM pour me faire chanter, détournant l'adresse électronique du gouvernement (ministère de la défense) pour ce faire, etc.

J'ai transmis les nombreuses preuves à MAM - qui m'a accusé réception - mais a refilé le fric de l'Etat à ce corbeau pour me poursuivre parce que j'avais démasqué ce général qui m'insultait par ailleurs sur le net. Ci-joint le lien ad-hoc http://www.yoyotte-armee.com/usurpation.htm

Dès lors, il est urgent - vu la rupture - que Madame la ministre, Madame Michèle Alliot-Marie, dise tout ce qu'elle sait... dans toutes les "affaires"...

J'espère que je pourrai y arriver - tout comme dans l'affaire des soldats tués en Côte d'Ivoire si elle connaît des "choses" qui doivent éclairer la manifestation de la vérité - car selon qu'on est puissant ou misérable, etc.

Je ne sais si ce message sera publié par notre hôte, mais force est de constater - sans flagornerie aucune - que le seul quotidien qui laisse les "sans-grades" s'exprimer est bien LIBERATION.FR !

En tout cas, j'ai eu l'audace d'aller sur un forum d'un quotidien qui commence par F et finit par O et qui enjolive souvent la réalité des "chefs" qui nous gouvernent. J'ai réfléchi. Ils m'ont censuré !
Samedi 07 novembre à 15h48




Des avions et hélicoptères saisis chez un ancien gendarme

- [ 1/16/2006 ]

 

 

Les autorités togolaises ont saisi ces dernières semaines des avions et des hélicoptères de combats appartenant à un ancien gendarme français installé à Lomé, Robert Montoya, a rapporté dimanche la présidence togolaise citant le commandant Moïse Oyomé Kemence, porte-parole des Forces armées togolaises (FAT).

"Nous avons saisi deux aéronefs Mig 23 et deux hélicoptères Mi8, des appareils de combat stationnés à l'aéroport de Lomé appartenant à Robert Montoya", qui possède plusieurs sociétés travaillant notamment dans le secteur du gardiennage et de la sécurité, a déclaré le commandant Kemence.

 

"Le gouvernement lui avait demandé de fournir des explications sur la provenance et la destination de ces appareils lorsqu'il a constaté leur présence", a-t-il ajouté.

 

Selon le commandant Kemence, une perquisition a été effectuée en décembre dans les bureaux des sociétés de M. Montoya à la suite d'une plainte déposée contre lui par le ministre togolais de la Défense Kpatcha Gnassingbé.

 

Le porte-parole des FAT n'a pas précisé si les avions de chasse et les hélicoptères saisis étaient en pièces détachées ou en état de vol.

 

"Laissons la justice s'occuper de ce dossier avec précision et sans préjugés. Nous ne savons pas si ces appareils sont destinés à la Côte d'Ivoire. Seul M. Montoya peut nous dire la provenance et la destination des appareils", a ajouté le commandant Kemence.

 

L'officier a affirmé que le Togo "ne servira jamais de zone de transit d'armes et de munitions vers la Côte d'Ivoire ou tout autre pays".

 

La Côte d'Ivoire, coupée en deux depuis une tentative manquée de coup d'Etat en septembre et en proie depuis lors à une grave crise politico-militaire, est sous le coup d'un embargo sur les armes imposé en novembre 2004 par l'ONU.

 

La juge du tribunal aux armées de Paris (TAP), Brigitte Raynaud, a séjourné cette semaine à Lomé dans le cadre de l'exécution d'une commission rogatoire internationale (CIR) visant à obtenir des informations sur la provenance du matériel militaire des forces loyalistes ivoiriennes ayant servi au bombardement d'un camp militaire français à Bouaké (centre, zone rebelle) en Côte d'Ivoire le 6 novembre 2004.

 

Cette attaque, réalisée par des avions Sukhoï 25, avait fait dix morts, neuf militaires français et un civil américain.

 

La juge s'interroge principalement sur l'origine de ces deux Sukhoï 25.

(XINHUA)

 

 

 

 

PRESSAFRIQUE 31.10.05
Le massacre du 09.11.04 à Abidjan par l'armée française - un  crime contre l'humanité - un fusible nommé Poncet - panique à l'Elysée - la commission d'enquête n'aura pas lieu

Le soldat «respecte l'adversaire et veille à épargner les populations. Il obéit aux ordres dans le respect des lois, des coutumes de la guerre et des conventions internationales»
La carte du soldat.

"Quand on veut noyer son chien on dit qu'il a la rage"

Suite à l'enquête judiciaire sur un certain nombre d'exactions commises par l'armée française en Côte d'Ivoire, le ministère de la défense s'est empressé de livrer à la vindicte populaire le général Poncet qui aurait couvert l'assassinat d'un présumé "bandit", Firmin Mahé, le 13 mai 2005, dans des circonstances atroces. Lors de son transfert à l'hôpital pour blessures légères celui-ci aurait été achevé par étouffement à l'aide d'un sac en plastique par des soldats français (deux soldats du rang et un adjudant-chef). Il a été ensuite enterré dans une fosse commune sans que la famille en soit avertie. Ce présumé "bandit" a été présenté par les médias français comme un "violeur, assassin, coupeur de route" sans l'ombre semble-t-il  d'une enquête judiciaire et de la moindre vérification déontologique. 
Quand on veut étouffer son chien on dit qu'il a la rage.  La Croix (27.10.05
la Côte d'Ivoire retient son souffle) va même jusqu'à écrire dans un article : " L'Ivoirien de la rue a du mal à comprendre qu'on reproche à des militaires d'avoir tué un «bandit» comme cela se fait, hélas, couramment ici sans autre forme de procès." A peu de choses près on retrouve les mêmes propos dans une bonne partie de la presse française qui reprend les communiqués de l'Elysée et de l'armée ( un peu comme au rwanda) sans trop se poser de questions. On espère simplement que pour ces euphémisateurs et culturalistes de service qui savent si bien faire parler les autres, que les faits dont on accuse Firmin Mahé alias Fabien sont vrais. Et même s'ils l'étaient cela ne justifierait en aucun cas le comportement inadmissible de soldats français couvert par leur hiérarchie. Par contre lorsqu'il a fallu évoquer la responsabilité française, dans les massacres du 9 novembre, soulevée par le rapport d'Amnesty International , on a eu le droit à un petit encart  dans Le Monde, Libération (26.10.05) et Le Figaro du 26.10.05 et guère plus jusqu'à ce jour. Une sensiblité médiatique à géométrie variable en fonction des canons de la mode dictés par l'Elysée?  Le 1er décembre 2004 le Canard Enchaîné s'était étonné du traitement médiatique des évènements de novembre en Côte d'Ivoire dans un article de Jean-François Juliard intitulé "La psychose d'une guerre gagne nos "amis" d'AFrique francophone. Délire sécuritaire des collègues de Chirac. Et enquête discrète des gendarmes." (01.12.04). Extrait (Des télés très embarquées) : "Pourquoi les télés françaises - qui avaient pourtant brocardé le journalisme américain au garde-à-vous en Irak - se sont-elles longtemps contentées d'une seule version des faits? Un reporter, présent sur place, raconte : "pour des raisons de sécurité, les confrères étaient très encadrés par l'armée française. Le matin le commandant, responsable des relations avec la presse les réunissait et annonçait le programme. Très Club Med. Par exemple : "Activités de ce 10 novembre. TF1 : patrouille en VAB (un blindé léger). France 2 : extraction (évacuation) de compatriotes dans le quartier du Plateau" Etc ." 

Le général Poncet, le colonel Burgaud  ainsi qu'un autre haut gradé dont le nom devrait être connu dans les jours à venir ont subi des sanctions disciplinaires. Ils ont été reconnus coupables d'avoir "couvert" cet assassinat. Le général Poncet a été suspendu à titre provisoire et conservatoire à la demande du ministre de la défense. C'est la première fois dans l'histoire de la République françafricaine qu'un quatre étoiles est suspendu. C'est donc que l'heure est grave. Or si l'Elysée via Michèle Alliot-Marie a pris cette décision aussi sévère en portant la charge sur le général Poncet principal responsable des opérations de la Licorne en Côte d'Ivoire au moment des faits c'est que les faits reprochés à certains hauts gradés pouraient être beaucoup plus graves et risqueraient de porter atteinte aux politiques qui les ont couvert. En effet, on compte depuis l'intervention des forces "impartiales" françaises en Côte d'Ivoire un certain nombre d'exactions dont il est fort probable que certaines n'ont pas même encore été portées devant la justice. Pour celles qui ont été signalées on note un certain nombre de crimes : "sur les quelque 50.000 soldats français qui se sont relayés depuis trois ans  au sein du contingent Licorne, 12 ont déja été condamnés pour vol, 1 pour meurtre, et 6 en attente de jugement pour viol"(JAI 23.10.05
L'honneur terni du général Poncet ). A cela s'ajoute le cas de six autres qui ont braqué la banque de Bouaké ( Le Messager 21.10.05 L'étrange affaire Poncet).  Par ailleurs le laxisme de la justice militaire française a entraîné la libération par erreur de deux des soldats impliqués dans le cambriolage des agences de la BCEAO à Bouaké et à Man (Le général Henri Poncet humilié : les vraies raisons d'un sacrifice - Décryptage , Courrier d'Abidjan 18.10.05). Beaucoup plus problématique, même si la presse coutumière de la loi de l'omerta ne l'aborde pas,  sont les responsabilités politiques et militaires françaises au regard des massacres commis par certains soldats de la force Licorne lors des manifestations antifrançaises  à l'encontre des civils ivoiriens qui manifestaient début novembre 2004.

Le lâchage du général Poncet, responsable des opérations au moment des faits, pourrait constituer le fusible protégeant les politiques au plus haut niveau qui ont couvert ces exactions, à savoir la ministre de la défense et le président de la république. La panique est telle à l'Elysée que l'on soutient, en dépit de la réalité des faits avérés, la théorie de "la légitime défense élargie" et que l'on refuse toute commission d'enquête parlementaire demandée par la Fédération Internationale des Droits de l'Homme, de la Ligue des Droits de l'Homme, par des députés socialistes et communistes (Nouvel Obs.com PC et PS veulent
une enquête
; FIDH 30.11.04 La FIDH et la LDH demandent au Parlement français d'ouvrir une commission d'enquête sur la répression des manifestations du 9 novembre en Côte d'Ivoire ;FRATERNITE MATIN 27.10.05 Affaire Poncet : un député socialiste et Amnesty International chargent la France ). Un déni de démocratie au pays des droits de l'homme sous prétexte que "cela constituerait une défiance à notre armée". (JAI 08.02.05  Michelle Alliot-Marie, à propos d'une enquête sur les évènements de l'hôtel Ivoire "Ce serait une défiance à notre armée"). 

Ce "deux poids deux mesures" reste bien incompréhensible. Pourquoi ne pas alors envisager que l'enquête sur le général Poncet constituerait une défiance à notre armée? Si l'on remontait la chaîne du commandement dans les évènements de novembre 2004, il faudrait de toute évidence aborder les responsabilités politiques. Et déja les "plumitifs attitrés de l'Elysée et des cabinets ministériels français",comme les nomme Notre Voie ( 26.10.05 Acculé, Paris livre Poncet ), chargent au maximum un général Poncet qui décidément a le dos très large. François Soudan dans Jeune Afrique l'Intelligent écrit (JAI 23.10.05 L'honneur terni du général Poncet) :
"C'est lui et lui seul (le général Poncet, ndlr) qui prend ainsi la décision de détruire, sur l'aéroport de Yamoussoukro, les deux Sukhoï responsables du raid meurtrier sur la base française de Bouaké - informé qu'après coup d'un ordre de destruction qu'il avalisera et étendra aussitôt à la totalité de la flotte aérienne ivoirienne. C'est lui et lui seul qui, dans la nuit de ce même 6 novembre, décide de recourir aux hélicoptères de combat pour empêcher la foule des manifestants de traverser les deux ponts d'Abidjan. C'est lui et lui seul, enfin, qui, le 9 novembre, ordonne aux forces spéciales d'aller prêter main forte aux marsouins du colonel Destremau bloqués dans l'hôtel Ivoire, avec autorisation de tirer." En clair l'armée française fait ce qu'elle veut en Côte d'Ivoire et échappe à tout contrôle politique. Sommes nous entrés dans l'ère de la dictature en ce qui concerne la politique africaine de la France? Et s'agit-il pour les politiques de reprendre le dessus en sanctionnant un haut-gradé incontrôlable?

Le massacre commis le 9 novembre à l'encontre des manifestants ivoiriens, peut être qualifié sans encombre de crime contre l'humanité dans le sens où il y a eu tirs à balles réelles sur des manifestants belliqueux mais non armés comme le montrent les images de la télévision ivoirienne reprise dans l'émission 90 minutes (Canal Plus 90 minutes 14.02.05 le mardi noir de l'armée française). Cette émission, du fait des pressions exercées par la Françafrique, a été mise sous contrôle et est devenue étroitement surveillée quant au contenu des thèmes abordés d'après le Canard Enchaîné (Pressafrique 21.09.05 Haro sur 90 minutes - La Françafrique muselle Canal Plus ) .  L e rapport d'Amnesty International met lui aussi en cause la méthode utilisée par les forces françaises pour réprimer les manifestations anti-françaises autour de l'Hôtel Ivoire. Dans ce rapport il est écrit noir sur blanc que "les forces françaises ont, à certaines occasions, fait un usage excessif et disproportionné de la force létale alors qu'elles se trouvaient face à des manifestants qui ne représentaient pas une menace directe pour leurs vies ou la vie de tiers» (Côte d'Ivoire : un avenir lourd de menaces, Amnesty International 26.10.05).  Le ministre de la défense en dénonçant l'omission de certains faits dans ce rapport et en arguant que les forces françaises étaient en "légitime défense élargie" se place en protecteur des soldats de la Licorne qui ont réprimé les manifestations et semble bien décidé, selon son bon vouloir, à déclarer ce qui doit être sanctionné et ce qui ne doit pas l'être (Nouvel Obs.com 28.10.05 Abidjan : Alliot-Marie conteste Amnesty ). Or, le mandat des Nations-Unies n'autorise en aucun cas l'armée française à tirer à balles réelles sur des civils désarmés. Cette attitude ne peut être en aucun cas assimilée à une « opération de maintien de l'ordre sous mandat de l'ONU ». Rien ne semble plaider en la faveur d'une telle opération à en croire les images de la télévision ivoirienne repris dans l'émission de Canal Plus 90 minutes, le 14.02.2005 (Le mardi noir de l'armée française). La volonté de couvrir les exactions de l'armée française au plus haut niveau ne relève-t-il pas du même délit attribué au général Poncet sur l'assassinat de Firmin Mahé? La question reste entière mais la communication de Michèle Alliot Marie avant de plaider "une légitime défense élargie" a connu de nombreuses vicissitudes et des variations pour le moins surprenantes montrant un cafouillage et un manque d'accordage dans la communication entre le ministère de la défense et les haut-gradés de l'armée. Une confusion qui ne semble toujours pas dissipée mettant les responsables politiques directement concernés dans une position d'équilibriste intenable. D'autant plus que certains éléments ne semblent pas aller dans le sens d'un général Poncet seul aux commandes. Ainsi dans le journal d'Antoine Glaser, la Lettre du Continent (N°460, du 9 décembre 2004) dans l'édito de première page ("Le profond "trauma" ivoirien!", il est évoqué les liens étroits entre Poncet et MAM lors de la crise ivoirienne : "Mais aux moments de la crise à Abidjan, le commandant de la force Licorne, le général Henri Poncet, était en direct avec la ministre de la défense, Michèle Alliot-Marie, et les diplomates étaient complètement déconnectés...". Le Canard Enchaîné du 01.12.04 signale dans un article intitulé "Enquête discrete sur le secret de la Licorne" : "qu'une enquête interne ordonnée par Alliot-Marie concerne les conditions d'ouverture du feu, les dispositifs de protection et d'organisation des sites occupés ainsi que la présence et le rôle d'éventuels tireurs d'élite". Ce rapport a l'époque n'avait pas donné lieu à une enquête par le parquet. Ces éléments attestent que la ministre de la défense a été assez rapidement mise au parfum sur les "dérapages" des troupes françaises devant l'hôtel Ivoire pouvant expliquer certains revirements rhétoriques. Retour sur un cafouillage et un brouillage de la communication sur le drame du 9 novembre flirtant avec la désinformation.

Déclaration de Michèle Alliot-Marie le 10.11.04 :  
C'est qu'il y a eu des échanges de coups et de tirs entre la foule, les jeunes patriotes et les soldats (ivoiriens,ndlr), les militaires (ivoiriens, ndlr) et gendarmes ivoiriens qui étaient en interposition entre la foule et les blindés français". (Canal Plus 14.02.05 90 minutes le mardi noir de l'armée française).

Déclaration du général Poncet responsable de l'armée en Côte d'Ivoire le 13.11.04 qui contredit MAM et admet les tirs français mais évoque la légitime défense:
" Des tirs sont partis sur nos forces depuis les derniers étages de l'hôtel ivoire de la grande  tour que nous n'occuppions pas et depuis la foule. Dans ces conditions nos unités ont été amenées à faire des tirs de sommation et à forcer le passage en évitant bien évidemment de faire des morts et des blessés parmi les manifestants. Mais je répète encore une fois les premiers tirs n'ont pas été de notre fait".(Canal Plus 90 minutes 14.02.05 le mardi noir de l'armée française)

Le 15 novembre 2004, le colonel Gérard Dubois enfonce le clou, "porte-parole de l'état-major français, s'exprimant à la télévision suisse romande, dément implicitement les premières explications de la ministre Michèle Alliot-Marie (les soldats français n'ont pas tiré, mais il y a eu échange de coups de feu entre manifestants et militaires ivoiriens), en reconnaissant : « Nous avons effectivement été amenés à tirer, des tirs en légitime défense et en riposte par rapport aux tireurs qui nous tiraient dessus. » Il est à noter que TV5, chaîne francophone émettant en direction de l'Afrique, a soigneusement veillé à ne pas reprendre cette interview du porte-parole de l'état-major" (L'Humanité, 27.11.04 ; Et les soldats français ont tiré....)

Le chef de la gendarmerie ivoirienne Guiabi lance la polémique, il accuse le colonel français qui dirigeait les opérations à l'hôtel Ivoire d'avoir provoqué la fusillade :
" Il a donné l'ordre de tirer il n'y avait pas de tirs auparavant, il n'y avait pas eu  un seul coup de feu avant que les militaires français commencent à tirer.  Ils n'ont pas tiré au hasard les militaires français, c'est leur chef de corps qui a donné l'ordre de tirer"(Canal Plus 90 minutes 14.02.05 le mardi noir de l'armée française)

Le chef d'état-major Henri Bentégeat monte au créneau et déclare le 3 décembre 2004 : "Nous avons eu le sentiment d'un bout à l'autre que ce fameux colonel de  gendarmerie qui accuse aujourd'hui  l'armée française avait en réalité chercher à provoquer l'incident que ce sont les gendarmes ivoiriens qui ont cherché à se saisir à un moment de certains de nos soldats pour les envoyer dans la foule et c'est là que nous avons du ouvrir le feu après les tirs de sommation".(Canal Plus 90 minutes 14.02.05 le mardi noir de l'armée française)

De toute évidence la ministre de la défense a dû adapter son discours sur celui de l'Etat-major et dès lors a défendu l'idée d'une "légitime défense" : 
"Les soldats "ont réagi dans le cadre des règles, c'est-à-dire avec des tirs de sommation, des tirs de dissuasion et ils n'ont de toutes façons agi qu'en totale légitime défense" (Nouvel obs.com 01.12.04, Alliot-Marie défend à nouveau ses soldats),

Ce qu'infirme complètement le reportage de la télé ivoirienne qui montre des manifestants pacifiques et sans armes mais qui débordent le cordon de sécurité mis en place par les militaires français et les gendarmes ivoiriens. Le colonel Destremau responsable des opérations militaires du 9 novembre 2005 devant l'hôtel Ivoire  contredit aussi l'hypothèse avancée par MAM de simple légitime défense, dans les colones de Libération il déclare :

Libération 10.12.04
"Pour l'honneur de mes soldats", le colonel Destremau témoigne de la fusillade devant l'hôtel Ivoire
" On arrivait pas à éloigner cette foule qui, de plus en plus était débordante. Sur ma gauche, trois de nos véhicules  étaient déja immergés dans la foule. Un manifestant grimpe sur un de mes chars et arme la mitrailleuse 7-62. Un de mes hommes fait un tir d'intimidation dans sa direction ; l'individu redescend aussitôt du blindé. Le coup de feu déclenche une fusillade. L'ensemble de mes hommes fait des tirs uniquement d'intimidation". assure le colonel Destremau, ajoutant que seuls les COS auraient visé certains manifestants avec leurs armes non létales. A propos du corps décapité que montrera la télévision, le colonel assure que ses "hommes n'ont pu faire cela". "Nous n'avions pas les armes pour infliger de telles blessures. Si nous avions tiré au canon dans la foule, ça aurait été le massacre" conclut-il. Aujourd'hui, le colonel Destremau souhaite pouvoir témoigner devant une commission d'enquête "pour l'honneur de (ses) soldats, qui se sont remarquablement bien comportés"...

Images de la Radio Télévision Ivoirienne reprise par l'émission 90 minutes sur Canal Plus le 14.02.05 Le mardi noir de l'armée française
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Ces tirs de sommation ajoutés aux tirs du COS équipés d'armes dites non létales et qui ont visé les manifestants selon le colonel Destremau ont fait selon Le Parisien (cité dans le reportage de Canal Plus le mardi noir de l'armée française), 16 morts et des centaines de blessés parmi une population civile désarmée.

De même, le Canard Enchaîné du mercredi 8 décembre 2004 (L'armée recule sur le front des chiffres...En Côte d'Ivoire, l'enquête interne conclut à une cinquantaine de morts. La thèse de la légitime défense a pris du plomb. Et pas la moindre image des cameramen militaires pour y voir plus clair), cite les propos d'un officier français qui remet sérieusement en cause la thèse de la légitime défense : "Il ne s'agissait pas, comme on nous demande de le dire, de légitime défense au sens strict du terme, précise un officier, mais plutôt d'envoyer ce message : "ça suffit. On arrête de jouer". Et ça a marché. On a tenu les points stratégiques d'Abidjan, ceux qui nous permettaient l'accès au port et à l'aéroport en vue de l'évacuation des ressortissants. On savait qu'on devait tenir ce carré-là. Nos soldats ont limité le nombre de morts en faisant des tirs ciblés. Et si on s'était vraiment lâchés, il y aurait eu des centaines de morts." Dès lors la thèse de la "légitime défense élargie" va apparaître dans le discours de légitimation de la tuerie. Quant au Canard Enchaîné (08.12.04), il reprend à nouveau les propos de cet officier déclarant : "la gestion de la crise a été un festival de grosses conneries". Le Canard en révèle trois : la première est d'avoir envoyé les éléments du RICM qui ont subi les bombardements de Bouaké assurer la sécurité à Abidjan autour de l'hôtel Ivoire alors qu'ils avaient perdu 9 de leur camarade dans les bombardements. De plus ils n'avaiant pas été relevés, ils n'ont pas dormi pendant deux jours avant d'arriver devant l'hôtel Ivoire. La deuxième est d'avoir cantonné les trois escadrons mobiles de la gendarmerie au 43ème Bima alors qu'ils sont rôdés aux opérations de maintien de l'ordre. Troisièmement, étrangement aucun cameramen des services militaires pourtant présents à Abidjan n'a couvert la situation autour de l'hôtel Ivoire alors que la Radio Télévision Ivoirienne a couvert le drame heure par heure.

Il s'en est suivi une guerre des chiffres selon le Canard où la désinformation a sévit dans les deux camps. Le Canard (du 08.12.04) révèle que "Le Commandement des opérations spéciales (COS) a beaucoup sollicité sa cellule psychologique qui fait appel à des consultants extérieurs. Ce sont eux qui ont souflé à la pauvre MAM le chiffre de "78 blessés" français lors de ces affrontements. Face aux "57" morts annoncées (mais pas vérifiées non plus) des Ivoiriens, il fallait faire bon poids. En fait de "blessés", ce chiffre de 78 correspond au nombre recensé de consultations des militaires ces jours-là, petites blesures comprises."

MAM  tend même à amoindrir les faits dramatiques qui ont eu lieu à l'hôtel Ivoire au regard de la réussite extraordinaire qu'a constitué l'exfiltration par l'armée des ressortissants français : "
La ministre a également évoqué "les exactions, les vols, les attaques, les propos racistes et xénophobes, l'appel au meurtre qui a été le fait de la presse d'Abidjan (...) et le fait d'un certain nombre de responsables politiques ivoiriens". "Face à cette réalité, je crois que les militaires de Licorne, qui sont là à la demande de l'ONU, pour soutenir les forces de l'ONUSI, pour protéger les ressortissants étrangers, ont fait preuve d'une maîtrise totale, d'un grand professionnalisme et d'une extraordinaire patience" (Nouvel Obs.com 07.12.04, Alliot-Marie dénonce la "désinformation" ). Il est à noter qu'aucun ressortissants français n'est mort suite à l'insurrection antifrançaise d'Abidjan. Jacques Chirac se dira même assez impressionné par la discipline des Patriotes selon un article du journal JAI. Il y avait visiblement des consignes venues du pouvoir loyaliste de Gbagbo pour terroriser les ressortissants français sans qu'il y ait de tueries.


A  la lueur de la législation internationale sur les crimes contre l'humanité, il s'avère que ceux-ci sont imprescriptibles et que nul ne peut y échapper du militaire au chef de l'Etat.  La question qui reste en suspend concerne la part de responsabilité de Michèle Alliot-Marie en tant que ministre de la défense et du président de la République, Jacques Chirac, chef des armées dans ce qu'il faut bien appeler un crime contre l'humanité (voire encadré plus bas).  La meilleure façon de les blanchir serait sans aucun doute d'accepter une commission d'enquête. Si le colonel Destremau accepte de témoigner devant une commission d'enquête pourquoi les politiques au pouvoir la refusent-ils? En l'occurence les intéressés en ont sans doute une peur bleue non pas parce qu'elle constituerait une défiance à nos militaires mais parce qu'elle serait avant tout une défiance à la chaîne de commandement politique qui supervise l'armée. Un déni de justice en quelque sorte dans un pays qui ne s'est que très rarement accoutumé des droits de l'homme dans son pré-carré francophone africain .  Plus grave encore, la commission d'enquête demandée par la gauche française demande à faire la lumière sur l'implication française depuis le début de la crise ivoirienne, et on comprend la panique de l'Elysée s'il était avéré, comme bon nombre de spécialistes le laisse entendre, qu'il y avait une
responsabilité françafricaine dans l'armement des rebelles . La loi de l'omerta règne, des lampistes ont trinqué et le discours soporifique des médias contribue à l'anesthésie des consciences collectives sur ce qui ressemble à s'y méprendre à un crime contre l'humanité.  François Soudan écrit dans JAI : "en faisant de la mort d'un Ivoirien une quasi-affaire d'État, MAM se rattrape des lenteurs, des hésitations et des contradictions qui furent les siennes en novembre 2004, lorsqu'il s'est agi de reconnaître que l'armée française avait bel et bien fait des victimes civiles à Abidjan" (JAI 23.10.05 L'honneur terni du général Poncet).

Wikipedia
Le crime contre l'humanité est défini par l'article 6,c du statut du Tribunal militaire international de Nuremberg et appliqué pour la première fois lors du procès de Nuremberg en 1945. Il définit ainsi le crime contre l'humanité : « assassinat, extermination, réduction en esclavage, déportation et tout autre acte inhumain commis contre toute population civile [.], ou bien les persécutions pour des motifs raciaux ou religieux [.]. L'article 7 du statut de Rome ratifié par la France définit onze actes constitutifs de crimes contre l'humanité, lorsqu'ils sont commis « dans le cadre d'une attaque généralisée ou systématique dirigée contre toute population civile et en connaissance de l'attaque » : meurtre, extermination, réduction en esclavage, déportation ou transfert forcé de population, emprisonnement [.], torture, viol, esclavage sexuel [.], persécution de tout groupe ou de toute collectivité identifiable pour des motifs d'ordre racial, religieux [.], disparitions forcées de personnes, crime d'apartheid, autres actes inhumains [.]. Chaque terme est ensuite redéfini plus en détail, comme les termes extermination, déportation, etc. La notion de crime contre l'humanité est définitivement extraite de son contexte initial et définie rigoureusement. A la lumière de l'article 7 et des textes qui le précèdent, trois grands principes de droit international peuvent être dégagés qui régissent le crime contre l'humanité : il peut être commis en tout temps (en temps de guerre extérieure ou intérieure comme en temps de paix) ; il est imprescriptible ; personne ne peut échapper à la répression, des chefs de l'État aux exécutants (article 27 du Statut). On notera que le crime contre l'humanité consacre donc une certaine primauté du droit international sur le droit national par sa nature même, puisqu'il peut s'agir aussi bien d'agissements légaux qu'illégaux dans le pays concerné. Ce qui peut être déclaré légal par un certain régime peut devenir illégal compte tenu de la législation de la justice pénale internationale...


Le refus d'accepter une commision d'enquête sur ces évènements dramatiques apparaît implicitement comme un aveu de culpabilité mais aussi comme un mépris envers les victimes ivoiriennes de ces massacres. Comment se fait-il que la mort d'un photographe espagnol dans l'affaire du Rainbow Warrior devienne une affaire d'état entraînant la démission du ministre de la défense Charles Hernu, devenu le lampiste de service, tandis que le massacre de dizaines d'ivoiriens, par l'autoproclamé pays des droits de l'homme, n'a eu aucun retentissement médiatique et encore moins judiciaire?  Comment se fait-il que lorsque les Américains sont accusés de tortures en Irak cela donne lieu à des procès retentissants et médiatisés alors qu'en France c'est le règne de l'Omerta ? Comme si les tirs à balles réelles de l'armée française sur des centaines de civils ivoiriens sans défense n'avaient aucune importance.

S'il devait y avoir une commission d'enquête dans un pays qui respecterait les principes démocratiques et humanistes de sa constitution à savoir que tous les hommes quelque soit leur origine, leur confession, leur niveau social ont le droit à une justice transparente et équitable, et cela d'autant plus qu'elle implique certains de nos militaires sur un territoire étranger, cette commission d'enquête devrait faire la lumière sur plusieurs questions :

1. Quelle est la part de responsabilité de la France dans le soutien apporté à la rébellion ivoirienne à partir du Burkina Faso?
2. Pourquoi les forces françaises ont tardé à intervenir pour sauver le régime de Gbagbo lors du coup d'état de septembre 2002 en dépit des accords de défense entre la Côte d'Ivoire et la France?
3. Comment le camp militaire français de Bouaké a été bombardé et qui en est l'instigateur?
4. Qui a ordonné le bombardement et la destruction totale de la flotte aérienne ivoirienne?
5. Pourquoi le corps expéditionnaire de Bouaké qui a subi la perte de 9 hommes dans les bombardements du camp militaire français a été chargé d'assurer la protection de l'hôtel Ivoire face aux manifestants ivoiriens anti-français?
6. Pourquoi les gendarmes français armés de balles en caoutchouc présent à l'hôtel Ivoire n'ont pas été déployés en première ligne avec les gendarmes ivoiriens face à des manifestants non armés?
7. Qui a donné l'ordre de tirer sur la foule ivoirienne?
8. De quelle manière des tirs de sommation peuvent ils entraîner la mort par balles de manifestants (femmes, enfants, hommes) ?
9. Quel a été le rôle du COS et pourquoi ont-ils visé des manifestants avec des armes soit disantes non létales?
10. Quel est le rôle du général Poncet responsable du COS?
11. Les gendarmes ivoiriens ont-ils une responsabilité dans le massacre du 9 novembre? Ont-ils favorisé en abandonnant leurs positions face aux manifestants l'exposition de ceux-ci aux tirs français?
12. Quel est le fondement des rumeurs de coup d'Etat contre Gbagbo lors des évènements de novembre 2004?
13. Que faisait les services secrets israëliens dans la tour de l'hôtel Ivoire?
14. Que signifie "légitime défense élargie"? Et quelles sont les justifications pour employer ces termes?
15. Le ministre de la défense couvre-t-il ces exactions?
16. Quelle est la part des responsabilités de l'exécutif français dans ce crime contre l'humanité?

 

 

 

PRESSAFRIQUE 17.03.06
Qui arme la Côte d'Ivoire (2) ?

Selon Le Monde, et d'après des informations en provenance de l'ONU, "les deux tiers des marchés militaires de la Côte d'Ivoire entre 2002 et 2004 ont transité par la Darkwood", une société détenue par un ancien gendarme de l'Elysée bien en vue dans certains réseaux de la Françafrique (LE MONDE 11.01.06, Robert Montoya, un "plombier" en Afrique ). Selon Libération (Robert Montoya rattrapé par ses trafics d'armes en Afrique), "cet ancien gendarme de l'Elysée sous François Mitterrand, condamné en France pour des écoutes illégales en 1992, s'était reconverti, avec succès, en marchand d'armes sous les tropiques. A Lomé, à la tête de plusieurs sociétés de sécurité, il a fait fructifier ses affaires, tout en rendant de fiers services au pouvoir répressif du général-président aux éternelles lunettes noires, Gnassingbé Eyadéma".

Suite à l'enquête du juge Brigitte Raynaud sur le bombardement du camp militaire de Bouaké qui a entraîné la mort de neuf soldats français et en dépit du secret défense apposé à de nombreux dossiers touchant à cette affaire, un mandat international a été demandé par la juge à l'encontre de Robert Montoya présumé pourvoyeur d'armes de guerre et d'avions de chasse pour les "Patriotes" (LE MONDE 31.01.06 Côte d'Ivoire: l'enquête sur l'attaque antifrançaise de Bouaké se focalise sur Robert Montoya) . Hormis l'Israëlafrique (LE POINT 21.12.04 Révélations. Côte d'Ivoire: La piste étrangère ) qui a soutenu logistiquement les FANCI et leur a fourni assistance militaire technique et matérielle (les fameux drones), il semble que les réseaux françafricains soient d'importants pourvoyeurs d'armes en Côte d'Ivoire. Et qui plus est, aux différents belligérants de la crise depuis 2002. Une situation qui n'est pas sans rappeler le rôle de la Françafrique en Angola en synergie avec les réseaux transatlantiques et russafricains confluents dans une mafiafrique informe (?), ainsi que son action au Congo-Brazzaville .

La privatisation de la violence par Xavier Renou aux éditions Agone, p. 311

"C'est le cas par exemple de la société Elf, très impliquée dans les conflits d'Afrique australe dans les années 1990 et jusque très récemment. Le conflit angolais présente un avantage immédiat pour qui est en mesure de négocier l'accès aux immenses ressources pétrolifères de ce pays : il rend les belligérants extrêmement dépendants de la vente de ces ressources, qui peut seule permettre de financer la guerre et, avec elle, leur survie politique. La société française (Elf, ndlr), avait donc intérêt à faire durer un conflit qui lui permettait d'accéder à vil prix aux champs pétrolifères. Aussi a-t-elle répondu aux demandes exprimées par les différentes parties, armant et fournissant en mercenaires l'UNITA autant que le MPLA au pouvoir en Angola. Au passage la firme multinationale réalise de copieux bénéfices qui vont alimenter ses multiples caisses noires".


Un processus qui n'est pas sans rappeler les déclarations d'un ancien PDG de la compagnie, ''compatissant'' aux sorts des Congolais.

Le Floch-Prigent, Affaire Elf, affaire d'Etat. Entretiens avec Eric Decouty. Folio documents. p.123-124.

Je sais, effectivement qu'en 1997 la FIBA (banque d'ELF, ndlr)  a joué un rôle dans la livraison des armes qui ont permis de faire un carnage à Brazzaville [...]. Des hommes sont morts. Et tous les mois, lorsque leur pétrole est vendu, les Congolais voient une partie de leur argent aller directement chez Elf pour rembourser ces armes. Cette ignominie dure depuis quatre ans qui s'en soucie? On applaudit à la fermeture de la Fiba quelle acte de bravoure! Mais des milliers de Congolais sont morts et les survivants doivent payer les armes qui ont tué les leurs...


D'ailleurs le rapport de l'ONU de mai 2005 (PRST/2004/17) intitulé "Commission d'enquête internationale sur les allégations de violations des droits de l'homme en Côte d'Ivoire" évoquait  la découverte de quinze champs pétrolifères en Côte d'Ivoire comme l'une des causes externes du conflit.

Commission d'enquête internationale sur les allégations de violations des droits de l'homme en Côte d'Ivoire
mai 2005 (PRST/2004/17). p.88

...Jadis le pays le plus riche de la sous-région doté d'une économie solide, la Côte d'Ivoire avait commencé à sombrer dans la crise vers la fin du règne d'Houphouët Boigny. Cette déstabilisation du pays a engendré la fuite des investissements et la délocalisation de certaines usines vers d'autres pays de la sous-région. La découverte de quinze champs pétrolifères en Côte d'Ivoire est considérée par certains médias nationaux et internationaux comme étant un élément renforçant cette déstabilisation. Cela constitue en outre un centre d'intérêt au conflit voire de la main mise sur les ressources économiques du pays par les Etats voisins et par les Occidentaux. ...




Voici une série d'infos extraites de la presse et d'instance spécialisées sur l'implication probable des réseaux françafricains dans les livraisons d'armes ou sur le soutien logistique et technique apporté aux différentes factions armées en Côte d'Ivoire. Il est évident que les informations sont en partie déséquilibrées dans la mesure où l'armement arrivant dans le camp des "forces loyalistes" est beaucoup plus surveillé (notamment par l'ONU) et donc médiatisé que celui transitant par le Burkina Faso, chantre de la françafrique et de la francophonie, pour finir chez les rebelles où l'opacité reste encore de mise.  


Extraits :

La privatisation de la violence par Xavier Renou aux éditions Agone, p. 311

...On se rappelle que le Français naturalisé sud-africain Richard 'Sanders' Rouget était condamné en juillet 2003 pour avoir recruté et envoyé en Côte d'Ivoire des mercenaires. Il a fourni ses services de recrutement aux deux parties en conflit, forces gouvernementales du président Gbagbo et rebelles du MPIGO ! L'ancien militant d'extrême droite a-t-il agi en toute indépendance, comme un simple intermédiaire à la recherche du plus fort gain, ou a-t-il été sollicité  par une puissance étrangère, la France peut-être ? Qui l'a mis en contact avec ses clients, pas fâchés que des mercenaires renforcent les deux camps ?...


Commission d'enquête internationale sur les allégations de violations des droits de l'homme en Côte d'Ivoire
mai 2005 (PRST/2004/17). p.88

...Il est indéniable à l'heure actuelle que les deux parties ivoiriennes en conflit ont eu recours aux services des mercenaires originaires notamment du Libéria, d'Afrique du Sud, de l'Angola, de la France pour le gouvernement et de ceux en provenance du Libéria et de la Sierra Léone en ce qui concerne les rebelles du MPCI.

Selon des témoignages, les rebelles libériens engagés étaient des opposants au régime de Charles Taylor. Leurs unités de combat étaient baptisées "Lima" ou "Fire".

Il y avait aussi des Ghanéens, des Guinéens, des Burkinabés, des Français, des Sud-Africains. La Commission a reçu une liste avec des noms des mercenaires notamment français et sud-africains ...

Reste à savoir si ces réseaux agissent de manière totalement indépendante pour améliorer leurs fins de mois difficiles ou s'ils ont reçu un quelconque "feu orange".

Une commission d'enquête sérieuse serait la bienvenue. Malheureusement, ni le parlement français pour cause de déficit démocratique (non accès à la politique étrangère, domaine réservé de l'Elysée), ni l'ONU pour cause d'allégeance aux puissances règnantes au sein du conseil de sécurité ne semblent réellement en mesure de mettre à jour les réseaux qui alimentent en armes les deux factions en présence.

AFRICA INTELLIGENCE 21.11.05
Armurier et armements...

...Les experts de l'ONU ont enquêté sur les "prélèvements" opérés par le pouvoir dans les caisses du cacao pour acheter de l'armement (180 millions $ en 2004) et ceux des "Forces nouvelles" sur les recettes du coton. Les mêmes Forces nouvelles pillent allègrement, selon les experts, les diamants de la mine de Séguéla et exportent les "cailloux" par la Guinée et le Mali. Sur ce dossier sensible, le groupe d'experts a préféré ne pas donner les noms des intermédiaires européens qui récupèrent ces diamants pour ne pas gêner les enquêtes internationales en cours...



A suivre...

Lire aussi
PRESSAFRIQUE 20.02.06
Qui arme la Côte d'Ivoire?

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Dernières modifications 19.04.06

 

PRESSAFRIQUE 05.03.07
L'émission Pièces à convictions sur France 3 revient sur le bombardement de Bouaké et l'assassinat des 9 soldats français

Une fois n'est pas coutume, France 3 au travers de son émission Pièces à convictions fournit une excellente enquête sur un sujet ayant trait aux relations françafricaines en Côte d'Ivoire. L'émission intitulée "Côte d'Ivoire : roquettes sur nos soldats" a été diffusée vendredi 02.03.07 à 23h25. D'une durée d'environ deux heures, au travers d'un reportage suivi d'un débat, Pièces à conviction retrace le déroulement du bombardement de Bouaké et évoque les entraves qu'a subies la juge Brigitte Raynaud pour mener à bien son enquête. On ne peut que se féliciter du sérieux de l'enquête journalistique qui semble renouer avec un journalisme d'investigation digne de ce nom auquel France Télévisions ne nous avait pas habitué sur l'Afrique et les relations françafricaines. Bien sûr, on a le droit dans le court historique qui nous est donné sur la Côte d'Ivoire au poncif du Général de Gaulle qui "a voulu la décolonisation" en omettant soigneusement de préciser la manière dont le Général Président à réussi à mettre sous sa coupe les anciennes colonies en portant à leur tête des hommes liges (Bokassa en Centrafrique, Bongo au Gabon, Houphouët Boigny en Côte d'Ivoire, Eyadéma au Togo, ...). Bien sûr lorsque le reportage revient sur le déclenchement de la guerre civile, rien n'est dit sur les allégations selon lesquelles des réseaux françafricains auraient été à l'instigation de la rebellion à partir du Burkina Faso ni sur le refus initial de l'armée française de porter secours à Gbagbo en dépit des accords de défense franco-ivoirien. Bien sûr le terme Françafrique évoqué de manière allusive n'est pas même expliqué au téléspectateur mais là n'est pas le sujet principal du documentaire. Sa thématique porte essentiellement sur le bombardement de Bouaké.

Et l'on doit dire que pour la première fois à la télévision française, trois ans après les faits, un documentaire revient en profondeur sur ce drame qui a vu la mort de 9 soldats français et d'un ressortissant états-unien bombardé par des avions ivoiriens en novembre 2004. On y découvre bon nombre d'informations qui méritent leur pesant d'or médiatique.

En résumé, on apprend que les militaires français et l'ONU ont laissé les avions bombarder les rebelles lors de leur offensive début novembre 2004, que la France n'a rien fait pour arrêter les pilotes biélorusses qui commandaient les Sukoi-25 qui ont bombardé le camp de Bouaké. Pis que les autorités françaises ont demandé qu'ils soient relâchés peu après qu'ils aient été arrêtés à la frontière par la police togolaise. Enfin on y apprend que les avions ont été vendus à la Côte d'Ivoire par un ex-gendarme français, le même qui a été à l'origine de la venue des pilotes en Côte d'Ivoire. On apprend que la juge Brigitte Raynaud a du constamment affronter le secret défense et qu'elle n'a pu accéder à de nombreux documents alors qu'il s'agissait d'une enquête portant sur des soldats français assassinés. Enfin que les soldats ont été enterrés avec leurs effets personnels tandis que les familles n'ont pu voir les dépouilles et qu'il n'y a jamais eu d'autopsie. Autant de zones d'ombres sur cette affaire, autant d'entraves du ministère de la défense à l'enquête du juge Raynaud qui pose la question de la responsabilité et du degré d'implication des autorités françaises dans cette affaire

D'une part, on notera le sérieux de l'investigation et une approche à même de démêler la complexité de l'affaire et de la situation.  Des documents exclusifs ont pu être diffusés tels que le bombardement tel qu'il a été filmé par un soldat français du camp de Bouaké, une interview de l'ex-gendarme de l'Elysée qui a fourni les Suk
oi à la Côte d'Ivoire, le bombardement par hélicoptère de manifestants antifrançais sur des ponts à Abidjan (déja diffusé sur Canal Plus dans l'émission 90 minutes ). Enfin les journalistes ont interviewé, outre Robert Montoya, la juge Brigitte Raynaud, le colonel Destremaut qui était en charge du camp de Bouaké et qui a du assurer la sécurité autour de l'hôtel Ivoire avec les forces du COS, le général Beth, le ministre de l'intérieur togolais, le président Laurent Gabgbo, les familles des victimes, l'avocat des victimes....
De nombreux faits que la presse a rapporté sont repris dans le reportage. Par exemple, la non intervention délibérée de l'Etat-major français face aux bombardements des rebelles par les forces ivoiriennes : en dépit de leur mission de paix et d'interposition entre les forces en guerre, ni l'ONU, ni la force de Licorne ne sont intervenues pour arrêter les bombardements. Le prétexte étant qu'il n'y a pas eu de mandats de l'ONU demandant une intervention expresse. Le reportage nous montre des films tournés par les militaires français des bombardements effectués par les Sukoi sur les forces rebelles. Les militaires commentent en temps réel les vols des Sukoi. Puis tout bascule, les Sukoi bombardent délibérément le campement de Bouaké faisant 10 morts et une trentaine de blessés. Puis c'est l'escalade, l'armée française sur ordre de l'Etat-major, alors qu'elle avait refusé d'intervenir entre les forces en guerre, décide de bombarder toute la flotte aérienne ivoirienne. En quelques heures la situation s'embrase, des manifestations antifrançases sont instrumentalisées par les nationalistes de Gbagbo, les citoyens français sont pris pour cible. Pour stopper les manifestants les hélicoptères tirent sur la foule tandis que l'armée française réprime dans le sang les manifestations à l'Hôtel Ivoire faisant des dizaines de morts et des centaines de blessés. Interviewé dans le reportage le colonel Destremaut reconnaît avoir fait "un tir d'intimidation" à "balles réelles" au-dessus de la foule et reconnaît que des civils ont pu être tués par des "grenades à main offensive" lancés lors des "tirs d'intimidation". Alors que Destremaut demandait une commission d'enquête pour montrer sa bonne foi et être mis hors de cause, alors que les Verts et les socialistes demandaient une commission d'enquête parlementaire pour faire la lumière sur cette répression sanglante d'une manifestation de civils aux mains nues, les députés UMP majoritaires à l'assemble nationale ont refusé toute enquête parlementaire au motif que ce serait "une défiance à notre armée". Michèlle Alliot-Marie parlera dans cette situation de "légitime défense élargie ". Un concept au contour flou pouvant tout justifier. Une histoire abracadabrantesque. Il n'y aura pas non plus de commission d'enquête sur l'assassinat des soldats français.

Plus stupéfiant encore, tout semble avoir été mis en place pour entraver l'enquête du juge Brigitte Raynaud suite à la plainte des familles des victimes des soldats. La juge s'est heurtée au secret défense, une "sorte d'omerta générale" de la part de l'Etat.  Pourtant lors de l'enterrement des soldats français, l'Etat français avait fait une promesse par l'intermédiaire de son plus haut représentant Jacques Chirac "je veux vous dire qu'au nom du peuple français nous ne vous oublierons pas ".  Le tribunal aux armées de Paris ne sera saisi de l'enquête que 2 mois après les assassinats. Un délai anormalement long, d'habitude il ne faut que quelques jours. Le reportage note une première erreur : le défaut d'autopsie après les bombardements. Lors des funérailles nationales, le ministère de la défense s'est opposé à l'ouverture des cercueils. "Motif officiel : les corps n'étaient pas présentables ". Ce n'est qu'un an après que les familles des victimes vont avoir accès aux effets et aux photos de leurs enfants. Une mère de famille découvre que les photos qu'ont lui a envoyé ne sont pas celles de son fils. Les corps ont été intervertis. Seule l'autopsie aurait permis d'éviter ces erreurs. Les familles disent ne pas avoir été convaincues par les explications de la ministre de la défense Michèle Alliot-marie. L'enquête sur l'asssassinat des soldats français va connaître de nombreuses autres difficultés.
Alors qu'elle enquête sur l'assassinat de militaires français, la juge Brigitte Raynaud va se heurter systématiquement au secret-défense de la part du ministère de la défense français. "C'était sans fin" déclare Brigitte Raynaud. Malgré tout Brigitte Raynaud, dont nous avons déja souligné le courage et la probité exemplaire, va découvrir que les Sukoi qui ont servi à bombarder le camp de Bouaké sont venus de Biélorussie avant même l'embargo. Les deux Sukoi 25 ont été vendus par Robert Montoya, un ancien gendarme de la cellule élysée sous François Mitterrand. C'est aussi lui qui a fait venir l'équipage biélorusse en Côte d'Ivoire. Robert Montoya est "un gendarme impliqué dans des secrets d'Etat notamment l'affaire des plombiers de la République. Il écopera de 3 mois de prison pour une affaire d'écoute illégale au profit de François Mitterrand". Le dossier est aujourd'hui classé. Devant les caméras de France 3, Robert Motoya, vendeur d'armes, déclare qu'il n'a "pas de leçons de patriotisme à recevoir de qui que ce soit et qu'il est profondément Français" et enfin "ne rien regretter".  "Robert Montoya est aujourd'hui installé au Togo", "un petit pays ami de la France à seulement une heure d'avion de la Côte d'Ivoire ". Cet ancien gendarme  au service de réseaux françafricains est aujourd'hui reconverti dans la sécurité et la vente d'armes.

Enfin, des images prises sur l'aéroport de Yamoussoukro par un militaire français montre les pilotes de l'avion en train de descendre de leur avion après les bombardements de Bouaké. Images diffusées dans le documentaire. Les militaires français sur le tarmac vont filmer les pilotes mais ne les arrêteront pas. Deux thèses sont développées. Celle du général Emmanuel Beth (commandant des forces de Licorne) qui déclare que les soldats à Yamoussoukro ne pouvaient savoir ce qui s'est passé tandis que le colonel Destremaut qui était à Bouaké déclare que les personnels qui étaient à Yamoussoukro ont eu une connaissance exacte de ce qui s'était passé quasiment en temps réel grâce au réseau radio : "les personnels qui sont à Yamoussoukro en ont eu une connaissance exacte". Le documentaire montre qu'à plusieurs reprises les militaires français ont laissé échapper les pilotes biélorusses alors qu'ils savaient ce qu'ils avaient fait. Les services de renseignement français avaient toutes les informations nécessaire (photos, déplacements, localisation). Des centaines de photos ont été versés au dossier. Selon les services secrets français l'équipage était constitué par deux pilotes Biélorusse et deux co-pilotes Ivoiriens. Les co-pilotes ivoiriens ont été formés en France à Salon-de-Provence. Fait incroyable, ces co-pilotes ivoiriens sont aujourd'hui en poste actuellement à Abidjan. Les reporters ont pu les joindre au téléphone mais n'ont pu les rencontrer. Pendant que les pilotes biélorusses passeront quelques jours à Abidjan, les militaires français du 43ème BIMA vont arrêter 15 témoins directes. Il s'agit des techniciens de maintenance, tous sont d'origine slave. Ils étaient là lorsque les pilotes ont atteri sur le tarmac de Yamoussoukro. Ces techniciens seront en garde à vue pendant 4 jours au 43ème BIMA sans avoir été interrogés, du moins officiellement. Au bout de 4 jours ils sont remis à l'ambasade russe et seront évacués après. La juge Brigitte Raynaud ne croit pas un instant qu'ils n'ont pas été interrogés. Quant aux pilotes, ils s'enfuiront tranquillement en minibus vers le Togo. Malheureusement ils seront arrêtés à la frontière togolaise par la police togolaise. Durant 10 jours ils seront à la disposition des autorités françaises qui refuseront de les arrêter. Le ministre de l'intérieur du Togo de l'époque témoigne. Il a prévenu l'ambassade française qui a transmis les informations à Paris. Aucune consigne de Paris n'a été transmise en retour. Pour se couvrir le ministre de l'intérieur décide de prévenir l'officier de la DGSE à Lomé en envoyant les photocopies des passeports des deux pilotes. "Dix jours après le colonel X a dit qu'il n'en voulait pas parce que Paris n'en voulait pas" selon l'ex-ministre de l'intérieur togolais. Au bout de dix jours les deux pilotes sont relâchés et seront extradés par les militaires togolais. La juge Brigitte Raynaud évoque le rôle de l'ex-gendarme de l'Elysée dans l'exfiltration.

Extrait de la lettre de démission du juge Brigitte Raynaud adressé à la ministre de la défense Michelle Alliot-Marie diffusé dans le reportage:

"Aucun concours spontané ne m'a été fourni par les services qui dépendent de votre autorité [...] Aucun renseignement ne m'a été fourni sur les raisons pour lesquelles les mercenaires et leurs complices, identifiés comme auteurs de ce crime avaient été libérés sur instruction ou avec le consentement des autorités françaises."


La ministre de la défense n'a pas souhaité venir assister au débat organisé dans le cadre de l'émission Pièces à conviction, elle n'a pas souhaité répondre aux questions de l'équipe. Le débat se fera donc sans elle avec une mère d'une des 9 victimes françaises Mme Josette Tiloi, l'avocat des familles Maître Jean Balan, un Français rapatrié en novembre 2004 Daniel Revet, et le journaliste de Libération Thomas Hofnung.

Personne ne semble s'expliquer l'attitude des autorités et de l'armée françaises dans cette affaire. La mère d'un soldat français relate, d'après le procès verbal, que son fils a été enterré avec toutes ses affaires : sa montre, sa carte téléphonique, ses photos. Elle déclare on les a "mis (dans les cercueils, ndlr) comme des bêtes". Elle n'a jamais pu voir le corps de son fils. 

Concernant les raisons du bombardement de Bouaké, Thomas Hofnung reprend la thèse développée par François Soudan de JAI. Selon cette thèse il s'agissait pour les forces loyalistes ivoiriennes de sortir la tête haute du conflit avec les rebelles. Les forces de Gbagbo ne parvenant pas à atteindre les rebelles, pour masquer l'échec de leur offensive ont décidé de bombarder le camp de Bouaké afin de faire croire que si l'opération de reconquête a échoué cela serait de la faute des militaires français. L'avocat des familles quant à lui évoque s'interroge sur la responsabilité des autorités françaises dans les obstacles qui ont été mis en travers de l'enquête du juge Raynaud. Il évoque de manière implicite la responsabilité du procureur et du ministère de la défense dont il dépend. Il reste à savoir à quel degré les autorités françaises sont impliquées dans cette affaire. Malheureusement, il est fort à craindre, comme il est de coutume en Françafrique, que l'affaire ne soit pas résolue. Cela donne un aperçu des injustices draînés par ce système et que peuvent vivre les Africains. On ose espérer que la lumière soit faite un jour sur cette histoire et qu'une commission d'enquête parlementaire soit mise en place suite à la répression sanglante des manifestations antifrançaises devant l'Hôtel Ivoire pour que justice soit rendue un jour.


A lire chez Pressafrique :
07.11.06
"Le parquet ne veut pas poursuivre les deux pilotes biélorusses soupçonnés d'avoir tué neuf soldats (français) de l'opération Licorne" selon Le Figaro

15.06.06
"Black-out sur les mercenaires de Côte d'Ivoire"

24.02.06
Tribunal aux Armées de Paris (TAP) : la juge d'instruction Brigitte Raynaud tire sa révérence. Retour sur l'instruction du Rwandagate, de l'affaire Firmin Mahé et de l'affaire Bouaké.

31.10.05
Le massacre du 09.11.04 à Abidjan par l'armée française - un crime contre l'humanité - un fusible nommé Poncet - panique à l'Elysée - la commission d'enquête n'aura pas lieu

21.09.05
Haro sur 90 minutes - La Françafrique muselle Canal Plus





ROBERT MONTOYA
ÂME DAMNÉE DE
FRANÇOIS MITTERRAND

avril 2006

Il aime jouer entre ombres et lumières. Des écoutes téléphoniques au service de Mitterrand à la vente d'armes à la Côte d'Ivoire. Ancien gendarme français, il aurait même vendu les avions qui ont bombardé nos soldats à Bouaké le 6 novembre 2004. Il s'appelle Robert Montoya. Itinéraire d'un aventurier comme les aimait son maître.

En France, devant la juge d'instruction Brigitte Raynaud, le général Michel Masson, directeur du renseignement militaire, accuse. " C'est bien la société de Montoya, Darkwood, qui a livré les deux avions Sukhoi (…) avec les munitions, " pour attaquer les militaires Français à Bouaké, affirme-t-il.

Robert Montoya

Mais qui est Montoya ? Pour lui, tout commence à Bastia, où il sert comme adjudant de gendarmerie. Le commandant Prouteau, chef de la cellule anti-terroriste de François Mitterrand, cherche des éléments connaissant le dossier des indépendantistes corses. Il le recrute en 1982. Déjà, le terrorisme faisait recette pour justifier les dérives du pouvoir.

Montoya travaillera pour la cellule élyséenne jusqu'en 1986. Il la quitte pour fonder " sa " société de sécurité privée, SP2I.

En 1988, éclate " le scandale des plombiers. " Une affaire d'espionnage téléphonique visant un huissier du CSM (Conseil supérieur de la magistrature), un syndicat gauchiste actif dans les milieux judiciaires. Montoya est retraité du corps de gendarmerie mais, avec SP21, il continuait d'exécuter des contrats pour la cellule élyséenne. Il est impliqué dans le scandale.

Cependant, quand il est condamné, en 1992, il a pris le large. Il vit en Afrique et c'est au Togo qu'il installe sa base. Dans ce pays, il forme et équipe la police anti-émeutes et, selon des indiscrétions, se charge des écoutes téléphoniques pour le compte du général Eyadema (1).

Puis Montoya emporte les contrats du groupe pétrolier américain Exxon-Mobil, pour assurer le transport de marchandises pour Doba. C'est à partir de là, au Tchad, qu'Exxon-Mobil bâtit un oléoduc de 1000 km pour évacuer, vers le Cameroun, le pétrole des champs dont il a écarté le groupe français Total. L'affaire sent déjà la trahison de la mère patrie.

Reconnu pour sa compétence en matière de logistique africaine, Montoya créé alors une nuée de sociétés, basées dans sept pays et employant 2 500 personnes. Parmi elles, " Darkwood logistique, " qui représente en Afrique occidentale BVST, une société biélorusse spécialisée dans la vente de matériel militaire. Rien que de plus légal, cependant. Si le business respecte les lois.

Voilà bien où l'aventure pourrait mal tourner. Depuis le 15 novembre 2004, les Nations unies ont décrété un embargo sur les armes à destination de la Côte d'Ivoire. Or, dans un rapport daté du 9 décembre 2005, la gendarmerie de l'air de Lomé accuse Montoya d'avoir vendu des armes à Laurent Gbagbo, le président ivoirien.

Le 2 décembre 2005, une information judiciaire est ouverte, contre le Français, suite à une plainte déposée par le ministre délégué togolais chargé de la défense nationale, pour trafic illicite d'armes de guerre et de munitions. Brièvement interrogé, Montoya a néanmoins vu ses locaux de Darkwood logistique perquisitionnés par la police à l'aéroport de Lomé.

Le général Henri Poncet, ancien chef de la force française en Côte d'Ivoire, se fait plus accusateur que les pandores togolais. Selon lui, Montoya aurait aidé le régime ivoirien " au niveau de la fourniture des armes, et probablement des techniciens. "

Il aurait même recruté les pilotes de l'attaque, dont certains " parlaient en langue russe ", d'après un enregistrement radio. Il a du reste reconnu avoir aidé à l'exfiltration par le Ghana des deux pilotes biélorusses qui ont attaqué le camp français. " Pour des raisons humanitaires," affirme-t-il.

Laure Carion

 

 

François Mitterrand

 

 

 

 

 

 

 

Laurent Gbagbo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Général Henri Poncet

 

Note
* Le général Etienne Eyadema Gnassingbé a pris le pouvoir en 1967 à la suite d'un coup d'État. Il est mort en février 2005.

 

 

Grande saisie d'avions et d'hélicoptères de combats chez Montoya à LOME
Les autorités togolaises ont saisi ces dernières semaines des avions et des hélicoptères de combats appartenant à un ancien gendarme français installé à Lomé, Robert Montoya, a annoncé samedi le commandant Moïse Oyomé Kemence, porte-parole des Forces armées togolaises (FAT).
"Nous avons saisi deux aéronefs Mig 23 et deux hélicoptères Mi8, des appareils de combat stationnés à l’aéroport de Lomé appartenant à Robert Montoya", qui possède plusieurs sociétés travaillant notamment dans le secteur du gardiennage et de la sécurité, a déclaré le commandant Kemence.

"Le gouvernement lui avait demandé de fournir des explications sur la provenance et la destination de ces appareils lorsqu’il a constaté leur présence", a-t-il ajouté.

Selon le commandant Kemence, une perquisition a été effectuée en décembre dans les bureaux des sociétés de M. Montoya à la suite d’une plainte déposée contre lui par le ministre togolais de la Défense Kpatcha Gnassingbé.

Le porte-parole des FAT n’a pas précisé si les avions de chasse et les hélicoptères saisis étaient en pièces détachées ou en état de vol.
"Laissons la justice s’occuper de ce dossier avec précision et sans préjugés. Nous ne savons pas si ces appareils sont destinés à la Côte d’Ivoire. Seul M. Montoya peut nous dire la provenance et la destination des appareils", a ajouté le commandant Kemence.

L’officier a affirmé que le Togo "ne servira jamais de zone de transit d’armes et de munitions vers la Côte d’Ivoire ou tout autre pays".

La Côte d’Ivoire, coupée en deux depuis une tentative manquée de coup d’Etat en septembre et en proie depuis lors à une grave crise politico-militaire, est sous le coup d’un embargo sur les armes imposé en novembre 2004 par l’ONU.

La juge du tribunal aux armées de Paris (TAP), Brigitte Raynaud, a séjourné cette semaine à Lomé dans le cadre de l’exécution d’une commission rogatoire internationale (CIR) visant à obtenir des informations sur la provenance du matériel militaire des forces loyalistes ivoiriennes ayant servi au bombardement d’un camp militaire français à Bouaké (centre, zone rebelle) en Côte d’Ivoire le 6 novembre 2004.

Cette attaque, réalisée par des avions Sukhoï 25, avait fait dix morts, neuf militaires français et un civil américain.

La juge s’interroge principalement sur l’origine de ces deux Sukhoï 25.
source Republiqueoftogo.com



Côte d’Ivoire : violation de l’embargo ?
L e Togo a annoncé lundi 16 janvier au avoir inculpé le Français Robert Montoya pour trafic d'armes à la suite de la saisie de quatre avions et hélicoptères de combat soupçonnés d'être destinés à la Côte d'Ivoire malgré l'embargo sur les ventes d'armes à ce pays.

"Nous avons saisi deux aéronefs Mig 23 et deux hélicoptères Mi8, des appareils de combat stationnés à l’aéroport de Lomé appartenant à Robert Montoya", qui possède plusieurs sociétés travaillant notamment dans le secteur du gardiennage et de la sécurité, a déclaré le commandant Kemence, porte-parole des Forces armées togolaises (FAT).

"Le gouvernement lui avait demandé de fournir des explications sur la provenance et la destination de ces appareils lorsqu’il a constaté leur présence", a-t-il ajouté.

Selon le commandant Kemence, une perquisition a été effectuée en décembre dans les bureaux des sociétés de M. Montoya à la suite d’une plainte déposée contre lui par le ministre togolais de la Défense Kpatcha Gnassingbé.

L’officier a affirmé que le Togo "ne servira jamais de zone de transit d’armes et de munitions vers la Côte d’Ivoire ou tout autre pays".

Il a ajouté que l'ancien adjudant de gendarmerie était propriétaire en titre de ces appareils et qu'il avait été inculpé de trafic d'armes après avoir été "incapable de fournir une explication satisfaisante sur l'origine et la destination des aéronefs de combat".

La juge du tribunal aux armées de Paris (TAP), Brigitte Raynaud, a séjourné la semaine dernière à Lomé dans le cadre de l’exécution d’une commission rogatoire internationale (CIR) visant à obtenir des informations sur la provenance du matériel militaire des forces loyalistes ivoiriennes ayant servi au bombardement d’un camp militaire français à Bouaké (centre, zone rebelle) en Côte d’Ivoire le 6 novembre 2004.

Cette attaque, réalisée par des avions Sukhoï 25, avait fait dix morts, neuf militaires français et un civil américain.

La juge s’interroge principalement sur l’origine de ces deux Sukhoï 25.

A la tête, notamment, de la société Darkwood, basée au Togo, Robert Montoya, ancien gendarme de l’Elysée sous François Mitterrand, mis en cause dans l’affaire des écoutes téléphoniques, est l’agent pour l’Afrique de l’Ouest de la compagnie biélorusse BVST.

source Republiqueoftogo.com




Montoya et les Lettons

Barbouze / mercredi 4 juillet 2007 par Hyacinthe Seillat

La célèbre Barbouze française se ballade maintenant dans la riante Lettonie où il attire encore les foudres de la collante justice.

Pauvre marchand d’armes ! La justice cherche noise à Robert Montoya depuis qu’il a livré au président de Côte d’Ivoire Laurent Gbagbo deux avions Sukhoï, dénichés en Biélorussie, qui ont servi à bombarder le camp des soldats français de Licorne, en décembre 2004, entraînant la mort de 10 personnes dont neuf militaires français. Mais l’ancien gendarme, proche de la cellule des coups tordus à l’Élysée sous Mitterrand, qui préfère depuis quelques années résider dans la chaleur accueillante du Togo, où il s’est rapproché du dictateur Eyadéma avant d’être inculpé de « trafic d’armes » par ses anciens protecteurs Togolais, fait l’objet d’une nouvelle enquête à Paris.

Robert Montoya

Il faut dire que l’empire Montoya s’étant subitement agrandi en Lettonie, début 2004, un flic tenace de l’ambassade locale s’est mis sur le dossier. Et n’a pas manqué de bombarder sa hiérarchie de notes alarmistes. Car l’ancien képi tricolore se pique désormais de jouer au banquier à Riga, comme l’a raconté Le Canard enchaîné. Début 2004 donc, il a créé à Riga « RM Holdings », une société de droit letton au capital de 2 millions d’euros, et pris une petite participation (400 000 euros tout de même) dans le capital de la principale banque locale, la Parex Banka, « la plus grande banque de Lettonie », selon un rapport confidentiel de juillet 2004 que Bakchich a pu consulter.

Sa société est représentée à Riga par un ancien banquier, Patrick Imbert, et a ouvert un compte bancaire à la Parex Banca. La boîte est même propriétaire d’un avion bi-moteur de tourisme et d’un hélicoptère russe MI 8 « dont le pilote n’est autre que Ricardo Ghiazza », explique le rapport. Ghiazza, comme le savent les connaisseurs du Togo et les lecteurs de Bakchich, n’est autre qu’un proche de feu Eyadéma, dont il bichonnait les animaux, et promoteur d’un grand parc national au nord du pays. Et comme l’empire Montoya déborde largement des affaires de sécurité et de défense, RM Holdings a également acquis 51% d’une fabrique… de sacs de coton, dans la région de Nantes.

Le commissaire de l’ambassade en Lettonie s’est pris de passion pour Robert Montoya et a enquêté tous azimuts sur notre bon gendarme expatrié et voit partout malice. Sa prise de participation dans la banque lettone ? « Cela pourrait lui permettre, le cas échéant, de blanchir, pratiquement en toute impunité, des capitaux d’origine suspecte (ventes d’armes, trafics d’animaux) », s’inquiète-t-il en septembre 2004. Quelle langue de vipère ! S’en prendre à un fabricant de sacs…

Mais à force de déranger les pontes de l’Intérieur sur son sujet fétiche, le flic a suscité une enquête de Tracfin. Le service anti-blanchiment de Bercy s’est penché sur les comptes bancaires du pandore et n’a pas manqué de remarquer d’importants transferts et sorties d’argent entre les comptes français et lettons, avec de beaux versements en provenance de Côte d’Ivoire. Résultat, Tracfin s’est fendu d’une transmission au parquet de Paris qui s’est fait un plaisir d’ouvrir une information judiciaire pour « blanchiment de capitaux », confiée au juge Henri Pons, et sur laquelle la Division nationale des investigations financières (DNIF) est chargée de faire la lumière.

Voir en ligne : in Bakchich # 41

 

08:36 | Lien permanent | Commentaires (2) |

18/11/2009

Edimbourg : Manifestation anti-Otan et élection de JM Boucheron à l'assemblée de l'Otan...le diable est à Kaboul avec les talibans... et ça c'est un levier politique

Manifestant OTAN Edimbourg

manifestante à Edimbourg

 

 

Troublant paradoxe...

JM Boucheron, lui qui était allé voir le commandant Massoud en Afghanistan, vient d'être élu vice-président de l'assemblée de l'Otan (info le mamouth).

Voir absolument cette vidéo

En avril 2000 Jean-Michel Boucheron décide avec quelques collègues parlementaires et Bertrand Gallet de rencontrer le commandant Massoud dans sa vallée du Panjshir. Ils s’y rendront en franchissant les lignes talibanes dans un vieil hélicoptère et passeront une semaine en partageant le quotidien du chef de la résistance aux Talibans qui chassa les Soviétiques de l’Afghanistan. Ces très nombreux dialogues furent filmés par le cinéaste Christophe de Ponfilly. Cette casette vidéo destinée à la Commission des Affaires Étrangères de l’Assemblée Nationale est aujourd’hui considérée comme le testament politique de Massoud. Le commandant Massoud fut assassiné un an plus tard, deux jours avant les attentats de New York contre le World Trade Center.

Selon Christophe de Ponfilly :

Mais comment est-il possible qu'un homme politique ne connaisse pas Massoud ?
Boucheron par exemple, m'a confié qu'il travaillait dans des commissions de défense qui s'occupent de réflexions sur la stratégie ; mais ils ne s'intéressent qu'aux pays qui ont des missiles nucléaires. Et l'Afghanistan n'est pas de ceux-là.


Vidéo de la recontre en Afghanistan:

retrouver ce média sur www.ina.fr

A Bazarak, dans la vallée du Panjshir (Afghanistan), le 11 juin 2000, deux députés français (Messieurs Jean-Michel Boucheron et Richard Cazenave), un parlementaire européen (le général Philippe Morillon), un sénateur belge (Monsieur Josy Dubié) et Bertrand Gallet ont questionné Ahmad Shah Massoud. Les parlementaires européens assis autour d'une table posent leurs questions au cdt Massoud. Après l'entretien, ils offrent des cadeaux à Massoud: Morillon explique avoir acheter un livre sur le Cadre Noir à Saumur, Cazenave offre un livre du Parlement Européen et un livre sur de Gaulle et l'appel du 18 juin. Massoud remercie en français. Détail de l'interview : Massoud : "La guerre qui sévit actuellement en Afghanistan n'est pas seulement un conflit interne. Il est surtout dû à une ingérence de pays étrangers ennemis, en particulier le Pakistan." A la question de Philippe Morillon "Quelle est selon vous la solution militaire ?", Massoud répond : "J'ai dit plusieurs fois que la solution n'est pas militaire. Il faut prendre des décisions dans une réunion politique." Le député belge : "Pourquoi êtes vous contre les talibans ? Votre islma est différent du leur ?", Massoud : "Les talibans ne sont pas islamiques. Ils sont très durs. Nous voulons un islma moderne, bon pour les pays occidentaux". A la question de Richard Cazenave : "L'Afghanistan est un pays reconnu comme pourvoyeur de drogue et de terroristes. Qu'en pensez-vous ?", le Cdt Massoud répond : "Nous sommes d'accord même si c'est malheureux. La principale raison de cet état de fait repose sur la responsabilité du Pakistan qui soutient Hekhmatiar et les talibans et les européens qui soutiennent les pakistanais". Jean Michel Boucheron : "Que feriez-vous de Ben Laden si vous étiez au pouvoir ?", Massoud : "Nous ne voulons pas que l'Afghanistan devienne une base du terrorisme." A la question sur l'organisation d'élections libres en Afghanistan sous contrôle d'organismes internationaux, Massoud affirme que la seule façon d'arrêter la guerre dans son pays, est d'organiser des élections libres sous contrôle des Nations Unies s'il le faut. Richard Cazenave : "Etes-vous pour l'égalité des droits pour les femmes, le droit de vote, leur égibilité et le droit à l'éducation ?", Massoud : "Oui, dans une démocratie, elles auront le droit de vote, d'être éligibles et le droit à l'éducation." A la question du problème d'une unité nationale afghane entre les différentes ethnies, Massoud dit insister sur l'union non seulement entre moudjahidines mais entre ethnies. "Dans le nouveau gouvernement, plusieurs ethnies sont représentées". Philippe Morillon : "La communauté internationale est absente en Afghanistan. Qu'en attendez-vous ?". Massoud : "Il n'y a pas de doute à constater que la communauté internationale a oublié l'Afghanistan depuis longtemps. C'est malheureux .Il faut que les nations Unies stoppent les ingérences du Pakistan dans notre pays." A la question : "Le système de partis issus de la Résistance est un échec. L'Afghanistan a besoin d'un leader. Est-ce vous ?", Massoud répond : "Pour sauver la vie de mon peuple et de l'Afghanistan, je suis prêt à prendre n'importe quel poste." Avec Philippe Morillon, Massoud évoque un accord d'échange de prisonniers avec l'Arabie Saoudite qui ne donne que des noms de prisonniers pakistanais et non afghans. Il a dit vouloir échanger des prisonniers afghans contre d'autres prisonniers afghans et vouloir négocier avec les gouvernements pour les prisonniers étrangers. "Ben Laden est leur héros" affirme Morillon qui a rencontré des prisonniers talibans. Massoud relève "Ils ont dit ça ?". Morillon : "Oui, des chinois, pakistanais et birmans". Philippe Morillon : "Quelle sont vos propositions pour désamorcer le conflit à l'intérieur ?", Massoud : "Organiser des élections comme nous l'avons proposé aux talibans qui refusent car ils disent être majoritaires sur le territoire. Après les élections, moi je rendrai les armes, les talibans n'accepteront jamais."




Vidéo du commandand Massoud au parlement :

retrouver ce média sur www.ina.fr

 

Conférence de presse d' Ahmed MASSOUD à Strasbourg. Nicole FONTAINE ouvre la séance. Nicole FONTAINE rappelle les cisrconstances de l'invitation du commandant MASSOUD au Parlement européen et la situation en Afghanistan. La destruction des bouddhas de Bamiyan vient de montrer s'il était nécessaire que les talibans n'ont de respect pour rien. Son invitation est la reconnaissance politique de ce qu'incarne le commandant MASSOUD. Elle se réjouit que les autorités françaises aient souhaité le recevoir. L'ambassadeur du Pakistan a écrit une lettre en apprenant la venue du commandant MASSOUD; Elle commente le contenu de cette lettre Intervention du commandant MASSOUD avec traduction en anglais par un traducteur qui est aux côtés du commandant (traduction simultanée en anglais).

 

Vidéo où le commandant Massoud citait déja le pakistan (et l'ISI?) mais les passages sont "coupés!!!) :

retrouver ce média sur www.ina.fr

Extrait d'une déclaration de Massoud à la délégation européenne en visite en Afghanistan en juin 2000 dont le général Morillon fait partie : il affirme que les Américains "n'ont pas compris la profondeur du problème... qu'ils ne pensent qu'à éliminer Oussama Ben Laden. Le problème n'est pas seulement lui, ça commence par un Ben Laden et plusieurs autres viendront.. " (...) "Nous voulons un islam moderne qui nous permette de vivre en Afghanistan mais aussi en bonnes relations avec le reste du monde".

 

"Alors qu'un petit millier d'individus français n'avaient eu de cesse d'aller aider les Afghans dans leurs épreuves tragiques, la France officielle brilla par sa belle absence. Sans doute ne convient-il pas de critiquer le bon acheteur d'armes pakistanais!
Le 26 septembre 1996, ne parvenant pas à maintenir sa position sous leur poussée, Massoud abandonna Kaboul aux Taliban. En Occident, cette retraite eut bien peu de retentissement et il faudra un temps pour comprendre la portée d'une telle défaite. Certains spécialistes, parfois trop cyniques, jugèrent accpetable la carte Taliban. Au Quai d'Orsay, à Paris, le 7 février 2001 on reçut très officiellement le ministre de la Santé des Taliban. Le jour de sa visite, les abris-bus parisiens affichaient la nudité d'une jeune fille pour une marque de lingerie. L'hypocrite sectaire ferma-t-il les yeux?
Massoud attendrait encore avant d'être reçu officieusement par Hubert Védrine, ministre des Affaires étrangères, qui avait aimé voyager en Afghanistan avant que les Soviétiques ne viennent y semer la guerre.
"

"En juin 2000, de retour dans la vallée du Panshir, j'accompagnai la première mission parlementaire française et le général Morillon, alors député européen. Quatre jours de voyage pour que Michel Boucheron, Richard Cazeneuve et le général ouvrent les yeux sur une réalité bien éloignée de l'Assemblée nationale, de ses querelles de couloir et de parti. Ils étaient enfin venus, nos députés! Ils se rendaient compte que Massoud n'était pas une baudruche, mais un homme qui avait appris de tant d'années de lutte le prix de la vie et de la paix, n'en déplaise à ses détracteurs. A son retour à Paris, le général Morillon organisa une conférence de presse. Le salon ne se remplit pas, preuve flagrante de l'indifférence générale à l'égard des Afghans et de leur sort. Quant à mon film sur ce voyage "officiel", il sera refusé par toutes les chaînes de télévision. Les médias préféraient alors la folie monstrueuse du régime des Taliban. Sensationnel garanti, effet de mode, signe des temps...

Seul le choc provoqué par la destruction des Boudhas de Bamyan réussit à ébranler le 14 mars 2001 la conscience planétaire. C'était nouveau et spectaculaire, ce fut donc médiatique: Quelques jours d'Afghanistan à la Une de la presse... puis quelques mois d'attention avant l'oubli.

En avril 2001, Massoud est en France. "Je me souviens que la première personne venues nous aider était une femme médecin, qu'elle était française, qu'elle s'appelait Laurence Laumonier...", dit Massoud. Nicole Fontaine le reçut officiellement au Parlement européen. Mal conseillés, ni Jacques Chirac, président de la République, ni Lionel Jospin, Premier ministre, ne l'accueillirent. Côté médias, TF1 rata le rendez-vous. Seule l'émission satirique de Karl Zéro réalisera l'interview de celui dont la noblesse était si évidente.
"

Christophe de Ponfilly
Femmes d'Asie Centrale
© Arte Editions, 2004
© Mille et une nuits, département de la Librairie Arthème Fayard, 2004
Parution : 2004

21:49 | Lien permanent | Commentaires (1) |

 
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